Salut tout le monde !

Bon voilà, j'ai écrit cette fiction au départ pour m'amuser (et surtout pour éviter de réviser) et seulement ensuite, j'ai décidé de la publier, d'abord sur un autre site où il n'y avait pas encore de fanfic du point de vue de Peeta. Et puis, pas mal de monde semble avoir apprécié sur ce site-là, du coup je me suis dit, "pourquoi pas la publier ici aussi, même si les fic sur Peeta, il y en a déjà pas mal ?"

Et me voilà donc avec une fic toute neuve pour vous ! J'espère que vous allez aimer, que vous trouverez que je suis fidèle au caractère de Peeta. C'est un personnage que j'aime énormément, et je sais que beaucoup de monde l'aime autant que moi, alors j'espère franchement que vous trouverez que je retranscris bien ses pensées et ses émotions ! :D Sinon, je serais trop triste ouin ouin !

(Bon j'arrête de raconter ma vie et je vous laisse lire un peu !)

Bonne lecture en tout cas, j'espère de tout coeur que vous allez aimer !


Chapitre 1

- Primrose Everdeen !

Ce n'est pas elle. Ce n'est pas elle. Ce n'est pas elle. Je dois me répéter une dizaine de fois ces mots avant de me rendre compte de l'horreur de la situation. Non, ce n'est pas elle. C'est sa sœur. Un murmure de colère parcourt la foule. Mon regard survole l'océan de visage et tombe sur celui de cette petite fille de douze ans dont le nom vient d'être tiré au sort. Les gamines de son âge s'écartent pour lui laisser le passage. Je tourne la tête presque sans m'en rendre compte et mes yeux la trouvent d'eux-mêmes. Elle est là, aussi belle et sérieuse que d'habitude. Ses sourcils sont froncés, elle est immobile, hébétée, je la vois chercher son souffle. Elle tressaille, perd l'équilibre, et un garçon de la Veine l'agrippe par le bras pour l'empêcher de tomber.

Ses yeux couleur orage s'agitent, et je peux presque deviner ses pensées. Une erreur, ça ne peut être qu'une erreur. J'imagine que cette petite fille n'a jamais pris un seul tesserae de sa vie, sa sœur le lui interdisant. Son nom ne doit être inscrit qu'une fois, sur un unique bout de papier parmi des centaines, des milliers d'autres. C'est tout bonnement impossible. Le sort lui était plus que favorable, elle avait bien moins de risques de se faire tirer au sort que la plupart des autres filles. Mais ça n'a fait aucune différence.

La fillette s'avance vers l'estrade, pâle, les poings crispés. Je lis la peur sur son visage. Des Pacificateurs l'encadrent, comme s'ils craignaient qu'elle ne s'enfuit. Je baisse la tête, la gorge nouée. Les Hunger Games ont depuis toujours ce caractère injuste, mais ici l'injustice est à son plus haut point. Cette petite fille ne mérite pas de mourir. Aucun des enfants de Panem ne le mérite. Pourtant, c'est la même chose chaque année, et vingt-trois d'entre nous meurent, s'entre-tuant pour le simple bon plaisir du Capitole.

Un cri me fait relever la tête. Cette voix... C'est sa voix. Étranglée, mais par quoi, le chagrin, la colère ? Je tourne les yeux vers elle. Ses poings sont serrés, son regard fou. Tout comme pour sa sœur, les autres s'écartent, formant un passage jusqu'à l'estrade. Elle s'avance d'un pas incertain, criant le surnom de cette petite fille qu'apprécie tant mon père, pour son sourire et sa gentillesse, pour son fromage de chèvre qu'elle lui garde à chaque fois pour lui échanger contre un ou plusieurs pains. Cette petite fille, pâle et tremblante, appelée à participer aux Jeux de la Faim, appelée à y trouver rien d'autre que la mort.

- Prim !

Des Pacificateurs l'interceptent et essayent de lui faire regagner sa place, mais elle se débat, hurlant toujours le nom de sa sœur. La colère fourmille en moi. Qu'ils la lâchent ! Ils n'ont aucun droit de la toucher. J'aimerais leur hurler de la laisser tranquille, mais je préfère m'abstenir, histoire de ne pas terminer par me faire fouetter en place publique. Non, je me mens à moi-même, ce n'est pas pour cette raison que je ne dis rien, n'esquisse même pas un geste envers elle, alors que Gale Hawthorne le fait bien, lui. Il se fraye un chemin parmi les autres, s'approche sans que personne ne parvienne à le retenir. Ses yeux sont fixés sur Katniss, qui se débat pour échapper aux mains des Pacificateurs. Je serre les dents, furieux. Je ne suis rien qu'un lâche, c'est aussi simple que ça. Un pauvre lâche même pas capable de venir au secours de la fille qu'il aime depuis des années. Je me déteste pour cette lâcheté, je me hais comme je n'ai jamais haï personne de toute ma vie. Je pourrais, je devrais...

Me coupant dans ma réflexion, Katniss Everdeen crie soudain les mots les plus atroces que j'ai entendu en seize années d'existence :

- Je me porte volontaire ! Je me porte volontaire comme tribut.

Mon cœur tombe dans ma poitrine. C'est impossible. J'ai mal entendu. J'en suis sûr, car elle ne peut pas avoir véritablement dit ça. Elle ne peut tout simplement pas. Les Pacificateurs se consultent du regard et la réalité me coupe le souffle. Elle les a dit, elle les a bien dits, ces quelques mots que personne n'ose jamais prononcer, même lorsque quelqu'un qu'on aime est tiré au sort. Pourquoi, pourquoi une chose pareille a-t-elle le droit d'arriver ? J'observe, horrifié, les Pacificateurs lâcher Katniss. Ainsi, c'est vrai. Jamais ils n'auraient fait une chose pareille si elle ne s'était pas portée volontaire, je le ressens au fond de moi comme une certitude inébranlable et tranchante d'horreur. Katniss se précipite vers sa sœur. J'entends vaguement Effie Trinket s'exclamer avec un enthousiasme débordant qu'il semble que nous ayons là une volontaire, et mes mâchoires se crispent de fureur. Je vois Katniss s'agenouiller devant la fillette, l'entends lui ordonner d'aller retrouver leur mère. Prim hurle, Gale Hawthorne s'approche d'elle et l'arrache à sa sœur, l'emportant au fond, là où sont parqués les parents. Les cris de Prim sont atroces, mais je n'ai d'yeux que pour Katniss. Katniss.

La jeune fille se redresse et, tête haute, s'avance vers l'estrade où l'attend Effie Trinket. Quatre Pacificateurs l'encadrent jusqu'aux marches. Elle les grimpe avec raideur, la femme du Capitole l'accueille à bras ouverts, la guide jusqu'au micro.

- Eh bien, comment t'appelles-tu ?

- Katniss Everdeen.

- Oh ! Je parie mon chapeau que c'était ta petite sœur, n'est-ce pas ?

- Oui...

Sa voix est comme irréelle, elle semble perdue, son visage est crispé. Mes épaules s'affaissent, je songe que ça ne pourrait pas être pire. Katniss Everdeen, cet être qui m'est si cher, depuis le jour où j'ai posé les yeux sur elle, n'a pas été tirée au sort pour participer aux Hunger Games. Non, c'est pire que ça. Elle s'est portée volontaire. Volontaire pour mourir. Non ! Je secoue la tête. Pas volontaire pour mourir. Volontaire pour sauver sa petite sœur. C'est un acte désespéré, un acte noble qu'elle a fait là. Je ne dois pas lui en vouloir pour une chose pareille. Je devrais, au contraire, l'admirer d'autant plus.

Sauf que je lui en veux vraiment. Car je ne veux pas la voir mourir. Pas comme ça.

Effie Trinket demande à la foule d'applaudir bien fort notre toute première volontaire, mais c'est le silence qui lui répond. Un ange passe, puis soudain, une personne, deux, dix, portent trois doigts de la main gauche à leurs lèvres avant de les tendre dans sa direction. La direction de Katniss. J'exécute le geste, à l'instar du reste de la foule, mais mon estomac est douloureusement noué. Je connais la signification de ce signe. Il est souvent utilisé dans les funérailles. Pour dire adieu à quelqu'un qu'on aime, quelqu'un qu'on remercie, quelqu'un qu'on admire.

Quelque chose change, imperceptiblement, dans l'attitude de Katniss. Elle plisse les yeux, semble se détendre une seconde. Puis Haymitch Abernathy, le mentor des tributs du Douze depuis qu'il a gagné les 50ème Hunger Games, choisit cet instant pour se manifester. Il est complètement saoul, comme d'habitude. Il se précipite sur Katniss, l'attrape par les épaules en braillant :

- Regardez-la ! Regardez cette fille ! Elle me plaît ! Elle a des... des tripes ! Plus que vous ! Plus que vous !

Il la lâche, s'avance vers le bord de l'estrade, pointe un doigt tremblant de colère vers la caméra. Il est fou. Je secoue la tête. Voilà qu'il insulte le Capitole maintenant. Mes poings se crispent à la pensée qu'un acte comme celui-ci ne peut qu'être promesse de mauvaises nouvelles. Les représailles du Capitole ne mettent jamais longtemps à se manifester, c'est bien connu. Pourtant, le hasard – ou peut-être l'alcool – sauve bientôt la mise à tout le monde. Alors qu'il ouvre la bouche pour ajouter quelque chose, Haymitch perd soudain l'équilibre et dégringole de l'estrade. Il s'écrase sur le sol, assommé, et des Pacificateurs s'empressent de l'évacuer sur une civière. J'entends presque le rire de tout le Capitole suite à cet incident.

Mais je ne ris pas. Aucun de nous ne le fait. Je porte de nouveau mon regard sur Katniss. Elle semble avoir repris son assurance habituelle, paraît même s'ennuyer. Elle est incroyable. Je secoue de nouveau la tête, impressionné, malheureux, désespéré. La voir mourir serait vraiment une chose atroce. Effie toussote presque nerveusement et tente de détendre l'atmosphère de sa voix aiguë et désagréable :

- Quelle journée incroyable ! Mais nous n'en avons pas terminé ! Il est temps de choisir notre tribut masculin !

Mon cœur se crispe douloureusement dans ma poitrine. J'inspire doucement, la gorge nouée. Je n'ai pas le temps de prier qu'Effie tire déjà un morceau de papier dans la boule à droite et s'empresse de regagner le podium, perchée sur ses talons hauts. Elle le déplie, ouvre la bouche. Je songe « Pas moi », et le nom du tiré au sort franchit les lèvres barbouillées de rose de la femme :

- Peeta Mellark !

C'est moi. Je n'en crois pas mes oreilles. Je tourne la tête vers mes voisins, comme si je m'attendais à voir quelqu'un d'autre s'avancer. Ils me dévisagent tous. Ces visages familiers. Certains d'eux sont des amis. Des garçons avec qui je bavarde et je joue, avec qui je m'entends plus ou moins bien, avec qui je passe mes journées entières. D'autres me sont pratiquement inconnus. Ils viennent de la Veine, le quartier pauvre du district. Je les ai déjà aperçus, mais jamais je ne leur ai parlé. Un monde me sépare d'eux, à présent, qu'ils soient amis ou non. Il n'y a aucune trace de sympathie dans aucun des regards que je croise. Juste du soulagement. Car ils n'ont pas été tiré au sort. Mon estomac fait des siennes, j'ai l'impression que je vais vomir le peu que j'ai pu avaler au déjeuner.

Au lieu de quoi, j'inspire de nouveau et me dirige comme dans un rêve – un cauchemar – vers l'estrade, encadré par quatre Pacificateurs. Je grimpe les marches, ces marches que Katniss a monté, cinq minutes plus tôt. Katniss. Je n'arrive pas à y croire. Il y a erreur, il y a forcément erreur. J'essaye de me convaincre que je me suis trompé de date. Qu'aujourd'hui n'est pas le jour de la Moisson, que c'est simplement... tout, sauf le jour de la Moisson. Que j'ai été désigné pour autre chose, quelque chose dont je peux m'estimer heureux. Et Katniss aussi. Mais j'ai beau être naïf depuis toujours, je ne parviens pas à m'en persuader. Car je sais que c'est faux. Katniss et moi avons été choisi pour participer aux 74èmes Hunger Games. Nous allons être emmenés au Capitole, tout comme vingt-deux autres enfants âgés de douze à dix-huit ans, pour y apprendre des techniques de survie. Puis nous nous entretuerons, sous les yeux de tout Panem, pour rappeler aux habitants la toute-puissance du Capitole, pour leur rappeler qu'ils n'ont aucune chance de s'en défaire, pour leur rappeler qu'une rébellion serait inutile.

J'arrive enfin en haut des marches, m'avance sur l'estrade, me place à droite d'Effie. Son costume est encore plus atroce de près. Mes yeux me picotent, je n'arrive pas à savoir si c'est à cause du rose trop vif de la robe de cette femme, ou bien autre chose. Je n'ai pas le temps d'y réfléchir vraiment qu'elle demande s'il y a des volontaires. Avant même qu'elle ne termine sa phrase, je sais qu'il n'y en aura pas. Je croise le regard de Jayk, mon frère, et celui-ci baisse la tête. Il ne le fera pas. Il ne se portera pas volontaire pour moi. Personne, hormis Katniss, n'aurait le courage de faire ce genre de chose. La dévotion familiale a ses limites, elle les montrent le jour de la Moisson. J'ai l'impression que je pourrais lui en vouloir, mais étrangement, je n'y arrive même pas. L'incrédulité, mais surtout cette peur sourde qui m'envahit peu à peu, barrent la route à toutes les autres émotions.

Après une minute d'attente insupportable, Effie hausse les épaules et fait place au maire pour qu'il lise le long traité de la Trahison, comme il le fait chaque année. Je n'entends pas un traître mot de ce qu'il dit. Mes yeux restent fixés sans le voir sur un coin du building d'en face, mes oreilles semblent fermées à toutes paroles. Mais mon esprit, lui, fonctionne à merveille. Il vogue à toute allure sur des eaux tumultueuses, terrifiantes, cruelles. J'ai eu tort, tout à l'heure, en songeant qu'il ne pouvait rien y avoir de pire que Katniss se portant volontaire. En fin de compte, la réalité est bien pire. Jamais je n'aurais pu songer à une chose pareille. Plus j'y réfléchis, et plus l'envie de m'effondrer se renforce en moi. Mais je tiens bon. Ce serait véritablement stupide, de montrer la moindre trace de faiblesse. Katniss et moi sommes des tributs maintenant. Il n'y a plus de place pour ça dans notre vie raccourcie. Je sais qu'elle pense la même chose. Katniss est forte, elle l'a toujours été. Elle ne défaillira pas, je le sais parfaitement. Alors je n'ai pas intérêt à le faire. Sinon... Je n'ose même pas imaginer les conséquences.

Enfin, le maire achève son interminable traité de la Trahison, et Effie Trinket nous fait signe de nous serrer la main. Mon cœur s'affole à cette idée. Je me tourne vers Katniss et nous nous retrouvons face à face. Ses yeux orageux me fixent avec intensité. Nos mains se croisent. La sienne paraît minuscule et fragile dans la mienne. Je sais que c'est faux, qu'elle est loin, très loin, d'être fragile. Je m'efforce de la regarder droit dans les yeux, ce qui en soit est un soulagement, depuis le temps que j'ai envie de croiser son regard plus que quelques secondes. Nos mains en contact me paraissent loin, comme si ces doigts qui serraient ceux de Katniss n'étaient pas les miens. Des fourmillements parcourent ma peau, j'ai peur de rougir. Rapidement cependant – trop rapidement à mon goût – nos mains se séparent de nouveau, et nous nous retournons vers la foule tandis que retentit l'hymne de Panem.

Une peur sourde m'envahit. Qu'adviendra-t-il si, au milieu de l'arène, nos routes se croisent, nous forçant à nous affronter l'un l'autre ? « Elle me tuera, me dis-je avec fermeté. Elle fera vite, je le sais. Elle est assez humaine pour ça. » Car je sais que, pour ma part, je serais tout à fait incapable de lui infliger le moindre mal. Je l'aime trop pour ça.


Alors, qu'en avez-vous pensé ? Dites-moi tout ! :)

La suite d'ici peu, en fait j'ai déjà écris les quinze premiers chapitres, donc on a de la marge ! ;)

Bises, à bientôt !