Bonsoir, le père Noël a apparement fait une surprenante découverte au fond de sa hotte, il m'a alors chargé au plus vite de vous donner son cadeau et s'excuse de son retard ! Il faut le comprendre les petits enfants passent avant tout ! Mais c'est maintenant votre tour, et voici le tout nouveau, tout beau chapitre de la fiction ! Aussi long que les anciens et j'espère tout autant agréable ! Je vous laisse savourer ce petit moment, je m'excuse encore pour ce retard ! Et je vous invite à m'encourager avec de jolies reviews :P Bisous, mes lectrices adorées !

PS ; La fin du chapitre est finie depuis hier, donc pas de correction je veux poster au plus vite, j'ai normalement fait attention aux petites fautes, mais je ne suis pas infaillible !


POV EDWARD

« J'avoue que ton appel m'a surpris…mais je te remercie de m'avoir invité… »

« Il le fallait… » dit-elle simplement

« Pour que tu puisses me dire de vive voix à quel point tu me hais et tu regrettes d'avoir cru en moi ? » tentai-je

« Non, pour t'aider…à prendre conscience qu'il n'est pas trop tard… » ajouta-t'elle avec un sourire amical

« Ah… »

« Edward… » soupira-t'elle

La main de Renée vint se poser sur mon avant bras, à travers la table qui nous séparait. Ses cheveux étaient désormais de nouveau bruns. Elle paraissait réellement soucieuse, une première depuis que je la connaissais et m'observait intensément. Une légère ride creusait son front. Son contact rassurant me fit du bien. Et j'eus l'envie soudaine de me confier à quelqu'un.

« Comment vas-tu ? » reprit-elle, visiblement peinée pour moi

« Mieux que Bella je suppose… ? » m'informai-je

« Je ne suis pas là pour te parler d'elle, mais de toi en fait ! »

« Pourtant, si je me souviens bien, je ne le mérite pas…Je suis le méchant dans tout ça… » expliquai-je

« Non, je ne crois pas tu sais…Je dirais que c'est juste la vie qui est faite ainsi, on se fait du mal les uns aux autres, et on fait parfois des erreurs... »

« Tu ne pense pas que j'ai mal agi ? » m'étonnai-je,

« Si bien sûr, mais je pense surtout, que tu es perdu Edward. Tu es quelqu'un de bien, qui ne veut pas décevoir sa famille, qui souhaite honorer ses promesses et son mariage en se sacrifiant, et qui ne reculera devant rien pour garder ses enfants. »

« Je pense que tu as fait une erreur en te remettant avec ta femme non pas par amour mais par devoir envers ton enfant, tes enfants. J'ai vécu cela il y a longtemps, penses-tu vraiment que Bella serait la fille épanouie et adorable que nous connaissons si j'étais restée avec son père ? Si j'avais fait semblant, durant tout ce temps, d'aimer cet homme sans en être vraiment capable ? Les enfants sentent ce genre de choses, et parfois, la meilleure façon de les protéger c'est de s'avouer la vérité. Tu as aimé cette femme, tu l'aimeras toujours un peu c'est celle qui t'as donné la plus belle chose au monde, mais ce n'est pas la peine de gâcher ta vie pour cela. » continua-t'elle

« Si je la quitte, elle… » commençai-je

« Elle ne te laissera plus les voir ? Hé bien, je te connais, tu te battras Edward, pour eux. Tu prendras les meilleurs avocats, et tu obtiendras la garde. Car tu es un bon père, et même Bella qui aujourd'hui t'en veut, serait prête à l'assurer devant la terre entière. » m'interrompit Renée

« Mes enfants m'en voudront… »

« Edward, tu ne penses pas qu'ils sentent déjà que rien ne va plus entre vous… ? Les enfants ressentent ce genre de choses, et il ne faut pas pour leur prétendu bonheur que tu sacrifies ta vie pour eux. Ce sera dur, mais beaucoup d'enfants sont dans cette situation aujourd'hui, certains en souffrent je te l'accorde, mais beaucoup l'acceptent. »

« Cette décision anéantirait ma mère…Je ne peux pas lui faire ce coup… » lui appris-je

« C'est ta vie, tu es son enfant, peu importe tes choix, tu seras toujours son enfant, et elle t'aimera… »

« Je sais… »

« Edward, je vais être franche, penses-tu que cet enfant va ressouder ta famille ? Que ta femme va réellement changer ? Que tu ne seras plus jamais tenté d'aller voir ailleurs ? Que tu pourras de nouveau l'aimer ? La toucher ? Si la réponse est oui, à toutes ces questions, alors je m'excuse j'ai tort, mais si tu as ne serait-ce qu'un petit doute… » me questionna-t'elle

« Merci. »

« Edward, je t'apprécie réellement et j'aimerais qu'un jour Bella soit avec un quelqu'un d'aussi généreux et attentif que toi… vraiment. Ne doute pas de toi… Et même si tu fais le choix de rester, je comprendrais… Pour moi, réfléchis-y… »

« D'accord… » acceptai-je, sincèrement

« En attendant, nous pouvons tout de même manger ! Et parler un peu. Que penses-tu de ma nouvelle couleur de cheveux ? C'est beaucoup mieux non ? » lança-t'elle plus légère tout à coup

« Tu es resplendissante ! » ris-je

« Merci, c'est gentil. »

« Comment va Phil ? »

« Génial, il regrette ta présence à chaque match de baseball où il doit se rendre seul ! » affirma Renée

Nous continuâmes à plaisanter et rattraper le temps perdu tout en déjeunant. Renée était une personne que j'appréciais énormément, pleine de vie et de fraîcheur. Et je dois l'avouer, sa ressemblance avec Bella me troublait. J'avais l'impression d'être plus proche d'elle, qu'il ne m'était désormais possible, c'était à la fois rassurant et terriblement navrant. Pendant le repas, son téléphone sonna et après avoir grimacé et s'être excusée, elle s'éclipsa pour répondre. Je supposai que c'était donc sa fille, et qu'elle n'était pas au courant de notre rencontre. Elle revint quelques minutes plus tard.

« C'était Bella, elle doit passer me chercher dans le centre…J'étais censée faire les boutiques… » grimaça-t'elle

« Comment vas-tu expliquer l'absence de courses ? »

« Je ne sais pas…Et je m'en fiche. J'étais ravie de te revoir Edward. » déclara-t'elle

« Moi aussi Renée, je te remercie pour tout. Laisse-moi t'offrir le repas. »

« Promet moi une chose Edward, que même si tu n'as pas Bella à tes cotés, tu te battras pour avoir la vie que tu mérites ! »

« Promis. »

« Et tu rencontreras quelqu'un d'autre, qui te mérite et que tu mérites ! »

« Mais qui ne sera pas Bella… » finis-je

Elle m'adressa un pauvre sourire et m'embrassa une dernière fois, avant de partir.

J'arrivai devant l'école des enfants quelques minutes avant l'heure. Comme toujours, des parents avaient envahi le trottoir devant le portail scolaire et bavardaient ensemble sûrement de leurs enfants. Je sortis de la voiture pour m'y adosser et attendre le moment propice pour avancer vers l'entrée du bâtiment. Je ne donnais ainsi l'occasion à personne de m'aborder. Quand la sonnerie retentit, quelques secondes de calme précédèrent les hurlements et cris de joie des enfants qui sortirent de l'école. Des parents enlaçaient leurs enfants, tandis que d'autres leur donner leur goûter. La maitresse de Colin, s'assurait d'apercevoir les parents de chaque enfant avant de les autoriser à quitter l'école. J'attendis que les premiers groupes se dispersent avant de m'avancer jusqu'au portail bleu. Mon regard rencontra celui de l'institutrice qui me sourit chaleureusement. Cela faisait maintenant quelques jours que je venais récupérer moi-même Collin, puisque Bella ne le faisait plus. Elle appela Collin qui réagit très rapidement et vint se coller à moi.

« Comment s'est passée la journée bonhomme ? » lui demandai-je

« Plutôt bien… » répondit-il après une brève réflexion

« Du nouveau avec Cameron ? » m'enquis-je

Cameron était le meilleur ami de Collin. J'avais appris la veille que les deux garçons s'étaient brouillés pour une histoire de gosse, et je savais que cela avait beaucoup peiné celui-ci, qui avait ruminé toute la soirée.

« On est de nouveau potes ! » hurla-t'il en brandissant le poing en l'air, satisfait

« Tant mieux ! »

« Dis papa, est-ce que tu vas divorcer d'avec Maman ? » me lança mon fils

« Ququoi ? » hoquetai-je en le regardant ahuri sans répondre à la question

Nous avions rejoins la voiture, et j'allais démarrer.

« Est-ce que vous allez divorcer avec maman ? » reprit-il plus apparement sérieux

« Pourquoi cette question ? » repris-je suspicieux

« Les parents de Charlie l'ont fait, et maintenant, il a plein de cadeaux et même un petit chien. D'après lui, ses parents sont tout le temps gentils maintenant ! »

« Collin, tu sais que le divorce n'est pas une bonne chose en soit ? Tu sais ce que cela signifie réellement ? » lui demandai-je, inquiet

« Oui, son papa ne vit plus avec lui, mais ailleurs. Il le voit de temps en temps seulement, mais il a deux maisons maintenant avec deux chambres, deux goûters d'anniversaire, et tout. » tenta-t'il d'expliquer

« Oui chéri, mais ça veut surtout dire que ses parents ne sont plus amoureux, comme toi avec Jenna. Ils ne peuvent plus vivre ensemble, ni s'occuper de leur enfant ensemble, c'est plutôt triste en réalité… » ripostai-je

« Mais tu sais, les parents d'Charlie ne s'aimaient pas vraiment je crois, ils criaient beaucoup et se disputaient souvent, ou alors ils ne se parlaient pas…Ce n'était pas drôle tous les jours quand j'y étais. On ne devait pas faire de bruit pour pas les énerver… Et de toute façon, ils ne se faisaient jamais de bisous… » raisonna-t'il

« Et tu penses que ta mère et moi nous sommes dans ce cas là ? »

« Hum, je ne sais pas…parfois vous criiez, mais souvent vous vous ignorez c'est un peu pareil que moi avec Emily quand elle me casse un jouet…et je ne vois jamais Maman te faire de bisous…alors que la maman de Tyler elle en fait souvent à son papa… » Collin évoquait son second ami, Tyler, à présent.

« Dans tous les cas, Collin, pour le moment, nous n'allons pas divorcer sinon je te l'aurais dis… »

« D'accord. » ajouta-t-il

Nous arrivâmes à la crèche d'Emily où je la récupérai rapidement et pris le chemin du retour. La soirée passa tranquillement : après les avoir faits goûter et travailler, nous nous mîmes devant un film d'animation jusqu'au diner. Tanya m'avait à plusieurs reprises fait part de son envie d'engager une nouvelle nounou pour me soulager. Mais je refusais à chaque fois. L'entrée de Bella dans ma vie m'avait totalement chamboulé, mais surtout permis de me rendre compte que je n'étais pas assez présent pour eux. Et je voulais rattraper tout cela. Il était hors de question que je les abandonne de nouveau avec une autre personne. Une étrangère, qu'ils devraient apprivoiser. Surtout, j'avais peur une fois de plus de sombrer et de côtoyer mes vieux démons : la solitude, l'alcool et les bars. Tanya qui était de plus en plus épuisée, ne descendit que pour le repas du soir dans un effort qui lui semblait extrême, et sans un mot, remonta immédiatement dans sa chambre. Quant à moi, après avoir embrassé et bordé Emily, je traversai le couloir pour coucher Collin. Je le trouvai déjà dans son lit, près à s'endormir.

« Tu veux une histoire ce soir ? » proposai-je

« Oui. »

« D'accord alors choisis ! » lui intimai-je en tendant trois choix possibles de livres parmi ses ouvrages préférés.

Après une brève hésitation, il fit son choix. Et je commençai ma lecture…Quand j'eus fini et me penchai pour l'embrasser ses yeux à moitié clos s'ouvrirent et son regard se posa sur moi…

« Est-ce que maman va venir m'embrasser ? »

« Je ne crois pas poussin, elle dort déjà. » mentis-je

« La Maman de Tay le fait toujours, même quand elle est fatiguée… » soupira-t'il

« Je sais mais ta maman t'aime tu le sais ? »

« Oui… » fit-il, boudeur

« Dors bien mon ange. »

« Papa ? » m'appela-t'il

« Oui ? »

« Si vous divorcez un jour, je veux vivre avec toi… pas maman…» trancha-t'il

« Euh d'accord, bonne nuit, à demain… »

Je redescendis au rez de chaussé désormais vide pour rejoindre ma salle de musique. Je ne mis que quelques minutes à trouver le papier que je cherchais, et m'installer sur le banc du piano pour le parcourir. C'était le seul endroit, où personne hormis moi n'entrait, c'est pour ça que je l'avais gardé ici. En inspirant une longue fois, je pus déplier le petit morceau de papier, et relire cette lettre. Mon cerveau en connaissant chaque ligne, chaque mot, et chaque pli, mais ce fut un soulagement de pouvoir enfin effectuer ce geste. Comme les autres fois, une part de moi avait l'impression d'être plus proche d'elle, tout le flot de sentiments que je gardais toute la journée pouvait de nouveau jaillir et je m'autorisai à l'aimer de nouveau sans que cela ne me blesse ou ne me fasse culpabiliser vis-à-vis de Tanya. J'avais fait ces choix et je tentais de les assumer, même si parfois c'était simplement trop difficile.

Enfin, je pus ranger la lettre au fond de mon tiroir à sa place et monter rejoindre ma chambre. Tanya regardait la télévision, les mains posaient sur son ventre. Je me déshabillai en vitesse conscient de son regard qui, je devais l'avouer, me gênait. Je me glissai enfin entre les draps froids à ses côtés.

« Ils dorment enfin ? »

« Oui » soupirai-je

« Bientôt, les nuits seront moins calmes ! » sourit-elle en tapotant son ventre

Je ne pris pas la peine de répondre.

« Edward ? »

« Mmmrph ? » baragouinai-je

« Non rien… »

Je continuai à faire semblant de dormir quand sa main se faufila sous les draps pour venir se poser sur ma cuisse. Après quelques secondes durant lesquelles je ne réagis pas, Tanya prit cela pour un signe positif et commença doucement à me caresser.

« Tanya, qu'est-ce que tu fiches ? Je ne suis pas d'humeur à ça… » m'écriais-je surpris

« Edward, depuis la conception de cet enfant, nous n'avons plus fait l'amour je n'en peux plus… J'ai envie de toi ! » pleurnicha-t'elle

« Pas ce soir… » éludai-je

« Quand alors ? Tu ne veux jamais me toucher alors laisse moi au moins te toucher ! »

Sa main revint effectuer les mêmes gestes et je dus m'écarter pour mettre fin au supplice que j'endurai. Je savais que ma réaction n'était pas très élégante, j'avais fait le choix de rester avec elle. Pourtant le moindre de nos contacts, la moindre parole échangée, ou simplement la perspective d'un rapport intime entre nous me donnait la nausée. Car je n'aimais pas Tanya, et ce depuis longtemps, et je savais que rien ne changerait cela. Je ne pourrai plus jamais cesser de la fuir, ni de la haïr… Les paroles de Renée me revinrent en tête : « Edward, je vais être franche, penses-tu que cet enfant va ressouder ta famille ? Que ta femme va réellement changer ? Que tu ne seras plus jamais tenté d'aller voir ailleurs ? Que tu pourras de nouveau l'aimer ? La toucher ? Si la réponse est oui, à toutes ces questions, alors je m'excuse j'ai tort, mais si tu as ne serait-ce qu'un petit doute… » Effectivement, je savais qu'elle avait raison, il me serait impossible de ressentir du désir ou de l'amour pour cette femme, elle n'était plus qu'une étrangère avec qui je partageais ma vie, mon lit… Ce n'était pas des doutes que je ressentais mais bel et bien une certitude. Celle d'avoir commis la plus grosse erreur de ma vie, en laissant Bella partir, se sacrifier à nouveau… Et même si je ne pouvais plus rien espérer avec elle, il était de mon devoir de changer les choses et de reprendre ma vie… En l'honneur de l'homme qu'elle avait aimé…

Je me relevai d'un bond, et enfilai un bas de jogging.

« Edward ? Qu'est-ce que tu fais ? »

« Il faut que j'appelle ma sœur… » annonçai-je

« D'accord, comme tu veux. »

« Je reviens. »

Je descendis au rez-de-chaussée pour attraper le téléphone. Je composai le numéro de Jane, et attendit patiemment qu'elle réponde. Malheureusement, c'est Alec qui répondit :

« Ouais ? »

« Salut, c'est Ed, ça va ? » saluai-je

« Euh ouais et toi ? »

« Oui merci…Ma sœur est là, c'est important ? »

« Oui, mais je préfère te prévenir elle est furax contre toi… » chuchota-t'il

« Je suppose oui, mais je dois vraiment lui parler… »

« Ok, je te la passe..à bientôt mec. »

« Tchao… » répondis-je distrait

« Oui ? » reprit la voix fluette de ma sœur

« Jane, c'est Edward… »

« Ecoute moi bien frangin, je vais raccrocher parce que tu vois sinon je pourrais éclater ce téléphone contre le mur, et venir de suite pour te botter le cul. Donc, si tu es intelligent raccroche immédiatement. » me prévint ma soeur

« Tu as fini ? »

« Non je commence à peine Edward…Comment as-tu pu refaire ce coup là à Bella ? Et ne me sors pas l'excuse de Maman, c'était une autre situation, une autre vie, et elle en a certes souffert, tu cherches à l'épargner mais tu n'as pas le droit de jouer toute ta vie sur ça… Où sont passés tes beaux projets de quitter Tanya, et de reprendre enfin ta vie en main bon sang ? Tu n'es qu'un idiot influençable, et je t'avais prévenu que si je devais faire un choix, ce serait Bella…Tu es impardonnable, mais tu restes mon frère donc je te demande de me laisser du temps Edward… » vociféra-t'elle

« Merci de me laisser enfin parler, mais au risque de te décevoir j'appelle pas pour implorer ton pardon, mais juste pour t'informer que j'ai pris conscience de mes erreurs, et que mes projets ont changé et pour de bon…je vais la quitter, et me battre pour avoir la garde des enfants…même si Bella ne voudra sûrement plus de moi…j'ai besoin de retrouver ma vie d'avant…Je deviens fou…Et j'ai besoin que tu me soutiennes… »

« C'est vrai ? Tu ne vas pas encore t'enfuir devant le moindre obstacle ? » reprit-elle, acide

« Non, j'ai compris mon erreur…jamais je ne pourrais l'aimer à nouveau…et je ne peux rien y faire…me forcer ne fera qu'empirer les choses….je veux le bien être des enfants… »

« Alors trouve toi vite un avocat et quitte-là… » me conseilla-t'elle

« Tu n'en connais pas un par hasard, disponible rapidement ? »

« Hum si, mais j'ai peur que ma réponse ne te plaise guère… » avoua-t'elle

« Qui ça ? »

« Ethan Baker… » lâcha-t'elle d'un ton morne

« Il fera l'affaire…merci… »

« Bonne chance, je suis avec toi… » m'encouragea Jane

« Merci sœurette…tu sais je m'en veux beaucoup pour Bella mais… » expliquai-je

« Je sais. » me coupa-t'elle

Elle raccrocha et je pus enfin respirer à nouveau. J'avais pris une décision lourde de conséquences, mais plutôt que de me sentir mal j'avais l'impression de vivre à nouveau… Je remontai me coucher avec pour une fois le sourire aux lèvres….qui s'agrandit en découvrant Tanya endormit, je n'aurai pas à subir ses caresses plus longtemps.

BELLA POV

J'avais apprécié la visite de ma mère, je l'adorais pour ça. Mais après une semaine de collocation je devais avouer qu'il me tardait qu'elle rentre chez elle. Je poireautais depuis une dizaine de minutes dans l'habitacle glacial de ma voiture quand enfin elle apparut au bout de la rue, sans vraiment se presser.

« Maman, je t'attends depuis dix minutes ! » fulminai-je

« Désolée chérie, mais j'étais coincée dans une magnifique robe quand tu m'as téléphonée. Heureusement que le vendeur a bien voulu m'aider à m'en défaire… »

« Et où sont tes courses ? » demandai-je

« Je n'ai rien acheté en fait, tout est rudement plus cher ici… j'ai simplement flâné… » constata-t'elle

« D'accord… »

« Et toi qu'as-tu fais ? » me questionna ma mère

« Je… » je me mordis la langue avant de finir ma phrase. Mieux valait lui mentir pour éviter une énième discussion sur mon état moral et mon incapacité à sortir.

« Je suis sortie avec Jane. » mentis-je

« Oh parfait, vous vous êtes amusées ? »

« Plutôt oui, nous avons vu un film au cinéma et ensuite nous sommes allées boire un chocolat. » marmonnai-je mal à l'aise

« Le film était bien ? »

« Génial. » fis-je

« Tant mieux… »

Nous roulâmes quelques minutes en silence.

« Tu as prévu une date de retour Maman ? » lançai-je d'un ton neutre

« Pourquoi je t'embête tant que ça ? » rit-elle

« Non je ne voulais pas être malpolie excuse-moi… » bredouillai-je

« Je pense que je vais rentrer d'ici peu, tu as l'air d'aller mieux, Phil me manque beaucoup, et je n'en peux plus de la météo ici…Tout est trop froid, gris et terne…La Californie me manque terriblement… » bavarda ma mère

« Je comprends… »

J'avais trouvé ma mère chez Rosalie et Alice, un jour, alors qu'elles m'avaient invitée. Je savais qu'elles avaient décidé de l'appeler face à mes récents problèmes et mes réactions. Elle avait donc débarqué à Seattle par le premier vol. Bien que personne ne l'avait réellement explicité, nous savions tous que sa présence n'était due qu'à une chose : mon désespoir. Mais je dois dire que je devais une fière chandelle à mes amies, car ma mère m'avait réellement sorti du gouffre… Et aujourd'hui je me sentais un peu mieux, ce qui était déjà pas mal…Nous avions logé ensemble à l'hôtel durant toute la semaine pour épargner à Ethan la folie de ma mère. Ethan émit évidemment de vives protestations, il affirmait que sa présence ne le dérangeait absolument pas, mais je préférais m'abstenir de l'embêter plus que nécessaire. Il était très souvent épuisé en rentrant, et ma mère n'était pas vraiment le genre de personne calme et facile à vivre au quotidien.

- « Ethan nous a invité à diner ce soir, tu serais d'accord ? » lui demandai-je en sortant de mes réflexions

- « Je pense que c'est une très bonne idée, il faut que je fasse la connaissance de mon futur beau-fils ! » déclara-t'elle d'un coquin

- « Maman, arrête un peu avec ça ! Je t'ai déjà dit que ce n'était ni drôle, ni vrai. Ethan est un ami qui se montre très présent dans l'épreuve que j'ai traversée, et je dois dire, que j'abuse un peu de son hospitalité et de sa gentillesse. Rien de plus. » m'énervai-je de nouveau

- « Chérie, il y a peu cet homme sortait avec toi, et comptait même t'épouser s'il faut. Que tu l'es quitté pour un autre, ne change pas ses sentiments. Il semble prêt à te reprendre non ? Et je pense que c'est une solution que tu devrais envisager…je sais qu'il est trop tôt, mais tu as aimé Edward, il était ton grand amour, maintenant que tout est fini, tous les autres te paraîtront insignifiants, il faudra simplement que tu t'y fasses et que tu choisisses quelqu'un d'autre, que tu aimeras sûrement moins, mais qui sera toujours là pour toi…et Ethan d'après ce que je sais pourrait être cette personne….alors laisse lui une chance, s'il-te-plait. » récita-t'elle sans me laisser en placer une

- « C'est beaucoup trop tôt Maman. »

- « Il faut savoir remonter à cheval après la chute » cita-t'elle d'un ton serein

« Si tu n'y vois pas d'inconvénients, j'irai à mon rythme !Et de toute façon, ce ne sont pas tes affaires ! » m'emportai-je

« Excuse-moi… » marmonna-t'elle penaude

« Non c'est moi Maman, je suis toujours sur les nerfs…Je ne voulais pas être méchante. Je lui dis que c'est bon pour ce soir alors ? » repris-je plus calme

« Oui »

« D'accord. » concluai-je

EDWARD POV

Je franchis le seuil de la maison juste au moment où le répondeur s'enclencha. La voix nerveuse et affolée de ma sœur envahit le séjour et résonna dans la pièce silencieuse.

- « Edward ? Si tu es là décroche ce putain de téléphone ! Il faut que tu viennes vite à l'hôpital, maman a eu un accident… je ne sais pas vraiment si c'est grave, mais j'ai besoin de toi… »

En entendant ses mots, je courus et décrochais le combiné.

« J'arrive dans cinq minutes. » articulai-je mécaniquement avant de raccrocher.

Je montai les marches de l'escalier quatre à quatre pour rejoindre la chambre où Tanya dormait encore.

- « Tanya ma mère est à l'hôpital, je dois y aller. Les enfants sont à l'école. Si je ne suis pas rentré, appel ta sœur. » lui expliquai-je à la hâte

- « D'accord, appel moi quand tu as du nouveau. » répondit-elle presque endormie.

Je redescendis les marches et attrapai mes clés. Ma conduite d'ordinaire bien sportive était désormais carrément dangereuse. Quand enfin, j'atteignis les portes coulissantes des urgences, mon père m'accueillit le visage en larmes. Il me serra maladroitement dans ses bras.

« Où est-elle ? Que s'est-il passé ? » questionnais-je sur les nerfs

« Un accident de voiture, un type a grillé un feu rouge et l'a percuté. Elle est en salle d'opération depuis deux heures trente. Elle devait sortir il y a déjà un moment… »

« Où est Jane ? » m'enquis-je

« A la cafétéria, elle est affolée. » m'apprit mon père

« Je vais aller la voir, tu m'accompagnes ? »

« Non je préfère attendre les nouvelles… » balbutia-t'il

Je rejoignis d'un pas rapide la salle qui servait de cafétéria. Malgré la situation, je me souvins de la dernière fois où j'avais franchi cette porte. C'était il y a si peu de temps. Bella était avec moi, terrifiée à l'idée que je la quitte. Je frissonnai en me remémorant son visage anéanti.

J'entrais dans la pièce sans m'attarder sur les autres familles abattues, qui discutaient à voix basse. Je cherchais ma sœur qui se leva en m'apercevant, et accourut vers moi, soulagée. Nous nous consolâmes mutuellement durant quelques instants. Et quand je relevai la tête, je croisais son regard, ses grands yeux chocolat. J'eus l'impression de revenir quelques semaines plus tôt, de nouveau, nous étions tous les deux là, réunis au même endroit. Elle attrapa son sac et enfila son blouson, pendant que je relâchai ma sœur.

- « Jane, je vais te laisser maintenant que tu n'es plus seule. » intervint Bella

- « Non c'est moi…je pensais que tu étais seule, papa ne m'a pas prévenu. Je vous laisse, je vais le rejoindre. » dis-je

- « Il en est hors de question ! Vous allez arrêter tous les deux. Ma mère a eu un accident, et j'ai besoin de vous deux. De mon frère, et mon amie. Arrêter de vous comporter comme deux égoïstes. Vous pouvez supporter la présence l'un de l'autre il me semble. » s'énerva soudainement ma soeur.

« Tu as raison, excuse moi… » tenta Bella pour l'apaiser.

« Non c'est moi, j'ai besoin de vous vraiment. Alors faites un effort. Je sais que la situation est compliquée mais j'ai l'intention de continuer à vous voir tous les deux en même temps. Tu connais ma mère Bella...alors reste, pour elle, s'il te plait. » supplia-t'elle d'un ton apaisé

« D'accord, je reste là. » la réconforta Bella

Ma sœur se dirigea vers le fauteuil qu'elle avait précédemment quitté. Et Bella me lança un bref regard avant de la rejoindre. Je glissais ma main dans ma poche pour y récolter quelques pièces, et m'approchais de la machine. Je ne pouvais rien avaler, et pourtant j'attendis que la machine crache son liquide dans le gobelet. Cela retardait le moment où je rejoindrais Jane et...Bella. Je pris donc trois cafés et leur apporter.

- « Merci. » me soufflèrent-elles en chœur.

Je m'asseyais avec elles, et nous nous regardâmes sans rien dire durant quelques minutes. La tension était palpable.

- « Alec n'est pas là ? » m'étonnai-je

- « Je n'ai pas réussi à le joindre sur son téléphone, il doit être déchargé. J'ai laissé un message à la maison. »

« D'accord. »

Il se passa encore une dizaine de minutes de calme, puis mon père entra dans la salle. Je me relevai instinctivement, et Jane suivit mon mouvement par réflexe avant de se tourner vers lui. Bella attrapa sa main en signe de réconfort.

- « Votre mère est sortie, elle devrait se réveiller d'ici une heure. » nous informa-t'il

- « Merci seigneur ! » souffla ma sœur.

Un énorme poids se retira de mon estomac.

- « Ils autorisent une seule personne à attendre son réveil dans la chambre. »

- « Papa, tu n'as qu'à y aller. » proposa Jane

- « Non chérie, vas-y toi, je sais que tu en as besoin. » formula-t'il

Jane se tourna vers nous deux, et fit une grimace.

« Je ne pense pas que ce soit la meilleure solution…» rétorqua-t'elle

« Jane, ne t'en fais pas… » la rassura Bella

« Bon, merci, je vous préviens quand elle est réveillée. Bella je sais que tu dois diner avec ta mère et Ethan, si tu préfères y aller je comprendrais… » affirma Jane

« Non j'ai encore le temps, il est que 18h… » fit Bella en regardant sa montre. A cette phrase, mon coeur se contracta.

« Très bien, à toute à l'heure alors… »

« Viens ma puce, je te montre où c'est…Euh, je reviens. » ajouta mon père à notre adresse

Ma sœur s'éloigna suivit de mon père. Nous nous retrouvâmes seuls, et j'osais lui adresser un regard.

- « Je sors fumer une cigarette… »

« Je peux venir avec toi, je pense que ça me détendra… » m'invitai-je

« Si tu veux. » lacha Bella sans conviction

Elle m'emboita le pas, et je suivis plus tranquillement. Le temps s'était assombri, et Bella scrutait le ciel d'un air inquiet. Elle me tendit son paquet, et je pris une cigarette. La première bouffée me fit un bien fou. Nous restâmes là, à fumer nos cigarettes sans un mot, ce qui me tordait le cœur. Je savais que tout s'était joué ici-même, et j'avais l'impression que le bon Dieu s'amusait là-haut de cette situation.

- « Bella, je… »

- « Edward, je suis là pour ta mère, et ta sœur. Rien de plus… »

- « Je sais… » Répondis-je

Elle écrasa soudainement sa cigarette à moitié consumée, et s'éloigna rapidement vers le parking sans un mot. J'effectuai le même geste, et rentrai dans l'enceinte de l'hôpital. Mon père était dans la salle d'attente, je le rejoignis et m'assis près de lui.

- « Que se passe-t-il ? »

- « Rien, j'ai encore foiré. » annonçai-je

- « Où est Bella ? »

- « Je l'ai faite fuir, elle a du rentrer. » lui expliquai-je

- « Je vois… D'ailleurs à ce sujet, Edward, ta mère voulait te parler… » poursuivit-il

- « Moi aussi j'ai à lui parler…j'ai pris une décision mais ce n'est pas trop le moment… »

- « Tu as raison. » trancha-t'il

A ce moment, ma sœur apparut le sourire aux lèvres.

- « Elle est réveillé, elle demande à vous voir. » révéla-t'elle

- « Vas-y en premier papa. » lui dis-je

- « Tu es sûr ? »

- « Oui, t'en fais pas. » le rassurai-je

Mon père se releva pour rejoindre la chambre, tandis que ma sœur vint s'asseoir à mes cotés.

- « Où est Bella ? » m'apostropha Jane

- « Je crois qu'elle est partie, j'ai voulu lui parler… »

- « Tu lui as dit que tu voulais divorcer ? » m'interrompit-il

- « Non. »

Ma sœur posa son bras sur mon épaule. Sa silhouette fragile apparut alors dans l'embrasure de la porte.

- « Bella, tu n'es pas partie ? Mais tu es trempée…» souligna ma soeur.

En effet, il pleuvait désormais à Seattle.

- « Non, je t'ai promis de rester. J'avais juste besoin d'être seule, et vous d'être en famille… » jugea-t'elle

- « Merci… mon père est avec elle… »

- « Je pense que je vais y aller maintenant…j'ai ce stupide diner dans pas longtemps, et ma mère s'en va demain soir… je passerai voir ta mère quand elle se sentira mieux… » bredouilla-t'elle

- « D'accord, je te remercie Bella ! »

Jane prit Bella dans ses bras, et Alec apparut alors. Il se précipita vers ma sœur, qui relâcha Bella. Ils s'embrassèrent calmement. Alec qui était de nature distante, paraissant très inquiet sans pourtant être affolé. Il était l'extrême opposé de ma sœur. Bella s'éclipsa, tandis qu'il demandait des nouvelles à Jane. Nous attendîmes tous les trois, une vingtaine de minutes, avant que mon père ne vienne me proposer de rejoindre ma mère. En traversant le couloir, une sorte d'appréhension s'empara de moi. Je craignais de contrarier ma mère inutilement en lui avouant ma décision de divorcer, et je ne voulais d'un autre côté pas lui mentir quand elle me demanderait des nouvelles de ma famille. Je donnais trois petits coups secs à la porte, et entrais doucement. Une infirmière se trouvait dans la chambre, et m'adressa un sourire.

Je restai le long du mur en attendant, qu'elle eut fini et soit sortie, puis attrapais la chaise vide et l'approchais du lit de ma mère. Immédiatement, elle glissa sa main dans la mienne.

- « Edward » souffla-t'elle

- « Comment te sens-tu Maman ? » murmurai-je

- « Bien chérie, quelques points de suture, deux côtes cassés et un léger traumatisme crânien. Ils m'ont expliqué pour l'opération, mais je n'ai pas tout compris, ton père m'a dit que je m'en remettrai rapidement et sans grandes séquelles. » énuméra-t'elle

- « Bien, je suis content. Tu ne souffres pas trop… ? »

- « Non, je suis sous sédatif tout va bien. Ta sœur en aurait bien besoin d'ailleurs. » plaisanta-t'elle

- « Oui c'est vrai, mais Alec est arrivé, ça devrait aller. » l'informai-je

- « Où sont les enfants ? » questionna-t'elle

- « Irina est passée les chercher à l'école. »

- « Très bien… Edward écoute, j'ai reçu un appel de Renée… » m'annonça ma mère

- « Renée ? La mère de Bella ? » repris-je étonné

- « Oui, nous avons longuement parlé. Et je dois dire que cette femme est charmante, c'est un phénomène. »

- « Maman, je suis désolé…Elle n'aurait pas du t'embêter avec ça… » m'excusai-je

- « Non chéri, elle se comporte comme une mère…pour Bella mais aussi pour toi. Et j'ai compris que j'avais mal agi. Je ne t'ai même pas dit la vérité… »

- « La vérité à propos de ? » rétorquai-je

- « Moi… J'ai grandi sans père ça tu le sais. Mais il n'est pas mort, comme je te l'ai affirmé. Ta grand-mère : ma mère l'a quitté quand elle a appris ma venue, parce qu'il la battait et qu'elle ne supportait pas l'idée qu'un jour il puisse s'en prendre à moi. Et, même si c'était la meilleure solution j'en conviens, je lui en ai énormément voulu d'avoir fait cela. Je n'ai jamais connu mon père, et tu sais quelle vie j'ai mené avec elle, ce n'était pas toujours facile. Tout ça pour te dire, que j'ai eu peur quand tu m'as dit que tu voulais quitter ta femme, je crains les familles explosées, et je crains que tes enfants vivent cela. Mais j'ai compris grâce à Renée, que tu n'étais pas mon père, tu es quelqu'un de bien meilleur Edward. Et même si ce n'est pas la meilleure solution pour une famille, parfois c'est nécessaire. Tu es mon fils et je veux que tu sois heureux, peu importe le reste. Donc ne m'écoute pas, fais ta vie, et je serai là pour t'aider à assumer tes choix. » exposa-t'elle

- « Maman, tu ne peux pas savoir… »

- « Si je sais. Excuse-moi, Edward. Tu as perdu Bella par ma faute… » se lamenta-t'elle, quelques larmes roulèrent sur ses joues

- « Ne dis pas n'importe quoi…j'ai fait mes choix seuls, tu me connais, je suis buté… » confessai-je

- « Ta vie n'est pas finie mon ange, alors remet là sur les bons rails… »

- « J'en ai bien l'intention. » lui souris-je en me relevant pour l'embrasser précautionneusement.

Je restai quelques minutes de plus à ses côtés, puis m'éclipsais. En sortant de l'hôpital, pour la première fois depuis longtemps, j'eus une forte sensation de paix intérieure.


Voilà, le prochain chapitre sera publié très rapidement je l'espère ! En attendant, vos impressions et conseils pour la suite, je les ATTENDS !

Bisous les filles ! XOXO