auteur : ewanna
titre : A chacun sa façon de voir
disclaimer :
Tous les personnages de Captain Tsubasa appartiennent à leur auteur : Yôichi Takahashi. Les autres sont à moi...
Rating : K

Résumé : Est-ce que vous connaissez « Quelle semaine » ?
Non ? Ce n'est pas grave ^^. Vous pouvez sans crainte venir jeter un œil par ici, vous ne serez absolument pas perdu – c'est prévu pour.
Oui ? Dans ce cas, vous découvrirez dans cette fic, la même histoire, mais vue par Karl – ce qui entre nous, change tout ;).

Tout comme « Quelle semaine », je vais tâcher de vous écrire une petite histoire légère et distrayante, avec de l'humour et des sentiments, qui tournera principalement autour de mon blondinet préféré (hé oui ! toujours le même XD !).


Notes : Salut tout le monde ! Hé bien déjà, merci beaucoup pour avoir eu la curiosité de cliquer sur le petit bouton qui vous a permis d'arriver jusqu'ici ;). Ensuite, vous préciser que cette nouvelle fic n'aurait très probablement jamais vu le jour sans un petit commentaire gentiment laissé par une lectrice que je tenais à remercier. Et maintenant, trêve de blabla : Bonne lecture à tous et à bientôt j'espère ^^ !


« - Je trouve ça trop mimi !
- Mmoui. D'en parler, ça me rend nostalgique...
- Et lui ?
- Quoi, « et lui » ?
- Si on lui demandait comment vous vous êtes rencontrés, qu'est-ce qu'il dirait à ton avis ?
- Ah ça, j'en sais rien ! Mais ça m'étonnerait beaucoup qu'on ait la même version des choses... »


Si ma mémoire est bonne, quand j'ai rencontré Anja, je ne devais pas avoir plus de onze ou douze ans. À l'époque, mon père était encore l'entraîneur de Hambourg et le sien s'occupait de l'entretien des terrains de foot où je passais le plus clair de mon temps. Un homme sympa - enfin, en dehors d'une certaine période où j'ai bien cru qu'il voulait me trancher en deux.

Bref, Anja a perdu sa mère assez tôt. Du coup, elle passait beaucoup de temps autour des pelouses à donner un coup de main à son père. C'est comme ça qu'on s'est connu. Parce que moi, contrairement à mes petits camarades d'école, une fois la classe terminée, je ne filais pas au parc public ou devant ma console de jeu, mais plutôt sur un terrain avec un ballon – et sans fausse modestie, à ce jeu-là, j'ai toujours été plutôt doué. Et avec le temps, c'est devenu de mieux en mieux.
Comment ça « prétentieux » ? Non, juste conscient de mes capacités. Mais faut pas s'en faire, depuis, je me suis calmé sur les qualificatifs – comme quoi, la maturité, ça aide.

Pour en revenir à Anja, honnêtement, je me souviens relativement assez bien d'elle - et plus encore de ses petites crises d'autorité où elle trouvait bon de me forcer à mettre ma veste une fois les séances terminées, alors que mon propre père, lui, ne me disait rien - mais je vous avoue qu'à ce moment-là, elle n'était pour moi que la fille de l'intendant, rien de plus. À onze ans, je ne m'intéressais pas encore aux filles.
...et si ma mère était là, elle vous dirait sûrement : « Encore heureux ! ».


Ça, c'est pour la période innocente, où j'étais gamin, où je ne me préoccupais quasiment de rien d'autre que de mon petit univers...où tout allait bien.
Parce qu'après, les choses ont pas mal évolué.

La vie est vraiment étrange quand elle s'y met. Car c'est au moment où mon jeu et mon prénom ont commencé à être connus un peu partout en Allemagne (en attendant que ça ne le soit en Europe), que mon père perdait son poste d'entraîneur à cause d'un abruti de première qui se prenait pour une star alors qu'il n'était en fait qu'une comète foireuse.

Ainsi, alors que je pensais entrevoir mon rêve le plus cher se réaliser en flirtant avec la reconnaissance et la célébrité, je réalisais douloureusement qu'en réalité, la seule chose qui m'importait, c'était de continuer à vivre dans un foyer heureux et uni...Chose qui ne dura pas.

Période difficile – heureusement que j'avais ma sœur. Parce que franchement, les réflexions déplaisantes, les humiliations, tout ça a été difficile à encaisser. Mais au moins, ça m'aura forgé un caractère, une carapace. À partir de cet instant, plus encore que je ne l'avais souhaité, je voulais devenir le meilleur joueur du monde pour leur faire comprendre à tous qu'on ne se moquait pas d'un Schneider ; qu'ils avaient eu tort sur toute la ligne ; que je n'étais pas sur un terrain grâce aux relations de mon père. Et petit à petit, à tout ça, j'y suis parvenu.


L'enfance puis l'adolescence. Les petits matches de quartier qui évoluèrent en grands rendez-vous. Les journalistes qui se pressaient désormais pour m'interviewer, les supporteurs qui scandaient mon nom à ne plus avoir de voix dans les tribunes, les filles qui me couraient après où que j'aille, qui devenaient hystériques pour un rien me concernant...et pour finir, enfin, l'appel d'un grand club : le Bayern de Munich.

Hambourg, c'était déjà bien – très bien même. Mais je voulais devenir encore meilleur, évoluer parmi les plus grands joueurs. Et même si au début, j'ai eu un peu de mal à faire accepter mon point de vue à mes collègues – et surtout amis – tous auront finalement compris que loin d'être une trahison envers ceux qui m'avaient aidé à évoluer comme je l'avais fait, je rentrais simplement dans le circuit du professionnalisme.
...et ce choix m'aura été encore plus profitable que je ne l'avais pensé. Car non-seulement il m'aura ouvert des horizons nouveaux incroyables, mais plus incroyable encore, il aura permis à ma famille de se retrouver.


Et c'est là que ma chère Anja se repointe.
Au bout du compte, après tout ce temps écoulé, je la voyais si souvent, toujours aux mêmes endroits et dans les mêmes circonstances, que je crois bien que j'avais fini par ne plus la voir du tout !
Pourtant, je me souviendrai toujours de ce jour-là...de mon dernier jour à Hambourg, quand je suis venu dire « au revoir » aux autres.
J'avais passé la journée au club et j'étais sur le départ quand elle est venue, naturelle et souriante, comme elle l'avait toujours été avec moi en fin de compte. Ça n'a pris que quelque minutes. Elle est venue vers moi avec une décontraction déconcertante comparée à l'intérêt et la crispation de tous ceux qui m'entouraient d'ordinaire et m'a juste souhaité « Bonne chance » pour tout ce qui m'attendait.

Sincèrement, cinq minutes plus tard, je ne devais déjà plus y penser. Mais même après plusieurs années, je revois toujours son sourire à cet instant-là...