Auteur : ewanna
Titre : Tome 5
Disclaimer : Les personnages de "Meru Puri - Märchen Prince" appartiennent à Matsuri Hino, les autres sont issus de mon imagination.
Rating : K

Résumé : Un beau jour, une jeune fille et un prince se rencontrèrent. Ils tombèrent amoureux l'un de l'autre et aujourd'hui encore, ils vivent dans le bonheur.
Mmoui. Sauf qu'en fait, avant d'en arriver là, il s'est tout de même passé deux ou trois autres petites choses…

Notes : Bonjour ! Tombée amoureuse de Meru Puri, j'ai été quelque peu frustrée de trouver si vite la fin. Du coup, je me suis demandé si ça ne serait pas amusant d'écrire une p'tite suite à tout ça (à condition que mon imagination soit d'accord pour bosser là-dessus, évidemment). Et c'est ainsi que par un beau matin : Oh surprise ! « Le Tome 5 » a germé dans ma p'tite tête.
*Ah oui ! Vous préciser aussi que tout ça, c'est vraiment pour m'amuser ;) *


Un beau jour, une jeune fille et un prince se rencontrèrent. Ils tombèrent amoureux l'un de l'autre et aujourd'hui encore, ils vivent dans le bonheur.
Mmoui. Sauf qu'en fait, avant d'en arriver là, il s'est tout de même passé deux ou trois autres petites choses…


- Dame Airi ! Dame Airi ! Ne chevauchez pas ainsi votre balai ! Redescendez, Dame Airi !

Mais la servante, à terre, comprenant qu'elle parlait dans le vide, se tourna découragée vers sa collègue qui elle, avait démissionné depuis un moment.

- Ooooh… Le prince Alam va nous disputer s'il apprend que son épouse est encore partie se promener ainsi dans les airs au-dessus du château, gémit-elle.
- Oh oui, soupira l'autre. Elle n'est pas raisonnable. Prendre ainsi de tels risques. Haaan ! Et si elle tombait ? *crise d'angoisse* Une chute pourrait avoir de telles conséquences… Oh là là ! Alors que tout le monde dans le royaume se réjouirait tant que le couple princier nous annonce enfin la nouvelle d'une prochaine naissance dans la famille royale d'Eucalystia.

Mais loin au-dessus, fermement accrochée au manche de son balai, vêtue de la tenue de la Sorcière Légendaire, Airi fit fi des appels et autres recommandations qu'ils contenaient. Voilà bientôt six mois qu'elle avait, pour son plus grand bonheur, épousé Alam, le prince de ses rêves, l'homme parfait qu'elle avait poursuivi ses études de magie afin d'honorer la famille royale d'Eucalystia, en se montrant à la hauteur.

Oh oui, elle en avait fait des efforts pour en arriver là ! Rien que d'y repenser...


- Alam !, je ne comprends pas pourquoi je ne peux pas retourner étudier à l'école royale de magie comme avant ?, chouina-t-elle.
- Parce que tu es devenue ma femme !
- Et alors ? *bougonne*

Cela devait faire cent fois qu'elle lui posait la question et cent fois qu'il lui répondait la même chose. Pourtant, Airi s'obstinait à demander… parce qu'elle préférait aller étudier avec d'autres jeunes gens que risquer de se retrouver nez-à-nez avec une personne qui la terrifiait : sa belle-mère !
*Depuis que cette dernière avait émis la possibilité de prendre personnellement en main l'éducation d'Airi, celle-ci était traumatisée.*

Tous deux marchaient alors dans l'un des nombreux et larges couloirs du château.
… Enfin, « marchaient », c'est vite dit, car si Alam avançait d'un bon pas, tous ceux que le jeune couple croisa furent relativement interloqués de voir le prince, parfois tirant par la manche, parfois obligé de porter tel un sac de patates celle qui répondait désormais au nom de « Dame Airi ».

- J'veux pas ! J'veux pas ! J'veux pas !, pleurait-elle en lui martelant le dos de ses poings. *aïe ! ça fait mal !*
- Airi..., la reposa Alam en soupirant – constatant désabusé qu'elle en avait de partout (des larmes et autre chose qui coule généralement par les trois du nez dans ces cas-là). Tu te fais bien trop de soucis. Je t'ai déjà dit que je resterai avec toi tout le temps que je pourrai. En outre, maintenant que nous sommes mariés, plus personne n'intentera quoi que ce soit pour nous séparer ou te faire du mal.

*Ben voyons !*

Comme il avait l'air confiant – et comme Airi ne l'était pas. En un instant, plein de petits nuages poussèrent au-dessus de sa tête. Et dans chacun d'eux, Pof ! Une tête de Widowa qui poussait des « Oh ! Oh! Oh! », Pof ! Une tête de Lei aux sourcils condescendants et Pof ! Une tête de Razu qui lui souriait de façon carnassière. Et après ça, Alam osait lui dire que personne ne lui en voulait ?

- Allez, viens, entrons. Nous sommes arrivés.

Sans même qu'elle s'en soit rendu compte, Alam avait réussi à la traîner devant d'immenses portes ouvragées derrière lesquelles...

- Ton précepteur t'attend.

Un dernier regard suppliant, mais...

- Nan ! Airi, il faut y aller.

Résignée, mais malgré tout (un peu) soulagée de savoir qu'Alam resterait auprès d'elle, elle poussa les portes et pénétra dans l'immense pièce où seules avaient été placées une longue table (surchargée de livres) et deux fauteuils, sur l'un desquels lui sourit de toutes ses dents :

- Ma Reine des Lyyys ! Mon cœur bondit ! Comme ma royale personne est heureuse de pouvoir à nouveau t'enseigner l'étendue de mes géniales connaissances !

Alam resta interdit, tandis qu'Airi :

- HEIIIN ? PAS TOIII !, suffoqua-t-elle en pointant Jeile du doigt. Qu'est-ce que tu viens faire ici ? T'es pas roi, maintenant ? T'as pas autre chose à faire ?
- « Autre chose à faire ? », répéta le nouveau roi d'Aster avec une surprise feinte. Mais ma reine, tu passeras toujours avant tout ce que j'ai à faire. C'est moi, le Professeur Jeile, qui vais avoir l'insigne honneur de t'enseigner, dit-il en s'envolant soudainement pour retomber aux pieds d'Airi, une fleur à la main...
- Herrrrrk ! T'approche paaas ! *coup de la gifle qui placarde*

… pour aller s'écraser quelques secondes plus tard dans le mur le plus proche - où il se redressa chancelant, saignant du nez, sa couronne à grelots de travers, le regard louchant, mais toujours aussi heureux de s'en prendre plein la tête quand c'était Airi qui le frappait.

- Ah !, ma reine…, soupira-t-il d'extase en réajustant son couvre-chef. Il n'y en a pas deux comme toi. Et tu verras, ajouta-t-il en retournant, bondissant, auprès d'Airi - les yeux toujours dissymétriques et l'air trop entreprenant - grâce à moi, tu sauras... AÏEEEEEUH ! Alam, comment oses-tu ?, s'écria-t-il en massant l'énorme bosse (ou plutôt, la seconde énorme bosse) qui venait de lui pousser sur sa tête.
- Approche-toi seulement d'Airi et je m'occuperai de toi, 'spèce de débile !

Et pour un peu changer, la rencontre entre les deux frères dégénéra en bastonnade. *soupir*
Et il en avait été ainsi durant des semaines... *re-soupir*

Alors, « Oh ! Oui ! », Airi avait vraiment fait des efforts sur tous les fronts pour être à la hauteur de sa tâche. Car en plus d'étudier, elle avait pris sur elle se supporter son insupportable beau-frère (ce qui lui avait tout de même permis de considérablement progresser en techniques de combat), elle avait trouvé le temps et l'énergie de retourner sur Terre pour s'assurer que tout allait bien – malgré le fait que Lei lui ait à plusieurs reprises répété qu'elle n'avait plus rien à y faire, c'était plus fort qu'elle, elle s'inquiétait pour Pochirô et Koromi, pour ce que pourraient penser ses grands-parents ou ses camarades de classe en cas de trop longue absence.
… et aussi, elle s'inquiétait de ce qu'il advenait de Nakaôji *doux souvenirs* - surtout en le sachant désormais si proche de Razu ! *envie d'étrangler quelqu'un*

Alors, « Oh ! Oui ! », maintenant qu'elle en avait enfin fini avec ses études de magie et venait de valider son diplôme de « Magicienne Royale Confirmée », officiellement enregistré dans le Livre des Serments, elle pouvait bien se permettre de prendre un peu l'air, toute seule, dans les airs, sur son balai !


Ainsi perdue dans ses pensées, elle fut à deux doigts de se prendre l'une des hautes tours du château. Redressant son manche juste à temps, elle réussit à contourner l'édifice et zieuta plus bas, d'où lui parvinrent des « Oooooh ! » horrifiés. Elle fit aussitôt un signe de la main vers ses servantes qui crurent pendant un instant que leur princesse allait réellement se casser la figure !

Airi leva alors les yeux au ciel. Décidément, tout le monde se faisait beaucoup trop de soucis. Pourtant, tout allait bien, non ? Son but dans la vie était atteint. Elle vivait une meeerveilleuse histoire d'amour avec un meeerveilleux jeune homme et son quotidien était une magnifique assiette qu'elle remplissait un peu plus chaque jour d'amour et de joie !

Euh... Il ne manquerait pas un p'tit quelque chose, là ?

Reprenons :

-L'histoire d'amour : c'est bon.
-Le merveilleux jeune homme : c'est bon.
-Le quotidien en forme d'assiette : c'est bon (et remplie, l'assiette, hein !)

Bah...? Ben quoi, alors ?

HIIIIIIII ! LES ENFANTS ! Les enfants qui joueraient dans le jardin (du palais – qui ne ressemblait pas vraiment à une maison blanche au toit rouge, mais passons) avec les chiens, pendant qu'elle et son mari discuteraient de leur anniversaire de mariage !

Ben alors... Ils sont passés où les enfants ?
Ben voilà. Ils n'étaient pas là. Ils n'étaient toujouuurs pas là... *sanglots*

Airi et Alam étaient pourtant majeurs et... et... et tous deux savaient aussi depuis un moment comment on faisait les bébés - même si sachant tout cela, devant l'absence de royaux résultats, Jeile s'était proposé pour expliquer (théoriquement, hein !) le pourquoi du comment aux amoureux. Évidemment, le roi avait morflé et évidemment, aucun bébé n'était en route.

Airi soupira... et manqua de s'encastrer une nouvelle fois dans une autre tour. Elle décida alors que sa promenade était terminée et préféra aller se poser en sachant déjà qu'il lui faudrait affronter les réprimandes de ses servantes qui n'appréciaient pas que leur princesse s'envole ainsi, prenant le risque de se blesser et mettre un terme prématuré à une éventuelle grossesse.
Mais quelle grossesse ? Airi était tout de même bien placée pour savoir qu'elle n'avait malheureusement rien à craindre de ce côté-là ! Alors, qu'elles lui fichent la paix ! De ne pas réussir à atteindre son idéal de vie était déjà suffisamment énervant pour qu'on ne vienne pas en plus lui rajouter une couche dès qu'elle levait le petit doigt !


A peine les pieds au sol, voyant ses servantes se précipiter sur elle avec des têtes à faire peur, elle leur jeta son balais dessus et fila au pas de course se réfugier dans ses appartements privés – une magnifique tour qui avait été construite pour son couple, à l'instar de celle qui aurait dû accueillir son aïeule Crysnelle, mais qui cette fois-ci, n'avait pas coûté les yeux de la tête pour rien.
Elle y passa le restant de la journée, seule, à se triturer les méninges – quitte à partir dans des calculs horriblement compliqués et totalement inutiles – pour essayer de comprendre pourquoi tout n'était pas merveilleusement parfait dans son monde.
Alam l'y rejoignit en début de soirée, une fois son devoir princier terminé.

- Aaaah ! C'est quoi ça ? *mort de peur*

En ouvrant la porte, il s'était retrouvé sauvagement enseveli sous un tas indénombrable de boulettes de papier griffonnées à l'encre parfois encore fraiche qui lui barbouillèrent le visage. Et nageant au milieu de ce champ de bataille, le visage en feu, apparu Airi qui cogitait encore tellement que les rouages apparaissaient au-dessus de sa tête.

- Arrrgh !, grogna-t-elle. Je n'ai pas encore trouvé, mais je trouverai ! C'est obligé : je trouverai ! J'aurai ma vie idéale comme je l'ai toujours voulue !

Alam la regarda un instant décontenancé, puis comprit. *idée !*
Oh, et puis, à tout bien y réfléchir, ce n'était pas la première fois qu'il la retrouvait en transe avec des bouquins à la main, le cerveau en surchauffe ou carrément perdue dans la bibliothèque royale à la recherche d'informations.

- Airi, se hasarda-t-il – sachant qu'il était toujours un peu risqué d'intervenir quand elle était en furie. Tu penses encore à...
- OUIII !, hurla-t-elle.
- Crie-pas ! Tu m'as fait peur !
- Mais je trouverai !, tapa-t-elle du poing avec un air singulièrement décidé qui alarma Alam – Alam qui se demanda toutefois si elle avait vraiment percuté qu'il était là. Alors voyons... où est-il ?, réfléchit-elle en disparaissant soudain sous le tas de boulettes, pour ressortir quelques secondes plus tard la mine triomphante, exhibant l'une des rares feuilles non froissées qui flottaient par-ci par-là.

Elle s'avança alors d'Alam, les sourcils en chapeau inversé, sortit un mètre-ruban de sa poche et commença à le mesurer sous toutes les coutures. Toutes !

- Hé ! Airi ! Tu fais quoi là ?
- S'voit pas... Te mesure... Bouge pas !

Et ça dura un quart d'heure. *con-cen-tra-tion*

- Voilà !, dit-elle enfin ravie, transpirante. Avec tout ça, je vais pouvoir faire mes calculs et je saurai enfin pourquoi nous ne sommes toujours pas les merveilleux parents dont je rêve depuis toujours ! Yosh ! *geste du vainqueur*

Alam préféra ne rien dire. Il était aussi ennuyé qu'Airi de ne toujours pas avoir pu donner de cousin ou cousine à ses deux adorables neveux – bien que l'un des deux commençait à furieusement trop ressembler à son père. Et lui aussi se languissait de pouvoir goûter aux joies de la paternité avec la seule femme qui comptait pour lui. Cependant, contrairement à Airi qui était convaincue que quelque chose était forcément responsable de cette attente, lui, pensait que si Dame Nature ne s'était pas encore manifestée, c'est que ce n'était tout simplement pas encore le moment.

Alors, il avait bien une fois tenté de dire le fond de sa pensée à Airi, mais en y repensant…


- Tu sais, après tout, peut-être sommes-nous encore trop jeunes.
- Quoi ?, renifla-t-elle dégoulinante de larmes – et du reste. Pourquoi « trop jeunes » ? *comprend pas*
- Eh bien, regarde mes parents. Après tout, ils avaient presque respectivement deux cents et trois cents ans quand… Airi ? Ça va ?

Knock Out.

- Argggh ! Je n'ai que vingt et biiiiiip ! ans ! Il est hors de question que je doive attendre encore, euh…. *DANGER !* tout ça pour avoir des enfants ! Je les veux maintenant, moi !


Non, après réflexion, mieux valait la laisser chercher. En plus, même s'il n'y croyait pas trop, peut-être que…

- Ça y est ! J'ai trouvé ! J'ai TROU-VE !, cria soudain Airi en sautant dans tous les sens – balançant au passage des boulettes par les fenêtre et inondant cette fois-ci le chemin de ronde où les gardes crurent qu'un maléfice était responsable de l'attaque. Alam ! Je vais enfin savoir pourquoi nous ne sommes toujours pas à la tête d'une famille idéale.
- Ah… ? *curieux*

Et il s'avança vers la table de calcul à présent dégagée.

- Regarde, c'est simple, dit Airi en menace de surchauffe. Si je prends ça et l'ajoute à ça en le retranchant à ça, j'obtiens ça. Il me suffit ensuite de simplement me référer à l'un des chapitres de ce livre du Grand Magicien…
- Hein ?
- Oui, par chance, il en restait quelques-uns dans la bibliothèque ! *contente* Alors… Voyons, voyons… Ah, voilà, c'est ici ! Donc, si j'ai bien tout fait, l'absence de nos enfants serait due à…. AAAAAAAAAH ! JEILE ? C'est pas vrai !

Alam la regarda éberlué.

- Quoi ? Mais qu'est-ce que tu racontes, Airi ? Comment Jeile pourrait-il…

Mais Airi ne le regardait déjà plus. Fulminante, les narines en mode « taureau qui va tout défoncer », elle franchissait la porte de ses appartements avec la ferme intention de trouver l'abruti de responsable de ce désastre – qui ne pouvait finalement qu'être son beau-frère !

*Bah ? Et pourquoi ils n'y avaient pas pensé plus tôt ?*