Chapitre 6 : La meute

Elle court.

Elle court de toutes ses forces.

Elle n'a plus de souffle et son point de côté la ralentit. Elle trébuche d'épuisement et s'écroule au sol. Elle entend leur voix, leurs pas. Ils la cherchent. Elle le sait. Elle va mourir. Elle n'a plus la force de fuir. Elle se retourne, la peur s'infiltrant lentement dans ses veines.

Elle n'a pas vraiment peur de mourir. Elle a peur de ne plus le voir. Peur qu'il souffre sans elle. Peur de l'abandonner.

Ils sont là, ricanant en la voyant si faible et si vulnérable. Ils lèvent leur baguette, s'apprêtant à la torturer. Elle ferme les yeux, refusant de voir la mort en face, après toutes les fois où elle l'a fuit. Soudain, un grognement se fait entendre. En rouvrant les yeux, elle voit un autre homme. Il se dresse à quelques pas d'elle, grondant férocement, fixant de son regard assombris par la rage ses poursuivants.

L'action ne dure que quelques secondes. Lorsque le silence se fait à nouveau, ils sont morts. Tous. Elle sanglote de soulagement et de peur. L'homme se dirige vers elle lentement. Elle le fixe. Il se penche, ses yeux à nouveau dorés trahissant son inquiétude et la peur qu'il avait eu de la perdre.

- Je suis là, murmura-t-il tendrement. Tu n'as plus rien à craindre.

- Jasper…

Mais alors qu'elle tente de se raccrocher à lui, il devient flou et disparaît. Changement de décor. Elle se trouve dans une grande salle sombre. Elle la reconnaît. Elle y est déjà venue. La salle du manoir Malefoy. Elle est allongée sur le sol, les larmes coulant sur ses joues, la respiration douloureuse. Bellatrix est là, elle est folle de rage. Elle se tourne vers elle et lui tire brutalement la tête en arrière par les cheveux.

- Vous êtes allés dans mon coffre à Gringotts, avoue-le ! Vous avez volés cette épée !

- Je ne vois absolument pas de quoi vous parler, réplique-t-elle.

La Mangemort pousse un cri de rage et lui lance un puissant endoloris. Elle se tortille sur le sol. Elle a l'impression de brûler et d'être démembrée. Elle espère que la mort viendra rapidement.

- Espèce de misérable Sang-de-Bourbe ! Tu vas me le payer !

Elle s'empare avec force du bras d la jeune fille, qui a l'impression de se le faire arracher et pointe sa baguette sur son avant-bras gauche. Elle sent une violente douleur la traverser. Elle hurle aussi fort qu'elle peut en espérant que cela calme la douleur mais rien n'y fait. La scarification ne fait que commencer, et même si elle ne dure que quelques secondes, elle a l'impression que cela dure une vie entière.

Elle voudrait mourir. Elle hurle toujours.

- Nooooon !

Hermione se réveilla en sursaut. Le souffle court, le cœur battant à tout rompre, son bras gauche la brûlant férocement. Elle se redressa difficilement, en sueur et serre son bras contre elle. Un bruit sourd retentit à sa porte. Elle sursauta, terrifiée.

- Hermione, c'est Alice ! On t'a entendu crier ! Est-ce que tout va bien ?

La jeune fille passa une main tremblante sur son visage, tentant de se calmer.

- O-oui… J-je vais bien, Alice.

- Tu es sûre ? Bon, si tu as besoin je suis dans ma chambre, n'hésite pas.

La jeune sorcière attendit que son amie soit repartie pour enfiler un peignoir et sortir. Elle se dirigea précipitamment dans la salle de bain, s'enferma à clés et – conséquence de son cauchemar – se mit à vomir violemment. Elle se redressa finalement, s'assit au sol, les genoux relevés contre sa poitrine, ses bras les serrant. Elle se mit à pleurer doucement. Elle ne pouvait contrôler le torrent de larmes qui la dévastait. Elle savait que tous les occupants de la villa l'avaient entendue et tendaient l'oreille pour s'assurer qu'elle allait mieux. Elle ne voulait pas qu'ils l'entendent pleurer mais savait qu'elle n'y pourrait rien.

Elle se força à respirer profondément, se calmant peu à peu. Elle se redressa, se passa un coup d'eau sur le visage, tentant d'effacer les dernières traces de ses pleurs. Elle resserra le peignoir sur elle et sortit en silence. Elle descendit lentement au salon, craignant d'y trouver Alice, Esmée ou pire, Jasper. Elle fut soulagée d'être seule. Elle s'installa dans le canapé et s'y pelotonna, encore tremblante de son cauchemar. Elle nota toutefois qu'encore une fois Jasper avait été là pour la protéger. Cela lui remonta très légèrement le moral. Même si elle ne comprenait toujours rien à ces rêves.

- Il faut vraiment que je fasse des recherches, marmonna-t-elle.

Elle resta les yeux fixés sur le feu de cheminée. Elle était complètement déconnectée du monde des vivants. Elle fit donc un bond de trois mètres lorsque Jasper se pencha vers elle, une tasse fumante à la main.

- Tu devrais boire ça, cela te ferais du bien !

Elle porta sa main au niveau de son cœur, emballé par la peur.

- Jasper ! Tu m'as fait une peur bleue ! Ne me refais jamais ça !

Le vampire fut surpris de cet éclat.

- J'ai pourtant fait du bruit dans la cuisine, Hermione.

- Je ne t'ai pas entendue.

Elle paraissait complètement perdue.

- Je suis désolé Hermione, je ne voulais pas t'effrayer. Je pensais que tu m'avais entendue, j'ai justement fait en sorte de faire le plus de bruit possible.

Son air contrit et désolé fit fondre la sorcière qui lui adressa un petit sourire. Elle lui fit signe de s'installer à ses côtés. Il lui tendit la tasse.

- Du chocolat chaud, reconnu-t-elle, les yeux brillants de gourmandise. J'en raffole. Comment as-tu su ?

- Bella. Et puis c'est aussi ce qu'on donne en général aux personnes qui manquent de force. Je me suis dit qu'avec ton cauchemar, cela te ferait du bien.

A la mention de son cauchemar, Hermione frissonna et Jasper put ressentir la peur qui l'habitait.

- J'ignore sur quoi portait ton cauchemar mais si tu veux en parler n'hésite pas, mais ici, tu ne risques rien. Tu es en sécurité, tenta-t-il de la rassurer.

Elle hocha la tête et but une gorgée.

- C'est le meilleur que je n'ai jamais bu ! s'exclama-t-elle. Même celui de Sirius n'est pas aussi bon !

Elle se tourna vers lui et pointa un doigt accusateur sur son torse.

- Dis-moi quel est ton secret !

Il sourit, amusé.

- Je te montrerais comment le préparer demain soir.

Elle lui fit un sourire éblouissant et reprit sa tasse avec laquelle elle se régala. Ils restèrent un instant silencieux, profitant tout deux de la présence de l'autre même s'ils n'en avaient pas conscience. Ce fut Jasper qui brisa ce silence apaisant, avec une question qui lui brûlait les lèvres depuis quelques minutes.

- Qui est Sirius ?

Elle fut surprise de sa question mais répondit tout de même, une lueur tendre dans les yeux, sans savoir la jalousie s'emparait de Jasper.

- Sirius est l'homme chez qui je vis depuis un an environ. C'est le parrain de mon meilleur ami et nous sommes très proches. Je le considère comme mon père. Je peux tout lui confier et il arrive toujours à me conseiller, à me calmer, à me rassurer. C'est lui qui m'a conseillé de venir ici quelques temps. Et encore une fois, il avait raison.

- Il n'y a rien entre vous ?

Elle écarquilla les yeux et explosa de rire.

- Oh non, il est le parrain de mon meilleur ami, il m'a vu grandir. C'est vraiment dégoûtant !

Elle grimaça et continua de rire. Jasper se sentit plus léger et eut un sourire tendre en la voyant rire de si bon cœur alors que quelques instant plus tôt, elle semblait prête à craquer. Elle finit par se calmer, essuya les larmes qui avaient coulées et soupira. Elle tourna la tête vers lui et rencontra son regard d'ambre.

Elle ne put s'en détacher et s'y perdit. Ils tentèrent, chacun de leur côté, de percer l'autre, de tenter d'en apprendre plus en lisant dans son regard.

Hermione sut qu'il avait souffert dans sa vie et qu'il lui arrivait d'y repenser. Elle vit le poids de la culpabilité qui l'habitait, sa tristesse, son amour pour ceux qu'il aimait, sa haine de lui-même.

Jasper, lui, vit la tristesse d'Hermione, sa fragilité, sa rage de vivre, sa haine, son désir de vengeance. Il vit son besoin d'être comprise et d'être aimée. Il vit sa peur, sa détresse, l'amour qu'elle portait à son entourage, à Bella, à ce Sirius.

Hermione ne se contrôlait plus devant l'intensité du regard du vampire. Elle luttait pour garder ses émotions en place mais avait de plus en plus de mal. Jasper était conscient des efforts que faisait la sorcière mais ressentait quand même certaines émotions comme la peur, le désir, l'embarras, la tendresse, l'affection. Il écarquilla les yeux de stupeur en réalisant que ces sentiments le concernaient directement. Il voulait en avoir le cœur net !

- Quelle est ta plus grande peur ? chuchota-t-il d'une voix rauque.

Elle s'humecta nerveusement les lèvres, sans se douter de l'effet sur le jeune homme.

- Dormir.

Ce n'était pas la réponse qu'il attendait.

- Menteuse.

Elle rougit, déglutit difficilement, chercha ses mots. Un bruit de moteur la fit sursauter et elle put détourner le regard. Les joues en feu, le cœur battant à tout rompre, elle tenta de reprendre ses esprits. Elle se mit en position de chien de fusil sur le canapé, ne permettant plus à Jasper de la voir. Elle remonta son grand peignoir jusqu'à sa bouche et ne bougea plus. Elle essaya de comprendre ce qu'il venait de se passer. Elle se sentait tellement embarrassée qu'elle ne voulait même plus regarder Jasper en face. Elle gémit intérieurement. « Mais qu'est-ce qu'il se passe ? Pourquoi est-ce que je me mets dans de tels états ? Pourquoi est-ce lui qui me fait cet effet ? Pourquoi, alors qu'il fait déjà partie de mes rêves ? ». Elle en était là de ses réflexions lorsque le propriétaire de la voiture qui les avait interrompus fit son apparition. Il s'arrêta, surpris de les voir là.

- Que faites-vous ici ? Hermione, tu ne dors pas ? Et pourquoi tu es toute rouge ?

- Si, ça ne se voit pas ? répondit-elle, sarcastique. Et si je suis rouge, c'est parce que j'ai chaud !

- Pourquoi tu restes dans ton peignoir alors ?

Elle resta interdite. Non mais quel idiot !

- Peut-être parce que je ne veux pas être arrêtée pour atteinte aux bonnes mœurs de la famille Cullen…

Il la regarda bizarrement. Apparemment il ne comprenait toujours pas. Elle soupira.

- Je suis en nuisette en dessous Edward !

Il eut la bonne idée de paraître gêné. Jasper n'en menait pas large non plus. Elle eut un sourire moqueur devant leur réaction. Les mecs, tous les mêmes !

-Et toi alors ? Tu abandonnes ma cousine ? Tu ne supportes plus qu'elle parle pendant son sommeil ?

Il eut un léger rire, soulagé qu'elle change de sujet.

- En fait, c'est assez intéressant.

- Parle pour toi. C'est insupportable !

Il rit à nouveau et Jasper ne tarda pas à le rejoindre. Elle rougit derechef en entendant son rire si chaud et, prenant l'un des coussins d'Esmée sur le canapé, lui balança à la figure. Il l'intercepta de justesse.

- Arrêtez de rire ! Et toi, dépêche-toi de te changer avant que Bella se réveille !

Edward interrogea son frère du regard et celui-ci leva les yeux au ciel, ce qui n'échappa à la sorcière qui le fusilla du regard. Il soutint son regard, une lueur de défi dans les yeux. Elle ne put le regarder davantage et détourna le regard en grommelant et en rougissant. Edward étouffa un rire et fila se changer.

Quelques instants plus tard, il redescendit et Jasper voulut le mettre au courant du plan qu'Hermione proposait. Elle en profita pour se relever et passa devant les deux garçons la tête haute, la nez en l'air en les ignorant du mieux qu'elle put.

Lorsque Bella et Edward revinrent à la villa, Hermione vit que sa cousine était au courant du plan. Si Bella avait l'air d'accord pour servir d'appât, ce n'était pas le cas de son futur mari qui fusilla Hermione du regard.

- Il n'est pas question que Bella soit utilisée pour attirer ces monstres ! On peut se débrouiller sans ça !

- Non Edward, je veux le faire, s'interposa Bella avec force.

Les vampires se dirigèrent vers la forêt pour ne pas être dans les parages lorsque Bella perdrait du sang, Edward grommelant des paroles inaudibles. Le regard des deux cousines se croisa et Hermione y lut toute la détermination de sa cousine. Elle inclina la tête et, la prenant par le bras, l'emmena dans la chambre qu'Esmée lui avait préparée. Elle ferma la porte à clé, tira les rideaux et ferma les volets. Elle ne voulait pas risquer que l'un de ses hôtes ne la surprenne avec sa baguette. Eclairée à la lumière, elle sortit sa baguette et la pointa sur le bras de Bella.

- Je ne pense pas que cela te fasse mal, mais tu te sentiras sans doute devenir faible. Je vais aller te préparer à manger pour que tu ne fasses pas de malaise même si je ne te prélève pas beaucoup de sang.

Bella sourit et acquiesça. La sorcière lui jeta un sort, plaça un petit bol sous le bras de la jeune fille et descendit lui préparer un plat sucré, des crêpes. Lorsqu'elle remonta, la quantité de sang était suffisante et elle leva le sort. Bella voulu se relever mais perdit l'équilibre, légèrement anémiée. Hermione lui jeta un regard réprobateur et la replaça sur le lit, la forçant à manger quelques crêpes pour récupérer.

- N'en veux pas à Edward, sourit Bella. Il a vraiment tendance à exagérer, mais il ne veut que mon bien.

- Eh bien j'espère pour toi que quand tu seras vampire, il acceptera le fait que tu ne sois plus un petit être fragile !

Elles échangèrent un regard amusé et éclatèrent de rire. Elles discutèrent le temps que Bella aille mieux. Celle-ci envoya un message à Edward et elles descendirent au salon. Les Cullen avaient décidé d'en profiter pour chasser un peu en famille.

- Alors ce mariage ? demanda Hermione avec curiosité. Moi qui croyais que tu n'accepterais jamais cet engagement.

- Et moi donc, soupira sa cousine en rougissant. Mais Edward a de bons arguments.

- Comme ?

- Il m'a promis de m'offrir une vraie nuit de noces puis de me transformer, à condition que je l'épouse avant.

Hermione esquissa un sourire moqueur.

- Face à de tels arguments, je comprends que tu aies cédé.

Bella lui tira la langue et sa cousine rigola.

- Où en sont les préparatifs ?

- Tu connais Alice, elle veut absolument tout organiser. La connaissant, elle va nous faire une cérémonie grandiose avec toute la ville de Forks sur la liste des invités.

Bella avait l'air tellement désespéré que sa cousine éclata de rire.

- Je peux toujours essayer de la raisonner, mais je ne te promets rien.

Bella la remercia d'un sourire. Elle redevint cependant vite sérieuse.

- Hermione… Alice m'a dit que tu avais fait un cauchemar cette nuit, que tu avais pleuré longtemps et que tu n'avais presque pas dormi de la nuit.

Hermione garda le silence. Elle ne voulait pas en parler tout de suite. Elle voulait seulement se souvenir de ce long regard qu'elle avait échangé avec Jasper. Elle sourit et rougit en y repensant.

- Tu rougis !

- Disons que la fin de la nuit a été des plus agréables…

Alors que Bella s'apprêtait à la bombarder de questions, le téléphone sonna. La jeune fille répondit.

- Maison Cullen. Oh papa ! Oui elle est là. Tu veux lui parler ? Marc ? Oui avec plaisir. Tu le rappelles pour nous ? Merci, à ce soir papa.

Elle raccrocha.

- Marc et Jill nous invite à dîner chez eux demain soir.

- Super ! Cela fait si longtemps que je n'ai pas vu Jill !

- Et ça veut dire que nous allons faire les magasins, s'écria Alice joyeusement.

Elles sursautèrent, ne les ayant pas entendus arriver. Bella se précipita dans les bras de son fiancé sous les regards moqueurs d'Hermione, Alice et Emmett et celui attendris d'Esmée. Hermione croisa le regard de Jasper. Elle ne l'avait pas revu depuis qu'elle avait pris sa douche. Elle repensa à leur nuit et rougit légèrement en détournant le regard.

- Navrée Alice mais pas de magasins. Je n'ai pas besoin de vêtements. En plus, il faut prévenir les loups pour l'armée.

Elle soupira de tristesse.

- Alors demain ? Il vous faut des vêtements pour ce dîner !

Elle fit une moue boudeuse. Hermione rit.

- Non Alice, je suis désolée mais je ne vais pas faire trois heures de boutiques pour une soirée.

- Mais…

- Alice, intervint Carlisle. Allons voir la meute. Bella, tu peux appeler Jacob et leur donner rendez-vous à la frontière ?

- La frontière ? demanda Hermione tandis que sa cousine contactait son ami.

- Les vampires et les loups-garous se haïssent depuis la nuit des temps. Lorsque nous sommes arrivés, les Quileutes étaient déjà installés. Nous avons signer un traité de non-agression, ce qui a été possible puisque nous sommes végétariens. Toutefois, ils n'ont pas confiance en nous. Nous avons donc installé une frontière et nous nous engageons à ne pas la franchir sous peine de se faire attaquer par l'autre camp, expliqua Carlisle.

Hermione le regarda bouche-bée. Emmett et Alice éclatèrent de rire devant sa réaction. Jasper et Edward ne tardèrent pas à les rejoindre.

- Mais c'est complètement stupide ! Je sais pas moi, mais ça se voit comme le nez au milieu de la figure que vous n'allez pas attaquer d'humains ! Surtout après autant d'années ! Ils peuvent parler eux, ils ne sont même pas capables de se contrôler ! Bandes de chiots poilus !

La colère d'Hermione fit rire toute la famille qui ne s'attendait pas à ce qu'elle les défende avec autant de véhémence. Emmett la prit dans ses bras et la fit voler. Elle hurla.

- Emmett ! Laisse-moi descendre !

- Emmett Cullen ! s'exclama Rosalie. Repose-la immédiatement !

- Mais Rose chérie…

- Emmett, intervint Jasper. Repose-la, elle est toute verte.

Le vampire la reposa précipitamment. Hermione tituba un instant et ne réussit à rester debout que grâce à Jasper qui la retint par le bras. Elle se reposa sur lui et ferma les yeux. Rosalie fusilla son mari du regard.

- Désolé Hermione, s'excusa-t-il, penaud. C'était juste une manière de dire que j'aimais bien ta façon de parler des loups.

- Ce n'est rien Emmett, je crois que j'ai compris, murmura la jeune sorcière. J'ai juste besoin d'un peu de temps pour me remettre.

- Jacob prévient Sam, nous pouvons y aller. Hermione, ça ne va pas ?

- Ne t'inquiète pas Bella, je dois juste me souvenir de me tenir loin d'Emmett lorsque je serais d'accord avec lui à l'avenir. C'est bon tout va bien, allons-y.

Ils se dirigèrent tous vers la forêt. Hermione sentait le regard de Jasper sur elle et n'en était que plus troublée. Elle rejoignit sa cousine au devant du groupe et ils parvinrent à la frontière. Là, se trouvaient huit jeunes hommes, tout aussi musclés les uns que les autres. Les Quileutes. La meute de loups de Forks. Bella passa la frontière et salua chacun d'entre eux dont un qui la prit plus longtemps dans ses bras. Au grondement d'Edward, la sorcière sut qu'il s'agissait de Jacob.

- Relax, Edward, ils ne peuvent pas être ensemble. J'ai fait quelque recherche qui pourraient bien t'intéresser, murmura-t-elle, un sourire malicieux sur le visage.

Le vampire se tourna vers elle et l'interrogea du regard. Elle lui fit un sourire éclatant. Il lui fit confiance et lui sourit en retour d'un air entendu que Bella ne manqua pas de voir lorsqu'elle revint en territoire Cullen dans les bras de son fiancé.

- Qu'est-ce que vous complotez tous les deux ? leur demanda-t-elle, soupçonneuse.

- Absolument rien mon amour, lui assura Edward.

Elle les regarda d'un air méfiant. Hermione lui fit un sourire innocent.

- C'est qui elle ? demanda Jacob en montrant Hermione de la tête.

Celle-ci plissa les yeux d'un air menaçant et allait répondre lorsque Bella prit la parole.

- Ma cousine, espèce d'idiot et tu as intérêt à lui montrer un peu plus de respect si tu veux que je revienne à la Push, répliqua-t-elle, les yeux brillants de colère.

Jacob baissa la tête et murmura un vague « désolé ».

- Vous avez vraiment des arguments bizarres dans cette famille lorsque vous voulez négocier, constata la sorcière, amusée.

Sa cousine la fusilla du regard et Hermione rit doucement avec Alice. Elles échangèrent un regard complice, alors que Carlisle prenait la parole.

- Si nous sommes là, c'est pour une bonne raison, commença-t-il. Une vampiresse du nom de Victoria a créé une armée de vampires pour nous détruire et se venger de Bella. Ce sont eux qui sont responsables des meurtres de Seattle. Nous avions l'intention de nous y rendre mais elle les envoie à Forks. Nous voulions juste vous prévenir de la présence de plusieurs vampires dans les parages.

Sam hocha la tête et tourna les talons suivit par sa meute. Carlisle fit de même. Hermione en fut stupéfaite.

- Et c'est tout ? Vous ne voulez pas vous battre ? Vous qui hurlez au monde entier que vous êtes capables de tuer des vampires, qui ne cessez de vouloir attaquer les Cullen, vous ne demandez même pas à participer au combat ? Et ça se dit protecteurs de la race humaine ! Quelle bande de lâches vous faites ! Bella est en danger et vous ne bougez même pas pour la protéger !

- Bella a fait son choix ! s'exclama Jacob avec colère.

- Finalement tu ne vaux pas mieux que lui ! Toi aussi tu brises les promesses que tu lui as faites et tu l'abandonnes ! Vous êtes pires que des vampires, vous me dégoûtez !

Elle tourna les talons et rentra à la villa comme une furie. Là, elle éclata de rire. Elle fut bientôt rejointe par la famille de vampires. Alice et Emmett la suivirent rapidement dans son fou rire et Edward se retint avec beaucoup de mal par égard pour sa compagne. Rosalie souriait, amusée et Jasper secoua la tête, désespéré.

- C'était géant, hoqueta Emmett. Tu aurais vu leur tête quand tu es partie !

- Bien joué Hermione, lança Edward, récoltant un regard noir de sa fiancée.

- Tu aurais pu y aller plus doucement, lui reprocha-t-elle.

- Oh allez Bella, mon plan était génial, tu sais très bien qu'ils ne m'auraient pas écoutée si je leur avais dis autrement. Et puis comme ça, vous n'avez pas eu à les supplier pour qu'ils vous aident. Tous loups qu'ils soient, ils restent des mecs qui pensent avec leurs hormones. Tout ce qu'ils veulent c'est prouver leur virilité. Fais leur comprendre que tu en doutes et ils accourront pour te prouver leur force. Je te l'accorde c'est ridicule. Mais ça marche comme ça.

Bella la fusilla du regard, seulement pour la forme. Le téléphone sonna. Carlisle fit signe à sa future bru de décrocher.

- Maison Cullen. Jacob ? Très bien je vais leur dire. Non je ne viendrais pas demain. Je vais dîner chez des amis et je passe la journée à préparer le mariage. C'est ça, à bientôt.

Elle raccrocha et soupira.

- Ils sont d'accord. Sam accepte que les entraînements commencent demain soir, deux heures du matin, sur le terrain.

- Parfait, dit Carlisle. Jasper ?

Ce dernier acquiesça. Tout serait prêt pour demain.

- On prépare le mariage demain ? s'enquit Alice tout excitée.

- Non j'ai juste dit ça pour que Jacob me fiche la paix, soupira Bella.

La vampiresse parut déçue. Hermione vint à son secours.

- Nous pouvons toujours commencer. Seulement, ajouta-t-elle devant le regard de nouveau illuminé du lutin, c'est Bella qui décide. Si elle ne veut pas, ce n'est pas la peine d'insister. Et je serais là pour te le rappeler !

- Promis !

Elle sautilla partout, donnant la nausée à Hermione qui sortit dans le jardin, respirer l'air frais de la nuit, qui commençait à tomber. Jasper la rejoignit en silence. Ils s'observèrent un instant et la jeune fille ne put retenir une vague de tendresse pour l'homme qui hantait ses rêves. Si celui-ci en fut surpris et heureux, il ne montra rien. Il l'accueillit avec bonheur et ferma les yeux pour la savourer.

- La vie ici me paraît tellement facile, murmura la jeune gryffondor, plus pour elle-même que pour celui qui lui tenait compagnie.

- Elle l'est.

Elle plongea dans son regard, se sentit apaisée, détendue et sereine.

- Je crois que je viens de trouver mon calmant, sourit-elle doucement. Puis-je te demander un petit service ?

Il acquiesça.

- J'ignore si mon sang te fais envie et si c'est le cas alors oublie ma demande mais sinon… Est-ce que ça te dérangerais de rester dans la chambre cette nuit pour me calmer… Ou dans le salon si tu préfères un endroit plus vaste… Mais… J'ai vraiment peur de dormir et pourtant je suis épuisée…

Elle paraissait tellement triste et tellement fatiguée – il le voyait parfaitement à présent qu'elle ne faisait plus semblant – qu'il n'eut pas le cœur à refuser. De plus, son sang ne l'attirait pas, bien moins que toute sa personne en tout cas.

Elle lui sourit doucement, soulagée de sa réponse et se tournant à nouveau vers l'étoile Sirius, elle adressa une pensée tendre à son ami, comme à son habitude. Elle se rendit ensuite dans sa chambre.