Coucou!

Ben oui, je suis retour! ben non, vous êtes pas débarrassés de moi! (qui a dit zut alors?). Voici donc ma nouvelle fic. cette fois, pour éviter les mauvaises surprises, elle est écrite, corrigée, finie! (enfin presque, il me reste l'épilogue et mes beta ont encore quelques chapitres à voir). toujours est-il que la publication pourra donc avoir lieu sans faute tous les vendredi (bon je décline toute responsabilité en cas de coupure de courant, panne d'internet, hospitalisation, catastrophe naturelle, rencontre avec un beau gosse ténébreux...etc)

J'espère que cette fic vous plaira (et que j'ai encore des lecteurs, accessoirement, ça peut être utile)

Comme d'habitude rien n'est à moi (ou presque, je me réserve la maternité de quelques personnage et du fil de l'histoire) mais bon, vous saurez faire la différence, hein, c'est pas comme si on connaissait pas l'oeuvre de JKR par coeur, soyons honnêtes!

Même si ffnet a augmenté le nombre de mot limite pour les résumés, ça reste très court, donc pour ceux qui le veulent, le résumé complet de la fic se trouve, comme d'habitude, dans mon profil.

Toujours comme d'habitude, un grand merci à Morphée beta-lectrice et à Mistycal beta-correctrice!

Sur ceux, je vous laisse lire.

enjoy!


- Oh Merlin, s'exclama Hermione, brisant le silence de plomb de la pièce.

Au son de sa voix, Harry leva un regard incertain. Il n'arrivait pas à y croire. Il l'avait fait. Il avait tué Voldemort. Le seigneur des ténèbres était tombé à la renverse, une expression de surprise sur le visage.
Les aurors arrivés sur les lieux avec le ministre furent les seuls à réagir. Ils s'empressèrent de passer les menottes aux mangemorts, trop hébétés par la défaite soudaine de leur maître pour se débattre.
C'est avec une joie certaine qu'ils arrêtèrent Rodolphus et Bellatrix Lestrange et une exclamation de surprise qu'ils découvrirent Lucius Malefoy, à moitié assommé, empêtré dans ses robes de mangemort.

Tandis que Fudge prenait conscience que ses jours en temps que ministre étaient comptés, il avisa du coin de l'œil Sirius qui avait rejoint Harry pour s'assurer que l'adolescent n'avait rien, et hurla en gesticulant sur place.

- Black ! C'est Sirius Black !

Aussitôt, rapides comme l'éclair, trois aurors brandirent leur baguette vers l'évadé. Harry se jeta devant lui, empêchant les hommes de lancer le moindre sort, tandis que Sirius, qui savait qu'il ne pouvait s'enfuir, des sorts anti-transplanage ayant été lancés, se contentait de baisser sa baguette, afin de ne pas envenimer la situation.

- Écartez-vous Potter, ordonna le ministre, vous protégez un criminel !

- Je n'en suis pas aussi sûr que vous, monsieur le ministre, intervint la voix grave de Kingsley.

Il s'approcha de Fudge, traînant derrière lui une forme indistincte qu'il jeta aux pieds de son supérieur avant de la dépouiller de sa robe noire.

- Pettigrew ! Balbutia le ministre. C'est… c'est impossible !

- Il s'agit pourtant bien de lui, répondit Kingsley. Et s'il est bien vivant, les charges contre Black me semblent réduites à néant. Il va falloir tirer cette affaire au clair.

Il jeta Pettigrew, qu'il avait relevé sans ménagement, dans les mains d'un auror qui, sur son ordre, lui passa des menottes spéciales, bridant toute magie.
Il fit signe aux hommes tenant Sirius au bout de leur baguette de baisser leur garde et arrêta lui-même l'animagus qui se laissa faire sans broncher.

- Ne t'en fais pas, Harry, dit-il au jeune homme. Il sera libre dans quelques heures. Ce n'est qu'une formalité.

Sirius hocha la tête et fit un clin d'œil à Harry. Il était confiant pour la première fois depuis 15 ans. Pettigrew arrêté, c'était le passeport pour sa liberté.

Tandis que les officiels montaient dans les étages du ministère et qu'une brigade spéciale venait s'occuper du corps de Voldemort, Dumbledore s'approcha et rassembla les adolescents.

- Vous avez fait preuve d'une grande imprudence, mais aussi d'un grand courage. Harry je suis extrêmement fier de toi.

- Merci monsieur, répondit Harry en rougissant. Mais je vous avoue que je ne sais pas très bien comment j'ai fait.

- L'important est que tu l'aies fait. Et que tout soit fini. Cet homme ne torturera plus personne et tu vas pouvoir vivre une vie normale. Mais nous en reparlerons au château. Le professeur Rogue va vous ramener à Poudlard.

- Le professeur Rogue, grinça Harry en jetant un coup d'œil à l'homme qui avait posé un genou à terre près de Voldemort.

Dumbledore suivit son regard et eu un sourire paternel.

- Il est libre à présent. Après près de 19 ans auprès de Voldemort, dont 15 ans d'espionnage. Crois-moi, même s'il ne le dira probablement jamais, ce que tu viens de faire a énormément d'importance à ses yeux. Il a écrit un témoignage comme quoi il n'avait jamais vu Sirius dans les rangs des mangemorts, ni avant, ni après son évasion.

Harry hocha la tête.

- Vous ne rentrez pas avec nous à Poudlard ?

- Plus tard. Je vais m'occuper des journalistes qui ne vont pas tarder à arriver. Et m'assurer que tout se passe bien pour Sirius. Je viendrais vous voir à la tour Gryffondor dès que je le pourrais.

Il fit un signe à Rogue qui s'approcha.

- Ramenez les Severus. Qu'ils passent tous par l'infirmerie et ensuite qu'ils retournent dans leurs salles communes. Je viens de connecter la cheminée de mon bureau avec la cheminée ministérielle n°3.

Rogue hocha la tête et sans un mot conduisit les adolescents vers ladite cheminée. Arrivés à Poudlard, et après le passage à l'infirmerie, il entreprit de les raccompagner à leurs salles communes.

- Professeur, demanda Hermione d'une petite voix, est-ce que Luna peut rester avec nous ?

- Je n'y vois pas d'inconvénient.

Les adolescents se regardèrent, étonnés du ton calme et dénué d'agressivité du professeur. Arrivé devant le portrait de la grosse dame, il tendit quelques fioles à Hermione.

- Potions de sommeil sans rêves et potions calmantes. Je vous laisse gérer cela Miss Granger.

Harry se laissa tomber dans un fauteuil dès le départ de Rogue. Il se sentait exténué mais il ne pourrait pas dormir tant qu'il ne saurait pas ce qu'il allait advenir de Sirius.
Trop épuisés pour parler, ils se serrèrent les uns contre les autres et attendirent.
Quelques heures plus tard, le portrait pivota sur Dumbledore accompagné de MacGonagall.
Harry secoua doucement Ginny qui s'était endormie contre lui et se leva, l'air anxieux. Le directeur lui fit un sourire bienveillant.

- Tout va bien. Demain à la première heure, le monde sorcier saura que Voldemort est définitivement mort.

Il fit une pause et ajouta.

- Et que le ministre Fudge à été destitué de ses fonctions et est remplacé par Kingsley Shackelbott dans l'attente de nouvelles élections.

Les adolescents se regardèrent ravis. Harry leva un regard inquiet vers Dumbledore.

- Et Sirius ?

- Sirius est réhabilité. Il est toujours au ministère où il répond à quelques questions. Aux vues des circonstances, les charges qui pesaient contre lui pour son évasion ont été abandonnées, quant à celles qu'il encourait pour son talent d'animagus non déclaré, elles ne seront pas retenues. La première décision de Kingsley en temps que ministre a été de lui verser une somme substantielle pour le dédommager. Il sait bien sûr que cela ne rendra pas ces 15 dernières années à Sirius mais il espère qu'au vue de l'importance de la somme, de telles erreurs pourront être évitées à l'avenir.

Harry soupira de soulagement. Dumbledore poursuivit, les yeux pétillant.

- D'autre part, nous avons également parlé de toi. La mort de Voldemort te libérant de la menace qui pesait sur toi, tu n'es plus dépendant de la protection du sang.

- … Ça veut dire quoi ?

- Que tu n'as plus à retourner chez les Dursley…

Harry resta sans voix. Ce fut Hermione qui poussa un cri de joie perçant en lui sautant au cou.

- Il va pouvoir venir chez nous alors ? Intervint Ron, ravi.

- En visite, probablement, répondit Dumbledore.

- Pourquoi seulement en visite, demanda le rouquin, les sourcils froncés.

Le pétillement dans les yeux du vieux sorcier s'accentua et il lissa sa longue barbe.

- Sirius vient de faire une demande de garde. Que j'ai bien sûr appuyée.

Harry ouvrit et ferma plusieurs fois la bouche, se donnant une forte ressemblance avec un strangulot hors de l'eau.

- Je ne retourne pas chez les Dursley ?

- Non. Je suppose que tu n'as aucune affaire à y récupérer, j'irai donc les informer moi-même qu'ils n'auront plus à t'accueillir.

Sur un dernier sourire, Dumbledore les laissa à leur joie. Harry hébété, s'assit lourdement sur le canapé et serra contre lui de toutes ses forces Hermione, puis Ginny, répétant inlassablement : je vais vivre avec Sirius…

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OoO

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Le lendemain à la première heure la gazette titrait :

Voldemort Vaincu !

Sirius Black Innocent !

Fudge destitué pour incompétence !

Partout dans les couloirs, on ne parlait que de cela. La moitié des élèves de Poudlard se pressaient devant le portrait de la Grosse Dame, tentant de pénétrer dans la tour pour apercevoir Harry.
Les garçons de septièmes années de Gryffondor entreprirent de monter la garde devant le tableau afin d'empêcher quiconque d'entrer, tandis que le préfet courrait chercher leur directrice de maison. Ce n'est qu'avec l'intervention de Dumbledore que le siège de la tour fut abandonné.

Dans toute l'Angleterre des fêtes furent organisées à tous les coins de rues. Les gens laissaient exploser leur joie de savoir Voldemort enfin détruit, réellement détruit. Des portraits de Sirius Black étaient aussi dressés devant toutes les boutiques, avec l'inscription : « un martyre de la guerre, 12 ans de prison et innocent ! »

Feux de joies, feux d'artifices, étincelles jetées par des centaines de baguettes, le monde sorcier fêtait sa liberté. Enfin…

À Londres, dans un bureau du ministère, l'ambiance était bien plus sombre.

Sirius était rentré chez lui avec dans sa poche les papiers de réhabilitation et Amélia Bones lui avait certifié qu'elle lui enverrait dès le lendemain les papiers concernant la garde d'Harry. Le garçon pourrait donc emménager chez son parrain dès la fin officielle de l'année scolaire, trois jours plus tard.
Sirius lui avait envoyé un courrier pour lui annoncer la nouvelle, lui expliquant qu'il allait rentrer pour préparer sa chambre et surtout pour prévenir Tessa.
Il avait hâte d'annoncer à la jeune sorcière canadienne qu'il était réhabilité et qu'il allait enfin pouvoir rendre leur mariage public. Il l'avait rencontré deux ans plus tôt, lors de sa fuite, et l'avait épousée il y avait près de 18 mois.
Officiellement la jeune femme habitait chez son père, un médicomage qui avait émigré à Londres plusieurs années auparavant.
Toutes ces cachotteries, toutes ces précautions, toute cette vie à regarder derrière son épaule allait enfin prendre fin et Tessa, Harry et lui allaient enfin pouvoir former une vraie famille, comme il l'avait toujours souhaité.

Tandis que l'animagus rentrait chez lui fêter la nouvelle avec son épouse, Kingsley, Amélia Bones et deux des plus anciens membres du magenmagot étaient assis autour du bureau parfaitement ciré qui appartenait à Fudge encore quelques heures plus tôt. Ils regardaient d'un air sombre le rapport d'arrestation de Lucius Malefoy.

- C'est insensé, s'exclama Amelia. Cet homme a financé tellement d'actions du ministère que cette affaire ne peut que nous nuire.

- Je suis plutôt d'accord. Il y a de fortes chances que l'on nous accuse de corruption. Surtout avec le rapport que viennent de nous envoyer les aurors dépêchés sur les lieux.

- Comment le décès de Narcissa Malefoy a-t-il pu rester secret ?

- Elle ne se montrait pas beaucoup dans le monde. Les deux seules personnes qui auraient pu alerter les aurors étaient son fils et sa sœur. L'un était muselé par son père, quant à Bellatrix…on comprend aisément qu'elle n'ait pas fais de vagues.

- Pourquoi avoir tué cette femme ? Même si elle n'a jamais pris part aux actions des mangemorts, il est évident qu'elle approuvait tous les actes de son mari.

- Il semblerait que ce soit le lord noir en personne qui l'ait supprimée. Probablement car elle voulait éloigner son fils de son influence…

- L'enfant est-il marqué ?

- Non, soupira Kingsley, Merlin merci, ce n'est pas allé jusque là.

- Alors que faisons-nous ? D'après son interrogatoire sous veritaserum, Lucius n'a tué personne. Il a participé à des malversations financières pour renflouer les caisses de son maître mais ne s'est jamais réellement… salit les mains.

- D'autant que nous n'avons guère de preuves de ces malversations. Il est intelligent et à su à merveille dissimuler ses traces. Nous n'avons rien de solide si ce n'est la non-dénonciation de crime.

- Nous n'avons donc d'autre choix qu'une simple incarcération.

- Très bien, acquiesça Kingsley. Incarcération à Azkaban. Pour la durée et les détails, le magenmagot statuera lors de son audience publique.

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OoO

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- Accusé levez-vous !

Malgré ses traits fatigués et l'inexistante de son rasage, Lucius Abraxas Malefoy n'avait rien perdu de sa prestance ni de son orgueil.

- Vous avez été reconnu coupable de non-dénonciation de crime suite au meurtre de votre épouse par celui qui s'est lui-même donné le titre de Lord et de votre connaissance des crimes de la dénommée Bellatrix Lestrange. Vous êtes, pour cela, condamné à l'incarcération à Azkaban pour une durée de cinq ans. Tous vos biens seront saisis et vendus pour indemniser les victimes de guerre. Enfin vous êtes déchu de vos droits parentaux sur la personne de votre fils Draco Lucius Malefoy dont le cas sera étudié ultérieurement.

Les traits de l'aristocrate, qui n'avait pas réagi à l'entente de sa condamnation à Azkaban, se déformèrent sous le coup de la fureur en entendant la saisie de ses biens et sa perte totale de pouvoir sur son héritier, qui n'hériterait d'ailleurs plus de rien.
Si son arrivée dans la salle d'audience avait été calme et solennelle, son départ le fut beaucoup moins. Il ne fallut pas moins de quatre aurors pour emmener l'homme déchaîné et ivre de colère vers son nouveau lieu de résidence.

Sans se démonter, sans même un regard vers la porte par laquelle avait été sortit Malefoy, Amelia Bones donna quelques coups de marteau sur son socle pour ramener le silence. Elle consulta ses notes et enchaina :

- Affaire suivante : Peter Syphus Pettigrew !

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OoO

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- Sirius Black !

Un homme se précipita sur Sirius et lui serra la main avant même que l'animagus n'ait pu comprendre de quoi il retournait.
Derrière lui, une jeune femme brune ricana doucement d'un ton moqueur. Sirius lui jeta un regard agacé tout en essayant discrètement de retirer sa main de celle de son interlocuteur.

- Je voulais vous dire que je suis heureux que la vérité ait enfin éclaté. Je n'ai jamais cru à votre culpabilité !

Sirius remercia vaguement l'importun tandis que derrière lui le gloussement s'intensifiait. Dès que l'homme se fut éloigné, il tendit le bras et attira la jeune femme contre lui.

- Ça t'amuse espèce de petite harpie.

- C'est si drôle de te voir enrager. Tu meurs d'envie de les envoyer paître mais tu te retiens pour ne pas faire de vagues.

- Pas un d'entre eux ne me croyait innocent.

- Si tu vas par là, moi non plus je ne te croyais pas innocent. La première fois qu'on s'est vu j'ai bien failli te tuer à coup de poêle.

Sirius éclata de rire.

- C'est vrai. Mais j'ai su te convaincre, non ?

- Magistralement.

Ils avancèrent main dans la main sur le quai de la gare, Sirius levant la tête pour apprécier la chaleur du soleil sur son visage. Depuis 15 ans, il avait perdu l'habitude de cette caresse brûlante sur sa peau. 12 ans dans une cellule d'Azkaban, puis trois ans supplémentaires à ne sortir que la nuit sous sa forme humaine. Il avait effectué quelques sorties en plein jour mais toujours sous sa forme animagus et ce n'était pas vraiment la même chose.
Ils se dirigèrent vers un banc et s'installèrent l'un contre l'autre. Il était convenu que Harry, Ron, Hermione et Ginny ne sortirait de leur compartiment qu'une fois la gare évacuée par les aurors.
Molly et Arthur Weasley ne tardèrent pas à les rejoindre. Ils venaient chercher leurs enfants. Hermione, dont les parents résidaient à Londres, rentrerait avec les Black et Harry.

- Sirius !

- Arthur, Molly… Comment allez-vous ?

- Bien… bien… tellement soulagés.

- À qui le dites-vous.

- La vie de ce pauvre Harry va enfin changer, sourit Molly.

- Ne vous inquiétez pas Molly, intervint Tessa, qui avait développé une forte amitié avec la matriarche des Weasley. Vous pourrez toujours le recevoir chez vous.

Sirius hocha la tête, le sourire aux lèvres. Les aurors commencèrent à évacuer la gare. L'un d'eux s'approcha pour leur demander de partir mais se ravisa dès qu'il fut assez prêt pour les reconnaître.
Dès que la gare fut vide, le machiniste remonta dans le train pour prévenir les adolescents.
Ron et Ginny se jetèrent dans les bras de leurs parents qui les serrèrent à les étouffer. Harry, à peine sorti du train, fut happé à son tour dans l'étreinte de Molly.
Celle-ci le lâcha après qu'il lui eut assuré une dizaine de fois qu'il allait bien.
Sirius s'avança sans un mot et tendit les bras. Sans l'ombre d'une hésitation, Harry s'avança à son tour et ils restèrent un moment enlacés.

- Il va falloir qu'on parle de cette histoire de te jeter dans la gueule du loup pour sauver ma carcasse.

Harry se recula, un air inquiet sur le visage mais les yeux de Sirius démentaient le ton sévère de sa voix. L'animagus lui sourit.

- Je suis loin, très loin d'être en colère mais il faudra qu'on en parle quand même, d'accord?

- Quand tu veux, murmura Harry en se serrant de nouveau contre son parrain.

Au bout de quelques minutes, ils se lâchèrent et Harry sourit à la jeune femme qui attendait auprès des Weasley, un bras passé autour des épaules d'Hermione.

- Salut Tess.

- Coucou. Alors nous rentrons à la maison ?

Harry eut un sourire radieux.

- À la maison, répéta-t-il.

Tessa lui sourit avant de se tourner vers Sirius.

- Je ramène Hermione chez elle. On se retrouve tout à l'heure. Avant de rentrer je passerai chez le traiteur chinois. Je doute que Kreattur soit en état de cuisiner quand tu en auras terminé avec lui.

Sirius acquiesça sombrement et même Hermione ne voulut pas prendre la défense de l'elfe. Il avait bien failli causer leur mort à tous, et quelque soit la correction qu'avait prévu de lui infliger Sirius, ce serait amplement mérité.

Elle embrassa rapidement ses amis et ils se promirent de se revoir pendant les vacances. Puis elle saisit la main que lui tendait l'épouse de Sirius afin de transplaner.

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OoO

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Harry arriva devant le square Grimmaud, manquant s'étaler de tout son long sur le perron.

- Le transplanage n'a pas l'air de mieux te réussir que les voyages en cheminette, se moqua Sirius.

- Je préfère nettement les balais.

- Je croirais entendre ton père !

Harry sourit et secoua la tête. Ils entrèrent dans la maison et Harry poussa un long sifflement.

- Waow ! Qu'est-ce que ça a changé depuis Noel !

- Oui, Tess a été prise d'une folie décorative. Elle a fait venir des collègues de boulot et on a tout repeint en blanc cassé. J'avais pensé que ça ferait un peu hôpital mais en fait, une fois les tableaux accrochés aux murs… c'est sympa. Viens je te fais faire le tour. On part d'en bas et on remonte. On installera ta malle plus tard, laisse la dans l'entrée.

Sirius entraina Harry au sous-sol, par un escalier que le jeune homme avait toujours cru qu'il menait à la cave. C'était le cas lui expliqua Sirius mais l'immense cave avait été coupée en deux. La porte de gauche en bas de l'escalier menait dans une sorte d'entrepôt, les murs couverts d'étagères en bois clair et le sol d'un ciment brossé. Tessa avait horreur des araignées et ne voulait pas entendre parler de cave traditionnelle, sombre et humide.
La porte de droite ouvrait sur la seconde partie du sous-sol qui représentait à peu près les deux tiers de la surface totale.
Le sol était recouvert d'un parquet clair. Tout un mur était constitué d'immenses miroirs, des barres de danse étaient fixées à gauche et une multitude de spots encastrés dans le plafond – probablement de la technologie moldue magiquement modifiée – permettaient d'éclairer la pièce d'une lumière aussi vive que la lumière naturelle. Au fond, il y avait un bureau de taille plus que raisonnable derrière lequel se trouvait quelques étagères, et à droite il y avait différents instrument posés à coté d'une machine qui semblait composées uniquement de boutons soudés ensemble, de l'avis d'Harry. Une table d'enregistrement, lui apprit Sirius qui avoua ne pas savoir comment l'engin marchait. Mais c'était le domaine de Tessa, la jeune auteur-compositeur travaillait ainsi à la maison, pour des artistes indifféremment moldus ou sorciers.

- Si tu as besoin d'elle, tu as de fortes chances de la trouver ici, lui dit-il.

L'étape suivant fut la cuisine et le salon du rez-de-chaussée. Les équipements ménagers avaient été briqués de fond en comble et étincelaient de milles feux. La vieille table décrépite avait été remplacée par une longue table en bois d'aspect rustique mais infiniment plus belle que la précédente.
Dans le salon, tout avait changé. Un canapé et des fauteuils de cuir marron chocolat entouraient la cheminée, et une table basse en bois vernie avec un plateau de verre était placée devant ceux-ci des plaids ivoire étaient posés ci et là. Tout un pan de mur accueillait une partie de la bibliothèque des Black. Harry y jeta un coup d'œil et constata que n'étaient rangés ici que les romans, les pièces de théâtre, les livres d'art ou d'histoire. Sirius lui expliqua que les livres de sortilèges, de potions, de défenses et tous les ouvrages du même acabit se trouvaient dans une pièce transformée en petite bibliothèque au premier étage.
Comme l'avait dit l'animagus les murs étaient tous peints en blanc cassé. Dans la cuisine, Tessa avait accrochés aux murs des pièces de casseroles et poêles anciennes, toutes en cuivre, magnifiquement polies. Dans le salon dominaient deux grands tableaux : les menines de Velázquez et un paysage de Monnet. Différentes photos du couple étaient disposées un peu partout et Sirius le prévint que Tess attendait avec impatience de pouvoir rajouter des photos sur lesquelles il serait.

Dans l'escalier qui menait à l'étage, les têtes d'elfes coupées avaient disparues, remplacées par des bouquets de fleurs séchées.

- Où est ta mère ? réalisa soudain l'adolescent.

- Tess a employé une méthode radicale. Elle a fait tomber le mur et l'a fait reconstruire par ses amis. Kingsley a emporté le tableau au ministère pour qu'il y soit détruit. Elle a fait pareil avec la tapisserie du premier.

- Elle a bien fait !

- Je regrette de ne pas y avoir pensé avant. Mais tu aurais dû entendre les hurlements de ma mère ! Elle n'avait pas prévu cette technique là et si tu fais tomber le mur, le sort de glu perpétuelle ne sert plus à rien.

- Franchement, c'est vrai que tu aurais pu y penser !

Sirius lui lança un regard faussement noir et bougonna :

- Bon on continue la visite ?

Au premier étage les salles de bain, au nombre de deux, avaient été totalement redécorées, l'une en marbre vert d'eau, l'autre en marbre ambre. La salle de bain verte n'avait aucune ouverture sur le couloir désormais, ce qui en faisait une salle de bain privée pour la chambre parentale, décorée dans les mêmes tons.

- Toi ? Du vert ? Se moqua Harry.

- Ce vert là je supporte, riposta Sirius, et puis Tessa dit que c'est une couleur apaisante et a catégoriquement refusé qu'on peigne la chambre en rouge, elle dit que ça lui donne la migraine et que j'ai passé l'âge…

Harry ricana, sans préciser qu'à son avis, elle n'avait pas tout à fait tort. Et puis la chambre était belle. Les rideaux et le ciel de lit étaient en voilages blanc, les meubles en ébène, les draps du lit évoquaient le printemps. Les murs étaient vert clair et dans les coins le dessin d'une liane de lierre s'entortillait pour rejoindre le ciel de lit par le plafond.

- Tess a prévu une chambre pour toi, bien sûr, mais elle a attendu que tu lui dises si tu préfères qu'elle prépare une chambre pour Ron lors de ses visites ou si vous voulez partager la tienne.

Harry hocha la tête, il avait toujours partagé sa chambre avec Ron et n'imaginait pas faire autrement lorsqu'ils se verraient. Sa chambre était peinte dans les tons clairs et diverses affiches animées de quidditch ornaient les murs. Il y avait un grand lit, un immense bureau et une armoire double qui prenait tout un mur. Quelques étagères au dessus du bureau semblaient attendre ses livres. Un perchoir destiné à Hedwige était présent dans le coin près de la fenêtre.

- C'est superbe, murmura Harry, la gorge nouée.

Il n'aurait jamais cru qu'il aurait un jour une aussi belle chambre. Il n'aurait jamais cru qu'il aurait ne serait-ce qu'une famille. Sirius lui pressa l'épaule et l'entraina voir la bibliothèque avant que l'adolescent ne cède à ses émotions.

- Hermione va adorer cette pièce s'exclama-t-il.

La bibliothèque était totalement lambrissée. Le seul mur qui ne comportait pas de livres était celui ou trônait l'immense cheminée. Il y avait un canapé, deux fauteuils et une dizaine de poufs disséminés dans la pièce. Dans le fond se trouvait une table de travail assez grande pour 4 personnes.

Le troisième étage comportant quelques chambres d'amis, deux salles de bain et la chambre d'Hermione, Sirius et Harry décidèrent d'arrêter là la visite et de redescendre au salon.

Alors qu'ils redescendaient les escaliers, ils entendirent distinctement les marmonnements de Kreattur. Aussitôt, le regard de Sirius s'assombrit.

- Va dans ta chambre un moment Harry, dit-il en enlevant sa veste, j'ai deux ou trois choses à mettre au clair avec Kreattur.

Harry déglutit en voyant le regard furieux de son parrain.

- Sirius… On va tous bien OK ? Alors ne soit pas trop…

- Ne t'en fait pas, soupira Sirius, je n'ai jamais levé ni la main ni la baguette sur lui. Je vais un peu le secouer, lui hurler dessus, peut-être lui tordre un peu les oreilles et lui ordonner de rester enfermé dans son réduit jusqu'à demain. On s'occupera de monter ta malle ensuite.

Harry hocha la tête et monta quatre à quatre les escaliers. Il ne tarda pas à entendre les hurlements de Sirius, puis il entendit Kreattur couiner et pleurnicher en demandant pardon et quelques minutes plus tard, l'animagus apparaissait sur le pas de sa porte, faisant léviter sa malle devant lui.

Ils passèrent l'heure suivante à trier, ranger et commenter les possessions d'Harry, jusqu'à ce que la porte d'entrée ne claque et que la voix de Tess ne retentisse dans les escaliers.

- Le repas est servi !

Ils descendirent à la cuisine pour trouver la table recouvertes de paquets fumants, dégageant de délicieuses odeurs, tandis que Tessa sortait les assiettes du placard.

- Quatre ? S'étonna Sirius.

- J'ai croisé papa au magasin, il avait eu la même idée que moi, je lui ai dit de venir manger avec nous.

Le père de Tessa ne tarda pas à arriver et ils s'installèrent en discutant gaiement autour du repas pantagruélique.

- Monsieur, pouvez-vous me passer le riz ? demanda Harry.

- Ah non, rugit le vieil homme d'une voix de stentor, pas de monsieur entre nous ! Pour toi c'est grand-père jeune homme !

Harry en resta bouche bée, jetant un regard incertain à Sirius qui lui sourit tandis que Tess engueulait son père, lui reprochant d'effrayer ce pauvre garçon. Un sourire vint fleurir sur les lèvres de l'adolescent en voyant le père et la fille se taquiner, chacun prétendant que Sirius était de son coté. Il vivait avec son parrain. Il avait un grand père. Il avait une famille.

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OoO

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- Sirius passe-moi la confiture s'il te plait.

- targh gne rrre levreuhgne.

- Hein ?

- Ça doit vouloir dire quelque chose du genre : t'as qu'à te lever, expliqua Tess en levant les yeux au ciel tout en tendant le pot de confiture à Harry.

- Qu'est-ce qu'il est serviable, ronchonna l'adolescent.

- Il est rien du tout avant dix heures… Par contre tu peux lui faire signer à peu près n'importe quoi.

- C'est bon à savoir… Tess ces pancakes sont super bon !

- Euh... je dirai merci de ta part au cuistot de la brasserie du coin de la rue…

Harry éclata de rire.

- Ben oui, sourit Tess, j'avoue, je ne suis pas du matin non plus !

La porte derrière la chaudière s'entrouvrit et une oreille pointa dans l'entrebâillement.

- Maitre ? Kreattur peut sortir ? Couina l'elfe.

- Non, répliqua sèchement Tess, traduisant au mieux le grognement qu'émit Sirius, tu sortiras quand nous aurons fini de déjeuner et tu te remettras au ménage.

L'elfe gémit en retournant dans sa tanière. La jeune femme soupira. Elle n'aimait pas être sévère avec cet elfe, mais il fallait bien avouer qu'il le méritait. Sa trahison avait bien failli coûter la vie à Sirius et Harry.
On frappa à la porte, tirant la jeune femme de ses réflexions. Elle se leva aussitôt.

- J'y vais, j'attends un colis.

Quelques secondes après, sa voix surprise retentit.

- Albus ? Vous passez par la porte à présent ?

Elle revint aussitôt accompagnée du directeur.

- Je ne voulais pas troubler votre repas matinal en arrivant comme un chaporouge dans un hôpital…

- Un problème Albus ? Demanda Sirius.

- Il parle ! Se moqua Harry qui reçut en retour un torchon en pleine figure.

- Et bien, je ne dirais pas exactement un problème. Votre présence est requise au ministère de toute urgence. Un conseil de famille doit être réuni pour une affaire de garde et vous en faite parti.

- De garde, s'inquiéta aussitôt Sirius alors qu'Harry pâlissait et que Tessa posait une main protectrice sur l'épaule du jeune homme.

- Ne vous alarmez pas, les rassura Albus, la garde d'Harry vous est définitivement acquise. Non il s'agit d'une autre affaire.

- Une autre affaire, s'énerva Sirius, par Merlin, expliquez-vous Albus, en quoi suis-je concerné par la garde de qui que ce soit ? Pour qui ce conseil de famille est-il réuni ?

Le vieil homme ôta ses lunettes et les nettoya avant de répondre.

- Pour Draco Malefoy.