Salut tout le monde !

Me revoilà avec un nouveau chapitre de Lorsque les Maraudeurs deviennent plus qu'un mythe. J'espère que vous avez du temps devant vous parce qu'il fait 64 pages Word (TNR 12, avec espace entre les paragraphes) !

Sinon, désolée de ne pas avoir fait, encore, les RAR mais je suis pas mal prise et mon ordi ne met, décidément pas du sien (quel plaie l'informatique, des fois) ! En plus, je sais toujours pas si c'est autorisé de mettre les RAR directement sur je fais une MAJ rapide pour ne pas vous faire attendre plus longtemps mais merci à vous tous pour vos reviews, votre patience, votre soutien (les personnes concernées se reconnaîtront).En tout cas je promet que j'en ferai une autre plus complète avec résumé des chapitres précédents, etc... dès que possible… Oui, je sais que j'ai déjà dit ça pour les derniers chapitres mais bon…là je suis en vacances pour 2 mois donc, je devrais avoir le temps…surtout que, maintenant cette fic est ENFIN finie (oui, je sais, j'y aurai quand même passé 4 ans ) Même si, sur ce coup, je fais la MAJ « sans filet » ni avis de quiconque sur cette version…Elle sera peut-être quelque peu remaniée par la suite… On verra.

Sinon, évidemment, Harry Potter and co appartiennent à JK.Rowling.

Voilà, sur ce, bonne lecture et j'espère avoir votre avis !


Chapitre 44 : Plus qu'un mythe : une réalité

Quelque chose de râpeux et d'humide contre l'une de ses mains le sortit de sa torpeur.

« Harry. Harry, tu m'entends ? »

L'adolescent ouvrit péniblement les yeux, pour apercevoir des visages flous, penchés au-dessus de lui.

«- Eh, il revient à lui ! s'exclama une voix.

- Pas trop tôt, grommela une autre voix. Potter, vous rendez-vous compte du désordre que vous avez mis dans ma réserve ?

- Severus, intervint une troisième voix. Le moment est mal choisi, pour parler de ça. »

L'adolescent aperçu alors la silhouette, incertaine à ses yeux, mais au combien familière de Dumbledore s'approcher de lui et lui mettre ses lunettes sur son nez. Aussitôt sa vision se fit bien plus nette, suffisamment en tout cas pour voir qu'il se trouvait à l'infirmerie, et bien entouré.

«- Comment te sens-tu, Harry ? intervint le vieil homme.

- Euh, un peu endolori mais ça va, marmonna-t-il. Qu'est-ce qui s'est passé ? »

Il y eut un bref murmure, parmi les quelques personnes (notamment Ron, Hermione) qui se tenaient derrière le directeur.

«- Ce qui s'est passé ? intervint la voix, dédaigneuse, de Rogue. Vous avez mis sans dessus dessous ma réserve, Potter, ruinant ainsi des dizaines d'heures de travail et de recherches, et vous allez dire que vous ne vous en rappelez pas ?

- Severus…, le coupa le directeur. Harry a pris un sacré coup avec cette étagère. »

Un jappement lui fit prendre conscience de la présence d'un gros chien noir dont les pattes avants étaient posées sur le lit où se trouvait l'adolescent, sa tête seulement à quelques centimètres de l'une des mains de l'adolescent. Ce dernier grimaça, réalisant ce qu'était la chose humide et râpeuse sur sa main à son réveil. Mais d'où est-ce que Sirius sortait cette soudaine idée de lui lécher la main ? Il s'efforça cependant à s'asseoir sur son lit, éveillant ainsi un violent mal de crâne qui, visiblement, n'attendait que le plus petit geste de sa part pour se manifester. L'adolescent grimaça à nouveau, en réponse à la douleur qui lui martelait à présent les tempes. Il allait dire quelque chose, mais il en fut empêché par l'arrivée intempestive de Madame Pomfresh.

« Allez, tout le monde dehors ! Ce n'est pas un salon de thé ici, mais une infirmerie, gronda-t-elle. Et puis, laissez-moi donc m'occuper de mon malade ! »

Harry eut un léger sourire devant l'autorité familière de l'infirmière, tandis que, un peu à contrecœur, les élèves quittaient la pièce, non sans un dernier regard à leur camarade alité, ou quelques propos amicaux.

«- Et vous aussi, professeur Rogue, insista l'infirmière en adressant un regard sévère à l'enseignant qui la gratifia d'un regard noir.

- Pas tant que Potter n'aura pas…

- Il doit se reposer, le coupa sèchement l'infirmière.

- Severus, je prends l'entière responsabilité de ce qui s'est passé lors de cette retenue, paraît-il, d'ailleurs, quelque peu injustifiée. » intervint Dumbledore, en jetant un regard éloquent au professeur de potions.

Celui-ci s'apprêtait à dire quelque chose mais il se tut aux propos du directeur et ravala ses propos acerbes.

«- Je suppose que ça doit aussi sortir ! commenta, avec un petit sourire mauvais, Rogue, en désignant Patmol qui grogna à son attention, n'aimant visiblement pas le qualificatif "ça".

- Non, lui il peut rester. » rétorqua le directeur, les yeux pétillants malicieusement.

Le canidé inclina la tête sur le côté et l'adolescent fut persuadé de l'avoir vu esquissé un sourire triomphal. Une expression qui, semble-t-il, n'échappa pas au responsable de Serpentard qui, les mâchoires crispées, fusilla le chien du regard.

« Severus, s'il vous plaît. » insista paisiblement Dumbledore, sur un ton qui n'admettait pourtant aucune réplique, alors que le Maître des Potions s'apprêtait à faire un quelconque commentaire.

Rogue capitula, de mauvaise grâce, et partit en marmonnant des propos que Harry ne pu saisir. Dans le même temps, l'infirmière, semblant se passer de commentaire au sujet de la présence du chien, vint au chevet de l'adolescent et entreprit de l'ausculter.

«- Potter…, soupira-t-elle. Vous avez une sacrée bosse. Décidément, vous ne faites jamais les choses à la légère, grommela-t-elle tout en faisant disparaître l'œdème d'une formule. Enfin, estimez-vous heureux de ne pas avoir de traumatisme crânien…, ce qui est étonnant en vue du choc que vous avez subi. Cela étant, quoi que vous puissiez dire, je tiens à ce que vous restiez à l'infirmerie durant les deux jours à venir, intima-t-elle sans lui laisser le temps de dire quoi que ce soit. Et que vous vous reposiez, ajouta-t-elle avant de lui tendre un bout de chocolat. Prenez ça, Potter !

- Mais…

- Prenez ça ! Et sans discuter. » insista la sorcière.

Harry soupira, ne se sentant pas en état de tenter de protester, et prit docilement le chocolat, alors qu'elle remplissait un gobelet d'un liquide à la couleur et à l'odeur peu engageantes.

«- Et ça aussi. Ca fera disparaître votre mal de tête, conclut-elle avant de se tourner vers le directeur. Ménagez-le, Mr le Directeur, ajouta-t-elle.

- Ne vous en faites pas pour ça, Pompom ! » assura le directeur en souriant.

L'infirmière soupira et jeta un bref regard à l'adolescent qui rechignait à prendre sa potion.

« Buvez, Potter ! Le moment est mal choisi, pour faire la fine bouche, riposta-t-elle. Vous n'avez qu'à vous en prendre à vous-même. »

Sur ce, elle tourna les talons non sans marmonner quelque chose à propos du fait "qu'il n'était pas un Potter pour rien.".

Harry soupira, et concéda à boire la potion d'un coup, non sans une grimace assez significative.

« Beurk ! » marmonna-t-il, après que l'infirmière eut quitté la pièce.

Le directeur sourit.

« Sirius, tu peux reprendre ton apparence. »

Aussitôt, l'intéressé quitta sa forme canine et jeta un regard inquiet à son filleul.

« Comment te sens-tu ? »

Harry haussa les épaules.

« Comme quelqu'un qui s'est pris toute une étagère et son contenu sur la tête. »

Sirius eut un bref sourire.

«- Je vois que tu prends ça plutôt bien, observa-t-il. En tout cas, je ne sais pas comment tu as fait ton compte mais Rogue était furieux, ajouta-t-il avec un ricanement satisfait.

- Oui, c'est ce que nous avons pu, tous, remarquer. » intervint paisiblement Dumbledore.

Aux paroles du vieux sorcier, les derniers évènements s'imposèrent soudain à l'esprit de l'adolescent.

« Dites, ça peut paraître déplacer comme question, mais quel jour sommes-nous ? »

Les deux adultes échangèrent un regard entendu et le directeur de Poudlard esquissa un sourire malicieux.

« Je ne pense pas me tromper, mais n'hésite pas me corriger si c'est le cas, en affirmant que tu voudrais, surtout, connaître l'année plutôt que le jour à proprement parler, non ? »

Harry haussa un sourcil.

«- Evidemment, vous le savez ! commenta-t-il simplement.

- Effectivement, reconnu avec bonne grâce le directeur. Mais, pour te répondre, tu es revenu à toi le 2 juin 1997 à 22h34, soit deux heures après que le professeur Rogue t'ait retrouvé, inconscient, dans sa réserve, précisa-t-il après un bref regard à une montre à gousset qu'il rangea dans l'une des poches de sa robe. Cela te convient-il ? »

L'adolescent acquiesça.

«- Je croyais que vous étiez sensé faire en sorte que personne ne… ne se souvienne de ce qui s'est passé là-bas ? tenta-t-il au bout d'un moment de silence.

- Oh mais c'est effectivement le cas, assura Dumbledore en souriant. Sirius ici présent se rappelait simplement d'un certain Harry Calaway qui avait, effectivement, fait ses études à Poudlard entre 1977 et 1978, mais sans plus. »

Harry jeta un regard en biais à son parrain qui semblait trouver un grand intérêt pour le plafond, blanc, de l'infirmerie. Harry ne pu s'empêcher de songer qu'il devait en savoir plus long sur son petit séjour dans le passé.

« A ce sujet, j'imagine que tu n'es pas sans savoir que la nouvelle forme de tes lunettes en a surpris plus d'un. L'espace d'un instant, le professeur Rogue a crû, lui-même, être l'objet d'un mauvais tour de son imagination. » déclara innocemment Dumbledore en se lissant distraitement la barbe.

Harry écarquilla les yeux, et porta la main à ses lunettes. Il comprit ce que voulait dire le vieux sorcier en sentant sous ses doigts la forme indiscutablement ovale, et non plus ronde, des montures.

« La ressemblance n'en est que plus troublante, observa Sirius avec un amusement des plus évidents. J'aurai payé cher pour être là, rien que pour voir la tête de Rogue, lorsqu'il t'a retrouvé, sans connaissance, dans sa réserve et avec ces lunettes. »


30 juin 1978 - Poudlard

Une agitation sans pareille régnait dans le hall d'entrée du château alors que les élèves affluaient des étages, chargés de leurs affaires. La nouvelle du départ de Harry, quelques heures plus tôt, s'était très vite répandue dans toute l'école, de sorte que tous cherchaient à deviner la raison de ce départ si discret.

« Il aurait quand même pu dire au revoir avant de partir comme un voleur, grommela Sirius en enfouissant ses mains dans les poches de son jeans. On l'a quand même gardé dans notre groupe pendant près d'un an. »

James et Lily, main dans la main, échangèrent un regard entendu : A peine Harry partit, Dumbledore n'avait pas perdu de temps pour soumettre l'ensemble du château, et ses occupants, à un sort d'oubli adapté pour la circonstance. Autrement dit, si tous se rappelaient encore de l'existence de Harry Calaway à Poudlard, ses 'coups d'éclat', et tout ce qu'il avait pu dire d'important au cours de son séjour avaient été soigneusement effacés de la mémoire des élèves et professeurs. De sorte que les deux Préfets-en-Chef étaient certainement les seules personnes (en dehors de Harry lui-même et, probablement, Dumbledore) à se souvenir de ce qu'il s'était réellement passé durant ces derniers mois. Au moins, ils avaient la certitude que le sort employé par Lily sur ce qu'ils avaient donné à Harry, avant son départ, avait correctement fonctionné : Ils étaient les deux seuls élèves à avoir été épargné par le sortilège réalisé par le directeur.

« Au fait, intervint Amy. Je suis surprise que vous n'ayez rien prévu pour marquer la fin de l'année. Vous avez marqué le coup durant la remise des diplômes mais pas là, ça m'étonne. »

Les garçons échangèrent un regard puis Sirius eut un sourire machiavélique.

« Tu crois ? » lâcha-t-il négligemment alors que des élèves des autres maisons commençaient à quitter le hall d'entrée pour embarquer dans les diligences chargées de les conduire à la gare de Pré-au-Lard.

Il y eut alors un rire caquetant puis… SPLASH ! Surgissant de nulle part, un liquide noir s'abattit du plafond sur les élèves rassemblés près de la porte. Les filles se figèrent, prises au dépourvu, imitées par les Maraudeurs qui échangèrent un nouveau regard. Presque au même moment, un claquement sec se fit entendre : Les élèves touchés par le liquide disparurent dans un nuage rosé, à la stupéfaction générale. Lorsque le nuage se dispersa, des rires se firent entendre parmi les étudiants qui avaient échappé à l'intervention de l'esprit frappeur de l'école, alors que tous découvraient la dernière blague du quatuor infernal de Gryffondor : Les élèves touchés, principalement des Serpentard d'ailleurs, étaient, à présent, affublés de plumes bariolées.

«- Le principe des plumes et du goudron moldu, revisité par les Maraudeurs, commenta fièrement Sirius en s'adossant à la rampe de l'escalier.

- Avec la collaboration de Peeves, renchérit James en souriant.

- Tout en le rendant inaltérable par la magie classique, précisa Remus.

- Il leur faudra donc patienter au moins huit heures pour en être débarrassé. » conclut Peter.

Amy secoua la tête, alors que leur petit groupe se remettait en mouvement.

«- Simple mais original, approuva-t-elle.

- Vous n'avez pas pu vous en empêcher, soupira Lily en s'adressant surtout à son fiancé.

- Comme l'a fait remarquer Amy, il faut 'marquer le coup', intervint Sirius.

- Ah oui, nous avons d'ailleurs oublié de préciser que plus ils essayeront d'annuler notre petite blague par la magie et plus la durée du sort sera prolongée, ajouta James.

- Et machiavélique en plus, conclut Lily partagée entre amusement et agacement face aux 'gamineries' des garçons.

- Tu n'as pas fini d'en apprendre sur moi, Lily Jolie. » murmura James en l'attirant à lui pour l'embrasser rapidement.

Lily sourit.

« Eh, les tourtereaux, bougez-vous, ou nous n'aurons plus de diligences de libre. » s'exclama Sirius, déjà en bas de l'escalier de marbre.

Les concernés levèrent les yeux au ciel mais suivirent leurs amis jusqu'au parc, passant entre des élèves hilares et des plumages riches en couleur, avant de se glisser dans la première diligence vide qui s'offrait à eux, non sans un dernier regard à l'imposant château qui se dressait fièrement au milieu du parc et qui avait été une demeure, tout au long de leur scolarité, pour tous ces jeunes sorciers impatients de rentrer chez eux. La vieille bâtisse avait déjà vu passer de nombreuses générations d'élèves et en verrait sûrement encore de nombreuses autres. Ils avaient, tous, vécu tant de choses entre ces murs. Bien des souvenirs inoubliables étaient associés à cette école que certains s'apprêtaient à quitter définitivement.

Lily ressentit un pincement au cœur en pensant qu'elle ne reviendrait plus à Poudlard, du moins pas en tant qu'élève, que l'insouciance estudiantine était belle et bien terminée, qu'il leur faudrait désormais affronter en face la réalité du monde adulte. Après sept années passées en ces lieux, Poudlard était devenu, pour la plupart, comme une seconde maison. Ils y avaient appris tout ce qui faisait, désormais, d'eux des sorciers aguerris. Des amitiés s'y étaient formées… Des couples aussi, lui rappela une petite part de son esprit. Elle sourit à cette pensée. Il était loin le temps où elle avait, pour la première fois, posé les yeux sur la silhouette parsemée d'ouvertures lumineuses de Poudlard, alors qu'elle s'apprêtait à faire sa rentrée dans la prestigieuse école de sorcellerie. Elle se revoyait parfaitement à cet instant, une fillette anxieuse à la perspective de ce qui l'attendrait, mais fébrile à la perspective de toutes ces connaissances qui leurs seraient enseignées en ces lieux. A cette époque, elle était loin de s'imaginer qu'elle y trouverait des amis fidèles et l'amour de sa vie.

Une légère pression sur sa main gauche la tira de ses réflexions et elle leva les yeux pour rencontrer le regard du jeune homme qui s'était assis près d'elle. James lui adressa un sourire entendu.

« On y reviendra, assura-t-il. Ce n'est pas comme si on quittait Poudlard pour toujours. »

Elle lui sourit en retour et se tourna à nouveau vers la fenêtre de la diligence, alors qu'elle franchissait le mur d'enceinte de l'école, profitant d'un dernier aperçu du château avant que les hautes murailles ne masquent la vieille bâtisse à leur vue.


juin 1997

L'infirmerie aurait pu être silencieuse, si la respiration régulière du chien noir, profondément assoupit au pied du lit, n'était pas venue troubler le calme qui y régnait. Harry, lui, était resté un long moment à fixer le plafond de l'infirmerie, incapable de trouver le sommeil. Tout ce qu'il avait vécu, toutes les épreuves qu'il avait endurées, durant ces douze mois passés parmi les Maraudeurs était encore trop présent, trop réel, dans son esprit. Pourtant, aucune preuve ne subsistait de son séjour prolongé à une autre époque que la sienne, en dehors de ses lunettes… Avait-il rêvé tout ça ?

Il soupira et tendit machinalement la main vers la table de chevet, à la recherche desdites lunettes. Il les pris, souriant légèrement, et effleura du bout des doigts les montures sombres, et ovales, avant de glisser ses lunettes sur son nez, sa vision se faisant dès lors plus nette que quelques minutes auparavant. Il repensa aussitôt à ce fameux match de Quidditch où James avait modifié la forme de ses lunettes… Ni l'un ni l'autre n'avait, par la suite, pensé à rendre son aspect d'origine à l'objet. L'adolescent soupira : tout ce qu'il avait subit dans le passé avait été parti intégrante de sa vie, même s'il était rentré chez lui, à quelques heures d'intervalle de l'incident alors qu'une année s'était écoulée avant qu'il ne revienne à son époque.

C'est à ce moment là qu'il repensa au fait qu'il avait quitté les Maraudeurs avec toutes ses affaires, réduites pour la plupart, dans l'une des poches de sa robe… Robe d'uniforme qui était, d'ailleurs soigneusement pliée sur une chaise proche.

« Accio. » murmura-t-il distraitement, faisant ainsi venir l'étoffe noire à lui, tandis qu'il s'asseyait sur le rebord du lit.

Se remémorant, plus que jamais, ses derniers instants à l'époque des Maraudeurs, il jeta un bref regard vers le chien noir qui dormait toujours. Cela fait, Harry plongea la main dans l'une des poches de sa robe d'uniforme, pour y trouver ce qu'il espérait : le papier soigneusement plié que James lui avait discrètement transmis peu avant son départ. Le cœur battant, Harry sortit aussi discrètement que possible (pour ne pas réveiller son parrain, sous sa forme canine, qui avait été autorisé à rester auprès de l'adolescent pour veiller sur lui) de son lit et s'approcha de la fenêtre pour profiter de la lueur blafarde émise par la demi-lune. S'installant sur le rebord, les doigts tremblants, Harry déplia le papier et le lissa soigneusement, pour constater qu'il s'agissait en fait d'une photo. D'une photo qui avait été prise dans la salle commune, après la petite fête que les Maraudeurs avaient organisée en son honneur.

Harry eut un maigre sourire en observant l'image qui s'offrait à lui : James, affalé dans un des fauteuils, Lily blottie contre lui, installée sur les genoux de son petit ami, la tête appuyée contre l'épaule d'un certain Harry Calaway négligemment installé sur l'un des bras du fauteuil, Sirius ayant pris place de l'autre côté de son meilleur ami, Remus et Amy, assis par terre, levant les yeux de l'échiquier qu'ils avaient installés entre eux… Harry sentit aussitôt son regard s'embuer et se hâta d'enlever ses lunettes pour essuyer les larmes qui menaçaient de couler alors qu'il repensait à l'un des derniers bons moments qu'il avait passé à l'époque des Maraudeurs. Remettant ses lunettes, il fit accidentellement tomber la photo qu'il rattrapa lestement…pour découvrir que quelques mots avaient été inscrits au verso de la photographie. Intrigué, il porta à nouveau le document sous la pâle lumière offerte par l'astre nocturne : "Un petit souvenir qui scellera à jamais ces instants que tu as passés en notre compagnie et qui nous permettra de ne rien oublier de tout ce que nous avons vécu grâce à toi. Ceci restera notre petit secret à tous les trois mais j'espère que tu apprécieras ce gage de notre amitié et de notre plus profonde affection, Lily et James."

Harry resta un long moment immobile, les yeux rivés sur ces quelques mots. Alors c'était de cette façon qu'ils avaient pu contrer le sortilège auquel Dumbledore avait soumis l'ensemble du château à la suite de son départ ? Par ce simple bout de papier, ses parents avaient pu conserver intacts les souvenirs de son séjour parmi eux ?

Il fut arraché de ses réflexions en entendant le chien bouger dans son sommeil. Harry eut un sourire moqueur : C'était à se demander lequel du parrain ou du filleul veillait l'autre. Au moins, c'était quelque chose qui n'avait pas changé de l'époque où il avait partagé le dortoir des Maraudeurs : Sirius avait toujours un sommeil très lourd, il ne se réveillait pas facilement.


30 juin 1978 – Poudlard Express

«- Tour en D4, murmura Lily à l'adresse de son fiancé, installée sur ses genoux.

- Tu es sûre ? Parce que…

- Fais ce que je te dis, idiot, on discutera stratégie plus tard. » riposta-t-elle en enfouissant son visage au creux de son cou.

Il rougit légèrement mais se plia à ses exigences, et s'empara ainsi du cavalier de son adversaire. Celui-ci, qui n'était autre que Remus, eu un sourire désabusé.

« Pas mal, commenta-t-il en se concentrant sur ses pièces. Reine en D4. » annonça-t-il finalement.

Lily eut une moue contrariée alors que la reine noire du lycanthrope s'emparait de la tour blanche. La jeune fille étudia avec soin le plateau de jeu, avant d'esquisser un sourire triomphal. Elle murmura quelque chose à l'oreille de son 'coéquipier' qui fronça les sourcils mais acquiesça néanmoins. James déplaça alors son cavalier…et le roi noir rendit les armes, à la plus grande stupeur du Préfet-en-Chef.

«- Eh mais c'est… Mais…

- Echec et mat, annonça fièrement Lily.

- Echec et mat ? intervint Sirius, médusé.

- Oui, confirma Lily en riant. Même si James a l'air d'en être le premier surpris, ajouta-t-elle en passant affectueusement la main dans les cheveux en bataille du concerné.

- J'ai battu Remus ? répéta-t-il lentement avant d'étreindre joyeusement la jeune fille. Tu es un vrai porte-bonheur, Lily ! s'exclama-t-il. Mon porte-bonheur personnel ! »

Peter, vautré sur l'une des banquettes, les jambes repliées au-dessus de son dos, une plume en sucre à la bouche, reporta son attention sur le grimoire qu'il lisait depuis le début du voyage et dont il avait interrompu la lecture à l'annonce de la victoire de James. Remus, lui, eut un sourire.

«- Félicitation, à vous deux, pour cette victoire, commenta-t-il. Je suppose néanmoins que tu ne veux pas remettre ton titre en jeu, James ?

- Moi je veux bien tenter, déclara Sirius en se levant vivement alors que son meilleur ami rejetait la proposition du lycanthrope de la bande à refaire une autre partie. Mais je veux aussi Lily avec moi.

- Rêves toujours ! riposta James en resserrant jalousement son étreinte autour de la taille de sa fiancée. D'ailleurs, nous avons une ronde à faire. »

Sirius eut un rictus sarcastique.

« Oh mais bien sûr, une ronde ! On va y croire. » se moqua-t-il.

James haussa les sourcils.

« Ne prends pas ton cas pour une généralité, Sirius. On ne pense pas qu'à ça, nous. Lily, tu viens ? demanda-t-il en se levant, l'entraînant de toute façon dans son mouvement puisqu'elle était toujours sur ses genoux. On va faire un tour. » ajouta-t-il en passant son bras autour de ses épaules.

La jeune fille ne se le fit pas dire deux fois et le couple quitta le compartiment alors que Sirius se laissait tomber sur le siège libéré par son ami.

« Ok, lâcha-t-il. Alors, on la fait cette partie ? »

Remus leva les yeux au ciel.

«- Si tu veux prendre le risque de te faire battre à nouveau, commença-t-il.

- Oh mais je ne perdrais pas, répliqua Sirius sur un ton assuré. Mais je prends Amy avec moi ! Il n'y a pas de raison à ce que je n'aie pas, moi aussi, mon porte-bonheur. »


juin 1997 – deux semaines plus tard

La cloche sonna, annonçant la fin du cours de Métamorphose.

« Mr Potter, pourrai-je vous parler un instant ? » l'interpella vivement le professeur McGonagall alors que les élèves de sixième année se hâtaient de quitter la salle.

Harry acquiesça et murmura à Ron un bref "je vous retrouve dans la Salle Commune." Avant de s'avancer vers le bureau de la directrice adjointe. Celle-ci attendit que la porte de la classe se fût refermée sur quelques retardataires avant de prendre la parole.

« Je suis impressionnée par vos progrès dans ma matière, Potter, observa-t-elle en le fixant avec son sérieux habituel. Oh, bien sûr, vous avez toujours été capable de réaliser les exercices qu'on vous demandait en cours, là n'est pas la question. Mais je dois dire que, depuis quelques jours, vous vous révélez plus brillant qu'avant. J'entends par là que vous mettez beaucoup moins de temps à maîtriser un exercice que, il y a quelques semaines, vous auriez mis plusieurs heures à assimiler. »

Harry sourit légèrement : Ayant conservé ses acquis et connaissance accumulés durant son séjour dans le passé, il n'avait, de ce fait, aucune difficulté à exécuter parfaitement les exercices demandés par les professeurs à son époque.

McGonagall se fit plus grave.

« Le directeur m'a informé du fait qu'il vous dispensait des examens à venir. »

Harry ne répondit pas, se demandant où elle voulait en venir.

« Il m'a aussi expliqué la raison de cette dispense. »

L'adolescent resta impassible mais la responsable de Gryffondor se permit alors un sourire.

« Vous avez eu la chance d'être entouré des personnes les plus douées dans cette matière, reprit-elle. Et je constate que cette opportunité ne vous a été que bénéfique. Après tout, votre père était probablement l'un des sorciers les plus brillants que je connaisse dans l'art de la Métamorphose. »

Harry eut un maigre sourire, alors que l'enseignante redevenait grave.

« J'imagine que tout cela a dû être difficile pour vous, d'autant plus lorsqu'il vous a fallut repartir, non ? »

Le jeune homme haussa un sourcil et rencontra le regard, quelque peu compatissant, de la sorcière. A sa plus grande surprise, la seule personne qui s'intéressait vraiment à ce qu'il pouvait ressentir était sa responsable de maison : Elle avait été la seule à deviner ce qu'il endurait depuis quelques jours.

Harry acquiesça d'un signe de tête.

« J'ai très bien connu vos parents, reprit-elle posément. Durant leur scolarité, et après. Je suis convaincue qu'ils seraient très fiers de ce que vous êtes devenu, du brillant sorcier que vous êtes aujourd'hui. »

Harry ne répondit pas et inspira. Les propos de son professeur lui rappelaient les mots des Maraudeurs avant son départ. Il y eut un instant le silence, jusqu'à ce que l'adulte ne s'éclaircisse la gorge.

« Pour en revenir à la raison de votre convocation, le professeur Dumbledore tenait à ce que je vous transmette certaines conditions : Comme je vous l'ai dit précédemment, vous n'êtes pas obligé de passer l'examen, puisque nous avons déjà vos notes obtenues durant votre "absence". Néanmoins, vous pouvez vous rendre aux épreuves, ne serais-ce que pour donner le change à vos camarades. Sinon, nous trouverons un prétexte quelconque pour justifier cette dérogation au règlement. Vous avez des questions ? »

Harry secoua négativement la tête et McGonagall le fixa longuement.

« Dans ce cas, vous pouvez y aller, Mr Potter. »

Il ne se le fit pas dire deux fois et gagna rapidement la sortie, récupérant ses affaires au passage. Il s'arrêta un bref instant en atteignant la porte.

« Au fait, professeur, merci ! »

Sur ce, il quitta la salle, pour se faire accueillir par un aboiement sonore alors qu'il s'avançait dans le couloir désert.

« Sniffle! » s'exclama l'adolescent, surpris par la présence du gros chien noir qui trottinait dans sa direction.

L'animal enfouit sa truffe dans la main de l'adolescent et se laissa gratouiller derrière les oreilles avant de suivre docilement Harry jusqu'à la Tour de Gryffondor.


30 juin 1978 – Poudlard Express

Sirius fixa sa montre, l'air singulièrement agacé.

«- Tu ne vas pas me dire qu'il leur faut trois heures pour faire leur ronde dans le train, quand même ?

- Mais laisses-les vivre leur vie quand même, soupira Amy. Ils sont assez grands pour se débrouiller seuls et sans t'avoir sur le dos en permanence.

- Oui mais… »

Amy se planta devant lui, les mains aux hanches.

« Bon, et si au lieu de t'occuper d'eux, tu t'occupais un peu de moi ? » proposa-t-elle en haussant un sourcil suggestif.

Remus ricana.

« Et c'est vous qui vous permettiez des sous-entendus sur les intentions de James ? » se moqua-t-il.

Amy croisa les bras.

«- C'était Sirius, pas moi, objecta-t-elle. Bon, allez, bouge-toi ! décréta-t-elle en tirant son petit ami par le col de son T-shirt. Tu es sûr que ta réputation de coureur de jupons n'est pas usurpée, Sirius ? s'impatienta-t-elle. Parce que je te trouve particulièrement passif ces temps-ci.

- Comme si j'avais le choix, grommela-t-il. Avec une copine aussi possessive, ça… »

Il fut interrompu par du bruit provenant du couloir.

«- James, arrête ! Laisse-moi ! James ! s'époumonait la voix, bien connue, de Lily, entrecoupée d'éclats de rire incontrôlés.

- Cours toujours, fleur de Lys. » répliqua-t-il, moqueur, une seconde avant que la porte du compartiment ne s'ouvre sur les deux Préfets-en-Chef, revêtus de leurs tenues moldues.

Apparemment, James avait réussi à "jeter" la jeune fille en travers de ses épaules. La tête en bas, les cheveux en pagaille, le visage rougie, Lily se débattait, plus par amusement que par véritable gêne.

«- Et bien, je vois que vous vous amusez bien, tous les deux, commenta Remus en riant.

- Et que vous en avez profité pour vous changer, souligna Sirius en les fixant d'un air soupçonneux.

- Il fallait bien, répliqua James en déposant précautionneusement son "paquet" sur le siège le plus proche. Nous n'allions quand même pas débouler à King's Cross en uniforme. Du coup, après avoir terminé notre ronde dans les wagons, on a décidé de se changer et s'amuser un peu, conclut-il en s'asseyant près de la jeune fille et en passant un bras autour de ses épaules.

- Oh ! Ceci explique cela, se moqua Sirius. Et justifie probablement cette jolie marque que tu as au cou, Roméo. » ajouta-t-il avec un sourire carnassier en désignant son ami.

Le couple rougit à cette remarque et Lily sembla trouver un grand intérêt soudain à la marque en question.

« Tu n'avais qu'à pas émettre ce genre de sous-entendu, tout à l'heure. » riposta-t-elle, le visage niché au creux du coup de son futur mari.

Il y eut un moment de silence.

«- Au fait, Lily, je pensais à un truc…

- Oh, une grande première, James Potter "pense", plaisanta Sirius apparemment d'humeur à taquiner le couple.

- La ferme, Black ! rispostèrent en chœur les autres.

- Et bien, reprit James sans plus se soucier de l'interruption de son ami, en dehors du fait qu'il rougissait légèrement à présent. Je me demandais, Lily, si tu accepterais de… tu sais… venir vivre chez moi.

- Quoi ? s'étrangla Sirius. Tu lui proposes, à elle, de vivre avec toi ? Et moi ? Ton meilleur pote ! On était sensé s'acheter un appart ensemble à Londres.

- Ce projet date de la troisième année, lui rappela patiemment James. Il y a eu, au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, bon nombre de changements de taille, entre temps. Et "elle" est, soit dit en passant, ma fiancée et, même, ma future femme. Alors quitte à vivre avec elle plus tard, autant commencer au plus tôt, non ? Surtout vu les circonstances… »

Lily se blottit contre lui, comprenant les sous-entendus contenus dans ses propos.

«- Evidemment, cela n'exclue pas que tu peux venir chez moi quand tu veux, Sirius, et tu le sais, ajouta James en souriant. Et, pour en revenir à ma question, Lily, qu'en penses-tu ? ajouta-t-il à l'attention de la jeune fille qui se redressa légèrement.

- Et bien, commença-t-elle en remettant une mèche de cheveux derrière son oreille en faisant mine de réfléchir profondément. Si on considère que… ma sœur a probablement récupéré la maison à son nom, qu'elle ne voudra sûrement pas partagé son toit avec moi plus longtemps, que nous sommes fiancés et que tu me le proposes, je ne vois qu'une seule réponse possible, même si la perspective de vivre en permanence avec une bande d'illuminés ne m'enchante guère, je l'avoue. Mais oui, bien sûr !

- Super, commenta James en souriant et en l'embrassant brièvement sans relever le qualificatif employé par la jeune fille pour désigner les Maraudeurs.

- Et puis, je ne te vois pas vivre dans une banlieue moldue, ajouta-t-elle lorsqu'ils se séparèrent. Donc il vaudrait mieux que ce soit chez toi. »


juin 1997

Un instant de silence, presque religieux, s'abattit sur le stade de Quidditch bondé, bien vite remplacé par les cris des spectateurs massés dans les tribunes, alors que s'achevait la lutte acharnée dans laquelle s'étaient engagés les deux Attrapeurs. Le coup de sifflet annonçant la fin du match se perdit dans les acclamations et les huées des élèves.

« ET GRYFFONDOR GAGNE ! » s'exclama Dean Thomas, chargé de commenté le match, alors que les joueurs en rouge se rassemblaient autour de leur Attrapeur qui brandissait fièrement le Vif d'or qui se débattait énergiquement entre ses doigts.

Le match contre Serpentard, la finale de la Coupe, n'avait été qu'une formalité pour Harry, malgré le fait qu'il n'avait pas eu l'occasion de s'entraîner depuis son retour à son époque et le séjour, prolongé, à l'infirmerie qui s'était ensuivit. Après les conditions de jeu, particulièrement difficiles, qu'il avait connu durant son séjour dans le passé, les tricheries et manœuvres douteuses des Serpentard de son époque lui avaient paru bien banales. Par contre, Malefoy s'était révélé plus déterminé que jamais à obtenir le Vif d'or avant lui, ce qui avait entraîné une lutte sans concession entre les deux Attrapeurs adverses lorsqu'ils avaient, tous deux, aperçu la petite balle dorée. Plus d'une fois, leurs tentatives avaient été déjouées par les autres joueurs ou l'un des Cognards mais Harry avait fini, suite à un piqué vertigineux, presque balai contre balai avec Malefoy, par prendre l'avantage. Il avait été le plus rapide à refermer les doigts sur la sphère ailée, apportant ainsi la victoire à Gryffondor, sur le score final de cent quatre-vingt-dix contre vingt.

Et c'est ainsi que les joueurs arborant les robes rouges de la maison gagnante rejoignirent le sol, entourant leur Attrapeur et Capitaine qui venait de remporter le match décisif, dont l'issu devait déterminer le nouveau bénéficiaire de la Coupe de Quidditch. Coupe qui, une fois de plus, reviendrait à la maison de Godric Gryffondor, au plus grand bonheur d'un professeur McGonagall affichant un large sourire triomphal, et au plus grand dam de Rogue et ses élèves. Bien que n'étant pas sensé prendre partie, Dumbledore lui-même n'avait pas pu s'empêcher d'exprimer sa satisfaction en remettant le trophée au capitaine de l'équipe victorieuse, sous les acclamations des élèves qui avaient encouragé l'équipe de Gryffondor avec enthousiasme tout au long du match. Harry s'était, d'ailleurs, hâté de faire passer la coupe à l'un de ses coéquipiers. C'est alors qu'il aperçu une silhouette familière qui se frayait un chemin dans la foule qui se massait au pied des gradins. Il ne l'avait pas revu depuis incident en potion, en dehors des quelques minutes qu'elle avait, une fois, passé à l'infirmerie le lendemain du 'retour' du jeune homme. Mais elle s'était fait instamment prier, par Madame Pomfresh, de quitter les lieux quand elle avait commencé à hurler sur Harry, du fait qu'il n'était pas venu à leur rendez-vous. Depuis, l'adolescent n'avait pas eu l'occasion de la revoir, et encore moins de lui parler.

«- Eh, Harry, où tu vas ? s'exclama Ron en le voyant s'éloigner.

- Je…j'ai un truc à faire, se justifia-t-il.

- Mais, on a une victoire à fêter et…

- Je vous retrouverais dans la Salle Commune, le coupa vivement Harry. Je ne serais pas long de toute façon. »

Non sans mal, il parvint à se frayer un chemin parmi la foule compact qui entourait les joueurs de Gryffondor, rassemblés autour de la Coupe qu'ils se passaient de main en main. Lorsqu'il parvint à se dégager, il eut le bref aperçu d'une chevelure noire et solitaire qui disparaissait sur le seuil du stade. C'était le moment où jamais !

Il s'élança vers la sortie.

« Cho ! » s'exclama-t-il en arrivant dans le parc.

La jeune fille eut une brève hésitation puis allongea le pas dans une tentative, semblait-il, pour rejoindre un groupe de filles de Serdaigle qui marchait devant. Une manœuvre que Harry devait absolument contrecarrer s'il voulait avoir une chance de pouvoir lui parler seul à seule. Il leva les yeux au ciel, pressa l'allure et finit par la rattraper.

« Attends ! » lâcha-t-il en l'agrippant par le bras.

Elle se débattit un instant.

«- Lâches-moi, Harry !

- Pas tant que tu ne m'auras pas écouté, Cho. » riposta-t-il.

Elle se figea et soupira.

«- Qu'est-ce que tu veux ? souffla-t-elle en jetant un regard à sa montre d'un air agacé.

- Tu ne crois pas qu'une conversation s'imposait ? déclara le Gryffondor en relâchant, après un instant d'hésitation, sa prise.

- Ce n'est pas ce que nous sommes en train de faire ? riposta la jeune fille en haussant un sourcil et en croisant les bras.

- Cho, soupira Harry avec irritation. Tout ceci est ridicule.

- Vraiment ? s'étonna la jeune Serdaigle.

- Parce que ça ne te gênes pas, tout ça ? cingla le Gryffondor. Je me fais mettre en retenue de façon totalement injuste, je me prends une étagère sur la tête en essayant d'aller à notre rendez-vous, je me réveille à l'infirmerie et toi tu…

- Ah parce que ça va être de ma faute, maintenant, si tu n'as pas pu être là ?

- Je n'ai pas dis ça, seulement…

- Tu aurais pu me prévenir, que tu étais en retenue, riposta sèchement Cho. Je n'aurai pas eu à poireauter, seule, dans un couloir désert.

- Je pensais pouvoir concilier les deux, se défendit l'adolescent. Ce rendez-vous semblait te tenir tellement à cœur.

- On ne peut pas en dire autant de toi, semble-t-il.

- Mais puisque je te dis que…

- Tu sais quoi ? le coupa froidement Cho. Je n'en ai rien à faire de ce que tu pourras dire ou faire pour te justifier. Je pensais que tu m'aimais mais j'ai eu tort.

- Cho…

- Entre nous deux, c'est terminé ! déclara-t-elle durement avant de tourner les talons. Adieu ! »

Sur ce, elle planta là un Harry Potter médusé et totalement déconcerté par la tournure qu'avait prise les évènements. Il n'avait pas l'intention de prolonger leur relation plus longtemps mais il ne s'était pas attendu à se faire envoyer balader de la sorte. Pour lui, c'était lui qui aurait dû, en la ménageant autant que possible, lui dire que c'était fini entre eux. Et non pas une Cho en colère qui le planterait là comme une vieille chaussette.

«- Les filles, soupira-t-il, au bout d'un moment. Pourquoi faut-il toujours qu'elles soient aussi compliquées ?

- Peut-être parce que vous, les garçons, êtes trop bornés pour nous comprendre ? » suggéra une voix moqueuse derrière lui.

Il se retourna pour découvrir Ginny et Hermione qui se tenaient à quelques pas de lui, l'air amusé.

«- Je viens de me faire jeter, et ça vous amuse ? protesta-t-il en apercevant leur expression.

- Non, pas vraiment, répliqua gentiment Hermione. Seulement, je t'ai déjà dit ce que je pensais de votre…hum…relation, Harry. »

Il haussa les sourcils : Dès le départ, elle lui avait clairement fait comprendre qu'elle estimait qu'il méritait mieux que l'Attrapeuse de Serdaigle. Et qu'elle n'était pas faite pour lui. Sans compter les lettres qu'il avait 'reçues' au cours de son séjour dans le passé, écrites par des amis qui, en l'état actuel des choses n'avaient rien vécu de ce qu'ils avaient décrit dans leur courrier. Durant les quelques mois que Harry avait passés avec les Maraudeurs, il avait reçu des nouvelles de son époque qui, pourtant, à son retour, n'avaient pas encore eu lieu, et n'auraient même, probablement, jamais lieu maintenant qu'il était revenu. Du moins, il ferait tout pour éviter que certaines de ces choses ne se produisent. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'il n'avait aucun scrupule à ce que sa relation avec Cho en reste là : elle ne tarderait pas à se trouver un nouveau petit copain, qui la satisferait sûrement bien plus.

« A ce sujet, Hermione, pourquoi ai-je la désagréable impression que vous m'avez suivi, toutes les deux ? »

Les deux filles échangèrent un regard.

« On t'a vu partir, se justifia Ginny sur un ton dégagé. Et on s'est dit qu'il n'y avait que peu de choses qui pouvaient te dissuader de rester profiter de la victoire de ton équipe. Deux choses, en fait : Tu-Sais-Qui et Cho. Or, tout laissait à penser qu'il ne pouvait pas s'agir de la première possibilité, donc on s'est dit que tu aurais peut-être besoin de soutien moral. »

Harry haussa un sourcil et esquissa un sourire désabusé.

«- Parce que vous pensiez vraiment que je serais affligé de me séparer d'elle ? s'étonna-t-il.

- Non, bien sûr que non, tempéra patiemment Hermione. On a simplement pensé que tu aurais peut-être besoin d'un avis féminin, pour le cas où tu n'aurais pas très bien compris les fondements de sa réaction. »

Harry la fixa longuement, jusqu'à ce que Ginny éclate de rire.

«- Quoi ? s'offensa aussitôt l'adolescent.

- Tu aurais dû voir ta tête, Harry ! se justifia-t-elle, franchement amusée. Ca valait le coup d'œil, crois-moi. »

Harry soupira, alors que Hermione arborait la même expression amusée que son amie. Décidément, les filles étaient incompréhensibles. Il comprenait, à présent, pourquoi son père avait mis tant de temps avant de réussir à conquérir le cœur de Lily : les garçons et les filles avaient des façons, totalement différentes, de voir les choses. Et seul le temps pouvait permettre aux deux parties de prendre conscience de ces différences et de s'y adapter. Les filles étaient, sûrement, plus prompte à le réaliser que les garçons, tout simplement : Ginny et Hermione le cernaient sans doute plus facilement que lui cernerait un jour les multiples facettes de leur personnalité.

Hésitant un instant sur la conduite à tenir, Harry esquissa finalement un sourire à l'attention des deux filles.

« Maintenant que vous vous êtes bien moquées de moi, que diriez-vous de retourner à la tour de Gryffondor ? » proposa-t-il.

Ginny et Hermione échangèrent un regard complice.

« Commence par prendre une douche, Harry, lui commenta Hermione. Ca ne sera pas du luxe. » conclut-elle sur un ton taquin avant de partir vivement en direction du château, suivit par la cadette de la famille Weasley, laissant seul un Harry, passablement circonspect.

Le jeune homme secoua la tête et regagna lentement le stade de Quidditch, afin de profiter des douches du vestiaire, où les autres joueurs de son équipe devaient toujours être.

Lorsqu'il quitta l'enceinte du stade, à présent désert (les autres joueurs avaient quitté le vestiaire peu après son entrée dans la pièce, après qu'il les ait inciter à rentrer au château sans l'attendre), il ne pu réprimer un sourire en apercevant Hagrid qui s'époumonait un peu plus loin, en rappelant vainement à l'ordre Crockdur qui se chamaillait avec la forme canine de Sirius. D'un côté, la scène l'amusait considérablement, mais d'un autre côté… Voir son parrain se comporter comme un chien ordinaire n'était pas sans lui rappeler les sorties de pleine lune qu'il avait faites avec les Maraudeurs.

« Crockdur ! Ici ! » tonna Hagrid, tirant l'adolescent de ses réflexions.

L'ordre du garde-chasse de l'école restant infructueux, Harry tenta de mettre fin aux jeux canins qui nuisaient à l'autorité du demi Géant, en sifflant. Contre toute attente, Patmol, mais aussi Crockdur, se figèrent, les oreilles dressées, en alerte.

« Sniffle, viens ! »

L'Animagus ne se le fit pas dire deux fois : il se hâta de rejoindre l'adolescent, non sans gratifier l'autre chien d'un coup de patte provocateur. Crockdur grogna mais n'eut guère l'occasion de riposter car Hagrid choisit ce moment pour l'attraper par la peau du cou, en grommelant contre 'ces animaux qui n'ont aucun respect pour leur maître'.

« Félicitation pour votre victoire, Harry, lança-t-il cependant avec bonhomie à l'adresse du jeune homme. Allez toi, on rentre ! » ajouta-t-il à l'adresse de son chien.

Harry le suivit des yeux un instant avant de reporter son attention sur l'animal qui se tenait devant lui, l'air satisfait de son coup.

« Idiot, tu vas attirer des ennuis à ce pauvre Crockdur. » le sermonna l'adolescent.

Pour toute réponse, le chien aboya, la queue battante, nullement affecté par les reproches de son filleul. Celui-ci leva les bras au ciel, résigné face à l'indifférence de l'Animagus.

« Pourquoi est-ce que je m'obstine à jouer les gendarmes avec toi alors que je sais que c'est une cause perdue et que tu n'en fais toujours qu'à ta tête ? soupira-t-il en fixant le chien qui inclina 'innocemment' la tête avant de japper. Allez, on ferait bien de rejoindre les autres. »

Tous deux repartirent donc en silence en direction du château. Patmol trottinant joyeusement derrière l'adolescent qui profita de ce moment de tranquillité pour se replonger dans ses réflexions.


30 juin 1978 – King's Cross

Le Quai 9 ¾ était aussi bondé que de coutume, alors que tous s'affairaient le long de la voie où était, à présent, arrêté le Poudlard Express. Les derniers élèves descendaient encore des différents wagons, alors que d'autres se frayaient un passage dans la foule grouillante, tirant derrière eux leurs bagages, pour rejoindre leurs proches venus les accueillir à leur retour de Poudlard. Rassemblés près du wagon de tête, les élèves de septième année de Gryffondor s'attardaient, d'un commun accord, sur le quai, leurs bagages posés à leurs pieds.

Les deux filles du groupe s'étreignirent.

«- On s'écrit, insista Amy. Il faudra qu'on se fasse des journées entre filles.

- J'y compte bien, assura Lily en souriant. Passer mes journées avec, pour seule compagnie, les Maraudeurs, ça vaudra bien des dizaines d'heures à faire les boutiques avec toi.

- Tu ne vas pas chercher un travail ? »

Lily jeta un regard en direction des garçons qui discutaient avec enthousiasme un peu plus loin.

«- Je ne sais pas, avoua-t-elle finalement. Sûrement, oui, je m'y mettrais un de ces quatre, mais pas tout de suite.

- Pourquoi ? »

Lily grimaça.

«- On…on a deux, trois choses à mettre au point, lui et moi, avant de penser à ça, observa-t-elle. Et puis, je n'ai pas vraiment eu l'occasion d'en parler avec James, donc je ne sais pas trop. Et toi ?

- J'ai posé ma candidature pour un stage de formation à Sainte Mangouste, annonça Amy.

- C'est super, approuva Lily en souriant. Et sinon ? Tu comptes vivre avec Sirius ?

- Aucune idée, reconnu son amie en haussant les épaules. Pas pour l'instant en tout cas. On n'en a pas discuté, contrairement à James et toi, soupira-t-elle. En tout cas, il faudra que tu me racontes ce que ça fait de vivre avec le meneur des Maraudeurs. »

Lily sourit.

«- Je ne pense pas que ça changera beaucoup de Poudlard.

- Peut-être. Seulement, là, vous vivrez sous le même toit, rien que tous les deux, vous dormirez dans la même chambre,… »

Lily haussa un sourcil, en esquissant une moue moqueuse.

« Je commence à croire que Sirius a une mauvaise influence sur toi, Amy. Tu commences à avoir des pensées aussi perverses que lui. »

Amy éclata de rire.

«- C'est bien possible. Cela étant, il reste à voir qui, de James ou toi, aura le plus d'influence sur l'autre.

- On parle de moi ? s'enquit le concerné en surgissant derrière sa fiancée et en passant las bras autour de sa taille.

- Le monde ne gravite pas qu'autour de James Potter, se moqua Lily. Même si, en l'occurrence, on parlait bel et bien de toi : Amy me demandait qui, de nous deux, influençait le plus l'autre.

- Sans nul doute, toi, répondit-il sans la moindre hésitation. Même si je te dévergonde quelque peu, à l'occasion.

- James ! s'indigna-t-elle en essayant de se dégager de ses bras, rougissant légèrement.

- Je plaisantais, répliqua-t-il en resserrant encore plus son étreinte. Mais pour parler d'autre chose, pourquoi Amy et Sirius ne viendraient-ils pas avec nous, ce soir ? Remus doit rentrer chez lui et Peter est déjà partit avec sa mère mais je pensais qu'on pourrait, peut-être, toujours se faire un repas, tous les quatre, à la maison, non ? Comme ça, demain, on ira tous les quatre récupérer tes affaires chez toi, qu'en dis-tu ? »

Les filles échangèrent un regard.

«- Tu n'aurais pas une idée derrière la tête, par hasard ?

- Non, pourquoi ? s'offusqua James. J'essaie juste d'être aimable. Alors, Amy, ça te dit ? On n'aura pas à se soucier de faire la cuisine, si c'est ce qui t'ennuie, Lily. »

Cette dernière haussa un sourcil et Amy lui jeta un regard en coin : Apparemment, elle n'appréciait pas vraiment la tournure des évènements.

« Non, ça ira, commenta Amy. C'est gentil mais j'ai des choses à faire ce soir et je pense que vous pouvez très bien vous passer de vos meilleurs amis pour quelques heures. »

Lily paru surprise mais adressa un sourire entendu à son amie.

« Par contre, on peut toujours faire ça demain midi, suggéra Lily pour ne pas rejeter totalement la proposition du jeune homme. Comme ça, Remus et Peter pourront peut-être se joindre à nous. »

James sourit largement et l'embrassa brièvement dans le cou.

« Tu as toujours réponse à tout, ma puce. » commenta-t-il.


juin 1997

Le parc était silencieux. Seul le bruissement des arbres de la Forêt Interdite venait, par moment, perturber le calme nocturne qui régnait sur les lieux, baignés par la pâle lueur argentée que projetait la demi-lune depuis le ciel parfaitement dégagé. Harry s'attarda un instant sur le seuil du château, fixant longuement la multitude d'astres qui tapissaient la voûte céleste.

« Des conditions idéales pour un examen d'Astronomie. » songea-t-il.

Une légère brise parcourue le parc, faisant frémir les feuillages denses des arbres, apportant à l'adolescent l'odeur d'un feu de bois, qui provenait de la cabane de Hagrid, à la lisière de la forêt. Un hululement sonore se fit entendre, quelque part au-dessus de lui, le tirant de ses contemplations. La nuit, un moment de prédilection pour tous ces animaux qui préféraient s'animer aux faveurs de l'obscurité. Un moment idéal pour une petite escapade solitaire.

Il s'avança vivement dans le parc silencieux, longeant les murs de pierre du château, jusqu'à se fondre dans l'ombre de la bâtisse. Là, il jeta un coup d'œil autour de lui et se concentra sur la panthère qui était devenue une part de lui au cours de son séjour dans le passé. Comme il l'avait espéré, il se retrouva presque aussitôt dans son apparence féline, le confortant dans son idée qu'il n'avait, malgré le peu de temps qui s'était écoulé entre sa retenue et le moment où il s'était réveillé à l'infirmerie, rien perdu de ses acquis accumulés durant les quelques mois passés en compagnie des Maraudeurs.

J'avais oublié que nous t'avions enseigné à devenir un Animagus.

Phantôme tressaillit imperceptiblement, pris au dépourvu par cette intervention soudaine. Il se retourna promptement pour faire face à un chien noir qui se tenait à moins d'un mètre de lui : il ne l'avait même pas entendu approcher.

Je sais me faire discret, quand je veux. commenta évasivement Sirius, comme pour répondre aux pensées de son filleul. Cela étant, je suis convaincu que, préoccupé comme tu l'es ces derniers temps, tu ne m'aurais pas d'avantage remarqué si j'avais fais plus de bruit.

Harry garda le silence.

Je t'ai déjà connu plus causant. observa nonchalamment l'ancien Maraudeur. Je n'ai pas vraiment eut l'occasion d'en discuter avec toi ces derniers temps, mais j'imagine que ça te manque.

Harry ne chercha pas à jouer au malin en feignant de ne pas savoir à quoi son parrain faisait illusion.

C'est possible. concéda-t-il, en s'éloignant lentement du château.

Oh, allons, Harry. protesta Sirius en le suivant. Je peux parfaitement deviner ce que tu peux ressentir en ce moment : Tu n'as jamais eu l'occasion de connaître et parents et voilà que, pendant près d'un an, tu as eu l'occasion de les côtoyer. Encore adolescents, c'est vrai, mais tes parents malgré tout. Tu t'es attaché à eux, tu as profité de ces quelques mois où tu n'as été considéré qu'en tant qu'adolescent comme les autres. Plus doué que la moyenne en Défense Contre les Forces du Mal et en Quidditch, certes, mais un étudiant ordinaire malgré tout. Tu n'avais plus à porter le poids de ta célébrité d'ici, et toutes les contraintes qui vont avec. Tu n'avais qu'à profiter de ton séjour, en t'assurant juste que tes parents restent en vie durant l'année scolaire. Et puis, il faut reconnaître que tu as eu l'immense privilège d'être entièrement immergé dans la vie palpitante des Maraudeurs : Il y a largement de quoi rendre le retour à la réalité particulièrement difficile, je le reconnais.

Harry esquissa un maigre sourire à la dernière remarque de Patmol. Ou tout du moins, ce qui pourrait ressembler à un sourire pour une panthère.

Suis-je sensé me sentir flatter par cet incommensurable avantage que vous m'avez ainsi offert ? se moqua Harry sur un ton faussement hautain.

En quelque sorte, oui. confirma le canidé avec sérieux. Peu de gens peuvent dire avoir été initié au code des Maraudeurs, ou d'avoir été informé de nos plus grands secrets, ou d'avoir été convié dans nos familles respectives. En fait, mis à part toi, ta mère était la seule à en savoir, presque, autant que nous sur notre petite bande.

Pas même Amy ? s'étonna Harry.

Son parrain resta silencieux un long moment.

Non. Ton père avait choisit de jouer franc jeu avec Lily en lui avouant de nombreuses choses concernant notre groupe. Comme le fait que nous étions des Animagi, que Remus était bel et bien un loup-garou, ce que nous faisions les soirs de pleine lune… Il avait passé trop de temps à essayer de la conquérir pour risquer de la perdre par un secret qu'elle aurait pu mal interpréter. observa-t-il finalement. Ce qui, plus tard, lui a permis de se joindre à nous lors de certaines pleines lunes, sans avoir à trouver des prétextes bidons pour justifier ses absences nocturnes. Ce qui n'aurait pas manqué d'éveiller la méfiance de ta mère. Quant à Amy, on va dire que j'entretenais avec elle une relation totalement différente de celle de tes parents. Je n'ai jamais envisagé de dévoiler le grand secret des Maraudeurs à quiconque, et Amy ne m'a jamais posé la moindre question à ce sujet. Bien que mes amis, Remus en tête, me conseillaient de lui en parler, je n'ai jamais osé en parler avec elle. Et puis, au moment où, finalement, j'envisageais d'adopter une attitude plus franche vis-à-vis d'elle, elle… C'est à ce moment là qu'elle a été assassinée par les partisans de Voldemort. Alors que la dernière fois où je l'avais vu, nous nous étions quittés en assez mauvais termes car elle pensait que je voyais d'autres femmes.

Harry garda le silence, surpris par ces révélations de son parrain.

Et là-dessus, Peter a trahis tes parents et… Et tu connais la suite. conclut-il d'une voix morne. En quelques mois, j'ai perdu, les uns après les autres, tous les êtres qui comptaient pour moi, en dehors de Remus, pour la simple et bonne raison que je n'ai pas voulu porter un secret de plus, au risque de blesser à nouveau quelqu'un. Quel imbécile j'ai été !

Tu ne pouvais pas savoir, Sirius. répliqua Harry. Prendre des décisions c'est aussi prendre le risque de se tromper, de faire le mauvais choix.

Sirius laissa entendre un reniflement dédaigneux.

Si je n'avais pas proposé de prendre Peter plutôt que moi, tu aurais encore tes parents. Tu aurais eu l'enfance que tu méritais. Tu n'aurais pas eu à vivre chez ces imbéciles de Moldus. Tu aurais eu une véritable famille. Tu n'aurais pas toutes ces responsabilités qui pèsent sur tes épaules aujourd'hui. Tu…

Peut-être aurait-il réussi son coup quelques temps plus tard. rétorqua posément Harry. Rien ne dit qu'il n'aurait pas eu, un jour ou l'autre, une autre occasion de s'en prendre à mes parents pour m'atteindre. Et puis, si tu n'avais pas suggéré de changer de gardien du secret, Voldemort n'aurait pas disparu pendant treize ans. Il aurait probablement tué de nombreuses autres personnes. Des personnes qui vivent encore aujourd'hui grâce à ces quelques années de répit offertes par la chute de Voldemort.

Il y eut un long moment de silence, tendu, durant lequel ils atteignirent enfin la lisière de la Forêt Interdite.

Ce qui est arrivé est arrivé, on ne peut rien faire contre ça. reprit l'adolescent. Emettre des hypothèses, se demander ce qui se serait passé si on avait fait un autre choix, si on avait pris une autre direction, ne change rien aux évènements passés, en dehors d'accroître la culpabilité de ceux qui en réchappent.

Harry hésita un instant.

Je… Ce n'est pas vraiment le fait que j'aurai pu connaître une autre vie, si Voldemort n'était pas venu chez mes parents à Halloween, qui me laisse à réfléchir. Ca fait des années que je me suis fait à l'idée que je n'aurai jamais la famille que j'aurai pu avoir. Seulement…

Il soupira.

Je pensais que venir ici, devenir Phantôme, me changerai les idées mais même pas. Ce n'est plus la même chose.

Sirius laissa entendre un rire amer.

Oui, de formidables souvenirs peuvent être associés à ces lieux et à nos formes animales. commenta-t-il avec lassitude. C'était l'occasion de folles escapades, loin des soucis et des contraintes quotidiennes de notre vie d'étudiant.

Contraintes ? répéta Harry sur un ton plus que moqueur.

Oui, bon, d'accord, je reconnais qu'on évitait la plupart des contraintes. rectifia Sirius. Quoi ? ajouta-t-il face au regard sarcastique de la panthère qui lui faisait, à présent face, immobile.

La principale contrainte que nous avons à Poudlard est le respect du règlement. Or, si je ne m'abuse, les Maraudeurs n'étaient pas vraiment réputer pour se plier aux règles. observa l'adolescent en se remettant en route.

Tu es vraiment le fils de ta mère, toi. grommela Sirius. Voilà que tu chipotes pour un petit détail insignifiant. Enfin, tout ça pour dire que toi, au moins, tu peux encore prendre ta forme de panthère quand tu veux. Alors que moi, je suis obliger de rester en chien pour ne pas avoir, à nouveau, le Ministère sur le dos, dès que je veux sortir en public.

Harry garda le silence un instant puis bondit lestement sur l'arbre le plus proche.

Eh ! protesta Sirius alors que le félin noir disparaissait vivement dans le feuillage dense de l'arbre.

Un éclat de rire mental lui répondit.

Et il se fiche de moi, en plus. bougonna le canidé. Filleul indigne !

Ce n'est peut-être plus comme avant, mais je peux encore tirer quelques avantages de ces transformations… Comme te faire tourner en bourrique.

Alors là, le jour où tu arriveras à me faire tourner en bourrique n'est pas prêt d'arriver. riposta Sirius, piqué au vif. Je suis passé maître dans l'art d'en faire voir de toutes les couleurs aux autres.

On en reparlera quand tu m'auras rattrapé. observa malicieusement Harry. Si tu parviens à me rattraper, bien sûr.

Sur ce, il bondit discrètement dans un arbre voisin. En contrebas, le chien noir hésita un instant, fixant l'arbre d'un air sceptique, avant de suivre la direction prise par son filleul.


Harry soupira et se passa, avec agacement, la main dans les cheveux. Cela faisait plus d'une heure qu'il avait ouvert "le plus grand secret de Poudlard", qu'il avait, évidemment, ramené à cette époque, comme le reste des affaires en sa possession au cours de son séjour dans le passé. Mais le grimoire restait désespérément vide : Les pages restaient inlassablement vierges. Il s'apprêtait à refermer le livre, contrarié, lorsque des mots se formèrent lentement sur la page de gauche. Surpris, Harry fixa l'écriture fine qui s'étirait petit à petit sur le feuillet. C'était des graphèmes qu'il ne connaissait pas, une succession de symbole qui ne lui évoquaient rien. Sur la page de droite, un dessin se forma peu après, accompagné de quelques lignes rédigées dans cette même écriture, au plus grand dam de l'adolescent. Celui-ci cilla, les yeux rivés sur le texte qui s'offrait à présent à lui puis il soupira, exaspéré. A quoi bon avoir passé tout ce temps à tenter de percer le mystère de ce vieux livre si c'était pour obtenir un texte qu'il était bien incapable de traduire ?

Il referma le grimoire dans un claquement sec avant de le remettre dans sa malle, en attendant de trouver une explication à tout ceci. Cela fait, il se laissa retomber sur le dos sur son lit et fixa le plafond d'un air absent, les bras croisés derrière la tête. Hermione avait entraîné les autres occupants du dortoirs dans une séance de révision intensive et Sniffle était partit faire un tour dans l'école, pour se 'dégourdir les pattes' (pour reprendre ses propres termes), de sorte que Harry était seul dans la pièce, ce qui lui convenait parfaitement.

Il y eut soudain un claquement sec, qui tira l'adolescent de ses réflexions. Il se redressa vivement, pour se retrouver presque nez à nez avec…

«- Dobby ? s'exclama Harry, pris au dépourvu.

- Harry Potter ! Monsieur ! s'enthousiasma l'Elfe de maison en s'inclinant fébrilement. Dobby est très heureux de revoir Harry Potter ! »

Le Gryffondor esquissa un sourire.

« Qu'est-ce que tu fais là ? » demanda Harry.

Dobby s'agita.

« On a chargé Dobby de faire savoir à Harry Potter que le professeur Rogue souhaiterait vous voir immédiatement. »

Harry fronça les sourcils.

« Pourquoi faire ? »

L'Elfe secoua la tête.

«- Dobby n'en a absolument aucune idée, Monsieur, assura-t-il. Dobby ne fait que transmettre le message qu'on lui a confié.

- Et si je n'ai pas envie d'y aller ? »

Les yeux de l'Elfe s'élargirent comme des soucoupes à ces mots et Harry regretta aussitôt ses propos. La petite créature parcourue fébrilement la pièce du regard et voulu se jeter sur le mur le plus proche mais Harry l'arrêta aussitôt, le retenant par la cravate orange à pois violet qu'il portait.

« Dobby serait un mauvais Elfe de maison si Harry Potter n'y allait pas, couina l'être magique. Les autres Elfes de maison diraient que Dobby n'a pas bien fait son travail. »

Harry leva les yeux au ciel.

« Ok, j'ai compris, soupira-t-il. Tu as bien fait ton travail, Dobby, ajouta-t-il en s'efforçant de sourire. Je vais y aller. »

L'Elfe de maison paru rassuré et esquissa lui aussi un sourire.

« Je savais que Harry Potter comprendrais, s'exclama-t-il avec bonne humeur. Harry Potter est quelqu'un de bien, oh oui ! »

Décidément, l'Elfe de maison n'avait rien perdu de sa dévotion qu'il vouait à l'adolescent.

«- Le professeur Rogue attend Harry Potter dans sa salle de classe, reprit la créature avant de sauter du lit.

- Dobby, dis-moi, qui t'a chargé de me confié ce message ? » demanda Harry alors que, de toute évidence l'Elfe de maison s'apprêtait à repartir.

Il hésita un instant, son nez en crayon tressaillant une brève seconde.

« C'est le professeur Dumbledore, Monsieur. » avoua-t-il avant de disparaître dans un claquement sec.

Harry laissa entendre un rire amer : Dumbledore avait sûrement recouru à l'Elfe de maison pour être sûr que Harry se rendrait au rendez-vous imposé par Rogue. Le vieux sorcier se doutait bien que l'adolescent ne pourrait pas refuser, si la demande était transmise par Dobby, s'il voulait éviter de voir l'Elfe de Maison se punir lui-même, comme à chaque fois qu'il estimait avoir fait quelque chose de mal.

Le jeune homme hésita un instant, jetant un regard à sa montre : Il avait encore une bonne heure avant le déjeuner, avant qu'Hermione n'envisage simplement l'idée de laisser ses condisciples se sustenter. Finalement, il rouvrit sa malle et en sortit la cape d'invisibilité qu'il glissa dans l'une des poches de sa robe d'uniforme, avant de refermer le coffre et quitter le dortoir. Plus vite il se rendrait au lieu voulu par Rogue et plus vite il serait débarrassé de cette corvée.


Harry parcouru vivement le couloir menant aux cachots, et se figea en apercevant le directeur de l'école qui attendait, négligemment adossé au mur, près de la salle de cours de Potions.

« Ah, te voilà Harry ! » commenta joyeusement le vieux sorcier en l'apercevant, une étrange lueur animant ses yeux bleus.

Harry aurait mis sa main à couper que Dumbledore était fier de son coup, de l'avoir ainsi mis au pied du mur en ne lui laissant pas d'autre alternative que de venir en ces lieux.

« Je vois que Dobby a brillamment réalisé la mission dont je l'avais chargé. »

Harry lui jeta un regard en biais, contrarié par la désagréable perspective d'être manipulé par le mage.

« Comme si j'avais le choix. » grommela-t-il.

Dumbledore eut un sourire affable.

« Mais voyons, Harry, nous avons toujours le choix. »

L'adolescent renifla.

«- Oh, bien sûr, ironisa-t-il. Si j'avais fait mine d'ignorer le message de Dobby, il serait certainement aller s'ouvrir le crâne contre un mur pour ne pas avoir mené à bien sa mission. Quel choix.

- Je me doutais bien que la perspective de rencontrer ainsi le professeur Rogue ne t'enchanterai guère, Harry et je suis le premier désolé d'avoir ainsi eu à te forcer la main. Mais j'estime que cette confrontation s'impose. »

Harry fixa longuement le vieux sorcier, sceptique. Dumbledore soutint sans broncher le regard de l'adolescent. Finalement, il se tourna vers la porte voisine et frappa à la porte.

« Entrez. » répliqua aussitôt la voix, cassante, du professeur de Potions.

Le directeur ouvrit la porte, et s'écarta pour laisser passer l'adolescent. Celui-ci marqua un temps d'arrêt, en réalisant qu'ils interrompaient ainsi un cours. Il jeta un regard circonspect au sorcier qui l'accompagnait qui, lui, ne semblait pas particulièrement gêné par la perspective de perturber le déroulement du cours.

« Oh, alors il est venu ? observa froidement le responsable de Serpentard en posant un regard mauvais sur le jeune Gryffondor. Surprenant. »

Harry fronça les sourcils.

« Je n'avais pas vraiment le choix. » marmonna-t-il.

Quelques murmures se firent entendre parmi les élèves de deuxième année de Gryffondor et Serdaigle rassemblés dans la pièce, tous les regards étant rivés sur l'adolescent.

« Silence, intima Rogue. Ou je vous mets tous en retenue. »

Tous se turent.

«- Comme vous pouvez le constater, Albus, j'ai cours.

- Je vois ça, mais j'ai à faire et je tenais à m'assurer que Mr Potter vienne bel et bien ici. »

Rogue leva brièvement les yeux au ciel et soupira, apparemment aussi agacé que l'adolescent par les manœuvres du vieux sorcier.

« Très bien, j'ai compris, grogna l'enseignant. Potter, installez-vous là, ajouta-t-il à l'adresse de jeune homme en désignant une chaise qui venait d'apparaître dans un coin de la pièce, près du bureau. Je m'occuperai de vous lorsque j'en aurai terminé avec cette classe. »

Harry renifla dédaigneusement.

« Comme si je n'avais que ça à faire. » murmura-t-il.

Rogue le fixa un instant, les yeux plissés, un silence de plomb régnant dans le cachot.

« Asseyez-vous, Potter ! Et que je ne vous entende plus, précisa-t-il froidement. Et, Mr le directeur, si vous pouviez me laisser terminer mon cours… »

Dumbledore inclina la tête et quitta rapidement la pièce, un petit sourire aux lèvres, au plus grand dam de l'adolescent qui se laissa choir, avec mauvaise humeur, à l'endroit indiqué par le responsable de Serpentard. Le cours reprit, fréquemment ponctué par des reniflements méprisants et des rires moqueurs de l'adolescent, alors que Rogue déambulait entre les tables, commentant les potions réalisées par les élèves, en rabaissant impitoyablement certains.

« Vous n'êtes qu'une incapable, Ryan, grinça Rogue en s'attardant sur le contenu du chaudron d'une élève de Gryffondor. Vous avez mis des foies de grenouille au lieu de foies de crapaud. Auriez-vous des problèmes pour lire ? »

La petite, Samantha Ryan, tressaillit, apparemment au bord des larmes, et secoua négativement la tête. Rogue retroussa les lèvres, dans un sourire sadique, prenant un malin plaisir à tourmenter la fillette.

« Des problèmes de vue alors ? insista lourdement Rogue. Parce que, ça se soigne bien, semble-t-il, même dans le cas les plus désespérés. » ironisa-t-il en jetant un regard désabusé à l'attention de l'adolescent posté dans un coin de la pièce.

Celui afficha une expression surprise.

« Ah, vous ne nous aviez jamais dit que vous aviez eu des problèmes de vue, professeur Rogue.» rétorqua-t-il avec aplomb.

Un rire nerveux se fit entendre parmi les élèves, Rogue les fusilla du regard et tous reportèrent aussitôt leur attention sur leurs livres.

« Oh mais c'est qu'il fait de l'humour maintenant, répliqua Rogue sur un ton doucereux en se tournant vers l'adolescent. Vingt points de moins pour Gryffondor ! »

Harry croisa les bras, guère affecté par la sanction du professeur.

« Aurai-je touché un point sensible, professeur ? »

Une lueur mauvaise passa dans les yeux sombres de l'enseignant alors qu'un silence de plomb s'abattait dans la pièce.

« Sortez, tous ! annonça-t-il sans lâcher du regard l'adolescent. Le cours est terminé ! Pas vous, Potter. » ajouta-t-il alors que l'adolescent se levait nonchalamment de sa chaise.

Les élèves ne se le firent pas dire deux fois et quittèrent rapidement le cachot, non sans un dernier regard intrigué en direction de leur aîné qui osait ainsi défier l'autorité du professeur qui les terrorisait tant.

Un silence tendu s'instaura dans la salle pénombrée, les deux sorciers se défiant du regard.

« Tel père, tel fils, Potter, murmura Rogue, les yeux plissés. Aussi insolent l'un que l'autre. »

Harry esquissa un sourire amusé. Rogue s'apprêtait à dire quelque chose et se ravisa, pour rejoindre vivement la porte qu'il ouvrit brutalement, révélant trois élèves de Gryffondor regroupés devant la porte.

« Débarrassez-moi le plancher avant que je n'enlève cinquante points à chacun de vous pour vous passer cette envie d'écouter aux portes. »

Les trois enfants battirent aussitôt en retraite, sans demander leur reste. Rogue referma la porte, lança un sort d'insonorisation sur le battant et se retourna vers l'adolescent, un rictus malsain aux lèvres. Il jeta un regard au Gryffondor qui lui faisait face et s'approcha d'une armoire qui occupait le coin le plus éloigné du cachot et prit un flacon qu'il étudia un instant avant de le reposer à sa place et refermer l'armoire.

« Suivez-moi, Potter ! » ordonna-t-il en gagnant la pièce voisine, la fameuse réserve où Harry avait eu cette mémorable retenue qui l'avait conduit à séjourner à l'époque des Maraudeurs.

L'adolescent hésita et finit par le suivre, bien déterminé à ne pas se laisser impressionner par le responsable de Serpentard.

La réserve ne portait plus la moindre trace de sa chute : les étagères avaient retrouvé leur place au mur. Des chaudrons s'amoncelaient dans un coin de la pièce, probablement les fameux chaudrons que Harry avait dû récurer.

« Vous vous demandez certainement la raison pour laquelle j'ai souhaité votre présence ici, bien que ça ne me plaise pas plus qu'à vous, Potter. »

Harry garda le silence.

«- Comme je l'ai déjà dit, vos bêtises ont ruiné des dizaines d'heures de travail. Je ne sais pas comment vous avez fait votre compte, bien que ça ne m'intéresse pas de le savoir, mais vous avez anéanti bon nombre d'expériences qui m'ont demandé des semaines, voir même des mois, pour être menées à bien.

- Je suis sensé en être désolé ? se moqua Harry.

- J'aurai été plus que surpris si ça avait été le cas, Potter, riposta l'enseignant. Non, en fait, j'ai pensé que cela vous intéresserait de savoir ce que vous vous êtes pris sur la tête. Même si, à mon plus grand regret, votre vie ne peut, en aucun cas, être mise en danger par l'un ou l'autre de ces produits. » ajouta-t-il avec un sourire mauvais.

Harry eut un reniflement méprisant.

«- Ca vous aurait bien arrangé.

- Plus que vous ne pouvez l'imaginer, Potter, riposta Rogue. Cela étant, la plupart de ces potions n'évoqueront rien pour vous, connaissant votre "immense" culture dans la matière. Mais peut-être que celle-ci vous dira quelque chose, conclut-il en prenant une fiole contenant un liquide bleuté sur l'étagère du haut.

- Je croyais que j'avais ruiné des dizaines d'heures de travail ? ironisa Harry.

- Evidemment, riposta le professeur. Seulement, contrairement à d'autres personnes, j'ai la présence d'esprit de conserver un échantillon de bon nombre de mes expériences en un autre endroit, connu de moi seul. Ce qui m'a permis de réparer, sans trop de difficulté, une partie de vos bêtises, même s'il faudra encore plusieurs mois avant qu'elles aient suffisamment décanté pour offrir une efficacité optimale. Pour les autres potions, il me faudra les refaire, évidemment. Ce n'est pas comme si je n'avais que cela à faire mais passons… Je disais donc que cette potion-ci serait susceptible de vous intéresser.

- Et pourquoi cela ? »

Rogue esquissa un rictus méprisant.

«- Ceci, Potter, est une potion temporelle.

- Une potion temporelle ? » s'étonna Harry, circonspect.

Autant qu'il s'en souvienne, la potion qu'il avait dû boire pour revenir à son époque était violette, et non pas bleue.

« Exactement, confirma Rogue. Mon prédécesseur à ce poste, le professeur Krayak, avait commencé à se pencher sur le sujet, pour élaborer un prototype, de couleur parme. Je vous épargnerai les détails techniques, que vous seriez, de toute façon, incapable d'assimiler à leur juste valeur, mais sachez seulement que sa potion avait, néanmoins, l'inconvénient majeur de n'offrir, à quiconque l'utiliserai, qu'un voyage temporel de courte durée avant de renvoyer la personne dans son monde d'origine. Par contre, cette potion-ci, reprit-il en désignant la fiole qu'il tenait à la main, est une version plus élaborée et, évidemment, plus efficace. »

Harry haussa un sourcil. 'De courte durée' ? Pourtant il était resté un an dans le passé, ce n'était pas vraiment ce qu'il pouvait appeler un séjour de courte durée.

« Cela étant, si cette potion temporelle venait à être combiné avec d'autres produits, reprit Rogue en rangeant la fiole avant d'en prendre une autre, contenant un liquide vert, et un bocal contenant une pâte blanchâtre à l'air glauque. On obtient une réaction qui annihilerait la limite de temps. » ajouta-t-il avec un sourire malsain.

Harry réalisa alors quelque chose : Rogue avait compris ce qui avait pu se passer. Ce dont le Serpentard se souvenait de sa dernière année d'étude, Harry n'en avait aucune idée, mais Rogue avait deviné ce qui s'était produit, lorsque Harry s'était pris le contenu des étagères sur la tête. Peut-être avait-il même déduit que Harry Potter et Harry Calaway n'étaient qu'une seule et même personne ?

« Vous avez des questions, Potter ? »

Harry garda le silence. Rogue eut un sourire moqueur et rangea paisiblement les différents récipients à leur place.

«- Je m'en doutais, déclara l'enseignant. Dans ce cas, je ne vous retiendrais pas plus longtemps, Potter, conclut-il en se tournant vers lui. Mais sachez seulement que je vous enlève cinquante points supplémentaires.

- Et pourquoi cela ? s'offusqua Harry, qui avait déjà atteint la porte.

- Une simple question de principe. » riposta Rogue avec un rictus malsain.

Et la porte se referma. Harry resta un instant, immobile devant le battant. Non, plus de doute possible, le responsable de Serpentard avait bel et bien compris qui se cachait sous l'identité de Harry Calaway vingt ans plus tôt.

« Profiteur. » murmura l'adolescent avant de tourner les talons, tout en songeant au fait qu'il venait, encore, de perdre des points et cela de façon totalement injustifiée.

Ou presque… Il devait bien reconnaître qu'il s'était bien amusé aux dépends de son 'condisciple' de Serpentard durant son séjour dans le passé. Et Rogue, dans un souci 'd'impartialité', profitait désormais de son statut d'enseignant pour le lui faire payer. Harry esquissa un sourire désabusé et quitta rapidement les lieux.


30 juin 1978 – Manoir Potter

Le couple, main dans la main, marqua un temps d'arrêt en quittant le couvert des arbres. Lily jeta un regard incertain au jeune homme qui l'accompagnait, devinant la raison de cette halte alors que le manoir des Potter se dressait devant eux. Déjà, il avait eut une brève hésitation, dans la rue, face au portail qui donnait accès à la vaste propriété. Mais il s'était rapidement ressaisit et tous deux avaient pénétré sur les terres des Potter. Alors qu'ils cheminaient, sans un mot, le long du sentier qui traversait le sous-bois, il lui avait, néanmoins, prit la main et ne l'avait plus relâchée par la suite.

Lily comprenait parfaitement l'appréhension de James qui, le supposait-elle, revenait ici pour la première fois depuis les vacances de Noël, ou même depuis l'enterrement de sa mère.

Il inspira profondément et resserra un peu sa prise sur la main de sa fiancée.

« Je suis content que tu sois là, Lily, murmura-t-il en lui adressant un sourire incertain. Je ne sais pas si j'aurai pu revenir ici si j'avais été seul. »

Elle se contenta de lui rendre son sourire avant de se rapprocher de lui pour poser sa tête contre son épaule. Elle voulu dire quelque chose mais se ravisa et garda le silence alors qu'il passait un bras autour de sa taille.

« Il faut savoir tourner la page sur le passé et aller de l'avant. C'est ce que ma mère aurait voulu, de toute façon, commenta-t-il plus pour lui même, de toute évidence, qu'à l'attention de la jeune fille qui l'accompagnait. Viens ! » ajouta-t-il au bout d'un instant en l'entraînant vers la bâtisse.

Rien n'avait changé depuis la dernière fois que Lily avait été conviée chez les Potter, autrement dit depuis les vacances de Noël. Pourtant, tant de choses s'étaient produites entre temps… Elle frémit en repensant aux raisons pour laquelle elle avait été envoyé en ces lieux, la première fois : Ses parents avaient été tués lors d'une attaque et sa sœur n'aurait sûrement pas accepté de lui offrir l'hospitalité jusqu'à ce qu'elle retourne à Poudlard. Elizabeth Potter avait alors proposé de la prendre chez elle… A cette époque, Lily était loin de s'imaginer que ce séjour à Godric's Hollow lui permettrait de découvrir James sous un autre jour, ou qu'elle finirait par vivre avec lui. Mrs Potter s'était montrée particulièrement bienveillante envers elle, malgré ses origines moldues (contrairement à son mari), et Lily était fermement décidée à honorer la promesse qu'elle avait faite à Elizabeth Potter lorsqu'elle était repartie pour Poudlard en janvier : elle prendrait soin de James, quoi qu'il advienne.

Si elle-même éprouvait un certain trouble à la perspective qu'elle ne verrait jamais plus Mrs Potter et son éternelle expression bienveillante, elle devinait sans mal ce que James, lui, pouvait ressentir en revenant ici en sachant que, désormais, il était l'unique propriétaire des lieux. Des lieux chargés de souvenirs.

«- Mais, j'y pense, s'exclama-t-elle soudain.

- Quoi ? s'étonna James visiblement surpris par son intervention soudaine.

- On a jamais sû la date de naissance de Harry. »

James, d'abord déconcerté par les préoccupations de la jeune fille, éclata de rire.

«- Je crois qu'on a encore un peu de temps devant nous avant d'en venir à agrandir notre famille, répliqua-t-il. Au moins le temps de nous marier, tu ne crois pas ?

- Oui, bien sûr, mais… »

Il eut un sourire las.

« Tout cela viendra en son temps, commenta-t-il. Même si tu sais aussi bien que moi ce qui nous attend après. »

Lily acquiesça d'un signe de tête et se serra un peu plus contre lui.

«- En tout cas, je suis sûr d'une chose… Enfin de deux choses en fait, reprit-il en franchissant le portillon qui menait au jardin entourant le manoir. Tu sais ce que c'est ?

- Non mais je sens que tu ne vas pas tarder à m'en dire plus, le taquina la jeune fille.

- La première, c'est que je t'aime plus que tout, commenta-t-il en se tournant légèrement vers elle pour déposer un bref baiser sur le front de sa fiancée. Et la deuxième… C'est que, quand le temps sera venu, tu seras une mère formidable. »

Lily n'eut guère l'occasion de répondre car, au même instant, une série de claquements secs se firent entendre et les Elfes de Maison des Potter apparurent brutalement devant eux.

« Bienvenu chez vous, Maître James, s'exclama Maggy, légèrement en avant de ses homologues, en s'inclinant cérémonieusement. Et bienvenue à vous aussi, Miss Lily. »

Les autres Elfes répétèrent les mêmes propos en chœur, s'inclinant à leur tour. James eut un sourire gêné alors que Lily haussait un sourcil : Elle avait totalement oublié la présence de ces petits serviteurs débonnaires qui s'occupaient pourtant de l'entretien des lieux.

« Je vous remercie de votre accueil mais il était inutile de vous donner cette peine, tous autant que vous êtes, répliqua posément le maître des lieux. Cela étant, je compte sur vous pour que Lily soit traité avec tous les égards qu'il se doit à tout nouveau membre de la famille. »

Les oreilles de Maggy tressaillirent légèrement alors que ses grands yeux bleus s'écarquillaient, son regard passant de l'un à l'autre des deux sorciers.

« Maître James se serait-il marié en plein milieu des examens ? s'étonna la petite Elfe, une nuance vaguement réprobatrice dans la voix. Madame votre mère aurait… »

Elle se tut brutalement, l'air horrifié par ses propos, alors qu'un murmure choqué se faisait entendre parmi les autres 'domestiques' du manoir. Lily jeta un regard en coin au maître des lieux, appréhendant quelque peu sa réaction. Mais il se contenta d'un petit sourire triste et s'accroupit devant l'Elfe inquiète qui baissa la tête, honteuse.

« Ce n'est rien, Maggy, assura-t-il calmement. Tu n'as rien à te reprocher, alors ne fais pas cette tête, veux-tu ? »

L'Elfe hésita puis hocha timidement de la tête avant de relever des yeux humides vers son maître.

« Je sais que vous étiez tous très attachés à ma mère, que vous étiez dévoués à mes parents, reprit James en se relevant pour s'adresser à l'ensemble des petites créatures. Mais, désormais, les choses ont changé, et il nous faudra, tous, nous en accommoder et aller de l'avant. »

Il y eut un murmure respectueux parmi les Elfes de Maison qui, finalement, s'inclinèrent à nouveau devant le couple.

« Mais si ça peux te rassurer, Maggy, je ne suis que fiancé, pour l'instant, mais je suppose que l'étape suivante ne tardera pas à suivre, ajouta-t-il en se tournant vers Lily, un grand sourire aux lèvres. A partir d'aujourd'hui, tu es chez toi, ici, d'accord ? »

Lily hésita un instant, voulu dire quelque chose mais se contenta de lui rendre son sourire.

« D'accord. » accepta-t-elle en passant les bras autour de son cou, leurs lèvres se rencontrant dans un tendre baiser.

Les Elfes de Maisons disposèrent sur-le-champ, sur un signe de la main de leur maître, emportant avec eux les affaires du jeune couple.


juin 1997 – Grande Salle

Harry soupira, observant sans grand appétit le morceau de viande piqué sur sa fourchette. A sa gauche, Ron et Hermione se livraient à une discussion enflammée au sujet de l'examen d'Enchantement qu'ils avaient passé au cours de la matinée. Ou tout du moins, Hermione repassait en revue les différentes questions du sujet proposé par le professeur Flitwick.

«- Hermione, soupira Ron, visiblement agacé. Qu'est-ce que ça peut faire si tu n'as pas assez détaillé la différence entre le sortilège de 'Déplace-tout' et celui d'Attraction ? Je suis sûr que tu auras, comme toujours, une excellente note.

- Je n'en serais pas si sûre, protesta Hermione en relisant ses notes. Surtout qu'après, à la question seize, j'ai… »

Harry cessa d'écouter, lui-même n'ayant pas pris part à l'épreuve, le professeur Dumbledore ayant choisi ce moment pour le convoquer dans son bureau, un habile prétexte pour justifier son absence à l'épreuve. Et l'adolescent avait donc passé le reste de sa matinée dans le bureau directorial, à écouter le vieux sorcier lui suggéré diverses excuses en vue des autres examens à venir. Et, à présent qu'il avait rejoint ses amis, c'était pour les entendre débattre sur les différentes questions de l'examen. Il soupira, reposa sans un regard le contenu de sa fourchette dans son assiette puis, après un rapide coup d'œil alentour, il passa l'assiette sous la table, la déposant à ses pieds. Puisqu'il n'avait pas faim, autant en faire profiter le chien noir tapit à ses pieds.

Cela fait, il parcouru la table de Gryffondor du regard, où tous semblaient n'avoir que les examens comme sujet de conversation. Harry se passa la main sur la nuque, l'air las. Son regard s'attarda un instant sur les filles de cinquième année, et plus particulièrement Ginny. L'une de ses amies, croisant visiblement le regard du Survivant, se pencha aussitôt vers son amie, un sourire amusé aux lèvres, alors que Harry se hâtait de reporter son attention ailleurs. Il observa distraitement les autres tables, fixant un instant Cho qui, dos à lui, parmi ses condisciples de Serdaigle, ne lui accordait aucun intérêt.

« Je vais faire un tour, je vous retrouve plus tard. » annonça Harry en se levant, à l'attention de ses deux amis.

Mais ni Ron ni Hermione ne répondirent, et Harry n'était même pas sûr qu'ils l'aient entendu. Il quitta néanmoins la table de Gryffondor et s'éloigna vivement vers la porte, après s'être assuré que le canidé qui lui servait de parrain préférait engloutir les restes plutôt que de le suivre. Ce qui, à la réflexion, n'était pas plus mal : un peu de calme et de solitude ne seraient pas de refus.


Tout le monde étant encore attablé dans la Grande Salle, Harry cheminait, en solitaire, dans le parc désert, en direction du lac. Là, il s'installa en tailleur sur la berge, les mains sur les genoux, concentré. Depuis son retour à son époque, il n'avait plus eu de nouvelle de 'ses voix', de sorte qu'il voulait profiter de cette occasion pour tenter d'établir un contact quelconque. Il avait besoin de parler à quelqu'un de ce qui lui pesait sur le cœur depuis son séjour dans le passé et qu'il n'avait osé partager avec personne jusque là. Même le professeur McGonagall ou Sirius n'avaient pas réussi à cerner les réelles préoccupations de l'adolescent qui, d'ailleurs, n'avait rien fait pour les éclairer sur le sujet.

Un problème ?

« Si on veut… » soupira Harry.

Laisse-moi deviner… : Tu te demandes encore si tu as fait ce qu'il fallait ?

« Oui. »

Et bien, je pense que tu as fait ce qui devait être fait. Tu as fait preuve d'un courage sans faille, d'une bravoure impressionnante. Tu as su résister à toutes ces tentations qui s'offraient à toi.

Harry resta silencieux, hésitant à aborder un sujet qui le tracassait.

« Vous saviez, maman et toi, n'est-ce pas ? Vous saviez que vous deviez mourir ? Que c'était Peter le traître ? »

Il y eut un moment de silence.

Nous y voilà... Oui. Du moins je m'en doutais…, pour Peter. Mais pour le reste…, je le savais, effectivement, par ton intermédiaire… Et Lily aussi…

« Mais, je croyais que Dumbledore vous avait soumis à un sortilège d'amnésie après mon départ ? » demanda Harry, décidé à avoir confirmation à la réponse, qu'il connaissait déjà, à cette question.

Oui…, mais le sort n'a pas eu l'effet escompté : Dumbledore n'avait pas prévu que, avec Lily, on s'était protégé en conséquence, grâce à un sort d'ancienne magie… On a juste joué le jeu par la suite.

Donc la photo que le Préfet-en-Chef de Gryffondor lui avait remise avant son départ avait bel et bien été soumise à un enchantement afin de contrer, à son insu, les projets du directeur de l'école.

« Mais…ça ne te dérangeait pas de laisser les choses se passer ? »

Tout n'est qu'une question de point de vue, Harry. Ce voyage dans le temps ne t'a donc rien appris ?

« Euh…, je… »

Il faut parfois savoir reculer pour mieux sauter, Harry. Comme il vaut mieux, parfois, se faire oublier pour mieux revenir…

«- Peut-être mais… Je ne suis pas sûr de comprendre où tu veux en venir.

- Ouvre les yeux et tu comprendras… »

Harry tressaillit et quitta brutalement sa concentration. Ouvrant les yeux, il ne remarqua, d'abord, rien de particulier puis, mû par un étrange pressentiment, il se leva et, lentement, se retourna…pour rester bouche bée en découvrant les deux personnes qui, main dans la main, l'observaient, en silence.

« Maman ? Papa ? s'étonna Harry, interloqué. Mais ? Comment ? »

Son père sourit.

« Ce petit séjour dans le temps avait aussi pour but de te montrer que rien n'est jamais couru d'avance, que rien n'est vraiment écrit et qu'il suffit souvent de croire en soi pour que tout coule de source. Ce voyage avait pour but de te préparer, de te permettre de prendre conscience de la réalité des Maraudeurs, de te faire réaliser que nous étions bien plus que de simples noms sur un parchemin, mais aussi qu'un mythe ne disparaît jamais. Tu l'as découvert, à ton insu, et c'est pour cela que nous sommes là, à présent. Il faut croire… en soi, à ce que nous sommes, en la magie…, et tout peut arriver. Même le plus improbable. Et c'est ce qui s'est passé lorsque, un soir d'Halloween, Voldemort, pourtant considéré comme invulnérable, a disparu durant treize ans. »

Harry resta silencieux, assimilant les explications de son père.

«- Tu veux dire que… Que vous… Vous…

- Nous sommes revenus, Harry, et cela grâce à la bravoure dont tu as fait preuve, face à toi-même et ton passé. Tu as su résister à la tentation de changer les choses et tu as tout fait pour conserver le cours du temps.»

L'adolescent esquissa un large sourire avant de se jeter, les yeux brillants sous le coup de l'émotion, dans les bras de ses parents qui l'étreignirent aussitôt. Mais les retrouvailles prirent brutalement fin lorsqu'un gros chien noir surgit soudainement de nulle part. Le chien se figea, alors que Harry s'écartait de ses parents et dans un claquement, reprit une forme humaine.

« Harry, tu… »

Il s'interrompit, en prenant conscience de la présence des deux sorciers qui accompagnaient l'adolescent. Harry réprima un éclat de rire devant l'air stupéfait de son parrain qui resta bouche bée, l'espace d'une seconde, les yeux écarquillés…, avant de tomber dans les pommes, provoquant ainsi l'hilarité des trois Potter.

«- Et bien, vous lui avez fait un sacré effet ! commenta finalement Harry, amusé.

- Je vois ça, commenta James, en s'approchant. En tout cas, ça promet d'être…intéressant, ironisa-t-il. Mais si nous devons réanimer toutes les personnes que nous allons rencontrer, nous ne sommes pas sortis de l'auberge. »

Harry esquissa un petit sourire, ayant encore du mal à croire à ce qui lui arrivait, alors qu'il observait son père se pencher au-dessus d'un Sirius inconscient. Sentant une main se poser sur son épaule, il leva les yeux vers sa mère qui lui sourit.

« Je suis vraiment fière de toi, mon chéri, murmura-t-elle. Je l'ai toujours été et je le serais toujours. »

Harry sourit et resta auprès de sa mère, alors que Sirius, revenant à lui, se redressait d'un bond, effaré, les yeux écarquillés par la surprise.

«- Et bien Patmol, c'est comme ça qu'on accueille ses amis ? plaisanta James.

- James, mon vieux, tu… C'est vraiment toi ? s'étrangla Sirius, sous le choc.

- On dirait bien, confirma James en souriant.

- Mais ? Comment ?

- Ca serait trop long à t'expliquer, Sirius. Mais, je te l'avais dit que même si nous venions à être séparés, nous finirons toujours par nous retrouver. »

Sirius n'en demanda pas plus et étreignit sans retenue son meilleur ami qui lui rendit la pareille en riant.

« Heureux de te revoir, James. Enfin, de vous revoir, rectifia-t-il précipitamment en se tournant vers la jeune femme qui lui rendit le sourire qu'il lui adressa. Et je suppose que je ne suis pas le seul à être de cet avis… » ajouta-t-il, en échangeant un regard entendu à Harry.

Celui-ci esquissa un large sourire éclatant, aucune parole ne pouvant mieux décrire ce qu'il ressentait en cet instant.

«- Je suis sincèrement désolé pour ce qui t'est arrivé, Sirius, reprit James au bout d'un moment. J'aurai aimé pouvoir t'éviter tout ça mais…, continua-t-il, avant de s'interrompre, mal à l'aise, et se tourner vers son fils. Cependant, je ne te remercierai jamais assez pour t'être occupé de Harry comme tu l'as fait durant ces dernières années.

- Tu n'as rien à te reprocher pour ce qui s'est passé, James, assura Sirius l'air grave. Et, pour Harry, je dois dire que j'ai fait ce que j'ai pu pour assurer mon rôle de parrain mais…

- Harry a toujours pu compter sur toi quand il en a eu besoin, et c'est l'essentiel. » intervint Lily en étreignant une fois de plus son fils qui acquiesça d'un signe de tête.


Patmol déboula joyeusement dans le hall d'entrée, aboyant avec force, son comportement provoquant des réactions diverses au sein de la famille Potter : Si le père et le fils partageaient un amusement évident face à cette situation, Lily, elle, affichait une expression vaguement agacée.

«- On ne peut pas vraiment considérer cette situation comme une entrée discrète, soupira-t-elle.

- Sirius n'a jamais été doué pour la discrétion, observa James, un sourire aux lèvres. Tu devrais le savoir, Lily chérie. D'ailleurs… »

La porte de la Grande Salle s'ouvrit brutalement sur une Minerva McGonagall à l'air réprobateur.

«- Oh, bien le bonsoir, très chère professeur McGonagall, l'interpella joyeusement James avant de se prendre un coup de coude dans les côtes par son épouse. Eh !

- Potter, répliqua machinalement l'enseignante. Depuis quand… »

La directrice adjointe se figea en détaillant du regard la personne qu'elle s'apprêtait à rabrouer. Son agacement premier laissa alors place à la stupéfaction, tandis que son regard passait de l'un à l'autre des trois sorciers présents dans la pièce. Patmol revint en trottinant à leur hauteur et s'assit aux pieds de son meilleur ami, la langue pendante.

«- Mais…, souffla McGonagall. James Potter ?

- Lui-même, pour vous servir. » répliqua gaiement l'intéressé apparemment ravi de son effet.

Harry esquissa un sourire et Lily leva les yeux au ciel.

«- Ca suffit, James ! intervint-elle. Conduis-toi un peu en adulte pour changer.

- Miss Ev… Mrs Potter, rectifia une professeur McGonagall totalement déstabilisée par la tournure que prenaient les évènements.

- Bonsoir professeur, répondit posément Lily en souriant. Désolée pour tout ceci mais nous aimerions voir le professeur Dumbledore au plus vite, et sans attirer d'avantage l'attention sur nous, si possible.

- Je vais lui en parler de ce pas, assura l'enseignante en jetant un dernier regard au petit groupe qui lui faisait face. Vous devriez aller à son bureau en attendant : Vous y serez à l'abri des regards indiscrets, même si tous les élèves sont encore dans la Grande Salle. D'ailleurs, il me semble que Potter…, enfin, Harry, connaît le mot de passe pour y accéder. » ajouta-t-elle en jetant un regard à son élève qui acquiesça d'un signe de tête.

Sur ce, la responsable de Gryffondor tourna les talons et regagna vivement la pièce voisine, qu'elle venait de quitter. Dès que la porte se fut refermée derrière elle, James éclata de rire.

«- J'ai adoré la tête qu'elle a fait, commenta-t-il.

- J'aurai probablement la même réaction si je me faisais ainsi aborder par des personnes supposées mortes, rétorqua sèchement Lily avant d'adresser un regard réprobateur au chien noir. Quant à toi, bravo pour ta brillante idée. On ne t'a jamais appris ce que c'était que la finesse ? »

Patmol secoua négativement la tête et Lily soupira, agacée.

«- Ce n'était peut-être pas très discret mais, au moins, grâce à lui, on a trouvé un moyen d'avertir Dumbledore, observa Harry en souriant.

- Tout à fait ! s'exclama James en ébouriffant joyeusement les cheveux de l'adolescent. Ecoute donc la voix de la raison, Lily. »

La jeune femme les fixa un instant et esquissa un sourire moqueur.

« Je constate que Harry possède au moins cette tendance à la diplomatie qui fait cruellement défaut à son père, lâcha-t-elle. Et pas de commentaire, Sirius, ou je te fais dormir dans le parc ce soir. » ajouta-t-elle.

Le chien lui jeta un regard indigné et s'éloigna d'un pas qu'il voulait digne, la tête haute, faussement offensé.

«- Je suppose qu'un Maraudeur reste toujours un Maraudeur, soupira Lily en l'observant s'éloigner. Vous ne changerez donc jamais, tous les deux ?

- J'ai bien peur que non, répliqua James avec aplomb en passant un bras autour de la taille de son épouse. Mais ça fait partie de notre charme, non ? »

Lily préféra ne pas répondre et reporta son attention sur son fils qui, les mains dans les poches, attendait, un petit sourire aux lèvres.

«- On devrait peut-être penser à attendre Dumbledore dans son bureau, suggéra-t-il. Parce que les autres ne vont pas tarder à quitter la Grande Salle, précisa-t-il en jetant un regard à sa montre.

- Oh mais c'est qu'il veut avoir le dernier mot, notre fils, observa James en souriant malicieusement. Pourquoi on ne l'attendrait pas ici ?

- James…

- Connaissant Dumbledore, dès qu'il sera au courant, il fera en sorte que personne n'ait vent de notre présence avant qu'il ne l'ait décidé, alors il ne risque pas de laisser les élèves sortir de la Grande Salle avant lui, répliqua le concerné sans se soucier de l'interruption de son épouse.

- Dis surtout que tu veux absolument faire le contraire de ce que nous a dit le professeur McGonagall, oui ! » riposta sèchement Lily.

Harry haussa les sourcils et jeta un regard interrogateur au chien noir qui secoua négativement la tête, lui indiquant ainsi de ne pas intervenir. De toute façon, James avait déjà trouvé la parade à la réplique de la jeune femme.

« Vous m'avez démasqué, très chère, lâcha-t-il en s'inclinant cérémonieusement, un sourire mutin aux lèvres. On ne peut vraiment rien vous cacher ! »

Lily leva les yeux au ciel.

«- Idiot !

- Et fière de l'être.

- L'inverse m'aurait étonné, soupira-t-elle. Je me demande vraiment ce qui m'a pris d'épouser un imbécile pareil.

- Merlin seul le sait, mais je lui en suis reconnaissant, commenta James avec sérieux. J'ai une femme fantastique et un fils exceptionnel, que demander de plus ? »

Personne n'eut l'occasion de répondre car la porte menant à la pièce voisine s'ouvrit soudainement sur le directeur de l'école qui ne marqua pas la moindre surprise en découvrant le petit groupe rassemblé dans le hall.


Le bureau directorial était étrangement calme alors que tous, écoutaient avec intérêt les explications du couple Potter au sujet de leur réapparition inopinée. Même les anciens directeurs, immobiles dans leurs tableaux, prêtaient une attention toute particulière à leur récit. Harry, assis entre sa mère et Sirius (qui avait repris son apparence humaine dès qu'il avait mis les pieds dans la pièce), jeta un regard au vieux sorcier qui leur faisait face. Les mains croisées sous le menton, Dumbledore conservait le silence, attentif au moindre détail du récit. L'espace d'une seconde, l'adolescent le vit (ou cru voir) froncer légèrement les sourcils mais le vieux sorcier n'émit aucun commentaire, même lorsque les Potter eurent terminé leurs explications.

Fumseck ébouriffa ses plumes, tandis que Dumbledore fixait longuement les personnes qui se tenaient de l'autre côté de son bureau, s'attardant un bref instant sur l'adolescent.

«- En d'autres termes, le petit accident de potions de Harry, et le voyage temporel qui en a découlé, aurait été l'élément clé de votre retour ? résuma finalement le sorcier à la barbe blanche.

- En tout cas, son séjour dans le passé a été l'occasion d'entrer en contact avec lui, et d'établir un lien entre le monde des vivants et…celui où nous nous trouvions jusqu'à là, précisa posément Lily. Comme James vient de vous l'expliquer, ce lien, probablement amplifié par la présence de deux exemplaires de leur médaille, a favorisé la création d'un passage entre les deux mondes. »

Dumbledore acquiesça d'un bref signe de tête et se lissa distraitement la barbe.

« Cela étant, vous vous doutez bien que votre situation actuelle est plus que périlleuse, reprit-il avec gravité. Vous n'êtes pas sans savoir que, durant quinze ans, vous avez été considéré comme morts. De ce fait, il serait malvenu que quiconque ait vent de votre présence ici avant que nous ayons pris les mesures qui s'imposent. »

Il marqua une brève pause.

« Sans compter que, dès que Voldemort aura appris votre retour, vous serez à nouveau, exposé à ses attaques, j'espère que vous en êtes bien conscients ? »

Le couple Potter échangea un regard entendu, mais tous deux répondirent par l'affirmative à la question du directeur. Ils savaient ce qui arriverait si le Seigneur des Ténèbres venait à avoir vent de leur retour mais ils étaient prêts à assumer la chose.

Dumbledore les fixa un instant, puis reporta son attention sur Harry et Sirius qui, jusqu'à présent, s'étaient abstenus de tout commentaire.

« J'aimerai m'entretenir un instant avec James et Lily, en privé, observa paisiblement le vieux sorcier. Vous pourriez sortir un instant ? »

Harry voulu protester mais fut coupé dans son élan par son parrain qui, les sourcils froncés, s'était levé.

«- Nous n'avons rien à leur cacher, riposta James, apparemment peu convaincu par la manœuvre du directeur. Si vous avez quelque chose à nous dire, ils peuvent rester.

- Je n'en doute pas. Néanmoins, j'insiste sur le fait que Harry et Sirius ici présents, ne sont, pour l'instant, pas concernés par ce dont je souhaite vous parler. Quoiqu'il en soit, ça ne sera pas long.

- Mais… »

Harry se leva à son tour, non sans un regard méfiant à l'adresse du vieux sorcier, et il quitta rapidement le bureau en compagnie de son parrain.

« Pourquoi ai-je la désagréable impression qu'ils vont parler de moi ? » commenta l'adolescent, une fois la porte de chêne refermée derrière lui.

Sirius eut une moue sarcastique.

«- Ca ne m'étonnerait pas de lui. Il a certainement une idée derrière la tête, reste à savoir ce dont il s'agit, observa-t-il.

- Mais pourquoi t'avoir fait sortir, toi aussi ? » s'étonna Harry en haussant les sourcils.

Sirius se contenta de hausser les épaules mais Harry fut convaincu de l'entendre marmonner un vague 'encore une lubie de papy Dumby' en se rapprochant de la porte. L'adulte inclina la tête, l'oreille collée contre le battant. Harry haussa les sourcils : Dumbledore avait certainement envisagé le fait qu'ils essayeraient d'écouter la conversation et avait sûrement pris les précautions nécessaires à leur insu. D'ailleurs, Sirius releva presque aussitôt la tête, les sourcils froncés, avant de prendre sa forme animale et dresser les oreilles, aux aguets. Harry le fixa un instant puis, voyant que le chien noir ne semblait pas décidé à s'écarter du panneau de bois, sa curiosité l'emportant sur le reste, il décida de l'imiter dans l'espoir d'en savoir un peu plus sur ce qui se passait dans la pièce voisine. Mais, une fois dans sa forme de panthère, Harry fut singulièrement déçu de constater que, une fois de plus, il ne pouvait rien entendre des propos échangés par Dumbledore et ses parents. Le vieux sorcier avait vraiment pensé à tout.

Je ne sais pas ce qu'il se passe exactement, mais ça chauffe. commenta Sirius.

Harry inclina la tête et réalisa alors que, en recourant aux sens développés de sa panthère, il pouvait désormais distinguer des éclats de voix venant du bureau, même s'il ne parvenait toujours pas à saisir les propos échangés. Apparemment, le ton avait très vite monté, à en croire la colère évidente qu'ils perçurent dans la voix de James alors qu'il répliquait à une remarque de Dumbledore. Le vieux sorcier ne tarda pas à reprendre la parole, sur un ton plus calme mais teinté de contrariété. L'espace d'un instant, l'adolescent crû entendre son nom dans la conversation, plus qu'houleuse, qui se poursuivait dans la pièce voisine.

Quelques longues minutes s'écoulèrent avant que des bruits de pas se fassent entendre, se rapprochant inexorablement de la porte. Sans perdre un instant, les deux Animagi reprirent leur forme d'origine, une poignée de secondes avant que le battant ne s'ouvre brutalement devant eux.

«- La moindre des choses serait quand même de lui demander son avis, non ? trancha sèchement Lily depuis la porte.

- Je prend simplement les décisions qui me semblent les plus appropriées à la situation, répliqua posément Dumbledore.

- Et je persiste à dire qu'il en est hors de question. » riposta la jeune femme en laissant rentrer Harry et Sirius dans la pièce.

L'adolescent jeta un regard autour de lui alors que sa mère claquait la porte derrière eux. Dumbledore était assis à son bureau, le dos raide et l'air agacé, face à un James Potter qui le fusillait du regard, les bras croisés.

«- Vous êtes bien trop impliqués dans tout ceci pour avoir un point de vue objectif, observa le vieil homme à l'attention du couple Potter.

- Ca n'a rien à voir avec l'objectivité, professeur Dumbledore, répliqua Lily. Mais une question de bon sens.

- De toute façon, Albus, vous avez eu notre opinion sur tout ceci, intervint sèchement James. Si vous persistez dans vos intentions, vous avez ma parole que nous ferons tout pour vous en empêcher. »

Harry jeta un regard intrigué aux adultes qui l'entouraient. Quelque soit la raison de leur désaccord (probablement lui), ils ne semblaient pas prêt à trouver un terrain d'entente. L'expression du directeur se durcit.

«- Je ferais ce qui convient et personne ne pourra outrepasser mes décisions, lâcha-t-il sèchement.

- Au nom de Merlin, c'est un adolescent ! S'indigna James, confirmant ainsi à Harry qu'il était bien le sujet de cette discussion tumultueuse. Vous ne pourriez pas le lâcher un peu, non ? Il a bien le droit d'avoir enfin une vie à peu près normale, quand même ! »

Un moment de silence s'ensuivit, tendu. Fumseck, depuis son perchoir d'or, laissa entendre une brève plainte. Harry fronça les sourcils, se demandant ce qui allait suivre, alors que Dumbledore le fixait avec attention.

«- Le sujet est clos, commenta finalement Dumbledore en adoptant un ton plus calme. Il n'y a plus rien à en redire.

- Bien au contraire, ça ne fait que commencer. » lâcha James dans un murmure à peine audible.

Harry était persuadé que le directeur avait entendu ses propos, même s'il n'en laissait rien paraître. Bien au contraire, il relança la conversation sur un autre sujet.


Une violente explosion puis...

« POTTER !!!!!! »

Le hurlement de colère du professeur Rogue retentit dans tout le château. James et Sirius échangèrent un regard complice, réfugiés tant bien que mal sous la cape d'invisibilité : ennuyer l'ancien Serpentard restait leur occupation préférée. Le Maître des Potions n'avait pas tardé à découvrir le retour du couple Potter, James n'ayant pas pu résister longtemps à la tentation de lui faire payer (avec, bien sûr, la collaboration de son meilleur ami), les années qu'il avait passé à s'acharner sur son fils. Leur but : faire de la vie de Rogue un véritable cauchemar...

Deux jours plus tôt

On frappa à la porte du bureau qu'occupait le responsable de Serpentard. Celui-ci répondit un 'entrez !' agacé, sans pour autant interrompre la correction du parchemin qui était disposé devant lui : Un sujet de BUSE type qu'il avait donné à ses élèves de quatrième année le matin même, et le niveau était, comme il s'y attendait, terriblement bas. Il grinça des dents à une, nouvelle, remarque particulièrement stupide rédigée sur le parchemin et la barra consciencieusement avant de griffonner une note dans le coin supérieur gauche du feuillet.

« Dumbledore devait vraiment ne pas être dans son état normal pour te donner un poste d'enseignant. » observa une voix moqueuse et désagréablement familière.

Rogue tressaillit : Il avait totalement oublié le fait qu'il allait avoir un visiteur. Celui-ci était, d'ailleurs, entré à son insu et l'observait à présent, les bras croisés, depuis le seuil de la pièce. Levant les yeux vers l'arrivant, le Maître des Potions faillit basculer en arrière sur sa chaise en découvrant, à sa plus grande horreur, la personne qui lui faisait face... Une personne qu'il pensait pourtant ne jamais revoir.

« Toi !!! » s'étrangla-t-il

Celui-ci eut un sourire provocateur.

« Et oui, moi, répliqua-t-il en refermant la porte derrière lui. Le seul et unique James Potter. »

Rogue quitta brutalement sa chaise, les yeux rivés sur son interlocuteur.

« Comment...? Qu'est-ce que tu fiches ici, Potter ? Tu... tu es mort et enterré depuis plus de quinze ans et... »

Le sourire de l'homme qui se tenait devant lui se fit plus condescendant.

« Comme quoi, même le grand Severus Rogue ne peut pas tout savoir, ironisa-t-il. Oh, non, n'y pense même pas. » ajouta-t-il précipitamment en voyant l'enseignant esquisser un geste vers son bureau, où sa baguette était posée, bien en évidence.

Rogue lui adressa un regard mauvais.

«- Pourrai-je savoir ce qui me vaut l'immense honneur de ta présence ici, Potter ?

- Mais bien évidemment, Rogue, assura James sur un ton faussement aimable. Cela va de soit. Même si, j'imagine que tu dois avoir une idée, non ? »

Rogue jeta un bref regard à l'item magique posé sur son bureau, avant de reporter toute son attention sur son ancien rival. D'accord, Potter était vivant, et cela après des années passés au royaume des morts, et après ?

« J'en connais un qui va être encore plus invivable, songea-t-il. Je suppose que ton précieux rejeton a dû être ravi de ton retour inopiné, Potter. » ajouta-t-il à l'adresse de James.

Une expression indéfinissable passa dans le regard de son interlocuteur.

« Là n'est pas la question, pour le moment, Rogue. Mais puisque tu abordes le sujet, je voulais justement discuter de ta partialité à l'égard des élèves qui n'appartiennent pas à ta maison et, à plus forte raison, de mon fils. »

Rogue eut un rictus méprisant.

«- Evidemment, se moqua-t-il. Potter junior s'est dépêché de se plaindre auprès de son très cher père revenu d'entre les morts. Curieusement, ça ne m'étonne pas.

- Tu profites de ton statut de professeur pour lui faire payer les blagues que nous t'avons faites quand nous étions à Poudlard, Rogue, rétorqua James d'une voix étrangement calme. Tu n'as pas à t'en prendre à lui sous prétexte de vouloir te venger de ce qu'on a pu te faire subir à l'école. »

Rogue renifla dédaigneusement.

« Tu devrais plutôt me remercier d'avoir tout fait pour lui éviter de prendre la grosse tête, oui. »

James se figea, hésitant sur ce qu'il convenait de faire : lui casser la figure serait, vraiment, très tentant, mais il n'était pas là pour ça. Il ne lui restait donc qu'une autre alternative.

« Laisse-le tranquille, Rogue. Sinon, tu pourrais très vite le regretter. »

fin du flash back

La situation avait très vite dérapée, à un point tel que, dès le lendemain, Rogue s'était acharné comme jamais sur Harry, dès l'instant où il l'avait croisé dans un couloir alors qu'il se rendait la Grande Salle. Rogue n'avait, alors, pas envisagé le fait que l'adolescent n'était pas si seul que ça et que, en attente d'une décision de Dumbledore pour officialiser, ou non, leur retour, le couple Potter se voyait dans l'obligation de se déplacer à l'insu de tous dans l'enceinte de l'école. Le jeune Gryffondor avait ainsi donné la cape d'invisibilité à ses parents afin de pouvoir profiter au maximum de leur présence, même en dehors des heures où il pouvait quitter la Salle Commune sans attirer l'attention de ses condisciples. Si bien que, lorsqu'il avait apostrophé le Gryffondor, il était loin de s'attendre à ce que l'objet de sa vengeance se trouve à moins d'un mètre de lui. Ce dernier l'avait, d'ailleurs, gratifié d'un croche-pied lorsqu'il s'était enfin désintéressé de l'adolescent. Le professeur avait évité de peu la chute et se retourna vivement, contrarié, pour faire face à Harry qui affichait une expression amusée. Rogue voulu le rabrouer à nouveau mais il réalisa alors ce qui pouvait être à l'origine de cette nouvelle provocation, devant le seul élève qu'il ne pouvait absolument pas supporter qui plus est. Le responsable de Serpentard se redressa, et adopta une attitude méprisante.

« Vous ne perdez rien pour attendre, croyez-moi. » lâcha-t-il froidement en rencontrant le regard de l'adolescent.

Sur ce, Rogue tourna les talons et quitta rapidement les lieux. Harry le suivit des yeux, jusqu'à ce qu'un bruit sourd le tire de ses réflexions.

«- Eh ! Ca fait mal ! Protesta James en surgissant brutalement dans le couloir en se massant l'arrière de la tête.

- Pauvre petite nature, ironisa Lily en sortant à son tour du couvert de la cape. Si seulement ça pouvait t'aider à réfléchir un peu avant d'agir. Dois-je te rappeler que nous ne sommes pas sensé attirer l'attention sur nous ? »

James hésita un instant.

« Ce n'est pas comme s'il ignorait notre présence ici. » observa-t-il innocemment.

Il y eut un instant de silence. L'expression de sa mère ne laissant rien présager rien de bon, Harry se hâte d'intervenir.

« Dites, vous feriez mieux de remettre la cape, lâcha-t-il en jetant un regard autour d'eux. On ne sait jamais. »

Lily le fixa un instant, adressa un regard indéfinissable à son mari et finit par soupirer.

« Ca m'étonnait, aussi, que tu puisses résister plus de quelques jours à la tentation de provoquer Rogue, commenta-t-elle simplement à l'attention de son époux. Ceci dit, Harry a, une fois de plus, le dernier mot : On ne doit pas se faire remarquer par qui que ce soit. » conclut-elle en remettant l'item magique.

Et, quelques heures, à peine, plus tard, lorsque Rogue avait, à nouveau, rencontré le Gryffondor, accompagné de ses camarades de classe, il avait laissé glisser quelques sous-entendus douteux à l'attention de l'adolescent. Comme on pouvait s'y attendre, Harry avait, avant même que ses amis aient pu le dissuader de répondre, aussitôt répliquer. Et Rogue s'était fait une joie de lui donner, de ce fait, une retenue, pour le lendemain soir, après le dîner, à la plus grande indignation de Hermione. En effet, même si les élèves de cinquième année et plus avaient déjà terminés les cours et passaient leurs examens, les autres étudiants continuaient à assister aux cours, de sorte que les professeurs et préfets avaient, encore, théoriquement, les pleins pouvoirs pour sanctionner les élèves. Et cela jusqu'au festin de fin d'année.

Mais Rogue avait, très vite, déchanté.


Une violente explosion retentit dans tout le château, suivit, une poignée de secondes plus tard, par un hurlement de colère que tous les occupants de l'école purent entendre sans mal.

« POTTER ! »

Ron esquissa une grimace et jeta un regard à son meilleur ami, l'air circonspect.

« Qu'est-ce qu'il peut bien te vouloir, cette fois, le Rogue ? »

Harry haussa les épaules.

« Qu'est-ce que j'en sais ? » commenta-t-il évasivement, sans pouvoir s'empêcher de penser que ce n'était sûrement pas après lui, pour une fois, qu'en avait le responsable des Serpentard.

Hermione leva les yeux de son cours d'Arithmancie qu'elle relisait, pour la troisième fois depuis le début de l'après-midi.

« Ce qui est sûr c'est que, cette fois, il ne peut rien te reprocher : Tu étais avec nous à l'examen de Défense Contre les Forces du Mal ce matin. Et, depuis le déjeuner, nous n'avons pas quitté la Salle Commune. »

Harry eut un sourire sarcastique.

« Comme si ça allait arrêter, Rogue, ironisa-t-il. Cela étant dit, il m'a déjà donné une retenue pour ce soir, alors je ne suis plus à ça près mais... »

Il y eut un claquement sec et un Elfe de Maison surgit brutalement sur le bras du fauteuil où Harry était installé. Celui-ci sursauta, retirant vivement son bras sous le coup de la surprise.

«- Dobby !

- Harry Potter ! Monsieur ! » couina la petite créature en s'inclinant pompeusement.

L'adolescent jeta un regard autour de lui pour s'assurer que personne ne s'intéressait à eux. Mais tous les Gryffondor présents dans la pièce ne se préoccupaient que d'essayer de deviner ce qui pouvait être à l'origine de la violente explosion qui venait de briser le calme qui régnait sur les lieux. Seule Hermione, non sans un reniflement désapprobateur face au comportement servile de l'Elfe de maison, se replongea rapidement dans ses révisions. Dumbledore avait désigné Dobby, du fait de son dévouement (bien que excessif) pour Harry, pour rendre service au couple Potter aussi longtemps qu'ils resteraient à Poudlard. Mission à laquelle Dobby s'était attelé avec un zèle accru.

« J'ai un message pour Harry Potter ! » claironna joyeusement Dobby, avant de sortir un papier soigneusement plié d'une des poches du short de plage qu'il portait.

Harry le fixa un instant et esquissa un sourire sous le regard intrigué de Ron et des quelques élèves les plus proches qui s'étaient retournés dans leur direction à la réplique enthousiaste de l'Elfe.

«- Merci, Dobby !

- Dobby est heureux d'avoir pu être utile à Harry Potter, monsieur ! » assura la créature en s'inclinant à nouveau avant de disparaître aussi soudainement qu'il était arrivé.

Des murmures étonnés se firent entendre dans la Salle Commune et Hermione interrompit à nouveau ses révisions

« Ca suffit les commérages, ordonna-t-elle sur un ton cassant qui n'admettait aucune réplique. Retournez à vos révisions, tous autant que vous êtes et occupez-vous de vos affaires ! Et c'est valable pour toi aussi, Ron ! » ajouta-t-elle à l'adresse du rouquin.

Tous obtempérèrent et Harry en profita pour déplier le papier qui lui était destiné. Il haussa un sourcil en lisant le mot que sa mère y avait inscrit à la hâte : « Harry, surtout ne bouge pas de la Salle Commune. Je ne sais pas ce que ton père a encore manigancé mais il ne vaut mieux pas que le professeur Rogue te trouve hors de la Tour de Gryffondor dans l'immédiat. »

Harry glissa soigneusement le papier dans l'une des poches de son jean, tout en songeant qu'il avait bien fait de ne pas parler à son père de la retenue que lui avait donné Rogue la veille. Ca n'aurait certainement pas arrangé les choses... Même si, comme il l'apprendrait plus tard, s'amuser à changer les étiquettes de toutes les fioles du Maître de Potions n'était que la première phase du plan mis au point par James et Sirius.


La deuxième phase eut, d'ailleurs, lieu à l'heure du dîner. Tous les élèves étaient rassemblés dans la Grande Salle et tous ne parlaient plus que de l'incident qui avait ponctué leur après-midi. La rumeur avait très vite circulée, déclaration du directeur à l'appui, sur le fait qu'un incident de Potions était à l'origine de l'explosion. Une explication renforcée par l'absence du professeur Rogue à la table des enseignants au début du repas. Il n'apparu que peu après, alors que les élèves se servaient parmi les plats disposés devant eux. Lorsque les battants s'ouvrirent sur son passage, de nombreux regards se tournèrent vers l'entrée pour apercevoir un Severus Rogue à l'air encore plus mauvais que d'habitude, n'ayant, apparemment, toujours pas digéré sa mésaventure.

Il se trouvait à mi-chemin entre la porte et la table des professeurs lorsque des éclats de rire étouffés se firent entendre parmi les élèves les plus proches puis, à l'ensemble des occupants de la Grande Salle. Hermione, effarée, se hâta de plaquer la main sur les yeux d'une élève de première année qui se trouvait sur sa gauche, alors que, parmi les enseignants, le professeur McGonagall paraissait profondément outrée par la situation. En effet, Rogue était, désormais, nu comme un vers et ne semblait, d'ailleurs, pas apprécier l'hilarité générale dont il était la cible. Et il ne semblait pas non plus comprendre la raison de cet amusement. Le Maître des Potions jeta un regard autour de lui, les sourcils froncés, et s'étudia, machinalement du regard, sans rien remarque de suspect apparemment. Mais face à l'insistance du fou rire qui parcourait la Grande Salle, il finit par se rendre compte qu'il se passait vraiment quelque chose de suspect car son expression se durcit alors qu'il adressait un regard, long en sous-entendu, vers la table des Gryffondor et, plus particulièrement vers Harry.

« Ca suffit ! » intima soudainement Dumbledore, l'air grave, en se levant soudainement.

Le silence retomba aussitôt alors que le vieux sorcier traversait rapidement la Grande Salle pour rejoindre Rogue et lui faire signe de le suivre. Aucun bruit ne se fit entendre, jusqu'à ce que la porte se referme derrière le directeur et l'enseignant. A cet instant seulement, les conversations repartirent de plus belle parmi les tables, chacun commentant ce qui venait de se passer. Harry, lui, ne pu s'empêcher de songer que Rogue allait probablement lui faire payer son humiliation durant la retenue à venir.


James croisa les bras, négligemment adossé au mur.

« Je t'avais prévenu, Rogue. » observa-t-il.

L'ancien Serpentard eut un rictus méprisant.

«- Je pensais que tu avais passé l'âge de ce genre de comportement immature, Potter.

- Parce que tu crois que ton attitude envers mon fils est une preuve de maturité, peut-être ? »

Rogue ricana.

« Fallait y penser avant de t'acoquiner avec une Sang-de-Bourbe... »

Une lueur de mauvais augure passa dans le regard de l'ancien Maraudeur.

«- Tu n'es peut-être pas en mesure de faire le malin, Rogue, commenta-t-il froidement.

- Oh, je suis terrorisé, se moqua Rogue. Qu'est-ce que tu vas faire ? M'humilier à nouveau devant toute la Grande Salle, comme tu l'as déjà fait je ne sais combien de fois, par le passé, avec ta bande de copains ? »

James s'écarta du mur et s'avança lentement vers son rival de toujours. Celui-ci esquissa un geste vers la poche de sa robe, tandis que l'ancien Gryffondor se plantait à moins d'un mètre de lui, rivant son regard dans le sien, un sourire sarcastique aux lèvres face au geste de son interlocuteur.

« Que les choses soient bien claires, Rogue, lâcha-t-il sèchement. Si tu t'avises de t'en prendre, de quelque façon que se soit, à ma famille, je te jure que tout ce que j'ai pu te faire jusqu'à présent, y compris le petit tour d'aujourd'hui, ne sera qu'une douce plaisanterie, comparé à ce que je te réserverai. »

Ils se fusillèrent du regard et Rogue fut le premier à détourner la tête. Sur ce, James tourna le dos au Serpentard et se dirigea vers la porte, restée entrouverte, sans voir le sourire mauvais de son adversaire.

« Tu as déjà échoué une fois à les protéger, Potter... Comment peux-tu te penser apte à les préserver alors que tu n'as pas sû être à la hauteur la première fois ? » lâcha perfidement le responsable des Serpentard.

James se figea à cette remarque et se retourna brutalement, baguette à la main. Rogue tira aussitôt la sienne de sa poche, un sourire ravi aux lèvres, conscient d'avoir marqué un point.

« J'ai touché une corde sensible, on dirait. » ricana-t-il, satisfait de son effet.

Ils se fixèrent quelques secondes, guettant une faille, une quelconque occasion d'agir, mais une toux discrète les coupa dans leur élan. Une grimace méprisante déforma les lèvres du professeur de Potions en découvrant la personne qui se tenait sur le seuil du cachot, l'air incertain.

« Tiens donc, ironisa-t-il. Potter Junior. »

James hésita un instant et abaissa lentement sa baguette, toujours dos à la porte.

« Comme vous pouvez le constater par vous même, votre père et moi avions une petite discussion. » observa sournoisement Rogue en rangeant distraitement la sienne.

Harry haussa un sourcil, son regard passant de l'un à l'autre des deux hommes qui se tenaient dans la pièce.

« Cela étant, je constate que, pour une fois, vous êtes à l'heure pour votre retenue, Potter. » poursuivit l'enseignant à l'adresse de son élève.

Sans crier gare, James, jusque là silencieux, se détourna et se dirigea d'un pas vif vers la sortie.

«- Harry, viens ! Je te dispense de cette retenue qui n'a aucune raison d'être, lâcha-t-il froidement en passant à hauteur de l'adolescent.

- Mais...

- Potter Senior se croit-il en mesure de s'opposer à une décision professorale concernant une mesure disciplinaire ? Ironisa Rogue.

- Non, mais, en tant que père, je m'oppose à une décision partiale et totalement injustifiée, dans le cas présent, cingla James sans se retourner. Ce qui, soit dit en passant, est autorisé à l'alinéa 27, tiret B, de l'article 14 du règlement de cette école. Harry, on s'en va ! »

L'adolescent, médusé, jeta un dernier regard à l'expression écoeurée de son professeur avant de partir à la suite de son père.

Les deux Potter marchèrent un moment en silence, s'éloignant du cachot qui servait de salle de cours de Potions.

« Pourquoi tu ne m'as rien dit, au sujet de cette retenue, Harry ? » lâcha finalement James.

Harry haussa les épaules.

«- Je ne voulais pas t'impliquer dans cette affaire, avoua-t-il. Je ne sais pas comment tu l'as sû mais je pense que tu n'aurais pas dû intervenir, ajouta-t-il. Je suis parfaitement capable de régler mes problèmes avec lui par mes propres moyens.

- Il n'a pas à s'acharner sur toi pour se venger de moi. » répliqua sèchement James.

Harry leva les yeux au ciel.

«- Ca fait six ans qu'il se comporte comme ça, j'ai fini par m'y faire. Alors que, maintenant, il t'en veux encore plus qu'avant. Il peut être très sournois quand il s'y met, et ce n'est peut-être pas le moment de te le mettre à dos alors que votre présence, à maman et toi, est sensée rester discrète pour l'instant.

- Je le sais bien, seulement...

- Même si je dois bien reconnaître que ta blague était marrante, même si, maintenant, tout le monde pense que j'en suis l'investigateur. »

James eut un maigre sourire et Harry fronça les sourcils en remarquant son air soucieux.

«- Qu'est-ce qu'il y a ? s'inquiéta l'adolescent.

- Oh rien, ne t'en fais pas, répliqua son père.

- Qu'est-ce qu'il t'a dit ? Insista Harry, peu convaincu. Il avait l'air satisfait, tout à l'heure, quand je suis arrivé.

- Il m'a juste... rappelé certaines choses. »

Un moment de silence s'ensuivit.

«- Bon, puisque je n'ai plus de retenue, du coup, ça te dirait qu'on aille au stade, tous les deux ? Suggéra l'adolescent en s'efforçant de changer de sujet.

- Pourquoi pas ?

- P'pa, pense à mettre la cape, on va bientôt atteindre le hall, rappela l'adolescent, en percevant des éclats de voix qui provenaient de l'entrée du château un peu plus loin devant eux. Mais je me disais que, comme ça, tu pourrais essayer mon balai, ajouta-t-il, amusé, tandis que son père sortait la cape de l'une de ses poches.

- Je pourrai vraiment l'essayer ? »

Harry sourit, largement.

«- Seulement si t'es sage, lança-t-il, moqueur.

- Moi ? Etre sage ? Ca risque d'être difficile mais je ferai un effort. » promis James en adoptant un ton plus léger avant de mettre la cape.


Harry éclata de rire face à l'expression impressionnée de son père alors qu'il tenait précautionneusement, à bout de bras, l'Eclair de Feu de l'adolescent.

« Sirius t'a vraiment offert cette petite merveille ? » s'étonna-t-il à mi-voix.

Harry acquiesça d'un signe de tête.

«- Pour remplacer mon précédent balai, détruit par le Saule Cogneur suite à ma chute en troisième année…

- A cause des Détraqueurs, acheva James d'une voix sombre. Ces créatures sont de vraies plaies… »

Harry haussa les épaules et se hâta de changer de sujet.

« Bon, tu comptes l'admirer encore longtemps ou tu vas te décider à l'essayer ? »

Ils en étaient là dans leur conversation lorsqu'un claquement sec se fit entendre.

« Harry Potter ! Messieurs ! » s'exclama un Dobby particulièrement agité en surgissant à moins d'un mètre des deux Potter.

Les deux sorciers échangèrent un regard.

«- Le professeur Dumbledore veut vous voir à son bureau, annonça l'Elfe en s'inclinant si bas que son nez touchait le sol.

- Moi aussi ? s'étonna Harry, en fronçant les sourcils. Pourquoi faire ?

- Dobby n'en sait rien, Monsieur. Mais le professeur Dumbledore a dit à Dobby qu'il voulait voir immédiatement Harry Potter et ses parents dans son bureau, pour une affaire importante. »

Le père et le fils échangèrent un regard entendu et James soupira.

« Bon, je crois qu'il va nous falloir remettre cet essai à plus tard. » conclut-il en rendant l'Eclair de Feu à son fils.

Harry acquiesça et adressa un signe de tête à l'Elfe de Maison qui les fixait, attendant leur décision en tortillant nerveusement la cravate qu'il portait.

« Merci, Dobby d'être venu nous avertir, lança-t-il en s'efforçant de sourire à la petite créature. On va y aller. »

L'Elfe de Maison parut satisfait de cette réponse car il esquissa un grand sourire avant de s'incliner si bas que son nez toucha la pelouse du terrain. Sur ce, Dobby disparut dans un claquement sec, laissant les deux Potter.

« Ca ne me dit rien qui vaille, soupira James, alors qu'ils rejoignaient le vestiaire des Gryffondor pour ranger l'Eclair de feu. Mais c'est déjà une bonne chose en soit qu'il te fasse aussi demander. »

Harry haussa un sourcil, n'ayant jamais pu connaître les raisons exactes du différent qui opposait le Directeur à ses parents, en dehors du fait qu'il était question de lui.

«- Cela étant dit, j'imagine que ma petite…hum, blague à Rogue fera aussi partie de 'l'ordre du jour'… observa James en esquissant un sourire désabusé.

- D'ailleurs, tu ne m'as pas encore dit comment tu t'y étais pris, rappela l'adolescent.

- Oh, ça… C'est une longue histoire.

- On a tout notre temps, pendant qu'on remonte au château, répliqua Harry bien décidé à connaître le fin mot de l'histoire. Et n'oublie pas la cape. »

Son père soupira et leva les yeux au ciel, mais concéda à récupérer l'item magique qu'il avait posé sur l'un des bancs du vestiaire lorsqu'ils étaient arrivés au stade.

« Mais pour en revenir à notre blague à Rogue, on va dire qu'on a, tout simplement, échanger les étiquettes des flacons qui se ressemblaient. Après tout, je dois bien reconnaître que le p'tit Sévie s'y connaît suffisamment en Potions pour se rendre compte que quelque chose ne va pas si l'ingrédient qu'il veut utiliser est bleu au lieu d'être vert. J'ai eu quelques difficultés à faire comprendre ça à Sirius, d'ailleurs, ajouta-t-il sur un ton moqueur. Quoi qu'il en soit, on a passé deux heures à inter changer les étiquettes mais j'étais loin de m'imaginer que ces changements provoqueraient une explosion… »

Harry acquiesça, comprenant mieux les raisons de la détonation qui s'était fait entendre dans tout le château.

«- Par contre, tu aurais dû voir la tête de Rogue quand il est sortit de son cachot enfumé, reprit James en riant. Il était vert de rage, recouvert de suie de la tête au pied, la robe déchirée de partout, et quelque peu échevelé. Ca valait le coup d'œil en tout cas. On a regretté de ne pas avoir pensé à prendre un appareil photo.

- Tu m'étonnes, répliqua Harry en riant en imaginant la scène. Et, pour la Grande Salle ?

- Un simple sort d'effacement amélioré par un sort de notre invention, qu'on utilisait quand on était à Poudlard, de sorte qu'il ne se rende pas compte de sa…situation, expliqua-t-il en esquissant une moue sarcastique. Rien de bien compliqué, en somme, précisa-t-il en se glissant sous la cape d'invisibilité alors qu'ils quittaient le stade. Sur ce, on ferait bien de passer chercher ta mère avant d'aller voir le grand Manitou. »

Harry jeta un regard en coin à l'endroit où devait se trouver son père en notant l'ironie évidente qui perçait dans sa voix. Apparemment, le différent qui avait opposé le couple Potter, quelques jours plus tôt, au directeur de Poudlard était loin d'être oublié.


Harry marqua une brève hésitation face à la porte en chêne massif du bureau directorial. Une main se posa sur son épaule dans un geste qui se voulait rassurant et il se retourna vers ses deux parents qui lui adressèrent un sourire entendu.

« Ca ira. » murmura son père en resserrant légèrement sa prise sur son épaule.

Harry acquiesça et frappa à la porte, ignorant le regard incertain que ses parents échangèrent derrière lui.

Il y eut un déclic et le battant s'ouvrit sans un bruit. Harry haussa un sourcil et pénétra dans la pièce circulaire suivit de ses parents. Dumbledore, assit derrière à son bureau, ne prit même pas la peine de lever les yeux vers les arrivants alors que la porte se refermait dans un claquement sec.

« Asseyez-vous. » lâcha, d'une voix neutre, le vieux sorcier, toujours sans les regarder, en esquissant un geste négligeant de la main vers eux, faisant apparaître trois sièges face à son bureau.

Harry fronça les sourcils, déconcerté par la situation. Fumseck, depuis son perchoir d'or, laissa entendre une plainte étouffée. Aucun des trois Potter n'esquissa le moindre geste. Dumbledore esquissa un geste vers un meuble proche et un feuillet de parchemin quitta un des tiroirs pour venir se poser devant lui, sur le bureau.

« Vous feriez mieux de vous asseoir. » insista-t-il sur le même ton tout en prenant une plume posée devant lui.

Harry s'agita, peu habitué à cette attitude distante du directeur. Quelles que soient les raisons de cette convocation, il n'appréciait que moyennement la situation. Ses parents finirent par céder à l'ordre du vieux sorcier. L'adolescent hésita à nouveau et les rejoignit, prenant place près de sa mère.

« Vous nous avez fait demander, professeur Dumbledore ? » commenta-t-elle d'une voix posée pour mettre fin au silence tendu qui s'était instauré dans la pièce.

Le directeur termina son écriture, plia le parchemin, le scella, y inscrivit rapidement quelques mots et rangea la plume qu'il utilisait jusque là.

« Fumseck. »

Le Phénix quitta aussitôt son perchoir pour rejoindre le vieux sorcier qui lui tendit sans un mot le parchemin. L'animal le prit dans son bec et disparut dans un claquement sec. Finalement, Dumbledore croisa les mains sous son menton et concéda enfin à lever les yeux vers les trois Potter, les fixant un instant avec gravité par-dessus ses lunettes en demi-lune, son regard s'attardant un instant sur l'adolescent.

« Je pense qu'il est grand temps de faire quelque chose pour officialiser votre retour, annonça-t-il finalement à l'attention du couple. La situation n'a que trop duré et, si on veut éviter bien des complications dans le futur, il n'y a pas d'autres solutions que d'en référer au Ministère de la Magie. »

Harry haussa les sourcils.

«- Voldemort va le savoir, objecta-t-il.

- Il finira bien par l'apprendre, de toute façon, répliqua calmement Dumbledore en le fixant. D'ailleurs, je crois qu'il serait mieux pour tout le monde, à commencer pour la tranquillité de cette école, que tes parents puissent quitter l'enceinte de Poudlard au plus tôt. » conclut-il en adressant un regard lourd en sous-entendu à James.

Celui-ci fit mine de ne pas savoir à quoi le vieux sorcier faisait allusion. Apparemment, Dumbledore avait deviné qui était à l'origine des blagues dont Rogue avait fait l'objet. Lily jeta un regard en coin à son mari avant de s'adresser au vieux sorcier.

«- Mais, professeur, vous ne pensez pas que…

- J'ai déjà pris contact avec le Ministère, rétorqua sèchement le directeur. D'autre part, une fois que votre retour aura été validé par les autorités, il faudra s'assurer de votre sécurité, afin de vous maintenir hors de portée des atteintes de Voldemort aussi longtemps que possible. Après tout, il est clair qu'une confrontation sera inévitable, à un moment ou à un autre. A nous, donc de retarder au maximum cette échéance pour obtenir des conditions qui nous serons plus favorables.

- La moindre des choses auraient été de nous en parler avant de décider d'en référer au Ministère, rétorqua froidement James en se levant brutalement. Notre présence nuit, selon toutes vraisemblances, à vos projets mais…

- James…

- Mais il n'en reste pas moins que vous semblez tout faire pour vous débarrasser de nous mais…

- James ! insista Lily face au manque de réaction de son mari à sa première tentative.

- Mais il est hors de question qu'on se soumette sans broncher à toutes vos décisions. » poursuivit-il avec colère sans se soucier de l'interruption.

Le regard du vieux sorcier se durcit mais il garda le silence un long moment alors que Lily agrippait son mari par le bras pour l'obliger à se rasseoir.

« Quoi qu'il en soit, officialiser votre retour est la seule solution dans votre cas, d'autant plus si, comme je l'imagine, vous souhaitez pouvoir faire réhabiliter Sirius. »

Le directeur était conscient d'avoir touché un point sensible.

« Après tout, vous êtes les seuls à pouvoir confirmer le fait que vous aviez bel et bien changé de Gardien du Secret, confiant la charge à Peter Pettigrow plutôt qu'à Sirius. A défaut de pouvoir d'une confirmation de Mr. Pettigrow lui-même, vous ne pourrez compter que sur vos propres déclarations pour confirmer que ce n'était pas Sirius qui a trahit votre secret et qu'il n'était pas plus aux ordres de Voldemort que vous et moi. Par conséquent, on pourra peut-être prouver qu'il n'a pas tué ces douze Moldus et Peter Pettigrow, même s'il l'a retrouvé dans l'intention évidente de lui faire payer sa trahison. »

Silence.

« Pour en revenir à la raison de votre présence, reprit Dumbledore au bout d'un moment. Une fois que le monde sorcier aura eu vent de votre retour, il vous faudra prendre quelques mesures pour vous protéger au maximum des actions éventuelles que Voldemort pourraient tenter contre vous. Après tout, vous offrez un moyen de pression efficace contre votre fils et, autant le dire clairement, Voldemort n'hésitera pas à recourir à tous les moyens pour faire céder Harry, à commencer par s'en prendre à vous. »

Harry se mordit les lèvres. Il était parfaitement conscient de ce que pouvait représenter le retour de ses parents dans sa vie, et encore plus de la valeur que cette information représenterait pour le Seigneur des Ténèbres.

« Cela étant, je ne vois qu'un seul moyen de vous préserver d'éventuelles actions de Voldemort contre vous lorsque vous serez hors de Poudlard… Recourir, une fois de plus au sortilège de Fidélitas. »

Harry tiqua à cette perspective et son père laissa entendre un reniflement dédaigneux.

«- Ce n'est pas comme si notre première expérience de ce sort s'était parfaitement bien passée, ironisa James.

- Cela n'aurait pas été le cas si vous aviez sû choisir une personne appropriée. » rétorqua sèchement Dumbledore.

James se leva brutalement, piqué au vif.

« Ah oui, bien sûr, cingla-t-il. Le grand Dumbledore est fâché qu'on ne l'ait pas pris lui, comme Gardien, ajouta-t-il avec colère sous le regard médusé de son épouse et de son fils. Evidemment, vous n'avez cessé de nous rabâcher que c'était le choix le plus sûr… On a juste préféré se tourner vers la seule personne envers qui j'avais une confiance aveugle, qui pourrait se consacrer totalement à cette tâche plutôt que d'avoir déjà trente-six mille autres responsabilités. Si on s'en était tenu à ça, rien de tout cela ne serait arrivé et après ? Au moins, vous l'avez votre Elu, alors de quoi vous vous plaignez ! »

Sur ce, il tourna les talons et gagna la porte.

« Je le ferai. » intervint Harry, coupant cours à tout débat éventuel, bien décidé à ne pas laisser les choses déraper plus encore.

Son père se figea et se retourna.

«- S'il n'y a pas d'autre choix que recourir à nouveau au Sortilège de Fidélitas, je veux bien être le gardien, insista l'adolescent, sous le regard des trois adultes.

- Il n'en est pas question, Harry, protesta aussitôt Lily. Tu n'as pas à endosser une telle responsabilité.

- Tu as déjà bien assez à faire comme ça, Harry, confirma James en croisant les bras. De toute façon, je ne veux pas impliquer à nouveau qui que se soit dans ces histoires de gardien du secret.

- Dans ce cas, je le ferai moi. » trancha Lily d'un ton catégorique qui n'admettait aucune réplique.


Harry soupira, négligemment accoudé au rebord de la fenêtre du compartiment. En tant que Préfète, Hermione s'était rendue dans le compartiment réservé aux préfets pour une dernière réunion afin d'établir un bilan de l'année passée. Ron, lui, jouait aux échecs avec Ginny. Les deux Weasley se livraient d'ailleurs à une partie acharnée, sous les encouragements des amies de la jeune fille.

Harry reporta son attention sur l'extérieur, songeur, se demandant ce qui l'attendrait lorsqu'il arriverait à King's Cross. Suite à la discussion avec Dumbledore, ses parents et Sirius étaient partis pour Londres et, depuis, il n'avait plus eu de nouvelles de leur part, en dehors d'un article de la Gazette du Sorcier paru cinq jours plus tôt. Une publication qui avait, inévitablement, éveillé l'intérêt de lui et lui avait, qui plus est, valut, un regain d'attention de la plupart de ses condisciples. Cet article annonçait, officiellement, le retour, inattendu et inexpliqué, de ses parents au sein de la communauté sorcière. Deux semaines plus tôt, ils avaient fini par se plier aux exigences du directeur de Poudlard en quittant l'école pour mettre au clair leur situation vis-à-vis du Ministère de la Magie. Apparemment, ils avaient eu bien du mal à convaincre le personnel, et cela malgré l'appui de Dumbledore et de sa propre déclaration (un représentant du Ministère était passé, quatre jours plus tôt, à Poudlard et l'entretien s'était déroulé dans le bureau directorial, en la présence du maître des lieux, pendant que les autres élèves de sixième année passaient leur dernier examen, celui de Potions) puisque la presse n'en avait été informé qu'une dizaine de jours après leur départ pour Londres.

Harry, lui, aurait préféré plus de discrétion, d'autant plus que les espions de Voldemort, eux, n'avaient pas attendu dix jours pour avoir connaissance du retour de ses parents : Deux jours à peine après leur départ, un violent élancement au front lui avait confirmé que le Seigneur des Ténèbres n'avait pas apprécié la nouvelle. Le jour suivant, une attaque avait été menée sur Londres, augmentant les craintes de l'adolescent, bien que Dumbledore lui ait assuré que ses parents et Sirius allaient bien. Cependant, en l'absence de nouvelles de leur part ne le rassurait pas particulièrement, et le fait de ne pas savoir ce qui l'attendait à la gare ne lui plaisait pas non plus.

En toute logique, Harry n'était, désormais, plus dans l'obligation de repartir chez les Dursley, non ? Personne ne lui avait parlé de ce qui l'attendrait pour les vacances, de sorte qu'il appréhendait quelque peu l'arrivée à Londres.

« Courrier de dernière minute, s'exclama soudain Neville depuis la porte, ouverte, du compartiment, en désignant l'une des fenêtres. Trévor ! » s'écria-t-il à l'adresse du crapaud qu'il tenait jusque là dans les mains et qui avait profité de son geste pour s'enfuir et se planquer sous la banquette la plus proche.

Une des camarades de classe de Ginny ouvrit la fenêtre en question pour laisser entre la chouette grise cendrée qui se débattait, apparemment depuis quelques temps déjà, pour rester à la hauteur du train. Le rapace s'engouffra aussitôt dans la pièce, reconnaissant, et se laissa choir sur la première banquette qui s'offrait à lui, laissant tomber la missive qu'il portait sur les genoux de la jeune fille de cinquième année.

« Harry, c'est pour toi. » annonça-t-elle en rosissant légèrement en lui tendant l'enveloppe.

L'adolescent se redressa brutalement, plein d'espoir.

« Merci… Roxane. » lança-t-il en se rappelant juste à temps le nom de la jeune fille qui rougit encore plus tout en lui remettant la lettre.

Il sourit en reconnaissant l'écriture de son père en ouvrant la lettre qui lui était destinée.

'Salut Harry,

Comment ça va, depuis le temps ? Tes amis ont survécus à l'examen de Rogue ? (Harry eut un sourire à cette question) Désolé de ne pas t'avoir contacté plus tôt mais nous avons été relativement occupés ces derniers jours, comme tu dois t'en douter, et l'annonce de notre retour a fait plus de bruits que nous l'aurions voulu mais, ça, j'imagine que tu le sais déjà. Mais c'est déjà une première démarche de faite, indispensable pour en régler d'autres, ultérieurement. Patmol est avec nous mais il nous faut attendre encore quelques temps pour le faire innocenter (vive l'administration du Ministère !) et il te passe le bonjour, tout comme ta mère et Remus.

De toute façon, on se revoit bientôt, je t'en dirais plus à ce moment là. Bon voyage à toi.'

Harry retourna, inutilement, le feuillet, vaguement déçu : Son père ne faisait nullement illusion à ce qu'ils comptaient, tous autant qu'ils étaient, faire de lui durant les vacances. Pourtant, ses parents ne le laisseraient pas retourner chez les Dursley, quand même, non ?

Il réprima un soupir et replia lentement la lettre, en s'efforçant de cacher sa déception à ses camarades.

« Ca va, Harry ? s'enquit Neville, le prenant au dépourvu alors qu'il glissait distraitement la lettre dans l'une de ses poches. Pas de mauvaise nouvelle, j'espère ? »

Harry leva les yeux vers son condisciple qui tenait fermement son crapaud à deux mains, les cheveux pleins de poussière, et qui le fixait avec gravité.

« Non, non, ça va, assura-t-il en esquissant un sourire. Ce n'était pas ce que j'attendais, c'est toit. »

Il croisa un instant le regard de Ron qui, lui, ne paraissait pas convaincu par ses propos. Mais le rouquin s'abstint de tout commentaire, au plus grand soulagement de son ami qui reporta son attention sur l'extérieur, encore plus démoralisé qu'auparavant.


« Eh, Harry ! »

L'adolescent, la mine sombre, sortit de ses réflexions en s'entendant ainsi interpellé alors qu'il se frayait un passage dans la foule, dense, des élèves qui retrouvaient leurs proches sur le quai 9 ¾. Levant les yeux, il ne pu réprimer un sourire en apercevant, non sans soulagement, la personne qui, visiblement, l'attendait, accompagné d'un gros chien noir assis à ses pieds : Au moins, ce n'était pas les Dursley…

« Prof… » commença-t-il en arrivant à sa hauteur.

Celui-ci l'interrompit aussitôt en esquissant un sourire indulgent.

« Cela fait des années que je ne suis plus ton professeur, Harry, observa-t-il en lui serrant la main. Tu peux m'appeler par mon prénom, tout comme tu le fais pour cet énergumène, d'ailleurs. » ajouta-t-il en désignant le chien noir qui le fusilla du regard.

Le canidé vint, cependant, enfouir sa truffe dans la main tendue de l'adolescent.

« Je devais venir seul mai il a absolument tenu à m'accompagner, se justifia Remus en levant les yeux au ciel alors que Harry grattait le chien derrière les oreilles. Cela étant dit, nous ferions mieux d'y aller, maintenant qu'on t'a récupéré. On a de la route à faire. »

Harry haussa les sourcils et jeta un regard à son ancien professeur. Celui-ci portait une tenue digne d'un Moldu, qui aurait même induit en erreur l'oncle Vernon lui-même quant à ses 'origines' sorcières.

«- Où doit-on aller ? demanda-t-il finalement alors qu'ils se mettaient en route vers la sortie.

- Tes parents ne t'ont rien dit à ce sujet ? » s'étonna Remus, en déchargeant l'adolescent du chariot sur lequel était rangé ses affaires.

Harry secoua négativement la tête.

« Euh, non. Mon père m'a écrit mais il ne m'a rien dit de particulier à ce sujet. »

L'adulte esquissa un bref sourire et le chien qui l'accompagnait jappa d'un air entendu.

« Ca ne m'étonne pas de lui, observa Remus à mi-voix. Mais nous nous en tiendrons là. »

Harry plissa les yeux, incertain quant à la façon dont il devait interpréter les choses. Il repoussa aussitôt la possibilité d'un piège de Voldemort : Non seulement sa cicatrice n'avait pas réagit mais aussi par la présence de Patmol qui, d'ailleurs, semblait amusé par la situation. Le canidé noir trottinait à leur côté, la langue pendante et la queue battante, se comportant comme l'aurait fait n'importe quel chien qui resterait auprès de ses maîtres. Un moment de silence s'ensuivit alors qu'ils quittaient le quai 9 ¾ et qu'ils se frayaient un chemin parmi la foule compacte en direction de la sortie.

« Puisque personne ne semble vouloir me dire où on va, pourrai-je au moins savoir comment on va y aller ? » s'enquit finalement l'adolescent, agacé par le mutisme de l'adulte.

Le lycanthrope afficha une expression que Harry aurait été bien incapable d'interpréter.

« On prendra un taxi moldu. » annonça-t-il évasivement.

Harry tiqua.

« Professeur… Je veux dire, Remus, vous n'allez quand même pas me ramener chez les Dursley ? »

L'adulte se figea un instant et fixa l'adolescent, apparemment déstabilisé par le ton inquiet du garçon.

« On prend le taxi parce que les déplacements par Portoloin ne sont pas discrets ces temps-ci, que tu n'es pas encore autorisé à transplaner et que l'usage de la Poudre de Cheminette est contre-indiqué pour des animaux aussi encombrants que celui-ci, soupira Remus en désignant le chien noir d'un signe de tête en se remettant en route. Sans compter que notre destination n'est pas accessible via le réseau des cheminées. »

Harry, peu convaincu, suivit les deux anciens Maraudeurs hors de la gare et ne prononça pas un mot tandis que Remus négociait la présence du canidé avec un chauffeur.

«- Mes parents vont bien ? s'enquit-il finalement lorsqu'il eut pris place sur la banquette arrière du taxi, en compagnie du chien noir allongé à ses pieds.

- Oh oui, bien sûr, assura le lycanthrope en souriant. Ils seraient bien venus eux-mêmes à King's Cross mais leur retour à fait plus de bruit que prévu et ils s'efforcent d'attirer le moins d'attention que possible sur eux pour l'instant, ajouta-t-il après un bref regard vers le chauffeur, en baissant la voix. Tes parents craignaient que leur présence ne provoque une agitation peu propice à un retour, dans le calme, des élèves. Sans compter que vous savoir tous les trois au même endroit aurait donné une occasion de plus à Voldemort d'agir car tu dois bien te douter qu'il est déjà informé de leur retour…

- Et qu'il n'est pas vraiment ravi par cette nouvelle, grommela Harry. J'avais remarqué. »

Remus acquiesça d'un signe de tête et Patmol vint poser sa tête sur les genoux de l'adolescent.

« Tes parents mettent tout en œuvre pour t'offrir une protection optimale, et cela malgré les différents qui les opposent à… certaines personnes, à ton sujet. »

Au ton amer du lycanthrope, Harry fut convaincu de savoir qui se cachait derrière ce 'certaines personnes'.

Le reste du trajet se passa dans un silence incertain. Harry, négligemment accoudé à la portière, fixait distraitement l'extérieur, perdu dans ses réflexions, jusqu'à ce qu'un détail ne capte son attention. Il se retourna vivement vers l'homme qui l'accompagnait.

« Je suis vraiment obligé ? » demanda-t-il, inquiet.

Remus n'eut guère l'occasion de répondre, le taxi s'arrêtant à ce moment là.

«- Je ne veux pas retourner chez eux ! protesta l'adolescent. Pas alors que…

- Tes parents font leur possible pour récupérer, légalement parlant, leurs droits sur ta garde, Harry, avoua Remus en ouvrant la portière. Patmol, doucement, râla-t-il alors que le chien le bousculait pour se glisser dehors le premier. Alors, il va te falloir faire avec, en attendant. Patmol, ici tout de suite ! »

Le canidé s'était éloigné le long du trottoir et ne semblait pas inspiré à écouter. Remus soupira alors que le chauffeur sortait les bagages du coffre.

« Patmol, reviens ici tout de suite si tu ne veux pas que je te mette la laisse ! »

Le chien se figea, aboya d'un air indigné et revint rapidement.

« Mais c'est qu'il devient obéissant, ironisa Remus en sortant de sa poche une liasse de billets moldus pour payer le chauffeur sans se soucier du regard mauvais que lui adressa le chien. Harry, je comprend parfaitement que ça ne te plaît pas de revenir ici mais sors ! »

L'adolescent marmonna mais sortit de la voiture, les mains dans les poches, le dos raide et la mine sombre, clairement contrarié.


Harry, la mort dans l'âme, frappa à la porte du 4, Privet Drive, pour être accueillit par un Oncle Vernon qui semblait encore plus contrarié que de coutume.

« Oh, te voilà, toi ! gronda-t-il. Tu es en retard ! »

Harry réprima son envie de lever les yeux au ciel.

« Désolé, il y a eu des embouteillages. » protesta-t-il.

Mais son oncle ne l'écoutait pas, jetant un bref regard à l'homme qui accompagnait son neveu qui au chien noir qui le fixait avec insistance.

«- Et vous êtes… ? demanda dédaigneusement le Moldu à l'adresse du Lycanthrope.

- Remus Lupin. » répondit le concerné d'une voix neutre.

Harry vit très nettement son oncle tiquer. Ce dernier étudia à nouveau du regard le visiteur. Finalement, Vernon inspira longuement, s'efforçant au calme, et jeta un regard derrière lui.

« Entrez donc, lâcha-t-il d'une voix morne. Au lieu de rester dehors. »

Harry haussa un sourcil, surpris par la déclaration de son oncle mais mis vite cette invitation sur le compte du fait que Vernon ne souhaitait sûrement pas que ce genre de personne ne puisse être vue plus longtemps sur son perron.

« Merci, répondit Remus. Après toi, Harry. »

L'adolescent grimaça puis, sans un regard à son oncle, se glissa dans l'entrée, suivit par Patmol qui se faufila entre le mur et le maître des lieux.

« Ce chien accompagne Harry partout, intervint Remus alors que l'oncle Vernon s'apprêtait à protester. Il ne salira pas chez vous. » conclut-il en entrant à son tour dans la maison.

Vernon grommela quelque chose d'inaudible et claqua la porte derrière ses 'invités', avant de se tourner vers son neveu.

«- Mon garçon, qu'attends-tu pour les conduire au salon, bougonna-t-il, appréciant peu le fait d'avoir d'autres 'monstres' sous son toit.

- Oui, oncle Vernon, tout de suite. » obtempéra Harry, sans grand enthousiasme en délaissant ses affaires dans l'entrée.

La première chose qu'aperçu l'adolescent en franchissant le seuil de la pièce voisine, fut sa tante et son cousin, assis sur le canapé. Si Dudley avait l'air angoissé et nerveux, Pétunia, elle, avait plus l'air d'avoir avalé une douzaine de citrons d'un coup. Aucun d'eux ne répondit lorsque l'adolescent lâcha un vague 'bonjour'.

« Je t'ai déjà connue plus polie, Pétunia. » ironisa une voix familière qui fit tressaillir la concernée mais aussi le jeune sorcier.

Celui-ci se tourna aussitôt vers la femme qui se tenait debout près de la cheminée, les bras croisés.

« Maman ? » s'étonna-t-il, surpris de la trouver ici.

Elle abandonna l'expression sévère qu'elle arborait jusque là et adressa un large sourire à son fils en traversant la pièce pour le rejoindre alors que Patmol déboulait dans le salon en aboyant bruyamment. La tante Pétunia grinça des dents mais préféra garder le silence, les yeux rivés sur sa sœur et la baguette qui dépassait de l'une de ses poches. Indifférente aux Dursley, Lily serra brièvement son fils contre elle.

« Tu as l'air étonné. » commenta-t-elle en étudiant l'adolescent du regard.

Harry hésita mais sa mère ne lui laissa pas l'occasion de répondre.

« Oh, je vois, lâcha-t-elle finalement en fronçant légèrement les sourcils. James Franck Potter ! » appela-t-elle d'une voix impérieuse.

Patmol se figea, les oreilles dressées, devant le ton de la sorcière. Il y eut un moment de silence avant que l'intéressé n'apparaisse à son tour dans le salon précédé d'un Vernon Dursley plus renfrogné que jamais (et qui rejoignit, sans un mot sa femme et son fils sur le canapé, bien que Harry nota la façon dont sa moustache était hérissée sous le coup de la colère) et d'un Remus Lupin qui affichait un sourire désabusé.

«- Oui ?? demanda innocemment James avant de reporter toute son attention sur son fils. Oh, Harry, tu es là ! s'exclama-t-il sur un ton exagérément enthousiaste.

- Ne fais pas l'innocent, James ! » répliqua sèchement son épouse, les mains sur les hanches.

Le concerné se figea et adopta une expression désinvolte. Lily le fusilla du regard.

« N'aurais-tu pas oublier quelque chose, par hasard ? » insista Lily d'une voix qu'elle voulait la plus posée possible.

Patmol jappa, apparemment amusé, mais adopta un profil bas lorsque Lily le foudroya du regard. Harry eut un petit sourire en voyant le chien noir se réfugier derrière le canapé le plus proche, l'échine basse et la mine penaude. Remus, silencieux, conservait un petit sourire, adossé au mur près de la porte. Les Dursley, eux, fixaient les sorciers sans un mot.

« Oublier quoi, Lily chérie ? » tenta James.

La jeune femme leva les yeux au plafond, agacée.

«- Tu m'avais promis que tu écrirais à Harry pour…

- Oh, mais je lui ai écrit, objecta James. Pas vrai, Harry ? »

L'adolescent mis un certain temps à réaliser qu'il s'adressait à lui, trop déconcerté par la situation, mais il finit par acquiescer.

« Alors, comment se fait-il que… ? » répliqua Lily sèchement.

James fit mine de réfléchir un instant.

« Oh, aurai-je oublié de mentionner qu'on l'attendrait ici ? » demanda-t-il en feintant l'ignorance.

Lily le fixa longuement et inspira.

« Tu joues au plus malin alors que je suis prête à parier que tu l'as fait exprès, lâcha-t-elle finalement. Tu n'es vraiment qu'un imbécile.

- Oui, chérie ! » répliqua, sans se démonter, James en esquissant un sourire enjôleur.

Lily le regarda sans un mot et plissa les yeux, hésitant visiblement sur la conduite à tenir face à la répartie de son mari.

« Cela étant dit, si je peux me permettre, intervint prudemment Remus, Harry est là et c'est, j'imagine, le plus important pour l'instant. »

Tous les regards se tournèrent vers le lycanthrope puis vers Harry qui se passa la main sur la nuque, vaguement gêné par cet intérêt soudain.

« Oui, commenta finalement Lily en souriant à son fils. Après tout, nous n'allons pas abuser éternellement de l'hospitalité débordante de ma très chère sœur, ironisa-t-elle en jetant un bref regard à Pétunia qui fronça les sourcils. Nous allons enfin pouvoir régler…certaines choses. »

Les Dursley se raidirent face au ton lourd en sous-entendus de la jeune femme.

«- Et quand ça sera fait, nous pourrons tous partir d'ici, reprit posément Lily.

- Alors, je pourrais rester avec vous ? demanda vivement Harry.

- Bien sûr, répliqua James en souriant. Quelle question ? Tu ne croyais quand même pas qu'on te laisserait ici ? »

Harry sourit, définitivement rassuré. Patmol sortit de sa planque, la queue battante et trottina jusqu'à l'adolescent.

«- Bien, assez discuté, déclara finalement Lily en se tournant vers les trois Dursley. Où en étions-nous déjà ? demanda-t-elle sur un ton faussement aimable tout en prenant sa baguette.

- Sur la façon dont ils accueillaient leurs visiteurs, il me semble, compléta James en tirant lui aussi sa baguette de sa poche et en rejoignant son épouse.

- Et plus particulièrement la façon dont ils se sont occupés de notre fils. » conclut Lily dont la voix vibrait désormais de colère.

Patmol aboya avec enthousiasme, impatient de voir la suite des évènements. Harry jeta un regard interrogateur à Remus qui, d'un signe de tête, lui indiqua de ne pas intervenir et de laisser faire. Harry avait vaguement pitié pour les Dursley (après tout, ils n'avaient jamais demandé à se voir confier sa garde) mais il ne pu réprimer un sourire à la perspective qu'il ne les reverrait probablement plus jamais désormais.

« Dix ans dans un placard sous l'escalier, Pétunia ! Dix ans ! s'indigna sa mère, le ramenant à la réalité du moment. Comment as-tu pu oser faire une chose pareille ? Même un chien, ça ne me viendrait pas à l'idée de l'enfermer là-dedans alors un enfant… »

Harry était content de ne pas être à la place des Dursley en cet instant. Ils allaient en avoir pour leur argent. L'adolescent observa un instant les quatre sorciers qu'il avait, pendant près d'un an, côtoyé durant son voyage temporel. Des sorciers qui avaient été sa famille durant sa première année d'existence. Des sorciers qui avaient tous soufferts par le passé mais qui étaient désormais réunis, comme avant. Harry faisait désormais face à une réalité à laquelle il n'espérait plus être confronté : les Maraudeurs étaient devenus plus qu'un simple mythe. Ils étaient redevenus une réalité…

FIN


Roooooooooooooooooooooh, bon désolée,. refuse de laisser apparaître les signes de dialogues que j'utilise habituellement pour les conversations d'Animagi et de la 'Voix'...j'essayerai d'arranger ça quand je rectifierai la MAJ...

Et voilà. Fini !! Ca fait bizarre de pouvoir enfin mettre le mot 'FIN' à cette fic qui m'a pris autant de temps et à laquelle j'ai consacré la plupart de mon temps libre Même si, à la fin, j'ai mis pas mal de temps entre les MAJ, je suis contente d'avoir pû la finir avant Noël (même si, comme d'hab, j'ai galéré avec la fin (j'aime pas ça !!!!)). J'espère qu'elle vous a plû. Moi, j'ai beaucoup appris de cette expérience et je pense avoir considérablement progressé dans mon style d'écriture (à commencer par oublier ma phase « … ! » à presque toutes les phrases , des chapitres plus longs, plus inventifs… Même si, des fois, j'en ai bavé, fait des blocages, passé des heures sur un passage, j'ai beaucoup apprécié ce défi qu'était d'arriver au bout de cette fic ! Je m'étais promis de la finir (même au détriment de mes autres fics et malgré mon manque de temps à consacrer à l'ordi) et je l'ai fait !!

Cela étant, vous avez été nombreux à vous prononcer pour une suite de Lorsque… C'est toujours le cas, maintenant que vous avez pu lire le dernier chapitre ????

Si oui, la fic s'intitulera (apparemment) « 2 mondes, 1 destin » et retracera la septième année de Harry, avec quelques brefs 'souvenirs' de la 'génération passée' et de nombreuses allusions à son voyage dans le temps…à commencer par résoudre le mystère du 'plus grand secret de Poudlard', découvrir de nouveaux effets de l'Elixir de Wizgeen,… Et ça serait sans référence au tome 5 et 6 (ou alors purement fortuite) car, comme me l'a, très justement fait remarqué Ron Ravenclaw, quitte à avoir fait un UA, autant continué dans le genre et poursuivre sans ces fameuses références… Et puis, personnellement, Sirius est toujours un élément intéressant à faire intervenir, non ???

Bref, y aura de quoi faire si je me lance là-dedans… Donc à voir, surtout que j'ai aussi un autre projet, une UA d'ailleurs aussi…

Quoi qu'il en soit, voici, pour finir, des répliques extraites des passages déjà rédigés (ou en cours de rédaction) de la suite :

« Il aurait pû te tuer, Harry ! »

« Des runes ? Pourquoi des runes ? »

« Vous avez été l'un de ces hommes de confiance de Voldemort ? » répéta Harry, surpris.

Le sol trembla violemment, arrachant un cri de frayeur aux élèves.

« Il doit bien exister un antidote ? Quelque chose ? »

« Harry ! Harry a disparu ! »

« C'est apparu cet été, je ne sais pas pourquoi. Et ça ne veut pas s'en aller ? »

« Au plus profond de la forêt

Se trouve le secret des héritiers. »

« Petit insolent. Sache que je pourrai t'anéantir en moins d'une seconde si je le voulais. Mes pouvoirs dépassent tout ce que tu peux imaginer ! »

«Harry…, je ne suis pas sûre de tout comprendre… mais il parle des quatre éléments et… »

« Qu'est-ce que tu t'es fait au bras, Neville ? »

« Dumbledore me l'a confié, il y a quelques années »

« Du calme, vermisseau ! » grogna une voix retentissante.

« Mais si ce que vous dites est vrai, Potter, vous n'arriverez jamais à temps, répliqua, sarcastique, le professeur. Même si vous pouviez transplaner, vous ne pourriez pas retrouver votre père dans les deux heures de temps qui vous restent. »

« Ca a été un plaisir de t'aider, Harry Potter. Et je dois dire que je me suis bien amusé. Après des centaines d'années d'inactivité la plus totale, cette petite escapade m'a fait un bien fou. Je me sens rajeunir tout d'un coup. »

« Mais si le sacrifice d'une vie peut en sauver des milliers d'autres, ça n'est pas le plus important ? »

« Apparemment, cette affaire d'Elixir de Wizgeen est une affaire de famille. »

« Ca ne sera pas la première cicatrice que j'aurai. » rétorqua-t-il évasivement

Sur ce, passez de bonnes fêtes et merci d'avoir lu cette fiction jusqu'au bout !!!