Suite et fin...

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Biz

Julia

Chapitre 11 : Un nouveau départ.

Lorsqu'ils avaient retrouvé la trace de l'Inspecteur Murdoch, ils s'étaient précipités aux égouts de la ville, près des entrepôts, au bord du lac. L'Inspecteur Brakenreid avait trouvé une borde blindée et verrouillée. Un peu d'eau s'échappait sur le côté, sur ce mur sombre et épais. Il avait ordonné qu'on l'ouvre, se tenant sur un bac surélevé pour ne pas être mouillé. Ses hommes s'exécutèrent et la seconde d'après une vague déferla sur eux. Ils avaient été secoué, et bien entendu trempés, mais rien de plus. Ils virent alors deux mains, solidement accrochées à la grille, puis les corps enlacés de deux personnes. Ils les reconnurent aussitôt. Ils ne savaient pas depuis combien de temps ils se trouvaient là. Mais la patience de l'Inspecteur Brakenreid avait ses limites, limites très vite atteintes. Il prit un fusil et tira dans la serrure qui vola aussitôt en éclats. Ils ouvrirent les barreaux et les deux mains liées tombèrent au sol, mais ne se séparèrent pourtant pas. Un soubresaut anima le corps de l'Inspecteur Murdoch qui recracha l'eau de ses poumons. Il reprit ses esprits et se tourna naturellement vers la jeune femme étendu contre lui. La main de Julia ne semblait pas vouloir lâcher la sienne. Il écarta ses cheveux de l'autre et se pencha sur son visage. Elle était glacée, rien d'étonnant après ce qu'ils s'était passé. Il ne pouvait savoir si elle respirait ou pas. Il laissa sa main effleurer sa peau devenu si blanche à la lumière des torches des policiers à qui il n'accorda pas la moindre attention. Puis, il approcha son visage du sien, si proche qu'il caressa ses lèvres avec les siennes.

-Julia, murmura-t-il, ne me laissez pas, pas maintenant. Je vous en prie, ne partez pas, j'ai beaucoup trop froid sans vous. J'ai besoin de vous.

Elle ne bougea toujours pas et une larme de William s'échoua sur ses lèvres. Il sentit alors la main de la jeune femme qui tenait toujours la sienne se serrer avec force. Julia bougea et il veilla à la mettre un peu sur le côté pour qu'elle puisse cracher l'eau qu'elle avait dans les poumons et ainsi reprendre son souffle. Lorsqu'elle eut terminé, elle se recoucha sur le dos et l'Inspecteur Murdoch la surplomba à nouveau, un sourire radieux sur les lèvres.

-Je vous aime William, murmura-t-elle simplement en souriant.

Il l'embrassa alors avec amour sous les yeux incrédules mais heureux des policiers présents. William se redressa, aida Julia à se relever, sans pour autant lâcher sa main. Ils échangèrent un regard avec Brakenreid qui leur sourit timidement, avant de se retourner vers ses hommes.

-Eh bien messieurs, qu'est-ce que vous foutez encore là, on a des suspects à aller interroger, au boulot.

Les hommes se mirent en mouvement et Brakenreid se tourna une fois encore vers le couple enlacé.

-Vous les avez eu? Lança William.

-Qu'est-ce que vous croyez Murdoch, répondit Brakenreid, encore une fois certains se permettent des folies comme prendre un bain de minuit pendant que d'autres travaillent.

Julia et William ne purent s'empêcher de rire doucement et Thomas reprit la parole.

-Rentrez Murdoch, nous nous chargeons du reste.

-Mais…

-Vous avez mieux à faire, dit-il en accordant un clin d'œil au jeune homme qui tenait toujours Julia pour qu'elle ne s'écroule pas.

Il quitta alors la pièce et les deux jeunes gens échangèrent un autre regard.

-Je vous ramène à votre hôtel? Proposa timidement William.

-S'il vous plait, soupira Julia d'un ton las, je n'aspire qu'à aller dormir.

-Je ne sais pas comment vous faites pour tenir encore debout, répondit William alors qu'ils se mirent en route.

-Je ne le serai plus depuis longtemps si vous n'étiez pas là, murmura tendrement Julia sans pour autant le regarder.

Ils sortirent des égouts en silence, marchant doucement l'un à côté de l'autre. Ils montèrent en voiture et prirent le chemin de l'hôtel où logeait le Docteur Ogden. Celle-ci avait passé le chemin à tenir la main de William, la tête posée sur son épaule, les yeux fermés à savourer ce moment en silence. Ils arrivèrent et montèrent jusqu'à la chambre de la jeune femme. Elle ouvrit la porte et se tourna vers William.

-Vous n'avez pas besoin d'aide, vous en êtes certaine ?

-Vous m'avez accompagné jusque là, tout ira bien maintenant, répondit la jeune femme, je n'ai qu'à me déshabiller, me faire un brin de toilette et me laisser tomber dans le lit. Tout va bien, ne vous inquiétez pas tant.

Elle vit que William ne réagit pas et elle fronça les sourcils.

-William?

-Je…j'imaginais simplement…je…mettez quelque chose sur votre hématome, cela sera préférable.

-Eh bien, êtes-vous devenu le médecin et moi l'Inspecteur, lança Julia en riant, se tenant pourtant fermement au chambranle de la porte pour ne pas tomber.

-Je prends simplement soin de vous, répondit l'Inspecteur timidement, je ne voudrais pas qu'il vous arrive quelque chose.

-Peut être que si vous restiez, vous pourrez en avoir le cœur net.

-Non Julia, répondit William, je meurs d'envie de rester auprès de vous, croyez le, mais je risque de commettre des choses…et je…

-J'ai compris William, dit-elle en posant sa main sur son bras, je ne veux pas vous mettre mal-à-l'aise, nous nous verrons demain et nous pourrons parler au calme et à tête reposée.

-Nous le ferons.

Elle acquiesça en souriant, ne le quittant pas du regard, lui demandant ainsi silencieusement ce qu'elle mourrait d'envie de recevoir une dernière fois avant de dormir profondément.

Il comprit ce regard qu'il connaissait parfaitement. Il fit alors un pas vers elle et glissa un main dans son dos, la remontant quelques instants de bas en haut, comprenant qu'elle avait été particulièrement réceptive à cette attention ce soir là dans le club. Julia frissonna et il lui accorda un tendre sourire.

-Bonne nuit Julia, murmura-t-il avant de l'embrasser doucement.

-Bonne nuit William, répondit-elle après ce baiser en souriant.

Ils se séparèrent et la jeune femme referma la porte derrière elle. William pourtant ne partit pas immédiatement, attendant de voir la lumière s'éteindre une bonne dizaine de minutes plus tard, rassuré qu'elle se trouvait en sécurité pour la nuit, avant de prendre le chemin de son domicile et de rentrer se coucher lui aussi pour une bonne nuit de repos.

Le ciel était menaçant ce jour là, pourtant le couple marchait tranquillement dans l'immense parc au cœur de la ville de Toronto. Quelques centimètres les séparaient, mais ils avançaient d'un même pas, sans s'accorder un seul regard.

L'Inspecteur Murdoch avait les mains liées dans son dos alors que la jeune femme aux boucles blondes avaient les siennes nouées devant elle. L'Inspecteur la regarda un instant avant de prendre la parole.

-Miss Leroy, comment allez-vous? Se risqua-t-il.

-Bien Inspecteur, soupira celle-ci en lui souriant poliment, l'officier Crabtree s'est parfaitement bien occupé de moi, même si la nuit fut bien longue.

-Je l'imagine, répondit William doucement, mais sachez qu'à présent tout ira bien. Sam Karell a été arrêté et la corde l'attend, lui et ses hommes.

-J'en suis soulagée, croyez le, mais…

Elle laissa sa phrase en suspend et arrêta de marcher. William croisa son regard et comprit aussitôt.

-Miss Leroy, l'arrestation et l'exécution de Monsieur Karell, n'est qu'un début. Il va falloir du temps, beaucoup de temps pour vous remettre de cette terrible épreuve. Perdre des proches est une situation difficile, elle l'est davantage dans votre situation. Je ne souhaite à personne de connaître le chagrin que vous connaissez, cependant, au nom de ces personnes que vous avez aimé et perdu, il vous faut vivre et savourer chaque instant que la vie vous offre.

-Vous semblez connaître cette situation.

-J'ai eu à faire face à ce genre de situation. Les circonstances étaient bien différentes, il n'en est pas moins que j'ai beaucoup souffert de la perte d'êtres chers.

-Qui était-ce?

-Ma mère, alors que je n'étais qu'un enfant, ma fiancée ainsi que ma sœur, lâcha William qui n'avait pourtant pas l'habitude de se confier.

-Votre fiancée? Je pensais que vous et Rebecca…enfin le Docteur Ogden était votre…j'ai dû me méprendre ce soir là au club.

-Ce fut…bien longtemps avant Julia, répondit William mal-à-l'aise.

-Oh, je vois, soupira Mary qui avait compris qu'elle avait peut être commis une erreur, excusez-moi.

Elle lui sourit et il en fit autant en se remettant en route doucement.

-Vous savez Inspecteur, commença Mary après quelques minutes passées en silence, mon métier m'a appris beaucoup de choses et notamment, l'art de cerner les gens au premier coup d'œil. Ce que j'ai vu entre vous et le Docteur Ogden était bien plus qu'une simple façade ayant pour but de donner le change. Vous devriez lui faire part de vos sentiments à son égard.

-Mes sentiments? Répéta William en fronçant les sourcils se doutant pourtant parfaitement de quoi elle voulait parler.

-Inspecteur voyons, rit Mary, vous savez de quoi je veux parler. Et à ce que j'ai vu ce soir là, elle semble attirée par vous, car la manière qu'elle avait de se serrer contre vous était plus qu'équivoque. Le baiser que vous lui avez accordé ne me laisse pas douter sur vos sentiments.

-Vous avez vu tout cela? Grommela William en fronçant les sourcils.

-Je suis plutôt douée pour voir les détails, dit-elle en lui faisant un clin d'œil, et j'en ai vu un que je ne relèverai pas car la bonne séance s'y refuse.

William ne répondit pas et quitta son regard. Un bref raclement de gorge de sa part fit comprendre à la jeune femme qu'il ne souhaitait pas lui répondre et qu'il était gêné par ce qu'elle avait pu avoir remarqué. Elle n'insista donc pas et resta silencieuse quelques minutes avant que se soit le jeune homme qui reprenne la parole.

-Qu'allez-vous faire à présent?

-Je repars à Montréal, je pense que ma vie est là-bas et votre supérieur a insisté pour que je quittes la ville au plus vite. Je prendrai le train dans deux jours.

-Que ferez-vous à Montréal?

-Je tenterai de reprendre une vie normale, j'ai assez d'argent pour recommencer une nouvelle vie et apprendre de mes erreurs. Avoir un petit commerce me plairai bien je crois, surtout une boutique de chapeaux.

-C'est un bonne idée, mais aurez-vous le temps de prendre soin de vous et d'un enfant?

-Un enfant? De quoi me parlez-vous?

William lui désigna d'un mouvement de la main la jeune femme qui avançait vers eux et qu'elle n'avait pas vu plus tôt. Julia approchait, tenant dans ses bras le bébé qu'ils avaient retrouvé au bord du lac.

-Eloïse? C'est Eloïse?

-En effet, répondit simplement William, et si vous le souhaitez, vous pourrez la prendre avec vous. Je vous mets pourtant en garde Miss Leroy, élever un enfant n'est pas chose facile, surtout pour une jeune femme de votre âge, seule.

-J'aime cette petite fille à un point que vous n'imaginez même pas Inspecteur, et ma priorité sera toujours son bien être, quoique cela puisse me coûter. J'élèverai cette enfant si on m'en donne la possibilité, seule s'il le faut, mais je ne compte pas l'abandonner.

-Je voulais être certain que se soit le cas, répondit William en souriant à peine.

-Ca l'est.

Elle lui sourit à son tour et sans plus attendre, elle se jeta dans ses bras. Il fut d'abord surpris et ne réagit pas, pour finalement resserrer son étreinte quelques secondes.

-Merci pour tout Inspecteur, murmura-t-elle au creux de son oreille, faites encore une dernière chose pour moi. Dites au Docteur Ogden que vous l'aimez et rendez-la heureuse.

-Je lui ai avoué, hier, dit-il alors que Mary s'éloignait, et je crois qu'elle a accepté de recommencer cette nouvelle vie à mes côtés.

-Vous croyez?

-Pour moi aussi la nuit fut bien longue, je ne suis sûr de rien.

-Mmmh dans ce cas, montrez-vous entreprenant, dit-elle en souriant malicieusement.

Il ne répondit pas et Mary s'approcha de son visage une nouvelle fois pour venir déposer un doux baiser sur sa joue. Elle ferma les yeux quelques secondes, savourant ce moment, puis, elle reprit la parole à peine plus fort qu'un murmure, les yeux toujours clos.

-Elle a beaucoup de chance d'avoir un homme tel que vous amoureux d'elle.

-C'est moi qui ai de la chance, croyez-moi, répondit William en croisant son regard, et je suis persuadé qu'un homme en dira autant de vous très bientôt.

-Merci, répondit Mary en souriant, adieux Inspecteur.

-Adieux Miss Leroy.

Ils échangèrent encore un regard et un sourire et Mary s'éloigna, faisant ainsi en quelques secondes le chemin jusqu'à Julia et la petite fille. Le Docteur n'avait pas voulu approcher davantage, ne voulant pas rompre cet instant qu'elle jugea intime, voire même un peu trop à son goût. Mary tendit les bras vers l'enfant que lui donna aussitôt Julia.

-Eloïse, oh mon cœur, lança Mary en la prenant dans les bras, tu vas bien mon ange. Je croyais t'avoir perdu toi aussi, dit-elle en serrant l'enfant contre elle et en fermant les yeux.

-Elle va bien Mary, intervint Julia pour la rassurer, ils ne lui ont rien fait.

-Dieu merci, soupira-t-elle, et merci à vous Docteur.

-Appelle-moi Julia, nous sommes amies je crois. Ma véritable identité ne le changera pas.

-J'en suis ravie, admit la jeune femme, merci Julia, de tout cœur.

Celle-ci ne répondit pas et lui adressa simplement un sourire. Alors Mary fit les quelques centimètres qui la séparaient d'elle et se blottit tendrement contre elle. Julia n'hésita pas une seule seconde avant de refermer ses bras autour d'elle pour une douce étreinte.

-Tu vas me manquer, murmura la jeune femme en fermant les yeux, j'avais l'impression de retrouver une sœur.

-Toi aussi tu vas me manquer, répondit Julia de la même façon, et je serai ravie de rester ta sœur de cœur. Je compte bien avoir de tes nouvelles.

-Je t'écrirai, je te le promets.

Elles brisèrent leur étreinte et échangèrent un autre regard alors que Julia se saisit de la main de Mary.

-J'y compte bien, et n'oublie pas de me donner des nouvelles de cette adorable princesse, ajouta-t-elle en caressant la jour d'Eloïse.

-Je n'y manquerai pas, mais quant à toi, ne tarde pas trop à demander à ton Inspecteur Murdoch de te faire des tas d'enfants.

-Car je ressemble à nouveau à une mère, c'est ça? Lança Julia en riant.

-Car tu le mérites. Je suis persuadée que vous ferez de bons parents. Tu pourras quand même lui faire ton numéro de danseuse. Il a beaucoup apprécié le premier, imagine ce qu'il pourrait faire si tu lui faisait en privé, ajouta Mary en lui faisant un clin d'œil.

-Mary ! Gronda Julia, faussement vexée.

Mary la vit rougir et jeter un bref regard à William qui se tenait à bonne distance pour ne pas entendre la conversation. La jeune femme rit de plus belle et s'approcha de son amie pour venir déposer un baiser sur sa joue.

-Au revoir Julia, dit-elle en s'éloignant, j'espère que nous nous reverrons un jour.

-Au revoir Mary, répondit Julia, je suis certaine que nous le ferons. Prends bien soin de toi et d'Eloïse.

Mary acquiesça et s'éloignant un peu plus, lâchant au dernier moment la main de Julia qui la regarda partir. Elle la suivit du regard un long moment, remarquant à peine William qui l'avait rejoint. Il vit Mary disparaitre derrière un arbre et il regarda attentivement Julia qui n'avait pas bougé. Il vit une larme couler sur sa joue encore meurtrie que le maquillage ne pouvait pas totalement cacher.

-Julia? Murmura-t-il en posant sa main dans le dos de la jeune femme.

Celle-ci ferma les yeux à ce contact, appréciant le touché de la main de l'Inspecteur. Il fit alors un pas de plus vers elle et ne pu s'empêcher d'essuyer du bout des doigts la larme qui voyageait sur sa peau. Elle sourit et le regarda tendrement.

-Je vais bien William, murmura-t-elle, elles vont me manquer c'est tout.

-Je comprends, répondit le jeune homme de la même façon, mais à Montréal elles vont pouvoir commencer une nouvelle vie. Elles y seront en sécurité.

-Je sais, admit Julia, mais je suis toujours triste de savoir que je ne peux pas voir les gens que j'aime comme je le souhaite. Etre loin d'eux sans savoir s'ils vont bien, m'est très douloureux.

-Je connais ce sentiment. Sachez pourtant que vous êtes dans leur cœur et qu'elles sont dans le votre, rien ne pourra changer cela.

-C'est vrai, vous avez raison, ceux qui sont vraiment dans notre cœur le restent pour toujours, malgré la distance.

Ils se sourirent franchement et la main de William se glissa sur la hanche de Julia. Il l'attira doucement à lui, caressant sa peau quelques secondes avant de se saisir de ses lèvres et de l'embrasser. Elle glissa alors ses mains sur lui, veillant à effleurer son torse pour venir les passer dans son cou et se presser un peu plus contre lui.

-Vous souvenez-vous de ce que je vous ai dis hier soir? Demanda William en se séparant à peine d'elle. Ou la drogue aurait-elle fait son œuvre?

-Elle m'a assommée, je l'avoue, mais je crois pourtant me souvenir de quelque chose. Voulez-vous me rafraichir la mémoire Inspecteur?

-Il était question d'une…séparation.

-Je m'en souviens.

-D'un aveu de ma part, ainsi que de la votre.

-Je crains avoir oublié cela William, dit-elle pour le taquiner, je me souviens avoir eu très froid et que vous avez profité de cela pour tester la théorie de la chaleur humaine.

-Vous ne vous en souvenez vraiment pas? S'étonna l'Inspecteur en fronçant les sourcils.

-Disons plutôt que je meurs d'envie de vous entendre me le redire, dit-elle en souriant et en laissant voyager son index sur le menton du jeune homme, redites le moi.

-Je vous aime, soupira William, je vous aime tellement que je ne veux plus passer un seul jour et une seule nuit loin de vous.

Julia ne répondit pas et lui sourit largement avant de se mordre la lèvre inférieure quelques secondes. Il ne pu résister à cette vue délicieuse et il l'attira contre lui à nouveau. Il l'embrassa un long moment, laissant voyager ses mains sur elle, appliquant les conseils que lui avait donné Mary avant de partir. Une main resta sur la hanche du Docteur alors que l'autre s'aventura un peu plus loin. La réaction de Julia ne tarda pas. Elle se raidit un court instant, surprise par le geste de l'Inspecteur, qu'elle apprécia pourtant. Un doux frisson parcourut son corps tout entier. Les lèvres de William voyagèrent sur elle pour venir s'échouer dans son cou. Elle tenta de reprendre ses esprits, elle le devait si elle ne voulait pas s'échouer sur le sol.

-William? Grommela-t-elle alors qu'il poursuivait sa torture.

-Oui Julia? Dit-il de la même façon le plus innocemment du monde de cette voix grave qui fit frémir la jeune femme encore une fois.

-Votre…votre main…vous…que…faites-vous? Dit-elle le souffle court sentant le désir monter en elle.

Elle le sentit sourire dans son cou avant de prendre la parole, toujours de cette même voix qu'il n'utilisait quasiment jamais et qui la rendait folle.

-Eh bien, je me montre entreprenant, murmura-t-il au creux de son oreille.

-Oh…vraiment?

-Je n'ai plus envie d'être sage Julia, dit William en ancrant son regard dans le sien.

-Il va pourtant bien falloir, la pluie risque de tomber d'une seconde à l'autre.

-Je regrettes aujourd'hui encore que le jour où j'étais prêt à vous prouver à quel point je vous aimais, vous m'aviez arrêté. Vous aviez été la voix de la raison ce soir là et il est certain que nous aurions bousculé les choses, mais depuis j'ai failli vous perdre un bon nombre de fois. Je ne veux pas commettre cette erreur une fois encore, je ne veux plus attendre Julia.

-Moi non plus, avoua timidement la jeune femme, mais nous allons être trempés.

William rit timidement et leva les yeux au ciel avant de lui accorder toute son attention à nouveau.

-Je vous pari qu'il ne pleuvra pas.

-Et que pariez-vous? Lança Julia malicieusement.

-Vous n'aurez qu'à choisir.

-Et si je gagne?

-Vous choisirez également.

-Mmh, grommela le Docteur, il y a anguille sous roche Inspecteur, vous me laisserez gagner quoi qu'il arrive.

-Parce que j'ai déjà gagné Docteur, quoique vous choisissiez cela me conviendra, murmura-t-il sur ses lèvres avant de l'embrasser.

Ils restèrent ainsi enlacés de longues minutes à se murmurer de tendres mots doux et à partager de délicieux baisers et de chastes caresses. Une goutte tomba, puis une seconde et encore une autre. La pluie se déversa sans retenue sur la ville de Toronto.

Toujours dans les bras de William, Julia prit la parole.

-William? N'avais-je pas raison?

-Cette fois-ci.

Ils échangèrent un regard et rirent de bon cœur alors qu'ils étaient déjà trempés de la tête aux pieds. Pour autant, ils ne se lâchaient pas, toujours étroitement enlacés sous cette pluie battante, partageant d'interminables baisers, ne voulant arrêter cet instant pour rien au monde si ce n'est pour rejoindre un lit sec et douillet et se prouver d'une façon qu'ils n'avaient jamais exploré ensembles auparavant, à quel point ils s'aimaient.

FIN