Note de l'auteur : Bonjour à tous ! Voici ma première fanfic Drarry, en espérant qu'il vous plaira !

Avertissement : Je tiens à préciser que cette histoire contient du slash, de l'automutilation et un lemon. Vous êtes prévenu !

Disclaimer : Personnages d'après J.K. Rowling.

Bêta-Reader : Chipuliara ! (Merci ^^)

Bonne lecture :)


Chapitre 1

« LE SURVIVANT A DISPARU.

Alors que le Lord Noir a été anéanti et que le monde des sorciers vit enfin en paix, il semblerait qu'Harry Potter ait disparu. Rumeur ou vérité ? »

Draco Malfoy referma la Gazette du Sorcier en soupirant. Il était au courant que Potter s'était envolé. Il en était douloureusement conscient depuis la fin de la guerre. Où avait-il bien pu passer ? Et que devenait-il ?

Il laissa échapper un deuxième soupir. Pourquoi le brun avait-il tout abandonné sans laisser de trace ?

Draco en avait marre, cela faisait huit mois que personne n'avait vu le Survivant et il s'inquiétait… oui, il s'inquiétait, lui, Draco Malfoy. Un an auparavant jamais il n'aurait imaginé ressentir ça pour quelqu'un d'autre que lui. Il avait bien changé.

Il prit la tasse de café qui refroidissait à vue d'œil. Complètement insipide. Pourquoi était-il ici d'abord ? Ah, oui, il avait rendez-vous. Il avait presque oublié. Il oubliait souvent ces derniers temps. Beaucoup trop souvent à son goût.

Il tourna et retourna la tasse tiède entre ses longs doigts pâles, Draco savait qu'il ne tiendrait pas longtemps dans ce café Moldu. Complètement parano, il avait l'impression que tout le monde le regardait, le fixait et le dévisageait. Il détestait cette impression.

Depuis qu'il avait changé de camp juste avant la guerre, il se trouvait en haut de la liste des personnes à tuer pour les Mangemorts qui n'avaient pas périt. Par conséquent, il effectuait de petites missions sans grande importance pour le compte de Dumbledore et passait le plus clair de son temps à se cacher. Son parrain lui avait fourni une maison qui se trouvait juste à côté de l'habitation de la Belette et Grangie. Ce qui lui permettait d'avoir l'aide d'un Auror en toutes circonstances. Il avait ainsi deux fois plus de chances de vivre jusqu'à ce que le dernier mage noir finisse derrière les barreaux d'Azkaban.

Depuis quelques temps cependant, la situation était bien calme. Severus ne lui avait rien ordonné de concret alors Draco faisait des allers-retours entre Poudlard et le Ministère, proposait son aide quand il le pouvait. Il voulait se racheter. Racheter l'honneur de sa famille, aussi. Effacer ses erreurs passées.

Il sursauta reversant du café sur la Gazette quand on s'assit en face de lui. Draco n'avait même pas remarqué qu'un client était entré dans le bar. Niveau survie, il y avait mieux. N'importe qui voulant sa mort aurait pu arriver, lancer un sort et il serait mort. Vite fait bien fait.

T'es vraiment con, pensa-t-il. N'était-il même plus capable d'assurer ses arrières dans un lieu Moldu ? Vraiment pathétique.

Après s'être giflé mentalement une nouvelle fois, il regarda son parrain. Avec ces cheveux noirs mi-longs, son teint cireux et son habituelle cape noire, Severus n'avait pas sa place dans le lieu où ils se trouvaient. Et pourtant, personne ne le regardait de travers. Surement un sort de dissimulation.

Draco sentit ses épaules se détendre un peu. Maintenant qu'il n'était plus seul, il était plus rassuré.

-Bonjour Severus, salua-t-il avec un petit hochement de tête.

-Draco, comment vas-tu ?

Ils ne s'étaient pas vus depuis de longs mois, ils essayaient de garder de la distance pour se protéger mutuellement. Son parrain ne lui manquait pas plus que ça, mais Draco était quand même heureux de le voir aujourd'hui.

-Ça va. Et toi ?

Il hésitait toujours à poser la question parce qu'il savait que le professeur n'aimait pas ce genre de question. Mais après tout, qui les aimait ?

-C'est Dumbledore qui m'envoie.

Pas de réponse mais au fond Draco n'en attendait pas. Lui non plus n'aimait pas parler de son état d'esprit, il se forçait juste à réciter les banalités comme la plupart des gens. Tout le monde avait mal vécu la guerre mais personne n'osait en parler explicitement.

-Crabbe et Nott se sont échappés d'Azkaban.

Le silence qui suivit cette révélation fit autant de bruit qu'une bombe. Draco eut du mal à déglutir normalement. Crabbe et Nott les pères respectifs de Vincent Crabbe et de Théodore Nott, tous les deux morts pendant la guerre. En partie à cause de lui.

Si les deux Mangemorts s'étaient vraiment échappés, il était un homme mort. Ils voudraient se venger. Tous les deux étaient des Sang-Purs qui n'abandonneraient pas avant que Draco se retrouve six pieds sous terre.

Discrètement, Draco regarda tous les clients présents dans le bar avec son visage complètement fermé. Il paniquait mais personne n'avait à le savoir.

Un Malfoy ne paniquait pas. Enfin, un Malfoy ne montrait pas qu'il paniquait.

Rien d'anormal dans les parages sauf peut-être une brève lueur d'inquiétude dans le regard sombre de son parrain.

-Que dois-je faire ? demanda Draco dans un souffle.

-Rentre chez toi, enferme-toi à clé, protège la maison et sors le moins possible.

Rien que ça. Draco n'aimait pas rester cloitré comme une misérable termite sans rien faire. Surtout qu'il se doutait que cette situation ne durerait pas quelques jours. Cela se compterait plus en mois.

En voyant le regard interrogateur de son parrain, il hocha une fois la tête et se leva.

-Je te tiens au courant, Draco.

-A bientôt Severus.

La tête haute, le regard bien droit, un visage impassible et légèrement froid, Draco traversa la salle. Il lança des regards glacés à ceux qui osaient suivre sa traversée.

Dans la rue, il ne prit pas la peine de s'arrêter. Il observa les alentours, puis transplana dans la rue devant chez lui. Il frissonna, l'air du soir se faisait sentir à travers son pull en cachemire.

Avant d'ouvrir sa porte, il jeta un rapide coup d'œil vers la maison Weasley. Une lumière artificielle sortait des fenêtres du premier étage. Des ombres se dessinaient. Deux silhouettes qui s'embrassaient doucement et tendrement puis qui s'éloignaient vers ce qui devait être le lit.

Enervé, il ouvrit précipitamment la porte, la claqua et sortit sa baguette. Il lança un Salveo maleficia puis Repello Moldum et enfin un sortilège d'Anticatimini. On ne savait jamais, il valait mieux mettre toutes les chances de son côté.

Draco se déshabilla prestement et enfila un pyjama en satin vert. Il se glissa ensuite dans son lit froid, serra contre lui sa baguette et tenta de dormir.

Mais l'image de la Belette aimer la Grangie l'empêcha de sombrer tranquillement. Lui aussi aurait aimé compter pour quelqu'un. Pouvoir dormir aux côtés d'une personne qu'il l'aimerait vraiment. Il sentit ses yeux le piquer mais il ravala ses larmes.

Un Malfoy ne pleurait pas. Surtout pas pour ça. Pour lui.

Après tout, il était parti.

Draco enfonça son visage dans l'oreiller soyeux. Il devait arrêter de penser, de ressentir et d'espérer. Huit mois étaient passés, il devait l'oublier.

XOXOXOXOXOXO

Harry poussa la porte de son pitoyable appartement du plat de sa main puis la referma avec le pied. Il ne prit pas la peine de la fermer à clé, il n'y avait de toute façon pas de serrure. Il passa devant la cuisine, s'arrêta et fronça les sourcils. Avait-il faim ?

Non. Cela faisait plusieurs mois qu'il ne mangeait plus rien. Son ventre ne prenait même plus la peine de gargouiller. Il lança son blouson marron sur une pauvre chaise qui trainait par là. Harry sortit une tasse, l'observa, haussa les épaules. Elle semblait sale mais qu'importait, au final elle serait sale.

Le liquide brunâtre coula dans la tasse sans qu'un seul petit nuage de chaleur ne s'en échappe. Le café était froid mais il n'avait ni le courage de le réchauffer, ni l'envie. Dans un tiroir il trouva son tube de vitamine dont il avala difficilement deux cachets.

Il ferma un instant les yeux. Il était tellement fatigué, tellement épuisé, tellement… Il se sentait si seul.

Le soupir qu'il poussa résonna dans l'appartement vide. En prenant la thermos froide de caféine et sa tasse, il passa dans la pièce d'à côté. Il se laissa tomber dans le canapé qui émit une protestation. Sous les coussins, Harry trouva la télécommande.

La télé s'alluma sur un talk-show. Les rires préenregistrés, les commentaires fastidieux du commentateur et les histoires à dormir debout l'ennuyèrent vite. De toute manière, tout l'ennuyait ces derniers temps.

Il porta la tasse à ses lèvres. Vide. Déjà ? Il n'avait même pas remarqué. Il se reversa une lape de caféine puis but. Encore et encore.

Il était si fatigué mais il ne devait pas dormir. Il ne pouvait pas. Le réveil digital posé sur une table dans un coin sombre de l'appartement affichait trois heures. Trois heures ? Trois heures… Dans quatre heures, il devrait se lever et aller au travail. Encore. Comme tous les jours.

Dormir… il en rêvait. Dormir tranquillement sans rêve, sans cauchemar, sans peur. Rien que dormir. Mais il ne pouvait pas. Il avait trop peur. Trop mal.

Quelle journée de merde ! Son patron lui avait pris la tête comme d'habitude, la pluie n'avait pas cessé de tomber, le froid était de retour et il était sur les nerfs.

Harry passa une main tremblante sur ses yeux qui le piquaient. Il se sentait… vide. A bout de force, il se dirigea vers la salle de bain. L'eau froide sur sa nuque et son visage lui fit du bien. Sur le rebord du lavabo, la lame de rasoir l'attendait. Dans une tentation insoutenable après une journée comme celle-ci.

Il délirait complètement. Une lame de pouvait pas l'appeler, le tenter. Et pourtant… Il tendit le bras et le poids insignifiant de la lame pesa lourd dans sa main vacillante.

L'ex-Gryffondor savait qu'il devait arrêter. Mais il n'y arrivait pas, il en avait besoin. La lame sur l'avant bras, il ferma les yeux et trancha d'un coup net. Le sang commença à couler doucement. La douleur éveilla quelque chose en lui, elle lui faisait se sentir vivant. Oui, vivant. Ça faisait du bien, mais ça ne durait pas. Jamais.

Sans prendre la peine de nettoyer le liquide écarlate qui maculait le sol, il pressa une serviette déjà tachée sur la plaie. Histoire que le saignement s'arrête. Un frisson le parcourut. Il aimait ce mélange de douleur et de liberté.

Il prit bien soin de ne pas se regarder dans le miroir, il savait qu'il faisait peur à voir. D'un pas las, il parcouru le chemin jusqu'à son lit, s'y laissa tomber lourdement, appuya sur le réveil pour qu'il sonne et sans se déshabiller essaya de dormir.

Il ne tiendrait pas longtemps à ce rythme-là, il le savait. Il avait besoin d'aide aussi mais ça il n'en avait pas le droit. Pas après tout ce qu'il avait provoqué. Il méritait cette vie infernale. Il ne pouvait pas être heureux, pas depuis qu'il s'était enfermé dans ce puits sans fond rempli de ténèbres et de sang.

Pourquoi avait-il fait ça ?

Parce que la guerre l'avait détruit comme tant d'autre.

Ses paupières tombèrent doucement. Harry espérait qu'il ne rêverait pas mais il ne se faisait pas d'illusions. Ce fut complètement bouleversé, troublé et désespéré qu'il s'endormit.

A suivre...


Mise en ligne du prochain chapitre Samedi 9 ! En attendant, j'espère que ça vous a plu ! Merci et n'hésiter pas à me laisser vos impressions !