Titre : Occidental rime avec inconfortable

Résumé : Il voulait qu'ils s'habillent comme l'armée opposée, il était fier de son idée... Mais bien vite Hijikata et les autres ont déchanté. Pas facile de s'accoutumer à la dernière mode occidentale quand on a passé sa vie en kimono et sandale...

Disclaimer : Les personnages de Hakuouki ne m'appartiennent pas

Il s'agit d'une série de One-shot humoristiques chacun dédié à un personnage, mettant en avant les petites difficultés qu'ils ont dues rencontrer quand il sont passés du kimono aux vêtements occidentaux.
Huit OS sont prévus, un pour chaque personnage. Ne vous attendez pas à quelque chose de grandiose. Ces OS sont très courts et ne volent pas bien haut. C'est juste que j'ai pensé "mais quand même, ils se sont bien vite adapté à cette nouvelle mode après avoir leur vie en kimono -_-", d'où l'idée de ces petits OS

Pour ceux qui n'ont pas de compte sur ce site, les réponses aux review apparaîtront à la fin du dernier chapitre)

Bonne lecture

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Le Nœud qui fait la différence

Hajime Saito était un samourai droit et fier, possédant un honneur sans faille, des convictions qu'il suivait avec dignité, une sagesse et une dextérité hors du commun malgré sa tare d'être né gaucher. Mais pourtant, aujourd'hui, en jour ce d'hivers, le capitaine aux yeux bleus se trouvait dans une position délicate.

Il avait toujours respecté les ordres, sans ciller, croyant aveuglement aux doctrines d'Isami Kondo et Toshizô Hijikata. Le Shinsengumi était tout pour lui, ces capitaines avaient reconnu en cet homme, rejeté de tout dojo, un vrai samourai.

Mais pourtant…

Aussi dévoué qu'il pouvait l'être, Saito n'adhérait pas, mais alors pas du tout, au caprice soudain de son supérieur de leur faire porter à tous des tenues occidentales. Plus que le fait de ses sentir compressé, de s'être ridiculisé en essayant la tenue qui lui avait été attribué parce qu'il avait décalé les boutons, voilà maintenant que cet accoutrement le ralentissait lors de leur marche en ville, l'éloignant progressivement, lentement mais sûrement, du groupe.

Ca allait mal, bientôt on allait croire qu'il était malade, fatigué ou pire encore qu'il tentait de déserter. Ce n'était ni l'un, ni même les autres, son handicap venant plutôt de ce qu'il portait aux pieds. Comme il regrettait ses bonnes vieilles chaussures japonaises ! Maintenant, il se devait de s'habituer à ces bottes qui menaçaient à chaque fois de le faire se déchausser :

« Saito ? Tu suis ? demanda la vice-capitaine aux yeux améthystes qui avait enfin remarqué que le jeune homme traînait

- Oui, mentit remarquablement le taciturne en affichant son habituel regard froid.

- On dirait que tu as du mal à marcher. »

Bien malgré lui, Saito rougit. Hijikata avait donc remarqué sa démarche lourde, ses pas de canard, sans parler de sa lenteur déconcertante bien peu habituelle chez cet homme qui ne laissait jamais apercevoir la moindre faiblesse :

« As-tu mal quelque part ? insista le démon qui pour cette fois s'était transformé en homme doux qui s'inquiétait pour l'un de ses meilleurs hommes.

- Il n'y a vraiment aucun problème, ne vous en faîtes donc pas pour moi » affirma encore Saito même s'il savait que ce n'était pas vrai. C'est qu'à force d'essayer de garder ses pieds bien chaussés, ses mouvements de cheville lui donnaient des crampes aux mollets.

Le brun s'approcha de lui, le détaillant des pieds à la tête. Lui avait l'air déjà tellement à l'aise dans son pantalon et sa chemise à bouton, marchant comme à son habitude, à croire qu'il avait toujours porté ce genre d'accoutrement… Enfin, il faut dire aussi que ni Hijikata, ni les autres n'avaient pas cette ficelle qui faisait toute la différence :

« En fait, commença quand même à avouer Saito qui n'aimait pas mentir à son supérieur, je crois que mes chaussures sont trop grandes…

- Si tu nouais tes lacets, elles tiendraient mieux.

- Hein ! »

Hajime baissa ses yeux en direction des deux ficelles jumelles qu'il avait anarchiquement rentrée dans les bottines, ne sachant à quoi elle pouvait bien servir à part le gêner. Bien que ce soit rare chez cet homme calme, Saito avait pesté quand il s'était lamentablement retrouvé au sol après s'être enroulé les pieds dans ces cordelettes. Fort heureusement pour lui, il était seul à ce moment-là :

« Les nouer ? demanda le jeune homme à son supérieur.

- Tu ne sais pas faire des lacets ?

-… Je ne sais pas ce que sais… » répondit honnêtement le jeune samourai en continuant de rougir, maudissant son ignorance, sa honte étant telle qu'il était sur le point de se faire le seppuku pour mettre ainsi son supérieur dans un embarras pareil.

Un long silence s'installa entre les deux hommes, ce mutisme étant troublé par les discussions basses des passants et les ricanements peu discrets des autres hommes. Hijikata soupira, n'en croyant pas ses yeux. Etait-ce bien le taciturne capitaine de la troisième division, habituellement froid et tranchant, qui était en train de lui jeter un regard de petit garçon suppliant, avide d'apprendre la technique de la boucle magique qui ferait tenir ses chaussures :

« Comment dois-je m'y prendre, vice-capitaine ? »

Etait-ce bien Hajime Saito en face de lui ?

Des tas de questions se bousculèrent dans la tête du brun : ces nouveaux vêtements leur donnaient-ils une autre personnalité ? Saito avait-il des risques de périr sur le champ de bataille si ses lacets venaient malencontreusement à se défaire durant un combat ? Probablement était-il utile de lui apprendre la sûreté des double-nœuds !

Comme quoi une simple ficelle faisait toute la différence.

Toshizô Hijikata commençait déjà à regretter d'avoir opté pour cette nouvelle mode…

« Pourquoi suis-je le seul à avoir des lacets ? demanda alors timidement le capitaine de la troisième division. Est-ce là une manière de me démarquer, de me donner une différence par rapport aux autres parce que je suis gaucher ?

- Mais non ! s'indigna Hijikata abasourdi par de telles paroles. C'est sans doute parce que tes chevilles sont trop fines, contrairement à d'autres » répondit alors le vice-capitaine en regardant les gestes vantards de Shinpachi qui profitait de cet arrêt pour faire une nouvelle démonstration de ses muscles.

C'était une excuse bidon, mais Saito l'accepta. Commença ensuite pour lui l'apprentissage des lacets, comme quoi un homme n'a jamais fini d'apprendre !

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Note de l'auteur : Merci d'avoir lu

Voilà pour le premier OS. Ca ne se voit pas dans l'anime, mais j'ai bien regardé sur les images du jeu et Saito est effectivement le seul qui ait des lacets sur ses chaussures occidentales.