Republication intégrale : petit coup de jeune et autres corrections ;)

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Disclaimer: La série ne m'appartient pas, tout comme ses personnages (c'est malheureusement pas un scoop). Je ne prétends pas écrire dans un but lucratif. Je me suis quand même bien amusée et je compte bien continuer comme ça ;)
C'est un tantinet AU, je ne respecte absolument pas le développement de la série. Un exemple: les personnages morts (ou autre) dans la série ne le sont pas chez moi (je les aimais tous, pfff:/) … J'ai modifié et adapté pas mal de choses (je pense que vous les verrez si vous connaissez bien le canon ;D)

Saison: Aucune, je fais ce que je veux :P

Pairing: Aucun. GEN.

Résumé: Jouer avec le temps est un exercice périlleux ... "Allié" et "Ennemi" sont des notions bien trop brumeuses et Julie devra plonger dans un passé sombre et houleux pour le découvrir.

Rating: T. Ne serait-ce que pour le langage, mais pas de quoi traumatiser vos petits frères et sœurs ;) .

Bonne lecture à ceux qui passent par ici ...


°°o°° Prologue °°o°°


« La guerre est un fruit de la dépravation des hommes ; c'est une maladie convulsive et violente du corps politique ; il n'est en santé, c'est-à-dire dans son état naturel, que lorsqu'il jouit de la paix. »

(Denis Diderot - 1713-1784)

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Terre, XXe siècle.

Courir ... Voilà tout ce qu'elle peut faire pour rester en vie. Désarmée, isolée, sans équipement et sans aucun point de chute, tout ce qui lui reste sont les muscles de ses jambes, douloureusement tendus.

A cette heure, les rues sont désertes, les habitants sont rentrés chez eux et n'en ressortiront pas avant le lendemain matin, ils n'en ont pas le droit. Pas un signe de vie ne subsiste hormis le bruit que font ses pieds nus claquant sur la route pavée, des battements sourd de son cœur cognant dans sa poitrine et son souffle saccadé.

Je devrais vraiment arrêter de fumer …

Elle eut soudainement envie de rire. L'angoisse lui faisait penser à n'importe quoi.

L'hiver se terminait à peine et son débardeur ne constituait qu'un mince rempart entre le froid mordant et sa peau hâlée. A dire vrai, le froid n'était pas sa principale préoccupation. Depuis combien de temps courrait-elle ? Dix minutes ? Une heure ? Elle n'en a pas la moindre idée, elle n'a conscience que du sol qui lui meurtrie les pieds, de sa multitude de tresses qui lui fouette le visage et de ses poursuivants. Tout avait été trop vite, elle n'avait pas réfléchis et avait foncé tête baissée, comme à son habitude.

C'est alors que la brûlure dans ses poumons devient insoutenable qu'elle stoppe devant le bâtiment officiel, rare source de lumière dans le quartier avec les quelques lanternes. Essoufflée, debout au beau milieu de la route, elle guette. Un bruit, un mouvement, une sensation à l'arrière de la nuque … Elle tente de calmer les battements de son cœur affolé et se concentre sur tous les signes qu'elle a appris à reconnaître au cours de sa carrière. Observant le bâtiment et les silhouettes qui en gardent la grille d'entrée, elle peste. Journée de merde !

Les silhouettes l'ont aperçue. Armes à la main, elles jaugent cette forme immobile sur la route, attendant, méfiantes, la suite des évènements. La sprinteuse entend un bruit dans son dos, perçoit du mouvement. Les fameux frissons dans sa nuque, ils sont là. Elle se retourne et aperçois les trois hommes qui l'ont prise en chasse, dont un ayant l'étoffe du leader, inquiétant avec son visage couvert de cicatrices, s'approchant lentement pensant avoir ferré le poisson.

Toujours essoufflée, davantage par l'angoisse que par l'effort à présent, elle tourne la tête vers la grille et les uniformes sinistres qui la gardent. Prise entre deux filets, elle fait un choix. Certes difficile.

Foutue pour foutue, de toute façon ! Advienne que pourra !

Le leader plante ses yeux dans ceux de la métisse. Cela fait des années qu'il essaye de les détruire, elle, son équipe et tous ceux avec qui elle travaillait. Même si elle n'était pas à l'origine de sa haine, restant secondaire à ses yeux, elle faisait partie de tout ce qu'il détestait. Elle était l'une des leurs. Ce soir, il en aurait au moins un. Il doit lire dans ses yeux car l'expression de son visage passe de la détermination à l'appréhension.

C'est au moment où la jeune femme bondit vers le bâtiment aux étendards rouge et blanc que l'homme fait signe à ses sbires de se jeter sur elle.

Elle n'a plus le choix, alors que l'ennemi s'approche dangereusement dans son dos, elle se jette vers un autre. Courant aussi vite qu'elle le peut, elle épuise ses dernières forces pour appeler à l'aide des individus auxquels elle n'aurait jamais pensé se frotter. Entendant les invectives de ses adversaires derrière elle, elle se met à hurler aux soldats devant elle :

« Ouvrez les grilles ! Je suis française ! Ouvrez les grilles ! »

Les gardiens, armes aux poings, ne comprennent pas. Voyant approcher à vive allure une femme, à la limite de l'hystérie, et trois hommes à ses trousses, ils sont plutôt prêts à tirer dans le tas plutôt qu'à jouer les chevaliers secourant la demoiselle en détresse ...

C'est pas le genre de la maison.

Encore quelque mètres et elle y serait, elle réitère : « S'il vous plaît ! Ouvrez la grille ! Hilfe ! »

Un des gardes à l'intérieur de la cour semble sortir de sa léthargie et se précipite, sans trop savoir pour quelle raison, vers la grille pour la déverrouiller. A l'instant où l'homme ouvre le portail, la jeune femme se jette littéralement au sol comme si elle essuyait des tirs nourris, s'écorchant un bras et le front contre les gravillons de la cour.

Elle reste un moment le nez dans les graviers avant qu'elle n'entende un « Halte ! » retentissant et les cliquetis caractéristiques de fusils que l'on charge. Elle se retourne sur le dos et, s'appuyant sur un coude, observe ses trois poursuivants bloqués de l'autre côté de la grille que l'on vient de refermer.

Ne sachant pas trop quoi faire, déconcertés, les soldats décident de maintenir leur attention sur les trois hommes armés qui avaient surgis dans le dos de cette femme les ayant appelés à l'aide. Alors que deux des chasseurs reculent et commencent à partir en signe de reddition, la suspicion des soldats se voit renforcée lorsque le leader s'adresse en anglais à la jeune femme.

« Ils vous relâcheront un jour, Capitaine. » Il est étrangement confiant, portant un demi-sourire relevant plus du rictus. « Ils ne vous garderont pas éternellement avec eux. » Et il fait volte-face sans un regard pour les gardes.

Décontenancé, l'homme qui a ouvert la grille toise Julie Coureau qui reprenait peu à peu ses esprits, le souffle court et les yeux braqués sur la rue désormais déserte où avaient précipitamment disparu Kolya et ses hommes, des soldats de la garnison sur les talons.
La jeune femme laisse retomber sa tête sur le sol, fermant les yeux, avant de sombrer.

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J'espère vous avoir accroché(e)s. N'hésitez pas à reviewer si vous voyez ce qui cloche, il faut pas hésiter à me le montrer (j'ai pas de béta, pour l'instant...)

Si ça vous a plu, je continue ;)

Lâchez-vous!