Please Pretend

Et si Christine avait choisi Erik ? Après une dernière nuit passée avec le Vicomte, elle part avec son mari à Coney pour y commencer une nouvelle vie. Dix ans plus tard, alors que le couple a eu un fils, des invités surprise s'invitent dans leur théâtre, déchaînant des situations pour le moins embarrassantes.. .

Pas de panique si les chansons ne sont pas chantées par les même personnes au même moment : cela fait parti de la réecriture. Mon plus gros défaut étant les fautes d'orthographe, pardonnez moi d'avance...Je ne sais pas encore où tout cela va nous mener, donc j'ai besoin de vos reviews pour faire avancer l'histoire et surtout pour m'améliorer !

Bonne lecture !

I / Once Upon Another Time

Alors que Christine enfonçait une dernière épingle à cheveux dans son chignon, la porte de la chambre conjugale s'entrouvrit doucement. Assise devant sa coiffeuse et fraîchement habillée d'une robe marron, elle jeta un œil dans le miroir pour y découvrir son fils, Gustave.

Agenouillé derrière la porte il essayait de se faire discret, mais à peine poussât il le cadre de bois qu'une voix masculine retentit d'une autre pièce de l'appartement.

Gustave ! Gustave ! Ne dérange pas ta mère, elle vient à peine de faire sa toilette !

Et surgit derrière le fils le père, qui lui referma la porte d'un coup sec sans un regard pour sa femme qui souriait devant son miroir.

Secouant la tête, celle ci posa son peigne et se leva. La chambre n'était pas bien spacieuse, mais c'était sa pièce favorite de leur appartement pour des raisons évidentes : elle était richement décorée de rideaux verts et de belles tapisseries, et meublée d'une coiffeuse, d'une armoire, de tablettes et d'un majestueux lit ( vous pensiez à quoi ? Bande de petits pervers OO).

Elle ouvrit la porte et s'avança dans le couloir. La chambre de son fils était ouverte, et elle s'arrêta sur le seuil pour frapper d'un air très sérieux.

Gustave était en train de jouer avec un automate que lui avait fabriqué son père, assit au milieu de sa chambre. En l'apercevant il se leva pour déposer un baiser sur sa joue.

Il avait déjà dix ans mais était encore un peu enfantin : il était de petite taille, avait conservé ses joues rondes et son air de canaille. Comme le répétait souvent son père : « celui là finira brigand » ( à la suite de quoi Christine se faisait crier dessus pour avoir ajouter « comme son papa »).

Alors, bien dormi mon chéri ? Demanda Christine en ouvrant la fenêtre.

En contrebas s'étendait Coney Island et Phantasma, leur domaine. Elle n'avait jamais aimé les foires, et Erik non plus, pour des raisons évidentes ( rappelons que dans son enfance il était présenté comme un monstre dans des fêtes foraines ), et ils avaient tout d'abord acheté le Théâtre à leur arrivée. Par la suite, par manque d'argent pour faire tourner celui-ci, ils avaient investi dans la fabrication de Phantasma, le parc d'attraction. Et quand Christine était devenue une chanteuse au talent reconnu, devenant ainsi une femme au succès mondial, ils avaient eu assez d'argent pour garder le parc et l'entretenir.

Sans s'attarder sur les grandes roues et les tentes multicolore, elle se tourna vers son fils qui s'était lancé dans un long monologue sur les rêves de la nuit passée.

….et le singe voulait absolument que je danse des claquettes.

Christine hocha la tête d'un air absorbé et lui demanda s'il avait vu son père.

Pas depuis qu'il m'a empêché de venir te voir ce matin. Bouda Gustave en tripotant son jouet pour essayer de le démonter, mais je crois qu'il est parti à un rendez-vous.

Haussant les sourcils, elle sorti pour faire le tour de l'appartement. Toujours décoré avec goût, il comportait un grand salon, trois chambres, un atelier destiné à Erik et secret défense au sous sol, des salles d'eau et un grand bureau partagé par le couple. Mais son mari n'était dans aucune de ces pièces. Elle alla même jusqu'à frapper à la porte de son atelier sans oser l'ouvrir, mais personne ne lui répondit.

Elle envisagea pendant une seconde de passer la tête à l'intérieur pour vérifier, mais se ravisa.

Erik avait toujours été un homme très secret, qui aimait avoir un endroit caché où il pouvait se réfugier pour composer, et elle avait toujours respecté cette condition. Même si elle était nostalgique du temps où il composait devant elle, disant qu'il avait besoin de sa présence inspiratrice. En soupirant, elle se remémora les premiers temps de leur si étrange mariage.

;;

Ils avaient été atroces, ces premiers mois. Rongée par la culpabilité, le remord ou la haine, voir parfois les trois en même temps, elle ne voulait pas parler à celui qui l'avait forcé à l'épouser contre son gré. Le Fantôme qui-n'en-était-plus-un lui donna trois jours pour bouder dans la chambre qui lui avait attribuée dans son antre. Le troisième jour, violant son intimité, il était entré pour lui annoncer qu'ils devaient partir.

Les gens de l'Opéra étant à leur recherche à cause de l'assassinat de Piangi et de Bouquet, il leur avait trouvé une chambre dans un hôtel en attendant de pouvoir prendre un bateau ou un train et fuir loin de Paris.

Elle avait eu beau crier, marchander, il l'avait entraîné avec lui dans cet hôtel qu'elle jugea tout de suite immonde. La chambre était bien pire encore : nue, un seul lit trônait en son centre, lui rappelant sans cesse qu'elle allait bientôt devoir honorer son rôle d'épouse.

Il s'était montré très poli et avait agi en parfait gentleman en dormant tous les soirs par terre sur un matelas. Le jour elle se murait dans un silence obstiné en rêvant de Raoul.

La situation était rapidement devenue intenable : être enfermés pendant des heures avec une telle proximité torturait Erik, qui ne pouvait plus composer et qui passait ses journée à parcourir les petites annonces et le prix des billets de train. Il passait des heures assit à un bureau à la regarder se balancer d'avant en arrière les yeux dans le vague.

Et un jour, n'y tenant plus, il s'était assit sur le lit à côté d'elle et avait commencé à parler.

Il lui avait expliqué à quel point la situation était désagréable et complexe pour lui. Il lui avait présenté ses excuses pour sa brusquerie et pour sa maladresse. Il lui avait rappelé qu'ils avaient fait un pacte, et qu'elle se devait de l'honorer puisque lui même avait rempli sa part du contrat en délivrant Raoul. Ensuite, la voyant sortir de son état comateux pour enfin le regarder dans les yeux, il avait avoué timidement que jamais il ne précipiterait les choses entre eux et qu'il lui laissait le temps d'accepter l'état de leur relation et tout ce que ça impliquait. Même si ça devenait difficile pour lui de se retenir.

Christine avait hoché la tête et avait ravalé ses larmes et sa tristesse, avait muré l'image de Raoul et de la vie qu'ils auraient pu avoir ensemble dans un coin de son esprit.

A partir de ce jour là la vie devint plus douce pour Erik, et en apparence pour Christine également.

Elle faisait des efforts, lui présentait le plateau repas que l'hôtel leur livrait tous les jours, s'habillait d'une manière plus féminine et plus encourageante. Le soir, bonheur suprême, avant de s'éteindre sur son matelas, il lui baisait le front avec tout l'amour dont il était capable, et elle supportait la chose en silence. Au fils des jours cette épreuve n'en fut plus une et elle lui prenait même la main avant qu'il ne la quitte.

Un jour alors, il lui permit de sortir, car il devait lui même se rendre à un rendez-vous pour peut être enfin acheter ce dont il rêvait : un Théâtre, loin, à Coney Island.

Il lui avait fait confiance.

Et elle n'avait pas résisté.

Elle était allé voir Raoul. Elle avait rodé près de l'Opéra pendant deux heures avant de le voir arriver. Elle l'avait défendu de parler ou d'appeler qui que ce soit, et elle l'avait embrassé. Elle lui avait fait comprendre qu'elle partait et qu'ils ne se reverraient sans doute plus jamais, que ces quelques heures ensemble étaient les dernières. Ce fut un acte d'adieu et d'amour inconditionnel.

Il l'emmena dans une chambre qui loua pour deux heures et ils oublièrent le reste du monde.

Quand il fut l'heure de partir, Christine avait perdu son courage et sa volonté et s'accrochait à son amant avec la force du désespoir.

Ah, Christine ! Se résignât il en essayant de lui faire entendre raison.

Mais elle avait oublié sa promesse et ses bonnes résolutions. Alors il détacha tendrement ses mains qui agrippaient sa chemise et lui murmura à l'oreille :

Little Lotte, I beg you, forgive me
ah, what fools we once were
Long ago in our youth ….
But n
ow I must go, our choices are made
May your angel of music watch over you now
And give you what I wish I gave you somehow

Et il l'avait raccompagné jusqu'à l'Opéra, car elle lui avait défendu de poser des questions sur l'endroit où Erik l'avait emmené.

Quand elle était rentrée à l'hôtel, il avait bien vu qu'elle était bouleversée, mais préféra ne pas poser de questions, car elle lui était revenue, et c'était l'essentiel. Il lui annonça qu'ils venaient de faire l'acquisition du Théâtre et qu'ils partaient prochainement.

Ce fut la dernière fois qu'elle vit Raoul.

;;

Christine revint à la réalité et s'éloigna de la porte du cabinet de son mari. Elle vérifia que Gustave jouait toujours dans sa chambre et s'installa dans le bureau, près de la bibliothèque, pour se plonger dans un livre.

Mais elle ne pouvait arrêter de penser aux premiers temps de leur relation et aux épreuves qu'ils avaient traversées ensemble pour en arriver là.

La suite du premier chapitre sera bientôt là;)

Notes : la chanson Ah, Christine ! Appartient à ses compositeurs Andrew Lloyd Webberet Glenn Slater . Elle est tirée, comme vous devez vous en douter, du musical Love Never Dies.

Merci pour votre lecture, et laissez des reviews ( je sens que vous en avez envie, votre souris est en mon pouvoir...allez, allez XD)