Disclaimer : Albator, Clio, Maetel, Warius, Doc, les marins de l'Arcadia et les militaires du Karyu, Mi-Kun et Tori-San appartiennent à leur créateur, M. Leiji Matsumoto.

Bob l'Octodian, son fusil à mammouth et son Metal Bloody Saloon appartiennent à Aerandir Linaewen à qui je les emprunte, avec son autorisation, le temps de quelques clins d'œil.

Les autres personnages sont à bibi

1.

- Ils arrivent, vous avez peu de temps pour vous préparer ! glapit Shérynale à l'adresse du Colonel de l'AL-99. Je les retiens le plus longtemps possible !

- Je fais aussi barrage, jeta Lorèze en se précipitant hors du bureau.

Aldéran se leva précipitamment, se dirigea vers un meuble bas, ouvrit un tiroir et en sortit des dessins qu'il colla prestement aux murs de verre, et d'un autre tiroir il prit la tasse à tête de clown que le cadet de ses fils lui avait offert et y versa le contenu de sa tasse habituelle : noire et frappée d'une tête de mort – cadeau de Maetel quand elle était brièvement venue le voir après sa victoire sur les Généraux de l'Apocalypse.

Et il n'eut que le temps de se rasseoir quand Ayvanère franchit le seuil de la pièce, main dans la main avec Albior.

En trois ans de famille et d'amour, l'orphelin malingre était devenu un garçonnet aux bonnes joues, ses yeux gris sans plus d'inquiétudes, mais toujours sensible et avides de contacts physiques avec ses parents et ses frères comme pour s'assurer encore et toujours de leur présence et donc de son havre de bonheur.

Albior se précipita contre son père, l'étreignant de ses bras, levant sur lui son regard passionné, avant que ses prunelles ne portent sur la tasse clownesque.

- Tu l'aimes toujours autant, ma tasse ?

- Evidemment ! Je ne sais pas m'en passer, comme tu constates ! assura effrontément Aldéran en désignant la tasse au café fumant sur sa table de travail.

Comme un peu suspicieux, Albior fit le tour de la pièce à la recherche d'une cache où son père aurait pu dissimuler une autre tasse, les dessins au mur lui tirant au passage un sourire.

Ayvanère avait enlacé son époux, un baiser à en perdre le souffle les unissant. Elle glissa sa main aux ongles multicolores dans la chevelure d'un roux incandescent, ses doigts se glissant ensuite sur sa nuque, repoussant les mèches flamboyantes pour venir lui caresser la gorge en un geste familier et tendre.

- Tu as eu le temps… ? chuchota-t-elle.

- Ce fut juste !

- Lorie et Shérye sont venues à notre rencontre, et j'ai fait patienter Albior autant que possible auprès de Soreyn et de Jarvyl… Bien joué, Aldie, si j'en crois les dessins et la tasse ! Au fait, au spectacle de fin d'année d'Albior, tu seras bien là ?

- C'est un jour de semaine… Nous sommes tous ici dépendants des alertes d'Intervention. Je ferai de mon mieux.

- Et de mon côté, je saurai te glisser à ton arrivée les moments forts du petit spectacle afin que tu puisses éventuellement faire illusion auprès de nos enfants. Je sais, moi, que tu viendras autant que possible, mais eux sont encore tous trop jeune pour comprendre tes obligations et priorités.

Aldéran soupira, s'assombrissant, se décomposant presque même, épaules basses, retournant s'appuyer à son bureau alors qu'Albior se versait un verre de thé pétillant et fruité.

Ayvanère passa les bras autour de la taille de son époux qui lui tournait le dos, tout dans son attitude trahissant sa peine, son impuissance et ses folles angoisses.

- Des nouvelles de ton père ?

- Oui et non… Nous en sommes restés aux conclusions d'il y a trois ans. Je dois aller le prendre à sa sortie de la Clinique tout à l'heure.

- Rien de neuf, donc ?

- Aucune avancée. Dois-je me réjouir que cela ne soit pas au moins en négatif, mon cœur ?

- Oui, Aldéran !

Sa « perquisition » n'ayant rien donné, Albior était revenu auprès de ses parents, avait pris la main de sa mère entre les siennes pour en embrasser le dos avec ferveur.

- Je vous aime !

- Nous aussi, assura Aldéran en flattant les boucles d'acajou. Alors, Albior, que souhaites-tu que je te cuisine ce soir ?

- Des boulettes sauce tomate !

- D'accord.

- Des boulettes maison ! précisa le garçonnet.

- Bien sûr !

- Tu m'apprendras encore à cuisiner ?

- Evidemment. Et tu pourras aussi façonner les boulettes entre tes paumes. Tu rentres avec ta maman, s'il te plaît, moi aussi je dois partir ?

- A tout à l'heure, papa !

Et après un dernier baiser le petit garçon repartit avec sa mère à la chevelure et aux ongles multicolores.

Sitôt après les avoir vu quitter, via les caméras de surveillance intérieure, Aldéran ressortit sa tasse noire et y versa à nouveau son café.

Mais, bien que humant l'odorant breuvage noir additionné d'un trait de caramel, l'esprit d'Aldéran était bien loin de l'AL-99, remontant trois ans dans le passé.

Aldéran avait garé son tout-terrain doré sur le parking de la Clinique Sperdon et s'était dirigé vers une aile plus résidentielle que médicale, devant les portes de laquelle se tenait Skyrone.

- Sky… Notre père ! ?

- Il sort aujourd'hui.

- Et il séjourne au duplex, comme prévu. Mais, lui… ? Et, est-ce que Karémyne… ?

- Notre maman est avec lui. Elle sait déjà.

Aldéran devint blanc comme un linge, vacillant légèrement, avant de se ressaisir.

- Il y a toujours une solution ! glapit-il en broyant involontairement le poignet de son aîné entre ses doigts. Laisse-moi un peu de temps, Sky !

- Du temps, c'est bien ce que notre père ne dispose plus… Aldie, nous avons toujours su que ça arriverait… Et même toi…

Skyrone se racla la gorge.

- Il y a bien une ultime option, mais je ne suis pas sûr que notre père, ni notre mère, ne l'accepte… Mais c'est sa seule chance de survivre !

- Je le sais et je lui imposerai cette option, ragea Aldéran, poings serrés.

- Oui, il n'y a que toi, Aldie, convint Skyrone. Maintenant, va l'accueillir et le sortir d'ici. Pour le reste, tout le reste, cela prendra effectivement du temps, mais tu en as peu pour le convaincre !

- J'ai un caractère encore plus de chiottes que lui ! Notre père vivra, qu'il le veuille ou non ! J'y vais, Sky. Ce soir, Ayvi et moi t'attendons avec Delly pour un dîner barbecue.

- Nous serons là.

Aldéran rassembla ses affaires dans un sac à dos, le glissa à son épaule et quitta l'AL-99 pour la Clinique Sperdon pour y récupérer son père.