Chapitre 6

Sommaire : Voilà, il s'agit du dernier chapitre, Ten est devenu Eleven, mais il en est à ses début et apprend encore à connaître ce nouveau corps. Amy et Rory ne sont pas dans l'histoire.

Disclaimer : Les personnages de DW et de Supernatural ne m'appartiennent pas.

Warning : Slash (j'aime bien le slash désolée pour ceux qui n'aiment pas, mais rien de vraiment explicite).

* J'ai eu beaucoup de plaisir à écrire cette histoire (je vais peut-être faire une suite) et j'espère que vous en aurez eu à la lire, merci pour les reviews.

Le TARDIS ne les laissa pas entrer. Castiel devait trouver un autre endroit sécuritaire pour le Seigneur du Temps, le seul qui lui vint à l'esprit fut la chambre forte de chez Bobby. Il le laissa se défouler, il passait rapidement des larmes à la colère puis à l'apitoiement puis encore les larmes etc. Cela dura plusieurs minutes, mais Castiel était patient, comme la plupart des anges. En ce moment, le Docteur avait l'air tellement vulnérable, tellement... humain.

À une époque il était plus proche de la froideur et de l'indifférence de ses semblables. D'ailleurs, jadis Castiel n'aimait pas trop les Seigneurs du Temps. Ils avaient tendance à se croire supérieurs à toutes les autres créatures mortelles. À quelque part, ils l'étaient. Ce n'était pas assez pour eux et ils avaient voulu être l'égal des anges et autres créatures éternelles. C'était ce qui avait causé leur perte.

Le Docteur était maintenant seul à porter le poids de l'univers sur ses épaules et ça l'épuisait de plus en plus. Il ne tiendra pas très longtemps. Il lui faisait penser à Dean. Dean portait le poids de son monde seulement, mais pour un être humain, c'était largement suffisant. Comme Le Docteur et Jack l'immortel, Dean ressentait toujours le besoin de sauver les innocents et de protéger la Terre. C'est ce qui l'avait attiré vers Dean, vers le Docteur et c'était ce qui l'empêchait de retirer cette immortalité si aberrante chez Jack. En tant qu'ange, il pouvait régler ce problème facilement.

Le Docteur avait raison d'avoir peur, car ce qui l'attendait ne sera pas très agréable. Il devra retraverser sa propre ligne de temps et réparer tout ce que Meg lui avait fait faire. Rendormir les armées de Belzébuth, empêcher Abandon de traverser la faille de Cardiff et faire en sorte que les autres princes de l'enfer ne se réveillent pas. Il n'y arrivera pas seul. C'était pourquoi Jack Harkness devait rester immortel. Que les Winchester ne devaient pas mourir et que le Maître devait cesser de faire l'enfant capricieux et travailler avec eux.

Castiel aurait aimé pouvoir compter sur ses frères. Hélas, ils ne se préoccupaient que de leur propre apocalypse et tant mieux si ces démons pouvaient les aider. Père ne voudrait pas de cela. Il ne voudrait pas revoir ces monstres fouler de nouveau la Terre. Pourquoi ne comprenaient-ils pas ? Castiel savait qu'en retraversant sa propre ligne de temps, le Docteur allait causer des failles dans le tissu de l'univers. Il devra ensuite les réparer et créer un nouveau Big Bang. Il restera ensuite coincé dans le Vide (qui était une sorte de purgatoire universel) pendant mille ans. Castiel ira le chercher et devra lui effacer la mémoire.

Il devra oublie ces milles ans et croire qu'il avait été ramené, grâce au souvenir de son amie. Du moins, c'était la version du futur que Castiel connaissait. Les anges avaient un esprit linéaire et pour Castiel, l'existence de plusieurs versions du passé, du présent et du futur restaient quelque chose de difficile à accepter. Tout pouvait changer. Avant aujourd'hui, il était conscient que le Docteur avait crée ces failles, mais il ignorait pourquoi. Maintenant il le savait. Il ignorait toujours comment il allait faire pour le sortir du vide, mais il supposa qu'il le saura lorsque ce sera le temps.

Le Docteur finit par se calmer, exténué. Castiel s'accroupit à ses côtés et lui toucha le front pour lui donner une forme de bénédiction qui affectait peu les humains, mais avait un réel pouvoir de bien-être et de sérénité chez les créatures télépathes. Le Docteur, incapable de recevoir sans donner, lui offrit sa propre bénédiction télépathique en échange. Cela s'apparentait davantage à du réconfort et de l'amour, mais Castiel se surpris à trouver cela plutôt agréable.

L'amour était quelque chose de difficile à comprendre pour l'ange. Il y en avait tellement de sortes. Il savait qu'il aimait les Winchester et le Docteur, mais de quel type d'amour s'agissait-il ? Il ne saurait le dire. C'était encore plus difficile à comprendre pour une créature non-physique. Le seul amour qu'il comprenait était celui qu'il ressentait pour ses frères et son Père.

Il ramena le Docteur au Hub après quelques heures. Ensuite, il disparu pour se reposer un peu. Il avait dépenser suffisamment d'énergie pour aujourd'hui.

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Arrivé au Hub, le Docteur trouva rapidement la cuisine. Il était très tôt le matin et c'était désert. Il se mit a fouiller les armoires et le réfrigérateur. Il était affamé. Il tomba sur une pomme qu'il croqua, mais le goût n'était pas agréable. Il l'abandonna et essaya le yaourt, même chose : dégoûtant. Il essaya une bonne variété de produits ayant tous le même goût désagréable. Puis, il tomba sur du poissons panés surgelés qu'il se fit chauffer. Entre temps, il en profita pour fouiller le Hub à la recherche de vêtements et prit une douche.

Quand les premiers employés de Torchwood arrivèrent, il était assied sagement à la table et dégustait ses poissons panés à la crème anglaise. Ce furent Mickey et Martha qui le virent en premier. Mickey su immédiatement qui il était, mais pas Martha.

« Qui êtes-vous ? Comment êtes- vous entré ? demanda-t-elle.

- Nouveau visage ? constata Mickey

- Docteur ! finit par réaliser Martha, avant même qu'il puisse répondre à Mickey.

Elle le serra dans ses bras, heureuse de le revoir. Il l'enlaça longuement. Tout simplement parce que le geste lui faisait du bien. Toutefois, il se sentait si las qu'il dû la lâcher, craignant de s'endormir dans ses bras. Il fit de même avec Mickey, mais moins longtemps.

« Est-ce que je suis roux ? leur demanda-t-il, finalement.

- Non, désolé, répondit Mickey.

- C'est pas juste. Je veux être roux. Je l'ai jamais été ! J'ai l'air de quoi ?

- Jeune, avoua Martha

- À peine sortit de l'adolescence, ajouta Mickey.

- Vraiment ?

- Dans la vingtaine, si vous préférez. Autour de 25.

- Vous êtes très beau monsieur, » le rassura Martha.

Elle eut droit à un sourire discret.

« Oui, ça aussi, avoua Mickey, à contrecœur.

- Ça ne te plaît pas ? devina le Docteur.

- Non, il y assez de Jack et des deux Winchester. J'aurais préféré que vous soyez un peu plus laid, mais ça va, je vais survivre ! déclara Mickey, mi-sérieux, mi-blagueur.

- Par contre pour les vêtements... un nœud papillon et un veston de tweed, avoua Martha.

- Les nœuds papillons c'est cool, insista le Docteur.

- Ça fait un peu... NON, ne me dites pas ! Vous êtes gai ? se réjouit à l'avance Mickey.

- Je ne sais pas. Je viens de me régénérer. Nouveau corps, nouvelle personnalité et... à nouveau vierge, conclut-il.

- Je peux arranger ça, lui dit Jack, qui venait d'arriver avec les Winchester et le Maître.

Le Docteur s'avança vers lui et l'embrassa doucement sur la bouche. Juste un baiser rapide, mais qui mit Jack tout à l'envers.

« WOW! Ça commence bien une journée! s'exclama-t-il, heureux.

- Je te le devais depuis deux régénérations, expliqua le Docteur.

- Et les intérêts ? demanda Jack, à la blague.

- Tu me dois toujours un verre. Depuis deux régénérations, lui rappela le Docteur.

- Salut chéri, dit le Maître en s'avançant vers le Docteur et en l'embrassant sensuellement devant Jack.

Le Docteur ne le repoussait même pas !

« Espèce d'emmerdeur ! maugréa Jack.

- Et j'ai même pas eu à lui payer de verre, ajouta-t-il.

- Pouvez-vous faire ça ailleurs ? demanda Dean, plutôt mal à l'aise.

- Pourquoi ?

- Ce soir on sort. Tout le monde. Il y a un pub qui m'a l'air intéressant, » suggéra Dean pour éviter la question.

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Le Docteur n'avait pas l'intention de sortir avec eux ce soir. Il était trop épuisé et avait hâte que le TARDIS lui permette enfin d'entrer. Il voulait partir seul, dans le vortex et réfléchir. Il devra d'abord ramener Bobby et les Winchester chez eux, puis il disparaîtra pour un moment. Il savait qu'il devra réparer ses erreurs le plus tôt possible, mais il jugea approprié de se permettre au moins quelques jours de répit avant d'entreprendre ce long travail, ardu et dangereux. Il regarda ses amis, ils avaient l'air si heureux, même le Maître. Il aurait aimé participer à cette euphorie générale, mais il se sentait si las. Manger l'avait réveillé un peu, mais pas suffisamment.

Peu après le déjeuner, chacun se remis à sa tâche, même Bobby et les Winchester. Ils avaient des démons et autres créatures à éliminer en Grande Bretagne. Le Maître les avait accompagné, intéressé par leur travail. Ils l'avaient laissé seul dans le Hub, encore ! Pourquoi disparaissaient-ils toujours lorsqu'il avait vraiment besoin de compagnie ? Il se dirigea vers la bibliothèque pour lire, mais fini par se mettre à pleurer doucement sans raison apparente. La bénédiction de Castiel avait pris fin. Rien ne pouvait effacer les horreurs qu'il avait commis en étant Meg. Il pouvait rendormir les démons, mais jamais il ne pourra ressusciter les innocents qui étaient morts à cause de sa possession diabolique.

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Jack terminait de faire l'inventaire des nouveaux objets arrivés par la faille, quand le Ood lui servi un nouveau café bien corsé.

« Merci Hubert, vous pouvez prendre votre pause. »

Le Ood acquiesça et se retira. C'était un excellent employé, serviable et compétent. Il était habitué à pire, des conditions inimaginables. Jack croyait qu'il était heureux ici, où pourrait-il aller d'autre de toute façon ? Il ne semblait pas intéressé plus qu'il faut à retourner sur la planète des Oods. Il était né dans une colonie humaine et n'avait jamais connu ses semblables.

Normalement, Jack n'était pas celui qui faisait l'inventaire. C'était Martha ou Mickey et parfois Gwen, mais aujourd'hui, il avait décidé de le faire. Son équipe pouvait se débrouiller sans lui et il ne pouvait se résigner à laissé le Docteur seul. Après ce qu'il avait traversé. Normalement, le Seigneur du Temps pouvait très bien s'occuper de lui-même. Il était peut-être même déjà partit avec son TARDIS, pour Dieu seul sait où. Jack lui avait trouvé un air taciturne, quelque chose lui disait qu'il n'allait pas bien du tout, malgré les apparences. Bien sûr, il ne connaissait pas ce nouveau Docteur, mais ne voulait pas prendre de chance.

Il prit une dernière gorgée de café et se leva pour voir ce qu'il faisait. Il le trouva à la bibliothèque du Hub, endormi sur l'un des sofas. Il était terriblement beau avec ses cheveux trop longs et son visage si juvénile. Jack ne pu s'empêcher de s'approcher et d'enlever quelques mèches rebelles de ses yeux, ce qui le réveilla.

« Je suis désolé, » dit-il.

Le Docteur le regarda sans dire un mots. Il avait de jolis yeux vert pomme, mais un regard ancien, mélancolique et triste. Même à travers les régénérations, ce regard-là ne changeait jamais. Les yeux sont le miroir de l'âme disait-on. Dans le cas du Docteur ça n'avait jamais été si vrai. Ce que Jack voyait c'était une âme remplie de bonté, mais également de souffrance. Une souffrance qu'il avait accumulée à travers les siècles, sans jamais en parler à quiconque. Lorsqu'il le faisait, c'était au compte-goutte.

« Tu n'es pas parti ? lui demanda le Docteur, encore à moitié endormi.

- Je ne pouvais vous laisser seul, après ce que vous veniez de traverser. »

Il s'attendait à ce que le Docteur lui dise qu'il était correcte ou que tout allait bien, mais il ne le fit pas. Il se releva et l'embrassa subitement, prenant Jack au dépourvu. Durant un instant, il crut que Meg était revenue, car c'était ainsi qu'elle l'avait accueillit en prétendant être Le Valeyard ,mais c'était bien le Docteur. Jack ne comprenait pas son attitude, pas qu'il s'en plaignait, mais cela avait quelque chose d'étrange. Peut-être seulement la folie post régénération. Les Seigneurs du Temps pouvaient agir drôlement durant les 24 heures suivant une régénération, ce qui était le cas du Docteur. Pourtant, Rose lui avait parlé des heures suivants son autre régénération et à part le fait qu'il avait été malade durant quelques heures, elle n'avait rien remarqué d'autre.

Il avait énormément changé, bien sûr, mais c'était dû à sa nouvelle personnalité et non à une folie passagère post régénération. Jack le repoussa doucement pour le regarder dans les yeux.

« Docteur êtes-vous sûr de vouloir faire ça ? Vous savez ce que j'en pense. Ce n'est un secret pour

personne, mais je ne comprend pas vos motivations et ça me fait un peu peur.

- Jack, dit simplement le Docteur, les yeux brillants de larmes.

- Dites-moi ce qui ne va pas, s'il vous plaît.

- Je veux que tu saches qui je suis réellement. C'est tout, » finit-il par lui répondre, en l'embrassant de nouveau.

Jack lui rendit son baiser et compris que ce n'était pas qu'une question de sexe, ni même d'amour, c'était plus profond que cela.

Il sentit le Docteur s'insinuer dans son esprit et lui ouvrir le sien. Jack hésita un peu, tout ce qui concernait la télépathie lui faisait un peu peur. C'était la raison principale de sa réticence à l'utiliser. Tous les humains de son époque avaient cette capacité, bien que rudimentaire. Toutefois, voyant que le Seigneur du Temps était prêt à le laisser entrer dans sa tête, il accepta de baisser ses barrières. Après tout, c'était là une grande preuve de confiance.

Pendant un court instant, il eut l'impression de ne faire plus qu'un physiquement et mentalement avec le Docteur. Il devinait toutes ses pensées, ressentait toutes ses émotions, le connaissait aussi bien que lui même. Il y avait également le plaisir, intense et partout en même temps. Il n'était même plus en mesure de différencier son propre plaisir de l'écho télépathique de celui du Docteur tellement ils étaient connectés.

Lorsqu'ils eurent terminé, Jack s'effondra sur le sofa vidé. Tout tournait autour de lui, mais au moins, il n'en était pas mort cette fois-ci. C'était magique, la plus merveilleuse relation sexuelle qu'il ait vécue en presque 200 ans. Pourtant, il avait seulement envie de pleurer. Bien que les souvenirs et les émotions du Docteur avaient maintenant quitté son esprit, l'essentiel demeurait : il savait maintenant qui était réellement son Docteur adoré. Comment avait-il pu être si stupide et ignorant ? Si égocentrique, si persuadé de son invincibilité. Il laissa ses larmes s'échapper.

Oh, Docteur, si j'avais su, se dit-il. Sa perception du Docteur ne sera plus jamais la même à présent.

Il finit par se lever et essuya ses larmes. Le Docteur n'était plus dans la pièce. Il le retrouva à la cuisine, buvant calmement un thé. Il avait enfilé un peignoir et semblait encore plus épuisé, mais étrangement plus serein.

« Docteur, je suis tellement désolé, dit-il.

- Pourquoi Jack ?

- Toute cette souffrance, tous ces regrets, toutes ces pertes et cette solitude.

- Il s'agit de mon fardeau, Jack, pas du tien.

- C'est un lourd fardeau. Même pour un Seigneur du temps.

- Certains humains ont aussi un lourd fardeau. Comme toi, comme les frères Winchester.

- C'est ce qui vous attire vers eux. N'est-ce pas ?

- Je veux les aider.

- Docteur, c'est vous qui avez besoin de leur aide en ce moment. Ne cherchez pas à la nier.

- Je ne veux pas les mettre en danger.

- Laissez-nous vous aider, » insista Jack.

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Le Docteur demeura silencieux un long moment, fixant sa tasse de thé encore fumante. Jack se servi et se joignit à lui, respectant son silence. Il n'osait rien dire. Il espérait de tout cœur que le Docteur accepterait de se laisser aider, pour une fois. Il parla le premier.

« Je suis content que tu me connaisse enfin. »

Jack aurait voulu lui dire qu'il le connaissait déjà auparavant, mais se ressaisi, c'était faux. Le Docteur le connaissait et non l'inverse, même s'il a longtemps cru que c'était le cas.

« Moi aussi, » répondit-il.

Le Docteur décida de retourner s'étendre un peu, mais dans une chambre, cette fois-ci. Jack termina son thé, se rhabilla et fit un peu de ménage, notamment, dans la bibliothèque. Ensuite, il se remit à son inventaire, jusqu'à ce que les autres reviennent.

Le Maître était le plus enthousiaste. Il avait adoré sa chasse aux fantômes. Il n'arrivait toujours pas à croire qu'il existait réellement une autre forme de vie au delà la mort. Les esprits l'avaient terrifié, mais fasciné. Il avait décidé qu'à sa mort il allait hanter une maison luxueuse. Pour lui, c'était un sort beaucoup plus enviable que de se retrouver en enfer. Le paradis, il n'y pensait même pas, sachant qu'il n'y aura pas de place pour lui. Il imaginait déjà de quelles façons il pourrait embêter les vivants en tant que fantôme. Les frères Winchester l'écoutaient, en souriant discrètement de son délire. Apparemment, il ne leur avait pas fait de mal. C'était déjà un bon début en ce qui concernait le Maître. Après son histoire, il s'informa du Docteur. Ce qui étonnait Jack.

« Il se repose, » répondit-il.

Le Maître n'ajouta rien, et rappela aux Winchester qu'il avait bien hâte de les accompagner à ce pub, ce soir. Histoire de célébrer son premier exorcisme de fantôme.

« Jack, tu vas venir ? demanda Dean.

- Je ne sais pas. Je ne peux laisser le Docteur seul.

- Il peut se garder seul. Peut-être qu'il va venir, envisagea le Maître.

- Je ne viens pas, leur rappela Bobby.

- Vous deux ensembles dans un pub. Vous allez vous entre-tuer une fois ivres, s'exclama Dean, visant Jack et le Maître..

- C'est une possibilité, avoua le Capitaine.

- Peut-être qu'on va devenir amis, suggéra le Maître.

- Impossible ! » répliqua aussitôt Jack.

Il arrivait à peine à le tolérer et il se demandait toujours pour quelle raison le Maître était toujours parmi eux. Cela ne lui plaisait pas du tout.

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Quand la soirée arriva, Martha ne vient pas, incapable de supporter le Maître. Mickey accepta d'y aller, de même que Gwen, qui disait rarement non. Jack y alla et, étonnamment, le Docteur aussi. Par contre, il se contenta de discuter tranquillement avec Sam, à une table plus loin, tout en sirotant sa boisson. Le Maître charmait tout le monde. Tous buvait ses belles paroles, sans se poser de questions. Ainsi, il n'avait jamais à payer ses consommations. Dean et Jack flirtaient, bien sûr. Même si pour Jack, aucune relation sexuelle ne pourra rivaliser avec celle qu'il venait de vivre avec le Docteur.

Ils rentrèrent vers 2 heures. Dean était passablement ivre, tout comme Gwen que Rhys, son mari, accepta de venir chercher. Martha n'était pas venue avec eux, mais elle avait promis à Mickey de venir le chercher pour ne pas qu'il conduise ivre. Jack allait ramener les autres au Hub, n'ayant pas envie d'être ivre à proximité du Maître. Ce dernier l'était. Dean et lui étaient maintenant les deux meilleurs amis du monde ! Étant un Seigneur du Temps, le Maître avait la capacité de se désintoxiquer quand bon lui semble. Ce qui n'était pas le cas de Dean, qui se réveillera avec un bon mal de tête.

En après-midi, c'était l'heure des adieux. Le Docteur allaient ramener les chasseurs aux États-Unis de même que Castiel. Jack devra rester ici avec son équipe. C'était toujours un peu déchirant. Il allait revoir le Docteur, mais les Winchester, il ne savait pas. Il l'espérait.

« Vous ne regrettez pas ce qui s'est passé entre nous ? demanda-t-il au Docteur, craignant toujours que c'était arrivé à cause de la folie post-régénération.

- Non, toi ?

- Certainement pas ! N'oubliez pas de venir me voir si vous avez besoin d'aide, lui dit-il, en le serrant contre lui.

- Ou de sexe, » lui murmura le Docteur à l'oreille, ce qui le fit sourire.

Aussitôt que le Docteur regagna le TARDIS, Castiel alla voir le Capitaine.

« Je reviendrez vous voir. Je voulais vous dire que j'ai la capacité de régler votre anomalie. Alors, lorsque vous serez prêt... appelez moi et je viendrai.

- Vous pouvez me rendre de nouveau mortel ? se réjouit Jack, malgré lui.

- Oui.

- Je vous appellerai quand je serai prêt... mais comment puis-je vous appeler ? Avez-vous un portable ?

- Je suis un ange, Jack. Vous n'avez qu'à prier, répondit Castiel.

- Oui... c'est logique, » avoua-t-il, se sentant un peu ridicule.

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Castiel rejoignit Bobby Dean, Sam le Maître et le Docteur à bord du TARDIS. Bobby et Dean avaient hâte de retourner chez eux. Ce dernier s'ennuyait terriblement de Bébé. Pour Sam et le Maître, c'était différent. Sam s'ennuyait, mais ne voulait pas vraiment quitter le Docteur.

Le Maître ignorait totalement où il ira à présent. Les Winchester avaient été plutôt gentils avec lui, mais de là à l'accepter parmi eux, il y avait une marge quand même. Il espérait rester un peu dans le TARDIS, mais ce Docteur était un peu étrange. Il ignorait s'il allait l'accepter. Sa première impression était qu'il n'était pas aussi tolérant que son autre incarnation. Le Maître ne pourra plus le manipuler comme il l'avait fait. Ce Docteur-là allait se défendre, tout simplement parce qu'il avait tellement souffert. Il semblait plus émotif, plus agressif et plus méfiant. De toute façon, le Maître ne ressentait plus le besoin de le briser. Quelqu'un l'avait fait à sa place, alors, quel intérêt ? Même dans toute sa cruauté, il ne croyait pas être capable de faire pire que ce démon.

Il n'osait pas dormir, car lorsqu'il le faisait, il revoyait l'horreur et la terreur qu'il avait vu dans l'esprit du Docteur, lors de leur brefs contacts télépathiques. Sans compter son propre contact avec cette entité qui avait osé entrer dans son corps. Il se souvenait que trop bien de son essence maléfique, écoeurante. Lorsqu'il en rêvait, il se réveillait avec un goût d'excrément et de pourriture dans la bouche. Il devait courir vomir.

Il ne pouvait décrire son impression de cette créature. Il n'y avait pas de mot, mais ce qui s'en approchait le plus était, selon lui, un cadavre putréfié. Les démons étaient laids et puaient, même à travers leur véhicule de chair. Il se souvenait de l'odeur nauséabonde du Docteur lorsqu'il était possédé. À côté de lui, Jack sentait la rose. Même sale et plein de sueur et de sang séché. Comment les humains faisaient-ils pour ne pas s'en apercevoir ? I l n'y avait pas que l'odeur, mais également cette sensation qu'il avait ressentit lorsque le démon était entré en lui. C'était comme si des millions d'asticots s'étaient précipités en se tortillant dans chaque cellule de son corps. Un frisson involontaire le parcourut à cette pensée. Il se sentit un peu nauséeux, alors il regarda Castiel pour se changer les idées.

À l'opposé des démons, les anges étaient magnifiques. Ils ne dégageaient ni odeur ni chaleur, seulement de la lumière et de l'énergie. Leur simple présence à proximité avait un effet apaisant, rassurant. Encore quelque chose que les humains ne ressentaient pas. Quand Castiel était entré dans son corps, il s'était senti bien. Plus qu'à n'importe quel moment de sa vie. Quand son énergie s'était mêlée à la sienne, cela lui avait donné l'impression d'une douce caresse réconfortante. Rien de sexuel, juste extrêmement agréable. L'énergie angélique coulait toujours en lui, même après plus de 24 heures. Peut-être était-ce à cause de cela qu'il se sentait si en paix avec lui-même ?

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Ils arrivèrent enfin en Amérique et se quitter fut encore difficile, mais ce n'était que temporaire. Les Winchester avaient accepté d'aider le Docteur à combattre les démons qu'il avait réveillé. Pour eux, c'était simplement la routine et ça leur faisait plaisir de travailler avec lui. Ils allaient se revoir très bientôt. Pour l'instant, ils avaient tous besoin de repos, lui le premier. De plus, cette fois-ci il ne partait pas seul. Le Maître était avec lui. Il était impatient de lui montrer l'univers. De lui faire comprendre qu'il n'avait pas besoin de le posséder ou de le dominer pour l'apprécier. Enfin, Koschei était revenu ! Il savait que c'était temporaire, alors il comptait bien en profiter au maximum.

« Par où on commence ? demanda-t-il, avec enthousiasme.

- Par le début, La Cascade de la Méduse. »

Épilogue

Dean et Sam roulaient sur une route de campagne déserte. Dean chantonnait du vieux rock, heureux d'avoir retrouver sa chère Impala. Sam avait un air plus sombre et ne faisait que fixer le ciel nocturne et clair. Il pensait à tout ce qu'il avait vu dans la tête du Docteur. Ces mondes étrangers et fascinants, autour des étoiles lointaines, qui n'étaient que de minuscules points lumineux dans le ciel. Le Docteur voulait lui faire visiter ces mondes. Il le lui avait dit par télépathie, mais s'en souviendra-t-il maintenant qu'il n'était plus tout à fait la même personne ? Il avait été si près de toucher l'inaccessible, sans le Docteur, ces mondes resteront inatteignable.

Maintenant qu'il était de retour dans l'Impala, avec Dean et sur la route, le Docteur, Jack et River semblaient n'avoir été qu'un rêve, ou un souvenir lointain. Une mission parmi tant d'autres. Un échec, de son point de vue : ils n'avaient pu sauver le Docteur. Pour Dean, par contre, c'était un succès, mitigé, mais un succès tout de même. Tous deux espéraient travailler avec Jack et le Docteur pour combattre ces démons. Sam désirait plus qu'une simple chasse aux démons avec eux. Il aurait aimé les revoir. Juste pour leur parler, partager un repas ou quelques bières, garder contact avec eux, surtout le Docteur.

Après la régénération, il n'avait pas réellement eu le temps de voir si son ami était resté le même, malgré ses différences évidentes. La régénération n'avait absolument rien à voir avec un polymorphe changeant de peau, ou un ange changeant de véhicule. C'était beaucoup plus près d'une sorte de réincarnation, que d'une transformation. Sam faisait désormais partie de sa vie antérieure, ni plus ni moins. Leur amitié était à refaire, même si le Docteur se souvenait de tout. Il ne parlait pas durant le trajet et Dean respectait son silence. Pour une fois, il semblait comprendre et ne voulait certainement pas aborder le sujet.

Dean n'avait jamais été très à l'aise avec les sentiments, lui non plus d'ailleurs, mais plus que Dean. Ils arrivèrent donc au petit village dont Bobby leur avait parlé, après quelques heures de route. Aussitôt qu'ils sortirent de l'Impala, l'odeur de chair décomposée les pris à la gorge. Le jour commençait à se lever, et leur offrit un spectacle désolant. Il y avait des cadavres partout : dans les rues, les maisons, les voitures et les cours. Comme si la mort les avait pris subitement. Plus ils avançaient, plus l'odeur était pestilentielle. Ce bourdonnement, discret à leur arrivée, devenait de plus en plus fort et insupportable. Puis, ils les virent. Des millions de mouches qui festoyaient sur des corps méconnaissables. Sam eut la nausée. Ils étaient arrivés trop tard. Les armées de Belzébuth étaient déjà là.

FIN