Blabla : Coucou les gens ! Je suis énormément désolée d'avoir mis deux semaines à poster ce chapitre. A mon retour de vacances, il m'a fallu chercher un appartement et tout et tout, j'ai eu un peu de mal à m'y remettre, mais finalement, TADAAA ! J'espère que ce chapitre vous plaira, parce que j'ai adoré l'écrire. Il est un peu triste, mais j'avais besoin de faire dans le mélodramatique, vous comprenez ?

Pour la scène où George parle sur la tombe de Fred, je vous conseille fortement d'écouter la deuxième partie de la chanson Give me Love d'Ed Sheeran, à partir de 5 min 40 pour être précise. C'est cette chanson qui m'a donné l'idée et je l'ai écrit d'une traite. Pour la petite histoire, j'ai un frère jumeau, et je me suis demandée, oui c'est horrible, ce que j'aimerais lui dire s'il venait à partir…

Pour la scène de la danse, ça a été un mélange de Sunburn d'Ed Sheeran et de Hometown Glory d'Adele. Mais To build a House de The Cinematic Orchestra marche très bien aussi !

En attendant, je tiens à remercier mes reviewers qui sont de plus en plus nombreux, et les gens qui passent et lisent sans laisser de commentaires Merci à tous, vous me donnez envie de continuer cette petite histoire qui me tient de plus en plus à cœur.

Love & Câlins, Kin.

LES DEUX PRINCES.

CHAPITRE 13.L'AMOUR ?


13 Mai 1999 :

Installé dans son lit douillet, le Survivant tentait vainement de trouver le sommeil. Il entendait tout autour de lui des bruits de craquements, des grincements, comme si le Square tout entier voulait le narguer ou avait pour mission de l'empêcher de dormir. Pourtant, il aurait vraiment fallu qu'il se relaxe. En effet, il avait passé la nuit entière à se tourner et se retourner dans son lit sans pouvoir fermer l'œil, et aujourd'hui avait lieu le renouvellement des vœux des Weasley, en présence d'une grande partie de la communauté sorcière. Il aurait été franchement malvenu de la part du Survivant de s'endormir en plein milieu de la cérémonie durant laquelle ses presque parents-comme il les considérait à présent- allaient s'unir à nouveau.

Lançant un Tempus à l'aveuglette, le brun grinça des dents en voyant s'afficher 05 :38. Il devait se réveiller dans à présent deux heures et dix-huit minutes pour aller aider aux préparatifs de la cérémonie. S'il ne dormait pas tout de suite, il n'aurait jamais les forces nécessaires à dresser la tente avec les autres.

Il ferma lentement les yeux en tentant de se détendre au maximum. Comme il s'y attendait, le visage de Malefoy s'imposa à son esprit. Pourtant, contrairement à ce qu'il avait fait tout au long de la nuit, Harry ne repoussa pas cette image cette fois-ci. Il se laissa aller à l'explorer lentement, ne sachant pas si celle-ci provenait d'un souvenir ou d'une simple reconstitution tout droit sortie de son imagination. Au fin fond de son esprit, à travers ses yeux fermés, son regard vagabonda des cheveux blonds, qui retombaient en mèches fines sur le front pâle du Serpentard, celui-ci orné au niveau de la tempe droite d'une cicatrice légère en forme d'étoile abstraite, souvenir laissé par un Lucius qui voulait que Draco se rappelle à son bon souvenir à chaque fois qu'il remarquerait cette marque qui gâchait son visage auparavant parfait. Ses sourcils fins étaient détendus, contrairement à d'habitude, et ses yeux ouverts pour laisser entrevoir à Harry des paupières fines, des cils clairs et un regard à tomber. Le regard de Malefoy, Harry n'aurait jamais pu le décrire. Il était une poésie.

Le charme de tes yeux sans couleur ni lumière
Me prend étrangement : il se fait triste et tard,
Et, perdu sous le pli de ta pâle paupière,
Dans l'ombre de tes cils sommeille ton regard.

Ses yeux étaient un paradoxe. Ils avaient, pendant près de 6 ans, dégoutés Harry, qui ne pouvait supporter ces deux orbes gris pleins de mépris et de condescendance à son égard, ce regard qui le faisait se sentir plus bas que terre à chaque fois qu'il le croisait, ces haussements de sourcils défiants qui poussaient les siens à se froncer, ces prunelles meurtrières qui durcissaient les siennes. Pourtant, depuis peu, Harry avait découvert une toute autre face de ses yeux qui, comme la lune, pouvaient cacher une grande partie de leurs trésors. Leurs reflets bleutés quand le Serpentard était en présence d'être chers ou quand il était heureux, leur brillance quand il était au bord de l'orgasme, leur pétillement quand leur propriétaire riait o s'en empêchait, et la façon dont ils s'assombrissaient quand le danger était proche ou que quelqu'un le menaçait, comme pour cacher toute parcelle de faiblesse en lui

Ses pommettes hautes, dernièrement légèrement saillantes, qui rosissaient lorsqu'il riait, lorsqu'il avait froid ou encore lorsqu'il prenait du plaisir

Son nez droit et fin, pointu en son bout, comme pour montrer que Merlin n'avait rien laissé au hasard dans la conception de cet être angélique

Sa mâchoire subtilement musclée, qui se crispait quand il était tendu et dont chaque muscle se mouvait sensuellement quand il l'embrassait

Ses lèvres, cette ligne fine et inconstante dont la partie inférieure semblait, par son aspect astucieusement pulpé, quémander des baiser tandis que la partie supérieure ne demandait qu'à laisser le venin s'en échapper. Celle-ci, d'une frivolité alarmante, bougeait comme une entité propre pour attaquer en formant un rictus en coin pour rire en découvrant une rangée de dents blanches et droites pour embraser ou pour gémir, action de celle-ci qu'Harry préférait de loin

Son cou, mince et élancé, portait fièrement ce visage qui ravissait la plupart des sorciers. La ligne droite de sa pomme d'Adam dans une démarcation de la symétrie parfaite de son anatomie, les deux côtés de son cou très légèrement musclés, tendus quand Draco se fâchait.

Sans qu'il ne s'en rende compte, Harry laissa son exploration continuer.

Ses épaules droites et dont les formes rappelaient à quiconque voulait s'y frotter que leur propriétaire avait pratiqué 5 ans de Quidditch, et que sa finesse n'avait d'égale que sa force

Le haut de son dos dont les muscles se crispait ou roulaient quand il s'abandonnait à son plaisir

Ses tétons roses et ronds, entourés d'une légère ligne de poils blonds invisibles, posés sur des pectoraux durs et dessinés à l'exact opposé des Dieux Grecs, plutôt semblables à ceux d'un personnage à qui l'on aurait dédié une ode pleine de charme et de douceur

Ses abdominaux, dont l'ombre claire trahissait la force nouvellement calme de leur propriétaire, comme si ceux-ci s'étaient estompés pour pouvoir être en adéquation avec la corpulence du Serpentard. Pourtant, à leur touché, ils semblaient vouloir montrer que s'ils n'étaient pas grossièrement posés là, leur présence n'était que cachée

Ses mains gracieuses et fines, qui, quand elles se posaient sur lui, courraient le long de sa peau comme celles d'un artiste explorant sa muse. Leur douceur pouvaient apprendre à quiconque plus que le reste du corps de Draco. Elles étaient aristocratiques, jamais moites, jamais posées là où elles n'étaient pas invitées, et si douces, si légères que leurs caresses pouvaient passer pour inexistantes. Pourtant, quand elles se faisaient plus dures, elles rappelaient que l'homme qui les portait en était un. Plus un adolescent, plus en enfant, mais un homme, qui savait tout aussi bien caresser et malaxer que frapper

Harry décida de raccourcir cette exploration tandis que son regard imaginaire semblait vouloir s'aventurer le long du corps entier de l'Héritier. Il secoua légèrement la tête en soufflant le trop plein d'air accumulé dans ses poumons sans même qu'il s'en soit rendu compte et garda les yeux fermés tandis qu'il comprenait ce que son corps avait voulu faire comprendre à son esprit depuis la veille. A travers cette exploration, le brun ne pouvait plus nier les sentiments qui le liaient au Serpentard, dont il était indubitablement tombé amoureux.

Mais comment ? Comment, par Merlin, avait-il pu tomber, car là était bien le mot, amoureux de sa Némésis, son pire ennemi, celui qui avait fait de sa vie un enfer, gâché son adolescence et réduit à néant toutes ses tentatives de reprise de confiance en soi ?

La réponse s'imposa simplement dans son esprit. Ils avaient grandis. Malefoy avait changé, Harry avait changé. Leurs querelles d'adolescents n'avaient plus lieu d'être maintenant que Poudlard était derrière eux et que la guerre les avait fauchés. Ils étaient à présents des hommes, et ils devaient faire face à la réalité, sans masques, sans noms derrières lesquels se cacher, sans mensonges et sans pudeur. En effet, le lien qui les liait ne les autorisait à rien se cacher, et Malefoy, même avant celui-ci, avait décidé de jouer cartes sur tables avec Harry. Il se devait de faire de même, et accepter sans panique aucune les sentiments naissant qu'il éprouvait à l'égard du blond.

C'est sur cette pensée qu'il réussit à finalement sombrer dans les bras de Morphée, qui l'accueillit tel un héros, l'entourant de ses bras brumeux pour le réconforter après le dur chemin qu'il vint d'accomplir.

Ce fut en un sursaut qu'Harry se réveilla, sûr et confiant à propos de ce qu'il devait faire. Aujourd'hui était un grand jour. Son petit-déjeuner fut rapidement avalé bien qu'apprécié, ses papilles frétillant de bonheur sous le goût salé du bacon. Son café lui brûla la bout de langue tant il n'attendit pas pour le boire, et sa douche réveilla les derniers muscles endormis de son corps trop rapidement sorti de son sommeil.

Quand il arriva chez Blaise, l'endroit où celui-ci avait tout naturellement proposé d'héberger l'évènement, il fut surpris de la rapidité de la préparation de celui-ci. Bien entendu, il ne croisa pas Draco de la journée, et dut se faire violence pour ne pas demander à ses amis om celui-ci avait bien pu disparaître.

La préparation de la fête se fit dans un brouhaha joyeux et frémissant, comme si tous accueillaient avec joie ce bonheur si longtemps partagé. La tente fut montée, ressemblant plus à la fin à une salle de bal totalement en contradiction avec son aspect extérieur. Les tables furent placées, nombreuses et rondes, pour permettre une proximité bienvenue entre les invités nombreux attendus ce soir.

En milieux d'après-midi, Harry fut invité à regagner le Square, n'étant attendu qu'en début de soirée pour un détour en petit comité par le cimetière où la famille Weasley et leurs amis proches iraient se recueillir sur la tombe de Fred avant la cérémonie.

Ce fut avec bonheur qu'il rejoint son lit, s'abandonnant à nouveau dans les bras de Morphée, sa vieille amie qui l'accueillit avec douceur.

Quand il se réveilla quelques heures plus tard, Harry ne put s'empêcher de grogner légèrement. Il lança un autre Tempus pour voir s'afficher 15h37. Il était temps de se préparer. Il se leva lentement et alla s'asperger le visage d'eau fraîche dans l'espoir d'éclaircir ses idées, puis se dirigea à nouveau vers sa chambre, sortant de son armoire son costume. Il avait décidé de jouer la plus grande neutralité, sans se rendre compte qu'il revêtirait le même costume que sa Némésis, au seul détail près que les couleurs étaient totalement inversées. Son pantalon était d'un noir profond, assortit à sa chemise et à sa veste qui, cintrée, épousait parfaitement la courbure de ses muscles. Il ajouta une touche finale en s'ébouriffant savamment les cheveux, acceptant implicitement le fait que tout le monde pense qu'il venait de passer la plus clair de sa journée à baiser comme un fou.

En jetant un coup d'œil dans le miroir de l'entrée, il ne put s'empêcher d'esquisser un fin sourire. Il était bien loin, l'adolescent un peu gauche et peu sûr de lui qui portait des vêtements dix fois trop grands pour lui. Il lança un regard nostalgique vers ses lunettes rondes, posées sur une petite commode claire. Après une courte hésitation, il les posa sur le bout de son nez et se mit face au miroir. Il s'observa ainsi pendant quelques secondes, prit d'un sentiment qu'il n'avait pas encore eu le temps d'éprouver : Il était nostalgique. Malgré la guerre, la prophétie, son lien avec le Seigneur des Ténèbres et tous les tracas que cela avait entraîné, la vie d'Harry avait incroyablement évoluée depuis son entrée à Poudlard. Il s'était fait des amis, avait eu des amourettes adolescentes, avait volé sur un balais, rencontré son parrain, les meilleurs amis de son père, découvert qu'il était aimé en dehors des murs de chez les Dursleys et qu'il valait plus que d'être enfermer dans un placard sous un escalier. En bref, il avait découvert la magie, la vraie, et maintenant, il tombait amoureux. Il se souvint du jour où Hagrid lui fit l'annonce de son entrée à Poudlard et de son statut réel et ne put s'empêcher de sentir ses yeux le picoter légèrement en repensant à ce qu'il avait ressenti ce jour-là : Un mélange de joie, de bonheur, d'excitation, d'effarement et de peur. Et surtout, le sentiment d'avoir une chance inouïe. Ce sentiment, lui, n'avait pas disparu.

Il reposa doucement les lunettes sur la commode et sortit du Square en un mouvement rapide. Il transplanna directement chez les Weasley, lieu de rendez-vous pour se rendre sur la tombe de Fred. Quand il arriva sur place, tout le monde était présent, sauf Blaise et Draco. Harry alla tout naturellement se placer aux côtés d'Hermione et Ron, dans un silence respectueux.


Peu avant, au Manoir Zabini :

De son côté, Draco paniquait. Il avait enfin consenti à se lever de son lit sous les hurlements de son meilleur ami, qu'il pensait d'ailleurs de plus en plus à dépouiller de ce titre incessamment sous peu. Mais une fois devant son miroir, il s'était arrêté et n'avait plus réussi à bouger. La dernière fois qu'il avait vu Potter, ce dernier s'en était sorti avec une lèvre fendue, des côtes fêlées et un œil au beurre noir. Comment avaient-ils pu en arriver là, après tous les évènements passés ces dernières semaines ? Comment était-il possible qu'ils reviennent au stade des coups alors qu'ils étaient passés par celui des caresses ? La réponse s'imposa d'elle-même dans son esprit : Il avait peur. Il crevait de trouille à l'idée que la seule chose qui ait été vraiment stable dans sa vie évolue et change inexorablement. Il pouvait aisément concevoir qu'il en allait de même pour Potter. Alors ils se battaient comme des enfants, à défaut de savoir s'aimer comme des adultes.

Pourtant, les couples qui les entouraient prouvaient que bien des personnes savaient aimer, et savaient le faire bien. Malgré la haine qu'ils avaient pu éprouver, malgré leurs rixes et leurs différends, ils savaient s'aimer. La seule différence était qu'Harry et Draco n'avaient pas simplement vécus de simples querelles, ils avaient été les instigateurs d'une haine qui s'était étendue autour d'eux. Les autres n'étaient que des pions qui éprouvaient alors une haine « normale » les uns envers les autres. Eux en étaient les Princes, les instigateurs, les pionniers. Alors comment pouvaient-ils descendre de leurs trônes, pour enfin unir leurs forces ? Comment oublier une place acquise grâce à une haine mutuelle pour faire place à une puissance gagnée grâce à l'amour ? Pourquoi l'union de deux forces faisait-elle plus peur que l'opposition de celles-ci ?

Parce qu'il avait toujours été plus facile, du moins pour le Serpentard, de donner sa haine plutôt que son amour. Il pouvait compter les gens qu'il aimait réellement sur les doigts d'une main. En y réfléchissant, il comprit qu'il pouvait aussi compter les gens qu'il avait réellement haïs sur les doigts d'une main. Dès leurs 11 ans, les deux garçons avaient pris une place centrale dans la vie de l'autre, sans qu'Harry ne s'en rende compte à cette époque.

Mais aujourd'hui, Draco n'avait plus 11 ans. Il devait faire face à ses sentiments, et se prouver à lui-même que l'idée reçue selon laquelle les Serpentards seraient des lâches était fausse. De toute façon, agir lâchement ne lui apporterait rien de bon : Sa relation avec Potter avait déjà changée, et ses crises de panique en avait dit long sur la réalité de ce qu'il ressentait. Il fallait dorénavant agir en Gryffondor : Foncer, et réfléchir après.

« - TU VAS TE MAGNER PRINCESSE ?! ON N'A PAS TOUTE LA JOURNÉE ET SI TU CONTINUES A VERIFIER TA COIFFURE, JE FAIS DISPARAÎTRE TES CHEVEUX ! »

Le hurlement de Blaise le fit sursauter violement, le sortant de ses pensées de la moins agréable des façons. Il jeta un dernier coup d'œil à son reflet, vérifiant effectivement sa coiffure, avant de descendre les escaliers nonchalamment, une main enfoncée dans la poche de son costume, et ravi de son petit effet sur Blaise qui fulminait de rage au bas de celui-ci. Un sourire en coin accroché à ses lèvres, il quitta sa maison en compagnie du basané.


Quelques secondes plus tard, au Terrier :

Quand les deux compères arrivèrent, Harry et Severus relevèrent les yeux lentement pour penser exactement la même chose pour deux personnes différentes : Ils étaient beaux. Draco fit un léger signe de tête à Harry avant d'aller baiser légèrement la main de Molly qui lui fit un tendre sourire, et d'aller se placer à côté de Pansy, qui semblait sur le point d'éclater en sanglot.

C'est ainsi que la petite troupe transplanna dans le cimetière de Loudry Ste Chapoule, où ils marchèrent lentement jusqu'à la tombe de Fred. Arthur et Molly furent les premiers à s'en rapprocher, laissant le groupe à quelques pas d'eux. Harry remarqua alors à quel point Molly était resplendissante. Elle portait une robe beige, longue et dont le bustier laissait transparaître sa poitrine généreuse. Ses cheveux étaient lâchés et retombaient en cascade sur ses épaules, et son maquillage léger faisait ressortir les rondeurs de son visage. Elle semblait naturelle, et on pouvait comprendre en un regard la femme magnifique qu'elle avait été et qu'elle était encore plus maintenant que la vie l'avait marquée. Arthur, vêtu de beige lui aussi, fit un mouvement de baguette qui orna la tombe de fleurs colorées, et s'y pencha, déposant un baiser sur ses doigts avant d'effleurer le marbre du bout de ceux-ci. Il se releva et prit le bras de sa femme, qui sourit tendrement avant de murmurer :

« -Fred, mon bébé… Tu es toujours là. »

Tous deux se reculèrent afin de rejoindre les autres. Ron serrait la main d'Hermione doucement, qui caressait celle-ci de son pouce. Harry se demanda furtivement pourquoi les Weasley ne s'étaient pas réunis seulement entre eux avant que la réponse ne lui vienne à l'esprit rapidement : Ils étaient entre eux. Avec la guerre et ses tracas, tout le petit groupe était devenu une famille à part entière.

Le prochain à s'avancer vers la tombe de Fred fut George. Celui-ci s'accroupit à côté de celle-ci et y déposa une oreille à rallonge, avant de se lever et de croiser ses mains devant lui. Il parla lentement, d'une voix claire, pour que tous puissent entendre :

« - Salut, Fred. Ce matin, maman m'a demandé de raconter une anecdote marrante sur toi. J'ai cherché, longtemps, mais finalement je me suis rendu compte que je ne pouvais pas faire ça. Je ne peux pas parce que j'y passerai toute une vie. Tu as été la plus grande source de joie dans ma vie, je n'ai jamais réussi à le comprendre jusqu'à ce que tu t'en ailles. Mais un matin, en me réveillant, je n'ai juste pas éclaté de rire, je ne t'ai pas renvoyé une réplique cinglante digne de nous, et là, je m'en suis rendu compte. Qu'on m'avait enlevé une partie de moi. On s'en rend pas compte, combien c'est important, une partie de soi, mais dès qu'on nous l'enlève, plus rien n'est pareil. Quand tu es parti, ma joie est partie en même temps que toi, ma moitié, mon frère. »

Il se passa une main sur la bouche et la serra fort, comme pour empêcher un sanglot de la franchir. Dans l'assistance, le silence était lourd. Ginny sanglotait silencieusement, tandis que Théo lui caressait le dos en de petits mouvements circulaires. Bill tenait fermement la main de Fleur qui se tenait droite, comme pour rester forte aux côtés de l'homme qu'elle aimait. Hermione et Harry tenaient fermement Ron contre eux, dont les épaules semblaient s'être abaissées de quelques centimètres. Même Rogue semblait touché, empoignant de temps à autres l'épaule d'Arthur comme pour lui montrer sa présence. Draco avait la tête basse, quelques mèches retombant mollement sur son front pâle. George s'éclaircit la gorge et reprit :

« -Mais aujourd'hui, papa et maman renouvèlent leurs vœux. Et moi, je vais bien. Pour la simple et bonne raison que j'ai réussi à comprendre une chose importante : Même si tu es parti, tu es encore là. Tu vis encore en chacun de nous, et… Tu me feras toujours autant rire. Même parti, je repenserai sans cesse à tous ces moments où on a pu rire pour tout et rien. Et j'en rigolerai, comme une baleine, comme un fou, j'aurais l'air con mais tant pis. Et tu sais, Freddie… J'ai toujours pensé que nous finirions notre vie tous les deux, ensemble, à enchaîner les conneries. Mais aujourd'hui, j'ai rencontré quelqu'un. Il réussit à me faire rire à nouveau. Tu le connais, bien entendu, et tu l'aimais beaucoup, je crois même que t'aurais été jaloux si tu étais encore là ! »

Un petit rire passa dans l'assemblée, et Dean se rapprocha légèrement de George, passant une main légère dans son dos. Ce dernier lança une main en arrière, attrapant celle de son amant sous les yeux attendris de ses parents. Il continua :

« -Et oui, le petit Thomas. On a repris la boutique ensemble, et aujourd'hui, j'ai repris ma vie avec lui. Tu sais, au début, j'avais peur que les gens pensent que c'était trop tôt, trop frais, trop tout… Mais je me suis rendu compte d'une chose : Si tu avais été là, tu m'aurais dit « Qu'ils aillent se faire foutre ! » alors qu'ils aillent se faire foutre, tous. Je vais être heureux, on va tous l'être, parce que je suis le mieux placé pour savoir que c'était ce que tu voulais, et que tu le veux toujours. Et je sais que de là où tu es, tu dois bien te faire chier à nous voir tous pleurer sur un morceau de marbre. Tu dois avoir envie de nous secouer et de nous forcer à rire. Si t'avais été là, tu nous aurais sorti une de tes blagues bien lourdes auxquelles on aurait tous rit sans pouvoir s'en empêcher. Ou mieux, t'aurais fait ça. »

De sa main libre, George fit un mouvement de baguette et automatiquement, un éclair rouge en sortit. Aussitôt, un dragon géant en sortit, tout de feux d'artifice conçu. Celui-ci poursuivait une Ombrage elle aussi faite en feu d'artifice, qui criait en dandinant son gros corps pour s'en sortir. Un éclat de rire commun se déclencha, et George esquissa un sourire à travers ses larmes :

« -C'est pour toi, Freddie. »

Et tous restèrent ainsi longtemps, à regarder le feu d'artifice évoluer au-dessus d'eux. Celui-ci faisait revivre au petit groupe le Top 10 des moments les plus drôles des frères Weasley, et, à travers leurs sanglots, tous rirent à s'en briser les côtés. Ron, Ginny, Bill et Charlie s'avancèrent sur la tombe de leur frère et la caressèrent du bout des doigts, avant que tout le monde ne reparte vers le Terrier, le cœur tiraillé entre une joie et une tristesse immense.


Une heure plus tard :

Après une session maquillage pour les filles, tout le groupe avait transplanné ensemble vers l'ancienne demeure Zabini. Le coucher du soleil donnait à celle-ci une allure magique, la lumière rosée du soir se reflétant sur les murs blancs et sur les baies vitrées. Petit à petit, l'endroit s'était rempli de sorciers venus des quatre coins de l'Angleterre et d'encore plus loin, de membres du gouvernement et de journalistes à foison. L'annonce de l'évènement avait fait une tôlée dans le monde sorcier, les Weasley étant à présent une famille de héros de celui-ci, et la présence du Survivant et d'anciens Mangemorts reconvertis n'arrangeaient rien. Au départ, Arthur et Molly avaient hésité à n'autoriser que les membres de la famille et les amis proches à être présent, mais ils avaient finalement décidé que ce moment de bonheur devait être partagé par le plus grand nombre, pour que la joie revienne dans le cœur de tous les sorciers.

Tous se retrouvèrent réunis à l'orée de la petite forêt qui bordait le domaine, des lanternes flottant magiquement éclairant leur passage. Blaise et Rogue marchaient côté à côte, ce dernier pouffant de rire devant la mine renfrognée de son amant qui râlait contre les effluves romantiques de la famille bien trop nombreuse. Draco marchait derrière eux, tenant par la main une Sophia surexcitée dans sa robe rose à froufrou. Ginny et Théo, Dean et George, Hermione et Ron les suivaient, tandis qu'Harry marchait derrière, les mains plongées dans ses poches. Il observait tout autour de lui, et quand ils s'arrêtèrent, il ne put que lâcher un léger sifflement d'admiration devant le spectacle qui s'offrait à lui. Une petite esplanade de bois avait été montée devant les arbres de la forêt, entourée par des rubans de soie tenus par des lanternes qui flottaient magiquement, éclairant celle-ci d'une lueur orangée. Quelques petits bancs en rondins de bois avaient été installés devant celle-ci, directement posés sur l'herbe verdoyante du jardin. L'allée centrale était recouverte de pétales aux multiples couleurs, ajoutant un côté pastel à la scène.

Quand tout le monde fut installé, chaque couple de la famille Weasley remonta l'allée centrale avec un arrière fond sonore doux. Arthur remonta celle-ci en tenant Sophia par la main, qui semblait toute fière de l'attention qui lui était portée. Molly, quant à elle, fut accompagnée par Harry, qui lui tint doucement le bras et la serra tendrement contre lui en la félicitant une énième fois avant de la laisser rejoindre son mari.

L'échange fut bref. Kingsley avait été désigné comme Sorcier de Cérémonie, ce fut donc lui qui fit sortir un ruban doré de sa baguette, celui-ci s'enroulant autour des mains d'Arthur et de Molly qui ne se quittaient pas des yeux. Une fois le ruban dissolu, Arthur n'attendit pas que Kingsley lui donne la permission pour prendre Molly contre lui et la serrer dans ses bras, échangeant un doux baiser avec la femme qu'il aimait.

Dans l'assistance, certains sifflèrent, d'autres lâchèrent un petit rire. Harry tapa l'épaule de Ron, qui leva haut les pouces avant de reprendre la main d'Hermione qui souriait tendrement. Théodore tenait Ginny par l'épaule, Fleur échangeait un baiser tendre avec Bill et George riait à gorge déployée avec Dean. Un peu plus loin, Severus esquissait une moue dégoutée tandis que Blaise le taquinait gentiment, et Sophia se cachait les yeux sous les rires de Draco. Les applaudissements furent longs avant que la troupe de se décident à repartir vers la tente pour commencer à diner.

Après un repas gracieusement servi et durant lequel les conversations allèrent bon train, un jeune homme roux entra dans la salle. Celui-ci, muni d'une guitare, monta sur une scène emménagée sous les applaudissements furieux de l'assemblée. Harry ne le connaissait pas, mais il semblait être connu de tous à part lui. Les tables disparurent, faisant ainsi place à une large piste de danse, la tente prenant directement une allure de salle de bal qui ressemblait traits pour traits à celle de Poudlard. Les invités se réunirent autour de celle-ci à l'unisson pour profiter pleinement de la vue de la première danse du couple nouvellement remarié.

Quand ils entrèrent sur la piste, les applaudissements fusèrent. Le jeune homme joua quelques accords de guitare avant qu'un piano ne l'accompagne et que le public ne rejoigne le couple afin de pouvoir profiter de la balade. Tout le monde était heureux.

Pourtant, Harry sentait que la boule qui s'était créée dans le creux de son estomac ne diminuait pas. Il se sentait faible, vulnérable et anxieux. Il décida de s'éclipser et après quelques mots échangés avec Ron et Hermione, il sortit de la tente pour aller fumer. Sa cigarette lui fit du bien. Il observait les volutes de fumée s'échapper de celle-ci en se demandant pourquoi il avait eu l'air si sûr de lui ce matin-même alors qu'il réfléchissait à sa situation, et pourquoi il ne l'était plus du tout maintenant qu'il faisait face à sa Némésis dans la salle de bal. Alors qu'il se perdait dans ses pensées, une image lui arriva à l'esprit. Il voyait exactement où Draco se trouvait dans la salle. Comme si celui-ci l'appelait à le rejoindre. Sans qu'il ne s'en rende compte, un sentiment nouveau vint l'envahir. Une sorte de douce langueur vint envahir ses veines et Harry ne put s'empêcher de fermer les yeux, en remerciant intérieurement son ancien ennemi de réussir à le calmer un petit peu. Quand il rouvrit les yeux, il sut.

Il devait trouver Draco.

Quand il entra dans la salle, il avait une main enfoncée dans une de ses poches, les cheveux encore plus ébouriffés qu'habituellement, et les joues rosies par la froid. Mais ce qui étonna le plus les gens qui le regardèrent, ce fut l'étincelle dans ses yeux. La même que celle qu'il avait pu avoir quand il était allé retrouver Voldemort pour se sacrifier. Il regarda autour de lui, cherchant sa Némésis des yeux en voguant parmi les invités de la salle, en échangeant un sourire, un petit mot avec certain d'entre eux sans pour autant jamais s'arrêter réellement pour une conversation.

Au détour d'une épaule, un éclair blond traversa ses yeux. Aussitôt, la boule qu'il avait dans le ventre revint. Il la chassa férocement avant de lever les yeux, sans se rendre compte qu'il s'était arrêté au milieu de la salle. Draco était là, en grande discussion avec son parrain. Harry inspira profondément avant de se lancer. Il s'avança vers lui d'un pas certain avant de s'arrêter face à lui, remarquant pour la première fois qu'il n'avait absolument rien de concret à lui dire. Draco remarqua sa présence, ainsi que Severus qui s'éclipsa tranquillement pour aller rejoindre son amant.

Harry leva les yeux légèrement, pour que son regard accroche celui du blond. Celui-ci ne fit aucun mouvement, un air totalement perplexe peint sur le visage. Il semblait ne pas comprendre pourquoi le Survivant ne trouvait mot face à lui.

Draco cligna des yeux légèrement avant de penser fortement « Calmes-toi, Potter ». Il fut ravi de voir que celui-ci sembla se détendre légèrement, un peu plus étonné de voir la main de celui-ci se tendre vers la sienne. Il l'attrapa d'un mouvement léger, en plongeant un regard interrogateur dans celui de son amant.

Harry, pour toute réponse, rapprocha Draco de lui et posa sa main libre sur sa taille, enroulant ses doigts fins autour de celle-ci. Se tendant d'abord, le Blond inspira et posa la main qui ne tenait pas celle de Potter sur l'épaule de celui-ci, la laissant glisser sur le tissu soyeux de sa veste de costume. Ils ne remarquèrent pas que les conversations des invités les plus proches d'eux avaient cessés. Ils ne remarquèrent rien car, dès ce moment, leurs yeux s'accrochèrent, pour ne plus se décrocher. Au rythme d'une chanson lente et magnifiquement interprétée par le jeune chanteur, les deux jeunes hommes aux costumes opposés se mirent à danser. Leurs mouvements étaient lents, doux, comme s'ils partageaient un secret qui n'appartenait qu'à eux. Comme s'ils allaient disparaître. Petit à petit, les yeux se mirent à converger sur ce couple atypique, des murmures s'élevaient autour d'eux tandis qu'ils entamaient une valse lente et sensuelle. Mais eux s'en moquaient.

Leurs deux mains qui se tenaient se déplacèrent. Ainsi, leurs doigts s'entremêlèrent, sans qu'ils ne se lâchent des yeux. Les doigts de Draco bougèrent légèrement autour de ceux d'Harry, tandis que celui-ci intensifiait la pression sur sa taille. Les flashs se mirent à crépiter au moment où les doigts de leurs mains s'entrelacèrent.

Pour des yeux totalement extérieurs à l'histoire de Poudlard, cette scène n'était qu'une des nombreuses scènes d'amour auxquelles peuvent se livrer les adolescents, et au fond, ce n'était rien de plus que ça, deux adolescents qui s'aimaient, et n'osaient se le dire, alors se le montraient. Pourtant, tout autour d'eux, les voix s'élevaient, les flashs crépitaient, les journalistes se sentaient au bord de l'orgasme rien qu'à l'idée de titrer le journal de demain : Les deux Princes ennemis maintenant amoureux ? Et les sorciers lambda à l'idée de raconter cette scène en exagérant comme les gens savent le faire, en parlant de leurs tenues totalement à l'opposées l'une de l'autre, de combien c'était prévisible…

Pourtant, tout œil put remarquer cette espèce d'aura bleue claire qui entourait le couple, laissant de légères trainées poudrées derrière leur passage. Leurs nombreux mouvements créaient autour d'eux une espèce de longue trainée bleue claire, argentée qui les suivait, ajoutant à la sensation d'apaisement et de douceur qui régnait déjà dans la salle. Dans un coin de celle-ci, Severus Rogue esquissa un fin sourire. Aux yeux des autres, ce n'était que de la poudre aux yeux, mais lui y voyait le potentiel de ces deux adolescents lorsqu'ils arrêtaient de se combattre pour s'aimer.

Les deux garçons, quant à eux, dansaient. Ils ne se préoccupaient pas tellement de ce qu'il se passait autour d'eux, ayant même la sensation d'être entouré d'un brouillard qui finissait là où se dessinait la silhouette de l'autre. Une espèce de conversation muette avait pris place, sans qu'aucun mot ne soit prononcé ou pensé. Simplement, les sentiments qu'ils éprouvaient à cet instant précis se mêlaient, sortaient de leurs corps respectifs pour aller se mélanger à ceux de l'autre.

Quand leurs mouvements se firent plus lents jusqu'à se stopper totalement, ils ne remarquèrent pas que tous, autour d'eux, retinrent leurs souffles. Draco lâcha la main d'Harry, pour que la sienne, désormais libre, vienne se poser sur la joue de sa Némésis en un frôlement quasi imperceptible. Le Gryffondor dut se retenir pour ne pas pencher son visage vers la main de Draco, et fit descendre la sienne pour qu'elle aille se poser sur la taille du Serpentard. Comme une question muette, celui-ci se rapprocha sensiblement du Survivant, ne laissant que l'espace d'un souffle entre leurs deux visages. Harry ne put que prendre son courage à deux mains et embrasser son destin. Il releva le menton et leurs lèvres se touchèrent. Le frôlement de celles-ci leur envoyèrent à tous deux une décharge délicieuse, comme si ce contact, beaucoup plus que charnel, voulait dire je t'aime.

A cet instant, une salve d'applaudissement secoua la salle une seconde fois, brisant le charme du moment. Quand ils se séparèrent pour observer autour d'eux, les deux jeunes hommes comprirent directement que ceux-ci n'étaient pas destinés au chanteur mais à leur baiser. Harry se sentit rougir et le sentiment de plénitude qu'il ressentait quelques secondes auparavant disparut aussi vite qu'il était arrivé. Draco, qui lui se fichait pas mal de tout ce que pouvait penser la population sorcière, sentit le changement qui se produisit, et se pencha sur Harry pour chuchoter au creux de son oreille :

« -On dit au revoir, et on prend la tangente. »

Un hochement de tête plus tard, les deux adolescents se séparèrent pour aller saluer leurs plus proches amis. Tous deux vécurent à peu près les mêmes choses : Des félicitations, de la part des filles qui semblaient remarquablement émue par ce moment romantique, et des boutades de la part des garçons, qui semblaient au contraire le trouver culcul au possible. Seuls Ron et Blaise ne firent aucuns commentaires, bien trop heureux au fond d'eux pour masquer ce sentiment. Ensemble, ils allèrent saluer Arthur et Molly, qui les gratifia d'un câlin commun pleins de tendresse, avant de leur conseiller de filer au plus vite.

En un regard échangé, la décision fut prise, et ils transplannèrent main dans la main, sous les crépitements des flashs.


Quelques instants plus tard, au Square Grimmaud :

Deux silhouettes transplannèrent devant la porte du Square. Harry se sentit chanceler légèrement, puis se stabilisa, avant de poser sa main sur la porte de la bâtisse. Aussitôt, une aura verte entoura celle-ci et un cliquetis se fit entendre. Harry attrapa la poignée de la porte et l'ouvrit en grand, entrant chez lui en compagnie de Draco. Il ôta prestement la veste de son costume, enjoignant son invité à faire de même et l'accrocha sur le porte-manteau avant de se tourner vers le Serpentard :

« - Whisky ? » Demanda-t-il avec un petit sourire.

Draco hocha la tête et, le temps qu'Harry emmène les verres, il se dirigea vers la terrasse du Square. Il s'accouda à la barrière et s'alluma une cigarette, qu'il fuma lentement en observant la rue. Il paniquait légèrement. Tout à l'heure, Potter et lui s'étaient laissés aller à des effusions de tendresses auxquels il n'était pas habitué. Qu'allait-il se passer maintenant ? Allaient-ils devenir un couple mielleux et coulant ou allaient-ils rester de bons amants qui refoulent leurs sentiments ? Et puis, en premier lieu, allaient-ils réussir à se parler ? La conversation n'avait jamais été leur fort quand ils se rencontraient, allaient-ils réussir à surmonter cette peur de ne pas prononcer les bons mots pour réussir à être naturels l'un avec l'autre ?

Il était tellement absorbé par ses pensées qu'il n'entendit pas Harry qui arrivait derrière lui. Quand celui-ci lui tendit son verre, Draco eut un sursaut violent et faillit en lâcher sa cigarette. Le Gryffondor partit dans un léger rire et sortit à son tour un bâtonnet de la mort, l'allumant tranquillement avant d'observer son compère :

« -Tu paniques. » Lança-t-il sur le ton de l'évidence.

Draco se tourna pour être face à lui, et répondit calmement :

« -Bien sûr que je panique, Potter. A en croire les vagues de panique que je ressens, tu ne l'es pas non plus. »

Harry secoua la tête, tira une latte sur sa cigarette et recracha tranquillement la fumée avant de répondre :

« -Je ne le suis pas. »

Il but une gorgée de son verre et alla s'installer dans un des fauteuils douillets qui décoraient la terrasse. Une fois bien installé, il leva les yeux vers Draco et prononça d'une voix calme :

« -Ce que je vais dire est horrible, mais… Pendant la guerre, c'était plutôt simple. Quand je suis arrivé à Poudlard, tout le monde était à sa place : Les Serpentards étaient méchants, les Gryffondors courageux, les Professeurs enseignaient, et tout allait bien. Depuis que je suis rentré, Gryffondors et Serpentards sont amis, un ancien Professeurs couche avec un de ses élèves, et toi… Tes devenu quelqu'un de bien. C'est très déstabilisant.

-Tu crois que ça ne l'est pas pour moi ? Toute ma vie j'ai cru que les moldus et ceux qui les aimaient ne valaient rien, que mon père était mon modèle, et que t'étais un bon à rien qui avait beaucoup trop de chance. Aujourd'hui, je fais pratiquement partie de la famille des Weasley, je suis ami avec Granger et toi… Tes toujours un bon à rien qui a trop de chance. »

Il avait prononcé cette dernière phrase avec un sourire, déclenchant un petit rire chez Harry. Celui-ci reprit rapidement son sérieux et demanda :

« - Tout a changé.

-Oui, Répondit le Serpentard, mais ne crois pas que je vais arrêter de te faire chier pour autant. Je suis bien trop attaché à nos petites bagarres pour les abandonner d'un seul coup ! »

Harry sourit. Draco se rapprocha de lui pour venir s'installer sur un fauteuil en face de celui-ci. Le Gryffondor but la fin de son verre d'une traite et le posa au sol, avant de regarder à nouveau sa Némésis. Celui-ci se mordilla le coin de la lèvre puis secoua la tête, faisant tourner l'alcool au fond de son verre. Finalement, il le posa à son tour, avant de se lever et de rentrer dans la maison. Harry, surpris par ce changement de comportement, le suivit dans le salon et sentit son cœur se serrer en voyant le Serpentard attraper sa veste et l'enfiler. L'alcool réchauffant agréablement ses veines et lui prodiguant une sensation d'invulnérabilité, Harry le rattrapa et attrapa son bras d'un mouvement souple. Les deux garçons étant légèrement imbibés d'alcool, le sursaut de Draco entraîna le déséquilibrage d'Harry qui poussa un petit cri quand tous deux s'étalèrent en plein milieu de l'entrée. Harry était allongé au sol, sa main tenant toujours le poignet de Draco et celui-ci avait lâché un souffle rauque en se sentant tombé sur le Gryffondor, emporté dans sa chute. Une de ses mains était posée à côté du visage du Gryffondor pour se maintenir surélevé par rapport à lui, et ses cheveux retombaient sur son front, en pagaille. Harry fit un sourire contrit :

« -On dirait qu'on finit toujours dans l'entrée. »

Devant l'air outré du Serpentard, son sourire se défit, et il murmura :

« -On était bien partis… Pourquoi tu veux t'en aller ? »

Les yeux de Draco étaient troubles. Celui-ci les leva vers Harry et l'observa. Son air était triste, et Draco soupira :

« -Je… »

Il baissa son regard et celui-ci tomba sur les lèvres de sa Némésis. Instinctivement, il se mordilla la lèvre, et ne quitta pas celles-ci des yeux avant de murmurer :

« -Je n'arrive pas à te parler. »

La voix de Draco envoya un frisson dans tout le corps d'Harry. Elle était un peu grave et rauque. Son corps réagit et il se tortilla légèrement en sentant une partie bien précise de son anatomie réagir. Il regardait les yeux de Draco, sombres sous l'effet de l'excitation, qui ne lâchaient pas ses lèvres, et releva légèrement la tête pour prononcer :

« -Moi, je sais. »

Et il posa ses lèvres sur celles de Draco. D'abord surpris, celui-ci se laissa aller à fermer les yeux lentement en sentant le contact des lèvres chaudes du Gryffondor sur les siennes. Ils restèrent ainsi quelques secondes, avant qu'Harry n'entrouvre celles-ci pour venir caresser celles de Draco du bout de sa langue. Ce mouvement provoqua un frisson violent chez le Serpentard qui se tortilla à son tour. Harry entrouvrit ses jambes pour laisser sa Némésis se caler plus confortablement entre celles-ci, et lâcha son poignet. Aussitôt, le Serpentard glissa sa main dans celle du Gryffondor et entrelaça leurs doigts lentement. Ils ne rompirent le baiser à aucun moment.

Ce baiser était doux. Il n'était qu'un effleurement léger. Les lèvres d'Harry caressaient celles de Draco et les lèvres de Draco acceptaient cette caresse. La langue d'Harry traçait des traits fins sur sa bouche, et le Serpentard en profitait pour sentir le souffle du Gryffondor qui se coupait lentement mais sûrement. Celui-ci était un mélange de Whisky, de framboise et de cigarette, viril et masculin, avec une légère touche de douceur. Soudain, sa langue, qui ne voulait pas laisser sa camarade seule, décida d'aller la rejoindre. Elle se fraya un chemin jusqu'à caresser celle-ci, timide au départ, puis plus mutine. Les deux se caressèrent, s'enroulèrent, se séparèrent, effectuant une danse sensuelle et pleine de douceur, avant que le contact se fasse plus appuyé. La main libre d'Harry vint se poser sur la taille de Draco, appuyant sur celle-ci pour que leurs corps se rapprochent. Sentant que son érection frottait, à travers beaucoup trop de couches de tissus, contre celle du Serpentard, il étouffa un gémissement dans la bouche de celui-ci. Le frisson qui venait de les parcourir les laissa pantelant un petit moment, avant que Draco n'approfondisse le baiser, qui devint plus rapide, sans néanmoins perdre de sa douceur. Les mains qui s'entrelaçaient se lâchèrent, et directement, Draco posa la sienne de l'autre côté du visage d'Harry bien à plat contre le sol. Sans interrompre le baiser, il creusa ses reins pour que leurs plaisirs se rencontrent à nouveau.

Le Survivant ne put s'en empêcher. Il releva ses jambes et entoura la taille du Serpentard de celles-ci. Sa main libre vint se poser sur le torse de Draco, sur sa chemise blanche qu'il froissa légèrement. Ravi de son petit effet, le Serpentard réitéra son mouvement une seconde fois, en lâchant les lèvres de son congénère pour venir mordiller le cou de celui-ci du bout des dents. Le gémissement qu'il entendit lui fit fermer les yeux, le transportant quelques secondes. Quand il retomba sur terre, il fit glisser le bout de sa langue de l'épaule d'Harry, la fit remonter le long de sa clavicule, puis contre le creux de son cou, avant de finir derrière son oreille. La main du Gryffondor glissa de la chemise du Serpentard jusque sa nuque qu'il attrapa presque durement pour approfondir le toucher que celui-ci effectuait. Alors Draco approfondit. Un délicieux bruit de frottement de tissus se fit entendre, tandis que celui-ci creusait les reins pour frotter leurs érections couvertes l'une contre l'autre, et continua ses baisers contre le creux de son oreille, notant cette zone érogènes dans un coin de son esprit.

Harry fit descendre la main qui était posée sur la taille de Draco et commença à faire sortir les pans de sa chemise de son pantalon. Ce dernier l'arrêta :

« -On est pressé, Potter ?

-Tes beaucoup plus mignon quand tu la fermes, Malefoy. »

Draco étouffa un rire dans le cou d'Harry et se reprit :

« -On devrait aller dans ta chambre, pour plus de… Confort.

-Hmph.

-Tu m'as l'air d'avoir un vocabulaire très varié ce soir. »

En réponse, Harry pinça la hanche de Draco. Celui-ci émit un couinement outré et leva la tête pour lancer un regard noir à Potter. Celui-ci lui fit un petit sourire innocent et en voyant le danger dans le regard de son compère, il fit un mouvement de hanche pour inverser les rôles. Il se leva brusquement quand Malefoy prononça :

« -Tu vas me le payer cher. »

Devant la voix grave de celui-ci, Harry recula de quelques pas, les mains levées devant lui en signe de capitulation :

« -Ne nous énervons pas…

-Oh, je ne suis pas du tout énervé, Dit Draco en se relevant et en se rapprochant d'Harry qui reculait lentement, Je vais juste te faire tellement crier que tu ne te souviendras plus de ton propre prénom. »

Ceci semblait être une promesse. Quand Draco amorça un mouvement pour se rapprocher, Harry lâcha un petit cri, plus proche du couinement et s'élança dans les escaliers derrière lui. Il les monta quatre à quatre, Draco sur les talons, et il entra dans sa chambre, dont il referma précipitamment la porte derrière lui.

Draco y entra avec fracas, essoufflé et encore plus frustré que précédemment. Potter courrait trop vite, bien trop vite. Il s'arrêta avec surprise quand il vit que celle-ci était vide. Il resta bête quelque seconde avant de se sentir soulevé dans les airs. Il lâcha un cri en retombant sur le lit, et tenta de se relever, en vain. Ses mains venaient d'être accrochées aux montants de celui-ci par deux rubans en satins. Il lança un regard implorant à Harry, qui était debout devant le lit :

« -Détaches-moi, bordel de merde !

-Tss, tss, tss… Langage, Malefoy. »

Ledit Malefoy tira la langue à son congénère, avant de secouer les bras pour se détacher. Devant la rudesse de ses liens, il s'adoucit :

« -C'était de l'humour, Potter, je n'allais pas te faire de mal. »

Celui-ci lâcha un petit rire, avant de s'avancer vers le lit d'une démarche lente. Il murmura d'une voix chaude, tout en avançant :

« -Je sais bien… Tu as dit… Qu'as-tu dis, déjà ? Ah, oui, tu as dit que tu allais me faire tellement crier que je n'allais plus me souvenir de mon propre prénom, c'est bien ça ? »

Harry monta sur le lit, à quatre pattes. Quand il fut au-dessus de Draco, celui-ci s'énerva :

« -Détaches-moi je te dis ! »

Harry lâcha un rire léger, avant de murmurer à nouveau :

« -Je ne sais pas si je te l'ai dit, mais tu es beaucoup plus mignon sans la parole. Silencio. »

Draco ouvrit et referma la bouche sans qu'aucun son n'en sorte. Ce sort eut pour effet de l'énerver encore plus, et il tenta de hurler des insanités à Harry qui n'en rigolait que plus. Celui-ci se pencha sur son amant, glissa les doigts dans le col entrouvert de sa chemise, et, d'un mouvement agile, fit sauter tous les boutons. Il observa le Serpent, les joues rougies, les lèvres entrouvertes, la chemise ouverte sur son torse qui se soulevait et s'abaissait rapidement sous le rythme effréné de sa respiration et son pantalon se refit étroit. D'un mouvement souple, il s'assit sur les hanches de celui-ci, et baissa son visage jusqu'à ce qu'il atteigne le creux du cou du Serpentard. Il murmura :

« -Pour la peine, c'est moi qui vais te faire crier. »

Et il lécha. Sa langue, mutine, sortit simplement de son alcôve pour venir laper la peau tendue de la clavicule. Le résultat fut immédiat : Il sentit le Serpentard se tendre sous lui, et contre sa propre érection, une seconde naquit. Il lâcha un petit sourire, avant de réitérer l'action. Sa langue, cette fois, traça un sillon le long du cou, avant de se nicher dans le même creux que Draco avait trouvé : Juste derrière son oreille. Celui-ci se cambra instantanément. Harry attrapa le lobe de l'oreille entre ses lèvres et le mordilla très légèrement, y effectuant une douce pression. Pendant ce temps, sa main effleura le torse de son partenaire jusqu'à effleurer un bouton de chair rose qui durcit légèrement. Il baissa celle-ci, dorlota les flancs, fit le tour du nombril avant de retracer le chemin de poils blonds jusqu'à la ceinture. Aussitôt, il s'arrêta, et, parsemant le cou de son Serpentard de baisers appuyés, il remonta jusque son oreille pour murmurer :

« -Je vais te rendre la parole. Mais tu dois me promettre de ne pas être méchant. »

Muet, Draco hocha vigoureusement la tête. Harry lui lança un regard amusé avant de replonger la tête dans son cou. Il lécha la clavicule, et souffla sur celle-ci en murmurant le contre sort. Au départ, Draco voulait injurier Potter autant qu'il le pouvait pour cet affront qui venait de lui être fait. Mais quand il sentit le souffle frais caresser sa peau humide, ce fut un gémissement sonore qui sortit de sa gorge tandis qu'il se cambrait. Harry sourit dans son cou, avant de repartir à l'exploration. Sa langue traça un sillon le long de son cou, sur ses lèvres que Draco entrouvrit, puis redescendit sur sa clavicule, puis son torse. Il fit une petite pause pour, du bout des lèvres, embrasser les boules de chairs roses et maintenant dures de son amant, avant de continuer à descendre toute en douceur. Draco se tortilla quand il atteint ses côtés, tirant sur ses rubans pour s'en détacher. Son esprit s'embrumait peu à peu tandis que ses hanches remuaient frénétiquement, son érection ne désirant qu'être libérée et aller à l'encontre de celle d'Harry.

Quand celui-ci atteint son nombril et qu'il y inséra sa langue, Draco lâcha un cri rauque :

« -P…Potter…

-Oui ? » Sourit celui-ci d'une voix tranquille.

« -Je…J'en peux plus.

-Mais si, mais si… Tu ne vas pas jouir maintenant, n'est-ce pas, Draco ? »

La façon dont il prononça son prénom failli faire jouir ledit Draco sur le champ. Celui-ci se retint et secoua la tête, la respiration haletante. Il ne se rendait pas compte qu'Harry était actuellement dans un état proche du sien. La respiration courte, les joues rosies et une fine pellicule de sueur recouvrant son corps. Celui-ci, prenant son mal en patience, défit lentement la ceinture, le bouton, puis ouvrit la braguette du pantalon de sa Némésis dans un geste exagérément lent. Avant de continuer, il lâcha un souffle et ôta sa chemise d'un geste souple, faisant lâcher un nouveau gémissement à Draco. Il baissa les yeux et s'humecta doucement les lèvres devant la vue de la bosse qui déformait le boxer noir de Draco. Il se passa une main dans les cheveux et se pencha, lentement, trop lentement, avant de souffler sur celle-ci. La cambrure de Draco le fit sourire, et, décidant de raccourcir le calvaire, autant pour Draco que pour lui, il claqua des doigts, faisant disparaître leurs vêtements. Une fois nus, Harry observa à nouveau le sexe de Draco qui, fier, se levait contre son ventre comme pour l'appeler à gouter.

Alors il gouta. Il se pencha vers la verge turgescente et, sans utiliser ses mains, lapa celle-ci du bout de la langue, goutant une perle de liquide qui s'échappait déjà de celle-ci. Un souffla rauque parvint à ses oreilles, et il sentit les reins de Draco se creuser, sa verge remontant contre ses lèvres. Il ouvrit lentement la bouche, et sans plus de cérémonie, fit descendre sa bouche le long de celle-ci, le gobant presque entièrement :

« -AH ! » Cria Draco en se cambrant violemment.

Harry lui attrapa les hanches des deux mains pour les maintenir contre le matelas, et remonta ses lèvres. Gourmand, il lécha le gland rougit par le plaisir, puis fit descendre sa langue, retraçant les veines bleutées qui sillonnaient le membre de Draco. Arrivé aux bourses, il lécha l'une d'entre elle, caressant l'autre du bout de ses doigts, avant de tapoter l'intérieur des cuisses de Draco pour lui intimer de les relever. Celui-ci ne se fit pas prier, et lâcha un nouveau cri en sentant une langue pointue parcourir son intimité.

Harry leva une main, et masturba lentement le Serpentard, tandis que de sa bouche, il explorait les chaires de celui-ci. Il léchait, mordillait, suçait, lapait, rentrait le bout de sa langue, et surtout, il faisait passer sa Némésis par des hurlements de toutes la gamme musicale. Quand il sentit celui-ci au bord de la rupture, il referma ses doigts sur la base du pénis et murmura, son souffle chaud caressant l'intérieur des cuisses de Draco :

« -Pas tout de suite… »

Celui-ci geignit en se tortillant. Quand Harry releva la tête, la vision était enchanteresse. Draco était littéralement dans un autre monde. Ses yeux papillonnaient, et il semblait transporté dans un univers de sensations exquises qu'il ne voulait pas quitter. Harry lui présenta deux doigts, qu'il suça avidement, les yeux plantés dans ceux du Survivant. Harry lâcha à son tour un gémissement rauque, et, sans préavis, fit glisser les deux doigts dans Draco. Celui-ci se tendit légèrement, le front plissé. Harry l'observa, et de son autre main, recommença à le masturber. En quelques secondes, Draco se détendit à nouveau, et commença même à bouger ses hanches pour aller à l'encontre des doigts d'Harry. Celui-ci, après quelques étirements, fit apparaître une bouteille de lubrifiant qu'il ouvrit. Il en fit couler dans sa main et l'appliqua, avant d'ôter ses doigts, sous un regard courroucé de Draco.

Harry murmura un sort et les liens disparurent. Libre de ses mouvements, le Serpentard attrapa l'arrière de la nuque du Gryffondor et le rapprocha de lui, l'embrassant furieusement pendant quelques secondes, avant de murmurer :

« -Potter, t'a intérêt à me prendre dans les dix secondes qui viennent, sinon…

-On a dit pas de méchancetés, Malefoy. Je vais me sentir obligé de te punir… »

D'un mouvement agile, il fit se retourner le Serpentard. Celui-ci se mit à quatre pattes et, sentant Harry glisser au plus profond de lui, se cambra en gémissant. La sensation était, comme d'habitude, désagréable au début. Il attendit quelques secondes, se tortillant légèrement sous le souffle rauque d'Harry, puis amorça le premier mouvement. Aussitôt, Harry recouvrit son dos de son torse, lui embrassant l'épaule légèrement et posant ses mains sur les siennes tandis qu'il sortait de lui pour venir s'y nicher plus profondément. Ils haletèrent d'une même voix. Après quelques mouvements, Harry se redressa et attrapa les hanches de Draco. Il mit un coup de butoir tellement puissant que Draco se redressa, venant coller son dos contre son torse. Celui-ci se retrouva vite face aux montants du lit, les mains posées sur celui-ci, le dos collé contre le torse de son amant et le gorge pleine de hurlements qui se répercutaient contre les murs de la chambre d'Harry. Il leva une de ses mains et la posa sur la nuque de celui-ci en arrière, en se cambrant tant bien que mal pour approfondir le mouvement. Sentant qu'Harry atteignait sa prostate, il posa sa tête contre l'épaule de celui-ci et murmura :

« -Plus fort… »

Harry demanda :

« -Qui es-tu ?

-Je… Je suis qui tu veux, mais Vas-y plus fort, Harry ! »

Etouffant un rire rauque, Harry exauça le vœu de son amant. Ses coups de reins se firent presque violents. Il posa sa main sur celle de Draco, posée contre le mur devant lui, et après quelques mouvements, il dit d'une voix rauque :

«-Maintenant, tu peux jouir. »

Et Draco ne se fit pas prier. Le corps secoué de spasmes, il eut un orgasme fulgurant, qui entraîna aussitôt celui d'Harry. Ils jouirent simultanément, les doigts d'Harry entrelaçant ceux de Draco, la tête de Draco posée sur l'épaule d'Harry, leurs voix se mêlant en un cri rauque et suave.

Leurs deux corps retombèrent mollement sur le lit, vidés de toute force. Harry avait les yeux à demi-fermés et quand il sentit Draco bouger à côté de lui, il murmura :

« -J'espère que tu ne vas pas t'enfuir.

-Je…

-Dors avec moi. » La voix d'Harry était douce et pâteuse. Il avait demandé ça d'une façon tellement naturelle que Draco, en un soupir, se rallongea à ses côtés, vaincu. Avec un sourire léger, Harry vint se coller contre son flanc. Bougonnant pour la forme, Draco passa son bras autour du corps de son amant, et s'endormit à ses côtés, sans se rendre compte que d'un coup, il était devenu son Amour.


TO BO CONTINUED !

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