Note : Bonjour, bonjour ! Voici la suite. Bonne lecture et excellent week-end à tous ^^ !


Je suis donc parti de chez Hermann, plus tôt et plus vite que prévu, en me demandant ce qui pouvait bien encore arriver à Anja. L'avantage, c'est qu'après le déjeuner relativement mouvementé que nous avions eu ce même jour, je savais qu'elle pouvait vite monter dans les tours ; l'inconvénient, c'est que comme elle était censée avoir passé l'après-midi avec ses amis, je craignais que son désistement de dernière minute n'ait pas été aussi bien accepté que ce qu'elle l'avait de prime abord pensé. La pauvre... Euh, quoi que...
S'il s'avérait que la réaction de ses amis était à l'origine de ses cris (parce que, bien évidemment, elle n'avait pas voulu me dire ce qui l'avait mise dans un état pareil – ça aurait été trop simple), vu qu'elle ne partait finalement pas pour rester avec moi, je risquais fort de me retrouver mêlé à tout ça. Auquel cas : pauvre de moi ! Elle ne me laisserait certainement pas m'en tirer comme ça.
*De quoi ? Anja n'a jamais été comme ça ? Ben voyons ! Qu'est-ce que vous croyez ? Elle est comme tout le monde : avec sa petite dose de mauvaise foi. Et alors !*

Bref. Je n'ai donc pas traîné pour regagner l'hôtel où, dès le franchissement de la porte de la chambre, j'ai su qu'Anja s'y trouvait. Le contraire ayant signifié que j'étais devenu sourd...

- Ah ! T'es enfin là, toi !

Oh là ! Ça promettait.
Je me la suis vue débouler sur moi avec quelque chose à la main – un quelque chose que j'ai d'abord pris pour un bâton (elle n'allait quand même pas me frapper ?), mais qu'un mouvement de poignet m'a permis d'identifier comme étant un magazine. Cela-dit, magazine ou pas, ce n'est pas ça qui allait répondre à ma question : pourquoi Anja était-elle autant en pétard ? Hé bien si !

Elle m'a soudain collé le journal ouvert sur la figure – au point que j'ai été obligé de me reculer pour éviter l'agression – en me sommant de le lire.
Mais moi, toujours sur mon idée que c'étaient ses amis qui l'avaient contrariée, j'y ai tout d'abord cherché un article quelconque sur la Bavière, sur la faculté ou même sur elle !... avant de découvrir, surpris, qu'en fait, il s'agissait de moi.
C'est qu'il m'en était arrivé des choses, des changements dans ma vie, pour que je ne comprenne, tout d'abord pas, ce que je faisais là. Pourtant... En y réfléchissant bien, Dominika, les sorties et tout ce qui allait avec, ça ne datait pas de plus d'une semaine. Sacrebleu ! J'avais l'impression d'avoir balayé tout ça de ma vie depuis des mois...
Quoi qu'il en soit, si la notion de temps me paraissait étrange et si découvrir ma photo dans ce magazine ne me traumatisait pas plus que ça…
* Ben oui ! Si je ne m'en étais pas douté, je n'en avais pas moins conservé l'habitude.*
…le fait est que face à moi, se tenait une personne qui y accordait un intérêt plus que certain.


J'ai lâché un petit soupir, ai récupéré le magazine (que Anja me tendait toujours devant la figure avec la ferme intention que je le prenne) et suis allé lire tout ça sur le lit, pour voir un peu ce qu'on avait encore trouvé de beau à raconter sur ma petite personne.

Alors, alors...

« LA NOUVELLE CONQUÊTE DE L'EMPEREUR »

Hum... Ça commençait bien. Ça avait dû lui plaire, ça, à Anja.
… J'ai jeté un rapide coup d'œil dans sa direction et... Oui, ça lui avait vachement plu – et à la tête qu'elle tirait, ça lui plaisait toujours.
Juste en dessous, une photo de nous deux. Oh ! Là où nous avions mangé, le samedi. Décidément, ils étaient partout, ceux-là. Bref ! Quoi d'autre ?

« Insatiable chasseur de buts, notre numéro 11 national n'en est pas moins un redoutable chasseur de jolies filles... ».
Mouais, comme d'hab.

« Il a été vu samedi, en bonne - et nouvelle - compagnie dans un petit restaurant tout à fait charmant... ».
Bof, tout est relatif. J'aurais pu mieux faire.
*Pour le resto, hein ! Pas pour la compagnie.*

« Alors, sa nouvelle proie sera-t-elle celle qui lui fera oublier toutes les autres ? ».
Waouh ! Le suspense insoutenable ! Y'a pas à dire, ces journalistes ont toujours été de remarquables auteurs.

Ah la la ! Rien que du déjà vu, déjà lu, déjà entendu. Rien de surprenant, en somme – et encore moins d'alarmant.
Ainsi, ma curiosité satisfaite, j'ai fermé le magazine et l'ai envoyé valser de l'autre côté du lit, sans y accorder plus d'attention qu'il n'en méritait (c'est à dire aucune) et me demandant plutôt comment nous allions occuper le restant de notre journée.
Hé bien, ça allait être vite vu ! Car si j'étais arrivé à l'hôtel rempli d'interrogations, pour être à présent tout à fait décontracté, laissant déjà filer au loin cette insignifiante anecdote, il n'en était pas de même pour tout le monde. Hé non ! C'était sans compter sur une personne qui n'avait pas l'intention de lâcher le morceau si facilement.

- Alors ?, m'a demandé Anja, bras croisés et ton sec, alors que je m'apprêtais à m'avachir sur le lit.
- Alors quoi ?
- Qu'est-ce que tu comptes faire pour ça ?, a-t-elle appuyé en allant récupérer le magazine qu'elle m'a secoué sur le nez.
- Ah !... Pousse ça de là, s'te plait ! Quoi ? Qu'est-ce que tu veux que je fasse ? Tu ne les connais pas, ces vautours ? Quoi que tu dises, quoi que tu fasses, ils sont toujours collés à toi et écrivent un peu ce qu'ils veulent – ou plutôt, ce qu'ils pensent qui va se vendre. Alors…

Sur quoi, j'ai commencé à mieux m'installer, cherchant du regard la télécommande de la télé.

- Ce qui veut dire ?

Ah ? Je l'ai sentie s'énerver un poil plus. J'ai donc laissé tomber la télécommande pour le moment et me suis assis. Et c'est également en devinant ce que j'allais entendre, que je lui ai tout de même répondu :

- Ce qui veut dire qu'on va les laisser écrire leurs petits ragots et que, lorsqu'ils en auront marre, ils passeront à autre chose.
- Pardon ?!

Voui, voui, j'avais bien deviné.

- Ah mais, il n'en est pas question, Karl ! Mais alors, pas question une seule seconde !
- Et qu'est-ce que tu comptes faire, Anja ?, lui ai-je demandé en espérant lui faire entendre raison. Aller dans tous les kiosques à journaux du coin pour récupérer tous les magazines qui en parlent ? Demain ou après-demain, il y en aura d'autres… et sur d'autres personnes, jusqu'à ce qu'ils nous photographient à nouveau ensemble en train de promener notre chien. Et là, tu auras droit à une première page titrant : « Karl-Heinz et Anja : leur amour a du chien ! », ou une autre débilité de ce genre.

*Non, on n'avait pas de chien, mais on s'en fout.*
Elle m'a alors regardé de travers en sifflant :

- Mais je n'en veux pas de tout ça, moi, Karl.
- Ah mais, je m'en passerais volontiers aussi, tu sais, ai-je répondu flegmatique. Le problème, c'est qu'ils sont pire que des sangsues…
- Donc, toi, tu as l'intention de ne rien faire. C'est ça ?

Dans cinq secondes, elle allait me fustiger. Obligé.

- Si. J'ai bien l'intention de faire comme d'habitude : les ignorer magistralement et continuer à vivre normalement.
- Mais ce n'est pas ce que j'appelle « vivre normalement », ça, Karl ! C'est… c'est… C'est du voyeurisme ! …de la violation de vie privée !... du grand n'importe quoi ! Et il est hors de question que je le supporte ou essaie même de me faire à l'idée que c'est normal et que ça sera comme ça tout le temps, tu entends ?!

Qu'est-ce que je vous avais dit…

- Mais enfin Anja, ai-je dit en me redressant un peu plus, sans perdre espoir qu'elle comprenne la situation, qu'est-ce que tu veux que je fasse ? Que j'aille les trouver un à un, en leur demandant poliment de bien vouloir me foutre la paix, parce que désormais, je compte mener une petite vie tranquille et toute pépère qui ne devrait plus les intéresser ?
- Hein ? Merci pour le « pépère » ! C'est toi qui passe ton temps avec un ballon entre les pieds, sur un terrain, j'te signale !

Soupir.

- Et puis zut !, s'est-elle emportée. Je n'en sais rien de ce que tu vas faire ou même, de ce que tu dois faire pour qu'on nous laisse tranquille !
- Ah, tu vois, ai-je souligné (à tort).
- Je n'en sais rien, mais je m'en fous : trouve quelque chose !

Bon. C'était sans espoir, elle ne comprenait pas.


Je me suis rassis sur le lit en me grattant la tête. Pour moi, ça semblait si simple. Quand même, ne pas faire attention à tout le monde – et surtout à des choses pareilles - c'était faisable, non ?
*Ben, pas pour tout le monde, apparemment.*

J'ai dû attendre presque dix minutes qu'elle montre des signes de calme, avant de lui reparler.

- Écoute Anja, lui ai-je dit doucement. Je comprends que ça t'ait surprise, mais… le temps aidant, es-tu vraiment certaine que tu ne pourrais pas t'y habituer ?... même juste un peu ?

Elle s'est tournée vers moi en me regardant avec des yeux de chouette offusquée.

- C'est vrai, tu sais, ai-je insisté (oui, je sais : parfois je suis téméraire), il n'y aura jamais plus qu'une espèce d'album photos de notre quotidien, sans rien qui ne nuira à pers…
- Mais je n'ai pas envie de voir ma vie étalée dans les journaux, Karl ! C'est si compliqué que ça à comprendre ?! Je ne le supporte pas !
- Anja, ai-je alors répondu plus fermement (c'est qu'elle commençait à m'agacer à ne pas vouloir y mettre du sien). Figure-toi que c'est le quotidien des « personnalités » - chose que je suis, figure-toi !
- Hé bien, ça ne m'intéresse pas d'avoir ce style de vie, Karl ! Je veux une vie normale et anonyme, moi !
- Mais tu n'en auras jamais avec moi, Anja ! Je ne suis anonyme pour personne et même mes parents ne me trouvent pas normal !

Ça y est : elle avait réussi à m'énerver.

- Dans ce cas, je te conseille de trouver une astuce pour que si, parce que sinon, je… je…

Elle m'aurait balancé un seau d'eau glacée en pleine tête que ça n'aurait pas été pire.

- Sinon quoi ?, ai-je repris, abasourdi, en la fixant avec des yeux ronds.

Hé ! Oh ! Elle ne comptait pas me laisser tomber pour si peu, quand même ? Et elle ne comptait pas non-plus me le faire au chantage ?
*Ben tiens ! Comme si elle ne m'avait jamais fait un coup pareil, depuis. J'vous raconterai, un jour…*

- Sinon quoi, Anja ?!

Elle a vu mon malaise, parce qu'elle en a affiché un aussitôt – ce qui m'a moyennement rassuré sur ses intentions. Mais ça n'aura été que pour reprendre de plus belle : « J'en sais rien ! Trouve quelque chose pour qu'on ait la paix, c'est tout ! »
Humpf… A cet instant, on a dû se trouver aussi têtus l'un que l'autre.
Résigné, j'ai donc commencé à cogiter tandis qu'elle s'est assise à côté de moi, au bord du lit, mais sans me manifester pour autant un quelconque soutien ou me souffler la moindre petite idée. A l'évidence, j'étais responsable...
*Tiens, finalement, je retombais sur ma première idée – certes loin du contexte que j'avais imaginé, mais quand même : c'était bien de ma faute et je trinquais comme il se doit.*
...et c'était à moi de trouver la solution miracle. Merveilleux !


J'ai soupiré et ai réfléchi. De temps en temps, une idée me traversait rapidement l'esprit, auquel cas, je tentais un : « Et si... », en direction d'Anja, dont le regard inchangé et redoutable me faisait taire sur l'instant.
Raaah ! Ça me rendait fou, ce truc !
Et comment ils faisaient, alors, les autres ?! Je n'étais quand-même pas le seul type célèbre, régulièrement mitraillé, qui n'avais pas, pour petite-amie ou compagne, une personne narcissique qui jubilait à la vue des téléobjectifs ? Qui pourrait me servir d'exemple...?

Genzô ?
Nan, mauvais exemple. Il était tellement discret qu'il en était devenu invisible – pourtant, quand on voit le bébé, il ne donne pas vraiment dans le style gringalet. Et puis, à l'époque déjà, quand il était dans son pays, il avait beau avoir un statut de demi-Dieu (ça m'a toujours fait halluciner, un titre pareil – le Japon est vraiment un pays fantastique), il y avait là-bas un tel respect de la personne qu'aucun ne se risquait à le photographier à son insu.

Mon père ?
*Hé oui, c'est qu'il a été célèbre, avant d'être supplanté par son rejeton.*
Han ! Encore un plus mauvais exemple, puisque c'est justement à cause des journalistes et autres supporteurs déchaînés qu'il s'est séparé de ma mère ! Oh oui, très mauvais exemple…

Shunkô, alors ?
Arff… non. Ça ne lui posait peut-être pas de problème, mais c'était uniquement parce qu'il était célibataire et qu'il espérait que sa photo dans les journaux attirerait un maximum de jolies petites autour de lui.
*Complètement désespérant.*

'tain que c'était compliqué ! Je n'en avais donc pas un seul, dans mon entourage, qui ait réussi à éloigner la presse pour vivre tranquille sans être obligé de vivre caché ?

Mais oui ! Stefan !
*Encore lui… J'allais finir par complexer…*
Bon, c'est vrai qu'en matière de vie affective équilibrée et normale, avec le suédois, on était assez loin du compte. Mais justement, vu qu'il avait malheureusement une vie qui faisait que dès que quelqu'un s'y pointait, les flashes auraient dû crépiter, pour voir à quel point il n'apparaissait jamais nulle part, dans aucun magazine qui soit – et ce, pas même en Suède, où il était encore plus connu – c'est qu'il s'y était pris comme il fallait. Le « hic », c'est que contrairement à moi, Stefan n'a jamais été allergique à la paperasse, aux coups de fil officiels, ni aux procédures.
Mais… il s'agissait d'Anja. D'Anja et de moi… Alors ? Hé bien, maintenant que j'avais trouvé la solution miracle, je n'avais plus qu'à m'activer !

Ainsi, sans songer à demander son avis à Anja…
*Pas parce que je m'en foutais, mais parce qu'il ne m'était même pas venu à l'idée de le faire.*
… je me suis levé, téléphone en main, pour aller m'isoler un moment sur le balcon de la chambre.
*Je n'ai jamais aimé téléphoner en public. Question de pudeur.
Et on ne se moque pas !*
Comment il s'appelait déjà ? Ah oui ! Maître Schön.
*Avec un nom pareil !... celui d'un célèbre joueur/entraîneur allemand, pour les incultes. Il était prédestiné à devenir mon avocat, celui-là.*
D'ordinaire, c'était mon agent qui l'appelait. Mais là, vu qu'il ne s'agissait pas d'une question portant sur un contrat ou un sponsor… En tout cas, dans la mesure où je me donnais la peine de l'appeler personnellement, il avait intérêt à être efficace !
*Hé oui ! C'est que je peux parfois me montrer exigeant.
Ce que j'attendais de lui ? Qu'il se manifeste auprès de tous les journaux susceptibles de publier la moindre petite ligne sur ma vie privée, pour les menacer des pires représailles financières qui soient – dans ce monde-là, seul le langage monétaire est universel – s'ils s'amusaient à renouveler l'expérience du samedi. Voilà ce que j'attendais de lui !*

Bon, je vous épargnerai le dialogue qui a suivi et n'a rien eu d'exceptionnel. Bien entendu, mon cher maître s'est montré tout ouïe bien entendu, il m'a rassuré sur ses capacités à comprendre parfaitement ce que je voulais (et surtout, ce que je ne voulais plus) et bien entendu, il m'a assuré qu'il saurait se montrer vigilant et que pareille mésaventure ne se produirait plus à l'avenir.
Bien ! Si avec ça, Anja n'était pas satisfaite... je lui faisais bouffer un ballon !


Mon appel passé, je suis retourné dans la chambre, là où ma « toute douce » (je suis ironique, hein) n'avait pas bronchée mais, à sa mine révélatrice, s'était toutefois demandée ce que j'étais parti faire.
Bon point : quand je l'ai revue, elle semblait un peu plus détendue (se doutait-elle de quelque chose ou le temps adoucit-il tout simplement les mœurs ?). Et quand je lui ai annoncé, satisfait, que tout était réglé, elle s'est encore plus détendue. Euh… même si en fait, sur le coup, elle est d'abord apparue incrédule.
*Ça fait plaisir.*

- Co… Comment ça : c'est réglé ?, a-t-elle répété, un sourcil relevé.

Grand sourire.

- Tu voulais que je trouve une solution pour mener une vie la plus normale possible, c'est bien ça ?
- Euh… oui.
- Hé bien voilà ! J'ai fait ce qu'il fallait. Désormais, on ne nous emmerdera plus avec toutes ces histoires, ai-je déclaré en lui lançant un clin d'œil. Tu peux aller faire ton shopping en toute tranquillité, ma puce.

Là-dessus, un petit bisou sur la joue – profitant au passage de son air ahuri - et je suis allé m'installer dans un fauteuil pour regarder la télé, laissant Anja se remettre à son rythme de ses émotions.
*Et voilà comment on gère !*

Allez ! Ne nous restait plus qu'à gérer la nuit à venir, maintenant…


Note :
Salut lala ^^ !

Oh ? Et ça ressemble à quoi, ça, un emploi du temps à se pendre ? (des trous partout ou au contraire, pas une minute de repos) Courage, en tout cas *câlin*

Pour le chapitre précédent, je suis contente qu'il t'ait plu ^^ .
Je me suis vraiment amusée à l'écrire, celui-là - comme quoi, je n'ai besoin de rien ni personne pour me marrer toute seule comme une bossue. C'est pas beau xD ?

J'espère que tu vas bien et que ta reprise se passera tout de même bien.
Bisous et à plus =^.^=