DISCLAIMER: Dans cette fic, les personnages et le monde dans lequel ils évoluent appartiennent à Anne Robillard.

Je voudrais remercier Sai Fujiwara, ma bêta-lectrice, pour le formidable travail de relecture qu'elle a effectué. J'ai donc décidé de lui dédier cette fic, en l'honneur de notre toute nouvelle coopération/amitié!

Voici donc le deuxième tome de la trilogie de l'Altruiste où Santo va encore s'en prendre plein la gueule!

Bonne lecture!

TOME 2 VENGEANCE DIVINE

Chapitre 1: Irianeth

Asbeth venait de rentrer d'une campagne éprouvante contre les Chevaliers. Pas pour lui, qui ne se risquait au combat que lorsqu'il y était obligé ou qu'il était sûr de vaincre, mais pour les larves. Quelque soit le nombre d'imagos qui sortaient du sol, les humains trouvaient toujours un moyen de les exterminer, et cela sans qu'ils puissent faire grand mal aux Enkidiens ou à leur bétail, ce qui était pourtant la principale raison de cette perte de temps de trois ans. Cependant, le fait que les soldats magiciens ne perdent que rarement les leurs était une frustration d'autant plus difficile à supporter qu'Asbeth voyait des blessés graves à tous les combats. Comment cette race inférieure pouvait-elle être plus résistante que les insectes qui composaient l'armée de l'Empereur Noir?

Tout en se laissant aller à sa rage, le sorcier se posa sur la corniche qui donnait accès à son alvéole. Il se laissa tomber sur le grabat qui lui servait de lit et entreprit de changer sa tunique de cuir, qui sentait l'eau saline et la chair carbonisée à plein nez. Puis il s'avança vers le chaudron d'où il espionnait le monde des humains grâce à un démon qu'il avait réussi à emprisonner dans l'ustensile il y avait de nombreuses années.

Il vit les Chevaliers célébrer la cérémonie funéraire d'un Ecuyer. Dans la cour du château, un bûcher avait été édifié, et le corps du jeune défunt avait été placé à son sommet. A côté, un homme pleurait, effondré, tandis que ses frères d'armes tentaient de le réconforter. Sûrement le maître, pensa le sorcier. Mais ce qui attirait davantage son attention était le fait que l'enfant semblait être la seule victime de l'attaque qu'il avait menée. A nouveau, il s'interrogea sur la mystérieuse capacité des Chevaliers à résister à ses soldats.

Soudain, il entendit son maître, l'Empereur, l'appeler par la pensée. Celui-ci désirait certainement un compte rendu de l'offensive. Il devenait de plus en plus délicat pour l'homme-oiseau de raconter à Amecareth ses échecs. Il ressentait toujours une certaine appréhension, car il savait pertinemment que l'Empereur Noir avait le pouvoir de le tuer si jamais il jugeait qu'il lui était devenu inutile. Dans tous les cas, mieux valait ne pas le faire attendre. Le sorcier se dirigea donc vers l'alvéole impériale.

Lorsqu'il arriva, Amecareth l'attendait, debout, les mains croisées dans le dos. Ce n'était jamais bon signe.

Asbeth s'inclina, et son maître daigna enfin remarquer sa présence.

Alors sorcier, quelles nouvelles me rapportes-tu des combats? demanda-t-il. Comment se sont comportés mes jeunes soldats?

Son interlocuteur prit une grande inspiration, redoutant ce qu'il allait dire.

A vrai dire, commença-t-il, il n'ont pas eu le temps de faire grand chose...

l'Empereur Noir se retourna vivement.

Comment cela?

Les Chevaliers sont parvenus à les repérer au moment où ils ont quitté le sol, expliqua le mage noir. Ils s'en sont débarrassés en utilisant leurs pouvoirs.

Amecareth soupira, en proie à une grande lassitude.

Y a-t-il des pertes parmi les Chevaliers?

Très peu, Monseigneur.

Comment font-ils pour survivre à de telles batailles en tuant tant des nôtres?

Cela je l'ignore. Même leurs pouvoirs de guérison sont trop faibles pour les sauver de la mort. J'avoue être décontenancé face à cette étrange résistance.

Il ne s'agit pas d'une quelconque résistance à votre armée, répliqua une voix derrière eux.

Les deux créatures se retournèrent. Le demi-dieu Ucteth venait d'apparaître dans l'alvéole de l'Empereur.

Il était d'une aide précieuse aux insectes, car il pouvait les renseigner sur les faits et gestes de leur ennemis.

Tout cela est en réalité le fait d'un seul d'entre eux, continua la créature.

Un seul! fulmina Amecareth. Mais comment est-ce possible?

Au lieu de répondre, Ucteth fit apparaître un voile de fumée, dans lequel des formes apparurent. Peu à peu, elles se précisèrent et les deux acolytes purent voir une scène de bataille comme il y en avait maintenant tout les jours sur Enkidiev. On y voyait des Chevaliers qui affrontaient les imagos affamés à peine sortis du sol. Petit à petit, l'image se rapprocha pour n'en fixer qu'un seul. Asbeth poussa alors un cri de dégoût et cracha sur le sol.

Tu le connais? s'étonna l'Empereur Noir.

Oui... répondit le mage noir sans cacher son mécontentement. Je l'ai rencontré il y a une vingtaine d'années humaines, lors de la première mission que vous m'aviez confiée sur Enkidiev. Cet homme m'a repéré alors même que je me cachais derrière mon écran d'invisibilité. Il est doté d'une sensibilité extraordinaire.

C'est normal, reprit Ucteth. Il s'agit d'un guérisseur, et pas n'importe lequel. C'est le plus puissant que j'aie jamais vu parmi les humains. De plus, sa puissance a été accrue par un Immortel, puis par un demi-dieu, ce qui lui permet une plus grande efficacité.

Il y a plus, répliqua Asbeth. Il est l'Altruiste.

Ses deux interlocuteurs le dévisagèrent, abasourdis.

Il m'a ridiculisé lors de notre dernière attaque, maugréa l'homme-oiseau.

Cela je l'ignorais, déclara le demi dieu. Cela le rend encore plus dangereux pour nous.

De son côté, l'Empereur réfléchissait.

Le retirer aux Chevaliers serait un excellent avantage, déclara-t-il. Etre privés de l'un des leurs, de leur unique guérisseur, de l'Altruiste qui plus est, leur causerait un grave handicap.

Je peux m'occuper de lui si Asbeth m'aide à, disons... organiser une petite diversion. Le fait qu'il soit le défenseur du bien complique tout. Il faudra s'occuper de lui avant que les pouvoirs de l'Altruiste ne se réveillent. Cela demandera une grande rapidité d'action.

Très bien. Cependant, je veux que vous le rameniez vivant.

Les deux mages le regardèrent, surpris.

Je compte bien l'étudier, termina-t-il. Je veux savoir comment un simple humain peut disposer d'autant de puissance.

Ucteth eut un sourire horrible. C'était une très bonne idée. Cet homme était le meilleur ami de Wellan. Le sachant prisonnier, celui-ci ferait tout pour le retrouver, et lui pourrait enfin se débarrasser des spirales de feu, avant de pouvoir enfin mettre le plan qu'il ruminait depuis longtemps à exécution.

L'homme-oiseau et le demi dieu saluèrent l'Empereur et disparurent.