Point de Non Retour

Auteur : Niteryde

Traduction : Dimitrova et Shaya10

Chapitre 1 : Trop loin en arrière

Avec une expression solennelle, Trunks examinait attentivement son épée, la faisant lentement tourner devant lui. Par dessus sa lame, par delà la fenêtre de ce qui restait de Capsule Corporation, il pouvait voir s'élever de la fumée au loin. Ses yeux bleus se fixèrent sur les volutes, tristes témoins du pouvoir de destruction des cyborgs, et son regard s'assombrit. Il rangea son épée dans son fourreau, la jeta par dessus son épaule et regarda encore un moment par la fenêtre avec concentration.

Il était temps. Il était temps pour lui de retourner dans le passé et de remettre les choses en ordre. Il repassa rapidement dans son esprit sa mission, le médicament contre le virus pesant une tonne contre sa poitrine. Il avait besoin de l'aide de Goku pour mettre un terme à ce cauchemar. Il n'était pas sûr que Goku ferait une grosse différence et en toute franchise, il était encore un peu sceptique. Mais sa mère avait une telle foi en ce guerrier que Trunks devait y croire aussi.

Ils n'avaient plus rien à perdre.

Bulma ôta le capuchon du feutre noir qu'elle tenait à la main avant de gribouiller sur la carrosserie de la machine qu'elle avait construite pour son fils. Elle n'avait pas terminé d'écrire quand son fils arriva derrière elle. Le jeune homme aux cheveux couleur lavande pencha légèrement la tête sur le côté en regardant par dessus l'épaule de sa mère.

« Espoir ? », demanda-t-il. Elle sourit, ponctuant le mot d'un point d'exclamation pour plus d'effet et reboucha son feutre.

« C'est ce qui nous fait aller de l'avant. », dit-elle, en se tournant pour faire face à son fils. Il lui fit un demi-sourire et elle remarqua combien il ressemblait à Végéta avec cette expression. Elle sourit avec nostalgie. « Maintenant, est-ce que tu as tout ce qu'il te faut mon garçon ? »

« Oui, j'ai tout ce dont j'aurai besoin. », répondit Trunks en ouvrant sa veste en cuir Capsule Corp. pour montrer à sa mère ses capsules rangées à l'intérieur.

« Et tu as bien le médicament pour Goku ? », demanda-t-elle, avec une pointe d'inquiétude dans ses yeux bleus.

« Ouaip, j'ai ça aussi. », répondit tranquillement Trunks en faisant à sa mère un sourire rassurant. « Tout va bien se passer, maman. Ce sera même excitant en fait. » Les yeux de Trunks brillèrent légèrement et Bulma rit, reconnaissant cet air.

« C'est ton côté Saïyen qui parle, là. », dit-elle avec un petit rire tout en hochant la tête.

« Mais c'est vrai. Je vais pouvoir revoir Gohan et rencontrer son père dont j'ai tant entendu parler. Et je vais même pouvoir voir mon propre père. », dit-il, incapable d'empêcher à son sourire de s'élargir. Bulma soupira et lança un regard lourd de sens à Trunks, ce qui le fit rire. « Je sais, je sais, tu m'as déjà dit qu'il n'était pas exactement le... le type le plus sympa du coin. »

« Je veux juste t'éviter d'être déçu, Trunks... », dit Bulma d'un ton hésitant, essayant de trouver les mots justes pour expliquer ce qu'elle ressentait. « Végéta n'était pas une mauvaise personne. Fier, arrogant, certes, mais il était un homme dur à connaître vraiment et à comprendre. Il ne m'a jamais montré la moindre affection, Trunks, et je ne veux pas que tu le rencontres avec trop d'attentes qu'il ne pourra pas... »

« Je sais, j'essaierai de ne pas avoir trop d'attentes mais ça va quand même être génial de le voir en vrai. », dit Trunks avec enthousiasme, en repoussant une mèche lavande de ses yeux.

« Écoute, Trunks. », dit Bulma, sa voix prenant un ton maternel alors qu'elle plaçait ses mains sur ses hanches, « Tu ne remontes pas le temps pour sympathiser avec Végéta, tu sais. »

« Je sais. », dit-il, son visage retrouvant sa solennité. Il dépassa sa mère pour se diriger vers la machine à remonter le temps, leva les yeux vers la machine, aussi intimidante que sa mission. Lentement, il se pencha et posa sa main sur le mot que sa mère venait d'écrire sur le flanc de la machine.

Hope. Espoir.

« J'aurais aimé que tu me laisses encore une semaine pour faire plus de tests sur cette chose. », soupira Bulma derrière lui. Il se tourna vers elle en lui offrant un léger sourire.

« Maman, tu es un génie, je suis sûr que tout ira bien. », dit-il pour la rassurer. Elle acquiesça, lui répondant par un sourire forcé avant de détourner le regard. Inconsciemment, elle serra ses bras autour de ses épaules, détestant le sentiment de terreur qui l'envahissait à l'idée d'être séparée de son fils pendant si longtemps. Elle sursauta quand elle sentit son fils l'entourer de ses bras, comme s'il avait lu dans ses pensées. « Tout ira bien. », lui dit-il avec une totale sincérité.

Elle soupira et lui rendit son étreinte. Il la laissa le serrer dans ses bras aussi longtemps qu'elle en avait besoin. « Tu es tout ce qu'il me reste, Trunks. », lui dit-elle, en se dégageant. Elle prit le visage de Trunks dans ses mains, contemplant simplement l'homme que son fils était en train de devenir.

« Tu as intérêt à revenir en un seul morceau, compris ? », lui dit-elle et il sourit.

« Je reviendrai en un seul morceau, Maman, c'est promis. »

« Bien. », dit-elle en le laissant aller. Elle lui fit un clin d'œil. « Évite les ennuis, Trunks. »

« Toi aussi. », dit-il d'un ton léger tout en se tournant vers la machine à remonter le temps. D'un seul bond rapide et leste, il se trouva dans la machine. Il s'assit et regarda la femme aux cheveux bleus en dessous de lui.

« Tu me connais, je trouverai bien à m'occuper. », lui lança-t-elle. Cela le fit rire.

« C'est bien ce qui m'inquiète. », plaisanta-t-il, en pressant un bouton du panneau de contrôle.

Le couvercle en verre de la machine se mit à vrombir et à s'abaisser autour de lui, se fermant avec un cliquètement alors que la machine se mettait en marche. Il pressa un autre bouton et instantanément la machine se mit à gronder sous lui.

De la fumée s'éleva de sous la machine à remonter le temps qui s'éleva lentement dans les airs. Bulma le regardait, anxieuse, un sourire nerveux sur le visage alors qu'elle tendait le cou pour regarder son fils plus haut. Leurs regards se rencontrèrent et il lui fit un petit signe confiant de la main.

En un éclair, Trunks avait disparu.

Trunks battit des paupières, ébloui par la lumière blanche qui avait englouti la machine avant d'enfin disparaître. Cela avait à peine pris plus de quelques secondes et il en était un peu surpris. Il ne savait pas à quoi s'attendre car il n'avait jamais utilisé la machine à remonter le temps alors il rit intérieurement de sa propre surprise.

Il appuya le bouton qui déclenchait le mécanisme d'ouverture de sa machine et le couvercle de verre s'anima et se releva. Il sauta hors de la machine à remonter le temps, atterrissant gracieusement sur ses pieds. Il regarda autour de lui avec curiosité, avant d'appuyer un bouton sur le côté de sa machine pour la faire retourner dans sa capsule. Il ramassa la capsule et la rangea à l'intérieur de son blouson avec les autres. Sa mère lui avait donné tout ce dont il aurait besoin pour rester ici aussi longtemps qu'il le faudrait.

Trunks n'avait pas prévu de rester longtemps pourtant. Il devait juste parler à Goku et lui donner le médicament dont il avait besoin pour vivre assez longtemps pour les aider contre les cyborgs. Il ne voulait pas laisser Bulma seule plus longtemps, pas avec les cyborgs qui les pourchassaient constamment. Fronçant les sourcils, l'adolescent regarda autour de lui, se demandant où il avait bien pu atterrir. Les coordonnées devaient le faire arriver à quelques kilomètres de la maison de Goku. Il n'avait jamais vu la maison de Goku et ne s'attendait évidemment pas à reconnaître l'endroit tel qu'il était vingt années en arrière.

Mais malgré tout, il lui sembla qu'il y avait erreur.

La zone où il avait atterri était aride, le sol sous ses pieds, compact comme de la pierre ou du béton. Il y avait quelques buissons, des arbrisseaux plutôt, et qui semblaient mourants. C'était la nuit et le froncement de sourcils de Trunks s'accentua à mesure qu'un sentiment de malaise l'envahissait. Quelque part, tout cela ne collait pas du tout. L'obscurité et le vide de l'endroit rendaient même son futur, rempli de destruction, chaleureux en comparaison. Trunks s'élança dans le ciel et s'envola, faisant de son mieux pour localiser une source d'énergie qui pourrait lui indiquer où se trouvaient les autres guerriers.

Quelques minutes de vol plus tard au dessus de rien d'autre qu'une étendue désertique, Trunks commença à se sentir inquiet. Il ne pouvait repérer aucune des sources d'énergie des guerriers qu'il était censé rencontrer. Même si Gohan était techniquement un enfant dans cette ligne temporelle, il doutait que son énergie puisse être si basse qu'il ne puisse pas la détecter. Le niveau d'énergie de Gohan était le seul que Trunks ait appris à lire et à sentir et il aurait reconnu cette énergie peu importe l'année.

Oh non, pensa Trunks, horrifié par l'idée qui venait de le traverser. Et si j'arrive trop tard et qu'ils sont déjà tous morts ?

Non, non, ce n'est pas possible, pensa Trunks, en argumentant avec lui-même alors qu'il accélérait son vol. Gohan a déjà survécu aux cyborgs, il devrait encore être en vie.

Soudain, Trunks aperçut des lumières devant lui. Elles étaient faibles mais il pouvait vaguement distinguer des immeubles. Il sourit et accéléra encore plus. Il y avait des gens ici, il le savait. Il se sentirait beaucoup mieux en les voyant.

Mais plus il se rapprochait des lumières et des immeubles, plus son sourire s'effaçait pour faire bientôt place à une expression préoccupée alors que ses sourcils se rejoignaient sur son front. Son expression se changea en choc et il s'arrêta en plein vol.

Il resta suspendu dans les airs, regardant en dessous la panique et l'hystérie qui engloutissaient les rues. Tout le monde courrait et hurlait de terreur, les gens se heurtant les uns aux autres avec la peur la plus absolue dans les yeux. Trunks aussi était horrifié en voyant la scène qui se déroulait en dessous de lui et ses yeux s'emplirent également de terreur.

Ces... gens... n'étaient pas humains.

C'était des créatures de taille moyenne, leur peau semblait dure, écailleuse et violet foncé. Leurs yeux étaient grands et jaunes et ils n'avaient pas de mains, juste des griffes. Malgré tout, ils marchaient debout comme les humains, et à cet instant, ils semblaient exprimer une émotion humaine dans leurs yeux. C'était des extraterrestres, sans aucun doute.

Trunks serra les poings, comprenant mais refusant de comprendre.

Mais enfin où je suis, là ?

Lentement, il descendit sans même que son approche soit remarquée au milieu de l'hystérie collective qui s'était emparée de la ville. Les extraterrestres criaient dans un étrange langage qu'il ne comprenait pas. Trunks atterrit et se précipita derrière l'angle d'un immeuble. Il trouva une allée déserte et sortit immédiatement la capsule de sa machine à remonter le temps. Il l'enclencha et la jeta sur le sol.

Et rien ne se passa.

Trunks sentit son estomac se nouer alors qu'il ramassait sa capsule par terre avant de l'enclencher et de la jeter à nouveau. Une nouvelle fois, la capsule resta immobile. L'adolescent resta figé à la regarder, ses mains commençant à trembler.

Il n'avait pas la moindre idée du lieu où il se trouvait, ni même de l'année dans laquelle il était et maintenant, il n'était même pas sûr de pouvoir rentrer chez lui.

Il ramassa lentement la capsule, luttant contre la réaction impulsive de la jeter et de la détruire. Non, il devrait la garder, trouver un endroit tranquille et faire tout son possible pour la réparer. Alors qu'il rangeait la capsule, il regretta de ne pas avoir écouté plus sa mère quand elle avait essayé de lui expliquer la conception de son invention.

Juste à ce moment, Trunks fut projeté sur le sol par quelqu'un qui le percuta par derrière. Il bondit immédiatement sur ses pieds et brandit son épée en moins d'une seconde avant de regarder son agresseur.

« Qui es-tu ? », demanda Trunks, en lançant un regard menaçant à l'extraterrestre qui lui faisait face. Il semblait plus petit que les autres, comme un enfant. L'extraterrestre était par terre en position assise et leva vers Trunks un regard terrifié. Trunks vit la terreur et ressentit un pincement au cœur en la reconnaissant. D'habitude, c'était lui qui était à sa place avec ce regard dans les yeux.

Lentement, il lui offrit un sourire et rangea son épée dans son fourreau. L'extraterrestre recula un peu, ayant clairement peur de lui. Trunks s'agenouilla et accentua son sourire.

« Eh, je ne te veux aucun mal. », dit-il sincèrement. Le regard de la créature passa de la terreur à la confusion.

« Peux-tu me comprendre ? », demanda Trunks à la créature qui se relevait lentement. L'extraterrestre faisait tout juste la moitié de la taille de Trunks.

« Ila yen kai trinkalei », dit l'extraterrestre, avec de la panique dans la voix en regardant Trunks avec des yeux suppliants. Trunks hocha juste la tête, essayant d'exprimer qu'il ne comprenait pas.

Soudain, l'extraterrestre fut près de Trunks et saisit à pleines mains le blouson de l'adolescent.

« Wouah », dit Trunks alors que la peur dilatait visiblement les yeux de l'extraterrestre.

« Ila yen Saïyen ! »

Trunks pencha la tête avec curiosité, une lueur de compréhension dans les yeux, « Tu viens de dire Saïyen ? »

Les yeux de l'extraterrestre s'agrandirent encore plus et avant que Trunks ne puisse lui demander quoi que ce soit, la créature s'élança dans une course effrénée, traînant Trunks derrière elle.

« Eh, attends une minute ! », s'écria Trunks, sachant qu'il pouvait arrêter l'extraterrestre mais ne le souhaitant pas. Il voulait des réponses. « Je suis un Sa... »

L'extraterrestre s'arrêta brusquement, incitant Trunks à s'accroupir avec lui derrière un bloc de béton tombé là et couvrant la bouche de l'adolescent d'une main griffue et violette. Les mots que Trunks avaient à la bouche moururent sur ses lèvres alors qu'ils regardèrent par dessus le bloc. La scène qui s'offrit à ses regards le fit frissonner.

A une quinzaine de mètres d'eux, il vit une boule d'énergie éventrer les rues de cette étrange civilisation dans laquelle il se trouvait. L'air s'emplit de cris horrifiés et de gémissements de douleur continus entrecoupés d'autres râles atroces. De la fumée s'éleva, au milieu de laquelle se tenait un homme grand avec de longs cheveux qui lui arrivaient presque jusqu'au milieu du dos. L'homme portait un engin métallique qui lui couvrait l'oreille gauche, avec un morceau de verre rouge sur l'œil.

L'homme se tourna avec un sourire mauvais et Trunks et l'enfant extraterrestre baissèrent leurs têtes derrière le morceau de béton. Une boule d'énergie vola droit au dessus de leurs têtes et s'écrasa dans un immeuble tout près, l'engloutissant immédiatement dans les flammes. Trunks regarda cette dévastation avec horreur, partagé et déchiré par l'indécision. Devait-il intervenir et mettre un terme à cette folie ?

Il avait vu l'armure de cet homme, avait vu la queue de l'homme enroulée fermement autour de sa taille. Il savait qu'il était un Saïyen. Ce type d'énergie ne pouvait provenir que d'un Saïyen. Mais tous les Saïyens étaient morts d'après ce qu'il savait. Les seuls à avoir survécu étaient Goku et son père. Ils étaient les deux seuls Saïyens de sang pur qui restaient vingt années dans le passé.

Trunks sentit ses yeux s'agrandir. Combien d'années en arrière avait-il vraiment parcouru ?

« Saïyen. », chuchota l'extraterrestre, en désignant l'homme. Abasourdi, Trunks regarda l'extraterrestre à côté de lui avant de sentir une autre explosion secouer toute la zone. Trunks couvrit ses oreilles, grimaçant en essayant de se protéger des débris qui tombaient près d'eux.

La colère l'envahit soudain. Il n'avait pas quitté son monde empli de mort et de destruction pour entrer dans un autre et il était en train de lutter contre la furie qu'il sentait courir dans ses veines. Mais sa mère l'avait prévenu qu'il ne devait rien changer à part de remettre le médicament à Goku car le moindre petit changement pouvait avoir d'énormes répercussions dans le futur. Les choses pouvaient changer à l'excès et il avait promis à sa mère...

Trunks sentit une autre explosion ébranler un immeuble voisin et il serra les dents, le corps tremblant du désir d'intervenir. Il entendit l'homme rire fort et il était incapable d'imaginer quel genre de monstre pouvait rire devant cela. Cette civilisation était sans défense et il les anéantissait sans trouver rien d'autre à faire que de rire de leur souffrance et de leurs morts.

« Ça, c'est de l'égoïsme, Raditz ! », entendit-il dire d'une voix grave, rauque, avec un ton amusé. Ses yeux s'agrandirent en réalisant qu'on parlait sa langue. Cette voix était plus près de lui, à environ trois mètres.

« Tu ne m'as même pas laissé m'amuser avec eux avant de te mettre à tous les tuer. »

L'autre homme ricana. « Désolé Nappa mais tu dois intervenir beaucoup plus tôt que cela si tu veux t'amuser aussi. Je n'ai juste pas pu m'en empêcher. »

Le premier homme rit. « Bien, je suis sûr que je peux encore dénicher dans le coin une de ces bestioles extraterrestres pour m'amuser. »

Trunks et l'enfant extraterrestre restaient assis appuyés contre le bloc de béton et Trunks n'osait plus respirer. Il ne savait pas qui étaient ces Saïyens mais il était tout à fait sûr de pouvoir les anéantir facilement et même d'une seule main. Mais il n'avait aucune idée des conséquences que cela pourrait avoir sur la ligne temporelle qu'il avait toujours connue. Il voulait juste qu'ils partent, afin qu'il puisse trouver un moyen de s'en aller soit en rentrant chez lui, soit en retournant dans la ligne temporelle et la planète où il était censé aller.

Juste à ce moment, un bruit de pas traînant se fit entendre. Trunks plissa les yeux en regardant devant lui, d'où, de la fumée et des débris en flammes, surgit en trébuchant ce qui ressemblait à une femelle extraterrestre d'à peu près sa taille. L'extraterrestre regarda Trunks et l'enfant assis près de lui et poussa un cri puissant.

L'enfant extraterrestre lui répondit avant de se précipiter en avant vers elle. « Non ! », souffla Trunks. Il se tourna pour observer par dessus le béton les Saïyen derrière lui et il vit que le plus proche était un grand chauve menaçant à la stature imposante. Le chauve se tourna et, en voyant les extraterrestres, leva le sourcil avec amusement. Aucun des deux Saïyens n'avait remarqué Trunks mais cela risquait de changer s'ils faisaient ce qu'il pensait qu'ils étaient sur le point de faire.

Trunks grogna quand il vit l'homme chauve rire et lever sa main en direction des extraterrestres, préparant une boule d'énergie.

« Hé, regarde, Raditz, des cibles d'entraînement gratuites. »

« Oui mais attends une seconde, Nappa. », dit Raditz.

Trunks se figea en entendant l'autre homme parler. Sa main était déjà posée sur son épée et il s'était préparé à surgir pour se faire connaître. Il avait vu assez de destruction et voir l'enfant extraterrestre et celle qui semblait être sa mère se faire massacrer sous ses yeux aurait été plus qu'il n'aurait pu le supporter. Il était sur le point de s'élancer et de bloquer l'attaque du Saïyen mais maintenant il se rassit contre le morceau de béton, le corps tendu.

« Qu'est-ce qu'il y a ? », demanda Nappa avec un soupir en regardant par dessus son épaule le Saïyen plus jeune. Raditz avait les sourcils froncés et fixait les extraterrestres que Nappa avait été sur le point de désintégrer.

« Mon détecteur a capté brièvement quelque chose. », dit Raditz et Nappa pouffa de rire en entendant cette remarque ridicule. Trunks ferma les yeux de toutes ses forces. Comment pouvait-il avoir oublié ? Ces objets qu'ils portaient sur le visage étaient des détecteurs qui pouvaient localiser les forces. Il n'en avait jamais eu besoin car Gohan lui avait appris à les sentir lui-même, en utilisant juste ses sens. Malgré tout, cette technique s'était montrée fort peu utile puisqu'il ne pouvait pas repérer la puissance ou le niveau d'énergie des cyborgs. Maintenant, ils avaient repéré un vacillement de sa puissance de combat et il se maudit lui-même. Il devait la dissimuler et ne pas se laisser trahir par ses émotions.

« Eh bien, peut-être que tu devrais changer de détecteur car le mien ne s'est pas déclenché. », fit remarquer Nappa d'un ton las en roulant les yeux. « Je peux les détruire maintenant ou tu as encore une observation inutile à me communiquer ? »

Trunks se prépara à passer à l'action quand Raditz se mit à rire : « Je ne suis pas Végéta, tu n'as pas d'ordre à recevoir de moi. »

Trunks sentit son sang se glacer dans ses veines et son cœur se serrer.

Végéta, son père, Végéta ? L'homme dont sa mère était tombée amoureuse, le même homme ?

Il était... derrière tout ça ?

L'adolescent aux cheveux lavande sentit sa tête se mettre à tourner et il eut subitement du mal à respirer. Ce n'était pas possible, il devait y avoir une erreur. Peut-être qu'il était tombé inconscient pendant le voyage dans la machine à remonter le temps et que tout cela n'était qu'un cauchemar.

Soudain, il y eut une explosion au loin. Nappa et Raditz se regardèrent et sourirent. Nappa baissa la main, et fit craquer son cou.

« Très bien ! Végéta a commencé le feu d'artifices dans le palais ! » Il rit en retournant vers l'endroit où se tenait Raditz.

« Et tes petits amis ? », demanda Raditz avec un sourire ironique. Nappa fit un geste d'indifférence sans même jeter un regard en arrière.

« Ils recevront leur dû quand nous ferons exploser cette planète en mille morceaux. », rit Nappa.

Trunks serra les dents en voyant les extraterrestres essayer de s'éloigner. La mère était blessée et son estomac se retourna à la vue des cadavres qu'ils essayaient de contourner. Son cœur souffrait pour cette étrange race extraterrestre qui était en train d'être massacrée sous ses yeux.

« Allons-nous-en, nous risquons de manquer le spectacle. Végéta avait mentionné qu'il voulait faire une sorte de tournoi, nous n'allons pas manquer ça. »

« Ça va être marrant même s'il n'y a pas un adversaire à notre mesure sur cette planète », dit Raditz avec un haussement d'épaule.

Trunks laissa échapper un soupir quand il sentit leurs énergies s'éloigner. Il ferma les yeux et reposa sa tête contre le béton auquel il était adossé. L'odeur de la chair brûlée lui parvint au nez et il lutta contre le dégoût qui l'envahit. Des cris d'angoisse commencèrent à s'élever autour de lui et Trunks ouvrit lentement ses yeux pour voir la destruction.

Lentement, il se releva et se tourna pour mesurer l'étendue du désastre, ressentant une horrible impression de déjà vu. Le feu, la destruction... Il pensait s'échapper momentanément de tout cela en allant dans le passé mais au lieu de cela, il s'y retrouvait à nouveau embourbé jusqu'au genou.

Et son père était derrière tout cela.

Il fit taire les sentiments qui bouillonnaient en lui à cette nouvelle. Il savait que son père avait un lourd passé mais sa mère ne savait quasiment rien à part qu'il avait été sous les ordres de Freezer depuis qu'il était enfant. Son père avait été très réservé et n'avait pas partagé les détails de son passé avec elle, ce qui avait beaucoup ennuyé Trunks quand il était plus jeune. Comment pouvait-il apprendre qui était son père si sa propre mère ignorait les secrets de sa vie ?

Mais maintenant... maintenant il commençait à comprendre.

Il s'écarta lentement, s'éloignant du carnage, s'éloignant de tout. Hébété, les mains tremblant encore légèrement, il s'empara dans sa veste de la capsule de la machine à remonter le temps. Il réessaya encore et rien ne se passa.

Encore et rien.

Encore et rien.

Encore et rien.

Trunks ramassa la capsule. Il n'avait pas assez de temps pour la réparer correctement. Il n'avait aucun outil ici mais plus important encore, il n'avait pas le temps. S'il avait bien entendu les Saïyens, ils avaient l'intention de détruire la planète. Et sans doute rapidement en plus. Trunks serra fort la capsule.

« Qu'est-ce que je fais ? », murmura-t-il, ses cheveux lavande tombant sur ses yeux bleus. « Je ne peux pas attendre qu'ils détruisent la planète... »

Lentement, deux options s'imposèrent au jeune demi-Saïyen. Les deux seules qu'il avait.

La première était d'empêcher les Saïyens de détruire la planète sur laquelle il se trouvait. Mais la seule façon d'y parvenir était de les combattre et de les tuer. Même si ça ne l'aurait pas dérangé de se débarrasser de Nappa et Raditz, il savait qu'il ne pouvait pas tuer Végéta car alors il n'existerait tout simplement jamais. Si ça se trouvait, il partirait en fumée ou disparaîtrait s'il tuait Végéta.

De plus, il y avait le léger détail que cet homme était vraiment son père et que même si son admiration et l'image qu'il avait de lui avaient été grandement ternies, Trunks l'aimait toujours profondément. Il savait qu'il ne pourrait jamais, jamais, se résoudre à tuer vraiment Végéta même s'il était tout à fait conscient qu'il était assez fort pour le faire.

Cela ne lui laissait que la seconde option.

S'il ne pouvait pas les arrêter, alors il devrait simplement se joindre à eux jusqu'à trouver un moyen de sortir de cette galère. Après tout, Trunks était à demi Saïyen et il était peut-être le plus puissant guerrier de l'univers de la ligne temporelle dans laquelle il se trouvait maintenant. Il acquiesça lentement pour lui-même, sachant qu'il devrait dissimuler son pouvoir et être un des leurs. Il ne voulait pas se faire remarquer mais il devrait en faire assez pour gagner le respect des Saïyens... surtout de leur prince. Il devrait cacher son identité et son pouvoir de Super Saïyen et se présenter comme un Saïyen survivant. Un des leurs. Un frère qu'avec de la chance, ils accepteraient.

Maintenant déterminé, Trunks décolla et s'envola dans la direction que Nappa et Raditz avait prise. Les yeux fixés droit devant lui, il laissa le vent fouetter ses cheveux, sans jamais regarder la mort qui régnait en dessous de lui.

Après dix-huit ans, il allait enfin rencontrer son père. Mais pas de la façon dont il l'aurait souhaitée...