Et oui, me voila avec une nouvelle histoire ! Je sais, je sais, j'abuse comme je ne vous ai pas encore publié la suite de « Quatre vies à relier », « Malefoy et Granger ou comment atteindre le 7e Ciel » et « Breaking Sunset », mais cette histoire était dans ma tête et ne voulait pas en sortir tant que je ne l'écrivais pas alors voilà…

En espérant malgré tout qu'elle vous plaise, je vous souhaite une bonne lecture !

Katty

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MOVING FORWARD

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Point de vue de Bella Swan :

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J'ai toujours aimé la neige.

Je crois d'ailleurs que c'est pour ça que je revenais chaque année à Forks, voir mon père –Charlie Swan- à la fin décembre, car dans cette petite bourgade de l'Etat de Washington, en hiver, la neige remplaçait la pluie qui tombait constamment.

Je vivais à Phoenix depuis mes années de fac, refusant de suivre ma mère –Renée Dwyer- à Jacksonville, en Floride, quand mon beau-père avait été muté là-bas afin d'intégrer sa nouvelle équipe de baseball et même si j'adorai mon père, je ne voulais pas retourner vivre à Forks après les deux affreuses années de lycée que j'y avais passé.

Et pourtant, je m'y rendais chaque année depuis cinq ans parce que je voulais voir la neige et passer les fêtes de fin d'année avec mon père que je ne voyais pas du reste de l'année.

Je n'espérai rien d'autre, du moins, c'était ce que j'essayai de me convaincre.

Le reste de l'année, j'enseignais la littérature anglaise à la grande université de Phoenix et j'étais plutôt heureuse de ma vie, même si je savais qu'elle était plutôt terne et insipide : Je n'avais pas de petit-ami, très peu d'amis, seulement un bel appartement et un chat nommé Max.

Mon père fut heureux de me recevoir chez lui mais comme il ne cuisinait quasiment pas, il n'y avait rien dans ses placards et frigo pour nous concocter un diner alors –et malgré sa persistance à vouloir nous acheter des pizzas- je profitai de l'excuse pour aller à l'épicerie de la ville.

Comme les années précédentes, je remarquai que rien n'avait changé à Forks : Il y avait toujours les mêmes vieilles voitures, les mêmes maisons, les mêmes bâtiments. Aucune nouveauté ne semblait être apparut pour égayer la vie des habitants de cette ville et quelque part, je trouvai ça déprimant.

Alors je redirigeai mon attention sur la neige qui avait déjà envahie mon nouvel environnement avant de lever la tête vers le ciel afin de voir les flocons tomber du ciel par milliers avant de sentir un vrai sourire fleurir mes lèvres.

La neige m'apaisait tout comme elle l'avait fait dans le passé à la période la plus sombre de mon existence. Elle m'avait sauvé la vie, redonner espoir et me donnait la force de continuer à vivre cette vie qui ne me plaisait plus vraiment.

Je ne prêtai pas attention aux gens qui m'entouraient, me moquant complètement de les voir me dévisager mais je me figeai quand j'entendis une voix s'élever dans les airs, non loin de moi :

-Bella ? C'est bien toi ?

Je ne cherchai même pas à me retourner vers son origine car même si plus de huit ans s'étaient écoulés depuis la dernière fois que je l'avais entendu, je la reconnus très facilement et je ne voulais pas avoir affaire avec sa propriétaire.

Je l'ignorai royalement et me dirigeai calmement vers l'épicerie tout en me demandant tout de même ce qu'Alice Cullen faisait à Forks, elle qui prônait, à l'époque du lycée, qu'elle ferait carrière à New York en tant que styliste de mode pour personnes célèbres et qu'elle ne reviendrait jamais en ville. Car si elle était là, il y avait une chance sur deux pour que son frère jumeau le soit aussi et j'ignorai comment j'allai réagir en revoyant Edward après tout ce temps.

Arrivée à destination, je parcourus les allées à la recherche des ingrédients pour des lasagnes, réservant ceux pour le repas de noël pour mon expédition à Port Angeles comme cette ville fournissait plus de choses que Forks. Je payai ensuite mes achats à la caisse après avoir salué quelques personnes qui me reconnurent.

La soirée avec Charlie se passa tranquillement.

Nous ne parlions pas beaucoup et très vite, je me retrouvai dehors, en direction du petit parc de l'hôpital de Forks malgré la nuit tombée depuis quelques heures et le froid mordant qui accompagnait les flocons de neige.

Je m'assis sur le petit banc sur lequel je m'étais installée dix ans plus tôt et sortis de mon sac la vraie raison de mon voyage en Washington : La seule et unique photo de mon bébé décédé avant même d'être né.

Et pour la première fois en quelques années, je ne pleurai pas même si je me rappelai encore de la sensation de perte que j'avais ressentie quand j'avais procédé à l'avortement, à la dépression qui avait suivis cet acte médical que j'avais choisi de faire pour satisfaire tout le monde.

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« Je ne veux pas être père à dix-huit ans, Bella ! Débarrasses-toi-en parce que moi, je ne serais pas là pour lui ou pour toi si tu le gardes ! »

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« Mais dans quelle folie tu t'es plongée, Bella ? Tu sais pourtant que devenir parent aussi jeune détruit toute une vie ! Même si je t'aime, regarde ton père et moi ! Cette épreuve nous a séparé ! »

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« Et que comptes-tu faire, Bella ? Je suis peut-être le Chef de police de Forks mais je n'ai pas les moyens financiers de m'occuper de tous les deux même si je veux bien t'aider à élever ton enfant ! Et puis tu as pensé à tes études ? A toutes les expériences que tu vas manquer en ayant un bébé ? Sans parler du fait qu'Edward ne veut pas faire partis de vos vies ! Que vas-tu devenir ? »

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« Tu savais que la nouvelle est en cloque ? Il parait qu'elle a fait exprès de tomber enceinte pour piéger Edward et le garder auprès d'elle !

-Ah, bon, tu es sûre ? Je l'ai vu ce matin avec Lauren et ils ne faisaient pas que parler, si tu vois ce que je veux dire !

-C'est bien fait pour Swan, ça ! En plus, avoir un bébé à dix-huit ans, franchement ! Elle va devenir la risée de toute la ville, déjà qu'elle est au centre de toutes les discussions ! »

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« Tu es sûre de ton choix, Bella ? Ma femme et moi serons toujours là pour t'aider même si Edward refuse d'assumer ses responsabilités.

-Jusqu'au jour où votre fils fondera sa propre famille, murmurai-je, acide. Oui, j'en suis sûre ! Il ne m'a causé que des problèmes même s'il m'aura apprit à voir les vrais visages des gens qui m'entourent.

-Bella…

-Non ! coupai-je vivement, me sentant au bord de la rupture. Je ne veux plus rien entendre ! Finissons-en ! »

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« C'est fini, souffla Carlisle alors que je gardai mes yeux ouverts rivés vers le plafond, ressentant encore les contractions que les médecins m'avaient provoqués pour procéder à l'avortement. Comment tu te sens ?

-Vide.

-Je comprends. Si tu as besoin de quoi que se soit, n'hésite pas à m'appeler. Je serais toujours là pour toi, Bella.

Mais je ne l'écoutai déjà plus, me noyant dans les regrets qui me bouffaient depuis que j'avais décidé de tuer mon bébé. »

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Je me rappelai être sortie de l'hôpital quelques heures à peine après l'intervention et m'être difficilement dirigée vers le parc dans lequel je me trouvai avant de m'asseoir sur ce fameux banc à ressasser ce que je venais de faire.

Je venais de mettre fin à la vie d'un être vivant qui n'avait rien demandé.

Mon enfant.

Tout ça parce que je m'étais laissée persuader par mon entourage que de mettre un terme à ma grossesse me serait « bénéfique ».

Je les avais écoutée, perdue dans ma découverte et ma rupture avec Edward, alors que j'aimais déjà le petit être qui grandissait en moi sans même m'en rendre compte.

Et c'est cette conviction qui m'avait détruite à petit feu après l'avortement.

Je me souvins avoir sortis la première et seule échographie de mon bébé sur ce banc et avoir éclaté en sanglots.

Je n'avais jamais pu m'en remettre et avais passé le reste de mon année scolaire puis ma terminale dans un brouillard complet, seule, dépressive mais Ô combien travailleuse.

Angela Weber avait été la seule personne que je laissai m'approcher, la seule à pouvoir m'aider dans ma souffrance, à calmer mon obsession à être la meilleure dans chaque matière que je suivais au lycée afin que je puisse avoir la vie rêvée que tout le monde voulait que je vive sans mon bébé.

Je ne l'avais pas tué pour rien même si je n'arrivai pas à surpasser son absence, sa mort que j'avais moi-même provoquée.

Chaque mère que je voyais avec leur enfant au fil des années qui avaient suivis me rappelait ce que j'aurais dû avoir, ce que je n'aurais plus.

Aujourd'hui, mon enfant aurait eu neuf ans.

Et comme ce fameux jour où j'avais mis fin à ses jours, il neigeait.

Je me souvins avoir décidé de retourner à Forks, cinq ans après mon départ pour la faculté de Phoenix, pour revoir mon père que je n'avais qu'au téléphone. Après tout, lui et ma mère en avaient baver ces dernières années à cause de ma dépression et de la colère que je ressentais aussi à leur égard -même si Renée avait échappé au pire en allant vivre en Floride et ne m'appelait que rarement- que je devais bien faire l'effort de leur pardonner d'avoir voulu « le meilleur » pour moi.

Et ça avait été maladroit.

Sans parler du fait que retourner dans cette ville maudite avaient ramenés à la surface ce que j'avais fait et que j'avais éprouvé le besoin d'aller me repentir au parc.

Et ça devint mon pèlerinage annuel.

Tous les ans, je revenais à Forks à cette période de l'année où mon bébé aurait dû naitre et tentais de faire mon deuil qui tournait toujours en mini dépression que seule la neige parvenait à contenir car elle semblait partager ma peine en faisant tomber des milliers de larmes glacées que mon corps ne pouvait verser.

Ou alors il s'agissait de mon enfant qui, du ciel, m'apportait son soutien… ?

Au bout d'un moment, je ne sais combien, je me levai et décidai de marcher un peu dans les rues de Forks, insouciante de mon environnement, mes pensées plongées dans ce qu'aurait pu être ma vie si je n'avais pas avorté.

Aurai-je eu une fille ou un garçon ?

Aurai-je réussis à élever mon enfant, à nous faire vivre correctement ?

L'amour que je lui portai encore maintenant aurait-il suffit à combler les lacunes, les tourments de la vie ?

Et puis les questions laissaient place aux rêveries et c'est dans ces moments-là que j'essayais d'imaginer à quoi aurait pu ressembler mon enfant, la vie que nous aurions dû avoir, et j'arrivai, au fil du temps, à sourire de tendresse.

Oui, revenir à Forks était la meilleure thérapie que j'avais eu même si parler à certains professionnels m'avaient aidé à avancer.

Maintenant, au lieu de pleurer systématiquement, de m'apitoyer sur mon sort, sur mes rêves perdus, je parvenais à passer à autre chose, à laisser mon bébé dans le passé même si je l'aimerais toute ma vie.

Je ne pus m'empêcher d'esquisser un sourire avant de le perdre quand j'entendis une voix masculine prononcer mon nom.

Edward.

Je le reconnaitrais n'importe où malgré les années qui étaient passées sans que je ne le vois ou n'entende sa voix.

Je relevai la tête et croisai ses émeraudes qui firent, sans que je ne le contrôle, battre mon cœur plus vite qu'à l'accoutumé.

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Comment avez-vous trouvé ce petit chapitre ?

La suite est déjà écrite mais je vais attendre un peu avant de vous la poster, afin de prendre un peu d'avance dans tous mes écrits…

A bientôt, ici ou ailleurs !

Katty