Okay, ça fait bizarre de clore Pelican Bay... Ça a plus tardé que prévu parce que ce que j'avais déjà écrit ne me plaisait plus.

Enjoy :)


Epilogue


16 ans plus tard

Dean avait ouvert les yeux bien avant que la sonnerie stridente censée les réveiller ne retentisse. Il était resté une bonne partie de la nuit allongé sur sa couchette, les bras croisés derrière sa tête, à regarder fixement la couchette au dessus de lui. Il ne bougea que lorsque le petit déjeuner leur fut servi. Il se redressa et envoya une tape sur le matelas au dessus de lui:

- Walker! Bouge!

Son codétenu grogna avant de se retourner dans son lit. Sans s'intéresser d'avantage à lui, Dean prit son café et alla se poster à la fenêtre pour le boire. Il faisait beau, mais il pouvait deviner sans difficulté la fraicheur du vent de mars. Pour la première fois depuis qu'il était entré en prison, il autorisa son regard à franchir les murs gris de Pelican Bay pour se perdre dans les champs aux alentours de la prison. Il s'appuya contre le mur, laissant son esprit s'échapper d'entre ces murs gris l'espace d'une seconde.

Ce fut la voix de son codétenu qui le ramena à la réalité:

- Tu crois qu'on s'y habitue?

Dean tourna la tête vers lui et le dévisagea sans dire un mot. L'autre sauta de son lit et désigna la fenêtre du menton:

- La liberté. Tu crois qu'on s'y habitue?

- Je sais pas trop, soupira Winchester en tournant une nouvelle fois les yeux vers l'extérieur.

L'autre prit sa tasse de café et dit en reniflant:

- Moi j'pense qu'on arrive plus à s'y faire. J'veux dire, regarde nous, Winchester. On a passé plus de temps en prison que dehors. On est bon qu'à ça.

- Parle pour toi, marmonna Dean.

- Tu es rentré à quel âge, déjà?

Il se retourna vers l'homme qui partageait sa cellule depuis maintenant deux ans et lui lança un regard noir:

- C'est pas ce que je voulais dire.

- Oh. Je vois...

Il posa sa tasse et se lança dans une piètre imitation de Dean:

- Je ne suis pas qu'un criminel. Je suis un homme bien. Quand je sortirais, je ferais des bonnes choses. ... Tu as tué un flic, Winchester. Quand tu sortiras, tu ne supporteras pas la liberté et tu remettras ça. Il y a des choses auxquelles on ne s'habitue pas...

- Tu as raison, Walker, soupira Dean en jetant un oeil à la couchette de son codétenu. Il y a des choses auxquelles on ne s'habitue pas...

Il retourna s'asseoir sur son matelas sans un mot, pencha la tête légèrement en arrière et ferma les yeux, inspirant profondément. Walker s'adossa contre le mur et dit, en machouillant une tranche de bacon:

- Tu vas me manquer, Winchester.

- Faux. Ce qui va te manquer, c'est une présence. Je te manquerais, jusqu'à ce qu'un autre gars ne vienne prendre ma place. Puis quand il partira, c'est lui qui te manquera. Et ainsi de suite.

- C'est vrai que tu t'y connais en changement de collocataire... Alors... Depuis que je suis là, tu as oublié on ancien camarade de chambre, c'est ça?

Dean ouvrit les yeux pour regarder les lattes du lit au dessus de lui:

- Non. Je suis loin de l'avoir oublié.

- Tu m'as jamais parlé de lui...

- Comme je ne t'ai jamais parlé de mon frère. J'ai aucune confiance en toi, je vois pas pourquoi je te confierais ma vie sur un plateau d'argent. Va crever, tiens.

Voyant que Dean se renfermait une fois de plus sur lui même, Walker haussa les épaules et, après avoir avalé son café d'une traite, monta se rallonger sur son lit. Il se fichait de connaître Dean Winchester, au final. Dans vingt-quatre heures, il serait seul, de toute façon.

Le silence prit ses droits dans la cellule, jusqu'à ce que la porte ne vienne à s'ouvrir bruyamment. Dean se leva d'un bond au moment même où Ash entrait dans la cellule. Il jeta un oeil à Walker, qui n'avait pas bougé un orteil, puis lança un sourire au Caïd:

- Winchester... Tu es prêt?

Dean secoua nerveusement la tête.

- Suis moi.

Comme ça. Sans menottes. Sans aucune autre protection que l'arme à feu d'Ash accrochée à sa ceinture. En une seconde, Dean avait cessé d'être un criminel. Parce qu'un groupe d'homme en robes noires avait décidé que le 18 mars, à partir de 9h30, Dean Winchester ne serait plus un assassin. Il n'était plus un assassin. Alors qu'ils remontaient le couloir principal du bloc, ils croisèrent plusieurs gardiens qui saluèrent Dean. Parce qu'il partait. Et parce qu'ils l'avaient cotoyé pendant de longues années. Certains, comme Ash, pendant toute leur carrière à Pelican Bay.

Dean accéléra le pas pour se mettre à la hauteur du surveillant:

- Dis moi, Ash...

- Quoi?

- Est-ce que... Castiel...?

Ash lui jeta un regard désolé et dit en secouant la tête:

- J'ai pas réussi à le joindre... Désolé, Caïd.

- Arrête de m'appeler comme ça... Ça fait longtemps que je ne suis plus Le Caïd.

- Ouaip. Cinq ans...

Dean croisa son regard et le surveillant leva un sourcil:

- Tu étais vraiment attiré par lui, hein?

Dean faillit lui mentir une énième fois, continuer à se voiler la face. Mais il partait. Il n'avait plus à mentir à qui que ce soit. Surtout pas à Ash.

- Oui. On a... C'était pas platonique. Pas du tout, ajouta-t-il avec un sourire songeur.

- Ouais, ça va, merci, épargne moi les détails... Dommage que Jess soit partie.

- Jessica? Pourquoi?

- J'avais parié avec elle. Le pire, c'est que comme elle est partie en même temps que Novak, elle a supposé que rien ne s'était passé entre vous. Putain. Tu me dois trente dollars, Winchester.

Dean ne retint pas le rire qui glissa hors de sa gorge. La voix de Wei leur parvint, alors qu'ils passaient devant sa cellule:

- Tu vas me manquer, Winchester!

Dean répondit en plaisantant. Comme à son habitude. Ash le guida jusque dans la dernière pièce de la prison qu'il traverserait. Là, il lui rendit les vêtements qu'il portait à son arrivée ainsi que tous les biens qui lui avait été retirés. Dean retrouva le plaisir de porter autre chose que les vêtements réglementaires du centre de détention. Il enfila son pendentif, celui que Sam lui avait un jour offert, puis retrouva Ash dans le couloir.

Le surveillant lui tendit son sac à dos avec un sourire puis ils marchèrent en silence jusqu'à la porte principale. Dean était de plus en plus nerveux. Nerveux et impatient. Ash s'arrêta juste devant la porte -la dernière avant la liberté- et soupira:

- Hey, Winchester... Je sais que c'est pas le truc qui se fait... Déontologiquement parlant, en tout cas... Mais on a passé vingt huit ans plus ou moins ensemble et... Ce serait dommage de pas se revoir.

- Je pense aussi.

- Tu étais un bon détenu. Enfin... Surtout vers la fin. Les premières années ont été mouvementées.

Dean sourit puis Ash l'attira contre lui dans une accolade amicale:

- Wei n'est pas le seul à qui tu manqueras, Winchester.

- Ça fait du bien de le savoir...

Il s'éloigna du gardien et lui envoya une tape sur l'épaule:

- Si tu revois Jessica, réclame lui tes trente dollars.

- T'en fais pas pour ça, Caïd.

Et, avec un signe de la main, Dean passa la porte de la prison de Pelican Bay. Pour la dernière fois de sa vie.

Il rejoignit la route en tentant d'ignorer le tremblement nerveux de chacun de ses muscles. Il était libre. Il n'avait pas d'heure pour rentrer, pas de gardien qui le suivait à la trace, pas d'entraves aux poignets ou aux chevilles. Rien.

Il décida d'avancer jusqu'à l'arrêt de bus le plus proche afin d'aller dans la ville la plus proche et de prendre le train vers San Francisco et attendre que son frère soit libéré. Il avança sans regarder devant lui, les yeux baissé sur le terrain poussiéreux qui s'étendait à ses pieds. Il ne releva la tête qu'une fois arrivé au carrefour, et il s'arrêta net.

Même s'il avait voulu, Dean n'aurait pas pu retenir le sourire qui éclaira son visage.

Il laissa tomber son sac sur la terre sèche alors que Castiel s'écartait de la voiture garée sur le bas côté. Dean trottina vers lui et, sans le concerter, il l'attira contre lui et le serra aussi fort qu'il pouvait sans le blesser.

L'odeur de Castiel l'hypnotisa et il ne se rendit compte qu'à cet instant à quel point il lui avait réellement manqué.

- Oh mon Dieu, souffla Castiel à son oreille. Je rêve de ça chaque nuit depuis que j'ai su que tu sortais.

- Moi aussi... Ça entre autres choses moins respectable, dit-il en glissant la main le long de la chute de rein du brun, lui arrachant un rire.

- Ha! Tu vas devoir te montrer patient...

Dean s'écarta de lui:

- CAS! J'ai déjà attendu cinq ans, mec.

Castiel ramassa son sac et lui lança un regard désabusé:

- Vraiment...?

- Je ne comptais pas les plaisirs persos.

Le brun ouvrit la porte de la voiture bleu foncé et dit avec un sourire:

- En voiture. La route est longue jusqu'à San Francisco.

Dean s'avança vers lui et glissa sa main derrière la nuque de son partenaire pour l'attirer vers lui et joindre leur lèvres. Castiel répondit au baiser avec un léger sourire. Dean s'éloigna légèrement et souffla:

- Tu m'as manqué. Vraiment.

- Toi aussi, tu m'as manqué...

Il plongea dans le regard bleu de Castiel et soupira:

- Je crois que je t'aime, Cas.

L'autre leva les yeux au ciel et lui dit, en lui donnant une tape sur les fesses:

- Grimpe.

Pas d'amour dégoulinant, ce n'était pas leur genre. Mais ils n'avaient pas besoin des mots. Ils savaient.

Et, alors qu'il regardait Castiel prendre la route vers San Francisco, Dean songea que Walker avait peut être raison. Il était peut être impossible de s'habituer à la liberté.

Mais, il était à peu près sûr de n'avoir aucun mal à s'y habituer, pour peu qu'il était avec Castiel.

This Is The Fin.


Alors... Moi pas être fière. Et finir là dessus me fais mal au coeur (Vous la voyez la guimauve à la fin, là?). Vraiment. Par contre, je crois qu'on sent exactement à quel moment j'ai changé de playlist en écrivant ^^

.

Voilà, voilà, donc Pelican est terminée... Voilà...

Si, par bonheur, vous avez aimé et que vous vous demandez si ça viendrait de moi, vous pouvez toujours vérifier en allant lire Made of War & Love (psssst... Y'aura un lemon, là). Et si, par grand bonheur, c'est le cas, vous pouvez surveiller mes entrées, je risque de poster très prochainement un nouveau Destiel qui va s'appeler Freak Show (psssst... Y'aura probablement un lemon ici aussi).

J'ai beaucoup d'idées de Destiels. Vous êtes pas encore débarassées de moi. Désolée.

.

.

J'avais parlé d'une twitcam. Elle se fera le 3 novembre prochain, je pense. Allez voir RangerSam sur touitteur ou Samarawillprobablykillya pour tumblr, je risque de balancer des infos là bas. (Oui, je me fais de la pub, ça va hein, chut)