Merci à Lucie et Nanmeoh d'avoir commenté.


Tarja Turunen – You would have loved this


La journée arrivait à son terme, dehors les embouteillages étaient de mise. Teru faisait ses devoirs, distraite. Contre toute attente, elle n'était pas en train de travailler avec Kurosaki au lycée, comme elle aurait dû, étant donné qu'elle se trouvait toujours en sa compagnie là-bas à cette heure-là. Néanmoins, elle avait une bonne excuse. Cela n'avait rien à voir avec Daisy.

Depuis quatre jours, Kurosaki avait disparu. Il ne venait plus au lycée, et, lorsqu'elle était entrée dans son appartement, elle l'avait trouvé entièrement vide. Pas la moindre trace de lutte, évidemment. Au fond d'elle-même, elle savait qu'il n'avait pas simplement disparu sans raison. Elle avait du mal à l'admettre, cependant il lui fallait bien affronter la vérité.

Kurosaki était parti. Il avait fait ses bagages et s'en était allé sans laisser de trace, sans lui dire le moindre mot. Elle n'avait même pas trouvé de lettre où elle pourrait obtenir des explications dans son appartement. Il s'était envolé, comme si de rien n'était. Il l'avait totalement ignorée, il n'avait vraisemblablement pas songé un seul instant qu'elle se poserait des questions et s'inquiéterait. Il n'avait pensé qu'à lui-même.

Riko lui avait bien dit que c'était un rustre égoïste qui jouait avec les gens. Teru le savait bien. Pourtant, elle ne s'était pas suffisamment méfiée. Au bout d'un an, elle avait cru que leur relation signifiait quelque chose, qu'il tenait quand même à elle. Pourquoi était-il resté auprès d'elle, dans ce cas ? Elle avait pensé le connaître parfaitement, comprendre sa manière de penser, or ce n'était apparemment pas le cas.

Quelle satisfaction avait-il tiré de leur relation durant cette année ? Avait-il compris qu'elle était tombée amoureuse de lui ? Qui était-il, sinon Daisy ? Elle ne comprenait plus rien. Cet homme qu'elle avait cru connaître était un parfait étranger au final. Il était arrivé sans prévenir pour partir comme un voleur, sans laisser la moindre trace.

Son cœur se serra à l'idée qu'elle ne le reverrait probablement plus jamais. Il n'avait assurément aucune raison pour revenir, s'il la considérait comme une occupation, un jouet qui était à présent usé maintenant qu'elle avait rencontré Daisy. C'était comme si cette rencontre l'avait rendue moins naïve. Elle ne savait qu'en penser, sinon que Kurosaki ne reviendrait pas.

Teru ne pouvait néanmoins pas se laisser abattre. Elle devait rester forte et garder la tête haute, elle ne pouvait pas laisser un homme aussi égoïste l'amocher à ce point au niveau du moral. De plus, elle avait dit à Riko lors de leur rencontre qu'elle prendrait sur elle si elle venait à être blessée. Il était temps de mettre ses paroles à l'œuvre.

Elle montrerait à ce voyou blond que, même sans lui, elle pouvait continuer la vie, que la Terre tournait toujours. Elle n'avait pas besoin de lui, tant que Daisy était présent. Maintenant plus que jamais, Daisy serait là pour elle, elle en était consciente. Elle n'avait d'ailleurs pas revu Kazuma depuis ce jour-là, toutefois ils avaient continué à s'envoyer des mails, comme d'habitude. D'abord méfiante, Teru avait fini par retrouver leur routine.

Daisy était bel et bien le seul être qui ne la trahirait jamais. Il n'avait jamais failli la moindre fois. Il pensait sans cesse à son bien-être avant toute chose, si bien qu'elle se demandait comment lui vivait quotidiennement. Après cette rencontre, elle en était venue à vouloir en savoir plus sur lui, après ces trois années où il s'était caché derrière le nom de Daisy.

Teru posa son crayon et soupira. Tous ces événements étaient encore trop récents, elle était tout à fait incapable de faire le vide dans sa tête et de se concentrer sur son travail pour le lendemain. Fort heureusement, ce n'était pas encore une période d'examens, elle pouvait s'autoriser un peu de laisser-aller pendant quelques jours, à condition de ne pas trop en profiter.

Les mauvaises langues avaient bien évidemment remarqué son manque de concentration des derniers jours et l'avaient associé à l'absence du gardien de l'école, ce qui avait déclenché de nouvelles rumeurs, ce dont elle se moquait royalement. Retourner à sa vie d'avant était devenu impossible et inimaginable.

En se rendant dans son appartement, la jeune Kurebayashi avait cherché dans toutes les pièces à la recherche d'indices, toutefois elle n'avait rien trouvé. Elle s'était seulement aperçue que la boîte à musique n'était plus là. À part son ordinateur portable, tout était encore parfaitement en place. Ces deux éléments étaient vraisemblablement les seules affaires qu'il avait emportées avec lui.

Après quatre jours, Teru refusait de pleurer à nouveau. Elle ne voulait pas devenir faible, c'était sans doute exactement ce qu'il désirait : la voir se décomposer petit à petit et devenir complètement minable. Elle ne lui donnerait absolument pas satisfaction. Elle lui prouverait qu'il ne pouvait pas gagner à tous les coups, et elle serait sans doute la première à s'opposer à lui. Son ego lui interdisait de s'abaisser à son niveau.

C'était peut-être une mauvaise interprétation de sa personne, néanmoins, ne l'ayant plus auprès d'elle et se rendant compte que tout n'avait apparemment été que mensonges, Teru ne savait plus quoi penser de lui, alors elle laissait sa réflexion divaguer. En tout cas, il était le centre de son attention depuis maintenant quatre jours. Si c'était ce qu'il recherchait, alors il avait gagné cette manche.

Toutefois, si Kurosaki avait gagné la bataille, elle n'avait assurément pas encore perdu la guerre. C'était sans doute un combat intérieur avec un Kurosaki fictif, or elle s'en moquait royalement. Elle refusait de s'avouer vaincue. C'était une erreur que d'avoir nourri des sentiments amoureux à son égard, elle s'en rendait à présent bien compte. Elle ne referait plus la même erreur. Elle tâcherait de l'oublier, et, si elle venait un jour à le revoir, elle prendrait sa revanche.

Teru se frotta la tête puis décida de se lever. Elle avait besoin de se dégourdir les jambes, de se changer les idées avant d'étouffer dans cette pièce à force de la remplir d'ondes négatives. Dans ces moments-là, il fumerait une cigarette afin de décompresser... Ah ! Comment comptait-elle l'oublier si elle pensait sans cesse à lui ? Elle ne fumerait en tout cas jamais, car ce serait un moyen de perpétuer son souvenir, ce qu'elle refusait catégoriquement.

Daisy fumait-il ? Lors de leur rencontre, elle n'avait pas senti d'odeur de cigarette. Voilà quelqu'un de raisonnable ! Elle avait décidément beaucoup de chance de l'avoir à ses côtés. Son apparence était soignée, il connaissait toutes les bonnes manières et savait les utiliser à bon escient, il parlait un bon japonais et n'employait pas d'argot. Elle devait l'admettre, il avait un physique plutôt agréable : assez grand, musclé, les cheveux bruns, le tout accompagné d'yeux bleus. Du sang occidental coulait sans doute dans ses veines, tout comme...

Non, non. Elle se refusait de penser encore à lui. C'était fini, entre eux. Elle n'avait plus rien à faire avec ce type. À présent, il lui fallait concentrer ses efforts sur la seule personne qui avait toujours été là pour elle ; de son côté, elle n'avait absolument rien fait pour lui et se sentait ingrate. Il était grand temps de lui rendre la pareille.

Teru entendit la porte d'entrée se fermer, ce qui la fit sursauter ; jetant un coup d'œil à sa montre, elle se rendit compte que l'heure était déjà bien avancée. Riko venait donc de rentrer. Elle se rendit dans l'entrée afin de la saluer puis alla préparer du thé. Toute cette réflexion lui donnait soif, et sa colocataire en voudrait sûrement volontiers.


Cette journée aussi avait été sans résultat. Depuis la disparition de Tasuku, Riko l'avait cherché sans trêve ni repos, quémandant l'aide de Masuda ainsi que d'Andô. Tous les trois s'étaient mis à chercher partout, à détecter son téléphone portable ou bien son ordinateur qu'il gardait toujours sur lui, sans succès. Il fallait dire que lui aussi était un excellent hacker, sans doute le meilleur qu'il fût. S'il ne souhaitait pas être retrouvé, il possédait les moyens nécessaires.

Riko, aujourd'hui, s'était rendue à Kyoto, dans l'espoir d'obtenir plus d'informations. Sa carte bancaire y avait été détectée, toutefois, après une recherche plus poussée, Andô s'était rendu compte que le signal avait été truqué : Tasuku les menait sur de fausses pistes afin de rester seul. Les deux hommes de l'équipe avaient envie d'abandonner, néanmoins elle ne comptait pas lâcher l'affaire.

Comment osait-il mettre en l'air trois années de travail ? Comment osait-il simplement disparaître, en l'ignorant totalement, tel un égoïste ? Si elle croisait sa route, elle lui en collerait une bonne qui ne garantirait certainement pas sa survie. Lorsque Teru, en pleurs, lui avait annoncé sa disparition, son sang n'avait fait qu'un tour. Il n'était pas le seul dans cette affaire, elle aussi avait son mot à dire. Elle refusait catégoriquement de le laisser disparaître sans se justifier.

Tasuku avait toujours eu l'âme d'un perdant. Il n'était qu'un adolescent en pleine crise, c'était ainsi qu'elle le voyait. Toujours pessimiste, il fallait toujours qu'elle le remette sur le droit chemin. Il avait besoin de grandir, enfin. Il ne gagnerait jamais s'il persistait dans son défaitisme. Elle refusait absolument qu'il abandonnât leur projet, il devait continuer à voir devant lui.

Riko ne doutait pas du fait que Teru lui eût annoncé la nouvelle concernant Daisy. Cela avait dû le dévaster, pourtant cela ne justifiait pas son départ. Il s'était toujours enfui devant le danger, or il était temps de se battre comme un véritable homme, cette fois. Il ne pouvait pas rester éternellement sur la défensive, il lui fallait attaquer dorénavant, ou bien il risquait de perdre définitivement.

La jeune femme savait que Sôichirô n'aurait jamais pris cette décision. Même après sa mort, elle continuait à faire confiance à son fiancé, certaine du choix qu'il avait annoncé à tous. Elle n'avait jamais eu la moindre raison de douter de lui durant toute la période où elle l'avait côtoyé. Pourquoi était-elle la seule à encore conserver un espoir, alors que tous avaient déjà abandonné, notamment Tasuku ?

Comptait-il baisser les bras une fois de plus et laisser l'adversaire remporter la victoire ? Elle ne le laisserait pas faire. S'il comptait abandonner, alors il devait d'abord se battre. Il devait arrêter de se comporter comme un lâche, ou bien il continuerait à regretter durant toute sa vie. Il était égoïste et ne pensait pas un seul instant à ceux qui l'entouraient, tout comme Teru ou bien elle-même. Il ignorait leurs efforts.

Il méritait un bon coup afin de se remettre les idées en place. Il avait besoin de se rendre compte que le monde ne se limitait pas à lui-même et qu'il existait des personnes qui souffraient par sa faute. Il était grand temps pour lui de dépasser le stade de l'adolescent en crise, il avait vingt-cinq ans, voyons ! Elle ne pourrait pas éternellement se battre à sa place, c'était sa propre vie, bon sang !

Quand bien même Teru masquait sa souffrance du mieux qu'elle pût, Riko se rendait bien compte qu'elle était la plus atteinte dans cette histoire. S'il pouvait voir sa douleur de ses propres yeux, sans doute cela le pousserait-il à affronter le danger, enfin. S'il voyait l'état dans lequel elle se trouvait par sa faute, peut-être que sa vision du monde s'élargirait et qu'il se rendrait finalement compte des conséquences de son égoïsme ainsi que de ses actes.

Riko gardait une foi inébranlable en son ancien fiancé, ce que Tasuku devrait conserver aussi. Cela l'aiderait à se battre, à défendre ses idées. Elle commençait à en avoir plus qu'assez de son comportement immature, s'il ne grandissait pas de lui-même, alors elle l'y forcerait. Sinon, Teru serait emportée loin de lui et il ne pourrait plus jamais l'atteindre. Il la perdrait définitivement.

La sorcière prit une tasse préparée par Teru et but quelques gorgées en silence. Celle-ci avait toujours évité le sujet de Kurosaki, néanmoins viendrait un moment où il faudrait affronter la réalité et en parler franchement, surtout que Kazuma y avait ajouté son grain de sel en la demandant en mariage. Elle avait encore du mal à croire qu'il était prêt à aller jusque là dans le but de la récupérer.

Riko savait pertinemment qu'il ne blesserait en aucun lieu Teru, toutefois elle ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter. Quelles étaient ses véritables intentions derrière cette demande en mariage ? Se pouvait-il qu'il avait tout découvert et que c'était sa façon de contre-attaquer ? Cette théorie était malheureusement plus que probable, car il n'agirait jamais sans raison valable, il était loin d'être stupide ou immature comme Tasuku.

« Dis-moi, Teru. Je sais que tu es encore chamboulée par tous ces événements, mais j'aimerais quand même savoir... Que comptes-tu répondre à Kazuma ? Comme tu aimes Tasuku et que...

- Il ne m'aime pas. S'il m'aimait, il ne serait pas parti. Il ne m'aurait pas laissé croire qu'il est Daisy. Il ne m'aurait pas abandonnée. Il aurait fait en sorte que je refuse ce mariage. »

Sa voix était agressive, sèche. Riko y décelait toute la colère et la douleur qu'elle nourrissait depuis ce jour-là, où sa vie avait radicalement basculé. Si Tasuku revenait, elle aurait assurément du mal à lui pardonner, ce qui était tout à fait compréhensif. Toutefois, elle était consciente que Teru l'aimait sincèrement et qu'il lui serait difficile d'oublier ses sentiments, elle aurait besoin de temps.

D'un côté, elle craignait qu'elle acceptât sa proposition à cause de ce qui venait de se produire, et comme sorte de revanche, pour lui montrer qu'il n'était pas nécessaire dans sa vie. Elle était fière et forte, de plus cet événement l'avait fortement blessée. Elle ne se laisserait sûrement pas faire et cherchait probablement à contre-attaquer à sa façon.

« Il est maladroit lorsqu'il s'agit de toi. Il essaie d'être le plus parfait possible, mais plus il tente de l'être, plus il fait des erreurs. »

Teru la fixa quelques instants, le regard dur, sans prononcer le moindre mot, puis détourna la tête. Cela ne suffirait pas à la convaincre, cependant elle pouvait tenter de la faire réfléchir avec ce genre de réplique. Riko ne doutait pas de leur amour qu'ils refusaient de s'avouer, mais, si elle n'agissait pas, alors ils ne seraient jamais ensemble. Heureusement qu'elle les aidait, ou bien ils ne reverraient jamais.

L'adolescente n'était tout de même pas bien convaincue. La manière dont Riko parlait laissait sous-entendre que Kurosaki éprouvait des sentiments, ou du moins une certaine affection, à son égard. Sornettes. C'était tellement beau que c'était impossible. Teru n'avait pas envie de se faire de faux espoirs. Le mieux était de l'oublier au plus vite et de continuer sa vie.

Riko voulait savoir ce qu'elle comptait répondre à Daisy, alias Kazuma Shinichi. Teru elle-même ne savait pas vraiment. Elle le considérait comme un frère et ne nourrissait aucun sentiment amoureux à son égard. Il était son confident, un grand-frère. Elle n'imaginait pas sa vie sans lui, mais pas en tant que mari. Jamais elle n'aurait cru que Daisy lui demanderait sa main.

Bien entendu, il n'avait pas dit qu'il faisait cela par amour, mais plutôt pour la protéger. Il n'était certainement pas amoureux d'elle, tout comme elle ne l'aimait pas non plus. Ce serait alors plutôt un mariage où ils se tiendraient en quelque sorte compagnie, sans chercher à trouver le bonheur en amour. Évidemment, l'épouser signifierait qu'elle ne pourrait être avec personne d'autre, et certainement pas Kurosaki.

Teru se demanda ce qu'il avait réellement envisagé pour eux deux. Elle ne le voyait pas comme un homme ; néanmoins, peut-être qu'elle pourrait y arriver, à force. Sans doute parviendrait-il à lui faire oublier cet homme blond qui avait complètement bouleversé sa vie. Si une chose était sûre, c'était que lui ne l'abandonnerait jamais.

Elle avait tellement été absorbée par ses pensées concernant Kurosaki qu'elle n'avait pas médité sur sa proposition que Riko venait de lui rappeler. Elle avait négligé Daisy qui avait tant fait pour elle. Elle était si égoïste, comment en était-elle arrivée là ? Son héros agissait au mieux pour son bien-être, et elle l'ignorait totalement. Quand était-elle devenue aussi horrible ?

Sirotant distraitement son thé, elle se rendit compte qu'elle ne saurait vraiment pas pourquoi Kurosaki était en possession de la boîte à musique. Riko pourrait sans doute le lui expliquer. Pourtant, elle sentait qu'elle ne pourrait jamais aller de l'avant si elle continuait à se poser des questions. Dans le but de l'oublier, il lui fallait arrêter de s'interroger. Cela ne devrait pas être si dur. Si elle se concentrait suffisamment...

Si elle épousait Daisy, quand bien même ce ne serait pas un mariage d'amour, ils y gagneraient tous les deux. Il pourrait veiller sur elle en rendant un service à Riko, et de son côté elle pourrait lui rendre la pareille pour tout ce qu'il avait accompli pour elle durant ces trois années. L'épouser serait la garantie d'une vie stable avec un compagnon de confiance. Elle verrait son héros tous les jours et serait toujours certaine qu'il serait présent le soir même. Lui ne s'enfuirait pas.

Se marier avec lui signifierait qu'elle préférait la sécurité à l'amour. C'était sans doute ce qu'il y avait de mieux à faire. Ils seraient tous les deux gagnants et elle n'aurait jamais rien à craindre. Elle pourrait être heureuse en sa compagnie. Elle était persuadée qu'elle finirait par tomber amoureuse de lui, étant donné qu'ils partageaient déjà un lien très puissant.

De retour dans sa chambre, Teru saisit son téléphone portable, le fixa quelques instants puis l'ouvrit. Elle se rendit dans sa boîte de réception où elle écrivit un nouveau mail à Daisy, qui l'attendait. Il ne s'attendait sûrement pas à une réponse aussi rapide, cela ne faisait que quatre jours. Toutefois, elle sentait que c'était la bonne décision.


Daisy,

J'accepte.


Un petit commentaire ? C'est mon anniversaire aujourd'hui =)