Rating M particulièrement justifié sur ce chapitre, une nouvelle fois.

CHAPITRE 14

Jeudi était le jour que Kurt redoutait pour une raison bien précise – Le Glee Club. Lorsque Finn était finalement arrivé à l'hôpital la veille au soir, dégoulinant de boue et laissant des traces partout sur le sol à cause de ses crampons de football, il s'était laissé tomber sur une chaise - et lui avait avoué qu'il avait, peut-être, peut-être, laissé échapper à Puck, Mike et Artie que Kurt n'avait pas passé la nuit chez les Hudson. Puck n'avait eu besoin que de quelques secondes pour immédiatement en tirer des conclusions. Malheureusement pour Kurt, ces conclusions s'étaient révélées catastrophiquement justes.

Le matin-même, il n'avait même pas eu le temps d'entrer dans le bâtiment que Santana le bombardait déjà de questions et que Brittany le dévisageait curieusement.

"J'ai entendu que tu avais perdu ta carte V, Hummel." Elle l'examina attentivement. Il rougit et accéléra le pas. Il était presque heureux quand les filles cessèrent de le suivre, jusqu'à -

"Oh mon dieu. C'est toi le dominant ?"

Il se figea lorsqu'il comprit pourquoi elles avaient arrêté de le fixer dans les yeux. Elles voulaient voir s'il marchait bizarrement ou s'il boitait, ou peu importe la démarche qu'il était censé avoir après avoir été baisé. Et merde, il ne saurait pas la réponse jusqu'à ce que Blaine...

A en juger par le regard que Santana lui lançait, elle prenait la lueur flamboyante sur son visage pour une confirmation. Elle balaya lentement son corps de ses yeux, d'un air presque critique, puis inclina la tête et haussa brièvement les épaules.

"Je ne l'aurais jamais pensé. Je suppose que tu es plus grand que lui et que c'est comme ça que ça marche, non ?"

Des roues en caoutchouc crissèrent derrière elle et Brittany regarda autour d'elle sur le sol : "Lord Tubbington, pourquoi tu siffles ? Tu es toujours en colère que je t'ai confisqué tes cigarettes ?"

Comme elle ne vit pas le félin, elle partit à sa recherche sur le parking.

Le skateboard de Blaine sauta en l'air et il l'attrapa par la planche. Ses yeux suivirent Brittany pendant un instant.

"Pas très futée, hein ? Une putain d'imagination." Puis il se retourna vers eux. Kurt manqua presque la façon dont ses yeux s'adoucirent un peu alors qu'ils rencontrèrent les siens, puis Blaine se tourna vers Santana, qui cherchait ouvertement des anomalies dans son maintien.

"Ça n'est définitivement pas comme ça que ça marche. Le seul moment où il est au-dessus, c'est quand il me chevauche." Un sourire lubrique étira ses lèvres, mais il y avait une lueur taquine dans ses yeux que Kurt n'avait jamais vue auparavant. Ou peut-être qu'il avait toujours été trop furieux et énervé par ses commentaires pour la remarquer.

"Tu ferais mieux de t'habituer à te retrouver enfoncé dans un matelas, alors, Anderson. Je n'aime pas rester couché là comme un vulgaire sac à patates."

A sa grande surprise, la mâchoire de Santana se décrocha légèrement devant leur flirt. Est-ce que c'était vraiment du flirt ? Ça y ressemblait fort. Ou du moins ils étaient en train de partager une blague salace et privée. Blaine avait lui aussi l'air un peu surpris par sa réponse audacieuse.

"Viens, bébé. Allons en cours, avant que le casse-couille ne s'énerve."

Une main glissa autour de sa taille et avant qu'il ne s'en rende compte, tous les regards étaient tournés vers eux. Ils entrèrent dans le lycée et marchèrent le long du couloir en direction de leur première salle de classe. Il savait que cela ne ferait qu'attiser le feu dans lequel il allait brûler pendant la séance de Glee Club de cet après-midi, mais honnêtement il s'en foutait. Blaine pressa leurs flancs l'un contre l'autre, son pouce caressant son os iliaque à travers le tissu mince de sa chemise. Il était en train de parler – et seulement parler - de ce qu'ils étaient censés avoir lu pour aujourd'hui. Et bon sang, cela semblait tellement naturel, tellement normal, qu'il en oublia presque à quel point leur relation n'était pas normale.

Étaient-ils petits-amis ? Ou exclusifs ? Il ne savait pas. La pensée de Blaine avec quelqu'un d'autre le gênait énormément, mais il devait se maîtriser. Patience. Ne pas brusquer Blaine, ou il allait perdre le peu qu'il avait acquis. Parce qu'il ne pensait pas – non, il savait que si Blaine disparaissait de sa vie maintenant, tout le reste allait s'effondrer également.

"...te parait bien, bébé ? … Kurt… Kurt !"

Il heurta Blaine de plein fouet dans la poitrine. Il n'avait même pas remarqué que le garçon s'était positionné devant lui. Un souffle chaud lui chatouilla le visage quand Blaine se mit à rire et glissa ses bras autour de sa taille, pour l'attirer contre lui et l'empêcher de tomber en arrière sur les fesses.

Rougissant sous les regards qu'ils attiraient à présent alors que la foule se regroupait autour d'eux, il essaya de trouver quelque chose à faire de ses bras et plaça spontanément ses paumes sur la poitrine de l'autre garçon. Il n'y avait vraiment rien d'autre qu'il pouvait faire. Il regarda les beaux yeux fatigués de Blaine, sentit la chaleur de sa peau qui s'infiltrait entre ses doigts même à travers le teeshirt noir qu'il portait. Cela lui coupa le souffle, simplement de voir à quel point il se sentait à sa place et en sécurité à cet instant, même avec tout McKinley qui ricanait d'eux en se dispersant.

"Tu disais quoi ?

- Tu veux finir le devoir chez moi ce soir ? Après ta répétition ou je sais pas quoi ?"

Il était toujours distrait. Horriblement, magnifiquement, vraiment hypnotisé. Les yeux de Blaine pétillaient d'une lueur qu'il n'arrivait pas à définir, mais c'était un regard qui éclairait presque tout son visage et il avait presque l'air heureux. Son cœur battit douloureusement dans sa poitrine à cette pensée, parce qu'il savait que si Blaine avait compris la même chose que lui, il ne serait pas en train de le regarder fixement à ce moment. Si Blaine avait compris qu'il était en train de tomber amoureux, il aurait pris ses jambes à son cou et aurait oublié tout de ce qu'il s'était passé.

"Ouais, j'ai Glee Club jusqu'à la même heure que d'habitude. Tu veux... tu veux venir avec moi ?"

Le regard de Blaine s'attarda sur son expression pleine d'espoir pendant quelques secondes et l'éclat dans ses yeux faiblit légèrement.

"Je ne peux pas. J'ai...

- Une retenue, finit doucement Kurt pour lui." Il n'y pouvait rien, mais il était déçu. Pendant un instant il avait espéré qu'il ne serait pas obligé d'affronter seul leurs questions cet après-midi. S'il y avait bien une chose dont il était sûr avec Blaine à ses côtés, c'est que les gens réfléchiraient à deux fois avant d'ouvrir la bouche.

"Un entretien d'embauche, en fait, grogna Blaine." Il s'éloigna soudain et croisa machinalement les bras. Quelques étudiants qui trainaient encore entrèrent dans leurs classes et ils se retrouvèrent soudain seuls. La réponse choqua un peu Kurt, mais pas plus que la réaction qui l'accompagnait. Pourquoi Blaine était-il gêné par quelque chose comme ça ?

"C'est génial, dit-il alors que les yeux vert noisette revenaient sur les siens."

Blaine haussa légèrement les épaules et dit d'un air sombre : "Je perds mon temps. Dès qu'ils verront ça ..." Il secoua son bracelet électronique à la cheville. "...ils vont me jeter à la porte.

- Tu n'en sais rien...

- C'est ce qui s'est passé dix-sept fois depuis mai. Je le sais, putain, ricana Blaine, en colère." Et tous ses boucliers se remirent si brutalement en place que Kurt recula d'un pas

Avant qu'il ait pu dire autre chose, Blaine avait tourné les talons et entrait dans leur salle de cours d'Anglais, laissant Kurt seul dans le couloir vide.

Il laissa Blaine se calmer ou bouillonner un peu pendant qu'il tirait les choses au clair dans son esprit. Mais ce qu'il détestait vraiment, c'était qu'à chaque fois qu'il voyait Blaine en colère c'était contre lui-même et non contre les crétins qui le jugeaient sans le connaître. A la fin du cours, Blaine demanda à nouveau si leur devoir était toujours au programme, puis il ne lui adressa plus la parole jusqu'au déjeuner. En Histoire, comme en Sciences Environnementales, il laissa tomber sa tête sur la table et dormit jusqu'à la sonnerie. Aucun de leurs enseignants ne sembla s'en soucier le moins du monde quand ils virent que la personne qui ronflait légèrement était Blaine. Pourtant, lorsque la fille à côté de lui fit la même chose, elle fut réveillée brusquement par une claque sur son bureau.

Kurt n'aimait pas ça du tout, mais il savait que c'était ce que souhaitait Blaine, ce qui l'arrangeait. Il voulait que les gens l'oublient, il voulait qu'ils ne s'attendent absolument à rien de sa part, comme ça il ne pourrait jamais les décevoir – comme ça personne ne se rapprocherait jamais de lui.

Le déjeuner fut le premier moment où Blaine ne dormit pas, mais il semblait toujours fatigué et Kurt ne put s'empêcher de se poser des questions quand ils s'assirent sur le même banc.

"Est-ce que… Tu as l'air fatigué." Il opta pour une simple remarque. Des questions, surtout au milieu d'un réfectoire bondé, n'obtiendraient probablement pas de réponses positives.

Il regarda Blaine harponner son blanc de poulet grillé avec sa fourchette et le porter à sa bouche pour en arracher un gros morceau. Sa mâchoire mastiqua lentement pendant qu'il débattait avec lui-même sur la manière de répondre. Quand il eut finalement avalé, son visage se couvrit d'une expression nonchalante.

"Une bande mecs bourrés sur le parking. Ils m'ont empêché de dormir."

Mais Kurt savait que ce n'était pas tout. Il savait que Blaine lui mentait et essayait encore de le tenir à distance. Non, il allait trouver un moyen d'obtenir sa confiance sans dire le moindre mot. Il se mordit la langue pour se retenir de demander la vérité ou des précisions, ou tout simplement quelque chose qui aurait pu ouvrir la porte sur le monde de Blaine d'un centimètre de plus.

Alors il fit ce que Blaine faisait toujours – il opta pour une manifestation physique de ce qu'il ressentait. Lentement, il commençait à se rendre compte que s'il voulait atteindre Blaine, il allait devoir le faire d'une manière que le garçon comprenait et avec laquelle il était à l'aise : physiquement – or il était encore novice sur ce terrain là. Il glissa sa main de ses genoux, et après une courte hésitation sur la façon dont réagirait Blaine, il l'enroula autour de la taille de l'autre garçon, d'une étreinte légère et incertaine.

Il sentit le corps de Blaine se raidir et sa cuillère pleine de petits pois se figea en l'air quand il tourna la tête vers lui.

"Tu essayes de me chauffer, Hummel ? demanda-t-il après quelques secondes." Le bref scintillement d'émerveillement qui passa dans les yeux de Blaine fit étrangement bondir son cœur. La cuillère de Blaine claqua sur son plateau quand il enveloppa son bras autour du corps de Kurt pour l'attirer contre lui.

"Ça marche mieux avec plus de force." Kurt se sentit glisser de quelques centimètres jusqu'à ce que leurs hanches soient scellées l'une contre l'autre. Un pincement doux frôla le cartilage de son oreille, et le rire de Blaine résonna très fort à l'intérieur quand il sursauta légèrement. "Tu as encore un long chemin à faire en matière de séduction, bébé."

Il s'attendait à ce que le bras autour de sa taille disparaisse, mais ce ne fut pas le cas. Après un rapide débat, il se blottit contre Blaine et laissa tomber sa tête sur son épaule.

Son cœur gonfla lorsque la joue de Blaine s'inclina et s'appuya contre ses cheveux.

Comme il l'avait prédit, le Glee Club fut un véritable cauchemar. La discussion qui avait eu lieu sur le parking ce matin là s'était répandue au reste du club. Kurt lança un regard furieux à Santana et ignora toutes leurs questions et leurs hypothèses ridicules. Il fulmina en silence jusqu'à ce que Mr Schuester se pointe et leur demande de se taire. Le trajet en voiture jusqu'à chez Blaine lui permit d'évacuer un peu de sa frustration contre le Glee Club et leur intérêt pour sa "vie sexuelle torride." Parfois il les détestait tous, eux et leurs commérages.

A part la présence de Blaine, le parking était entièrement vide quand il s'arrêta sur sa place habituelle. Dans son rétroviseur, il regarda le garçon sauter sur son skateboard pendant une minute avant de sortir de la voiture. Blaine roula vers lui et sauta de la planche, la laissant rebondir sur son pneu.

"Comment s'est passé ton entretien..."

Blaine le coupa net et l'écrasa contre la carrosserie de sa voiture. Il lui agrippa le visage et scella sa bouche avide contre la sienne. Kurt s'étouffa avec l'air qu'il venait d'inspirer et Blaine le pressa plus fort contre la voiture, laissant glisser une main pour caresser la courbe de ses fesses. Kurt entrouvrit les lèvres et lui rendit son baiser. Ils s'embrassèrent fébrilement pendant quelques minutes, jusqu'à ce que le cerveau de Kurt ballote dans son crâne et que sa vision se brouille. Blaine se sépara de lui aussi rapidement qu'il l'avait assailli. Il récupéra son skateboard et se dirigea vers l'extrémité la plus proche du bâtiment, tripotant quelque chose dans sa main.

"Salut à toi aussi, marmonna Kurt d'un ton sarcastique." Il ajusta son sac qui avait glissé sur son coude, et suivit Blaine. Il le rattrapa quand le garçon s'arrêta en face d'un endroit miteux qui s'ouvrait à l'extrémité du bâtiment. Il commençait à se sentir nerveux dans l'obscurité quand Blaine sortit une clé de sa poche et la fit tourner dans le mur. Une porte de boite aux lettres s'ouvrit et il en sortit quelques enveloppes, les mit sous son bras et la referma sans dire un mot à Kurt.

Le fait que Blaine l'ignore complètement l'ennuyait plus que de raison. Ils passèrent sous le store en taule pour rejoindre la chambre de Blaine, et celui-ci recommença à jouer avec ce qu'il tenait dans la main. Kurt aperçut un petit écran qui reflétait la lumière du soleil, et une coque de portable très familiè...

"Comment tu as eu mon téléphone ?"

Il passa une main sur sa poche arrière, là où il le gardait habituellement, pour s'assurer que c'était bien le sien. La poche était vide, mais la pression de ses doigts lui rappela où s'était trouvée la main de Blaine quelques secondes auparavant.

"Tu viens sérieusement de me le voler ?

- Mhmm, répondit Blaine." Il ouvrit la porte avec l'épaule et laissa tomber son skateboard et le courrier sur le lit.

Incrédule, Kurt regarda Blaine retourner vers la commode et décrocher le combiné du téléphone légèrement éraflé posé là.

"Depuis quand tu as un téléphone? Pourquoi est-ce que tu as besoin du mien, si tu as celui-là ?"

Il ne savait même pas pourquoi il prenait la peine de demander, alors qu'il savait pertinemment que Blaine n'allait pas lui répondre. Silencieusement, Blaine composa un numéro puis regarda dans l'expectative le téléphone portable dans sa main. Agacé, Kurt arracha brusquement son téléphone de l'emprise de l'autre garçon et dit d'un ton sec "Tu n'as pas le droit de me prendre mon..."

Son téléphone se mit à vibrer dans sa main. Il baissa les yeux quelques secondes sur le numéro inconnu qui clignotait sur l'écran tactile, puis il comprit – Blaine venait juste de lui donner son numéro de téléphone. Que ce soit volontairement ou non il ne savait pas, mais il eut l'impression d'avoir fait un énorme bond dans la confiance avec ces dix petits chiffres. Blaine raccrocha son téléphone et lui reprit son portable des mains. Il nota le numéro sur un petit bout de papier et le mit dans sa poche, avant d'abandonner le portable de Kurt sur la commode.

Kurt ne savait vraiment pas quoi dire. Blaine l'avait probablement utilisé seulement pour obtenir son propre numéro de téléphone, mais le fait restait que s'il le voulait, il pouvait maintenant appeler Blaine et lui parler, ou lui proposer de le retrouver. Pour - il déglutit et rougit un peu – faire des choses. S'il n'arrivait même pas à penser ces mots, il ne voyait pas comment il ne pourrait réussir à faire une telle suggestion par téléphone.

La porte se referma en claquant derrière lui et le coffre revint à sa place habituelle. Des bras puissants vinrent s'enrouler autour de sa poitrine et le nez chaud de Blaine se blottit contre son cou. Pendant quelques instants, il laissa Blaine le tenir dans ses bras. Le garçon entreprit de laisser un suçon rugueux là où battait son pouls, et les omoplates de Kurt se détendirent contre sa poitrine. Mais ils n'avaient vraiment pas le temps pour ça aujourd'hui. Il avait promis d'être à l'hôpital à 19h30 et ils n'avaient pas commencé du tout leur devoir.

"Blaine, non. Je dois être à l'... l'hôpital dans quel... quelques..." Sa voix mourut dans sa gorge et il laissa tomber sa tête en arrière dans un petit gémissement haletant. Deux jours, se rappela-t-il, cela faisait seulement deux jours. Ce n'était pas possible qu'il soit déjà si désespéré et avide du toucher de Blaine. Vu la manière dont il réagissait aux caresses de Blaine, son corps n'était pas de cet avis.

Le bas de sa chemise sortit brutalement de son pantalon pour être remplacé par les mains calleuses de Blaine. Il n'avait jamais été aussi heureux de ne pas porter de pantalon slim. Le cœur de Blaine cogna fort contre son dos quand il se débattit légèrement, et ses doigts taquinèrent son érection à travers son boxer. Merde, pourquoi est-ce que c'était aussi fantastiquement génial ?

La dernière chose qu'il avait envie de faire, c'était de dire non à Blaine Anderson alors que sa main descendait dans son pantalon et que son pouce caressait légèrement son sexe, le rendant tellement avide de friction qu'il lui en faisait mal. Il se cambra sous ce toucher et sentit la bouche de Blaine se détacher de son cou.

"Ça m'avait tellement manqué de te toucher…" Les mots survolèrent sa joue quand Blaine s'appuya sur lui, le pressant en arrière jusqu'à ce qu'il sente le renflement dur de son pantalon contre ses fesses.

"Blaine… on ne... putain." Il s'interrompit pour gémir bruyamment et s'écrasa contre la verge dure qui palpitait contre lui.

"Putain, Kurt, grogna Blaine." Il mordit violemment son épaule pour étouffer le profond gémissement que lui arracha la friction soudaine.

Il fallut à Kurt toute sa volonté pour faire un petit pas en avant. Les bras autour de lui se resserrèrent et essayèrent de l'attirer de nouveau contre Blaine, mais il se dégagea.

"On... on ne peut pas, lâcha-t-il, la poitrine haletante. On doit terminer le projet. C'est pour lundi, et je vais rester à l'hôpital, et j'ai deux disserts qui vont m'occuper tout le weekend."

Blaine le regarda avec convoitise, les yeux sombres et voilés. Lentement, il hocha la tête, même si son regard était dirigé vers le renflement évident du pantalon de Kurt. Celui-ci fit glisser son sac de son épaule et le posa sur le lit, puis sortit ses notes et le devoir assigné. Blaine s'approcha et sortit un bloc-notes et son propre exemplaire de la petite pile de livres au bout du lit.

Ils passèrent les deux heures suivantes à travailler consciencieusement sur leur devoir, ne se laissant distraire que les rares fois où leurs jambes ou leurs mains se frôlèrent. Kurt réussit même à ignorer la façon dont Blaine pressa son érection encore évidente contre sa cuisse pour les quinze premières minutes de travail. Au moment où le soleil se coucha vers dix-neuf heures, Kurt fut très impressionné par le résumé qu'ils avaient obtenu malgré toute cette tension sexuelle. Il avait seulement espéré qu'ils auraient terminé un peu plus tôt pour qu'ils puissent en revenir à autre chose. Il se sentit rougir à cette pensée.

Blaine le remarqua immédiatement et s'attacha immédiatement à lui en crochetant sa jambe autour de son corps pour essayer de le piéger sur le lit.

"Je suis sûr qu'ils ne t'en voudront pas si tu es un petit peu en retard… marmonna-t-il contre l'oreille de Kurt." Il sortit rapidement sa langue pour effleurer son lobe. Et Kurt s'effondra presque. Sa main caressa la cuisse de Blaine en poussant et en tirant à la fois alors qu'il luttait pour prendre une décision. Ce n'était pas facile quand il était déjà à moitié excité - qu'il l'était depuis que la porte s'était refermée, plus de deux heures auparavant.

"Blaine, soupira-t-il en essayant en vain de repousser la jambe du garçon." Il accepta un doux baiser contre ses lèvres. "Je dois aller à l'hôpital. Carole et Finn m'attendent."

Le corps de Blaine se raidit. Kurt se glissa en-dessous de la jambe de Blaine avec une incroyable facilité et se leva.

"Non… Allez, Kurt." Blaine se précipita à travers le lit et le tira en arrière. Il enveloppa un bras autour de ses cuisses et souleva sa chemise toujours non remise pour appuyer sa bouche sur sa peau lisse et tonique. "S'il te plait… S'il te plait reste."

Sa voix était tellement calme, presque suppliante, que Kurt s'arrêta. Blaine prit son absence de mouvement comme un signe d'encouragement. Les boutons du bas de sa chemise se détachèrent avant qu'il n'ait le temps de penser à s'écarter. Des lèvres douces tracèrent un chemin lent et humide sur sa peau exposée, jusqu'à son estomac.

"Reste avec moi, bébé, souffla Blaine contre sa peau." L'air froid sécha les tâches humides qu'avaient laissées ses lèvres.

"Blaine, je ne peux pas, se lamenta-t-il en passant les mains dans les cheveux de Blaine." Il éloigna le visage de Blaine de l'endroit où il voulait qu'il soit. "Je dois être là-bas dans vingt minutes." Il laissa tomber ses mains et s'éloigna du garçon. "Je suis désolé. Je dois y aller maintenant."

Il re-boutonna sa chemise et entendit le lit craquer derrière lui. Blaine semblait presque désespéré, mais d'une manière totalement inédite. C'était comme s'il le suppliait, et ça n'avait aucun sens pour Kurt. Blaine ne l'avait encore jamais supplié. Il s'était montré insistant, certes, mais il y avait quelque chose de différent dans son geste qui le déconcertait et faisait battre son cœur en même temps. Blaine voulait qu'il reste auprès de lui.

Quand il déplaça le coffre de devant la porte, il entendit le bruit lointain de voix fortes qui s'approchaient du bâtiment. Blaine se figea et écouta attentivement les voix qui s'intensifiaient peu à peu. Kurt attrapa son sac et ouvrit la porte pour jeter un coup d'œil nerveux à l'extérieur. Un groupe de quatre hommes marchaient dans le parking, tous avec des sacs en kraft dans les mains. Inutile d'être alcoolique pour savoir ce que ces sacs cachaient. Ce devaient être les mêmes hommes que mardi, et ceux qui avaient empêché Blaine de dormir cette nuit.

"Je te raccompagne à la voiture."

La voix de Blaine le surprit. Tout comme son offre, même si elle sonnait plus comme un ordre. Une main saisit son coude et le guida hors de la pièce, fermant la porte si doucement que Kurt l'entendit à peine. Ils étaient à mi-chemin sur le parking quand l'un des hommes les héla.

"Tu t'es trouvé un petit cul de tapette à baiser, Anderson ?"

Il balbutiait terriblement et Kurt comprit qu'il était dans un état d'ébriété déjà avancé. Les autres hommes se retournèrent pour suivre son regard et deux d'entre eux éclatèrent d'un petit rire appréciateur. La prise sur son bras se serra et un nœud d'effroi se tordit dans son estomac.

"Ne t'arrête pas de marcher. Monte dans la voiture et pars."

L'ordre était ferme et les pas de Kurt n'hésitèrent qu'une fraction de seconde avant d'obéir. Au moment où il atteignit sa voiture, les hommes avaient rejoint Blaine. Sa main s'arrêta sur la poignée de la portière. Il ne pouvait pas se résoudre à laisser Blaine seul face à eux. Ils étaient encore assez proches pour qu'il puisse entendre ce qu'ils disaient.

"Ah, regardez les gars. La tapette essaie de protéger son petit sac à foutre." C'était un autre qui avait parlé, cette fois-ci. Le seul qui avait l'air sobre. "On veut juste dire bonjour à ton ami..."

La main de Blaine s'enfonça vivement dans sa poche et ressortit en jaillissant dans leur direction. Quelque chose brilla au soleil. Un cri s'échappa et les hommes reculèrent, alarmés. Celui qui venait de parler se tenait la joue.

"Combien de fois il faut que je vous dise de foutre le camp, bordel ? gronda Blaine." Il avança d'un pas et braqua ce qu'il avait pris dans sa poche. C'était un petit couteau suisse, le même qu'il avait utilisé pour détériorer son bureau en cours d'Anglais. La lame était maintenant teintée de rouge à la lumière du soleil couchant. L'homme tamponnait le sang qui perlait de sa balafre à la joue, et ses yeux noirs étincelaient de colère.

"Espèce de sale petite mer..."

Un bruit d'une sirène et un flash de lumières bleues et rouges pénétrèrent dans le parking. Kurt se précipita vers Blaine et le força à remettre le couteau ensanglanté dans sa poche alors que les flics sortaient de leur voiture.

"Que se passe-t-il, ici ?"

S'il avait cru en Dieu, Kurt serait mis à genoux pour le remercier. Il connaissait cette voix. Jim Ferguson, un des amis de son père et un client régulier du garage.

Les quatre hommes déguerpirent rapidement, avec quelques rapides grognements à base de "Rien", "On passait dire bonjour" et "Passez une bonne soirée, messieurs les officiers." Jim et son collègue approchaient déjà des garçons.

"Kurt ? appela le plus mince des deux." Il plissa les yeux pour mieux discerner les deux adolescents.

"Oui, c'est moi, Jim.

- Mais qu'est-ce que tu fiches ici ?" Jim s'arrêta devant lui et examina son visage effrayé, et la façon dont il serrait le bras de Blaine comme dans un étau.

"Je travaille avec un ami sur un devoir pour les cours, dit-il rapidement." Il tira légèrement sur le bras de Blaine pour qu'il parle, réagisse ou fasse quelque chose. Blaine détourna son regard fixe et glacial des hommes qui battaient en retraite pour le poser sur les policiers. Son expression devint encore plus mauvaise.

"A bientôt, Hummel, grogna-t-il." Il s'arracha des mains de Kurt et fit demi-tour pour regagner sa chambre

Jim le regarda s'en aller pendant quelques secondes, avant de se tourner à nouveau vers Kurt.

"Tu as l'air un peu secoué. Tu es sûr que ça va ?"

Kurt hocha la tête en silence tout en regardant la porte de Blaine claquer et résonner sur le parking.

"Comment va ton père? On m'a dit qu'il était à l'hôpital.

- J'y vais, là. Il est toujours dans le coma." Il sentit son cœur se serrer. Demain, cela ferait une semaine depuis sa crise cardiaque.

"Je suis désolé de l'entendre. Vas-y, alors. Tu veux qu'on te suive jusqu'à ce que tu sortes d'ici ? proposa Jim avec une légère bourrade dans l'épaule.

- Non, non. Ça ira, répondit Kurt d'un air hébété." Il monta dans sa voiture et mit le contact. Il quitta le parking rapidement, parce qu'il ne voulait pas que Jim et son collègue deviennent suspicieux ou inquiets s'il restait là trop longtemps. Une fois qu'il eut parcouru quelques centaines de mètres, il s'arrêta et mit le frein à main. Ses mains tremblaient sur le volant. Il inspira quelques bouffées d'air et sentit les larmes lui piquer les yeux.

Pourquoi les gens étaient-ils aussi stupides et malveillants ? Ils narguaient probablement Blaine tous les jours. Tous les jours, putain. Le peu qu'il avait vu l'avait terrifié. La nuit dernière, ils avaient fait dieu sait quoi qui avait forcé Blaine à rester debout toute la nuit. Toute la nuit dans la peur. Il se souvint du fracas d'une bouteille contre la porte la nuit où il était resté. Est-ce qu'ils avaient essayé de rentrer et de le blesser ? Ou étaient-ils simplement restés dehors toute la nuit, à lui crier dessus et à fracasser leurs bouteilles vides contre sa porte ?

Il frissonna et ramena ses genoux contre sa poitrine en hoquetant légèrement, puis prit quelques inspirations pour se calmer. Pour retrouver un peu de contrôle sur lui-même.

Il était presque vingt heures lorsqu'il entra finalement dans la chambre d'hôpital de son père. Carole et Finn avaient amené des chaises et étaient assis à son chevet. Il laissa la voix apaisante de Carole le bercer pendant qu'elle racontait sa journée à son père.

"C'est pas trop tôt, mec ! s'exclama Finn quand il l'aperçut. Je t'ai envoyé trois textos. Pourquoi tu n'as pas répondu ?

- Non, tu n'as rien envoyé, sinon je l'aurais sent..." Mais lorsqu'il posa la main sur sa poche arrière, il réalisa qu'il n'avait pas son téléphone. Il était toujours sur la commode de Blaine.

"Oh, merde. Je l'ai sorti de ma poche, dit-il d'une voix faible." Il ferma les yeux et ses nerfs se contractèrent violemment. Il n'était pas sûr de vouloir retourner là-bas avec ces mecs. Il ne pouvait pas non plus supporter l'idée que Blaine ait à les affronter seul. "Je l'ai laissé sur la commode de Blaine.

- Sur sa commode ? Tu étais dans sa chambre? Genre, seul ?" Finn semblait à la fois choqué et énervé.

"Mon dieu, je n'ai pas besoin de toi pour me protéger, Finn, rétorqua Kurt." Et il ajouta, juste par esprit de provocation. "Et oui. J'étais dans sa chambre. Et nous sommes restés seuls pendant des heures."

Finn eut l'air très offensé par sa réponse et ouvrit la bouche pour répondre, mais Carole leva la main. Sa mâchoire se referma en claquant.

"Je suis sûre qu'il va le voir et te le rapporter demain à l'école, dit-elle d'un ton rassurant.

- Peut-être, répondit Kurt, plutôt sceptique." Connaissant Blaine, il l'utiliserait sans doute comme excuse pour le faire revenir chez lui – et à vrai dire, ça arrangeait plutôt Kurt. "Je pourrais juste y passer après. C'est sur le chemin du retour.

- Ça risque de faire vraiment tard, mon chéri, déclara Carole. Je ne sais pas si c'est une bonne idée.

- C'est un arrêt rapide. Ça prendra deux minutes, la rassura-t-il." Il tira une chaise et glissa sa main dans celle inerte de son père. Au bout d'une demi-heure, Finn quitta l'hôpital pour rentrer chez lui, afin de prendre une douche et de faire quelques devoirs avant de se coucher. Carole partit peu de temps après pour passer dans un restaurant acheter des plats tout prêts.

Mais Kurt resta là, les mains serrées sur les doigts mous de son père, frottant de petits cercles sur sa peau sèche. Ce ne fut que lorsque l'infirmière Nancy passa à presque onze heures pour lui dire que les heures de visite étaient terminées qu'il embrassa son père sur la joue et regagna sa voiture d'un air misérable. Il faillit ne pas tourner dans la rue de Blaine, mais il devait savoir s'il allait toujours bien. Si ce soir, il pourrait effectivement trouver le sommeil. Il calma ses nerfs et se gara lentement dans le parking sombre. Par miracle, il était vide. Il prit quelques minutes pour s'en assurer tout en coupant le moteur et les phares, puis s'élança rapidement à travers le parking pour frapper à la porte de Blaine.

"Blaine ! C'est Kurt ! Laisse-moi..."

Le raclement lourd d'un coffre résonna à l'intérieur, et la porte s'ouvrit. Une main saisit sa chemise et le tira brutalement à l'intérieur. La porte se referma violemment et il s'attendit à moitié à ce que Blaine le plaque contre pour l'embrasser fiévreusement. Mais il ne le fit pas. Au contraire, il avait l'air furieux.

"Putain, mais qu'est-ce que tu fous là ? Tu as de la merde à la place du cerveau ou quoi ?

- Quoi ? J... J'ai laissé mon téléphone…, répondit Kurt, confus." Il sentit sa propre colère crépiter sous la surface de sa peau.

"Après ce qu'il s'est passé tout à l'heure ? Tu es sérieusement aussi naïf que ça ? demanda Blaine." Son visage était rouge d'incrédulité et de colère. Kurt le regarda d'un air coupable, les yeux rivés sur son torse nu, et ne put se résoudre à admettre la véritable raison pour laquelle il était là. Mais encore une fois, Blaine était inquiet pour lui, se souciait de lui.

"Tiens. Prends ton foutu portable." Blaine le saisit sur la commode et le lui jeta. Il faillit ne pas l'attraper, parce que quand Blaine bougea il aperçut quelque chose qui lui figea le cœur. Une unique part de tarte emballée sur le dessus du mini-réfrigérateur. Mais ce n'était pas ça qui avait attiré son attention – c'était la petite bougie vacillante posée dessus. Cela ne pouvait signifier qu'une seule chose.

"Blaine, pourquoi tu as... est-ce..." Il désigna le dessert d'un geste vague et Blaine se figea, la mâchoire serrée et les yeux écarquillés par la panique.

"C'est rien, dit-il rapidement." Il se précipita pour la souffler et la fourrer dans le mini frigo. "Juste un peu de tarte...

- C'est ton anniversaire, murmura Kurt d'une voix lente et douce." Sa main se verrouilla autour du poignet de Blaine pour l'empêcher de la cacher. "Pourquoi tu ne m'as rien dit ?

- Ce... Ce n'est pas... Ce n'est pas important, grommela Blaine." Il avait l'air complètement horrifié et embarrassé que Kurt ait débarqué sans prévenir. Le fait qu'il laissait Kurt entrevoir ce qu'il ressentait l'aida à tenir bon. Il n'irait nulle part ce soir.

Gentiment, Kurt saisit la tarte et le poussa vers le lit. Entendre Blaine dire ça lui brisait le cœur – qu'il pense qu'il n'était même pas assez important pour fêter son anniversaire, même si ce n'était qu'entre eux deux.

Il s'empara du briquet de Blaine ainsi que de la fourchette en plastique sur le réfrigérateur et se laissa tomber à côté de lui. Il plaça la petite tarte dans ses mains et agita le briquet plusieurs fois pour essayer de l'allumer. Il s'énerva devant son échec, et Blaine rit doucement avant de lui prendre l'objet. D'un geste habile, il l'alluma et le pressa contre la mèche de la bougie.

Il jeta le briquet sur la table de nuit quand la bougie scintilla de nouveau, et Kurt enroula ses bras autour de lui, en appuyant sa joue contre son épaule. Le corps de Blaine était encore un peu tendu à cause de l'imprévu de la situation, mais il se détendit lentement quand Kurt commença à chanter doucement.

"Joyeux Anniversaire…"

La tarte tremblait légèrement dans les mains de Blaine quand Kurt se tut et pressa un baiser tendre sur la joue du garçon, puis il murmura doucement "Fais un vœu, Blaine."

Quelques secondes s'écoulèrent avant que Blaine ne se penche un peu pour souffler la bougie. Kurt lui rendit la fourchette et blottit son nez contre la joue du garçon. Il fut surpris quand la première bouchée lui fut offerte, mais il accepta et laissa Blaine lui donner à manger. Il sourit et se pelotonna contre lui pendant qu'ils mangeaient en silence, alternant les bouchées entre eux.

"Maman avait l'habitude de faire ça avec moi." La voix douce de Blaine brisa le silence confortable, tandis qu'il tendait un autre morceau de tarte à Kurt. "C'est une des seules choses dont je me souviens. A chaque anniversaire, elle se levait juste avant minuit avec de la tarte ou du gâteau pour être la première à me souhaiter un bon anniversaire."

Les mots de Blaine lui donnèrent l'impression de se prendre un coup dans le ventre. Parce qu'il pouvait imaginer le petit garçon de la photo, recroquevillé et endormi dans son pyjama Batman, un ours en peluche serré contre la poitrine, être réveillé en douceur par le sourire éclatant d'une mère aimante. Il se frottait les yeux, les boucles emmêlées et ébouriffées par le sommeil alors qu'elle plaçait l'assiette sur ses genoux en souriant devant l'excitation qui gagnait son visage.

Il cligna des paupières à plusieurs reprises et essaya de repousser la pression qui chauffait contre ses yeux alors qu'ils finissaient la tarte. Blaine jeta le carton vide dans la poubelle et resta les yeux fixés sur une tache sur le mur. Il savait que tout ça le troublait, qu'il ne comprenait pas pourquoi Kurt était resté et avait célébré l'ancienne tradition de sa mère avec lui.

D'une main sûre, Kurt saisit ses joues en coupe et l'obligea à le regarder. Il bougea lentement pour donner la liberté à Blaine de se libérer.

"Tu veux... hum... ton cadeau d'anniversaire maintenant ? marmonna Kurt." Il essayait d'avoir l'air séduisant ou sexy, mais vraiment, il ne s'était jamais senti aussi ridicule. Il rougit violemment en déposant un petit baiser sur les lèvres de Blaine. Dieu, il était vraiment nul à ça.

"N'importe quoi. Tu ne m'as rien acheté, rétorqua Blaine, persuadé qu'il bluffait." Kurt ne pouvait pas dire le contraire, mais il voulait quand même lui donner quelque chose. Quelque chose qu'ils attendaient tous les deux impatiemment, même s'il ne savait pas jusqu'où il était prêt à aller. Il savait seulement qu'il ne voulait pas s'en aller.

"Ça ne veut pas dire que je n'ai rien à t'offrir, insinua Kurt." Il poussa l'épaule de Blaine jusqu'à ce qu'il s'allonge sur le lit. Les sourcils levés, les yeux brillants d'une excitation soudaine et enthousiaste, Blaine se recula jusqu'à se retrouver dos au mur et éteignit la lampe. Même dans l'obscurité soudaine, Kurt pouvait voir la main qu'on lui tendait, désireuse de l'attirer plus près de lui et d'accepter son offre.

Kurt glissa facilement sa main dans celle de Blaine, et contrairement à tout à l'heure cette main se serra fermement autour de la sienne et le tira en avant. Un peu déséquilibré, il chancela et tomba sur la poitrine de Blaine en riant. Il s'écarta un peu du torse du garçon qui vibrait d'un rire doux et plaça une jambe de chaque côté de son ventre. Ses genoux appuyèrent sur le matelas pour piéger le garçon sur le lit.

Il passa la main à travers les épaisses boucles qui tombaient en désordre sur le front de Blaine, et les repoussa pour presser un petit baiser contre sa peau. Blaine soupira doucement, ses mains se baladèrent sur les cuisses de Kurt pour l'attirer et le presser contre lui. Les hanches de Blaine se balancèrent contre lui, son entrejambe déjà dure et avide de friction, mais Kurt se souleva hors de sa portée.

"Kurt... gronda Blaine, exaspéré." Il s'agrippa aux fesses de Kurt et essaya de se frotter à nouveau contre lui. "Allez, viens.

- Non. Je veux essayer quelque chose, répondit doucement Kurt en pressant une main ferme sur les hanches de Blaine. "S'il te plait, bébé. Détends-toi simplement et... détends toi."

Il avait presque laissé échapper "fais-moi confiance". Et il savait que même s'il l'avait dit, Blaine ne l'aurait pas fait. Les hanches de Blaine retombèrent vers le bas, et Kurt retomba sur ses cuisses. Ses pouces massèrent sa tempe et ses lèvres effleurèrent légèrement son anneau de sourcil. Sur une inspiration subite, il saisit la boucle en métal entre ses lèvres et la tira doucement, tournant sa langue autour et contre la peau de Blaine. Un gémissement brisé s'écrasa contre son cou, et Blaine remua sous lui. Il se recula de manière à voir ses yeux, l'hésitation et l'émerveillement qui y brillaient. Kurt savait qu'il n'avait jamais rien connu de tel, qu'il avait toujours été brutal et rapide avec ses autres partenaires. Lui voulait plus que ça avec Blaine. Il voulait partager beaucoup plus. Il espérait seulement que c'était réciproque.

"S'il te plait, répéta-t-il en laissant tendrement glisser ses doigts sur le visage et dans le cou de Blaine. Je veux que tu te sentes bien."

Kurt soutint son regard hésitant pendant de longues minutes. Il sentait sa peau brûler sous les mains de Blaine qui caressaient ses cuisses. Et Kurt savait que si Blaine n'arrivait pas à se laisser aller et à lui faire confiance maintenant, il n'y arriverait jamais. Quand Blaine hocha la tête d'à peine quelques centimètres, il retint un cri de joie.

"Ferme les yeux, murmura Kurt dans un souffle." Il pressa ses lèvres contre la pommette de Blaine, tellement légèrement que son baiser ressembla plus à une chatouille. Un frisson parcourut le corps de Blaine, assez puissant pour que Kurt le sente trembler sous lui, et les yeux du garçon se fermèrent. Ses mains et ses lèvres se déplacèrent lentement, sans vraiment le toucher, mais en effleurant à peine son visage et son cou. Il plaça quelques baisers légers sur ses paupières, ses joues, sa mâchoire et son menton, tout en évitant volontairement ses lèvres entrouvertes. S'il embrassait les lèvres de Blaine il savait qu'il ne pourrait plus s'en détacher, et son but pour le moment était de goûter chaque centimètre de peau qui lui était accessible.

Le regard fasciné qu'il lut dans les yeux de Blaine quand ils s'ouvrirent l'hypnotisa et fit doubler son cœur de volume. Les joues légèrement roses et la respiration sèche, Blaine appuya fortement ses mains dans son dos pour l'obliger à s'incliner de nouveau et à l'embrasser. Kurt résista, et Blaine gémit faiblement quand il laissa courir ses mains le long de son torse. De petits poils frémirent sous la pulpe de ses doigts et l'estomac de Kurt se contracta. La caresse de sa chemise sur sa peau le brûlait. Il frissonna quand une chaleur jaillit dans sa colonne et bouillonna dans son bas ventre.

"Ça fait du bien, non ?"

Un petit bourdonnement d'approbation vibra le long du cou de Blaine quand y Kurt attacha de nouveau ses lèvres, plus fermement cette fois-ci. Il suça délicatement et sortit la langue pour goûter sa peau salée. Son rythme cardiaque commençait à s'emballer, et même s'il voulait continuer à prendre son temps et exciter Blaine, il n'était pas sûr de pouvoir tenir longtemps. Les hanches de Blaine roulaient sous lui et il gémit, haletant quand il sentit l'érection qui se pressait avec insistance contre lui.

Mon dieu, il en voulait plus. Tout de suite. Ses lèvres descendirent la poitrine de Blaine et il sentit quelques poils sombres le chatouiller quand il laissa sa main glisser le long des côtes du garçon. Un gémissement bruyant retentit et le bassin de Blaine heurta le sien, le soulevant du lit de plusieurs centimètres. Il sentit son ventre se contracter contre lui, et il gémit à son tour.

"Kurt… Je... Putain, laisse-moi t'embrasser, grogna Blaine en roulant ses hanches vers le haut." Kurt posa à nouveau ses lèvres contre sa poitrine.

"Pas encore, répondit Kurt d'une voix tremblant." Ses doigts parcoururent à nouveau les côtes de Blaine, et le garçon sursauta encore sous lui. Cette fois Kurt ne parvint pas à retenir ses hanches de se balancer elles-aussi, et sa verge frotta douloureusement contre son jean. Il grimaça à cause de la fermeture éclaire, mais ne dit rien. Il y avait une dernière chose qu'il voulait essayer avant de perdre totalement le contrôle de ce qu'ils étaient en train de faire. Les mains posées sur ses cuisses l'obligeaient à se balancer avec les mouvements de Blaine. La sueur commençait à perler sur son front, et il avait beaucoup trop chaud avec ses vêtements, mais il se laissa quand même glisser le long du corps de Blaine. Il appuya sa langue sur son flanc et la laissa remonter le long de ses côtes.

"Oh merde, merde, merde ! hurla Blaine." Son poing se mêla aux cheveux de Kurt quand il déjeta puissamment ses hanches vers le haut. Kurt laissa échapper un rire tremblant quand Blaine arqua son bassin aussi haut qu'il le put pour presser son sexe contre sa chemise, à la recherche d'une friction.

Avec la dernière once de contrôle qu'il lui restait, Kurt glissa les doigts sous le haut du pantalon et du caleçon de Blaine, et les tira d'un coup vers le bas. Il recula pour les descendre le long de ses jambes et Blaine donna quelques coups de hanches pour l'aider à le libérer. Un Blaine gémissant se rapprocha de lui et attira brutalement ses lèvres contre les siennes.

Tremblant, Kurt lui rendit son baiser et maintint ses hanches contre le matelas pour se ré-installer sur ses cuisses. Des dents s'agrippèrent à sa lèvre inférieure, la tirèrent brutalement et lui arrachèrent un glapissement. La langue de Blaine se retrouva soudain en train de lécher ses dents, avant de se faufiler à l'intérieur de sa bouche pour se presser violemment contre la sienne. Un frisson d'extase parcourut Kurt, ses terminaisons nerveuses frémirent sous le baiser de Blaine.

Mon dieu, il le voulait. Il voulait ce garçon. Il voulait l'aimer, il voulait qu'il l'aime, il voulait se partager avec lui.

Sa bouche se sépara de celle de Blaine après une caresse particulièrement délicieuse contre son entrejambe, et il déjeta la tête en arrière dans un lent gémissement étouffé.

"Merde, pourquoi tu es encore habillé ? haleta Blaine contre son cou." Il n'attendit même pas la réponse de Kurt et tira sa chemise froissée de son pantalon pour commencer à en défaire les boutons. Le souffle d'air froid sur sa peau pâle et brûlante le fit gémir doucement, et de la sueur commença à perler. Puis Blaine se pencha juste assez pour passer sa langue de son ventre à sa poitrine, pour lécher les trainées de sueur qui brillaient sur sa peau exposée.

"Oh mon dieu ! s'exclama Kurt. Continue, Blaine, s'il te plait."

Son corps entier tremblait et le lançait, chaque pore et chaque nerf cherchait à être stimulé, même s'il avait déjà l'impression que c'était trop pour lui. Blaine retira sa chemise de ses épaules et la jeta dans un coin, avant de rouler sur lui. Kurt se fichait de savoir où elle avait atterri, ou si elle s'était déchirée, ou si elle restait en tas toute la nuit et en ressortait ruinée. Rien de tout ça n'avait d'importance, car leurs torses en sueur se collaient l'un contre l'autre et ses tétons fermes frottaient contre ceux de Blaine.

Deux mains tirèrent sur sa ceinture, tâtonnèrent la sangle et ouvrirent la boucle avant de l'arracher des passants. Ses hanches s'élevèrent légèrement sous ce geste, mais Blaine l'attira vers lui et pressa son sexe nu contre le tissu râpeux du jean de Kurt. Celui-ci gémit quand la puissance des hanches de Blaine le souleva de quelques centimètres. Blaine marquait vraiment un point. Pourquoi diable portait-il encore des vêtements ? Il rêvait de leurs corps nus qui se frottaient l'un contre l'autre depuis bien trop longtemps.

Il baissa les mains et défit les boutons de son jean tandis que Blaine continuait à balancer violemment ses hanches contre lui. Ses mains tremblaient, et chaque pression contre sa verge douloureuse lui arrachait un petit gémissement. Blaine s'arrêta quand il entendit le bruit de la fermeture éclaire, le souffle haletant. Puis ses mains tirèrent avec empressement sur son pantalon et son boxer pour les descendre. Kurt se contorsionna pour s'en extirper.

Blaine se baissa pour capturer ses lèvres dans un baiser enfiévré, et son genou se pressa entre les jambes de Kurt pour les écarter. Kurt se cambra, le souffle coupé par avance. Quelque chose de lourd, de dur et de palpitant glissa contre sa verge et il poussa un gémissement long et intense. Ses testicules le tiraillèrent quand Blaine se balança pour se frotter contre lui. Les premières gouttes de sperme rendaient leurs mouvements glissants, et l'esprit embrumé de Kurt décida qu'il avait eu raison. Tellement raison. Rien ne pourrait jamais égaler la sensation de Blaine qui palpitait et qui glissait entre la chaleur de leurs deux corps trempés de sueur.

"Putain, Blaine, gémit-il." Il passa ses jambes autour des cuisses de Blaine et planta fermement ses talons dans le matelas. Quand Blaine descendit à nouveau les hanches, plus brutalement et plus précipitamment, Kurt s'aida de ses pieds pour soulever son bassin contre le sien.

Une trainée de sueur glissa le long du cou de Blaine jusqu'à son ventre, et ils gémirent tous les deux désespérément en se cambrant l'un contre l'autre, leurs érections frémissant sous la friction. Les jambes de Kurt tremblaient trop pour qu'il puisse se maintenir plus longtemps, et il laissa ses hanches retomber sur le matelas. Ses muscles le brûlaient, son torse était couvert d'un léger film de sueur.

Blaine se laissa tomber avec lui en utilisant ses coudes pour soutenir son propre poids. Il ralentit le rythme de ses hanches et suça la lèvre inférieure de Kurt entre ses dents.

"Kurt, je... mon dieu, je peux te doigter ? demanda désespérément Blaine contre sa bouche." Les lèvres de Kurt se figèrent contre les siennes, son esprit se brouilla un peu et il sentit Blaine se raidir et reculer rapidement. La moindre hésitation avait poussé Blaine à se renfermer sur lui-même. Et mon dieu, ce n'est pas qu'il était contre. Sa question l'avait juste pris de court, et avait accentué la douleur au niveau de son entrejambe.

Blaine avait roulé sur le côté et s'était assis près de lui, et Kurt pouvait dire rien que par la tension dans sa mâchoire qu'il était en train de redresser toutes les barrières. Sans réfléchir, il roula sur les cuisses de Blaine et écarta la main du garçon quand celui-ci tenta de le repousser.

"Non, non, Blaine. S'il te plait..." Il déposa un petit baiser sur ses lèvres. Il avait l'impression qu'une masse de serpents grouillait dans son ventre. Sa verge rebondit légèrement quand il remua, et se cogna contre l'extrémité humide de Blaine. Il se mordit la lèvre et essaya d'empêcher le gémissement et la sensation de le distraire de ce qu'il voulait dire. "J'ai envie de toi, vraiment." Et mon dieu, c'était vrai. Son corps tout entier brûlait d'un désir qu'il ne pouvait ignorer.

Les mains de Blaine se baladèrent sur ses hanches quand il prononça ces mots, ses yeux s'adoucirent et ses doigts s'enfoncèrent légèrement dans sa chair quand il releva les yeux vers Kurt. "Alors quoi ?

- Je n'ai jamais… même pas tout seul… marmonna-t-il nerveusement." Les mains de Blaine parcoururent ses fesses et les serrèrent. La tête de Kurt tomba en avant sur l'épaule de Blaine et il haleta un gémissement brisé en se cambrant contre ses mains.

"Ne t'inquiète pas, bébé, murmura Blaine en lui mordillant l'oreille. Je me le fais à moi-même tout le temps."

Kurt poussa à nouveau gémissement à cette pensée et mordit l'épaule de Blaine. Un doigt se glissa entre ses fesses et frotta lentement de haut en bas. Il se sentait palpiter tandis que le doigt de Blaine descendait vers son entrée. La caresse de sa peau contre ses muscles sensibles le fit sursauter. Waouw, c'était incroyable.

"Allonge-toi sur le ventre."

Kurt se dépêcha d'obéir, quitta les cuisses de Blaine et s'allongea face contre le matelas à côté de lui, un peu anxieux. Les draps lui offrit un peu de friction, et il ne put s'empêcher de se frotter contre pour profiter de ce sentiment merveilleux.

"Kurt, tu es tellement magnifique comme ça." La voix de Blaine était douce quand il se pencha par-dessus son dos pour ouvrir le tiroir de la table de nuit. Kurt tourna la tête pour regarder sa main farfouiller à l'intérieur pendant un instant, avant d'en sortir une bouteille de lubrifiant à demi-vide. Effectivement, il devait vraiment se le faire souvent.

Il tourna son visage pour regarder Blaine s'allonger sur le côté et se presser contre lui. Ses doigts parcoururent la colonne de Kurt et descendirent jusqu'à ses fesses. Il se cambra sous cette caresse et sentit les hanches de Blaine se déjeter contre son flanc. Le bruit du bouchon qui sautait le tendit un peu sous la main du garçon.

"Chhhh." La bouche de Blaine plongea et déposa un baiser dans le bas de son dos. "Détends-toi."

La chaleur des mains de Blaine disparut pendant qu'il enduisait ses doigts de lubrifiant, et Kurt se cambra, impuissant et désespéré, avide du contact de Blaine en plus de sa verge qui palpitait contre sa hanche. Puis quelque chose de froid coula le long de ses fesses, et le contact contre sa peau surchauffée lui donna presque une impression de morsure. Mais le doigt de Blaine revint, chaud et glissant, et étala le lubrifiant en petits cercles toujours plus bas jusqu'à masser son entrée, en appuyant un peu plus à chaque fois.

Des lèvres douces se pressèrent de nouveau contre sa peau chaude et humide de sueur, du bas de sa colonne jusqu'à son cou puis sur son visage, tandis que le doigt de Blaine se pressa un peu plus fermement contre lui. Son souffle s'aiguisa et il se cambra pour essayer de faire pénétrer le doigt en lui. Il en voulait plus.

Blaine rit contre ses lèvres. "Tu es putain d'excité !"

Avant que Kurt ne trouve une remarque cinglante à répliquer, le doigt épais de Blaine glissa en lui, étirant le cercle de muscle et s'enfonçant jusqu'à la jointure. Kurt cria et se cambra contre la paume de Blaine. Ça le brûlait, le tirait, et pourtant c'était tellement bon.

Blaine embrassa tendrement son épaule sans bouger son doigt pour laisser Kurt s'habituer à la sensation.

"Bouge. Maintenant, exigea Kurt en remuant un peu les hanches pour que le doigt de Blaine sorte de quelques centimètres." Blaine suivit son mouvement et sortit complètement le doigt. La douleur du vide qu'il laissa était pire que la légère brûlure initiale, et il se cambra de nouveau pour faire revenir le doigt de Blaine en lui. Blaine le pénétra lentement une nouvelle fois et Kurt gémit en enfouissant son visage dans les draps, les orteils contractés. Les lèvres de Blaine revinrent sur son dos, suçant et léchant sa peau tandis qu'il entamait un va-et-vient avec son doigt, l'enfouissant d'un coup jusqu'à la jointure et le retirant avec une lenteur lancinante.

Chaque pression en lui suivait un angle légèrement différent, et Kurt savait exactement ce que faisait Blaine et ce qu'il cherchait, et mon dieu, il n'attendait qu'une chose : qu'il le trouve. Le doigt de Blaine se courba pendant le mouvement suivant, et se pressa en lui contre l'amas de nerfs qu'il cherchait.

"Putain de merde ! hurla Kurt." Il se déjeta contre la main de Blaine et gémit plus fort qu'il ne le pensait possible.

Il entendit Blaine gémir contre son dos tout en figeant son doigt en lui. Il appuya sur le point sensible et Kurt enfonça ses hanches dans le matelas. Il gémit quand le doigt de Blaine se retira, et balança ses hanches en arrière pour le garder en lui. Une seconde plus tard, deux doigts le pénétrèrent sans s'immobiliser pour lui donner le temps de s'habituer à la sensation. Mais il s'en fichait, ils avaient caressé sa prostate une nouvelle fois et même s'il ressentait une légère sensation de brûlure à cause de l'étirement, il la ressentait à peine à cause du plaisir extrême qui parcourait son corps.

Il balança ses hanches en arrière et écarta les jambes pour presser ses genoux dans le matelas, et soulever ses fesses de quelques centimètres. Ainsi il pouvait se baiser sur les doigts de Blaine. Les draps chauffaient contre sa joue et Blaine se pencha pour capturer ses lèvres dans un baiser enfiévré. Kurt haleta contre les lèvres de Blaine tout en entamant un va-et-vient sur ses doigts. Il sentait son sexe frotter contre les draps.

"Un autre, supplia-t-il." Et Blaine obéit immédiatement sans même marquer une pause dans ses mouvements. Cette fois il eut vraiment mal, et il poussa un cri de douleur. Les doigts de Blaine ralentirent, mais après quelques secondes et malgré la douleur encore présente, Kurt se balança vers l'avant jusqu'à ce qu'il n'en reste plus que le bout en lui.

"N'arrête pas. Blaine, n'arrête pas, gémit-il." Il glissa en arrière sur les doigts lubrifiés, et enfouit ses ongles dans les draps quand Blaine recommença à le baiser. Il gémit contre les lèvres de Blaine quand elles se pressèrent contre les siennes, et leurs langues se mêlèrent paresseusement. Après quelques minutes, la sensation de brûlure disparut et il accéléra ses mouvements. Putain, il en voulait toujours plus.

"Plus. Putain, j'en veux plus, Blaine." Kurt savait qu'il n'y avait qu'une seule option qui correspondait à "plus". Et il était sûr que Blaine le savait, lui aussi. Le va-et-vient ralentit et s'affaiblit, et Kurt gémit de frustration avant de se balancer en arrière contre la main raide de Blaine.

"T'es sûr ?"

Le ton de Blaine était tellement soucieux, attentionné et patient que si Kurt avait encore eu des doutes, ils auraient été effacés comme un message sur le sable quand la marée monte.

"Oui, s'il te plait, haleta Kurt d'une voix essoufflée." Il recula encore et se cambra sous cette sensation incroyable qui caressait sa prostate. "J'en veux plus. Je te veux toi."

Pour accentuer ce qu'il venait de dire, il se tortilla un peu tandis que les doigts de Blaine recommençaient paresseusement leur va-et-vient en lui, et tâtonna pour atteindre le tiroir de la table de nuit. Il gémit quand les doigts de Blaine caressèrent sa prostate et le sursaut de ses hanches obligea les doigts à s'arquer encore plus contre le point sensible. A l'aveuglette, il plongea la main dans le tiroir jusqu'à ce qu'il trouve la petite boite. Il attrapa la bouteille de lubrifiant sur la table de nuit, là où Blaine l'avait laissée, et les glissa sur le lit en les passant sous son corps. Son torse se tourna un peu pour faire face à Blaine. Il tira un préservatif de la boite et essaya de déchirer l'emballage, mais ses doigts tremblaient à la fois d'anxiété et du plaisir que projetaient ceux de Blaine le long de sa colonne jusqu'à ses orteils.

Après une inspiration profonde, il réussit à déchirer le plastique sous le regard sombre et avide de Blaine. Les doigts tremblants, il roula le préservatif sur la verge épaisse de Blaine. L'autre garçon gémit et se balança contre son poing. Blaine retira ses doigts et Kurt poussa un gémissement de regret quand la douleur l'envahit de nouveau, quand ses muscles se refermèrent sur le vide.

Blaine saisit la bouteille de lubrifiant dans les mains de Kurt et en laissa couler un peu dans sa paume avant d'en enduire son érection et de se déplacer derrière Kurt sur le lit.

Kurt éleva le bas de son corps de quelques centimètres et garda les jambes écartées tandis que Blaine rajoutait un peu de lubrifiant sur lui-même. Kurt se cambra vers ce contact qu'il attendait tant et sentit un peu de produit goutter sur son scrotum et ses cuisses. Puis le bout dur et émoussé de la verge de Blaine effleura ses muscles étirés. Il se balança en arrière, suppliant Blaine de se dépêcher de le baiser. De le pénétrer, de l'étirer et de le faire hurler.

L'extrémité de Blaine appuya contre l'entrée de Kurt et s'y pressa doucement pendant quelques secondes, avant que Blaine ne plonge lentement jusqu'à s'enfouir complètement dans la chaleur humide et étroite de Kurt. Kurt cria devant cette sensation de plénitude, à la brûlure qui irradia quand ses muscles se serrèrent autour de Blaine.

Au-dessus de lui, Blaine poussa un gémissement de plaisir quand il se contracta et ses mains se baladèrent sur ses fesses pendant qu'il s'adaptait à la douloureuse sensation d'étirement. Son torse commença à se soulever quand une partie de la brûlure laissa place à un brouillard de plaisir.

"Bouge, murmura-t-il contre les draps." Il enfouit son front dans le tissu. "S'il te plait, bouge."

Il n'était pas encore sûr de s'être complètement habitué à la présence de Blaine en lui, mais mon dieu, il voulait juste qu'il bouge, qu'il appuie sur tous les points sensibles en lui et qu'il noie la douleur sous un flot de plaisir. Blaine se retira lentement, les mains fermement serrées sur ses hanches, jusqu'à ce qu'il ne reste que la tête de sa verge en lui. Kurt geignit quand une terrible douleur apparut à cause du vide, mais Blaine balança ses hanches en avant et s'enfouit encore plus profondément que la première fois. Kurt sentit les testicules de Blaine se presser contre lui quand il lui grimpa dessus, tout en restant en lui.

"Putain Kurt, tu es tellement étroit, gémit Blaine." Il haleta brutalement et remua légèrement les hanches pour changer d'angle.

Kurt gémit bruyamment quand il se pressa contre sa prostate et balança ses hanches en arrière contre Blaine, pour l'inciter à continuer. Blaine comprit le message et commença à balancer ses hanches contre lui, lentement mais suffisamment fort pour le faire glisser de quelques centimètres vers la tête du lit. Un gémissement profond s'arracha de sa gorge quand les hanches de Blaine le heurtèrent. Les os iliaques du garçon cognaient contre ses fesses assez fort pour lui laisser des bleus, et le bruit humide de leurs peaux qui claquaient l'une contre l'autre résonnait dans la pièce. Chaque mouvement, chaque caresse de Blaine sur sa prostate lui coupait le souffle. Il glapissait, gémissait et déjetait violemment les hanches en arrière pour se coller contre Blaine, et Blaine se jetait violemment en lui en ajoutant ses propres gémissements à la symphonie.

Kurt savait qu'il ne tiendrait pas longtemps, entre la friction du lit contre son sexe et la manière dont celui de Blaine glissait parfaitement en lui, et dont ses doigts s'enfonçaient dans ses fesses quand il se cambra contre lui.

"Tu aimes ça, n'est-ce pas bébé ? grogna Blaine et se blottissant contre le dos de Kurt." Celui-ci criait avec l'ardeur des hanches de Blaine qui frappaient contre ses fesses. Il les sentait vibrer quand le bassin de Blaine martelait contre lui. Il sentait les testicules imposantes de Blaine cogner contre les siennes. Il ne réussit à sortir qu'un gémissement brisé en guise de réponse. C'était plus que génial et incroyable, mieux que tout ce que Kurt avait imaginé et il n'avait qu'une envie : que Blaine continue à balancer ses hanches à ce rythme rapide et à cogner sa prostate jusqu'à ce qu'il soit littéralement en train de hurler.

Mais ce n'était pas la réponse qu'attendait Blaine. L'une des mains qui s'agrippait à ses fesses se retira, puis revint brutalement quand Blaine arrêta ses mouvements. La douleur piquante engendrée par la claque arracha un glapissement à Kurt, et lui se cambra tout en se contractant autour de lui. Putain de merde. Pourquoi est-ce que c'était si bon ? La douleur s'était aussitôt transformée en onde de plaisir dirigée droit vers son centre et le long de sa verge, toujours pressée contre le lit. Il pouvait déjà sentir la chaleur familière qui croissait dans son bas-ventre et se répandait dans le reste de son corps.

Blaine poussa un gémissement intense, et le pénétra de quelques centimètres quand il se contracta autour de lui. "Putain, tu aimes ça, aussi ?

- Oui, gémit Kurt en s'arquant. N'arrête pas. Je... plus fort. Baise-moi plus fort. Claque-moi plus fort."

L'autre main claqua contre ses fesses quand Blaine renouvela ses mouvements. Il pressa ses paumes dans le matelas de chaque côté de Kurt pour avoir un meilleur équilibre, et pénétra brutalement en lui quand il se contracta sous la claque piquante qu'il venait de lui donner. Kurt se cambra un peu plus pour élever ses fesses contre Blaine. Il ne se balançait même plus en arrière contre lui, il laissait Blaine plonger en lui. Une autre main claqua sur sa fesse.

Cette fois il hurla d'extase, et le sexe de Blaine se pressa contre sa prostate quand il se contracta de nouveau et que se orteils se courbèrent. Le plaisir lui envahissait les membres, lui enfonçait les ongles dans les draps et lui cambrait la colonne pour élever le plus possible le bas de son dos. Chaque fessée et chaque pression contre sa prostate faisait jaillir le plaisir en lui, puis il frémissait le long de sa verge et bouillonnait dans la chaleur pulsatile de son ventre.

"Putain, Kurt, gémit Blaine en pressant son front humide contre le dos de Kurt. Je suis tellement... tellement proche..."

Ses mouvements s'accélèrent et une autre main descendit sur les fesses de Kurt.

"Blaine ! hurla-t-il." La contraction familière commença à se faire sentir dans ses testicules et dans son ventre. "Baise-moi plus fort !"

Une autre claque piqua sa fesse et son corps entier se contracta. Tous ses muscles se tendirent quand la chaleur le heurta de plein fouet et tourbillonna en lui quand il se libéra. Il hurla et se resserra autour du sexe de Blaine. Il sentit sa verge vibrer contre le lit, il sentit la chaleur humide et collante de son sperme qui se répandait sous les muscles contractés de son ventre et imprégnait les draps sous lui. L'orgasme continuait à noyer son corps, les vagues de chaleur s'intensifiaient de plus en plus et ses muscles se contractaient toujours plus autour de Blaine. Avec un dernier mouvement brutal, le corps tout entier de Blaine se tendit et il s'enfouit entièrement en lui quand ses bras lâchèrent. Il gémit plusieurs fois le prénom de Kurt, et son sexe palpita en lui quand il se libéra à son tour.

Haletant et à bout de souffle, Kurt s'enfonça dans le matelas grinçant quand le corps en sueur de Blaine se pressa sur lui. Ils restèrent allongés là pendant quelques instants, reprenant leurs souffles après l'incroyable vague de plaisir qui venait de les submerger. La poitrine encore battante, Blaine se souleva un peu et recula ses hanches pour se retirer de Kurt. La douleur brûlante revint quand Blaine roula sur le côté, et la désagréable sensation de gonflement entre ses fesses le fit grimacer. Quelque chose d'humide claqua contre la poubelle – le préservatif, sûrement – puis la main de Blaine le força à rouler sur dos. Le poids qui passa ses fesses le fit gémir bruyamment de douleur, il avait mal à cause des fessées. Putain, il avait adoré ça, même si ses fesses allaient le lancer et lui faire mal pendant des jours.

Un baiser tendre glissa sur ses lèvres, et Blaine enfouit son nez contre le sien. Il passa une main calleuse et apaisante le long de son flanc.

"Ça va ?"

Et son ton préoccupé accéléra encore les battements du cœur de Kurt. La douceur de Blaine à cet instant, Kurt ne l'oublierait jamais. Même quand il serait un vieil homme bossu et grabataire de quatre-vingt dix ans, à un stade avancé d'Alzheimer, il ne pourrait pas oublier le bonheur qui brillait quand ses yeux vert-noisette, et l'amour qui gonflait son propre cœur.

"Ça va un milliard de fois mieux que ça, répondit Kurt d'une voix douce." Il écarta une mèche bouclée du front humide de Blaine. Il avait terriblement envie de dire à Blaine qu'il l'aimait. Qu'il était complètement, irrévocablement fou amoureux de lui. Mais il ne pouvait pas. Il préférait ne rien dire et garder Blaine, plutôt que d'admettre à voix haute ce qu'il savait qu'ils pensaient tous les deux, et de prendre le risque de perdre Blaine pour toujours.

Il bailla et ses paupières commencèrent à s'alourdir. Il roula sur le côté et sentit Blaine se pelotonner contre lui, un bras étroitement serré autour de sa taille. Le garçon enfouit son nez dans ses cheveux et ronronna légèrement en fermant les yeux. Il se détendit contre le torse de Blaine tandis qu'ils s'endormaient.