Encore merci pour vos reviews, les filles ! Vous êtes géniales, je m'éclate à chaque fois que je vous lis, ça vaut une bonne fic ;)) Bisou-nours, je vous adore !

Ma VIP, maintenant, lol :

KaylaSteinbeck: Huuu ... O.O tu fais peur, toi aussi ... lol Je ne suis pas de ce bord là, mademoiselle (pour l'instant en tout cas, j'ai que 22 ans après tout ... tout peut arriver, ptdr) Sinon, me doutais bien que ça te plairait ... Je sais vraiment pas pourquoi ! mdr ! Et ça continue, ici ;)) Amuse toi bien ! Et quant à ce que ça va devenir, tu verras bien ... héhé :p Moi aussi je l'aime bien Steven (y a des fois où il fait chier Sheppy et, ça, c'est rigolo, hihi). Mais pour les besoins de l'histoire, je lui donne pas le meilleur rôle, c'est vrai ... Oups :s lol Et cet exposé, ça a été ? ;) Racoooonnte ! *boulet* Pfff ... xD

Note: Je voudrais préciser une petite chose: pour le moment, c'est mignon tout plein nanani-nanana ... Bref, mais la fin de cette fic (épilogue compris) risque de ne pas être à la hauteur de certaines espérances *pas taper* ... Avant d'assassiner qui que ce soit: j'annonce d'emblée que j'ai commencé à écrire une fin alternative avec épilogue alternatif (le tout est purement ship) ;) Je la publierai une fois l'histoire finie :) Voili, voilou !

Je lui envoie en exclusivité par mail si l'une de vous m'écrit un slash ...

Non, sans rire, vous y avez cru ? *Lili roulée par terre* Hihihi ! Vous attendrez la fin de l'année ! Comme tout le monde ! Niark ! (Enfin, je crois que vous aurez tout ça d'ici Noël ... J'espère Oô)

Note2: Une info, comme ça, qui m'a faite rire ... Joe a tourné dans une série française (enfin Franco-britannique mais bon). Apparemment, ce serait passé sur France 4 (moi, pas avoir vu, pas au courant, vu ça sur Sg-fusion hier ... lol) Et ça me fait rigoler ... Bah, qu'est-ce qu'il y a, Flanny ? A pas de travail chez toi ? C'est la crise ? ... Ptdrrr !

Ce chapitre est encore assez long, navrée mais j'avais plein de chose à dire et faut bien faire avancer le schmilblick, hein ! lol Allez je vous laisse tranquille ;)

Bonne lecture !


°°o°° Chapitre XXIX °°o°°


Orbite de la Terre.

Dédale.

« 2012 … » Fit pensivement une voix masculine qui résonna dans le petit habitacle. « 2012 … » Répétait-elle, comme pour se convaincre, comme si adopter ce leitmotiv inscrirait l'information une bonne fois pour toute dans son esprit.

Julie observait Thomas qui s'était assis au bord du lit après avoir renfilé le bas de son uniforme, tripotant distraitement une des bretelles. La jeune femme avait longuement parlé avec son « ami » une fois qu'ils eurent déchargé toute la tension qui les pressait. Coureau sentit une douce chaleur envahir ses reins à ce souvenir ...

Si Thomas avait mis plus ou moins de temps -davantage plus que moins- pour lui répondre, n'étant pas le moins du monde accoutumé à se faire agresser par une femme -non, vraiment, l'éducation était bien différente chez lui-, il s'était néanmoins vite repris pour accéder à la demande plus qu'évidente de la jeune métisse. Avec enthousiasme, qui plus est ... (1)

Un sourire niais revint s'installer sur ses lèvres sans intention aucune de s'y déloger. Et tout aussi rapidement, elle secoua la tête pour se remettre les idées en place.

Bref, elle avait parlé, beaucoup, mais n'avait pas eu le choix. Elle revoyait le regard suppliant de l'homme alors qu'il était penché sur elle et qu'il l'appelait à lui offrir sa foi … Julie avait craqué.

Et elle avait tout balancé, d'une seule traite, sans s'arrêter.

« 2012 … » Entendit-elle encore. Ce murmure se poursuivait depuis cinq longues minutes.

Le flot de paroles discontinues de la jeune femme avait donné le tournis au Commandant. Elle s'était saisie de son IPhone, resté dans sa veste qu'il lui avait vivement retirée deux heures plus tôt, pour appuyer ses dires à l'aide de photos et d'extraits de reportages téléchargés ...

IPhone que l'officier avait tripoté pendant un long quart d'heure, fasciné, sous les yeux amusés et attendris de Julie.

Mais pour le moment, Heinrich restait figé au bord du lit, les yeux dans le vague à tenter de se convaincre qu'il n'avait pas sombré dans la folie en imaginant tout cela. De là où elle était, Coureau aurait pu croire que son ami était devenu catatonique …

Elle ferma les yeux et soupira. Elle devait arrêter de le considérer comme un ami. Ils ne l'étaient plus … Depuis deux heures.

Julie se mordit la lèvre puis, prenant son courage à deux mains, rouvrit les yeux pour les poser sur son … Amant.

Voilà, pas si difficile que cela, finalement. Ce que tu peux être neuneu, ma pauv' fille !

Comment je fais, maintenant ?

Tu te démerdes !

Merci … Sympa …

Julie grimaça. Elle avait la désagréable sensation de devenir dingue. Elle n'avait aucune idée de comment elle allait pouvoir cacher le fait qu'elle eût un peu trop papoté. Pas question que ses supérieurs fussent mis au parfum. Elle avait encore une possibilité de sauver Thomas et de le renvoyer sur Terre -muni de faux papiers- pour qu'il ait une chance de s'en sortir …

Cette idée ne lui plaisait pas plus qu'à son supérieur ... Mais pas pour les mêmes raisons.

Le Capitaine gardait encore l'espoir de persuader le Colonel Caldwell, encore réticent, de lui lâcher la grappe.

« Comment est-il ? »

Elle sursauta et sortit de sa torpeur en reportant son attention sur l'objet de ses pensées. Celui-ci avait tourné la tête vers elle mais ne la regardait pas, les yeux fixés au sol. Il était visiblement parvenu à recouvrer ses esprits.

Julie en fut quelque peu soulagée, elle ne tenait pas à expliquer à Caldwell et Sheppard pourquoi leur prisonnier s'était changé en légume …

« De … ? » Fit d'une petite voix la jeune métisse en se redressant sur le lit, s'enroulant dans le drap.

« Le monde … » Souffla le jeune homme en plantant ses yeux dans ceux de sa compagne qui déglutit.

La Française haussa les sourcils et comprit tout de suite, l'Allemand s'interrogeait sur le futur de leur chère planète bleue. Elle retint un rire amer …

Que répondre ? La Terre est devenue un merveilleux monde de paix, les habitants vivant d'amour et d'eau fraiche ?

M'ouais, la bonne blague … Put … Chiotte, question à la con aussi !

Coureau soupira en se mordant la lèvre puis se lança, espérant avoir trouvé les mots justes.

« Il est différent. »

Avant de se rendre compte qu'elle s'adressait à un adulte. Un soldat de surcroit, un officier qui avait vécu et qui n'avait nul besoin qu'on le protège.

« Il ne s'est pas vraiment amélioré mais il a changé. » Ajouta-t-elle après réflexion.

Elle vit qu'il la sondait avant d'hocher la tête. La réponse semblait le contenter … Et Julie espérait, de tout façon, qu'il en découvrirait plus par lui-même dans l'avenir ... sur place. Thomas la sortit une fois de plus de sa rêverie.

« Et mon pays ? »

La jeune métisse sourit, elle l'avait vue venir, cette question. Elle se frotta les yeux et se racla la gorge.

« C'est une démocratie et un pays allié et partenaire. Il fait aussi partie de l'Union Européenne, je t'en ai parlé … »

« Union Européenne … » Répéta-t-il pensivement.

A dire vrai, il avait encore du mal à réaliser ce qu'il entendait, à croire ce que son amie lui racontait malgré la toute foi qu'il lui portait.

« Une démocratie ? » Fit-il, prenant enfin conscience de ce qu'il avait entendu.

Et pour la première fois depuis la dernière demi-heure, il sourit.

« Yep. »

Souriant timidement, la jeune femme caressa le dos nu, s'émerveillant au passage des muscles qui frémissaient sous ses doigts. Tiens, bonjour, la cicatrice ... Je t'ai pas vue, tout à l'heure.

Les doigts poursuivaient leur promenade. Coucou, la nuque ... Salut, les petits cheveux ... Huhu, hop, un frisson ! Julie gloussa et son sourire niais revint au galop.

Celui de Thomas s'élargit.

Un soupir, puis ...

L'Allemand passa une main dans ses cheveux courts et aborda ce qui le préoccupait le plus depuis le début de cette discussion, chassant momentanément l'ange qui passait dans le coin.

« Cette guerre ... Qui la gagne ? » Demanda-t-il, anxieux.

Haussement de sourcil de Coureau.

« D'après toi ? » Fit Julie en souriant, énigmatique, et lui prit la main. « Base-toi sur ce que je viens de te dire. »

« On a perdu, c'est ça ? »

« Ils ont perdu, Tom ... Toi, t'as gagné. »

Le sourire qui atteignait les yeux de son propriétaire réchauffa le cœur du Capitaine et elle raffermit sa prise sur ses doigts.

« Tu n'as plus qu'un an à tenir (2), à partir du moment où les Alliés débarquent ... » Elle suspendit sa phrase avant d'enchaîner, toutes dents dehors. « ... D'ici trois mois ! »

Et sans qu'elle puisse réagir, elle se retrouva avec deux lèvres collées aux siennes. Julie apprécia la marque de reconnaissance et, n'ayant certainement pas l'intention de refuser des remerciements -d'autant qu'il était impoli de décliner une telle attention, surtout venant d'un ami- elle approfondit l'étreinte en posant une main sur la nuque de l'ami susmentionné ...

Grumpf, « amant » ! Merde, alors ! J'vais y arriver, oui ou bouse ?

Julie se sentit devenir totalement guimauve tandis que le baiser se faisait langoureux, s'intensifiant, elle fondait sur place ... Avant de gémir de contentement.

Incroyable, ce type avait le don de la rendre complètement chamallow ... Elle, la terre-à-terre par excellence, rejetant toute forme de romantisme désuet, désespérément pragmatique. Personne n'avait réussi à lui faire ressentir ça, auparavant ... Personne n'avait jamais réussi à lui coller ce sourire niais et stupide sur le visage.

Jusqu'à aujourd'hui ...

Thomas Heinrich avait des super-pouvoirs ... Julie haussa un sourcils en pouffant contre les lèvres de son compagnon. Heureusement, le superhéros ne se rendit compte de rien.

Et tout aussi rapidement, elle se sentit libre. Thomas s'était détaché et fixait maintenant un point invisible sur le matelas, pensif. La jeune métisse en profita pour lui caresser la joue du bout des doigts avant de redessiner le contour de ses lèvres. Un ange repassait ...

C'est ce moment que choisit une déflagration assourdie pour interrompre cet instant de sérénité. Julie remarqua les yeux inquiets de Thomas.

« Humpf, il est pas passé loin, celui-là ! » Fit-elle dans une tentative d'humour.

Coureau se rendit compte de son échec en voyant le regard circonspect de son compagnon.

« Le combat à l'extérieur ... On est en sécurité ici. » Assura-t-elle. « Le Dédale est protégé. »

Il haussa un sourcil et rit nerveusement en hochant la tête. Bah, bien sûr, c'était si évident ... Il se demandait s'il arriverait un jour à digérer tout ce qu'il entendait.

« Écoute Tom, je … »

« Comment avez-vous fait ça ? » Coupa-t-il en se reprenant et devant la mine perplexe de Julie, il se fit plus précis. « Pour venir ici, enfin … maintenant ? »

« Hu … Je … J'en sais rien. » Hasarda-t-elle, prise au dépourvu. « Enfin, si, j'ai une idée mais … C'est pas mon domaine, tu vois ? C'est le genre de truc un peu trop scientifique pour moi et j'y comprends rien … »

« Tu crois que quelqu'un, sur ce … vaisseau, peut m'expliquer ? »

Oho, danger.

« Non ! »

Heinrich sursauta, surpris par la véhémence de sa compagne. Julie posa une main apaisante sur son bras et soupira.

« Écoute, j'aimerais que ça ne s'ébruite pas. T'es pas sensé savoir tout ça et … »

« Qu'est-ce que tu risques, exactement ? »

« Mon poste, Tom. Ou la prison … Tout ça après la cour martiale, forcément. Et toi … »

Julie s'interrompit, hésitante.

« Moi, quoi ? » Entendit-elle.

Après tout, pourquoi pas ? Autant qu'il sache à quoi s'en tenir. La jeune femme prit la décision de rester honnête, une fois n'était pas coutume …

« Toi aussi. » Il l'interrogea du regard. « Tu serais réduit sous silence … Peut-être enfermé quelque part. J'ai déjà vu ça. Un journaliste américain a fouiné un peu trop de notre côté et leur gouvernement … A pris des mesures. » Conclut-elle en grimaçant. « Et il en savait moins que toi. » (3)

Thomas fronça les sourcils et sembla saisir ce que Julie voulait lui faire comprendre. Et il comprenait tout à fait mais il se demandait tout de même si son cas à lui ne pouvait pas être traité différemment.

« Laisse tomber ... » Reprit Julie, comme lisant dans ses pensées. « Je … Il faut que j'y aille. Je dois revoir mon supérieur pour, hu … Enfin, tu sais. »

Un hochement de tête évasif lui répondit. Toutes les informations qu'il avait emmagasinées étaient un peu trop pour lui et il était encore un peu sous le choc.

« Tu vas rentrer chez toi, je te le jure. » Poursuivit la jeune femme avec aplomb, ignorant le tumulte qui s'était emparé de son amant. « Caldwell ne te garderas pas longtemps. »

Ou je lui pète les dents à cette vieille bique !

Coureau secoua la tête pour rassembler ses esprits. Elle sortit du lit et, en deux temps trois mouvements, revêtit son treillis. Elle revint ensuite vers lui, s'accroupit et le prit par les épaules.

« Je vais te sortir de là. »

« Je sais. »

Le ton confiant du Commandant la rassura, son cerveau ne l'avait apparemment pas abandonné. Il répondit à son étreinte alors qu'elle l'enlaçait.

« Fais attention à toi. » Lui souffla-t-il à l'oreille.

« Mmh … Et toi, fais pas de vague. »

« Natürlich, (4) je serai sage. » Répondit-il dans une tentative d'humour.

Elle apprécia l'attention et sentit effectivement l'atmosphère se détendre légèrement. Elle allait sortir mais se ravisa et plongea sa main dans la poche de sa veste.

« Tiens ... » Fit-elle en lui déposant son téléphone dans les mains. « Amuses-toi bien. »

Il fixait l'item d'un œil dubitatif lorsque Julie déposa un léger baiser sur ses lèvres. Elle ne lui laissa pas le temps de répondre et sortit de la cabine.

Une fois dehors, elle s'adossa à la porte refermée en poussant un profond soupir. Elle allait s'entretenir avec Sheppard pour débriefer leur sortie mais avant cela, elle avait quelque chose à faire. Quelqu'un à voir … Le Capitaine espérait sincèrement convaincre le Colonel Caldwell de relâcher Thomas.

En cas d'échec, elle avait un plan et elle devait y travailler …

O

Depuis dix minutes elle trottinait dans le couloir, derrière Steven Caldwell qui ne daignait pas lui accorder un instant d'attention. Julie allait péter les plombs ... Au lieu de cela, il passait ce temps à la rabrouer, campant sur sa position.

« Mon Colonel, s'il vous plaît ! »

Excédé, il stoppa net et fit volte-face. Il avait d'autres priorités ... Il se rendait dans la salle principale lorsque sa subordonnée lui avait sauté dessus.

« Vous ne deviez pas débriefer avec Sheppard avant de repartir, Capitaine ? »

Essoufflée, la jeune femme parvint à sa hauteur.

« Mon Colonel, je vous en prie, réfléchissez à ce que je vous demande. »

« Je ne peux renvoyer ni Heinrich, ni Gärtner sur Terre. Il y a un protocole à respecter, Capitaine. »

« On peut les emmener sur Atlantis ! » Fit-elle précipitamment. « On a bien fait ça pour les Athosiens ... C'est la même chose et ... »

« Non. Et vous le savez aussi bien que moi. Les circonstances ne sont pas les mêmes et le Commandant n'a pas les qualifications nécessaires pour intégrer l'expédition ... Et je ne parle même pas du gamin. »

Julie ouvrit la bouche pour rétorquer mais se ravisa, aucun son ne parvenant à franchir ses lèvres. Elle n'avait pas pris cette donnée en compte. C'est alors qu'elle se rendit compte que son argument ne tenait pas, elle en avait déjà vu qui avait intégré la cité sans les « qualifications » citées par son supérieur ...

Elle se mordit la lèvre en fermant les yeux, cherchant une solution, tandis que le Colonel tournait déjà les talons.

Le combat avec le vaisseau Ruche avait repris depuis qu'ils étaient revenus et Steven avait autre chose à penser, d'autant qu'il ...

« Teyla Emmagan non plus n'était pas sensée avoir les qualifications nécessaires, Monsieur. » Lança sèchement Coureau, dans son dos.

Il soupira bruyamment et asséna sa réponse sans se retourner.

« Ce que vous n'avez pas l'air de saisir, Capitaine, c'est que ça ne dépend plus de moi. » Bah, voyons. « C'est au CIS de régler cette question, vous n'y pouvez rien. »

Il tourna légèrement la tête et conclut, stoïque.

« Je suis désolé. » Débita-t-il rapidement, pour la forme.

Avant de reprendre sa marche vive vers son poste en salle de contrôle, marquant ainsi la fin de la conversation.

Alors que l'Américain s'éloignait, la jeune métisse pesta intérieurement. Elle passa une main rageuse dans ses tresses, manquant d'en arracher une ou deux, et poussa un profond soupir.

Très bien, elle avait échoué. Tournant les talons, elle prit la direction des quartiers de son équipe.

Julie savait ce qu'elle avait à faire.

O

« Juju, il faut que je te dise un tr ... Hu, qu'est-ce que tu fais ? »

Dans sa cabine, penchée au dessus d'un sac sur son lit, Julie se redressa vivement en se retournant vers son meilleur ami.

Meilleur ami qui n'avait pas pris la peine de s'annoncer avant d'entrer. Même si c'était une habitude, Coureau pinça tout de même les lèvres, agacée.

« Rien ! Et toi ? » Fit-elle en relevant le menton.

« Hu ... » Johann fronça les sourcils avant de loucher sur le lit. « C'est pas mon sac, ça ? »

Les mains sur les hanches, Julie y jeta un rapide coup d'œil avant de se gratter la tête.

« Si ... C'est ... Ton sac. » Elle hocha la tête. « Laisse tomber. Tu voulais quoi ? »

« Tu fais quoi avec mon sac ? »

« Johann. »

« Tu me diras ce que tu fais, après ? »

« Oui. Abrèges, s'il te plaît. »

Steinbeck plissa les yeux, suspicieux, puis s'avança dans la pièce. Il s'assit au bord du lit.

« Déjà, Sheppard et Caldwell acceptent qu'on emmène Alexander avec nous. C'est surtout Sheppard qui a accepté ... »

« Hu ... Il a accepté, comme ça ? » Julie fronça les sourcils, plus que perplexe.

« Oui, mais on ne doit pas le lâcher. On doit le ramener ... A côté de ça, le gosse a été plutôt convainquant, je dois l'admettre. En plus, d'après lui, il connait très bien le terrain et les sous-terrains qu'on a découverts ... » Il vit son équipière hausser les sourcils. « Il est allé y faire un tour à son arrivée dans le pays. Il s'était paumé, a trouvé l'entrée du bunker et en a fait le tour. Je te dis ça, cette histoire date de ... »

« Johann, la suite. » Interrompit Julie pour couper court.

« Hum, ah oui ! Le Colonel te cherche partout, aussi. T'as oublié le débriefing ... »

« Oui, bah, j'arrive. »

Elle le vit se mordre les lèvres, soudainement anxieux, et elle lui intima de conclure.

« J'ai discuté de Thomas avec Andrea, elle a appris quelque chose dans nos archives. »

Julie ouvrit la bouche pour rétorquer mais ne dit rien. Elle se radoucit et hocha la tête, intriguée et un peu inquiète, tandis qu'il poursuivait.

« Il a eu chaud ... Si on n'avait pas été avec lui, aujourd'hui ... »

« Johann, s'il te plaît ! » S'impatienta le Capitaine.

« Il était prévu qu'il soit déporté ... » Sa supérieure blêmit brusquement. « Le 23 Mars ... »

La jeune métisse atterrit lourdement aux côtés de Johann, après avoir récupéré un teint de peau caucasien.

« Dans ... Dans deux semaines ? » Souffla Julie d'une voix blanche.

Johann acquiesça, moins pour confirmer que pour la forme. Ils étaient tous les deux conscients de ce qu'ils venaient de changer, à côté de quoi ils étaient passés. Son Lieutenant avait raison, s'ils n'avaient pas été là, s'ils n'avaient pas remonté le temps, si Kolya n'avait pas eu cette idée tordue d'invasion ...

Coureau en eut froid dans le dos.

« Me ... Merci, Jo'. Hu ... » La jeune métisse déglutit en tentant de chasser les images qu'elle avait pu voir dans sa jeunesse, chaque déporté portant le visage décharné de Thomas dans son esprit. « Je ... Hum, écoute, donnes-moi cinq minutes. Dis ... Dis au Colonel Sheppard que j'arrive. Je ... J'en ai pas pour longtemps. »

Steinbeck posa une main rassurante sur son épaule et elle hocha la tête, reconnaissante. Il ferait ce qu'elle lui demandait, il lui laisserait un moment pour se reprendre. Mais avant ...

« Juju, qu'est-ce que tu faisais ? »

Celle-ci souffla avant de relever les yeux vers lui. Pouvait-elle se le permettre ? Johann était son meilleur ami, ils s'étaient toujours tout dit ... Elle avait une confiance aveugle en son équipier.

« Je cherchais tes faux papiers ... »

Elle le vit esquisser un sourire.

« Je les ai laissés dans ma cabine ... » Il se mordit la lèvre inférieure. « Je les passerai à Heinrich, en chemin. »

Julie écarquilla les yeux ... Elle ne lui avait pourtant encore rien confié.

« Mais comment ... ? »

Il l'interrompit d'un doigt sur les lèvres avant de lui passer une main sur l'arrière du crâne, l'attirant à lui, et l'embrassa sur le front.

« Fais ce que tu as à faire. » Un clin d'œil et un sourire. « A tout à l'heure. »

Il ne lui laissa pas le temps de répondre quoi que ce fût et sortit de l'habitacle. Coureau, encore estomaquée, réagit trop tard. Puis, réalisant que son ami était déjà sorti, elle se laissa retomber sur le lit en se frottant les yeux.

Elle avait son lot de surprises pour la journée et elle était franchement épuisée. Dire qu'elle devrait remettre cela dans quelques heures ... Une seule, avec sa chance.

Pour le moment, elle devait s'organiser ... Et trouver le moyen d'extraire Thomas du Dédale.

OoO

(1) Vous n'avez plus qu'à prier pour que Juju ne se fasse pas raser la tête à la Libération ... Collaboration horizontale, ça coûtait cher ^^ (bon, d'accord, c'est pas drôle) *Lili est déjà sortie*

(2) On oublie pas que la fin de la guerre pour nous autres, européens, est marquée par la reddition allemande le 8 mai 1945 ... Ça s'est pas fait à la zobe, aussitôt nos p'tits copains débarqués en 44. Ils en ont chié avant que ça se finisse :s Mais bon, je pense (j'espère ?) que tout le monde le sait ;)

(3) Bah, oui, c'est comme ça que ça se passe dans la vraie vie ... N'en déplaise au monde merveilleux des bisounours des producteurs de Stargate. :p

(4) « Naturellement », « Bien sûr » ou « Bien entendu » (au choix, c'est free-style)

J'ai des partiels dans la semaines, c'est pourquoi je poste aujourd'hui ;) Sur ce, je vous dis à la semaine prochaine !