Chapitre 1 : Sweet Amoris

(theme song inspiration : Hazy - Sphere Hanasaku Iroha )

Aleissia sorti de l'aéroport en poussant un long soupir, éblouie par un soleil aveuglant. Tant et si bien qu'elle mit ses lunettes de soleil, protégeant ainsi ses beaux yeux dorés. Elle en fit de même pour sa petite sœur Chihaya. Si l'une et l'autre n'avaient pas respectivement 17 et 6 ans, on pourrait les qualifier de jumelles. Excepté leur différence d'âge et la couleur de leurs yeux, elles avaient toutes deux les même traits fins de leur mère ainsi qu'une belle chevelure argentée aux multiples reflets doux et chatoyants. Aleissia avait hérité du regard doré, vif et joyeux de leur père. Chihaya quant à elle avait les yeux bleu clair, un bleu très doux et affectueux de leur mère. La petite fille se cramponnait fort au pantacourt en tissu léger de sa sœur, les yeux fatigués par ce long voyage et les larmes accumulés par les derniers évènements.

Aleissia l'entendit geindre timidement. Elle se pencha vers sa sœur qui se tortillait en se mordant la lèvre.

Tu as soif ?

Chaud ?

Faim ?

Ecoute Chihaya-chan, on en a déjà parlé beaucoup de fois depuis le départ de papa et maman, mais je vais le dire autant de fois qu'il le faudra pour que tu comprenne. On est parties du Japon. Ça ne va pas être facile tout les jours. Une nouvelle maison. Une nouvelle vie de famille avec l'oncle Tom. Une nouvelle école pour toi et moi. De nouveaux futurs amis aussi. Mignonne comme tu es, tu vas t'en faire très vite !

La petite fille leva ses yeux vers sa grande soeur. Ses lèvres commencèrent à trembler. Aleissia prit alors ses petites mains dans les siennes et les serra tout doucement mais avec fermeté et enleva ses lunettes pour bien fixer sa sœur.

Et puis, reprit-elle doucement, encore une fois, du moment que nous sommes ensembles, toutes les deux, que l'on se retrouve rien que toutes les deux pour des moments rien qu'à nous eh bien tout ira bien.

Tu promets ? demanda Chihaya de sa petite voix feutrée.

Je te le promets Chihaya-chan. Jamais je ne te laisserais derrière moi.

Pour seller cette promesse, Aleissia leva son petit doigt vers sa sœur que celle-ci saisi avec son propre petit doigt.

Alors maintenant je ne veux plus cette petite moue triste, surtout pas quand l'oncle va venir nous chercher. Il ne devrait pas tarder d'ailleurs.

Mais, je ne parle pas bien la langue de ce pays, les autres vont se moquer de moi, rajouta la petite.

Dis leur que tu as une grande sœur et un cousin balèze comme un ours qui viendront leur botter les fesses parce que l'on fait partie de la Ligue des Justiciers.

Et s'ils ne me croient pas ou que j'arrive pas à leur dire ?

Alors on viendra vraiment leur mettre une correction façon Aleissia et Alexandre ! dit la grande sœur en retroussant ses manches avec un grand sourire. Elle réussit alors à arracher un timide sourire à Chihaya. Aleissia alla jusqu'à la chatouiller un peu pour entendre les éclats de rires chantant de sa petite sœur adorée.

Allez viens, on va se mettre à l'ombre et boire un jus de fruit en attendant l'oncle Tom.

Aleissia hissa sa sœur sur une barrière lui donna une boisson et un biscuit, s'en prit une et s'appuya à côté d'elle en sirotant avec contentement le jus sucré, leurs bagages à côté. Soudain un énorme chien noir et feu fit son apparition devant elles, sans doute attirer par les sucreries. Elles sursautèrent mais ne se laissèrent pas impressionner malgré la taille imposante du chien. Un chien dangereux aurait eu un regard fuyant et agité. Celui là avait le regard franc et droit. Le filet de bave au coin de son museau trahissait sa gourmandise qui plus est. Chihaya fit du bruit avec l'emballage de son biscuit. Le chien s'assit devant elle et attendit en se léchant les babines de sa grosse langue. Prudente, la petite posa le biscuit par terre sous l'œil vigilant de sa sœur. On ne sait jamais. La sucrerie fut avalée en un rien de temps et le chien détala à toute vitesse. Il ne se passa pas dix minutes pour qu'un jeune garçon aux cheveux vermillon arrive en courant vers elles.

Vous auriez pas vu un chien par hasard, leur demanda-t-il tout essoufflé.

Si, un gros noir, répondit Aleissia avec un accent chantant et un peu surprenant aux oreilles du jeune garçon.

Il est parti par ou ?

Les deux filles lui indiquèrent la direction du doigt et le garçon reprit sa course aussitôt.

Hé ! cria Aleissia dans sa direction

Quoi ?

Attrape, lui dit-elle en lui lançant la bouteille d'eau de son sac.

Il l'attrapa au vol, lui fit signe et repartit.

Quand est-ce qu'on pourra avoir Shiro avec nous aussi ? finit par demander Chihaya

La semaine prochaine. J'irai la chercher avec toi.

Shiro était leur jeune chienne. Une belle Akita blanche de deux ans au tempérament impérieux. Aleissia et son oncle avaient bataillé dur avec les organismes pour pouvoir la récupérer le plus rapidement possibles. Mettre ses vaccins à jour et payer au prix fort du voyage. Mais leur chienne avait une telle valeur à leurs yeux qu'il était inconcevable de la laisser plus de dix jours aux douanes.

Puis, un sifflement ô combien familier les tira de leurs songes. Elles relevèrent la tête pour apercevoir leur oncle. L'oncle Tom était le frère aîné de leur défunt père. Des cheveux noir corbeau en bataille, des iris dorés rieurs, un sourire jovial et chaleureux.

Il souleva Chihaya dans ses bras, attira Aleissia contre lui et les serra fort toutes les deux.

Je suis vraiment navré de ne pas avoir pu faire le déplacement pour la cérémonie, leur dit-il, la voix légèrement étranglée.

Ne t'en fais pas, on comprend, lui répondit Aleissia qui ne pouvait s'empêcher de ressentir une pointe d'amertume néanmoins.

Tom lui tapota l'épaule et lui sourit.

Allez venez on y va, vos chambres sont prêtes et Alex doit nous attendre maintenant.

Tout trois s'installèrent dans la voiture et le trajet jusqu'à la résidence de l'oncle Tom fut silencieux. Les filles étaient éreintées, et leur oncle n'a jamais été très loquace. Sur le trajet, il leur indiqua le nouveau lycée d'Aleissia et la nouvelle école de Chihaya. Cette dernière ne put la voir car elle s'était assoupie, recroquevillée contre sa sœur.

Ils arrivèrent enfin devant un bâtisse entre deux âges. Son allure burlesque charmait Aleissia. Cette maison correspondait au caractère particulier de son oncle. Chihaya se réveilla en baillant et se mit elle aussi à la détailler.

Vous vous sentirez moins dépaysées à l'intérieur, leur assura Tom.

Les filles entrèrent à sa suite. En effet, l'intérieur de la maison était aménagé comme dans leur pays d'origine. Du moins pour l'entrée pour le moment. Des pantoufles les attendaient même. Une paire de baskets qui en a vue de toutes les couleurs était présente. Des bruits de pas se firent entendre et un grand jeune homme du haut de ses 25 ans fit son entrée. Alexandre était le portrait de son père. Mêmes cheveux en batailles, quoique plus longs et attachés, mêmes yeux, mêmes traits. Même chaleur dans le sourire qu'il leur offrit pour les accueillir.

Je commençais à m'inquiéter, dit-il.

Je suis parti un peu en retard pour aller les chercher, elles étaient en train de m'attendre, répondit Tom, un peu gêné devant le regard réprobateur de son fils.

Comme d'hab' quoi, soupira Alex. Allez restez pas dans l'entrée. Le repas est prêt je vais montrer leur chambre aux filles.

Il prit Chihaya dans ses bras et fit signe à sa jeune cousine de le suivre à l'étage. Leur chambre était l'une à côté de l'autre. Leur oncle et cousin les avaient agencées sobrement. La chambre de Chihaya aux tons bleu pastel et celle d'Aleissia dans les mauves. Cela lui fit chaud au cœur de voir qu'ils s'étaient souvenu de leurs couleurs.

On a pas forcé sur la déco, on préfère vous laisser gérer au fur et à mesure. Nos chambres à nous sont juste en face des vôtres pour info. La salle de bain au fond du couloir à droite.

C'est parfait comme ça, merci beaucoup. Et euh.., commença Aleissia quelque peu gênée. Tu..enfin, vous avez pensé à ce que je vous ai demandé ?

Oui, on a vidé la dernière pièce qu'on n'utilisait pas. Tu connais papa. 'fin bref. Au fond du couloir à gauche on pourra tous mettre en place l'autel pour vos parents, conclut Alex en les guidant vers la chambre en question.

Merci beaucoup.

De rien.

Un ventre gargouilla.

T'as fait quoi à manger ? demanda Chihaya d'une voix ensommeillée.

Oooh ça je ne sais pas. Faut demander à Mr Panda ! lui répondit-il en sortant une marionnette d'un panda en peluche. Vas-y demande lui.

Les yeux de la petite fille s'illuminèrent et se mit à discuter avec la marionnette d'Alex qui se montra bon ventriloque le temps qu'ils redescendent. La salle à manger donnait l'impression aux filles de ne pas avoir changer de pays. Alors que si elles allaient dehors et parlaient avec les gens alentours, la différence serait de mise. Tout le monde se mit autour de la table. Peu de mots, à part les paroles d'usage, furent échangées. La fatigue, la gêne, la nostalgie, les hésitations, les doutes quant à comment lancer une conversation n'ont en rien aidé.

A la fin du repas, Tom pria ses nièces d'aller se reposer. Elles s'installeront mieux demain et reprendront l'école le mois suivant pour la rentrée prochaine.

Aleissia alla coucher sa sœur après un rapide passage à la salle de bain. Chihaya ne tarda pas à tomber dans les bras de Morphée. La jeune fille regagna sa chambre en laissant comme à son habitude la porte légèrement ouverte. Elle se laissa tomber par terre suite à beaucoup de pression cumulée depuis le décès de ses parents le mois dernier dans un accident auquel elle a assisté.

Elle allait chercher sa sœur à l'école à ce moment là quand elle reconnut la Volvo argent de ses parents s'écraser contre un mur après plusieurs tonneaux. C'était chose rare qu'ils soient tout deux dans la même voiture au même moment. Non pas qu'il y ai eu des tensions au sein de leur couple, mais des vies et emplois du temps bien différents. Son père était un enseignant reconnu de karaté et tenait une salle. Sa mère quant à elle était à la tête d'une grande firme de recherches biologiques et pharmaceutiques. Elle était donc sous un double choc de les croiser dans le même véhicule et de les avoir perdus dans le même temps. Jamais elle n'avait crié ainsi. Les jours qui suivirent avant de pouvoir rejoindre la seule famille qui leur restait à l'autre bout de l'océan furent intenses, longs et rapides en même temps. Théoriquement, la maison et mobilier de leur parents ainsi que le dojo de leur père devaient revenir à Aleissia. Seulement, elle n'est pas encore majeure pour pouvoir prendre en charge sa sœur et une maison. Elle laissa les avocats et notaires s'occuper des affaires de sa mère, elle n'avait pas le choix. Sur conseil de son oncle, elle décida de vendre le maximum de mobilier sans grande valeur. Elle fit don de la plupart de leur vêtements à des associations caritatives et garda leurs vêtements de cérémonie et kimonos. Aleissia et Chihaya avaient séjourné chez la voisine bienveillante le temps qu'il leur a fallu pour tout mettre en place pour leur départ. Et les voilà ici, quinze jours après la cérémonie d'adieu de leurs parents.

La jeune fille sentit une main se poser sur son épaule. Elle leva ses grands yeux humides vers son cousin qui lui souriait doucement. Malgré l'éloignement dû au caprice de l'oncle Tom, Aleissia et Alexandre ont toujours été très proches. Le jeune homme s'assit à côté d'elle et l'entoura d'un bras. Elle se laissa aller timidement en laissant échapper quelques larmes silencieuses et finit par s'endormir d'épuisement.

Durant le mois qui suivit, les choses allèrent doucement pour cette nouvelle vie qui s'offrait aux deux jeunes filles. Leur chienne était enfin avec elles. Shiro était très perturbée par tout ces changements, mais voir le visage de ses jeunes maîtresses la rassura et reprit peu à peu ses repères. L'animal n'appréciait pas du tout l'oncle Tom cependant. Non pas qu'elle lui témoignait de l'agressivité mais montrait beaucoup de jalousie lorsque celui ci s'approchait de ses nièces quand la chienne était dans les parages. Les chambres de Chihaya et d'Aleissia devinrent peu à peu plus chaleureuses. Des photos, des cadres, des dessins, des peluches firent leur apparition. Et cette toute nouvelle famille recomposée se réunissait tout les soirs avant le souper dans la petite chambre lumineuse où ils avaient disposé l'autel de Hathori et Tsubaki Amano.

Sur la demande de sa cousine, Alex lui avait décroché un petit job à mi-temps dans un magasin de BD-Vidéo-Musique et Jeux-vidéo. Elle y travaillerait le mardi soir, le mercredi toute la journée, le vendredi soir et le samedi matin. L'oncle Tom et son fils furent surpris d'une pareille demande aussi rapidement. Aleissia avait l'habitude de ne pas rester en place et elle voulait apporter sa contribution à la vie dans cette maison même si ce n'était pas nécessaire compte tenu des revenus plutôt exorbitants que touchait Tom pour ses droits d'auteur. Celui-ci menait une vie de semi-ermite. Auteur à succès, il lui arrivait de vivre au même rythme que celui de la chouette : travailler la nuit et dormir le jour. Cela amusait beaucoup Chihaya de voir son oncle vivre un rythme décalé et se faire réprimander par son propre fils quand la petite eu dit vouloir mener la même vie que lui. Les filles reprenaient pied petit à petit. Aleissia et Alexandre aidaient Chihaya au maximum pour s'approprier la langue. La petite faisait de gros efforts mais restait terrorisée par la rentrée qui approchait. De ce fait sa sœur, cousin et oncle la firent sortir le plus de fois possible avec eux pour rencontrer des gens, parler avec eux et lui faire prendre de l'assurance.

Et puis, ce matin de rentrée scolaire redouté finit par arriver. Aleissia n'avait pas fermé l'œil de la nuit et avait attendu patiemment la sonnerie de son réveil en fixant les aiguilles tourner lentement. Elle se leva, alla se doucher, s'habiller, se brossa les cheveux et resta environ quinze minutes à fixer son reflet. Elle finit par se donner une paire de claques pour se réveiller et se donner des couleurs. Elle avait opté pour une tenue vestimentaire sobre : tunique ample prune, un short beige et une paire de tennis en toile noire. Elle n'était pas du genre sophistiquée-maquillée mais prenait quand même soin d'elle. Avant de quitter sa chambre elle lança un coup d'œil à son ancien uniforme scolaire qu'elle n'utiliserait plus désormais. Les deux sœurs avaient néanmoins conserver ces habits là. La jeune fille se dirigea vers la chambre de Chihaya où elle aperçu sa petite sœur en train de boutonner sa jolie salopette en jean rose par dessus un manche trois quarts blanc.

Tu veux que je coiffe tes cheveux ? lui demanda-t-elle

En guise de réponse, la fillette se précipita vers sa brosse à cheveux qu'elle tendit à sa sœur aînée. Aleissia lui fit deux jolies nattes comme à son habitude en laissant la petite frange en toute liberté. Alex était déjà parti à la fac et l'oncle venait d'aller se coucher. Elles déjeunèrent toutes les deux en s'envoyant des grimaces pour décompresser chacune.

Prête ?

Oui ! lança la petite d'air enthousiaste.

Aleissia donna son bentô à Chihaya ainsi que le sien qu'elle avait préparé la veille au soir. La jeune fille avait convenu avec la directrice de l'école maternelle que sa petite sœur continuerait à amener ses repas comme elle l'a toujours fait, ce qui ne dérangea pas la directrice car d'autres enfants amenaient eux aussi leur repas. Avec l'habitude les filles lancèrent un message d'au revoir dans la maison en japonais. Ce qu'elles ne regrettèrent qu'un court instant quand elles entendirent leur oncle leur répondre au loin dans leur langue natale, ainsi que leur chienne s'asseoir sur le perron pour les regarder partir.

L'école maternelle se trouvait tout juste au coin de la rue de la maison. Aleissia alla chercher son vélo offert par son oncle, accompagna sa sœur à pieds jusqu'à l'entrée de l'école où les attendait la directrice. Une jeune femme brune aux cheveux longs et au regard patient. Elles discutèrent un moment pour les formalités et rassurer Chihaya pour son entrée.

En partant, Aleissia interpella sa sœur et lui lança un « bon courage » en japonais, ce qui donna un regain d'entrain à la fillette.

La jeune fille regarda sa montre et s'aperçut qu'il ne lui restait pas beaucoup de temps avant le commencement de ses nouveaux cours. Elle enfourcha son vélo, son sac sur le dos et se mit à pédaler à un rythme soutenu. Elle arriva enfin devant son nouvel établissement. Elle était légèrement essoufflée, avait quelques rougeurs aux joues et avait de légers tremblements. Elle respira un grand coup et passa le portail d'entrée. Aleissia alla déposer son vélo à côté de quelques autres déjà installés et se dirigea vers le hall d'entrée dans lequel l'attendait ici aussi une directrice d'un certain âge. C'était un petit bout de femme rondouillard au visage jovial portant un paire de lunettes et aux cheveux grisonnant coiffés en chignon.

Je vous attendais Mademoiselle Amano, lui dit-elle d'un ton accueillant.

Bonjour Madame la directrice, excusez moi de vous avoir fait attendre, répondit poliment Aleissia.

Ne vous inquiétez pas, vous n'êtes pas en retard. Venez avec moi. Je vous passe un plan de l'école, une brochure vous présentant le corps enseignant, les délégués de classe ainsi que votre emploi du temps. J'ai fait appeler une élève de votre classe pour qu'elle vous aide dans les premier temps, elle s'appelle Iris. Elle sera un peu comme un tuteur pour vous, vous verrez c'est une gentille fille digne de confiance. Demandez lui de vous faire visiter l'établissement afin de prendre vos marques. A la pause de midi s'il vous plait, allez au bureau des délégués afin de finaliser votre inscription, voire si votre dossier est complet, vous me le ramènerez à la fin de votre journée ou le lendemain s'il vous manque des pièces.

Au fur et à mesure que la directrice donnait ses instructions à Aleissia, elles sont entrées dans un bâtiment où quelques élèves se dirigeant vers leurs salles de classe respectives la dévisagèrent. La jeune fille ne s'en formalisa pas le moins du monde et écoutait les directives de son nouveau proviseur. Elles longèrent un couloir puis la directrice s'arrêta devant une porte, frappa et entra, Aleissia à sa suite. Un jeune enseignant brun à lunettes les salua et pria ses élèves de se lever. La directrice les fit se rassoire aussitôt une fois entrée dans la salle. Vingt-deux paires d'yeux se tournèrent vers les nouvelles venues et restèrent rivés sur la nouvelle en question comme une bête curieuse. Des chuchotements s'en suivirent que la directrice fit taire d'un ton sec et cassant. Il sembla même à Aleissia d'avoir vu quelques mèches de son chignon s'éparpiller.

Bonjour à tous, je vous présente notre nouvelle élève, Mademoiselle Aleissia Amano, qui est arrivée dans notre ville durant les dernières vacances. Soyez aimables et aidez la si elle en a besoin. Mademoiselle Iris je vous prie, vous serez la tutrice de Mademoiselle Aleissia au cours de son intégration.

Alors, une jeune fille aux jolis yeux émeraude à la natte rousse et aux tâches de rousseur se leva et fit un signe de la main en direction d'Aleissia. Cette dernière rougit un peu et lui rendit son salut d'un timide sourire. La directrice lui désigna la place libre entre la dénommée Iris et une autre place vacante. Au moment où Aleissia allait s'avancer en direction de son bureau, la porte de la salle s'ouvrit à nouveau. Quelle fut la surprise d'Aleissia de rencontrer à nouveau le regard gris du jeune homme aux cheveux colorés croisé à l'aéroport un mois plus tôt. Lui ne sembla pas la reconnaître sur le coup. Son attitude désinvolte et effrontée qu'elle n'avait pas perçue lors de leur première rencontre déplu à la jeune fille qui détourna le regard et gagna sa place qui lui a été désignée plus tôt. Elle entendit vaguement la directrice réprimander furieusement la nouvel arrivant mais ce qu'elle entendait surtout c'était le bourdonnement de ses oreilles causés par les chuchotements complètement indiscrets de ses nouveaux camarades de classe. Elle eu le temps de voir quelqu'un tendre la jambe et leva les yeux vers une jolie blonde aux boucles harmonieuses mais aux yeux verts aussi acérés que ceux d'un épervier. Aleissia eut le temps d'éviter et de feinter de ramasser une gomme qu'elle claqua sur la table de la jeune blonde. Elles se dévisagèrent un moment et un rictus de défi se dessina sur le visage de chacune d'elles.

Un problème mesdemoiselles ? demanda la directrice interloquée.

Aucun madame la directrice, répondit Aleissia d'un sourire. Je rendais juste une gomme qui était tombée de cette table.

Et elle finit par s'asseoir à côté d'Iris en soupirant. La rentrée commence bien, pensa-t-elle. L'accent chantant d'Aleissia avait fait réagir le jeune homme aux cheveux rouges qui la reconnut d'un petit sourire en coin pendant qu'il continuait à écouter le sermon de la directrice.

Salut la nouvelle, tu commences bien l'année toi en regardant Ambre de cette façon, chuchota la rouquine à côté d'Aleissia d'un ton rieur.

Salut Iris, merci de t'occuper de moi pour mes début ici. Ah c'est Ambre la fille qui a voulu me faire tomber alors ?

De rien, le plaisir est pour moi. Oui Mademoiselle Ambre, les nouveaux sont une sorte de bouc émissaire pour elle. Elle annonce la couleur.

Elle t'a bizutée à toi aussi à votre entrée au lycée ?

Non, je la connais depuis la petite école donc elle me laisse tranquille.

Je sens que je vais m'amuser…

Ne t'inquiète pas, elle se lassera vite si tu ne relèves pas. Mais ne te laisses pas faire pour autant hein. Si tu as le moindre souci que ça soit avec Ambre ou avec l'administration, enfin le lycée en général tu me dis, lui dit Iris avec un grand sourire

Merci beaucoup Iris !

De rien. Au fait, dis moi, tu as un accent particulièrement…particulier, termina Iris un peu gênée de sa question.

Ah ça héhé. Je suis japonaise, lui répondit Aleissia un peu gênée elle aussi que son accent soit si remarquable bien que cela lui paraisse évident néanmoins.

Wouah tu viens du Japon ? C'est beau les villes là-bas ? Les campagnes ? C'est comme dans les cartes postales ? Tu parles drôlement bien notre langue dis !

Ça..ça fait beaucoup de questions à la fois. Eh bien ma mère est…était à moitié japonaise et moitié anglaise, donc je me débrouille plutôt bien pour les langues occidentales, notamment en anglais et français même si j'ai encore du mal. Et…

Elles furent interrompues par un raclement de chaise en provenance de la place vide à côté d'Aleissia. Place à laquelle s'installa le garçon aux cheveux rouges qui bailla ouvertement, les mains dans les poches.

Ah et je te présente ton autre voisin de classe, Castiel, que tu ne verras pas souvent en classe ceci dit.

Tes commentaires tu te les gardes Iris, lui donna-t-il en guise de réponse sur un ton sec.

Mais oui mais oui, dis bonjour au moins, tu vas lui faire peur, renchérit Iris sans relever le ton cassant de Castiel, ayant l'habitude de ses sarcasmes.

Ouais… 'lut, dit Castiel d'un air nonchalant sans regarder Aleissia.

Salut. Comme si je pouvais avoir peur de quelqu'un qui ne sait pas saluer correctement et qui ne sait pas remercier quand on lui offre une bouteille d'eau, répondit la jeune fille aux cheveux argents en faisant tourner un crayon entre ses doigts.

Aaah c'est bien toi la fille à la bouteille flanquée d'une gamine..

Il s'interrompit devant le regard fusillant qu'Aleissia lui lança à la mention de sa petite sœur.

Ooh c'est quoi ce regard là ?

Sois juste un peu plus respectueux envers les personnes que tu ne connais pas et qui ne t'ont rien fait.

Woh une nana qui me menace !

Ce n'était pas une menace.

Vous vous êtes déjà rencontrés ? les interrompit Iris

Ouais pendant les vacances quand je cherchais mon chien.

Et je lui ai envoyé une bouteille d'eau. Quand on est arrivées à l'aéroport avec ma sœur.

Ouais merci hein c'est bon j'ai saisi.

Iris poussa un sifflement muet. Une tension électrique se dégageait d'Aleissia, comme si elle était irritée. Castiel sembla s'en amuser. L'année risque d'être moins chiante avec celle-là, pensa-t-il.

Aleissia se retourna vers Iris pour lui demander des renseignements sur les cours, les salles et les horaires. Elle apprit qu'elle était donc en cours d'histoire avec Mr Faraize, qui serait son professeur référent pour l'année. Elle avait son mercredi et vendredi après-midi de libre, ce qui la soulageait pour son petit boulot.

Vous n'avez pas beaucoup d'heures de sport, remarqua-t-elle déçue.

Non en effet. Pourquoi ?

Parce que j'en avais le double avant.

Tu aimes ça ?

On va dire que c'est la discipline qui rattrape mes autres matières, avoua Aleissia en souriant. Et oui j'adore le sport.

Il y a bien des domaines où tu te débrouilles, insista Iris.

Eh bien … je me défends en langue et en musique mais sinon je ne suis pas une lumière. Je me débrouillais bien aussi en cours domestiques mais vous n'avez pas ce programme là.

En musique ? On a un club de musique ! Tu voudras nous rejoindre ? Tu joues d'un instrument ?

Silence dans le fond ! Vous discuterez dehors ! les interrompit Mr Faraize.

Les filles se turent et retournèrent à leur prise de note, Aleissia demandant souvent de l'aide à Iris pour certains mots et formules. Castiel griffonnait sur une feuille, et lançait des coup d'œil à la nouvelle sous le regard furax d'Ambre.

La sonnerie retentit enfin, annonçant la fin des cours pour le matin. Les élèves sortirent les uns à la suite des autres, Aleissia et Iris ensemble.

Tu veux que je te fasses visiter un peu le lycée ?

Euh un peu plus tard si tu veux bien, tu pourrais me montrer où se trouve le bureau des délégués s'il te plait ? Je dois fournir encore quelques pièces pour mon dossier.

Ah oui, pas de problème je t'y amène !

Aleissia suivit la rouquine qui la harcelait de questions sur le chemin. Ce qui mit la jeune fille à l'aise, car c'était facile de discuter avec Iris, elle paraissait être quelqu'un de simple et lui rappelait avec nostalgie une de ses amies d'Okayama. Iris appris donc qu'Aleissia aimait le sport depuis toute petite car son père était professeur de karaté et que la jeune fille se passionnait pour cet art martial, et son père lui a fait toucher à un peu tout les sport. Aleissia se démarquait donc en art martiaux, en natation, en course d'endurance-vitesse et en danse. Elle joue du violon depuis l'âge de 7 ans et n'est pas une élève particulièrement brillante. Elle se défend en langue et littérature japonaise mais est un vrai désastre dans les autres matières scientifiques au grand damne de sa défunte mère. Aleissia est aussi une bonne couturière et une bonne cuisinière.

Essaie de rejoindre le club de musique, on a pas encore de violoniste, ça pourrait être intéressant ! lui dit Iris en s'arrêtant devant une porte entre-ouverte.

D'accord, j'en toucherais un mot à la directrice, lui promit Aleissia.

Voilà c'est ici, demande à voir Nathaniel, c'est le délégué principal et lui qui gère la plupart des dossiers avec l'administration et la directrice. Bon je vais manger chez moi, je te dis à cet après midi !

A plus tard Iris et merci.

Aleissia frappa à la porte, s'excusa de son intrusion et entra. Un jeune homme blond leva le nez de ses papiers et la dévisagea. Ils relevèrent chacun qu'ils avaient les mêmes iris dorés.

Bonjour, excuse moi de te déranger, je cherche le délégué principal pour finaliser mon inscription.

Bonjour, c'est moi. Enchanté, je m'appelle Nathaniel, lui répondit le jeune garçon d'une voix douce et au sourire éclatant. Ce qui ne manqua pas de charmer Aleissia.

En..enchantée, je suis Aleissia. Hum. Aleissia Amano, la nouvelle, se présenta-t-elle.

Ah oui, la directrice est venue me voir pour me passer ton dossier, alors il me manque les frais d'inscription, ton formulaire et une photo d'identité s'il te plait.

J'ai le formulaire et l'argent pour les frais mais pour la photo d'identité, je suis presque sûre d'en avoir déjà fourni deux ou trois, dit-elle en lui tendant argent et papier rempli.

Hum je vais vérifier attends. Ah, oui mais en fait, la photo que je te demande va servir pour faire ta carte d'étudiante, les deux autres servent à d'autres compléments.

Ah je vois, ça ira si je te l'apporte demain ?

Pas de problèmes, je note. Penses y surtout.

Ne t'en fait pas, je note aussi, répondit Aleissia en joignant le geste à la parole.

Bien, ça fait plaisir de voir des nouveaux arrivants sérieux avec les papiers administratifs, lui dit Nathaniel en souriant.

Si elle pouvait se faire toute seule la paperasse, ça m'arrangerais mais bon quand on a pas le choix. Non pas que je la néglige mais c'est rasoir.

.. Hum, oui tu n'as tout à fait tort. Mais c'est quand même important.

Certes. Bon je t'amène la photo demain matin à la première heure ! lui assura la jeune fille un grand sourire aux lèvres.

Je te fais confiance, Aleissia. Tu devrais aller manger, histoire de faire une pause avant que les cours ne reprennent. Tu es inscrite aux repas de cantine ?

Oui, j'y vais de ce pas. Et non je m'amène mes repas. Et toi, tu ne vas pas manger ?

Si, j'ai encore quelques papiers à finir pour la directrice et je retourne chez moi pour le repas.

Ok, je te dis à plus tard alors Nathaniel.

A plus tard Aleissia.

La jeune fille le laissa à ses affaires et prit la direction de la sortie quand ..

Hé !

Aleissia se retourna et attrapa au vol une canette de jus de fruits que venait de lui envoyer Castiel qui se dirigeait vers elle.

Tu vas où comme ça ?

Manger. Comme tout le monde je suppose… ? Et toi ?

Hum tu verras. Viens avec moi la p'tite nouvelle. A moins que tu fasse partie des moutons du réfectoire.

Euh non.

Bien, suis moi alors.

Euh ..ok. conclut-elle. Après tout je sais me défendre s'il me prend la tête ou me prépare un mauvais coup.

La jeune fille le suivit le long des couloirs, ils prirent les escaliers et Castiel sorti une clé de sa poche qu'il dit avoir ''empruntée''. Le porte qu'il ouvrit donne en fait sur le toit de l'école et offre un joli panorama.

Wouah, dit-elle avec nostalgie les cheveux aux vent. Tu viens souvent ici ?

De temps en temps ouais.

Pour sécher les cours, non ? dit Aleissia sur le ton de la plaisanterie.

Haha je tairais le sujet, ça te regarde pas, rétorqua-t-il.

C'est pas faux, ça me regarde pas.

La jeune fille alla s'asseoir en tailleur à l'ombre contre le mur du bâtiment d'où ils étaient venus et sorti son panier-repas, Castiel venant se mettre à côté d'elle avec son propre repas. Il la dévisagea lorsqu'elle ouvrit sa boite contenant les plats typiques qu'elle a toujours eu l'habitude de se préparer ou que sa mère lui préparait étant petite. Du riz cuisiné, des ramens et des pousses de soja sauté, puis des petites saucisses taillées en calamars. Ella avait aussi prit le temps de préparer plusieurs manju, ces brioches fourrées à la pâtes de haricots rouges, malgré la grande galère pour trouver les bons ingrédients mais la jeune fille avait réussi à dénicher une petite épicerie spécialisée dans les produits orientales sur indication de l'oncle Tom.

J'..j'ai quelque chose sur le visage ? demanda-t-elle gênée par ce regard plein de curiosité.

Non pas toi, mais ta boite c'est pas tout les jours qu'on en voit des comme ça.

Chez toi peut-être, chez moi partout.

S'embêter à préparer tout ça pour chaque jour ça doit être chiant à la longue, dit-il en entamant son sandwich.

Aleissia haussa les épaules, pris ses baguettes et commença elle aussi son repas.

Merci pour le jus de fruit.

Merci pour la bouteille d'eau.

Tu l'as récupéré loin ton chien au fait ?

Un peu ouais. J'ai eu la mauvaise idée de le lâcher sur un terrain vague et il s'est mis à suivre un autre chien.

Il s'appelle comment ?

Démon.

Haha ça lui va bien je trouve pour te faire courir de la sorte. La mienne s'appelle Shiro.

Et c'est quoi ? Un roquet à sa mémére du genre chihuahua ?

Très drôle. C'est une Akita. Moins imposante que le tien. C'est quoi comme race ?

Connais pas. J'ai un beauceron.

Ok. Tu la verras peut-être un jour, conclut-elle en se levant et s'étirant.

Elle prit la canette offerte par Castiel et sirota le jus de pomme en s'avançant vers la rambarde de sécurité et scruta la ville qui s'étendait sous ses yeux. La situation était étrange. D'ordinaire c'était avec ses amis de son ancien lycée qu'elle partageait un repas sur le toit de l'école. Se retrouver dans un endroit similaire avec un garçon qu'elle ne connaissait que depuis quelques heures la mit presque mal à l'aise. Mais dans le fond, Castiel n'a pas l'air bien méchant. Juste un mauvais caractère pour un garçon un peu échaudé.

T'habites de quel côté de la ville ? finit-elle par demander.

C'est un interrogatoire ?

Non, juste de la curiosité.

Ben tu te la gardes.

Aleissia roula des yeux, froissa sa canette vide d'une main comme si elle était en carton, se retourna, se dirigea vers son sac.

Désolée d'essayer de faire connaissance et merci pour le repas, balança-t-elle avant de prendre le chemin du retour.

Et dire que je commençais à me dire qu'il était sans doute sympa, pensa-t-elle au moment la sonnerie de la reprise des cours.

On va en cours comme une gentille fille ? lui lança Castiel en la rattrapant. La tension commençait à monter entre les deux jeunes gens.

Je ne suis peut-être pas une lumière, mais pas une cancre comme certains.

Ça veut dire quoi ça ?

Interprète comme tu veux. C'est pas mon problème si tu te sens visé. J'ai cité personne.

Non mais tu l'a pensé très fort. Aller, vas en cours petite, fais toi bien voir par la dirlo et tes parents.

Le sang d'Aleissia ne fit qu'un tour pendant que le jeune homme s'éloignait après l'avoir toisée, bien satisfait de l'avoir faite taire. Elle baissa la tête et accéléra le pas jusqu'à la salle de classe. Il ne pouvait pas savoir, se répétait-elle. Mais elle ne pouvait pas s'empêcher de bouillir. Et l'événement suivant ne fit qu'accroître sa mauvaise humeur. Trois filles, une blonde, une brune et une châtain l'accostèrent.

Primo je n'ai pas apprécié le regard que tu m'as lancé toute à l'heure. Sache que quelqu'un comme toi ne peut pas regarder de haut quelqu'un comme moi. Deusio : arrête de tourner autour de Nathaniel et tertio : Castiel est à moi alors laisse tomber le boudin ! lui dit Ambre sur un ton hautain

Hum je pensais avoir à faire à des gens qui cessent les gamineries dans le genre croc-en-jambe et le touche-le-pas-il-est-à-moi, mais il semblerait que non. Alors entre toi, tes copines tartinées à la double couche de fond de teint et Castiel, mais merde foutez-moi la paix ! lui rétorqua Aleissia en élevant la voix à chaque mot prononcés.

Oooh regardez les filles qui je viens de mettre en colère ?

En classe mesdemoiselles, intervint un professeur qui venait dans leur direction. Il fit un clin d'œil à Aleissia en passant.

La jeune fille resta plantée là un moment, à bout de nerfs tout d'un coup. Et puis une vague d'accalmie arriva lorsqu'Iris vint près d'elle et s'arrêta de trembler.

Aleissia ? Tu ne te sens pas bien ? Tu es tout pâle. Tu veux prendre l'air ? s'inquiéta la jeune rousse.

Non ça va ne t'en fais pas. Je suis soulagée de voir quelqu'un d'appréciable venir à mon secours

Hein ? il s'est passé quelque chose ?

Je t'explique ça en classe, le cours va commencer.

Aleissia lui expliqua les derniers évènements en lui mentionnant le décès de ses parents, d'où son énervement envers Castiel et l'altercation avec Ambre.

Tu sais, Castiel n'est pas toujours facile, mais il n'est pas méchant et il ne pouvait pas deviner pour tes parents. Et puis s'il t'a amenée sur le toit et est resté avec toi pour manger c'est qu'il t'apprécie sans doute. Quant à Ambre…eh bien c'est Ambre, conclut Iris avec un léger sourire compatissant.

Je sais bien qu'il ne pouvait pas savoir, donc je ne vais pas m'en formaliser, mais il m'agace quand même !

Courage ! Et puis regarde, il n'est pas là !

Pour le jour de la rentrée il exagère !

Chut dans le fond de la classe ! clama l'enseignant de sciences physiques.

Les filles se concentrèrent sur la présentation et l'enseignant et son cours, enfin elles essayèrent tout du moins. Le reste de la journée se passa sans encombre. Iris fit visiter rapidement à Aleissia les endroits du lycée qu'elle ne connaissait pas et rencontra cinq élèves présents dans sa classe : Violette la timide, Capucine la gentille bourgeoise, Alexy et Armin les jumeaux excentriques et Kim la naturelle. Les deux jeunes filles se dirent au revoir et Aleissia rejoint son vélo pour aller ensuite chercher sa sœur à la garderie de l'école. Il était convenu que Chihaya l'attende même si l'école était tout près de la maison.

Le sourire chaleureux de sa petite sœur qui l'accueillit en lui sautant dans les bras lui fit oublier ses déboires de sa première journée. La directrice lui fit un compte rendu de la journée de rentrée de la fillette qui était positif : Chihaya doit juste surmonter sa timidité, elle était apparemment dans une bonne classe avec de gentils camarades très curieux d'en apprendre plus sur la petite japonaise. Elle mit prudemment la petite sur la selle de son vélo et le poussa en marchant à côté, tenant la bicyclette. Toutes deux parlant de leur rentrée. L'une avec des hauts et des bas, l'autres avec foule de nouveaux petits amis intrigués par leur nouvelle camarade de jeu. Au moins, Aleissia n'aura plus à s'inquiéter pour la vie à l'école de sa sœur sur ce point là.

En levant les yeux, elle aperçut de dos un jeune garçon promenant son chien noir.

Elle sourit. Demain est un autre jour, se dit-elle.

Bienvenue à Sweet Amoris.