Bonjour tout le monde!

Voilà mon nouveau chapitre tout beau tout neuf!

Il est plutôt long, pour un de mes chapitres et j'aime tout particulièrement la citation de début, je vous l'avouerai :3

Merci à tous ceux qui ont posté des reviews, favorisé ou qui followent cette story, et merci tout particulièrement à YourDarkRose pour le soutien qu'elle me témoigne!

Enjoy!

Gwen


Nom: The Slytherin Lioness

Résumé: "Elle était la Reine des Serdaigle, leur phare dans la nuit. Elle était la soeur des Serpentard, une des leurs malgré tout. Et elle était sous la protection des Maraudeurs, Tigresse parmi les Lions. Elle était toi et moi."

Attention: Cette fic est aussi ancrée dans les romans que possible mais j'avais besoin de Lucius et Narcissa et à vrai dire, tous les Mangemorts, donc Lucius est à Poudlard en même année que Lily, James et Severus!

Disclaimer: Rien n'est à moi (sauf Roslynne, Katharina et Gab évidemment!) tout appartient à la magnifique J.K Rowling que je remercie de tout mon coeur!

Prochain update: Aux alentours du 31 mai


Chapter 26 : Emptiness

« Elle se souvenait du vide qui s'était ouvert devant elle lorsque Jilano l'avait libérée de ses chaînes.

Un vide terrible.

Vertigineux.

Effrayant.

Indispensable.

Il n'y a pas d'envol sans vide.

Elle s'était effondrée en larmes dans les bras de Jilano. Salim éclata de rire.

Un rire immense et tourbillonnant. Vie et exaltation.

Bras levés au-dessus de la tête, il tournoya un instant avant de se laisser tomber dans la neige.

Avant de presser son visage contre les jambes d'Ellana.

Avant de se mettre à pleurer. »

Ellana : la Prophétie (Le Pacte des Marchombres), Pierre Bottero

Midi sonna dans notre Manoir. La demeure agitée se tut et j'entendis monter la plainte des elfes de maison. Il était en effet de coutume, chez les sorciers français, de faire s'élever une plainte funèbre à l'annonce de la mort d'un ami de la famille. Ces plaintes, souvent chantées par les serviteurs, avaient pour but d'accompagner la douleur de la famille. Et je craignais que cette lamentation dure jusqu'à ce que Lucius ne vienne m'annoncer la mort de sa femme.

Sa mort. Mon cœur se serra et je sentis la nausée m'envahir. M'éloignant du journal, je me dirigeais vers la porte. Je ne savais que faire, je ne voulais plus entendre les voix plaintives. Malheureusement, je n'avais plus de baguette depuis mon enlèvement et c'était la première fois que je ressentais l'envie -et le besoin- d'utiliser ma magie. Cela faisait pourtant des années que je n'avais pas touché, ni utilisé une baguette magique. J'étais devenue une Moldue. Le plus simple sort de silence me paraissait désormais presque irréalisable. Surtout sans ma baguette.

Résignée à supporter la déchirante complainte de nos elfes, je m'installai de nouveau à mon bureau et repris ma plume. Je n'avais que peu avancé dans mon récit. C'était pathétique de l'écrire mais j'avais le sentiment que je ne pourrai jamais conter mon histoire de vive-voix. Et je voulais figer sur le papier la vérité. La cruauté, le mépris et la violence des Gryffondor, traités comme des saints, et la douceur de certains Serpentard que l'on prétendait cruels et dangereux. Or, jamais Severus ou Lucius ne m'auraient fait de mal volontairement.

Personne n'alla déjeuner ce midi-là, mon père refusait de me voir, ce qui ne me surprenait -ni ne me chagrinait- guère. Même Abraxas s'était montré plus gentil avec moi que mon père. Abraxas avait peut-être torturé son fils, mais au moins avait-il aussi pris le temps de lui inculquer quelques valeurs. Mon père ne s'était pas donné cette peine. Il m'avait toujours ou plus ou moins ignorée, laissant la basse tâche de m'éduquer à ma mère et à mes nourrices. Celles-ci m'avaient confié sa déception quant à l'impossibilité d'avoir un héritier mâle. Ma mère avait manqué de mourir en me donnant le jour et n'avait jamais pu donner à mon père un successeur. Le nom mourrait avec lui, ou avec moi si je ne me mariais pas. Ma mère, quant à elle, avait boudé le repas de midi pour rejoindre une de ces stupides réunions d'aristocrates puristes « de bonnes familles » autour d'une tasse de thé. Un événement qui tournerait, cette fois-ci, autour de mon retour.

Je reniflai de dépit. Nous aurions un thé avec Severus vers dix-sept heures, et je devais me préparer, il ne tarderait pas à arriver. Mes mains tremblaient à cause de mon anxiété. Cela faisait déjà plus de quatre heures que Lucius était aux côtés de son Maître, à regarder la femme qu'il aimait mourir. Quatre heures. Le Lord devait donner à Lucius une leçon et un avertissement. Je voulais tellement voir mon cousin passer le pas de ma porte, pouvoir le prendre dans mes bras. Peut-être me haïssait-il mais je demeurais la personne qui le connaissait le mieux, celle qui avait toujours pansé ses blessures. J'avais toujours été la seule autorisée à les voir. Je savais également être la seule à avoir essuyé ses larmes depuis que ses parents l'avaient jugé trop vieux pour pleurer, plus de dix ans auparavant. En tout cas, telle était la situation avant mon départ. Il était probable que depuis, il se soit confié à Severus, mais j'étais certaine qu'il viendrait vers moi après cette ultime épreuve.

Repoussant ses sombres pensées, je me changeai. Il n'était après tout, pas correct pour une Lady de recevoir un invité dans une tenue décontractée. Ce matin-là, je n'avais pas eu le temps de m'inquiéter de ma tenue mais j'avais eu tout l'après-midi pour me préparer. Ma mère ne me pardonnerait pas un faux-pas en société, fusse-t-elle aussi réduite que le serait notre groupe. Il était peu probable que nous soyons plus de quatre. Et encore, si mon père daignait nous accorder sa présence.

J'avais opté pour une longue robe sobre, d'un vert profond. Cette robe avait un petit côté médiéval qui correspondait aux standards de ma mère. Elle aimait que l'on s'habille comme ces dames dont les portraits s'alignaient sur les murs. Ce code vestimentaire, qui ne s'appliquait qu'au sein de notre demeure, avait fait rire Lucius plus d'une fois. Il m'avait toujours répété qu'au moins, je n'avais pas à porter de corset. Je fus heureuse de constater que cette robe cachait la plupart de mes blessures. Nul n'avait pris soin de les soigner mais je soupçonnais les elfes d'avoir guéri mes blessures pendant la nuit. Cela ne signifiait pas pour autant que les marques ou que la douleur s'étaient en allées, juste que je pouvais me servir de mon corps presque normalement.

Je descendis dans le salon, dix minutes avant que Severus n'arrive. Ma mère et mon père s'y trouvaient déjà et j'attendis, sur le canapé face d'eux, l'arrivée de mon ami. Je ne savais même plus si je pouvais l'appeler ainsi, étant donné ma trahison. Mes mains n'avaient pas cessé de trembler et ma mère me jetait des regards pour le moins perplexe. Les elfes n'avaient toujours pas cessé de chanter et, impatiente, ma mère lança un sort de silence.

« Agaçant, n'est-il pas ? » Demanda-t-elle d'un ton hautain.

« Mais conforme à la tradition. » Répondit mon père d'un ton sans appel.

Nous attendîmes encore quelques minutes avant que Severus n'apparaisse dans la pièce. Les flammes devinrent vertes et il sortit de la cheminée comme s'il avait fait cela toute sa vie. Il balaya la cendre qui avait osé s'accrocher à sa cape avant de se tourner vers nous. Malgré son élégante tenue, sa posture assurée et son visage calme, je pouvais voir qu'il se sentait hagard. Son regard d'onyx parcourait nerveusement la pièce et ne se posait pas.

Nous nous levâmes pour l'accueillir et a mère, selon la tradition, fut la première à s'adresser à lui. « Entrez, cher Severus. » Fit-elle en le prenant par le bras et en le menant vers un des fauteuils. « Installez-vous. Désirez-vous un thé ? »

Mon ami la regarda avec un air d'incompréhension mais entreprit néanmoins de lui répondre. « Merci, Madame, mais l'heure est bien trop sombre, je ne peux rien avaler. »

Mon père s'installa et le fixa, un sourcil levé. « Jeune homme, vous vous laissez bien facilement déborder. » Ricana-t-il, son accent français encore prononcé malgré les années qu'il avait passées à parler anglais. « Amélia, fait nous apporter du thé. À nous tous. Il n'est nulle raison de se lamenter aujourd'hui, la justice est rendue. »

Severus me lança un regard alarmé. Sa douleur et sa colère reflétaient les miennes et d'un sourire triste, je lui indiquais la marche à suivre. Mon père nous mettait tous à l'épreuve. Ma mère, en lui donnant des ordres en société, et nous deux en évoquant avec légèreté le destin de Katharina. Jusqu'ici, rien ne semblait inhabituel.

Un elfe apparut et posa un plateau sur la table. On y trouvait du thé et des tasses mais aussi des scones, du pain perdu et ce qui ressemblait fort à une tarte aux pommes. Mon père congédia l'elfe à la surprise générale et me fit signe de servir la collation. Nul n'était dupe. Il instaurait sa domination sur l'assemblée et son sourire narquois indiquait qu'il se moquait de moi et des tremblements qui me saisissaient.

Une fois que j'eus servi le thé sans heurt, il prit la parole. « Je crois que si ma femme vous a invité ici, jeune homme, c'était avant tout pour des raisons pratiques. Nous voulons savoir ce qu'il s'est passé Roslynne. Nous ne tolérerons aucune dérobade, aucun mensonge, aucun oubli. Il est plus que malheureux que Lucius ne puisse être avec nous, il aurait également pu compléter ton histoire. Raconte-nous tout. »

Je déglutis. De mes qualités d'actrice dépendaient la survie de Lucius et de Severus, je n'avais pas le droit à l'erreur. D'une traite je leur racontais l'histoire que Le Seigneur des Ténèbres avait forgé. Je savais qu'elle laissait de nombreuses questions sans réponses, et lorsque je me tus, je vis très clairement que ni ma mère, ni Severus ne m'avaient crue. Mon père, lui, semblait blasé.

« Sois heureuse que le Lord Noir t'ait pardonné ta traîtrise. » Déclara-t-il d'un ton glacial. « En ce qui me concerne, et en ce qui concerne la famille, tu n'es plus rien. Je ne peux te jeter dehors puisque tu es consignée ici sous les ordres du Maître mais je ne désire pas fréquenter une Traîtresse à son Sang. Tu mangeras désormais dans ta chambre. Ta cheminée sera reliée au réseau. En aucun cas tu ne t'adresseras à ta mère ou à moi. Tes quartiers seront agrandis et comprendront demain tout le nécessaire pour que tu vives en autonomie. Quand tu auras le droit de circuler, je compte sur toi pour quitter les lieux. Je ne te retirerai pas mon nom, il est, de toute manière, voué à la ruine. Adieu ma fille, nul n'est plus heureux que celui qui se défait des boulets qu'il a aux pieds. » Il s'en alla d'un pas majestueux.

Étrangement, aucune douleur ne m'envahit. Ses mots, pourtant durs, ne m'atteignirent pas. Dès ma naissance, mon père avait cherché des raisons de m'évincer de sa vue, de m'abandonner dans l'espoir que la tâche que je formais sur son arbre généalogique disparaisse. Ma mère et Severus me lancèrent des regards inquiets que j'ignorai. Quand mon père fut sortit de la pièce, je me mis à rire, sans pouvoir m'arrêter.

« C'est de MES chaînes que tu me débarrasses, pas des tiennes, Père ! » Ricanai-je.

« Roslynne ! » Me réprimanda sèchement ma mère. « Il n'est pas convenable de répondre ainsi au chef de cette famille. »

Sa voix mourut et elle commença à tordre ses mains. Elle se leva et se mit à arpenter la pièce . Elle semblait déchirée entre sa volonté et les convenances. J'eus un ricanement méprisant. Ma mère, si elle était aimante, était avant tout une dame du monde. Une femme sans réelle consistance, sans opinion, sans volonté. Elle était à peine moins pathétique qu'un Elfe de Maison.

« Je refuse d'abandonner ma fille. » Souffla-t-elle et je perçus à peine ses mots tant son murmure était étouffé. « Je n'ai plus le droit de te parler. » fit-elle en pâlissant. « Mais rien ne m'empêche de t'écrire ou de t'aider en silence. »

Sur ces mots, elle me fit un clin d'œil, tourna les taons et s'enfuit du salon, me laissant seule avec un Severus qui semblait blasé et qui n'avait pas cessé de me fixer depuis le début de la rencontre. Il haussa un sourcil lorsqu'il réalisa que je fuyais son regard avec obstination. Il se leva, me prit la main et m'emmena jusqu'à ma chambre, me faisant signe de me taire.

Je l'observais du coin de l'œil. Peu de choses avaient changé depuis mon départ. Il avait un peu grandi et son corps, plus fin et plus gracieux, me faisait penser à celui d'un félin. Son teint revêtait des nuances jaunâtres malsaines mais au moins, il n'était plus pâle comme la mort. Severus balaya ses cheveux de jais d'un geste impatient, dévoilant son visage. Ses traits demeuraient trop acérés, son nez trop proéminent pour qu'il puisse être qualifié de beau. Et pourtant, la courbe de ses lèvres m'avait plus d'une fois passionnée. C'était cette assurance arrogante qu'il dégageait, la fluidité de ses mouvements et la lumière au fond de ses yeux sombres qui m'avaient toujours séduite.

Je m'aperçus un peu tard que nous étions arrêté et que mon ami me fixait, un air vaguement amusé plaqué sur son visage. « Tu apprécies la vue ? »

Je rougis. « Désolée, j'étais perdue dans mes pensées. »

« T'a-t-on déjà dit que tu mentais très mal, Rose ? » Me demanda-t-il.

Je savais qu'il faisait allusion à tout à l'heure. « Je fais de mon mieux, en tout cas.. »

Il me fit entrer dans ma chambre et son mouvement brusque réveilla toutes les douleurs qui sommeillaient en moi. Je laissai échapper un cri à travers mes dents. Il ferma la porte, sortit sa baguette et dressa une immense bulle de silence entre la pièce où nous nous trouvions et le reste du Manoir.

Il fit ensuite volte face et son regard m'étudia. « Alors ? D'où sors-tu ce tissu de mensonges ? Errer pendant trois ans, sans but ? Attaquée par des Moldus et, comme par hasard enfermée dans les cachots du Manoir ? De qui te moques-tu, Roslynne ? Comment peux-tu même IMAGINER que personne n'allait remettre en cause ton conte de fée ? Crois-tu que j'ignore que le Seigneur des Ténèbres te considère comme une Traîtresse à ton sang ? »

Je me détournais. « Severus, tout s'est passé tel que je l'ai dit. »

« Comment peux-tu me mentir alors que j'ai remué ciel et terre pour te retrouver ? » Rugit-il en me prenant par les épaules pour que je lui fasse face.

« Mais je ne voulais pas que vous me retrouviez ! » Beuglai-je à mon tour. « Justement, je vous avais rien demandé d'autre que la solitude ! Je ne voulais pas être mêlée à tout ça ! »

« Et t'as pensé à ce que nous on voulait ? » Demanda Severus d'une voix soudainement basse.

« Je me suis dit que vous seriez mieux sans moi. » Répondis-je en haussant les épaules. « Et j'avais besoin d'air. »

« Toi, toi et encore toi ! » Pesta le Serpentard. « Jamais tu n'as pensé à ceux qui t'aimaient. Tu nous as dépourvus de tous nos sentiments. Nous sommes des humains pas des objets, Roslynne, et tu le saurais si tu n'étais pas murée dans ton égoïsme ! »

« Alors qu'est ce que tu fais encore là ? » Lui demandai-je. « Si mon égoïsme te révulse, va voir ailleurs ! Je ne comprends pas ce que tu fais encore ici ! J'ai compris, crois-moi, que ma fuite était stupide, irréfléchie, égoïste et qu'elle vous avait coûté votre liberté. C'est bon. Excuse-moi »

« Oh non. » Grogna Severus. « Non, je ne t'excuse pas ! Je ne suis pas un jouet Roslynne. Tu nous as blessé, Lucius, Kath et moi. Et tu sais le pire ? Le soir du mariage de Lucius, à la table d'honneur, à sa droite, il y avait une place vide. Une place étiquetée à ton nom. Ton absence nous a pesé. »

« Ma présence le faisait également, je ne vois pas de différences. »

« Et c'est là que tu te trompes. » Son regard m'implorait de le comprendre. « Ta présence était une joie ! Tu étais notre amie et nous avions tous besoin de toi, par Merlin ! J'avais besoin de toi. »

Cette fois-ci, ce fut lui qui se retourna et mon cœur se serra. J'étais là, plantée au milieu de ma chambre. J'avais son dos au premier plan et j'entendis clairement un juron. Severus ne pleurait pas. Jamais. Mais s'il avait dû pleurer, un jour dans sa vie, ça aurait été celui-là. Intimidée et coupable, je fis le tour pour être face à lui. Je me mis à caresser sa joue tendrement.

« Je suis désolée Severus, vraiment. Je ne voulais pas vous faire de mal... » Ma voix se brisa et je l'enlaçai, cachant ma honte contre son torse.

Il hésita l'espace de quelques instants avant de refermer ses bras autour de moi et d'enfouir son visage dans mes cheveux. Je tentais de ne pas gémir de douleur, mes blessures étaient toutes compressées dans cette étreinte étouffante. Il ne me vint cependant pas à l'idée de m'enfuir ou de briser ce moment. Il était la clé de mon amitié avec Severus, de son soutien.

Il me laissa partir avec un sourire forcé. « Au moins tu es ici maintenant. Et je ne te laisserai plus jamais quitter ma vue, je te le promets. »

« Et Lucius ? »

« Lucius te hait. » Déclara Severus. « Mais pas pour longtemps. Il sait que tu n'es pas la cause de la mort de Kath... » Il se racla la gorge. « Il lui faut juste du temps. »

« Nous n'en avons peut-être pas Severus. » Fis-je, paniquée. « Le Seigneur des Ténèbres est très remonté contre moi, contre nous. Je crains qu'il ne nous fasse du mal... »

Severus m'attira de nouveau contre lui et un silence s'installa. Je me contentais de sentir son doux parfum de menthe et d'apprécier la chaleur qui irradiait de lui. Blottie là, je me sentais protégée, et ce malgré la souffrance physique.

Je décidai de briser le silence. « Tout à l'heure tu as dit que tu vais besoin de moi... »

« Et ? » Sa voix de velours me fit frissonner.

« Tu le pensais ? » Demandai-je d'une toute petite voix hésitante.

« De toute évidence. » Répondit-il sur le même ton.

Je m'écartais afin de mieux sonder son regard et je ne pus y trouver que de la douceur et de la sincérité. Il y avait, au fond de ses yeux, un aveu silencieux. Ses sentiments n'avaient guère changés depuis trois ans. Je plantai alors, sur ses lèvres, un léger baiser. Il se pencha pour m'embrasser à son tour.

Ce fut alors que ma porte s'ouvrit et nous nous tournâmes pour faire face à l'intrus.

« Katharina est morte. » Déclara Lucius, visiblement anéanti, avant de s'écrouler à genoux.