TITRE: Somewhere.

FANDOM: Harry Potter

PAIRING: Hermione Granger & Théodore Nott

RATING: M, en raison de certains passages difficiles. Néanmoins, je vais essayer de ne pas faire trop explicite que ce soit dans la violence ou les lemons. C'est la guerre, que diable, nous ne sommes pas non plus dans le monde des bisounours, même s'il y aura quand même un peu de guimauve pour atténuer la réalité de la guerre.

GENRE: Romance (évidemment), Angst (ceux qui me connaissent savent ô combien j'aime faire morfler mes pauvres chéris, à la fois physiquement et psychologiquement.)

ANNÉE EN COURS: Septième. Hermione n'est pas partie à la chasse aux Horcruxes avec Harry et Ron, elle est restée à Poudlard avec Ginny afin de reconstruire l'AD et les entraîner. Elle n'est pas préfète en chef, elle a même été déchue de son titre de préfète. Soyons réalistes, dans un univers où les Carrow sont les maîtres du jeu, il ne faut pas non plus s'attendre à ce que les sang-de-bourbe aient plus de droits qu'il n'en faut. Bien au contraire.

DISCLAIMER: Comme d'habitude, rien ne m'appartient, je ne fais qu'emprunter (et martyriser) les personnages créés par JKR-la-fabuleuse pour les besoins de cette fic.

NOTE: Je vous en parlais depuis longtemps. Somewhere, la fameuse fic' mystère dont je vous parlais ça et là dans mes autres publications. Vous l'avez sûrement oubliée depuis, puisque ça fait un moment que je n'en parlais plus, mais j'ai enfin décidé de me lancer, et la voici. Le prologue est assez court (6 pages word), mais les chapitres devraient s'allonger. Ils ne feront pas la même taille que dans mes autres fics (je publie également sur skyblog, et j'ai une limite dans la longueur malheureusement) mais pour vous donner une idée, ils feront environ la même longueur que mes OS de la série chroniques de deux rats de bibliothèque (c'est à dire entre 8 et 11 pages word). Quid des autres fics? J'ai des infos qui pourraient vous intéresser, pour ceux qui me suivent depuis le début.

- Concernant le retour du fils prodigue: je vais tenter de vous mettre la première partie du chapitre 15 d'ici la fin du mois de juin. Le plan est déjà tout fait, j'ai plus qu'à le mettre en forme et à le rédiger correctement. La deuxième partie viendra en juillet, et la troisième partie en août. Comme ça, en Septembre, j'attaquerai la deuxième partie, intitulée la chute, qui va être classée M et qui devrait faire environ 20 chapitres.

-Concernant would you be happier:Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais elle a été rebaptisée Good morning bristol, j'ai également étoffé son résumé. Suite à la purge orchestrée par le site, c'est une version édulcorée que je vais désormais vous présenter. Exit donc le côté réaliste et explicite des 10 premiers chapitres, on va dire qu'ils se sont calmés sur la débauche, et qu'ils grandissent tous un peu. Le chapitre 11 est en cours d'écriture, et pour la première fois de ma vie, j'ai écrit un lemon gay. je vais tenter de vous mettre le chapitre 11 d'ici la fin du mois de juin. Je finirai d'écrire cette fic' pendant tout le mois de juillet. Techniquement, il me restera 9 chapitres à écrire en plus de l'épilogue, ce devrait donc être faisable si je m'y mets sérieusement. Je continuerai de vous publier un chapitre par semaine, même si j'arrive à en faire plusieurs par semaine.

-Concernant revivre: Celle là aussi, je vous en parle depuis un moment. Je n'ai malheureusement pas commencé sa réécriture, mais, j'ai un excellent prétexte pour me lancer: la NaNoWriMo. C'est une sorte de marathon d'écriture, qui consiste à écrire 50 000 mots en un mois de temps. Normalement, on est censés écrire un récit en entier. Je pense pouvoir atteindre les 50 000 mots, mais j'ignore si je réussirai à pondre toute la fic' pendant le mois d'août. J'ai calculé que je pouvais écrire 8 pages word par jour, soit, la moitié d'un chapitre. Si on considère que le mois d'août comporte 30 jours, cela signifie que pour le 30 août, si je m'en tiens à ce rythme (j'estime que c'est possible parce que je mets au mieux un après-midi/matinée pour pondre un OS dans la série des chroniques), j'aurai écrit en tout 15 chapitres. Comme la fic' est prévue en 20 chapitres, il me resterait techniquement 5 chapitres (que j'aurai finis dans la première quinzaine de Septembre si je m'en tiens toujours à ce rythme) en plus de l'épilogue. Quoiqu'il en soit, je commencerai à publier cette fic fin août puisque j'aurai une large avance. Comme d'habitude, je publierai un chapitre par semaine.

-Concernant Chroniques de deux rats de bibliothèque:je m'apprête à rédiger le 17e OS. à la date du 27 juin environ, j'aurai écrit 20 OS. Comme le défi impose d'en écrire 30, il m'en restera donc 10 à rédiger. Ils seront dispatchés sur la fin du mois de juin, puis sur juillet/août/septembre puisque j'ai des fics à mener en parallèle.

-Concernant 52 instants dans la vie de Théodore Nott:Le 3e OS est en cours d'écriture, et à dire vrai, je bloque dessus. Or, je l'ai bientôt fini, si ce n'est pas rageant D'ici le 22 juin, je devrais avoir balancé environ 7 OS, ce qui fait que j'aurai écrit 10 OS sur les 52 thèmes proposés. Pour la suite, je m'organiserai en fonction des autres fics que j'ai à écrire, quitte à prendre plusieurs jours pour rédiger un même OS.

-Enfin, vous devriez avoir une nouvelle série d'ici peu de temps, qui sera quant à elle consacrée à Lavande Brown. Je ne sais pas encore comment je vais appeler ce recueil, une chose est-il c'est qu'il comportera 30 OS et qu'ils mettront en scène la vie (et la mort) de Lavande. à l'heure d'aujourd'hui, j'ai écrit 4 OS, le 5e est en cours. Ils devraient être parus incessamment sous peu. Je vous dirai quoi quand j'en saurai un peu plus.

- S'agissant de Somewhere. Je ne sais pas du tout quel va être son rythme de publication. Tout ce que je sais, c'est que cette fic' est prévue pour 25 chapitres, hors prologue et épilogue (donc, 27 chapitres au total). Cette fic' me permettra de décompresser un peu, parce que les chapitres seront plus courts que ceux de mes autres fics, qui en feront le double. Je l'écrirai au gré de mon inspiration. Pour preuve, je n'avais pas du tout prévu de m'y mettre, et pouf, jeudi soir, je ponds le prologue. J'espère de tout coeur qu'il vous plaira, même si c'est court. Je vous laisse donc le découvrir sans plus tarder. N'hésitez pas à laisser une petite review en partant, j'ai besoin de savoir si cette histoire vous intéresse.


Le soir tombait sur la célèbre école de sorcellerie Poudlard. Déjà, la nuit recouvrait les vieilles pierres de son linceul sombre, et les ombres menaçantes se détachaient nettement sur la roche froide. Les couloirs étaient anormalement calmes, sans doute parce que les élèves qui affluaient en abondance dans la journée étaient partis se coucher. Dans les environs, il n'y avait pas âme qui vive, et les quelques retardataires qui se baladaient dans les dédales du château se dépêchaient de regagner leurs salles communes, autant par peur de tomber sur un préfet que pour retrouver le plus rapidement possible le calme rassurant de ces pièces: ici, c'était bien trop oppressant pour que l'on puisse seulement s'y attarder.

Pour autant, quelques couche-tard, aussi bien téméraires que stupides continuaient de vadrouiller hors des couloirs. Hermione Granger faisaient partie de ceux là. Il était presque minuit lorsque la jeune femme avait quitté la bibliothèque, ses livres dans ses bras. Elle s'arrangeait toujours pour y rester le plus longtemps possible parce que c'était bien le seul endroit où elle se sentait un tant soit peu en sécurité. Depuis la mort de Dumbledore, Poudlard n'était plus aussi sûr qu'avant, et pour cause: les Mangemorts avaient mis la main sur l'illustre académie. Les Carrow étaient à la tête de l'établissement, Rogue enseignait la défense contre les forces du mal, et Alecto Carrow remplaçait Charity Burbage à l'étude des Moldus. Heureusement qu'Hermione n'assistait pas à ce cours, car sinon, elle en aurait l'échine qui s'hérisse. Alecto Carrow insistait lourdement sur ô combien les Moldus étaient des êtres néfastes et inutiles, véhiculant ainsi la sacrosainte pensée de Voldemort.

Hermione savait qu'il était imprudent de se promener aussi tard dans les couloirs de l'école, surtout quand on était une née moldue comme elle. C'était donc à raison qu'Hermione s'était munie de sa baguette magique, juste au cas où. Et franchement, elle n'aimerait certainement pas avoir à s'en servir. La jeune femme marchait d'un pas rapide, ses pas résonnant sur les dalles froides. Elle sentait l'angoisse monter crescendo, comme si elle s'attendait à voir quelqu'un surgir au détour d'un couloir. Elle n'avait plus qu'une hâte, rentrer dans la salle commune et s'y terrer. Le cœur battant à tout rompre, Hermione serra son livre contre elle, presque à se blesser avec les coins du manuel qui lui rentraient dans les côtes. Le bout de sa baguette tremblait, trahissant son extrême nervosité. La jeune femme pressa le pas, trottinant presque.

Elle avait peur, ce qui était bien ironique pour une Gryffondor. Hermione était censée être courageuse et héroïque, et voilà qu'elle avait peur de quelques petites ombres. Oui mais voilà, ces ombres pouvaient dissimuler une menace bien pire encore, comme par exemple un Serpentard…ou bien, un Carrow. Hermione allait faire un pas de plus quand soudain, elle se sentit partir en arrière, deux bras l'avaient happée dans une étreinte de fer. Elle allait hurler, mais une main venait de se plaquer sur sa bouche, l'empêchant d'émettre un seul son. Son palpitant malmené cognait dans sa poitrine à lui en faire mal, et affolée comme elle était, elle tentait de se dégageait, en vain. Son geôlier était bien plus fort qu'elle, et sa poigne était suffisamment puissante pour qu'il puisse la maîtriser sans problèmes.

-Chut, ce n'est que moi! Souffla une voix très familière à son oreille.

Son rythme cardiaque se ralentit un tant soit peu alors qu'elle reconnaissait l'odeur de celui qui la retenait prisonnière. Elle connaissait ces notes de santal légèrement musquées. Elle reconnaissait cette voix douce et suave, qu'elle n'aurait jamais soupçonné appartenir à un Serpentard. Désormais, un seul nom cognait dans sa tête:

-Théodore. Murmura-t-elle du bout des lèvres. Tu m'as fait une de ces peurs.

-Tu sais qu'il n'est guère prudent de se promener seule dans les couloirs? La réprimanda-t-il alors qu'elle baissait la tête, telle une gamine prise en faute.

Elle allait protester pour plaider sa défense, mais il l'en empêcha en plaquant sa main sur sa bouche pour la deuxième fois consécutive. Elle émit un gémissement plaintif, outrée d'être traitée de la sorte. Elle se tendit davantage en sentant son souffle chaud sur sa nuque, et frissonna en songeant à la friction délicieuse entre leurs deux corps. Elle le sentait tout contre elle, et elle en fut profondément troublée: elle n'avait jamais été aussi proche d'un garçon, physiquement parlant cela s'entendait. Les secondes s'égrenèrent, impitoyables. Puis, elle entendit des bruits de pas dans le couloir, qui semblaient converger vers eux. Hermione frissonna insidieusement, alors que Théodore se tassait un peu plus contre le mur, emportant la Gryffondor dans son étreinte salvatrice. Il se tassa un peu plus dans l'angle de la statue, pour ne pas se faire voir, et heureusement d'ailleurs: Amycus et Alecto Carrow étaient en train de patrouiller dans les couloirs.

Hermione gémit faiblement en songeant que, si Théodore n'avait pas été là, elle serait tombée nez à nez avec eux, et elle aurait passé un sale quart d'heure. Ils ne manquaient jamais une occasion de la martyriser, la coupure qu'elle avait sur la joue, c'était eux. Avant que les Carrow ne passent devant eux, Hermione se retourna pour enfouir son visage dans le torse du Serpentard. Autant jouer le jeu jusqu'au bout. Si Théodore était surpris en train de vadrouiller dans les couloirs, ils ne diraient trop rien, il avait la chance d'appartenir non seulement à la maison des vert-et-argent, mais en plus, à la noble caste des sang-pur. Heureusement pour elle, Théodore comprit où elle voulait en venir. Il referma ses bras autour d'elle et nicha son visage au creux de son cou. Ainsi enlacés, ils ressemblaient à s'y méprendre à un couple d'adolescents qui se livraient à des effusions de tendresse.

Lorsque les Carrow furent éloignés, Théodore relâcha Hermione. La jeune femme s'éloigna prudemment de lui, affreusement gênée. Après tout, elle le connaissait à peine, et elle venait de partager avec lui une étreinte dont de rares jeunes filles avaient pu se targuer d'en avoir bénéficié. Elle rougit furieusement en pensant à ce qui venait de se passer. Elle n'aurait jamais pensé qu'être entre les bras du Serpentard puisse être aussi agréable. Son étreinte était puissante et réconfortante, en l'espace d'un instant, elle s'était sentie protégée. Elle avait eu l'impression que rien ne pouvait l'atteindre, et surtout pas ces vipères de Carrow. Elle se mordilla la lèvre inférieure, embarrassée. Qu'est-ce qu'on disait dans ce cas?

-Merci. Marmonna-t-elle en fuyant le regard de son condisciple.

-De rien! S'amusa le Serpentard, devant la gêne de la jeune femme. Puis-je savoir ce que tu fichais à vadrouiller dans les couloirs à une heure pareille?

-Je pourrais te retourner la question. Riposta Hermione, de mauvaise humeur.

-Moi, je ne crains rien! Plaida Théodore avec sagesse. Mais toi…tu ne peux pas en dire autant.

-Touchée. Grimaça la Gryffondor, non sans assortir ses propos d'une adorable moue boudeuse. En fait…J'étais partie étudier à la bibliothèque.

-Si tard? Se moqua le Serpentard, ce qui renforça la moue de l'ancienne préfète des rouge-et-or.

-Toi aussi tu fréquentes assidûment la bibliothèque, si je ne m'abuse. Sourit Hermione, légèrement narquoise.

-Coulé. Grinça à son tour le Serpentard en se frottant légèrement la nuque.

Sans savoir ni comment, ni pourquoi, les deux adolescents se sourirent doucement. Ils avaient échangé plus de paroles en cinq minutes qu'en sept ans de scolarité. Elle ne connaissait pas bien Nott, et elle s'en était toujours plus ou moins méfié: c'était après tout un fils de Mangemort, et un Serpentard de surcroît. Certes, il ne traînait pas avec Malefoy, mais tout de même. Il n'était pas forcément digne de confiance. C'était tout du moins les a priori qu'elle pouvait avoir à son sujet, mais force était de constater qu'elle faisait peut-être fausse route. S'il était aussi méchant que les autres Serpentard, pourquoi, dans ce cas, l'avait-il sortie de ce mauvais pas? À tout hasard, Hermione se risqua à poser la question:

-Pourquoi tu as fait ça?

-Faire quoi? Questionna le Serpentard, non sans grimacer légèrement, pris au dépourvu.

Leurs regards se croisèrent, ambre contre outremer. C'était réellement la première fois qu'elle prenait le temps de regarder Théodore. Dean Thomas disait souvent qu'il ressemblait à un lapin, et Hermione ne put s'empêcher de songer quelque chose comme un lapin très mignon, alors. Il avait des cheveux bruns en bataille, peut-être autant que ceux d'Harry. Ils contrastaient de façon drastique avec sa peau d'une pâleur marmoréenne, apparemment lisse et sans défauts. Le plus remarquable dans son visage n'était pas son nez trop long et légèrement aquilin, ni même ses lèvres charnues et délicatement rosées.

Non, le plus remarquable, c'étaient ses grands yeux d'un bleu sombre, orageux, une curieuse nuance outremer. Théodore Nott avait un regard profond, pénétrant, analytique, et tout bonnement fascinant. Ses prunelles d'une nuance exceptionnelle étaient bordées par des cils longs et fournis, comme ceux d'une fille. Il avait des traits fins et aristocratiques, un visage aussi pur que son sang. On aurait dit qu'il avait été fait de porcelaine, tant il paraissait fragile. Oui mais voilà, il se dégageait de lui une force tranquille, un charisme évident. Pour la deuxième fois en si peu de temps, Hermione rougit, confuse de le regarder comme elle le faisait, parce qu'évidemment, ça ne se faisait pas, c'était extrêmement impoli de dévisager les gens.

-Je déteste l'injustice. Avoua-t-il finalement, la voix légèrement rauque.

-Oh. Se contenta-t-elle de répondre, non sans rougir davantage.

Elle se sentait soudain très bête. Il avait répondu à sa question sans qu'elle n'ait eu besoin d'insister davantage, et avec une telle sincérité que cela en devenait troublant. Hermione se plongea une nouvelle fois dans son regard des plus incroyables, et elle put voir qu'il était sincère. Elle se mordilla la lèvre inférieure, gênée, et elle baissa les yeux. D'habitude, elle ne baissait jamais les yeux. Elle soutenait farouchement le regard des autres, et peu lui importait d'être insolente ou non. Elle en avait assez de s'aplatir devant les uns et les autres en raison de son sang sujet à controverses. Seulement, depuis qu'Harry et Ron étaient partis à la chasse aux Horcruxes, Hermione se rendait compte à quel point elle pouvait être insignifiante, elle ne se sentait exister qu'avec ses amis, et c'était sans doute ça le plus dramatique.

Oh, bien sûr, elle n'était pas complètement insignifiante. Elle était toujours la petite Miss-je-sais-tout de Poudlard, celle qui aimait étaler sa science et s'attirer les louanges des professeurs. Seulement, depuis que les Carrow étaient à Poudlard, Hermione faisait profil bas. Elle ne participait que dans les cours où elle se sentait en confiance, comme par exemple, en métamorphose, qui était toujours enseignée par McGonagall, ainsi qu'en sortilèges, toujours enseignés par Flitwick. De toute manière, Hermione avait été déchue de son statut de préfète, une sang-de-bourbe n'avait pas à exercer une quelconque autorité, et surtout pas sur des élèves d'ascendance un peu plus noble qu'elle. L'orgueil d'Hermione avait souffert d'avoir été rabaissée plus bas que terre, mais elle tentait de maintenir la tête hors de l'eau, autant que faire se peut.

-Je suis ravie de voir que tu trouves en moi une nouvelle cause perdue. Railla-t-elle pour se donner une certaine consistance, alors que c'était au tour du Serpentard de faire la moue.

-Toujours aussi orgueilleuse, pas vrai? Souligna-t-il, en haussant un sourcil.

-J'ai appris à m'asseoir dessus, ne t'inquiètes donc pas. Rétorqua-t-elle non sans grimacer, tandis qu'elle songeait sérieusement à l'envoyer aller voir ailleurs si elle y était.

-C'est eux qui t'ont fait ça? Interrogea-t-il, en désignant du menton la coupure qu'elle avait sur la joue, et qui était à peine cicatrisée.

- En quoi ça te concerne? Riposta-t-elle, mauvaise, détestant particulièrement se montrer faible devant lui.

Théodore soupira, avant de lever les yeux au ciel. Puis, doucement, sa paume s'appuya contre la joue de la jeune femme. Hermione eut un mouvement de recul en sentant les doigts du Serpentard effleurer la blessure: non mais pour qui se prenait-il? Néanmoins, elle se surprit à apprécier la caresse du jeune homme sur sa joue. Il avait un toucher très doux, très tendre. Il semblait y avoir tellement de contradictions en lui qu'elle en était perplexe.

La jeune femme bondit brutalement lorsqu'elle vit Théodore pointer sa baguette sur sa joue. En moins de temps qu'il fallait pour le dire, elle tenait le Serpentard en joue, prête à attaquer s'il ne baissait pas immédiatement son arme. Théodore appuya doucement sur le bout de la baguette, pour la forcer à l'abaisser. Hermione ne chercha même pas à résister, il semblait savoir comment s'y prendre pour la faire fléchir. Théodore pointa donc sa baguette sur sa joue. Aussitôt, elle sentit une douce chaleur envahir sa joue, et toute douleur, tout picotement désagréable la quitta. Elle porta une main hésitante à ce qui avait été jadis une blessure, pour constater qu'elle ne l'avait plus. Théodore l'avait guérie.

-Tu es bien plus belle ainsi. Commenta-t-il en lui adressant un sourire énigmatique.

Hermione le regarda de travers, complètement abasourdie. Était-elle en train de rêver, ou bien il l'avait qualifiée de jolie? Elle se sentit rougir davantage, et elle bénissait l'obscurité de cacher ses joues écarlates. Il ne manquerait plus qu'il remarque qu'on pouvait faire cuire des œufs sur ses joues pour qu'elle perde tous ses moyens, rouge de honte. Hermione se mordilla la lèvre inférieure, horriblement gênée. Théodore, finalement, se baissa pour ramasser quelque chose à terre, avant de le lui tendre.

-Mon livre! S'écria Hermione, qui l'avait complètement oublié.

-Il était tombé pendant notre…étreinte. Hésita Théodore, les joues légèrement roses. Heureusement que je suis là.

-Bien sûr. Renchérit Hermione, légèrement taquine. Si tu n'existais pas, il faudrait même t'inventer.

Pour toute réponse, Théodore haussa les épaules, alors qu'Hermione se morigénait pour sa stupidité. Une fois encore, elle avait manqué une occasion de se taire. Elle ne voulait pas lui donner l'impression de lui faire du rentre-dedans, ce n'était pas du tout son intention! Elle était juste incapable de tourner sa langue sept fois dans sa bouche avant de parler, et avec lui, pour son plus grand déplaisir, les mots semblaient venir d'eux-mêmes, comme si elle était parfaitement à l'aise avec lui. Pourtant, elle savait que tel n'était pas le cas, sinon, comment expliquez-vous ses joues rouges?

-Je…Je vais y aller. S'excusa finalement Hermione, en regardant ses pieds. Il se fait tard, et je n'aimerais pas prendre le risque de me faire coincer par Carrow et Carrow.

-Je te raccompagne si tu veux. Décida le Serpentard, alors qu'Hermione avait envie de rentrer sous terre tant elle se sentait gourde.

-Non merci, ça ne sera pas nécessaire. Déclina-t-elle, trop précipitamment pour seulement être sincère.

-J'insiste. Argua le Serpentard, en plantant ses prunelles glacées dans les siennes. Je serais plus tranquille si je te savais à l'intérieur de ta salle commune, à l'abri de ces deux dingues. Et de tout autre dingue, réflexion faite.

Ils restèrent là, à se fixer pendant encore longtemps. Le regard de Théodore était brûlant, intense, elle avait l'impression qu'il la transperçait de part en part, qu'il était capable de voir à l'intérieur de son âme. Elle se sentit soudain très nue sous son regard inquisiteur. à cette pensée, ses joues s'enflammèrent.

-C'est fou la quantité de chaleur que tu peux dégager. Pouffa-t-il, ce qui acheva de faire mourir Hermione de honte.

-Si tu ne prenais pas un malin plaisir à m'embarrasser, aussi! Le rabroua-t-elle, vexée de s'être laissée percer à jour.

-Ma présence t'embarrasse? Interrogea-t-il, soudainement très sérieux.

-N…Non! Bredouilla Hermione, alors que le sourire de son camarade s'élargissait. Et ça n'a rien de drôle.

-Au contraire. S'esclaffa-t-il, diablement amusé. Sérieusement. Je te gêne tant que ça?

-Disons que je ne suis pas habituée à ce qu'un Serpentard témoigne autant de gentillesse envers une sang-de-bourbe comme moi.

-Et si je te disais que je n'étais pas comme tous les autres Serpentard, et que je détestais d'être mis dans le même panier qu'eux, tu me croirais?

-Je ne sais pas. Avoua-t-elle à mi-voix. Je ne sais plus quoi penser.

-Alors arrête un peu de penser, et accepte ma proposition.

Hermione se laissa une nouvelle fois happer par le tourbillon outremer. Il était tellement sérieux dans sa proposition qu'elle en perdrait presque son latin. Il était impossible qu'il se moquait d'elle, il transpirait la sincérité, elle le sentait. Tout du moins, elle avait besoin d'y croire. Elle voulait avoir l'illusion que tous les Serpentard n'étaient pas à mettre dans le même panier, qu'il y avait encore dans cette maison des gens biens, qui n'étaient pas encore totalement bouffés par la magie noire et leurs préjugés. Théodore paraissait tellement vrai, tellement sincère. Tellement différent d'eux. Hermione inspira profondément, avant d'esquisser une petite moue boudeuse.

-C'est d'accord. Accepta-t-elle, arrachant l'ombre d'un sourire au Serpentard solitaire.

-Alors allons-y. décréta le Serpentard en ouvrant la marche.

L'un comme l'autre marchèrent sans bruit, côte à côte. Le silence était revenu s'installer entre eux. Cependant, ce n'était pas un silence gêné ou tendu, c'était un silence confortable, presque intime. Naturel, en somme. Hermione se mit alors à regretter de ne pas avoir cherché à le connaître davantage. En même temps, il était si discret, il ne parlait jamais, et en classe, il se mettait toujours au fond, pour roupiller, disaient les mauvaises langues. Théodore était discret, secret, distant. Personne ne savait rien sur lui, si ce n'était qu'il était un sang-pur et qu'il était capable de voir les Sombrals. Qui es-tu, Théodore Nott?

Au bout de quelques longues minutes, après avoir gravi de nombreux escaliers, ils s'arrêtèrent enfin devant le portrait de la Grosse Dame. Théodore jeta un coup d'œil intéressé au tableau, n'étant de toute évidence jamais venu ici. Hermione se mordilla la lèvre inférieure, et passa une main dans ses cheveux, légèrement embarrassée. Elle ne savait pas comment le saluer. Elle cligna des yeux bêtement tandis que la Grosse Dame lui lançait un regard désapprobateur: comment osait-elle emmener par ici un élève de la maison ennemie?

-Au fait, demanda Hermione en se tournant vers Théodore, toujours aussi silencieux. Pourquoi tu ne parles à personne? Pourquoi tu es toujours seul? Je veux dire…il n'y a jamais personne qui s'intéresse à toi?

-Pourquoi, c'est un tort? Contra-t-il, légèrement perplexe.

-Oui. Affirma la Gryffondor avec conviction. Tu as bien plus à offrir que tu ne le penses.

-Crois-moi Hermione, c'est mieux ainsi. Il ne vaut mieux pas…s'attacher à moi.

Son ton avait été beaucoup plus dur que précédemment. Hermione fronça les sourcils. Elle avait l'impression de tenir quelque chose, qu'elle avait mis le doigt dans l'engrenage. La solitude de Théodore semblait être un sujet tabou, aussi elle se demanda s'il était seul par choix ou par défaut. Surtout, pourquoi lui avait-il dit ces quelques mots? Pourquoi essayait-il de la dissuader de s'attacher à lui? Elle n'avait même pas montré un quelconque signe d'attachement. Quoique…Ses joues rouges pouvaient-elles être considérées comme telles? Hermione le regarda, légèrement perplexe.

-Oublie-moi, Hermione. Murmura-t-il. Je ne suis pas quelqu'un pour toi.

-Je n'attends rien de toi. Riposta-t-elle avec mauvaise humeur.

Hermione resta à fixer Théodore, un long moment. Pour son plus grand déplaisir, elle remarquait qu'elle se mentait à elle-même: elle avait plus qu'apprécié leur étreinte à la sauvette, et elle remarquait qu'il lui plaisait un peu trop. Surtout, il y avait ces fameux mots, qui lui donnaient encore plus envie d'en savoir sur lui. Il était fascinant, intriguant. mais il n'est pas pour toi susurra une petite voix insidieuse dans son esprit.

Ce qu'Hermione ne vit pas, c'était que Théodore avait levé sa baguette, très discrètement. Ce qu'elle ne sut jamais, c'était que Théodore avait effacé la mémoire de la jeune femme d'un informulé, pour qu'elle ne se rappelle pas que la conversation avait eu lieu. Ce qu'elle ne comprit pas, c'était bien ce que fabriquait un Serpentard à l'entrée de la salle commune de leurs ennemis jurés.

-Nott? Bredouilla-t-elle, légèrement confuse. Qu'est-ce que tu fais là?

-Je suis désolé. S'excusa-t-il, la détresse se lisant aisément dans son regard.

Hermione n'eut pas le temps de lui poser d'autres questions, qu'il était déjà parti, prenant la fuite dans la nuit noire. Le jeune homme se détestait d'avoir jeté ce sort, mais elle ne devait pas se rappeler, il était trop dangereux pour elle. Être un Nott, c'était être maudit, et il ne voulait pas qu'elle l'apprenne à ses dépends. Il allait probablement regretter son acte pendant longtemps, mais c'était mieux ainsi. Il ne fallait pas qu'elle sache. Il ne fallait pas qu'ils se fréquentent. Il n'avait fait que son devoir en l'éloignant, il en était désormais persuadé, même si c'était douloureux.


Et voilà pour ce prologue. Je vous l'avais dit qu'il était court, mais bon, il plante le décor, et soulève quelques interrogations, alors, c'est nickel. Qui plus est, j'ai à peine commencé l'histoire que je suis déjà sadique avec eux, on ne se refait pas. Bref, j'attends avec impatience vos impressions. J'encourage vivement les timides à s'exprimer, je ne mords pas (ou si peu...). Chaque avis compte! Bisous bisous, et à Samedi pour le 17e OS de la série chroniques de deux rats de bibliothèque.

PS: le thème de la perte de mémoire, c'est sans doute du réchauffé, et je m'en excuse. Mais c'était surtout pour faire une transition entre le prologue (où ils sont assez proches), et le premier chapitre (où ils sont de parfaits inconnus l'un pour l'autre). Autant dire que le rapprochement sera très long. Je tenais également à préciser que la perte de mémoire concerne exclusivement ce souvenir là, le souvenir de cette soirée. Sinon, Hermione se souvient de tout le reste. C'est un peu comme si les Oubliators étaient passés par là, pour effacer la mémoire des Moldus qui ont assisté à un phénomène magique, enfin, vous voyez le genre. Je tenais à le préciser, parce qu'il est communément admis que le sort Oubliettes effaçait la mémoire des personnes qui l'ont subi, je veux dire, j'ai vu dans beaucoup de fics que les personnes devenaient amnésiques. Or, ce n'est pas le cas. Si Lockhart est devenu amnésique, c'est parce que le sort a été jeté avec la baguette cassée de Ron. Je tiens à ces détails. Hermione, dans le cas de mon prologue, se souvient bien de tout le reste. Elle aura juste l'impression persistante d'avoir oublié quelque chose d'important, sans savoir ce qu'elle avait oublié avec exactitude. Voilà pour les éclaircissements.