Voici la traduction de "breakdown" une histoire écrite par LostinOblivion.

L'auteur m'a autorisé à la traduire!

CHAPITRE 1

"I have always depended on the kindness of strangers." -Tennessee Williams, 'A Streetcar Name Desiree'

Depuis qu'ils avaient quitté le seul poste de police de la petite ville de la nouvelle angleterre, il n'avait fait que neiger.

Ils roulaient depuis une heure maintenant et la neige formait une épaisse couche blanche tout autour d'eux. Ce n'était pas un blizzard mais ce n'était pas non plus un jeu d'enfant de conduire dans ces conditions. Les jurons que prononçaient sans cesse Morgan pendant qu'il conduisait en étaient la preuve. Prentiss, quant à elle, tenait fermement la porte en maudissant silencieusement la seconde victime pour s'être aventurée dans un enfer pareil au milieu de nulle part.

Le reste de l'équipe était restée au poste, en effet Emily et Derek n'appréciait pas particulièrement l'aspect de leur travail qui consistait à s'asseoir et travailler tranquillement, ils avaient alors décidé de braver le temps horrible du mois de janvier.

Cela leur avait alors parut la meilleure alternative. Maintenant ils espéraient que tout ce qu'ils pourraient apprendre en vaudrait la peine.

Tout à coup, les roues glissèrent –du verglas- Morgan savait comment comment rouler avec un temps pareil et il savait comment régir face au verglas. Ce n'était pas le cas du véhicule si sophistiqué du FBI…. Les roues continuèrent de déraper jusqu'à perdre totalement le contrôle.

« Merde, merde… » jura t'il en essayant de reprendre le contrôle du véhicule.

Prentiss vérifia leurs ceintures et s'accrocha fermement. Il ne fallut qu'une trentaine de secondes au SUV pour glisser, tourner sur lui-même, et finalement glisser en avant dans une congère, le tout avec un sourd crissement.

Les deux agents furent propulsés en avant mais bloqués par leurs ceintures de sécurité, leur tête heurta les airbags. La voiture poussa un dernier râle et tout devint silencieux.

Prentiss fût la première à revenir à elle. Son visage était tuméfié et sa poitrine douloureuse à cause de la ceinture de sécurité. Elle dégagea l'air bag et fixa le pare brise. Le temps était assez lumineux pour voir qu'une partie de la neige était tombée et formait à présent une grosse pile de rocher comme si quelqu'un se cachait pour construire un mur de pierre.

Tout en grimaçant, elle passa au crible les alentours puis elle vérifia qu'ils n'étaient pas blessés. Ils allaient bien tous les deux. L'avant du véhicule semblait avoir absorbé le choc.

Emily dégagea l'airbag de Morgan.

« Morgan, Morgan » dit elle en le secouant légèrement.

« Morgan »

« Hum… Quoi ? » Grogna t'il.

« Tu vas bien ? »

Il gémit en se relevant, et vérifia que tout allait bien. « Ouais et toi ? »

« Oui mais la voiture est morte » dit elle en lui indiquant l'extérieur.

Morgan regarda dans la même direction, examina l'extérieur et fini par craquer « Qui a dit que c'était une bonne idée ? »

Emily haussa les épaules et sorti son téléphone « Pas de signal ! »

Morgan l'imita sans attendre à un résultat différent « Moi non plus, merde. »

Morgan rejoignit alors le siège arrière et attrapa les manteaux qu'ils avaient apportés.

Ces parkas étaient épais et ne servaient que par temps glacial, comme à Chicago par exemple.

« Qu'est ce qu'on fait maintenant ? »

« On essaye de se maintenir au chaud et on espère que quelqu'un va passer et nous voir »

« Et si personne ne passe ? » Emily ne voulait vraiment pas envisager cette possibilité.

Morgan réfléchit et lui sourit « Qu'est ce que tu dirais de se blottir l'un contre l'autre ? »

« Je ne sais pas, ce sera peut être une bonne idée dans quelques heures. »

Il sourit et la regarda enrouler ses doigts autour d'une pierre qui pendait à son cou. Elle avait la forme d'un tourbillon de couleur blanc, noir et gris et paraissait être une pierre naturelle, et non précieuse.

« C'est un cadeau d'un admirateur ? » demanda t'il.

« Quoi ? »

Elle semblait confuse. Il fixa ses doigts.

« Oh non ! C'est un cadeau de mon grand père. Selon lui, cette pierre aurait été extraite d'une mine en France au 19ème siècle. Il aimait raconter ces histoires, qui n'étaient pas toujours vraies d'ailleurs. C'est censé apporter protection et chance. »

« Ah oui ? Tu crois en ces trucs ? »

Elle haussa les épaules.

« Il allait bien avec mon pull ! »

Morgan sourit et les deux agents restèrent silencieux, en se demandant combien de temps cela pourrait prendre avant que quelqu'un ne vienne les secourir.

Ils n'attendirent pas longtemps.

Un engin rugit près d'eux, le camion commença à ralentir avant de se garer sur le bas côté de la route. C'était un gros semi avec une remorque.

Morgan fit un signe de tête en direction du collier.

« J'ai toujours dit que ça marcherait ! »

Une silhouette descendit de la cabine et marcha prudemment sur la neige jusqu'à atteindre la fenêtre de Morgan.

« Vous avez un problème ? »

L'homme avait entre quarante et cinquante ans, il portait un bonnet contre le froid avec des oreilles. La neige s'était prise dans son épaisse moustache, il parlait lentement et distinctement, ses yeux bleus étaient clairs et vifs.

« Ouais nous avons dérapé et nous nous sommes retrouvés dans ce tas de cailloux » expliqua Morgan.

« Et nous n'avons aucun signal par ici… »

« Il y a une ville pas très loin d'ici, a une quinzaine de kilomètres, appelée Culver.

Je peux amener l'un d'entre vous là bas pour utiliser un téléphone et appeler une dépanneuse » proposa l'homme.

« L'un d'entre nous ? » lâcha difficilement Prentiss.

« Mon camion n'a que deux sièges, et pas de banquettes. Avec un temps pareil je ne voudrais pas mettre vos vies en danger. »

Morgan se tourna vers Prentiss : « Vas y, appelle Hotch et dit lui ce qui se passe puis appelle une dépanneuse ».

« Je ne vais pas te laisser tout seul ici, tu vas mourir de froid ! »

« Et si tu n'y vas pas on va mourir tous les deux ! »

Emily se tourna vers l'homme « Merci mais … »

« Non » Morgan lui coupa la parole et se tourna vers leur sauveur « Elle vient avec vous ».

« Punaise Morgan, j'ai dit… »

Il la coupa à nouveau et elle le fusilla du regard.

« Ca va me prendre des heures avant de mourir de froid, et c'est bien plus qu'il ne te faut pour aller jusqu'à cette ville et ramener une dépanneuse ici. »

« Très bien puisque tu es si déterminé vas-y et je reste là à t'attendre » Elle le regarda les bras croisés.

« Punaise pourquoi es tu si entêtée ? »

Elle haussa les épaules.

« Emily pourquoi ne vas-tu pas simplement s'il te plait ? » l'implora t'il. Ensuite il la fixa avec un regard pour lequel on ne pouvait rien refuser.

La mâchoire tendue, les dents serrées, elle regarda l'homme « Je viens avec vous, merci beaucoup ».

« Très bien, je m'appelle Chuck au fait. » Il passa la main à travers la vitre et serra celles des deux agents.

« Derek, Emily » présenta Morgan. L'homme secoua la tête et se dirigea vers son camion.

Emily se tourna vers Morgan, les yeux remplis d'hostilité :

« Morgan c'est à ton tour de m'aider. Si tu meurs avant que je ramène la dépanneuse je vais… »

Elle s'arrêta soudain incertaine de savoir avec quoi le menacer.

« Me tuer ?» plaisanta t'il.

Elle lui lança un regard « Je vendrai ton corps au nécrophile le plus proche ! »

Les yeux de Morgan brillèrent mais Emily ne le remarqua pas. Elle était en train de s'extirper de la voiture et de se diriger vers le camion.
Quand elle fut arrivée de son côté, Derek l'appela « Hey Prentiss, tu sais que tu es un peu perverse ? »

Elle lui lança un sourire et disparut dans la cabine. Derek regarda le camion démarrer et reculer calmement et prudemment. Puis il disparut.

Après dix minutes de route, le conducteur du camion recherchait toujours une station de radio afin d'écouter les informations. Il engagea la conversation :

« Qu'est ce qui vous amènes par ici ? »

« Oh, nous venions voir quelqu'un » répondit-elle en restant vague. Quand les gens apprenaient que le FBI était en ville, ils devenaient tout excités.

« A Culver ? »

« Non à une heure d'ici environ »

Il acquiesça. Puis dit soudain :

« Vous voyez ça ? »

Emily se retourna vers lui pour le voir regarder à travers sa fenêtre. Elle fixa alors sa fenêtre en essayant de trouver ce qu'il voyait mais en vain.

« Non, je ne… »

Elle s'arrêta là. Son corps se raidit brusquement et elle commença à être prise de spasmes.

Son corps sursautait, ses bras tremblaient maladivement puis elle devint immobile.

Elle ne le vit jamais ranger son taser.