Elysion, le royaume des vampires

Disclaimer : L'histoire et certains personnages m'appartiennent, mais l'univers de Twilight reste la propriété de Stéphanie Meyer. Et le monde d'Harry Potter appartient à JK Rolling.

Résumé : Après la défaite de Voldemort, le monde magique se reconstruit lentement. Harry Potter, après une expérience qui tournera mal, se retrouvera alors plongé, dans un tout autre univers. Où se trouve-t-il ? Comment va-t-il pouvoir rentrer chez lui ? Et plus important, pourquoi est-il si fasciné, par ce beau regard améthyste ? Attention YAOI !

Chapitre 1 : Mauvais sort runique

Le printemps qui s'installait à Londres amenait la promesse de belles journées ensoleillées à peine rafraîchies par de courtes brises fraîches passagères. Les sorciers qui avaient dut supporter un dur hiver allaient pouvoir profiter de la douce chaleur des premiers rayons du soleil et des doux émois du beau temps.

Dans un luxueux manoir, entouré d'un haut muret, d'une grille en fer forgé et de nombreux arbres touffus, reposait au cœur d'un grand lit à baldaquin le Sauveur du monde sorcier qui s'éveillait difficilement de sa nuit trop courte. Papillonnant des yeux, il observa la grande pièce dans laquelle il se trouvait, cherchant ses repères, avant de se redresser légèrement. Hagard, il nota brièvement que son mouvement avait fait gémir d'inconfort la jeune femme rousse qui était lascivement étendue à ses côtés. Hier soir, se rappela-t-il, il était rentré très tard du travail, et n'avait pas été surpris de retrouver la magnifique créature qui partageait sa vie profondément endormie dans leur lit conjugal. Et ce fut en se déshabillant à moitié dans le couloir, et à moitié dans la chambre à coucher, qu'il l'avait rejoint sans même prêter attention à la faim qui lui broyait les entrailles. La fatigue harassante qui faisait ployer ses épaules ne le laisser pas d'autres choix que celui de s'abattre dans le lit pour y dormir des heures durant. Voilà pourquoi se lever ce beau matin se révélait si difficile, et il dut compter jusqu'à dix pour se motiver d'aller à la salle de bain, car une autre longue journée de travail l'attendait.

À dix-neuf ans, il était non seulement devenu une légende, pour avoir tué le plus grand mage noir de ce siècle, mais aussi la personne la plus influente du monde magique. Aucun sorcier ne pouvait oublier sa participation à la rénovation des dégâts résultant de la bataille finale, ou encore ses prises de décisions politiques en faveur des créatures magiques telles que les loups-garous. Riche, grâce à la fortune des Potter, puis des Black, dont il avait hérité, il était aussi devenu le compagnon au combien convoité de la belle Ginevra Wesley.

Poussant la belle jambe bien galbée qui entourait sa taille de manière possessive, il regarda sans y penser sa compagne, que tous ses gigotements avaient finie par réveiller, se redresser avant lui. Tout aussi endormie que lui pouvait l'être, il la regarda d'un œil à demi fermé enlever sa nuisette pour se rendre à moitié nue dans la salle de bain attenante à leur chambre. S'étirant une dernière fois comme un chat, il prit un moment pour laisser son regard parcourir ses formes généreuses avant qu'elle ne s'enroule dans un peignoir en soie et ne disparaisse par la porte. Bien que sa beauté, sauvage et luxuriante, fût plus qu'évidente, il dut bien admettre que sa passion des débuts avait fini par s'essouffler. Pour preuve était son membre qui n'avait même pas frémi à la vue de sa poitrine ronde et délicate offerte à sa vue. Leurs étreintes torrides, leurs baisers enflammés, et leurs discussions interminables avaient laissé place à une longue et ennuyeuse routine. Et s'il n'était plus question de grand amour passionnel, le profond respect qui les unissait perdurerait à jamais entre eux. Et il avait fini par s'en contenter. Car après tout, elle était celle qui s'était tenu à ces côtés depuis tellement longtemps que la perdre lui faisait presque monter une boule d'angoisse. Dans sa vie, il avait déjà perdu trop de monde, pour en perdre une de plus. Et aujourd'hui encore, il n'aimait pas penser que la guerre, et le manque d'amour dans son enfance, toutes ces épreuves qu'il avait dû affronter, avaient joué un rôle primordial dans la formation de son couple. Amplifiant ses sentiments, et brouillant ses sens, il avait longtemps cru avoir trouvé en Ginny une échappatoire à sa douleur et à sa solitude. Après toutes ces années, maintenant qu'il se sentait moins fragile émotionnellement, il ne voulait toujours pas croire que son couple ne reposait certainement pas sur des bases saines et solides. Même alors que ce matin, comme plein d'autres matins, il ressentait ce vide dans son cœur. Pas après s'être autant engagé envers la sœur de son meilleur ami.

Repoussant ces pensées nostalgiques d'un geste agacé de la main, Harry parvint enfin à quitter les draps chauds de son lit pour enfiler à son tour un peignoir en coton rouge. Encore un peu endormi, et gêné de s'éveiller avec de telles idées en tête, il s'étira longuement avant de rejoindre la cuisine attenante à sa villa. La douche ayant été réquisitionnée par la flamboyante rousse, il allait pouvoir se rabattre sur un bon café en attendant qu'elle la libère. Souriant à la vue de son petit-déjeuner, qui l'attendait bien sagement dans la grande salle à manger, il en bénit les elfes de maisons alors que son ventre gargouillait bruyamment. Il laissa son regard errer à travers la fenêtre de la cuisine qui donnait sur la terrasse, regardant sans le voir un petit oiseau qui semblait s'y prélasser, ailes bien écartées. Qui aurait cru qu'il aurait préféré resté vivre en plein milieu du Londres sorciers. Il avait appris à aimer cette ville, témoin de sa réussite sociale, et ne se lassait pas d'admirer les différents points de vue panoramiques sur la ville entière qu'il avait depuis son immense propriété. Lui qui avait était si misérable dans sa jeunesse…

Sa bonne humeur retrouvée face à cette vue, et son ventre criant toujours famine, il se pressa de déguster ses œufs au bacon et les toasts grillés à point qui accompagnaient dans un long soupir de contentement. Prendre le temps de savourer un bon petit-déjeuner, chaque matin, faisait partie de ses habitudes. Et il appréciait tout particulièrement ce moment de la journée. Récupérant la gazette du sorcier du matin déposé près de son assiette, il lut d'un air distrait les nouvelles tout en profitant du soleil matinal. Parcourant du regard les gros titres, il vit les articles qui l'intéressaient, en s'arrêtant longuement sur la rubrique financière et politique, pour finir par survoler les pages relatant la vie des célébrités. Il allait refermer le journal lorsque sa propre photo, illustrant une colonne, attira toute son attention. Il n'était pas seul sur le cliché. Ginny se tenait à son côté, plus flamboyante que jamais dans sa minirobe rouge vif de chez Channel. La jeune femme rousse avait pris soin de présenter son meilleur profil à l'objectif, et son sourire ultrablanc était parfait. Très soucieuse de son image médiatique, elle était incontestablement passée maître dans ce domaine. Sa curiosité éveillée, tout en se méfiant des dires de ces feuilles de chou, le brun lut ce qu'avait écrit la journaliste, Rita Skeeter.

« Harry James Potter, le célèbre garçon qui a survécu et Sauveur du monde sorcier, fête au champagne et en compagnie de la belle Ginevra Wesley, son dernier succès en tant que directeur du Département des Mystères, dans le plus célèbre restaurant de la ville. À croire que les problèmes économiques qui secouent encore notre pays n'intéressent nullement ce bien-aimé philanthrope...»

Sacré Rita ! Même en le complimentant, elle ne pouvait s'empêcher de lancer une pique. Aujourd'hui, les journaux ne manquaient jamais une occasion de vanter sa réussite sociale, tout en prenant aussi soin de relater dans les moindres détails de chacune de ses frasques. Et bien que les journalistes omettent à chaque fois de relater de la difficulté qu'il avait eue à se remettre de la bataille finale, ils n'oubliaient jamais de parler des ragots en tout genre sur sa vie intime actuelle. Ricanant face à l'article qu'il examinait toujours, le jeune homme se rappela enfin les détails de cette photo. Cette fête datait tout de même d'un petit moment, et il n'avait pas rechigné à se montrer en compagnie de Ginny devant les paparazzis pour fêter l'avancée de ses recherches sur l'arcade de la mort. Car, aujourd'hui, après avoir repris ses études et obtenu son diplôme, il avait rapidement décidé de travailler au sein du ministère de la magie. Mais, loin d'entamer une carrière politique, ou encore de se lancer pour devenir Auror, il se concentrait entièrement sur la gestion du Département des Mystères. Et plus précisément du Hall des Prophéties.

La disparition de son parrain, Sirius Black, durant sa cinquième année avait longuement continué à le hanter. Déterminé, il avait créé une unité de recherches afin de trouver une solution pour le libérer de l'arcade de la mort. Loin de prendre en compte l'avis de ses amis, qui lui disait sans cesse d'abandonner, il était plus que déterminé à sauver Sirius du voile. Car à ces yeux, le maraudeur n'était pas encore mort. Et comme pour lui redonner espoir, au cours de ses longues et pénibles recherches assidues, il pensait enfin avoir mis la main sur une formule qui pourrait l'aider. En ce beau mardi matin, il était plus que pressé de pouvoir utiliser ce nouveau sort runique, qu'il avait peiné à découvrir dans un très ancien grimoire.

Voyant Ginny pénétré vivement dans la cuisine pour se préparer un thé, il l'observa distraitement finir de se préparer en mettant les boucles d'oreilles en diamant qu'il lui avait offertes l'an dernier pour Noël. Il savait qu'elle allait se rendre à un gala ou une autre manifestation du genre en son nom, car Ginny, quant à elle, ne travaillait pas. Elle dut à un moment donné sentir son regard, car elle se retourna un court instant pour lui lancer un clin d'œil aguicheur. Il était vrai que la robe bleue nuit, serrée à la taille et largement fendue dans le dos, qu'elle portait lui allait à merveille. Et Harry savait que trop bien qu'elle faisait tous ces efforts pour paraître encore plus parfaite à ses yeux. D'ailleurs, s'il y avait bien quelque chose qu'il appréciait dans leur relation, c'était que la jeune femme, trop heureuse d'avoir enfin réussi à mettre la main sur son idole de jeunesse, était toujours apte à lui faire plaisir et ne le laisserait jamais s'en aller. Ginny s'imposait tendrement dans sa vie, comme étant aux yeux de tous sa dévouée « compagne officielle », et empêchait toutes autres prétendantes – fades et superficielles, qui lui tombaient dans les bras à la simple évocation de son nom - à se rapprocher de lui. De plus, il ne pouvait qu'être attaché à cette jolie rousse dont la compréhension, qui dépassait toutes limites, le poussait et le soutenait dans ses projets pour retrouver son parrain.

Alors qu'il finissait sa tasse de café, il replia son journal avant de fixer l'horloge murale qui affichait 6 h 30, et il comprit qu'il lui restait beaucoup de temps avant de regagner ses bureaux au ministère de la magie. Machinalement, il quitta la cuisine pour en rejoindre sa chambre, où ses affaires l'attendaient. Là, il profita des jets d'eau de sa douche thermale pour se détendre complètement. Une fois dans son dressing, il sélectionna, parmi les nombreux costumes qui s'alignaient dans la vaste penderie, un de ses préférés : tout de gris perle, et de coupe croisée et signée Armani. Il l'accompagna d'une chemise blanche et d'une cravate de soie noire veloutée. Se regardant rapidement, il passa une main dans ses cheveux mouillés et indisciplinés, et grimaça devant son teint terni de fatigue. Ses grands yeux verts, cerclés de noirs, résultaient de sa nuit agitée. C'était dans ces moment-là qu'il regrettait d'avoir corrigé sa vue à la demande de Ginny, car cacher derrière ses montures, ses traits tirés peut-être été moins visible. Haussant les épaules, après tout personne ne lui ferait de remarques, il prit le soin de se parfumer légèrement avant de quitter la pièce.

Son attaché-case à la main, il allait rejoindre l'entrée du manoir lorsqu'une voix l'interpella.

- Tu y retournes déjà ? Questionna Ginny, en le regardant prêt à passer le pas de la porte d'entrée. Dis-moi au moins au revoir, Harry.

Penaud, il rebroussa chemin, gêné d'avoir – encore - oublié la présence de sa douce fiancée. Son esprit étant de nouveau centré sur Sirius et le voile. Dans un sursaut de honte, il pensa à quel point elle devait tout de même silencieusement souffrir de son obsession à libérer son parrain. Ainsi que de sa froideur face à ses charmes. Et il eut presque du mal à la regarder dans les yeux. Mais comme toujours, la jolie rousse ne l'empêcherait pas de s'en aller, et ne l'attendrait sûrement pas à son retour, au petit lever du matin. Se baissant légèrement, il l'embrassa assez langoureusement, souhaitant ainsi se faire pardonner tous ses défauts. Comme d'habitude, il reçut une réponse enflammé à son approche alors que les bras gracile de Ginny l'encerclaient dans une étreinte de fer. Oui, malgré les troubles et les incertitudes de leur couple, jamais il ne pourrait lui tourner le dos après tout l'amour et la stabilité qu'elle lui apportait chaque jour. Et alors que leur corps se rejoignait avec passion, le brun pensa que cela faisait bien une semaine qu'ils n'avaient pas fait l'amour. Les gémissements alanguis qui émanaient d'elle, et les frôlements sensuels de son corps le lui confirmèrent immédiatement. Levant une de ses mains, pour délicatement caresser son sein droit au travers du tissu hors de prix qu'elle avait revêtu, il se dit qu'il réglerait ce faux pas ce soir même. Se défaisant de sa prise enflammée, il la salua de nouveau brièvement, avant de se dépêcher de transplaner au ministère de la magie.

Sans perdre de temps, il s'élança dans les nombreux couloirs, ignorant la plupart des regards posés sur lui, pour retrouver la fameuse arcade qui retenait son parrain. Prononçant vivement un Tempus, il remarqua qu'il était beaucoup trop tôt, et que son équipe ne viendrait le rejoindre que dans un peu plus d'une heure. Impatient, il tourna en rond quelques minutes, puis prit la lourde décision de tester seul la fameuse formule qu'il avait dénichée. Enlevant sa cape de sorcier, afin de ne pas être gêné dans ses mouvements de baguette, il prit une inspira et commença ses longues incantations runiques. La pièce, qui baignait dans un doux silence, fut brusquement secouée par un tourbillon d'air glacial. Abasourdi, Harry observa le phénomène alors que d'étranges fourmillements envahissaient chaque membre de son corps. Levant les bras pour les examiner, il réalisa qu'il provoquait lui-même ces dérèglements atmosphériques en laissant inconsciemment sa magie instinctive s'échapper hors de lui. Le doux scintillement de son pouvoir rampait lentement jusqu'à englober l'arcade de la mort qui l'aspira. Sous ses yeux médusés, les formes mouvantes et noires de l'arcade s'éloignèrent pour lentement y laisser apparaître son pâle reflet. Regardant au travers du « miroir », Harry hésita, examina les alentours, puis en toucha avec curiosité la surface. Mais à peine sa main eu-t-elle frôlé la glace, qu'il sentit une force étrange l'attirer vers l'intérieur de l'arcade de la mort. Se débattant, il sursauta en voyant le miroir trembler et fondre en un liquide argenté le long de son bras pris au piège. Prenant de plus en plus de terrain sur son bras... Son épaule... Son torse... Jusqu'à l'englober tout entier. Son hurlement de frayeur résonna un moment sur les murs alors qu'il laissa place à une forme humanoïde argentée qui se fit lentement aspirer par l'arcade.

Presque sans un bruit, Harry Potter avait disparu du monde magique.

De l'autre côté du miroir, allongé sur un sol dur et sableux, le brun ouvrit brusquement les yeux avec la fin de son cri marquant encore ses lèvres sèches. Ouvrant et fermant la bouche plusieurs fois, comme un poisson hors de l'eau, il observa hébéter le tout nouveau paysage qui s'offrait à lui. Battant des cils sous la force des rayons du soleil, il se rendit compte avec ébahissement qu'il semblait avoir atterri en plein désert. Venait-il de transplanner ? Non, ce n'était pas ça. Peut-être avait-il découvert une autre manière de voyager ? Cela voudrait dire que l'arcade n'aspirait pas les âmes, mais les conduisait ailleurs. Le tout était de savoir se trouvait cet « ailleurs » justement. Quoi qu'il en soit, les chances que Sirius soit en vie étaient plus que positives avec cette nouvelle découverte. Observant encore une fois les alentours, il offrit son visage au ciel bleu et sans nuages, et sourit aux monts de sables blancs qui s'étendaient à perte de vue. Ou était-il ? Mettant sa main gauche en coupe au-dessus de ses yeux, se protégeant un minimum de la lumière du soleil, il fixa de manière expectative le ciel. Il e figea soudainement, et sentit la bile lui remonter le long de la gorge lorsqu'il crut entrevoir une petite planète bleue qui gravitait juste à côté du soleil. Non, cela était impossible, n'est-ce pas ? Il commença à hyper ventiler comme si l'air qu'il respirait depuis son arrivée était devenu toxique. Il lui fallut de nombreuses minutes pour parvenir à se calmer et à relever la tête pour observer… la Terre.

Sa bouche s'ouvrit alors pour former un « Oh » silencieux et plein d'incrédulité.

S'il se fiait à ses cours d'astronomie, et qu'il niait l'absurdité de cette hypothèse, alors oui, il était bel et bien en train de contempler la Terre. Là, où il était il y a encore quelques minutes. Où était-ce des heures ? Comment le temps passait-il dans ce monde-là ? Les questions se bousculaient dans sa tête. Pour se calmer, il tenta de se rappeler tout ce qu'il s'était passé. Il revit alors l'arcade de la mort, qui après s'être gorgée de sa magie, l'avait vicieusement attiré. Il se rappela de son reflet, du liquide argenté, et de son cri… L'arcade semblait l'avoir drainé pour ensuite servir de passage vers un autre... univers ? Tout cela était trop fou pour être réel. Et dire qu'il n'avait même pas une potion calmante sous la main. Il sentait déjà la folie poindre. Et comment avait-il pu réaliser cet exploit ? Car il devait avoir utilisé une bonne partie de ses pouvoirs pour arriver ici. Pourtant, il ne se sentait pas plus épuisé que cela. Et l'idée même d'avoir atteint un autre monde n'arrivait toujours pas à trouver de logique dans son esprit. Fronçant les sourcils, il se remémora des livres qu'il avait déjà lus, et qui traitaient de ce type de phénomène. Les voyages dans le temps, et entre les dimensions, étaient généralement proscrits au sein de la communauté magique. Car ces méthodes comportaient de très grands risques. En atterrissant ici, il avait vraiment eu de la chance de ne pas avoir perdu un membre, ou la vie, dans le processus. Et aucun doute qu'il ait de graves ennuis à son retour.

Mais... Qu'en était-il de Sirius ? Le trouverait-il ici ? L'espoir qu'il puisse retrouver sa trace dans cette nouvelle dimension apaisa légèrement sa peur.

Fouillant ses poches, il regretta de ne pas avoir apporté le bout de parchemin, où l'incantation runique qu'il avait récitée y avait été inscrite. L'avoir lui aurait donné un bon moyen de mieux comprendre le phénomène qu'il avait vécu. Puis, râlant, il réalisa aussi qu'il n'avait pas non plus sa baguette. De mieux en mieux… Sans se décourager, et changeant de plan, il entreprit de transplaner plus loin vers les dunes à l'ouest afin de trouver rapidement une quelconque forme de civilisation. Il se concentra et se prépara à ressentir les effets du transplanage... avant de se rendre compte qu'il ne se passait strictement rien. Troublé et effrayé, il se tendit en sentant une lourde pression le maintenir au sol. Ne pouvant croire en l'idée qu'il ne pouvait plus utiliser sa magie, il s'entêta de longues minutes à essayer de transplaner. Sans succès. Rageur, il se rabattit sur sa magie instinctive, et tenta vainement de lancer plusieurs sorts sans baguette. À bout de souffle et abattu, il dut rapidement se faire une raison. Il avait dû utiliser trop d'énergie en traversant le miroir.

Génial. Maintenant, il était l'idiot qui s'était perdu dans un monde inconnu, et cela, sans plus aucun pouvoir magique. La panique, qu'il ressentait depuis le début de son arrivée, menaça une fois pour toutes de le submerger entièrement. Et alors qu'il allait se mettre à courir pour chercher de l'aide, il remarqua soudainement au loin les deux formes humaines qui cavalaient vers lui. Légèrement soulagé, il sentit que la chance lui souriait enfin en pensant que ces étrangers sauront peut-être l'aider s'il parlait la même langue. Il pourrait surement, si ces inconnus se montraient accueillants, se faire guider vers la ville la plus proche. Là, il chercherait un moyen pour réintégrer sa Terre. Et peut-être même, avec beaucoup de chance, connaitraient-ils son parrain ? Un fol espoir l'étreignit en se sachant sauver. Faisant de larges gestes du bras afin d'attirer l'attention des deux hommes qui couraient toujours à vive allure, il remarqua que trop tard qu'ils étaient en réalité poursuivit comme des renégats.

Une horde de cavaliers, encapuchonnés et habillés tout de noir, les traquait joyeusement à grand renfort de cris et de rires. L'un d'eux, armé d'un arc, tira à cet instant sans remords dans le dos d'un des pauvres malheureux. Les yeux écarquillés, Harry observa le deuxième fuyard se dépêcher de se coucher à plat ventre dans le sable. Tandis qu'à ses côtés, son camarade semblait bel et bien mort. Le brun, bras ballant, continua de contempler la scène sans comprendre et sans y croire. Il sentait qu'il avait du mal à saisir ce qu'il venait de se produire, et à mettre de l'ordre dans le désordre de son esprit. Cet archer venait-il vraiment de tuer de sang-froid ? Médusé, il regarda tous les cavaliers – qui avaient remarqué sa présence – abandonné le second fuyard maintenant maitrisé pour le rejoindre au galop. Formant un cercle autour de lui pour le jauger, leurs chevaux hennissant avec excitation, aucun d'entre eux n'émit une parole. Ils tournèrent lentement autour de lui dans un cercle infini sans jamais émettre un son. Leurs regards le scrutaient sous tous les angles, et semblaient presque lui bruler la peau sous l'insistance dont ils faisaient preuve. Le bruit sauvage des sabots de leurs chevaux, qui l'entourait de manière compacte, le pétrifia un peu plus alors qu'il cherchait inutilement à rassembler ses pouvoirs. Il devenait impératif qu'il se défende avant que ces fous ne le tuent à son tour. Car s'il avait bien conscience d'une seule chose : c'était que chaque monde avait leurs propres lois et règlements. Et, manifestement, au vu de leur messe basse et leurs regards hargneux, il était un hors-la-loi.

Deux cavaliers, qui paraissaient être les chefs du groupe, descendirent à cet instant de leurs montures. Le plus grand des deux hommes fit un vague geste vers le second fuyard toujours couché au sol. Et l'autre homme plus petit, l'archer, qui le suivait comme une ombre encocha immédiatement une nouvelle flèche. Harry, tétanisé, suivit avec attention chacun de leur geste, cherchant et calculant le meilleur moment pour fuir. Tremblant de tous ses membres, il regarda l'archer s'armer, viser et tirer pour tuer de sang-froid le deuxième fugitif. Sans plus attendre, il le vit aussitôt rengainer son arme d'une autre flèche avant de reporter son attention sur lui pour le viser. Observant d'un œil nerveux les alentours, Harry comprit qu'il était la dernière personne – en dehors de leur horde - à être encore en vie. Mais plus important, encerclé comme il l'était, il n'avait aucune chance de fuir. Lui, l'étranger perdu dans ce vaste désert.

- Attendez ! Cria-t-il vivement, en voyant une troisième flèche prête à le frapper. Vous ne pouvez pas me tuer comme ça ! Je n'ai rien fait ! Vous… Je me suis perdu…

- Tu es un humain. Coupa froidement, l'archer. Sur un territoire vampire. Cela suffit amplement pour te condamner à mort.

La bouche ouverte et le cœur battant à ses oreilles, le sorcier n'osa pas en croire ses oreilles. La mort avait vraiment décidé de venir le cueillir aujourd'hui. Serrant encore les poings pour tenter de retenir ses tremblements, il retint une inspiration soulagée en sentant enfin une faible vague de magie emplir lentement son corps. Sans y penser, il s'empressa de l'attirer pour la projeter avec violence contre ses adversaires. Une onde de choc parcourut le sol terreux du désert, effrayant les chevaux alentour qui poussèrent des hennissements craintifs, et mirent à terre la plupart des autres cavaliers. Étonné et satisfait par cette attaque, le brun recula de quelques pas en arrière, ravi de la diversion qui lui permettrait peut-être de s'enfuir loin de ses assaillants. Là, il repéra une ouverture, et ne se fit pas prier pour y reculer. Il s'apprêtait à se mettre à courir lorsqu'il sentit son corps s'affaiblir tout d'un coup. Perdant lentement ses forces, après avoir encore abusé de sa magie, il sentit la tête lui tourner et se débattit un instant pour rester lucide. Ce n'était pourtant pas la première fois qu'il utilisait sa puissance à l'état brut. Alors pourquoi se sentait-il si affaibli ? Secouant la tête, groggy, il parvint à faire deux pas de plus. Cela avait sûrement un rapport avec son arrivée dans ce nouveau monde. Sans surprise, sa magie en semblait gravement affectée.

Tombant à genoux, proche de l'évanouissement, il leva son regard troublé vers l'avant et tomba sur le deuxième chef, celui qui accompagnait silencieusement l'archer. Sans le lâcher du regard, il tenta vainement de se redresser après sa vague de magie, mais dut bien abandonner. Le grand chef inconnu ne laissait filtrer aucun bout de peau sous ses amples vêtements noirs alors qu'il s'avançait vers lui, au contraire, il semblait vouloir préserver son identité en retenant d'une main sa capuche noire sur sa tête. Renonçant à l'idée de rester éveillé, Harry tenta de le fuir, et finit par laisser sa tête bascula vers l'arrière de fatigue.

Émettant un dernier gémissement de peur, la dernière chose qu'il vit au-dessus de lui avant de s'évanouir fut un beau regard améthyste, qui le poursuivit jusque dans l'inconscience.

À SUIVRE.

Bon, j'adore vraiment les deux mondes d'HP et Twilight, donc j'ai remis le couvert, pour les assembler. Mais cette fois-ci, je m'attaque aussi pour une première fois au Yaoi. Gros défi !