Ses cheveux de feux s'éparpillaient autour de sa tête au rythme du vent, s'emmêlant encore plus qu'ils ne l'étaient déjà. Son kilt malmené lui fouettait les jambes. Même s'il était couvert de boue, il se tenait avec toute la fierté dont il était capable, se redressant de sa grande taille, sa silhouette se détachant nettement sur le haut de la montagne.

Après sa mort, tout avait changé mais rien n'avait changé. Le combat s'était perpétué encore et encore, conservant le souvenir brûlant de ce qu'avait été sa vie. Durant ces quinze longue années il s'était battu, entouré des siens, des gens qui comme lui en avaient assez de la tyrannie, était-ce trop demandé de pouvoir vivre une vie paisible où un homme n'avait pas à partager sa femme le jour de ses noces? Tout ce qu'ils demandaient était simple. Ils voulaient élever leurs enfants sans avoir peur d'être tués, ils voulaient s'occuper de leur troupeau sans avoir peur de se le faire voler sans qu'ils puissent rien n'y faire, ils voulaient être libre.

Même si au cours de ses combats il était entouré de milliers d'hommes, il se sentait seul. La seule personne pour qui il s'était rendu jusque-là avait rendu l'âme aux mains de ses démons rouges. La seule personne qui, même après sa mort réussissait à embraser son peuple contre l'oppression était mort aux mains de ses ennemis. Son héritage était indéniable. Il leur avait insufflé l'envie, le désir… non le besoin de se défendre. Sans lui, aucuns d'entre eux n'aurait couru vers la mort avec autant de persuasion, tous comme un seul homme balayant sur leur passage les derniers obstacles se dressant entre eux et la liberté. La liberté. En observant son défunt ami, en retournant en arrière et en revivant ce qu'il avait fait de sa vie, il avait compris ce mot. Pour lui c'en était même plus un, un mot, c'était une idée, c'était une essence, c'était le vent qui défilait entre les montages, c'était l'air pur des Highlands qui s'infiltrait dans ses poumons à chaque respiration, c'était les rires d'un enfant, c'était la vaillance d'une mère, c'était chaque battement de cœur d'un Écossais.

Hamish quitta la montagne, serein et revigoré, et rejoignit ses frères sur la plaine. C'était la dernière bataille, il le sentait, il le savait. C'était tout ou rien, la liberté ou l'oppression, la vie ou la mort… Il observa les milliers d'hommes qui se trouvaient derrière lui et regarda le ciel. Un cri s'éleva de sa gorge vers les cieux :

«WALLACE»

Il se retourna et courut vers l'armée anglaise se tenant devant lui et, accompagné de tous, il hurla sa liberté.