Salut! C'est ma première fic, alors soyez indulgeants! Je n'exige pas de review ou quoi que ce soit. Je m'efforcerai de répondre à vos questions si vous en avez.

Bonne lecture! Puisse la chance m'être favorable...

La lune entamait à peine sa descente pour laisser le soleil prendre sa place. Elle brillait accompagnée par ces magnifiques étoiles veillant sur la ville de Tomoeda et ses habitants. Pourtant, dans cette ville, un jeune homme seul dans un immense appartement ne réussissait à retrouver le sommeil. Bien que la ville soit sans vie à cette heure, on pouvait le voir à sa fenêtre, fidèle à son poste. À 16 ans, le jeune Shaolan Li avait tout le profil du sex-symbol attitré : extrêmement riche, beau comme un dieu et aussi célèbre qu'une star. Il avait les cheveux bruns chocolat, quoiqu'un peu caramélisé sur les reflets, relativement cours en bataille tombant devant ses yeux bruns de la même teinte que celle de l'écorce du vieux chêne. Il atteignait presque le mètre quatre-vingt, un mètre quatre-vingt de muscle et de virilité pure. Le jeune homme originaire d'Hong Kong dégageait une sensualité et un charme indéniable. Il continuait la tradition familiale en ayant reçu le don de la magie de son ancêtre, Clow Reed, l'un des plus grands magiciens que la terre ait vu. Il était rentré la veille d'Espagne, prétextant un voyage d'affaire pour sa mère, la célèbre PDG de Li Corporation, Yelan Li, même si ses intentions étaient totalement autres. La réponse qu'il y reçut ne l'avait guère rassuré, elle l'avait au contraire inquiété. Shaolan se dit qu'il y avait au moins une bonne nouvelle qui n'était pas petite ; il allait retrouver sa bien-aimée ainsi que tous ceux qui le faisait sentir à sa place. Le jeune chinois se retourna vers son lit et s'y recoucha. Contrairement aux 5 nuits précédentes, il réussit à se rendormir…

***Le lendemain***

Le jeune chinois entra en classe avec un peu d'avance comme à son habitude. Il salua Tomoyo, sa meilleure amie ainsi que celle de sa petite amie, et Eriol, son meilleur ami. Les deux intéressés se retournèrent pour saluer à leur tour le nouvel arrivant. La jeune japonaise avait les cheveux noirs avec des reflets bleus très discrets et de grands yeux bleus pâles. Elle était quand même grande pour une jeune femme de son âge ce qui permettait à beaucoup plus de personne de voir ce magnifique sourire qui ne la quittait plus depuis que Shaolan était revenu en ville pour sa meilleure amie. Après tout, Tomoyo était beaucoup trop heureuse pour eux pour perdre son sourire. Elle se leva et fit la bise à son meilleur ami. Shaolan se tourna vers Eriol. Ce dernier était, en réalité, la réincarnation du grand sorcier, Clow Reed, en jeune anglais qui avait déménagé au Japon environ quatre ans auparavant. Il avait les cheveux noir de jais et ses yeux bleus encadrés par de mignonnes lunettes rondes étaient si foncés qu'ils semblaient de la même couleur que ses cheveux. Son caractère posé et calme transperçait dans ses traits avec un air de sagesse. Shaolan regarda autour de lui, mais ne vit pas celle qu'il cherchait désespérément du regard. Il regarda Tomoyo qui lui répondit sans même avoir entendu la question :

-Elle est en retard, comme à son habitude.

Il leva les yeux au ciel, mais sourit. Il était content que rien n'ait changé pendant son absence. Les trois amis parlèrent du voyage de Shaolan posant des questions sur l'Espagne. Puis, quelques minutes avant que les cours ne commencent, on entendit quelqu'un ouvrir la porte du local complètement à bout de souffle. Une grande japonaise châtaine d'un mètre soixante-dix aux yeux verts émeraude venait de faire son entrée. La jeune femme avait marché dans les couloirs jusqu'au moment où elle entendit deux élèves parler d'un certain élève revenu d'Espagne. Elle s'était mise à courir voulant voir le jeune Li le plus vite possible. Après cette entrée remarquée, Shaolan se tourna vers la porte et vit celle qu'il attendait si impatiemment depuis hier soir. Un seul mot réussit à franchir ses lèvres.

-Sakura…

Ce simple mot confirma à la jeune femme que son petit ami était bien rentré de son voyage. Elle courut vers lui qui lui ouvrait les bras comme il lui avait ouvert son cœur cinq ans avant : avec confiance et sans peur. Lorsqu'ils s'étaient rencontrés, Shaolan avait détesté la brunette. Ils étaient en compétition pour le titre de nouveau Maître des cartes de Clow, mais le jeune chinois s'était vite rendu compte de son erreur puisque la jeune fille fût la seule à avoir réussi l'exploit d'ouvrir le cœur du beau jeune homme. La belle Sakura alla s'y réfugier, mais il la fit tourner dans les airs avant de la déposer pour l'embrasser avec tout l'amour qu'un humain pouvait donner. Ce fut elle qui rompit le silence qui s'installa alors.

-Tu m'as tellement manqué.

-Si tu savais comment la réciproque est vraie.

-Alors, comment c'était? Je veux tout savoir!

-Peut-être plus tard. Les cours vont commencer.

-Tu te défiles!

-Je ne me défile pas! Aller, viens.

Shaolan lui prit la main et entraîna Sakura à sa place, juste devant celle du beau brun. La cloche sonna et le professeur entra. Le jeune homme se pencha vers son ancienne rivale et susurra à l'oreille de celle-ci.

-Je te l'avais dit que les cours allaient commencer.

-D'accord, mais je t'aurais bien à un moment.

-Je n'en doute pas.

Il se rassit dans le fond de sa chaise. Le professeur se racla la gorge.

-Bonjour à tous. J'espère que vous avez passé un beau week-end. Ce matin, nous recevons une élève étrangère.

La porte s'ouvrit et une magnifique jeune fille entra. Elle avait des cheveux lisses lui allant aux hanches d'un blond dorés comme Sakura n'avait vu que dans des livres ou des films, des lèvres roses pulpeuses, des yeux bleus comme l'eau des Caraïbes et une peau de la même teinte et de la même texture qu'une pêche. Son sourire franc avait quelque chose d'apaisant et de réconfortant. Le professeur termina d'écrire son nom au tableau.

-Elle se nomme Estrella. Elle nous vient de…

-Excusez-moi, monsieur, mais je tiens à me présenter moi-même et mon nom se prononce Estréiya. (Prononciation espagnole, désolée) Alors, bonjour. Je suis une andalouse, ce qui signifie que je viens d'Andalousie, une région au sud de l'Espagne.

Shaolan émit un drôle de son de surprise et se leva en regardant la nouvelle. Et c'est maintenant qu'elle apparaissait! Il avait passé un temps fou à la chercher en Espagne pour la retrouver en avant de sa propre classe au Japon! Elle le regardait un peu effrayée et un peu surprise.

-Es? C'est bien toi?

-Li?

Sa voix avait sonné comme du miel et du velours. Sakura aurait pu l'écouter toute la journée. Si les voix avaient eues une couleur, celle de la nouvelle aurait été sans aucun doute or étincelant. Le professeur, aussi surpris que les autres, indiqua le bureau à côté de Shaolan à la nouvelle. Sa façon de marcher avait quelque chose de dansant et de gracieux, tel un cygne. Elle aurait rendu verte de jalousie toutes les plus grandes ballerines du monde. Estrella s'arrêta à côté de Sakura qui n'arrêtait pas de la regarder, comme hypnotisée. L'andalouse se pencha vers la japonaise et lui dit simplement :

-Je pourrais te montrer comme faire. Dans la vie de tous les jours comme avec tes pouvoirs.

Puis elle continua son chemin laissant Sakura sans voix. Si elle n'avait pas été assise, elle aurait tombée. Comment se faisait-il que la nouvelle soit déjà au courant pour ses pouvoirs alors que son propre père en était inconscient? Le cours passa à une vitesse folle. Lorsque la cloche annonçant la récréation sonna, Shaolan s'approcha de Sakura encore sous le choc.

-Est-ce que ça va, mon cœur?

Estrella s'installa sur son bureau où ses oreilles pouvaient tout entendre.

-Elle… elle est… au courant… pour mes pouvoirs.

-Bien sûr que je suis au courant!

Estrella entra dans la conversation. Sakura parut choquée.

-Mais, comment…?

-C'est très simple. Si tu te rappelles ce que ton cher petit copain t'a dit, tout deviendra clair.

-Euh… Je ne lui ai rien dit.

-QUOI! C'était la seule chose que je t'avais demandé, Li!

-Peut-être que vous pourriez me l'expliquer à deux maintenant?

Estrella, toujours en colère contre Shaolan, regarda Sakura avec des yeux tendres. Elle pensa :

Ma petite Sakura… Ma fleur de cerisier prodige…

-D'accord, mais ce midi car je tiens à ce qu'Eriol et Tomoyo soient présents.

-Tu connais leurs noms?

-Tu comprendras tout, tout à l'heure.

Estrella se tourna vers Shaolan et le frappa sur le torse avec son index accusateur.

-Toi, tu vas me le payer cher! Je te raconte tout pour que tu passes le message à ta copine, ma protégée, dans le but de me sauver du temps et toi, tout ce que tu trouves à faire est de revenir en Espagne pour me chercher au lieu de faire ce que je t'avais demandé! Tu crois que j'ai envie de me taper le récit de ma vie d'immortelle! Je crois que tu ferais mieux de surveiller ta petite personne si tu ne veux pas m'avoir à dos!

Sakura ne comprenait plus grand chose dans la dispute qui se passait sous ses yeux. Des mots résonnaient dans sa tête. Ma protégée? Revenir en Espagne? Pour me chercher? Ma vie d'immortelle? La pauvre Sakura n'y comprenait rien. Tomoyo passa ses bras par-dessus les épaules de son amie. Elle n'y comprenait rien non plus. Eriol regardait la scène de plus loin. Quelque chose le dérangeait quand il regardait la nouvelle, comme s'il la connaissait, mais qu'il ne se rappelait plus de où ni comment et encore moins de qui elle était. Il l'apprendrait tôt ou tard. Et s'il avait bien entendu, ça serait tôt. Les cours reprirent et passèrent encore plus vite que les premiers. Shaolan savait parfaitement qu'il n'aurait pas dû mettre Estrella en colère, surtout si cela concernait Sakura. La jeune andalouse tenait à Sakura comme si elle était sa fille, ce qui n'était pas totalement faux. Lorsque la cloche du dîner sonna, Estrella se leva et se plaça à côté du bureau de la jeune japonaise. Elle la couva des yeux deux secondes avant de lui parler d'une voix douce.

-Je suis désolée pour tout à l'heure. Pour t'avoir rendu confuse, mais j'étais certaine que tu étais au courant! Et je ne voulais pas te mettre mal à l'aise en criant sur Li.

-Ça va, tu es pardonnée.

L'andalouse sourit d'une joie immense et lui tendit la main.

-Viens, on va manger.

Sakura prit la main qu'Estrella lui tendait. La jeune japonaise agrippa la main de son petit ami. Tomoyo attrapa l'autre main de l'andalouse avant de prendre celle d'Eriol. L'image qu'ils donnaient faisait chaud au cœur. Les trois jeunes filles si différentes au centre, bras dessus-bras dessous, encadrées de deux jeunes hommes encore plus différents l'un de l'autre prenant la main de chacune des jeunes filles des extrémités. Tous heureux.

Arrivés dehors, la blondinette les installa sous un cerisier en fleurs.

-Vous êtes prêts à m'écouter? Parce que je ne le répèterai pas deux fois!

-On est tous prêts!

-Alors voilà…

« Sur Terre, il existait, et ce bien avant Clow Ride, 3 entités extrêmement puissantes, c'était 3 femmes, 3 sœurs, unies non par les liens du sang, mais par les liens de l'âme. Toutes représentaient un pouvoir différent chacune. Il y avait le soleil, les étoiles et la lune. Ces trois femmes se séparèrent les pouvoirs magiques spéciaux. Le soleil était associé au 4 éléments, à l'attaque et à l'énervement. La lune fut associée à la connaissance, à la défense et à la nature calme. Quant aux étoiles, si mystérieuses, elles furent associées aux pouvoirs psychiques, aux sentiments et à l'apparence. Elles partagèrent certains pouvoirs comme l'immortalité, le temps, l'espace et la séduction. Bien qu'elles fussent totalement pacifiques et aimantes envers l'humanité, leurs pouvoirs étaient trop puissants pour qu'elles espèrent restées toutes ensemble. Elles durent faire un choix déchirant. La plus jeune, représentante des étoiles, changèrent leurs apparences et les dispersèrent. Elle resta en Andalousie, dans le Sud de l'Espagne. La plus âgée, représentante du soleil, partit en Californie, aux États-Unis, et celle du milieu, représentante de la Lune, partit dans le Queensland, en Australie.

« Avec les années, les trois sœurs ne se virent que lorsqu'elles devaient sauver une ville ou un pays. Elles commencèrent à oublier qui elles étaient et ce qu'elles représentaient, alors elles se réunirent et décidèrent qu'elles devraient se créer un ou une protégée qui utiliserait la même source de pouvoir que sa créatrice. Ce ou cette protégée pouvait naître des millénaires plus tard. Chacune des entités créèrent leur protégé tout en sachant très bien que le jour où elle le ou la rencontrerait, chacune d'elles serait prête à mourir pour cette petite créature si fragile. Les 3 sœurs se tatouèrent leurs symboles respectifs dans le creux du poignet gauche. De cette façon, à chaque fois que l'une d'entre elles deviendrait trop humaine, le symbole brillerait et provoquerait une courte douleur intense. Avec les années, elles prirent le nom de leur symbole dans leurs langues maternelles. La représentante du soleil devint Sol, la représentante de la lune devint Luna et la représentante des étoiles devint… Estrella.

« Avant de commencer l'ultime séparation, elles se firent la promesse de veiller sur les trois protégés toutes ensemble dépendant de qui était la plus près. Elles se promirent, plus pour elles-mêmes, d'agir comme une mère pour leur protégé(e). Avant de partir, Sol, l'aînée du soleil, proposa d'échanger les noms des protégés. Sol dévoila le sien : Shaolan. Puis ce fut au tour de Luna qui répondit avec sérénité : Eriol. Enfin venu son tour, la jeune Estrella dit, toute fière de son choix : Sakura. »

Tous la regardaient avec un regard tellement surpris qu'Estrella tenta de se retenir de rire. Shaolan avait plus l'air choqué qu'autre chose.

-Pourquoi tu ne m'avais pas raconté cette dernière partie?

-Parce que je voulais le dire devant tout le monde.

-Alors je suis ta protégée?

-Oui ma fleur. Et tu es encore plus belle en vraie que ce que j'avais imaginé, il y a de cela tellement longtemps.

Estrella caressa le visage de Sakura, non de façon amoureuse, mais d'une façon maternelle. Touchée par ce simple geste, la petite japonaise se réfugia dans les bras de son mentor. Elle versa quelques larmes de joie et d'autres de tristesse. Elle qui avait perdu sa mère à l'âge de trois ans, voilà qu'elle en trouvait une autre qui comprendrait tout ce qu'elle pourrait ressentir. Gêné par cette situation, Shaolan partit plus loin, aux bords d'une petite fontaine. En la regardant, il se rappela que, le jour où il avait découvert ses véritables sentiments envers sa belle, il s'était caché de cette dernière derrière cette fontaine. Tomoyo et Eriol le rejoignit. La jeune femme toucha l'épaule du chinois.

-Est-ce que ça va?

-Je ne sais pas, je ne sais plus…

-Si ce n'est pas toi qui nous le dis, nous, on ne peut pas deviner!

-Je sais bien, Eriol, mais je ne sais vraiment pas quoi penser.

-Par rapport à quoi?

-Et bien, par rapport à la relation entre Sakura et Estrella et par rapport à ce qu'on vient d'apprendre à propos des protégés de Sol et Luna.

Eriol ferma les yeux et déposa sa main sur l'épaule du brun.

-Tu sais, je suis dans la même situation que toi. Tout va bien se passer. Tout ce qui peut arriver, c'est que les pouvoirs de Sakura deviennent plus puissants.

-Tu sais quoi? Tu as raison.

-C'est souvent le cas, mais merci.

Cette remarque lui valut un coup de coude de la belle japonaise. Ils retournèrent sous le cerisier où Estrella et Sakura riaient aux éclats. Shaolan s'assit derrière cette dernière qui s'accota sur l'épaule du beau brun. Il lui fit un de ces sourires que l'on voit seulement dans les magazines. Il se tourna vers Estrella.

-Tu as un endroit où dormir ce soir? Si non, je suis seul dans mon appart'.

-Merci, mais c'est bon. J'ai acheté un condo de luxe à deux étages dans le centre. Vous voulez venir ce soir? Je cuisine super bien selon me deux sœurs.

-Moi, je viens si Saki y va. Tu en penses quoi?

-Moi, j'y vais! Et toi, Tomy?

-C'est d'accord. Eriol?

-Pourquoi pas, si tout le monde y va?

-Parfait! Après les cours? Et, ma fleur, emmène Kero avec toi. S'il n'a pas changé, il t'en voudra si tu ne l'emmènes pas.

-D'ac-accord.

Ils se levèrent tous pour rentrer. Eriol resta en arrière. Il était tellement troublé par l'andalouse. Comme si elle avait entendu ses pensées, Estrella se retourna vers le jeune anglais.

-Est-ce que ça va?

-Je me demandais… Avez-vous déjà rencontré Clow Reed toutes les trois?

-Oui, à plusieurs reprises et je sais que tu es sa réincarnation. Pourquoi?

-Parce que j'ai ce sentiment de te connaître, mais pas d'où ni comment.

-Clow s'est retiré de ton esprit, mais tu en as gardé quelques souvenirs. Certains très détaillés et d'autres en parcelles, je suppose. J'ai raison?

-Oui.

-Eriol, laisse-moi t'expliquer une petite chose. Il existe 3 types de souvenirs : ceux du cerveau, ceux du cœur et ceux du corps. Ceux du cerveau sont ceux que tu ne peux pas oublier comme le parler ou encore le vélo, tu comprends?

-Ouais…

-Ceux du cœur sont des souvenirs par rapport aux gens ou aux évènements. Ceux-là, tu peux complètement les oublier. Enfin, ceux du corps sont un mélange des deux premiers. Ce sont les sentiments et les sensations liées à telle personne ou à tel endroit ou même à tel geste. Ceux-là non plus ne s'effaceront jamais. C'est probablement un souvenir de ce type que tu as vis-à-vis moi.

Elle lui fit un sourire qui aurait rendu amoureux n'importe qui. Shaolan, qui était resté spectateur de loin, vit le rouge monté aux joues de son ami. La blondinette prit la main d'Eriol et le fit courir pour rattraper les autres. Le cours de mathématiques commença et Sakura, dépitée et découragée, lança un regard au beau brun. Ce dernier lui sourit en se retenant bien de rire. Une fois la torture de Sakura terminée, celle du chinois commença. Bien qu'il soit parfaitement bilingue, le cours de japonais restait son pire car la grammaire était son point faible. À la fin des cours, Estrella prit la fleur de cerisier à part.

-Appelle ton frère, s'il te plaît. Il ne faudrait pas qu'il s'inquiète et invite Kéro.

-D'accord.

-On t'attend, alors dépêche-toi.

Sakura appela son frère, Toya, pour lui demander de ne pas l'attendre pour le dîner. Elle lui demanda de dire à Kéro de la rejoindre à l'école. La petite boule de poil se mit à voler discrètement vers l'école de sa maîtresse. En voyant cette dernière, il cria son nom… puis remarqua la nouvelle tête du groupe. Il se cacha derrière une tête brune. La nouvelle ferma les yeux et soupira avant de se pencher sur le côté de parler à l'arrière de la tête de Shaolan.

-Bonjour Kerobero. Ne me dis pas que tu m'as oubliée?

L'intéressé eut un flash et sortit de sa cachette pour sauter, tout sourire, sur son interlocutrice.

-ESTRELLA! Comment aurais-je pu t'oublier?

-*rires*Je suis bien contente de te voir moi aussi. Tu vas bien? La dernière fois que je t'ai vu, tu étais beaucoup plus… gros.

-Ne m'en parle pas. Je suis obligé d'avoir une forme d'emprunt à cette époque. Toi, tu n'as pas changée en quelques siècles.

-Ça te déçoit? Espérais-tu vraiment que je change?

-Non, et c'est tant mieux comme ça!

Une pensée traversa son esprit et il perdit son sourire, il avait même l'air inquiet.

-Si tu es là, ça veut dire qu'elle est là aussi?

-Oui, Véga est là.

Kéro pâlit à en devenir blanc.

-M'en veut-elle encore?

-Oui…

-Oh non!

-…mais je m'occupe d'elle, ne t'inquiète pas. De plus, ce soir, c'est moi qui cuisine.

Le petit ours ailé reprit vite des couleurs. Sakura, Shaolan, Tomoyo et Eriol se regardèrent, personne ne comprenait vraiment ce qui venait de se passer. La bande marcha jusqu'au centre-ville guidés par la belle espagnole qui parlait avec le gardien solaire toujours installé sur l'épaule de la jeune fille. Ils entrèrent dans un condo absolument magnifique. L'entré en couloir entièrement blanc était entrecoupé par deux portes de chaque côté. Le couloir s'ouvrait sur un immense salon de deux étages de haut. Les murs étaient blancs ainsi que le plafond. Deux foyers en céramique noire étaient installés dans des coins opposés et, prenant presque la largeur complète d'un mur, une télévision à écran plat était installée. Un énorme divan en « L » blanc trônait au centre accompagné d'un autre petit fauteuil blanc. En avant, une table basse en céramique noire avec un dessus en verre supportait quelques magazines et un vase avec une rose noire artificielle. Des tableaux de peintres célèbres étaient accrochés à divers endroits. Le mur opposé à l'entrée était presque entièrement composé de verre, en réalité, il s'agissait d'un bay window gigantesque. La cuisine était presque totalement faite de cette même céramique noire et tout ce qui était électrique était en acier inoxydable. Les escaliers donnant accès au deuxième étage et aux chambres, accessibles par le salon, avaient une rampe en acier par-dessus un pan de verre donnant un effet de balcon au deuxième étage. La chambre des maîtres était différente des autres pièces de la maison. Elle était peinturée en vert lime, bleu aqua et rose melon d'eau. Trois pans de rideaux comme des voiles à pois de chaque couleur étaient installés à la grande fenêtre. Le lit, très simple, était en argent dans le fond de la chambre avec une multitude de coussins donnant l'illusion d'un divan. Un bureau monsieur (une commode avec deux tiroirs et une armoire par-dessus) et un bureau madame (commode avec deux rangés de trois tiroirs et un énorme miroir par-dessus dont un pan amovible) en bois de cerisier étaient de chaque côté de la porte d'entrée en acajou. La porte voisine de celle de la chambre des maîtres était aussi en acajou. Elle donnait accès à un bureau. Un bureau en chênes avec un Mac à trois écrans était installé accoté sur le mur bleu ancien comme le reste de la pièce. Le mur opposé au bureau était une bibliothèque encastrée prenant tout le mur avec des livres de tous les âges : des manuscrits à la reliure en cuire au dernier livre de Nora Roberts en passant par des atlas, des dictionnaires de médecine, etc. Le mur opposé à l'entrée était en fait des portes françaises donnant sur un balcon offrant une vue magnifique. La pièce suivante était un studio d'enregistrement insonorisé dans les mêmes teintes que le salon. Les murs étaient recouverts de cuir blanc pitonné et au centre de la pièce trônait un magnifique piano à queue noir. Accrochées au mur, des guitares acoustiques et d'autres électriques avec une basse. Estrella entra et appuya sur un bouton qui fit disparaître le piano pour faire découvrir une batterie. Elle regarda ses invités, tous avec la bouche ouverte d'étonnement, et sourit, fière de son effet. Il restait deux pièces à voir. La première était une salle d'entraînement autant physique que magique. La dernière pièce arriva. Estrella s'arrêta devant la porte et se retourna. Elle prit Tomoyo par le poignet et l'entraîna en avant avec elle. Lorsque l'andalouse ouvrit la porte, un cri de joie fut lancé par Tomoyo. Un studio de couture et un dressing, voilà ce qu'était la dernière salle. Tout le tour de la pièce, des poutres en acier soutenaient robes, jeans, jupes, chandails, etc. Une poutre n'avait encore que des supports. La blonde emmena la japonaise aux cheveux noirs avec elle devant la dite poutre. Tomoyo la regarda sans comprendre.

-Tomoyo, j'ai un service à te demander.

-Oui?

-Pourrais-tu me faire une garde-robe semblable à celle que tu as créée pour Sakura? Je suis une vraie amatrice.

La jeune fille sauta au cou de la maîtresse de maison. Bien sûr qu'elle acceptait la demande! Ils retournèrent au salon et s'installèrent confortablement. Kéro sortit et s'assit sur la table basse et regarda la belle espagnole.

-Décidément, tu n'as pas perdu ton goût pour la déco ni pour ton style vestimentaire. Mais, c'est quoi cette céramique? Je n'en avais jamais vu de la noire avant.

-C'est simple parce que ce n'est pas de la céramique, c'est beaucoup trop fragile.

Shaolan la regarda, perplexe. Vu la quantité, n'importe quoi d'autre que de la céramique coûterait une vraie fortune.

-Qu'est-ce que c'est, alors?

-De l'onyx noir.

-Qu'est-ce que c'est?

Tous se tournèrent vers Sakura.

-Désolée de ne pas être callée en déco!

-Ce n'est pas grave, ma fleur. L'onyx est une pierre semi-précieuse.

-Ah, d'accord.

Eriol sortit de sa torpeur.

-Mais ça coûte une fortune en quantité moyenne, alors en grosse quantité comme ça…

-Mon cher, je vivais sur cette terre avant que les premiers humains voient le jour. On ne nous appelle pas, moi, Sol et Luna, « les sœurs de la vie » ou encore « celles avec qui tout à commencer » pour rien! Bon, maintenant, la question existentielle… où voulez-vous manger?

-Ici, non?

-Il faut que vous sachiez qu'avec le temps, j'ai appris à cuisiner les plats traditionnels de chaque pays et je ne demande pas : « Qu'est-ce que tu veux manger? » mais « Où veux-tu manger? ». Si quelqu'un veut manger quelque chose d'anglais, je peux le faire. Voyez-vous?

-D'accord. Je mangerais bien thaïlandais et vous?

La soirée passa rapidement. Ils riaient, parlaient de tout et de rien. Un moment, Estrella s'installa près de la fenêtre et se mit à regarder dehors, leur tournant le dos. Shaolan, inquiet, alla se placer à côté d'elle. Des larmes coulaient, telles des diamants, sur les joues de la belle.

-Hey, ça va?

Il passa ses bras autour de ses épaules. Elle avait tant fait pour lui en Espagne qu'il lui devait bien ça. Elle ne tenta pas de se dégager ni de camoufler ses pleurs. Elle lui parla sans quitter la ville des yeux.

-Et si je n'en étais pas capable?

-De quoi parles-tu?

-Je ne vous ai pas dit quelque chose. Shao, ni moi ni aucune de mes sœurs avons le pouvoir absolu. Même réunies, nous ne sommes pas les plus puissantes dans ce bas monde. Il existe un pouvoir semblable au nôtre, mais le mal coulant dans leur veine ne leur donne que plus de puissance. Et si je n'étais pas capable de protéger Sakura? De te protéger? De les protéger?

Elle avait prononcé ses derniers mots en pointant la ville du menton. Le jeune chinois la regarda, surpris par ses propos.

-Ne dis pas des choses pareilles! Tu es capable de n'importe quoi, je le sais parce que je t'ai vu à l'œuvre. Maintenant, sèche ses larmes qui ne sont pas dignes de ton visage.

-Merci.

Elle le serra très fort dans ses bras. Elle essuya discrètement ses larmes dans le chandail du jeune homme qui chuchota.

-C'est malin, maintenant, je suis trempé.

Elle rit et retourna auprès de ses invités suivi par le beau brun qui espéra mentalement qu'il ne lui avait pas menti…