Salut les filles ! C'est les yeux lourds d'avoir été surutilisés que je vous livre un nouveau chapitre de MT, empaqueté avec mon lot d'excuses. J'ignore si cela va vous plaire… Je l'ai écrit dans la fatigue et la somnolence. Je l'ai relu, corrigé… Je n'ai pas eu le coeur à trop le modifier. Alors, cela dépend de vous.

En tout cas, bonne lecture et je remercie mes revieweuses du fond du cœur. Merci !

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Chapitre 10

Car tout a un prix

Voici celui de la Confiance

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Force m'était de l'admettre. Edward avait raison et à plus d'un titre : le petit appartement sur Pike Place était tout à fait charmant. Il se trouvait au dernier étage d'un vieil immeuble en brique de terre rouge, sis entre un institut de beauté et un resto italien.

La peinture intérieure –ocre et chocolat- s'était écaillée au fil du temps, la cuisine était minuscule et le parquet en faux bois bon marché grinçait légèrement mais le toit incliné en carreaux, au dessus de la future pièce passe partout, m'avait définitivement conquis. Cette vieillerie donnait des airs d'ancien atelier réaménagé à l'endroit et de là, je pouvais observer… Les flancs des autres buildings. Bon, d'accord, ce n'était pas un belvédère avec vue sur la mer mais c'était quand même assez artistique et j'adorais ça.

Mon appartement.

« Chaud devant ! » S'éleva une grosse voix masculine, suivie de quelques gloussements moqueurs.

Je me poussai précipitamment du chemin pour laisser passer un Jared tout sourire et tout fier d'exhiber ses muscles alors qu'il transportait mes meubles récemment acquis. Kim, la petite amie de ce dernier, entra à sa suite en secouant la tête et en riant. Elle déposa doucement le pot de peinture dans un coin avant d'inspecter les lieux d'un œil émerveillé.

« C'est magnifique, Bella. Il y va y avoir du boulot mais je sens déjà que ce sera un endroit chaleureux. » Dit elle de sa voix douce et candide, fortement semblable à celle d'Angela, sa cousine. Je ne savais pas vraiment quoi répondre alors j'haussai tout simplement les épaules. Je commençais à me douter que la candeur était un trait caractériel chez les Webber, en plus de leur petite silhouette mince et frêle, leurs cheveux châtains brillants et leur peau porcelaine.

D'ailleurs, la deuxième Webber ne tarda pas à se matérialiser à mes côtés, armée de quatre rouleaux à peinture neufs et d'un panier en osier d'où débordait une nappe à carreaux.

« Edward arrive à quelle heure ? » S'enquit Angela avec l'enthousiasme d'une gamine enamourée. Kim gloussa, Jared se renfrogna et je roulai des yeux.

Edward était carrément devenu la nouvelle lubie d'Angela. Mais nous y reviendrons.

« Il ne devrait plus tarder. Il a dit qu'il s'amenait avec un ami, j'espère que ça ne vous dérange pas. »

« Plus on est de fous, plus on rit ! » Fit Kim, du tac au tac, en nouant les cordons d'un tablier à son cou.

« Ouais, en plus, ces merdes vont être foutrement compliquées à monter. » Ronchonna Jared, assis sur un carton, lisant une notice.

« Jared ! » Réprimanda Kim. « Ce ne sont pas des merdes, ce sont les affaires de Bella ! »

« Désolé, bébé. »

« Ce n'est pas à moi que tu dois des excuses. »

« D'accord. Désolé, Bella. »

Jared et Kim devaient être le couple le plus antipolaire que j'ai jamais connu et ils ne finissaient pas de me surprendre malgré le fait que j'ai passé une semaine entière à vivre avec eux, entassés dans le petit duplex d'Angela. A chaque fois que je les voyais s'étreindre, j'étais à la fois horrifiée et fascinée. Horrifiée parce qu'avec ses biceps démesurés et ses grandes paluches, Jared pourrait facilement casser le dos ainsi que les membres frêles de Kim. Fascinée parce que malgré les apparences, c'était la douce Kim Webber qui, j'en étais certaine, portait la culotte dans leur ménage.

Comment avais je fait pour remarquer ces petits détails niais, allez savoir, mais l'amour qui liait Jared à Kim m'avait sauté aux yeux dès notre première rencontre. Leur couple avait l'air un peu mièvre car Jared était plutôt démonstratif comme mec mais, étonnamment, cela ne m'avait pas dérangé outre mesure. C'était même parfois agréable de les voir aussi… Attachés l'un à l'autre.

Oui, je sais, je suis censée être une garce insensible.

Mais la garce est peut-être en pleine phase de webberisation…

Reprends-toi, Bella !

A l'instar de Kim et Angela, j'enfilai un tablier puis attachai mes cheveux en une masse informe au-dessus de ma tête.

« On se met au boulot ? » Fis-je en carrant mes épaules. Angela et Kim acquiescèrent et nous commençâmes à écailler la vieille peinture de la salle de séjour tandis que Jared alla monter mon lit, dans ma nouvelle chambre.

Alors que je m'attelai à ma tâche, je ne pus m'empêcher de penser à ce qu'il s'était passé depuis que j'ai quitté l'appartement d'Edward, il y a plus d'une semaine, déjà.

Bien sûr, comme convenu, j'étais allée m'installer chez Angela en attendant que je me procure de nouveaux meubles. Angela avait été gênée de me présenter son petit logis trois pièces car nous devions partager une petite chambre de dix mètres carrés et une salle de bain pour Minimoys. Mais pour moi, qui suis une presque SDF, c'était parfait. Kim arriva deux jours après moi et malgré mon appréhension, je m'entendis bien avec elle et son compagnon Jared. Le couple occupa la plus grande chambre et tous les matins, nous nous retrouvions tous les quatre autour d'un petit déjeuner copieux préparé par Kim.

Le foyer des Webber était… Vivant. Et uni. Cela me dérouta un peu au début car selon moi, ce genre foyer n'existait qu'au cinéma. Angela, Kim et Jared m'avaient accepté parmi eux alors que je squattais ouvertement leur logis. Rien que ça faisaient d'eux les personnes les plus gentilles et les plus généreuses que j'ai jamais connu. Et pour la première fois de ma vie, j'avais observé une famille, une vraie, avec l'impression délicieuse d'en faire partie.

Je souris malgré moi. J'aurais aimé rester plus longtemps chez eux… Mais je ne pouvais pas abuser de leur hospitalité et Edward m'avait tanné depuis quelques jours pour que j'accélère mon déménagement.

Oui, Edward est toujours là… C'était étrange parce que j'aurais cru qu'il me lâcherait enfin une fois que j'aurais quitté son domicile. Mais non. Il était venu me rendre visite chez Angela –à plusieurs reprises-, il était avec moi lorsque j'ai été choisir mes meubles, acheter mes peinture… Il m'appelait de temps en temps ou m'accompagnait à la fac… Et Kim a cru dur comme fer que nous étions ensemble. Je me souvins avoir ris… A part les quelques baisers que nous avions échangés, notre relation était on ne peut plus platonique. Et cela nous convenait parfaitement.

Kim et moi avions fini d'écailler un pan entier du mur de la salle principale lorsqu'Angela poussa un cri d'épouvante, nous faisant sursauter. Elle avait commencé à peindre le petit vestibule et je me précipitai aussitôt vers elle, Kim et Jared sur les talons.

Angela était à présent face à un grand brun baraqué –sans doute aussi baraqué que Jared- qui se répandit en excuse alors qu'il ramassait le rouleau à peinture étalé sur le sol. Lorsqu'il se releva, il avisa tout le monde et sourit de ses dents immaculées. Je crus que les filles allaient tomber à la renverse. Voila ce que j'appelle un magnifique spécimen ! Une belle peau tannée, des petits yeux noirs effilés, une bouche à croquer, des cheveux bruns coupés impeccablement courts et des belles tablettes de chocolats se dessinant sous son teeshirt gris ajusté…

Je sens que Jared va...

« On peut t'aider, mec ? »

Qu'est ce que je disais… Jared avait encerclé -presque férocement- de ses bras la hanche de sa belle pour bien marquer son territoire et l'inconnu haussa un sourcil bien taillé, se retenant visiblement de rire.

« Je suis Jacob. » Dit il chaleureusement en tendant la main à Angela. « Et je suis désolé de t'avoir fait peur… Edward m'a demandé de venir pour-…»

« … Te pousser du chemin. » Termina le concerné en le poussant effectivement du chemin.

Jacob roula des yeux presque en même temps que moi tandis que Jared se raidit, de plus en plus mal à l'aise. Ce dernier avait malheureusement eu l'occasion d'expérimenter le charme universel d'Edward au cours de la semaine lorsque celui-ci m'a rendu visite. Je crois que l'effet qu'il avait eu sur Angela et Kim a laissé un souvenir bien amer.

« Vous avez de la chance, » commença Jacob, « J'ai réussi à convaincre Edward de quitter le bureau assez tôt aujourd'hui sinon, demain, on y serait encore. »

« Ouais. Putain de chance. » Marmonna Jared.

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« Les mecs, on déjeune ! » S'écria Kim après que nous eûmes fini de vider le panier en osier sur la grande nappe en carreaux. Piquenique à l'intérieur… Une idée de Jared.

Et comme Kim ne fait pas dans la demi-mesure lorsqu'il s'agit de nourrir son homme, nous avions droit à un repas gargantuesque. Au menu : achards à la julienne, salade de pomme de terre, scampi à l'ail, entrecôtes et même une tourte au poulet, le tout accompagné d'une grande bouteille de sangria fait maison.

« Wow, je devrais accepter les travaux de rénovations plus souvent ! » Saliva Jacob en se frottant les mains.

Il s'installa à ma droite et nous commençâmes à discuter de tout et de rien, sympathisant alors que nous commencions à manger. Je ne pouvais cependant m'empêcher de remarquer que l'attention de Jacob –qui insistait pour que je l'appelle Jake- était plus porté sur mon maigre décolleté que sur mes paroles mais je fis semblant de n'avoir rien vu. Jake n'avait pas l'air bien méchant… Au contraire, il était sympa et avait de la conversation. Et il était plutôt canon. Mais c'était quand même assez lourd de sa part de me reluquer de la sorte.

Oui, la garce en moi a définitivement été éliminée par une webberisation…Bientôt, je deviendrai une nonne, m'offusquant de la moindre allusion à la séduction.

Alors que nous finissions bruyamment notre repas astronomique, je me rendis soudain compte qu'en dehors de mon attitude, c'était toute ma vie qui avait basculé… Et je ne savais vraiment pas à quel moment ce basculement a eu lieu.

Pouvais-je croire qu'il y a un mois encore, j'étais en sécurité chez Renée à dilapider la fortune de son énième amant ? Pouvais-je croire qu'il y a un mois, je n'étais encore qu'une petite garce qui couchait avec le premier con populaire venu ? Une petite garce solitaire et hypocrite, sans aucun principe moral, ne voulant tisser aucun lien car vivant dans un environnement pourri…

Et maintenant… Où en étais je, vraiment ? Comment avais je fait pour me retrouver dans un joli appartement, entourée d'une bande d'amis venus m'aider à mon déménagement ? Et surtout, pourquoi est ce je trouvais ça si normal, voire vital?

Je n'ai jamais ressenti le besoin d'avoir des amis. Je me suis toujours sentie obligée d'être hypocrite avec la plupart des gens que je rencontrais car jusque là, j'avais toujours eu une vision de l'amitié quelque peu étriquée. Alors quand est ce que je me suis assez ouverte pour que toutes ces personnes trouvent en moi l'image d'une bonne amie ? Car c'est bien ce qu'ils pensent non ? Sinon, ils ne seraient pas tous là, à écailler mes murs et à monter mes meubles…

Je me tournai vers ma gauche et vis Edward discuter vivement avec Jared.

Je remarquai presque naturellement la petite fossette qui se creusait sur la joue gauche d'Edward lorsqu'il souriait ou encore, le froncement de nez que Jared avait lorsqu'il se retenait visiblement de rire. Je voyais aussi le regard tendre de Kim envelopper son amoureux alors qu'elle répondait distraitement à l'enthousiasme d'Angela.

Depuis quand prêtais je une telle attention aux autres ?

Et pourquoi cela me paraissait il toujours aussi normal ?

Je sursautai violemment lorsque je sentis des doigts effleurer ma joue droite. Lorsque je me retournai, Jacob affichait un sourire charmeur. Il venait de remettre une mèche derrière mon oreille. Au moins, cela eut le mérite de me faire redescendre sur terre car j'avais horreur de ça.

« Tu es bien lointaine, Bellissima… Tu penses à quoi ? »

C'était facile de lire dans son ton enjôleur et son regard avide le vif intérêt qu'il portait à ma petite personne mais étonnamment, je n'en éprouvais pas cette satisfaction particulièrement féminine lorsqu'un bel homme daignait enfin s'intéresser à elle. A cause de sa petite séance de matage pas très gentleman, sans aucun doute…

« Désolée… Je pensais à… Aux autres meubles qui me manquent encore. » Mentis je pathétiquement.

D'une vision périphérique, je vis Edward se lever avant d'aller s'isoler dans ma future chambre, son cellulaire collé contre son oreille.

« J'ai pensé à ajouter une autre étagère pour mes livres, dans le salon. »

« Ah ouais ? Il te faudrait surtout un bon canapé. » Fit remarquer Jacob en se grattant le menton alors qu'il jaugeait la pièce du regard. « Placé sous l'inclinaison du toit, ça rendrait bien, surtout les jours de pluie. »

« Tout à fait d'accord ! » Approuvai je avec un petit sourire aux lèvres et je vis les yeux noirs de Jacob briller en réponse. Cela accentua imperceptiblement le charme de sa peau hâlée et de son sourire enfantin… Mais je bloquais toujours sur ses yeux baladeurs. « Mais je verrais plutôt un divan avec des coussins multicolores… Tu sais, pour être vraiment dans l'inclinaison. Maintenant, l'ennui, c'est de se trouver le bon et le moins cher. Ce n'est pas vraiment évident, en magasin… »

« Edward dirige une entreprise immobilier, tu le savais ? »

Quoi ? Il ne m'a jamais dit ça ! Enfin, pas précisément…

Ma mère est décoratrice d'intérieur mais c'est Rose qui fait les designs des meubles. Mon entreprise s'occupe des détails techniques.

Détails techniques, mon cul, oui !

« Enfin, dernièrement, je suis devenu un de ses associés et nous bossons dur pour produire nos propres meubles. On fait des trucs pas mal en matière de divan… On pourrait discuter de nos catalogues, un de ces jours, autour d'un bon diner… »

Ouais, très subtil, la drague, Jake !

« Merci mais je ne pense pas que je pourrais me payer vos… Trucs high tech. » Répondis je en me souvenant du genre de meubles qu'Edward possédait chez lui.

« Oh. Mais je possède aussi une brocante, en ville, si tu veux. » Persévéra t il.

« Une brocante ? »

« Hum… Ouais. J'aime bien la récup' et je suis branché bricolage. Je suis sûr que tu trouveras ton bonheur dans la collection vintage. C'est très technicolor et ça raviverait très bien la pièce. »

C'est fou, le nombre de conneries que l'on pouvait déblatérer en matière de meubles, pas étonnant que l'entreprise d'Edward marchait si bien au point de lui faire rouler en Aston Martin.

Jacob continua de vanter sa petite brocante et ses collections, sous l'œil admirateur d'Angela mais j'arrêtai tout d'un coup de l'écouter : la voix d'Edward s'était subtilement élevée depuis l'autre pièce. Je me tournai vers les autres pour voir s'ils avaient remarqué mais Jared et Kim semblaient plongés dans une conversation animée au sujet du commerce de fleurs qu'ils comptaient ouvrir prochainement. Quant à Angela, elle buvait complètement les paroles de Jacob.

Je profitai de leur distraction pour m'éclipser en douce et –oui, j'en avais un peu honte- allai écouter aux portes. De toute façon, il fallait passer par la chambre pour aller aux toilettes… Si l'on en venait à me surprendre, je n'aurais qu'à prétendre que j'avais un besoin pressant.

Alors que je me tenais tout proche de ma nouvelle chambre, je vis l'ombre d'Edward aller et venir sous la porte : il faisait les cent pas. Lorsqu'il recommença à parler, je reconnus tout de suite la colère dans sa voix. Une colère froide, à peine mesurée

« Tu penses vraiment qu'elles vont la laisser tranquille ?... » Cracha t il, à la fois abrupt et sarcastique, comme s'il ne revenait pas de quelques chose. Je collai ma têt contre la porte pour mieux entendre...

« Justement, Carlisle, elles ne sont pas assez matures pour ce genre de-… Non, toi, écoute moi parce que j'en ai marre d'avoir à rattraper tes conneries ! Je me suis arrangé pour la tenir à l'écart, il est hors de question que tu foutes tout en l'air. »

Merde, il parlait à Carlisle. Ma main à couper que cela avait quelque chose à avoir avec Renée.

« Là n'est pas la question, Carlisle !... Putain, demain ? Hors de question ! … Eh bien, je vais appeler Rosalie sur le champ pour lui dire d'aller se-… Non, non, Papa, ce foutu brunch n'aura pas lieu, un point c'est tout ! » Il raccrocha rageusement avant de composer un autre numéro et porta à nouveau son cellulaire à son oreille.

Mais de quoi avaient ils parlé ? Un brunch à annuler ? Carlisle risquait de tout foutre en l'air… Foutre quoi en l'air ? Pourquoi est ce qu'Edward était si furieux pour un simple brunch ? Il était pourtant très porté sur les activités familiales, à ce que sache !

J'étais toujours devant la porte et les autres n'avaient toujours rien remarqué alors je continuai de faire tourner mes méninges tout en surveillant les faits et gestes d'Edward.

Un repas en famille auquel Edward refusait catégoriquement de participer. Non, ce n'était pas ça. Il refusait tout simplement que le repas ait lieu. Qu'est ce qui peut bien le pousser à…

Oh, bon sang de merde ! Carlisle…

Il va présenter Renée à ses filles.

« Rosalie, je peux savoir à quoi tu joues ? » Commença t il d'une voix si froide qu'elle fracasserait un iceberg. « Ne fais pas ta mijaurée, tu sais très bien de quoi je parle !... Ça, ça ne regarde que moi alors mêle toi de tes aff-… Et qu'est ce qui te faire croire ça ?... Oui mais un putain de brunch, Rosalie ? Tu veux briser leur cœur, c'est bien ça ?... Mais tu sais quand même ce que cela impliquerait, n'est ce pas ?… Cela ne relève pas de nous mais quoi qu'il en soit, tu ferais mieux de laisser tomber toute cette mascarade et tout de suite… N'essaie pas de négocier avec moi, Rosalie, tu n'arriveras à rien !... Parce qu'il est hors de question qu'ils viennent… Ah ouais ? Dans ce cas, j'espère que tu aimes la déception ! » Il raccrocha une nouvelle fois –toujours aussi rageusement- et un soupir énervé franchit ses lèvres avant qu'il ne porte sa main dans ses cheveux, se scalpant presque.

Ce fut à ce moment là que je décidai d'entrer en faisant mine de me diriger vers la salle de bain. Il se figea.

« Tu étais en train d'écouter ! » M'accusa t il, le regard encore coléreux

J'haussai les épaules. Ne te démonte pas, Bella !

« Je voulais aller aux toilettes. Après... Qui a vraiment le choix entre vouloir écouter les conversations de son voisin ou pas... ?»

Il soupira, comme pour contenir sa rage imminente, et s'assit sur le lit que Jared venait sûrement de monter. Il passa une nouvelle fois une main nerveuse dans ses cheveux désordonnés avant de s'humecter les lèvres. Je ne l'avais jamais vu aussi en colère et… Désemparé ?

« Il y a un problème, Edward ? »

La question m'avait devancé, me surprenant moi-même je parlai d'un ton inquiet que je ne me connaissais pas. Edward releva ses yeux frustrés vers moi et je fronçai les sourcils.

« Définis 'problème', Isabella. » Marmonna t il sur un ton lugubre.

« Eh bien, le potentiel problème qui me vient à l'esprit après cette… Conversation que tu as eue, serait que Carlisle voudrait présenter Renée à… Tes sœurs. »

« Oui. Enfin, ce n'est que la partie visible de l'iceberg. » Souffla t il, consterné.

« Oh ? Et pour la partie invisible ? »

« Ce sera peut être toi qui en subira les conséquences. »

Mon cœur rata un battement et je soupirai. Tout allait si bien dans ma vie dernièrement...

« Je suppose que c'était à prévoir. A qui est ce que je dois mon malheur, cette fois? »

Un maigre sourire se dessina sur son visage las.

« Carlisle a accidentellement parlé de toi à Rosalie. Alors cette dernière insiste pour que nous participions tous –ta mère et toi comprises- à un brunch… Bien sûr, Carlisle, comme un imbécile, pense que c'est une excellente idée ! »

Je fermai les yeux, essayant de ne pas paniquer...

« Tu n'es pas obligée de venir, Isabella. La seule chose qui m'embête, c'est que Rosalie ne lâchera pas si facilement le morceau... »

Mais je ne l'écoutais plus qu'à moitié, une image envahissante et atroce se formant déjà dans ma tête… Un brunch. Avec les Cullen. Renée et moi au beau milieu d'une famille déchirée… Juste à côté de la mère d'Edwar, l'ex femme de Carlisle… L'image paraissait juste… Inconcevable.

Carlisle était-il devenu fou ?

« … Alors, c'est ce que tu essayais d'annuler. » Murmurai je.

Edward fronça légèrement les sourcils et examina mon expression. J'étais complètement amorphe mais en vérité, je ne savais pas comment je devais réagir à la nouvelle… La fille de Carlisle insistait pour me rencontrer. Et à en juger par la réaction d'Edward, ce n'était pas pour faire copine-copine avec moi.

« Tu es inquiète ? » Demanda Edward d'une voix douce.

Je déglutis difficilement, fronçai les sourcils.

« Toi, tu ne l'es pas ? »

« J'ai tout fait pour que tu ne la rencontres pas. » Admit il. Mais ça, je le savais déjà.

« Et maintenant ? »

« Et maintenant ? Bonne question… » Soupira t il, un léger sourire contrit sur les lèvres.

Et maintenant, tu dois te résigner et la rencontrer.

Une boule de nervosité creusa mon ventre alors que j'essayais de m'imaginer une fois de plus assister à un repas familial. Je n'ai jamais participé à un brunch et encore moins en famille, j'ai toujours voulu savoir comment cela se passait… Quelle ironie que cela doive se passer avec une famille qui, à cent pour cent, risquait de me rejeter.

« Je vais passer un sale quart d'heure, hein ? » Finis je par mamonner.

Edward se leva alors et se planta devant moi.

« Je serai là. » Répondit il avec une détermination et une sincérité trop brûlantes.

Je tentai d'ignorer le frisson que ses mots m'octroyèrent. Je n'étais pas si foutrement sensible… Même si j'étais soulagée qu'il soit prêt à prendre ma défense, ce n'était nullement une raison de frissonner sous son regard –quand bien même celui-ci était intense.

« C'est pour quand ? » Parlai je pour ne pas perdre le fil de la conversation.

« Dimanche prochain. »

« Eh bien, dimanche prochain ce sera… Je suppose que tu viendras me chercher. » Je fronçai les sourcils suite à mes mots puis éclatai nerveusement de rire. Edward eut un air confus et je m'expliquai : « Je suis terrifiée à l'idée de ne pas plaire à ta famille alors que je ne suis même pas ta petite amie. »

Je secouai la tête et Edward émit un léger sourire.

« Peut être devrais je alors te dire que mes sœurs n'ont jamais apprécié aucune de petites amies que j'ai ramené à la maison. » Fit il, plaisantant. « Rosalie pense que je les choisis mal et Alice les a toujours critiquées ouvertement. »

« De mieux en mieux. »

« Alors estime toi juste heureuse que je ne te présente pas en tant que ma petite amie officielle. »

« Oh, je ne l'envie pas celle là ! »

« Et pourquoi pas ? »

Cette conversation était foutrement en train de dévier…

« Eh bien, parce qu'une petite amie fraichement présentée ne gagne jamais contre les sœurs trop protectrices, quand bien même un mec peut prétendre tenir à elle... »

« Tu parles comme si j'étais incapable de défendre ce qui m'appartient. » Fit il en s'approchant dangereusement de moi.

Pourquoi ai-je l'impression que cette phrase m'est adressée… ?

Je réprimai un nouveau frisson parce que, merde, on ne s'est embrassé que deux malheureuses fois, il ne pouvait clairement pas parler de moi !

« Même si j'étais ta petite amie, Edward, tu choisiras toujours ta famille. Je le sais »

« Tu ne sais rien, Isabella... Mais comme tu l'as dit, tu n'as rien fait de répréhensible alors, au risque de me faire passer pour un macho: je ne suis pas le genre de mec à laisser quelqu'un d'innocent payer pour les erreurs des autres. »

« Tu me trouves innocente ? » Pouffai je.

« Apparemment… »

« Tu as tort. »

« J'ai eu l'occasion de te connaitre et de t'embrasser aussi… Deux fois. Alors crois moi, je sais de quoi je parle… »

Il avait l'air si sûr de lui qu'une montée d'adrénaline me prit, me poussant à vouloir ôter ce petit sourire suffisant qu'il arborait.

« Un troisième baiser éclaircirait il tes idées? »

Je ne savais pas trop où est ce que je voulais en venir en l'embrassant comme ça. Tout ce que je savais, c'était que ses lèvres étaient douces et chaudes contre les miennes et je frissonnai lorsque je fus consciente que pour la première fois, c'était moi qui initiais notre baiser, moi qui poussais ma langue dans sa bouche qui goûtait un mélange de sangria et de sa saveur propre. Doux-amer... Un mélange presque addictif, euphorisant.

Transportée, j'agrippai durement ses cheveux et le tirai vers moi pour essayer de compenser notre différence de taille, ce à quoi il répondit par un grondement sourd et une morsure plus prononcée sur ma lèvre inférieure. Il étreignit ma taille avec force, me faisant me cambrer contrer lui, et je devins fébrile lorsque je sentis un début d'érection taper contre mon ventre.

Merde, peut être allais je trop loin ?

Je savais qu'il ne parlait pas de ce genre d'innocence au début, c'était moi qui m'étais emballée pour un rien… Et en plus, ce baiser n'était en rien comparable à ceux qu'il m'avait donné.

Je dois arrêter ce trip débile…Je le sais.

Mais ses mains, à force de me tirer vers lui, ont fait soulever mon tee-shirt au niveau de mon ventre et ma peau ainsi dévoilée voulait désespérément gouter à son toucher. Perdue dans notre baiser, je ne pus empêcher ma main droite de retrouver la sienne pour la placer sur ma hanche dénudée. Le contact me brûla directement et je me frottai indécemment contre son excitation pour exprimer mon contentement, ma frustration. Il grogna une nouvelle fois avant de passer ses deux mains sous mon tee-shirt, parcourant avidement mon dos, jouant avec l'agrafe de mon soutien gorge, se crispant lorsque ses doigts passèrent sur les flancs de mes seins.

Ce baiser était foutrement allé trop loin.

Et c'était foutrement fantastique.

Je passai à mon tour mes mains sous son tee-shirt et palpai avec envie son ventre ferme et son torse musclé, le griffant par endroit. Je sentis chacun de ses muscles se contracter à mon passage.

Je commençai à manquer d'air lorsque ses lèvres détachèrent des miennes mais apparemment, lui, n'avait pas besoin de reprendre son souffle puisqu'il enfouit son visage dans mon cou et s'appliqua à suçoter ma peau sensible. Ses mains ancrées sur mes hanches descendirent plus bas et le bout de ses doigts se glissèrent légèrement sous la ceinture de mon jean. Il n'avait pas vraiment touché mes fesses, ce n'était qu'un effleurement mais je gémis profondément en enfonçant mes ongles dans son cuir chevelu.

Edward était foutrement torride, je le savais déjà, mais entre le savoir et l'expérimenter, il y avait un pas que je n'avais jamais franchi… Avant aujourd'hui…

La porte s'ouvrit soudainement à la volée et instinctivement, je fis un bond d'un mètre en arrière, délaissant un Edward aux bras ballants et certainement confus. Je me retournai vers le nouveau venu et vis Jacob en train de fusiller Edward du regard. Ce dernier demeura impassible.

Ce fut là que je remarquai que mon souffle était saccadé alors que le sien était tout à fait serein.

Injustice !

« J'allais juste aux toilettes mais surtout, ne vous interrompez pas pour moi. » Fit Jacob avec un sourire moqueur.

Je fus à la fois surprise et agacée de déceler dans son expression une pointe de colère et de… Possessivité ? C'est quoi ça ? Je ne lui appartenais foutrement pas !

« T'as un problème, Jake ? » Crachai je plus froidement que je ne le voulus.

Il cligna des yeux, visiblement choqué par ma froideur, avant de faire volteface et quitter la chambre, marmonnant dans sa barbe. Je secouai la tête, déroutée.

« Et je suppose qu'il y a une explication à tout ça. » Fis je à Edward, assez sceptique.

« Jacob a toujours été trop sensible. » Se contenta t il de répondre platement.

Je soupirai. Ne sachant quoi dire d'autre… Notre situation était… Un peu gênante.

« Ecoute, Bella… Ce qu'il s'est passé… »

« … Etait loin d'être innocent, n'est ce pas ? » Continuai je avec un enthousiasme sorti de nulle part. « Je te l'avais dit. Tu me crois maintenant ? »

Il fronça les sourcils une demi-seconde avant de se reprendre : « Ouais, t'avais raison. »

Il se réarrangea, passa une main dans ses cheveux puis me sourit légèrement en se rapprochant.

« Je viendrais te chercher, dimanche prochain à neuf heures… La maison de Rose se trouve sur le périph. Oh et met un tee-shirt qui illustrerait moins… Tes idées. »

Je baissai instinctivement mes yeux sur mon tee-shirt gris déchiré par endroit -mais hey, c'était le style!- qui représentait Lady Liberty avec six bras pointant six flingues en l'air, le nom du groupe All Shall Perish en écarlate juste en dessous. Mouais…

« T'en fais pas, j'ai des robes pour ce genre d'évènement. »

« Oh, vraiment ? Je demande à voir. » Fit il en déposant un léger baiser sur mes lèvres avant de s'éclipser.

Comme si c'était normal. Comme si nous étions un couple. Comme si de rien n'était.

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.

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« Edward… Quand tu m'as dit que ta sœur avait une maison sur le périph… Tu ne parlais tout de même pas de ça ? » Fis je, ahurie. Edward rigola doucement et me guida vers l'entrée.

Le « ça » en question était une immense et luxueuse villa, couleur graphite et blanche, avec des baies vitrées sur toute la façade avant. La propriété –parce que oui, c'était une putain de propriété de plusieurs hectares- se trouvait aux abords de Pudget Sound, un peu plus loin du littoral, et semblait perchée en haut d'une petite colline, au beau milieu des bois. J'aurais eu l'impression d'être en pleine jungle si la villa n'était pas aussi imposante et s'il y avait pas le SUV de Carlisle garé sur l'allée principale, à côté d'un coupé Mercedes rouge.

Zen, Bella.

J'inspirai profondément alors que nous passions le seuil d'entrée… La maison, digne d'une couverture de magasine de décoration, semblait vide alors j'en profitai pour examiner les lieux. Le salon, à gauche de l'entrée principale, était d'un blanc immaculé, autant les murs que les meubles. Il était simplement agrémenté de quelques tableaux d'art aux tons de l'automne et des tapis assortis. Les rideaux et les coussins orangés offraient un brin de chaleur sur les lieux. A ma droite se trouvait une arcade donnant directement sur une salle à manger que le mot « luxueuse » ne saurait pas résumer et je devinais une salle plus petite, au fond. Peut être la cuisine… Tout droit se trouvait un long couloir étroit au bout duquel se dessinait une porte en verre, donnant sur une pelouse verdoyante. Tout respirait le luxe et j'étais bien contente d'avoir mis une petite robe blanche assez classe avant de venir.

Rien de tout ce luxe n'apaisa cependant mon angoisse, bien au contraire…

« Rosalie ? Alice ? » S'écria Edward et je le fusillai du regard. J'avais l'impression d'avoir la tête prête à être coupé et il n'avait trouvé rien d'autre à faire que d'actionner la guillotine. Merci, Edward !

Des pas précipités répondirent à son appel et bientôt, une jeune fille aux cheveux bruns dressés en pics dévala l'escalier en colimaçon qui se trouvait au coin du salon. Elle fonça comme un boulet sur nous et se jeta dans les bras d'Edward. Je reconnus facilement la jeune sœur d'Edward que j'ai vu sur la photo.

« Edou ! T'es venu! » S'écria t elle avec sa voix enfantine.

Je fronçai les sourcils : elle avait quel âge exactement ?

« Salut Al'… Hum… Tu pourrais quand même éviter d'étouffer ton grand frère, nous avons des invités. »

Aussitôt dit, aussitôt fait. Elle le lâcha presque brutalement pour me regarder avec… Une certaine curiosité.

« Bella, c'est ça ? » Fit elle avec un grand sourire et à ma plus grande surprise, elle se jeta également sur moi, m'enserrant dans une étreinte inattendue. « Je suis Alice. Oh mais tu as une très bonne odeur ! »

Eh bien, comment devais je prendre ça ? Je me tournai vers Edward, à la recherche d'une aide quelconque mais il sembla aussi désorienté que moi.

« Alice, qu'est ce que tu… »

« T'en fais pas, Edou… On va devenir de grandes amies. » Fit elle en me redonnant mon espace vital. « Alors… Pomme rouge et framboise, hein ? C'est ce qu'Edward préfère… Et très jolie ta robe en passant. »

Edward soupira, comme s'il venait de comprendre quelque chose et attira sa sœur sous son bras.

« Alors où est Rose ? »

« Dans la cuisine. Et papa est sur la terrasse avec notre nouvelle maman. » Répondit elle vaguement sans aucune once de colère. Je reçus une onde de choc… Elle ne parlait tout de même pas de Renée ?

« Bien, remonte dans ta chambre, veux tu ? Je vais retrouver papa. »

Okay, il y avait clairement quelque chose qui clochait… Pourquoi cette fille était elle si… Gamine ? Alors qu'elle semblait avoir le même âge que moi. Et pourquoi est ce qu'Edward la traitait comme telle, c'est dingue !

« Alice, je t'avais dit de ne pas descendre avant que… Edward, t'es là ! » S'exclama une voix féminine depuis le couloir et j'osai à peine me retourner lorsque j'entendis des talons claquer contre le sol. Je savais déjà que cette voix appartenait à cette grande blonde froide et sculpturale de la photo…

Malheureusement pour moi, je ne pouvais l'ignorer car elle vint planter devant moi avec un léger sourire narquois. Froide, belle, sculpturale… Ses cheveux blonds et ses yeux bleus étaient encore plus impressionnants que ce que j'ai vu sur la photo mais ce devait aussi être dû à sa robe bleue roi moulante. Elle ne ressemblait plus vraiment à Carlisle mais bien à une de ces elfes immortelles que l'on ne rencontrait que dans les récits chimériques de Tolkien.

Elle regarda Edward puis arqua un sourcil…

« Rosalie, je te présente Isabella… »

« Bella… » Corrigea Alice avec un sourire. « Ma future meilleure amie. »

J'écarquillai les yeux, complètement déroutée mais Edward ne dit rien, se contentant de sourire de manière indulgente comme si Alice était un bébé qui venait juste de dire « caca » pour la première fois. Rosalie ne réagit pas non plus…

« Okay, je vois qu'on a sympathisé. Bienvenue à la maison, Bella. » Fit Rosalie avec un sourire hypocrite tout en me tendant sa main manucuré de manière austère. Je la saisis sans un mot en me traitant mentalement d'idiote. Pourquoi est ce que je me laissais impressionner par cette femme ?

« Je vous propose d'aller sur la terrasse. Il fait beau aujourd'hui, nous allons manger dehors… Ta mère y est déjà, Bella. » Fit elle avant de tourner les talons, ses Louboutin claquant à nouveau sur le sol en marbre.

« Viens ! » M'intima Alice en attrapant mon bras.

Nous nous dirigeâmes vers le couloir qui donnait sur le jardin et vîmes –effectivement- Renée riant et discutant avec Carlisle autour d'une table ronde garnie de pain et de bouteilles de vin.

Renée… Elle avait l'air de bien aller cette garce !

Le flux de rancœur qui m'envahit à cet instant fut si intense que cela me surprit et me planta sur place pendant un moment. Edward plaça furtivement sa main au creux de mes reins, comme pour m'encourager et j'avançai encore, mon bras coincé sous celui d'Alice.

Lorsqu'ils se rendirent compte de notre présence, tous deux se tournèrent vers nous comme un seul homme. Carlisle afficha un sourire en voyant sa fille si proche de moi mais ce fut la réaction de Renée qui me surprit et me rebuta le plus : elle se permit d'afficher son plus grand sourire… Avant de venir m'enlacer… Comme si j'étais tout d'un coup sa fille chérie…

« Bella, tu m'as tellement manqué ! » S'exclama t elle sans se dépêtrer de son sourire puis elle se recula pour m'observer. « Oh, tu es tout à fait magnifique dans cette robe ! »

Totalement tétanisée par la colère et la rancune, je ne pus prononcer un seul mot, me contentant juste de lui jeter un regard noir. Regard qu'elle sembla ignorer alors qu'elle continuait de parler, pépiant à propos d'une robe qu'elle avait acheté pour moi, y'a même pas quelques jours. Comme si elle était une mère aimante et attentionnée.

La putain de comédie ! Je la revoyais encore se pencher pour aider James alors que le père de celui-ci était en train de me frapper.

Quelques éclats de rire provinrent du couloir derrière nous, me tirant de mes pensées et –Dieu merci- achevant le monologue insensé de ma mère.

Rosalie en compagnie d'une autre magnifique blonde habillée d'une légère robe d'été déboula sur la terrasse et je fronçai les sourcils… Carlisle avait il une autre fille cachée?

Je fus encore plus étonnée lorsqu'Edward souffla de soulagement avant d'aller enlacer la nouvelle venue, ses mains s'attardant sur les hanches fines de cette dernière alors qu'il déposait un baiser chaste sur ses joues. Je savais que c'était insensé mais une vague jalousie inattendue transperça mon ventre, me rappelant à bon escient qu'il y a de cela une semaine, ces bras se trouvaient autour de moi, ces mains, sous mon tee-shirt, et ces lèvres, sur les miennes…

Je suis dans la merde. Je le sais.

Edward se retourna cependant vers moi avec un sourire éclatant, les épaules de la blonde sous son bras : « Isabella, je te présente Tanya. Tanya, voici Isabella. »

J'adressai un sourire plutôt morne à ladite Tanya –trop obnubilée par leur apparente proximité- alors qu'elle me souriait d'un air malicieux, ses yeux lapis-lazuli pétillant de joie.

« Ravie de te rencontrer, Isabella. »

« Appelle moi Bella. » me dépêchai je de la corriger, comme par automatisme.

« Hum. Bella ça me plait ! T'as de la chance d'avoir un super prénom, moi, j'ai droit à une dénomination immonde proche de celle du vers plat. Tu sais, Tanya, ténia… »

« Eeewww ! » S'exclama Alice et je ris malgré moi. « Tu aurais pu éviter de dire ça, maintenant, je n'arriverais plus jamais à avaler mes tagliatelles ! »

« Tant mieux, Rose a fait des tagliatelles à l'encre de seiche pour déjeuner ! Oh, et des bâtonnets de poissons très fin… ça ressemble à des ascaris… »

« Eeew ! »

Tout le monde ria de bon cœur et je compris soudain pourquoi Edward était si soulagé d'avoir vu Tanya. Elle était sympa et drôle et grâce à elle, l'attention ne fut pas centrée sur moi durant le repas.

Rosalie avait préparé un festin particulièrement alaskien où le saumon était à l'honneur… Mimosa, bellini, margaritas… Je crois que je n'ai jamais aussi bien mangé de toute ma vie.

Finalement, le brunch se déroula sans encombre. Bien sûr, c'était surtout parce que j'avais ignoré Renée et Carlisle tout au long du repas mais c'était chose facile avec Tanya et Alice. Elles ne cessaient de faire rire tout le monde, la première par ses blagues salées et la deuxième par ses réactions.

Seulement voilà, tout ne pouvait pas être rose pour Bella Swan, n'est ce pas ?

J'étais tranquillement en train d'examiner la panacotta à l'aide de ma petite cuillère lorsque soudain, je reçus une grande giclée de liquide glacée en plein le visage. Je relevai la tête, totalement abasourdie, ma robe blanche tâchée de partout. Tout le monde s'était tu et m'observait à présent avec crainte. Tout le monde sauf Alice…

Alice qui tenait le verre vide… Et qui avait des mitraillettes à la place des yeux.

« Qu'est ce qu'il te prend, Alice ? » Intervint Renée, à ma plus grande surprise.

« Qu'est ce qu'il me prend ? Qu'est ce qu'il me prend ?! Et vous, qu'est ce qu'il vous prend, bordel de merde ?! » S'écria t elle en se levant. « Papa, comment peux tu laisser deux putes croqueuses de diamant s'asseoir à la même table que tes propres filles, hein ?... Comment tu peux rester tranquille alors qu'on a du chasser maman pour que tu puisses nous présenter cette profiteuse et sa bâtarde de fille ! »

« Alice, baisse d'un ton ! » Gronda Carlisle en se levant à son tour.

Edward tenta de faire rasseoir sa sœur mais celle-ci le chassa d'un geste efficace : « Me touche pas Edward ! Toi aussi, t'as putain de problème ? Tu ne trouves plus de trous à tirer pour que tu te rabattes sur ça ? » Fit elle en me désignant du doigt. « Tu veux te faire avoir comme papa, c'est ça ? Tu vois pas quel genre d'arriviste elle est ? »

« Alice » commençai je. « Il ne se passe rien entre… »

« Foutaise, pétasse ! Tu crois que je n'ai pas vu comment tu le matais ? Et alors quoi ? Ce ne sont pas les hommes riches qui manquent à Seattle, pourquoi vous n'allez pas voir ailleurs si j'y suis, hein ? »

« Alice, je crois qu'il faut que tu… »

« Non papa. Non ! Je ne vais certainement pas me calmer avant que ces deux vautours ne quittent cette table et que tu fasses revenir maman. Et ne pense pas que parce que cette pétasse n'a rien fait que je vais m'entendre avec elle. C'est sa putain de fille. Les putains de gênes ça se transmet et elle semble aussi pourrie que sa mère. Ne pense surtout pas que je vais les accepter comme… Comme… De ma famille. »

Et elle continua à péter un putain de câble sous mes yeux ébahis et ceux, horrifiés des autres. Personne n'osait rien dire et j'eus l'impression qu'en dehors de moi et Renée, tout le monde savait ce qu'il était en train de se passer et que la meilleure solution était de la laisser parler sans l'interrompre. Mais les mots qu'elle proféra à mon égard étaient durs à entendre. A plusieurs reprises, je faillis me lever et quitter la table mais la main de Tanya me retint et elle m'intima silencieusement de rester jusqu'à la fin de la tirade.

Au bout d'un certain moment, je compris qu'il y avait vraiment quelque chose qui clochait avec la petite sœur d'Edward. Elle ne parlait plus vraiment comme une pauvre gamine. Non. Elle parlait comme une femme confirmée et très en colère, quoi qu'avec un langage plus fleuri. Une telle versatilité n'était jamais quelque chose de sain. Elle devait être atteinte de quelque chose. Un trouble du comportement complexe et totalement imprévisible qui la transforme soit en gentille petite fille, soit en... Bella n°2.

« Maintenant, choisis papa. Nous ou tes deux catins. » Conclut Alice, essoufflée.

Tout le monde se tourna vers Carlisle, retenant leur souffle.

Et alors que je m'apprêtai à dire quelque chose pour venir au secours de ce dernier, mes yeux furent happés par un mouvement de main juste à côté d'Alice. C'était Rosalie qui venait de prendre son verre. En analysant son visage, je rdistinguai nettement le sourire machiavélique qu'elle essayait de dissimuler derrière sa margarita.

J'aurais du me douter que le brunch s'était bien trop passé pour être vrai.

~°o0o°~

Voila. J'espère que cela vous a plu... Je suis consciente que ça n'avance pas beaucoup tout d'un coup mais je vous jure que j'ai une explication pour leurs comportement.

Encore désolée pour le retard. J'ai les yeux qui tombent en poussières !

Oh, et je suis pas genre à faire ça mais allez ! Un review= Un teaser.

A bientôt,

Areka.