QUINZE ANS PLUS TARD

- PETIT DEJEUNER !

Brooke ne cessait de taper ses ongles contre le comptoir. Voilà déjà 15 minutes qu'elle attendait ses deux fils, Jude et Davis, pour qu'ils viennent manger. Voilà déjà 15 minutes qu'elle se livrait à une bataille sans fin, elle le savait. C'était la même chose tous les matins, depuis que ses fils avaient fêté leur deuxième anniversaire, et qu'ils avaient réalisé que c'était important de se faire coquet. Ils étaient maintenant âgés de 15 ans, mais cette manie ne les avait pas quittés. Chaque matin, Brooke entamait une troisième guerre mondiale, et malheureusement, elle ne triomphait que très rarement.

- C'est bon, me voila !

La mère des jumeaux sourit de satisfaction, en voyant Jude arriver. Il s'assit, but d'une traite le verre de jus d'orange que Brooke lui avait préparé, puis se redressa.

- Jude Andrew Baker, j'espère que c'est une blague ? Tu te rassois de suite, et prends un petit-déjeuner digne de ce nom. J'ai fait des pancakes et des gaufres, alors un peu de respect.

Jude regarda sa mère d'un air de défi. Comme d'habitude, elle n'avait pas d'autorité sur lui. C'était comme ça depuis quelques mois déjà, depuis que Jude traversait sa crise d'adolescence et enchainait les bêtises. A deux reprises, le proviseur du lycée de Tree Hill, lycée où elle était-même élève dans sa jeunesse, lui avait téléphoné parce que Jude avait soit répondu à un professeur soit fumé dans les toilettes. Brooke ne savait que faire pour remettre son fils sur le droit chemin, son fils qui était encore il y a un an de ça le meilleur de sa classe, et dont elle était si fière. A cette pensée, Brooke eut un pincement au cœur. Mais, elle n'eu pas le temps d'y penser, puisque son deuxième fils, Davis, entra dans le salon. Si Jude prenait du temps le matin, pour se faire beau, Davis, lui, prenait son temps … pour sortir du lit. C'est donc sans surprise qu'elle constata que son fils ne portait qu'un vieux T shirt et n'avait même pas enfilé de pantalon. Il émergeait tout juste, cela se voyait. Sans hésiter, Brooke se pointa devant lui. Il faisait une tête de plus qu'elle, mais elle n'en avait que faire : au moins, il l'écoutait, au contraire de Jude.

- Davis, tu vas me faire le plaisir de faire demi-tour et d'aller enfiler quelque chose de potable. Votre tante vient vous chercher dans 10 minutes, je te rappelle.

En ronchonnant tout de même, Davis rebroussa chemin, sous le regard fier de Brooke qui ne put s'empêcher de jeter un coup d'œil à son autre fils, comme pour lui montrer quel exemple il devrait suivre. Mais Jude, comme à son habitude, ne l'écouta point, et se concentra sur son portable : il ne cessait d'envoyer des sms à Sawyer, la fille de Peyton et la filleule de Brooke. Celle-ci sourit tendrement à cette vue : c'était certain que son fils avait des vues sur elle, même si elle avait 3 ans de plus que lui. Cela se voyait comme le nez au milieu de la figure. Mais, cela pouvait se comprendre. Sawyer était comme sa mère à son âge : artiste torturée, passionnée de musique, avec une légère tendance rebelle, mais assez pour plaire à Jude. Elle était la source de beaucoup de convoitises au lycée. Aux yeux de Brooke, ce serait étrange s'ils sortaient ensemble, de par leurs différences d'âges, mais aussi parce qu'ils étaient comme cousins : ils avaient grandis ensemble, et Peyton était comme leur tante.

- Salut tout le monde, dit une voix au loin.

Brooke leva la tête. Julian venait d'entrer. Elle lui offra immédiatement son plus grand sourire, puis s'arrêta en voyant Davis revenir, habillé cette fois-ci, et Jude qui se redressait pour partir. Brooke arqua les sourcils, voyant ses fils se préparer pour aller au lycée alors que Peyton n'était même pas encore là.

- Je passais dans le coin et …

- Julian, que fais-tu ici ? Peyton devait les prendre au passage.

- Ne t'en fais pas, je lui ai déjà téléphoné pour lui dire que je m'en occupais.

- Mais … les garçons n'ont même pas encore déjeuné.

Jude se saisit de son sac à dos qui lui servait de sac de cours, et se positionna près de son père, comme pour indiquer à Brooke qu'il se fichait du petit-déjeuner. Davis, lui, encore pas réveillé, se contenta de boire une gorgée du café de sa mère, et de prendre son sac lui aussi.

- Les garçons, vous ne partirez pas sans …

- Allez bonne journée, répliqua Jude.

Il était déjà dans le couloir, prêt à partir, tandis que Davis trainait un peu. C'était la grande différence entre eux deux : Jude était toujours prêt à foncer, à partir à l'aventure, alors que Davis lui préférait prendre son temps, évaluer les risques. L'idéal contraste entre le côté spontané de Brooke et le côté réfléchi de Julian. Davis prit le temps de mordiller dans une des gaufres de sa mère, pour lui faire plaisir. C'était aussi ce qu'aimait Brooke chez son fils : il était altruiste et très soucieux de ce qu'elle ressentait. Finalement, il en emballa deux dans du papier kraft, et se leva, prêt lui aussi à partir.

- Et mon bisou, alors ?

En riant, il déposa un bref baiser sur la joue de sa mère, et partit rejoindre son frère et son père, qui l'attendaient devant la porte d'entrée. Brooke regarda amèrement ses deux enfants s'éloigner d'elle. C'était comme ça tous les matins, ils partaient sans manger, sans un au revoir. Brooke ne disait rien. C'était sa plus grande faiblesse : elle ne savait pas refuser, dire non. Trop soucieuse de ne pas être la mère que Victoria avait été, refusant toujours tout et privant Brooke de bonheur, elle était devenue complètement l'opposé. Trop laxiste. Bien évidemment, aux yeux de ses fils, elle était toujours trop rigide avec eux. Au contraire de leur père, qui était « cool » et « sans prise de tête ». Ceci entrainait souvent des disputes au sein de la famille.

- Julian, je peux te parler une minute s'il te plait ?

- Euh … oui. Les garçons, attendez devant la voiture.

Jude murmura un « et voila que ca recommence » avant d'entrainer son frère à sortir de la grande demeure. Tous deux étaient fatigués des conflits perpétuels entre leurs parents.

Julian s'assura que ces enfants ne soient plus là, puis se rapprocha de Brooke. Elle semblait contrariée, et irritée.

- Que se passe-t-il ?

- On est lundi, Julian !

- Et ?

Elle le regarda longuement, afin qu'il comprenne. Après quelques minutes, il déchiffra enfin le message. C'était le mercredi matin, qu'il passait prendre les garçons pour les amener le lycée, et repassait les chercher à midi pour les ramener chez lui. Pas le lundi. Les mercredis, et les week-ends, c'est comme ça qu'ils s'étaient arrangés. Julian soupira. Brooke était très à cheval sur les jours de garde, elle désirait une parfaite équité entre eux deux. Mais contre toute attente, ce matin là, ce n'était pas pour ça qu'elle était en colère.

- Julian, ils vont se douter de quelque chose si tu viens trop souvent. Tu passes bizarrement beaucoup dans le coin en ce moment, tu as souvent des rendez-vous en ville et tu achètes un peu trop de jeux-vidéos que tu veux leur faire découvrir si tu vois ce que je veux dire.

Julian rit, amusé. C'était donc ça qui l'énervait. Que leurs enfants, âgés de 15 ans, découvrent que leurs deux parents s'étaient remis ensemble. Aux yeux de Julian, ce n'était pas important. Seulement, une fois de plus, Brooke était très à cheval sur leurs rendez-vous secret. Jamais à la maison. Jamais quand les enfants étaient là.

- Brooke, ils ont 15 ans. Je suis sur qu'ils peuvent comprendre que …

- Enfin, tu n'as pas vu le comportement de Jude ces temps-cis ? N'allons pas le perturber encore plus qu'il ne l'ait déjà.

Brooke soupira. Si il y avait bien une chose qu'elle ne voulait pas, c'est que ses enfants soient perturbés, confus ou gênés par quoi que ce soit. Elle voulait les voir heureux et épanouis. Et elle savait bien qu'une réconciliation de leurs parents après des mois et des mois de séparation n'allait pas les aider.

- Ils se sont fait à la situation, Julian. Davis me harcèle toute la journée, pour que je trouve quelqu'un d'autre, et Jude de son côté préfère clairement ta nouvelle maison. Je ne crois pas qu'une réconciliation leur ferait plaisir. Je crois même que …

Brooke n'eut pas le temps de finir sa phrase, puisque Julian déposa un doux baiser sur ses lèvres. Elle savoura ce contact, qui lui avait tellement manqué durant leur séparation. Elle prolongea le baiser, puis finalement, dut se résoudre à l'arrêter. Les garçons klaxonnaient, dehors.

- Il faudra bien leur dire, Brooke …

- Ils t'attendent, vas-y.

Julian soupira, et quitta la maison, en lui adressant un dernier sourire. Il ne comprenait pas les inquiétudes de Brooke : leurs enfants ne souhaitaient que leur bonheur, après tout. Mais, bon, il serait patient, comme il avait l'habitude de l'être avec elle. Aussi pesante qu'était la situation (mentir à ses fils et à leur entourage), c'était aussi très excitant d'entretenir une relation secrète avec Brooke. Il adorait devoir se cacher, devoir trouver des endroits insolites pour la voir il avait ainsi l'impression qu'ils étaient encore jeunes. C'est en y pensant, que Julian monta dans la voiture, où ses enfants étaient déjà assis. Sans aucune gêne, Davis, à présent réveillé, se tourna vers son père, désireux de tout savoir.

- Alors, c'était pourquoi, cette fois ?

- Oh … ça ne lui a pas plu que je vienne lundi au lieu de mercredi.

Davis et Jude rirent, et Julian lui se contenta de démarrer la voiture en silence. Il ne voulait pas avoir cette conversation avec ses fils.

A l'autre bout de la ville, Peyton se mêlait à la même guerre que Brooke. Elle attendait depuis déjà 20 minutes que Sawyer soit prête. Celle-ci, en sachant que personne n'allait chercher les jumeaux comme c'était initialement prévu, avait prit son temps pour se préparer. TROP de temps, aux yeux de Peyton. Elle attendait, assise sur le canapé, le manteau sur les épaules, et les clefs de voiture à la main. Elle aurait pu laisser les clefs à Sawyer, pour qu'elle y aille toute seule mais elle ne lui faisait pas encore assez confiance pour lui laisser sa voiture. Sawyer venait tout juste d'avoir son permis, de plus la Comet représentait tellement aux yeux de Peyton que ce n'était même pas imaginable de la confier à quelqu'un d'autre. Soudainement, elle entendit des bruits de pas venant du couloir. Elle se redressa, pleine d'espoir. Mais ce n'était pas Sawyer, c'était Karen son autre fille, qui fêterait bientôt son quinzième anniversaire. Quand Peyton avait apprit qu'elle attendait un deuxième enfant, Lucas et elles avaient décidé d'un commun accord de revenir à Tree Hill pour que tout leur entourage voit ce nouvel enfant. Puis, ils étaient restés.

- Maman, on y va ?

- Karen, on attend ta sœur. Mais on dirait qu'elle NE SEMBLE PAS VOULOIR VENIR.

Peyton avait haussé le ton, pour que sa fille l'entende, du fond du couloir. Mais, ce fut inutile, puisqu'à ce moment là, Sawyer arriva. Elle portait un vieux T shirt des Ramones, un jean noir, et des converses. Peyton ne comprendrait jamais : sa fille avait besoin de presque une heure pour se préparer alors qu'elle se contentait d'enfiler des vêtements simples et de revêtir une veste de cuir. La veste d'Ellie. A cette vue, Peyton soupira. Sa fille ne cessait de lui emprunter ses affaires, que ce soit des habits, des vinyles, ou même des chaussures. C'était alors à se demander pourquoi il lui fallait tant de temps pour se préparer : tout ce qu'elle avait à faire, c'était ouvrir l'armoire de Peyton. Avec ces boucles blondes, en plus des vêtements, elle était son portrait craché au même âge à tel point que le principal Turner arrivait à les confondre, même 15 ans après.

- Tu écoutes quoi comme musique ? demanda Peyton en voyant sa fille la musique aux oreilles.

Peyton voulait s'assurer que cette même musique vaille le coup de faire attendre tout le monde et d'arriver en retard au lycée, la semaine de la rentrée qui plus est. Sawyer, aujourd'hui, rentrait en terminale, tandis que Karen commençait son année de seconde. C'était donc un jour important.

- NOFX, Linoleum.

Peyton sourit, se remémorant la rencontre avec le père de ses enfants qui lui avait piteusement chantonné des paroles de cette chanson pour la séduire, au bord du lac où ils s'étaient mariés quelques années plus tard. Puis, subitement, elle perdit son sourire. Sawyer commençait à trop lui ressembler, et ça ne lui plaisait pas du tout. C'était flatteur, certes, mais c'était aussi frustrant, dans le sens où elle avait passé toute son adolescence à clamer qu'elle était différente, et voilà que maintenant son sosie apparaissait. Mais bon, il y avait une chose que Sawyer ne lui avait pas piqué : son talent de dessinatrice. Ca, c'est Karen qui l'avait ce qui suscitait des conflits entre les deux sœurs. Karen, passionnée de littérature, comme son père, était éclipsée par sa sœur, au fort caractère. Sa seule distinction était son talent de dessinatrice, qui lui valait souvent d'être publiée dans le journal du lycée ce qui faisait la fierté de ses parents.

- Bon, on y va ? dit Sawyer.

Peyton ne se fit pas prier, et se saisit de la main de Karen, comme pour l'encourager. Elle savait que celle-ci était angoissée, mais elle savait aussi que Sawyer serait là pour soutenir sa petite sœur, comme à chaque fois. Elles étaient complices, comme Peyton l'était avec Brooke à leur âge. A cette pensée, Peyton sentit son cœur se serrer. Aujourd'hui, plus rien n'était pareil. Elles ne se voyaient que lorsque Brooke déposait Karen et Davis à leur réunion du journal du lycée, ou quand Peyton amenait Sawyer et Jude au cinéma. Leur amitié n'existait plus, depuis que Brooke, alors séparé de Julian, avait avoué à Peyton éprouver des sentiments pour Lucas. A l'annonce de cette nouvelle, Peyton avait tenté de la jouer amicale, considérant leur passé, mais elle n'avait pas réussi à vraiment pardonner. A compté de ce jour, rien ne fut vraiment pareil entre les deux grandes amies.

- Maman, c'est toi qui es stressée. Moi, je vais bien.

Peyton sortit de ses pensées, et regarda sa plus jeune fille, en riant. C'est vrai que Peyton avait tendance à toujours trop stresser pour ses enfants. Elle avait peur dès qu'elles allaient à une fête, traversaient sans regarder et même lorsqu'elles allaient dormir chez Lydia, leur cousine, elle ne pouvait s'empêcher de les appeler. Aux yeux des filles, c'était assez pesant comme situation voilà pourquoi elles évitaient de trop se confier à leur mère. En vérité, Peyton couvait ses enfants de peur qu'un jour elles ne se retrouvent toutes seules sans elle, si il venait à lui arriver quelque chose. On n'est jamais trop prudent, se disait Peyton à chaque fois. Elle avait vécu le fait d'être orpheline, et souhaitait ainsi profiter de chaque moment avec ses enfants.

- Bon, on y va alors. Allez embrasser votre père.

Les deux filles hochèrent la tête, et se précipitèrent vers la cuisine, où Lucas était. Il prenait son café, concentré devant son ordinateur, écrivant le nouveau best-seller du siècle. C'était comme ça depuis plusieurs mois : il vivait devant son ordinateur, dormait avec lui. Parfois, Peyton avait l'impression que c'était lui, sa femme. Seulement, elle savait que l'éditeur de Lucas insistait pour qu'il délivre rapidement un nouveau roman. Elle savait aussi que cela stressait Lucas, d'où la cure de café. Délicatement, afin de le détendre, elle s'approcha de lui, et tenta de lui faire quelques bisous dans le cou, une fois que ses filles furent sorties de la pièce pour l'attendre dehors. Mais il se contenta de la repousser machinalement, à l'aide de sa main libre. Il garda ses yeux rivés sur l'écran. Peyton constata avec surprise que c'était une page blanche. C'était donc ça qui l'énervait. Il n'arrivait plus à écrire.

- Ca va revenir, mon cœur. Puis, tu sais …

- Non, tu sais pas, Peyton ! Je ne peux pas. Ca fait des mois que j'essaye, j'y arrive pas.

Peyton baissa la tête, à l'entente de ces mots. C'était comme ça depuis des mois, Lucas s'énervait dès qu'elle lui adressait le moindre mot. Il était sur les nerfs, irritable et irrité. Peyton savait bien que ce n'était pas de sa faute à elle : il était stressé par son éditeur, qui le harcelait presque pour qu'il ponde un autre chef d'œuvre. Après l'échec de La Comet, Lucas avait cessé d'écrire, pris entre le mariage, l'arrivée de Sawyer, et le tour du monde qu'ils avaient effectué avec sa mère et Andy. Mais aujourd'hui, les affaires reprenaient. Le label de Peyton ne remportait encore pas assez d'argent pour subvenir aux moyens de la famille, ainsi Lucas avait été plus ou moins obligé de reprendre son travail d'écriture.

- Pardon, Pey … je ne devrais pas te traiter comme ça. Viens là.

Délicatement, il l'attira contre elle et l'enlaça fort. Peyton ferma les yeux et décida d'ignorer les appels au loin de ses filles qui désiraient partir. Tout ce que Pey voulait, là, maintenant, c'était savourer ce contact. Leurs moments intimes étaient si rares, ces derniers temps, qu'elle souhaitait en profiter encore un petit peu avant de déposer les filles au lycée. Finalement, à contre cœur, ce fut Lucas qui rompit le contact, lui intimant de partir.

- D'accord, j'y vais. Mais … tu sais, tu devrais peut-être sortir. Va au Rivercourt avec Nathan tirer quelques paniers. On pourra même aller à la plage cette après-midi, tu en dis quoi ?

- Mais … tu travailles, Peyton.

- Le label peut bien attendre une journée. Ce n'est pas en restant cloitré à la maison que l'inspiration va venir. Au contraire, c'est en sortant, en découvrant des choses.

- Mais …

- Amène ton ordinateur. On ne sait jamais.

Sans lui laisser le temps de répondre quoi que ce soit, Peyton lui offrit un rapide baiser sur ses lèvres tendres, puis quitta la pièce, et découvrit ses deux filles qui, bras croisés, l'attendaient, la mine furieuse.

- Qu'est ce qui se passe les filles ?

- Tu fais un scandale pour 10 minutes … et toi tu ne te gêne pas pour t'adonner à des activités plus ou moins catholiques avec notre très cher père au risque de nous mettre en retard.

Peyton rit à cette remarque. Karen, du haut de ses 15 ans, était bien plus intelligente qu'elle ne le laissait paraitre. Sawyer, de son côté, ne cessait de regarder sa montre et de lancer à sa mère des regards de reproches. Et pour cause, il était déjà 8h20. Les filles étaient en retard. Sans plus réfléchir, Peyton attrapa ses clés et sortit, suivit de près par les deux blondinettes qui montèrent à leur tour dans la Comet. En insistant un peu, la voiture démarra, et Peyton accéléra, se dirigeant sans plus attendre vers le lycée, qui était il y a bien longtemps le sien et celui de ses amis.