Chapitre 1 : La Rencontre

Moi, c'est Nayla.

Je sais, c'est pas commun comme prénom, mais ça existe vraiment! Cherchez sur internet, vous verrez! Enfin, c'est vrai que nos prénoms, à moi et ma soeur Liana, ils sont pas vraiment répandus. Mais je trouve ça mieux. Après tout, un nom, c'est une identification pour nous et les autres, et si on est plusieurs à porter le même nom... Moi, j'aimerais pas qu'il y ai une autre Nayla dans ma classe!

Mais ce n'est pas le sujet. Non, le truc, c'est que je peux pas vous dire mon nom de famille. C'est pas important en fait, c'est plutôt ce qui motive ce refus qui est intéressant. Parce que vous savez qu'on est envahis par des extraterrestres? Eh oui!

Bon, je vais pas vous gaver en vous racontant tout ça d'un coup, laissez-moi plutôt vous expliquer comment je l'ai su.

C'était un vendredi. Je m'en souviens parce que c'était le début des vacances du printemps (les vacances qu'y a avant les grandes quoi). Je ne rentrais pas du collège, j'avais fini les cours depuis au moins une heure déjà. Nan, j'allais juste au centre ville chercher des livres intéressants et pas chers dans les séries que je connaissais et celles que je ne connaissais pas. Parce que je suis une grande lectrice, en particulier de fantastique, et j'aime bien les livres à suite.

Donc j'allais vers la dépense de mon argent de poche, un truc parfaitement normal dans une ville normale. Sauf que sur le chemin, j'ai pris un raccourci peu fréquenté. Étant donné que j'adore rêvasser quand je marche, je me suis mise à penser le nez en l'air. Mais voir un groupe d'oiseaux – des rapaces de différences espèces en plus – me tira un brin de mes pensées. Tiens, c'était normal que plusieurs races ennemies volent ensemble sans faire mine de s'attaquer? Je m'y connaissait assez bien en animaux, mais les oiseaux n'étaient pas une de mes spécialités. Cependant, je pense que j'en savais assez pour comprendre qu'y avait un truc pas clair là-dessous.

D'habitude, dans ces cas-là, je me montre curieuse, mais je passe mon chemin tout en continuant de me poser des questions. Sauf que j'ai remarqué qu'ils piquaient vers la rue voisine, et j'ai pas pu m'empêcher de prendre la direction qu'ils avaient prise. En effet, ça me tentait de voir des rapaces de près! Enfin, d'aussi près que possible.

J'ai dit qu'ils avaient piqué vers une rue voisine, mais c'était pas celle d'à côté quand même. Je me suis alors souvenue avoir lu quelque part que l'ouïe des oiseaux est très bonne, donc j'ai arrêter de courir. J'ai une façon discrète de courir, et j'aurais pu faire moins de bruit, mais avec ces chaussures là, c'était impossible à faire. Donc je me suis mis à marcher rapidement en essayant de ne pas imiter le bruit de pas d'un éléphant. Dur dur sur un trottoir! Mais je me suis quand même débrouillée pour être assez discrète je trouve.

J'ai contourné une voiture à un carrefour, et je les ai vus.

Au début, j'ai juste cru que c'était de gros oiseaux. Mais on se rend presque tout de suite compte que non, ce n'étaient pas tout à fait des oiseaux. Ils grossissaient, leurs pattes devenaient jambes, leurs ailes des bras, le bec a disparu, remplacé par une bouche, les oreilles sont sorties et les plumes ont disparus, laissant la place à la peau, aux cheveux et à des vêtements moulants, en général un tee-shirt et un short.

Je suis restée bouche ouverte pendant tout le spectacle. Mais je ne crois pas avoir eu l'air horrifiée, juste surprise. Très, très surprise. Les ados-oiseaux – car c'était des adolescents comme moi! - ne se sont rendus compte de ma présence qu'une fois redevenus totalement humain. Mais je m'en fichait parce que deux détails avaient retenus mon attention. D'abord, l'un des rapaces était resté comme tel. Ensuite, un des oiseaux n'était pas devenu humain. Il c'était au contraire transformé en une bestiole étrange, mi-centaure, mi-scorpion. Elle ne m'effrayait pas vraiment, mais j'étais pas loin de ressentir ça.

On m'a dit plus tard que d'habitude, les spectateurs non avertis comme avertis regardaient se spectacle avec dégoût. Mais ce ne fut pas mon cas. Peut-être parce que je regardait celle qui se transformait le mieux – et ce n'était même pas l'extraterrestre. Peut-être aussi parce que j'étais trop surprise pour prendre un air horrifié. Mais une chose est sûr : c'est très déstabilisant à voir, surtout pour moi qui n'avait pas l'habitude et qui ne m'y attendait... vraiment pas!

Une humaine nous a vu. Signala calmement l'extraterrestre.

Je sursautais. Cette voix... d'où venait-elle? Ce n'était même pas un son! Ça avait résonné directement dans mon cerveau. Hum, ça y est, je sais! Je suis en train de rêver! Mais non. Je sais reconnaître le rêve de la réalité. Et là, c'était la réalité. Bonne ou mauvaise nouvelle?

Les autres ados se sont tournés vers moi – je n'avais d'ailleurs pas bougé d'un cheveux après avoir sursauté.

-Oh non! Se lamenta un des humains, un garçon plutôt petit et mignon, mais qui avait clairement l'air d'un emmerdeur, excusez l'expression. Les ennuis commencent déjà!

-On fait quoi? Demanda une fille qui avait l'air d'une top model. Je ne pense pas que se serait une bonne idée de la laisser juste partir.

J'avais oublié de préciser qu'ils parlaient tous anglais mais pour une histoire de compréhension, je vais tout mettre en français. Par chance, je parle couramment français et anglais car j'ai un parent de chaque nationalité. Pratique, non? Surtout maintenant en fait.

Le groupe s'est alors mit en marche vers moi. Deux envies me démangeaient fortement. La première, c'était de me barrer en hurlant. Mais je trouvais cette alternative trop débile et pas du tout appropriée. La deuxième, c'était demander des explications, et faire connaissance aussi. Mais pour le moment, j'étais en mode statue.

-Au moins, elle s'est pas enfuie en courant, c'est déjà ça. Remarqua doucement la fille qui avait le mieux.. euh... qui c'était le mieux transformée en humain du groupe.

Et maintenant que j'y pense, qui me disais que les ados n'étaient pas eu aussi des extraterrestres? Là, je commençait à avoir un brin peur. Mais pourtant, ils n'étaient pas agressifs, alors je suis restée plantée au même endroit. Je me sentais idiote, et je devais en avoir l'air vu leur façon de me regarder.

Il faut que vous vous imaginiez une fille moyennement grande, comme la blonde top model du groupe, avec une peau si bronzée qu'on la croirait métisse, des cheveux ondulés composés de mèches châtains roux et noir – c'est naturel, ne vous imaginez pas que c'est une mode tordue, en plus c'est joli – et des yeux couleur noisette. Cette fille est jolie, sans être aussi belle que la blonde. Imaginez ensuite que cette fille ne bouge pas du tout et qu'elle a la bouche et les yeux en o. Vous aurez ainsi moi à cet instant.

-Au fait, est-ce que quelqu'un parle français ici? Demanda un garçon grand et costaud, dont les cheveux et yeux étaient dans les tons sombres.

-Je parle anglais, signalais-je.

Ils m'ont alors regardés bizarrement. J'étais horriblement gênée. En plus, je deviens très stressée lorsqu'on m'observe, et c'était précisément le cas. En plus, je les connaissait pas, ils étaient étranges et j'avais pas l'habitude. Heureusement, j'ai repris une attitude normale, mais je pense que je les regardais toujours bizarrement. Comment voulez-vous regarder normalement une bande d'ados et un extraterrestre qui étaient des oiseaux de proie un instant plus tôt? Surtout qu'ils étaient accompagnés d'un rapace – ne me demandez pas son espèce, je vous ai dis que les oiseaux, ce n'est pas ma spécialité.

-Bien, ça va nous simplifier la vie! S'exclama le petit.

-Tu dois nous trouver bizarre, non?

C'était la fille qui c'était transformée de façon très esthétique, je dois l'avouer. Elle était elle aussi plutôt petite, noire, avec les cheveux courts. Par contre, je suis loin d'être une folle de fringues, mais sa tenue... hum, n'était pas très bien choisie! Mais elle me mettait en confiance. Je me détendue un peu et me rendis compte en même temps que j'étais tendue. Rien d'étonnant vu la situation, me direz-vous.

-Euh... oui, un peu, avouais-je.

Et encore, si je n'avais pas vu et lu tant de films fantastiques, je me serais sans doute barrée depuis longtemps, en hurlant ou pas.

-Cassie, tu ne vas pas tout lui expliquer quand même? On a autre chose à faire! Lança le petit.

Celui-là, je le sentais tape-nerfs depuis le début et j'avais apparemment raison. Heureusement qu'il y a le même genre de garçons à mon collège!

-Je suis d'accord avec Marco pour une fois, signala la top-model. Il faut qu'on trouvent où logent Vys... nos amis.

-Et laisser un témoin pareil derrière nous? Imaginez qu'elle parle à un Contrôleur! Les repris aussitôt le grand.

Désolée, c'est flou comme façon de les distinguer, mais je connaissais pas leur noms à ce moment là hein, alors je vous met dans l'ambiance!

-Qu'est-ce que vous allez faire? Demandais-je d'une petite voix.

Évidemment que je pensais au traditionnel « élimination des témoins » qu'on retrouve dans une bonne partie des séries télévisées. Même si ceux-là n'avaient pas l'air d'entrer dans cette catégorie, on ne sait jamais. Et c'est un cas particulier, non?

Ne t'inquiète pas, on ne vas pas te tuer.

Encore l'extraterrestre, je crois. Décidément, je ne m'habitue pas à cette façon de communiquer! Je l'ai regardé de travers. Ça m'a tellement surpris que j'en ai oublié ce qu'il avait dit, alors que ça avait une certaine importance quand même.

On a eu de la chance de ne pas tomber sur un Contrôleur. Fit remarquer une autre voix mentale.

Sans réfléchir, je tournais la tête vers le rapace. OK, lui aussi parle! Bon, je m'en doutais un peu, mais quand même... Là, ça faisais un peu beaucoup pour moi, une pauvre ado normale.

-Hum, bon, voilà ce que je vous propose : Cassie et une autre personne vont s'occuper d'expliquer la situation à... notre témoin. Pendant ce temps, les autres avec moi s'occuperont de retrouver la trace de Vysserk Trois et de ses acolytes.

Je veux bien aider Cassie. Annonça l'oiseau.

Bon, cool, au moins on allait m'expliquer. Mais je sentais que j'allais me retrouver avec une drôle de compagnie.

-D'accord, répondit posément Cassie. On se retrouve au parc qu'on a survolé tout à l'heure.

-Impec', à tout à l'heure, a lancé la blonde avec un air impatient qui me vexait un peu.

OK, ça voulais dire que pour eux, j'étais juste un fardeau. Je m'en serais doutée, mais c'était pas agréable pour autant comme sensation.

Là-dessus, celui qui semblait être leur chef, le grand costaud, a échangé un regard avec Cassie, puis il a dit aux autres :

-Bon, on remorphose en oiseaux, ça sera plus simple pour les trouver!

Pendant que le spectacle de la transformation se déroulait à nouveau sous mes yeux, l'oiseau effectuait l'opération inverse : il devenait humain. Mon regard allait de l'un à l'autre, et c'était aussi surprenant que la première fois. Ainsi que choquant, quelque part. Décidément, entre les films et la réalité, il y a un monde, et pas un petit!

J'avais aussi noter le mot remorphose. Je suppose qu'à l'infinitif, ça donnais morphoser. Je ne suis pas sûr que ce verbe soit dans le dico, mais bon, je trouve que ça fais classe. Et pas besoin d'être Sherlock Holmes pour comprendre sa signification.

Une fois que l'oiseau fut devenu un humain, Cassie me fit signe de les rejoindre. J'avançais vers eux, assez déroutée par la tournure que prenaient les évènements.

-Il doit y avoir un parc dans le coin, non? Me demanda-t-elle.

-Oui, il y a le parc de Loseille.

-Tu peux nous y conduire?

-Évidemment!

-Parfait. Alors allons-y.

Je regardais alternativement Cassie et le rapace devenu humain, puis je me mis en route. En me retournant, je que les autres avaient finis leur transformation. Ils s'envolaient maintenant, tentant de prendre de l'altitude, et je devinais rien qu'en les voyant que ce n'était pas la simplicité même.

Un des oiseaux de proie, un aigle à tête blanche immense – je suis presque sûr que c'est un aigle – s'approcha de nous. Il regardait Cassie avec son regard perçant. Au début, je le fixais, ne comprenant pas pourquoi il restait planté là, lorsque la fille à mes côtés répondit en souriant :

-Ne t'inquiète pas, je pense que ça ira.

Je tournais la tête vers elle sans comprendre. L'aigle rejoignait les autres rapaces qui avaient pris de l'altitude. Je compris alors : la parole mentale devait pouvoir se diriger vers une seule personne.

Nous nous sommes mis en route tous les trois. Je jetais régulièrement des coups d'œils assez éloquents derrière moi, puis je fini par ne plus me retourner pour me concentrer sur la route. Je marchais à bonne allure et les deux autres en faisaient autant.

Finalement, nous sommes passés dans une autre ruelle, puis une autre, jusqu'à une rue plus fréquentée, mais où les véhicules ne pouvaient pas passer. J'ai ainsi continué de les guider jusqu'au parc. A peine était-on entrés que je cherchais déjà un endroit où nous pourrions nous installer, un endroit assez dégagé pour que les autres puissent nous voir facilement de là-haut. Mais ce ne fut pas moi qui trouvait le coin idéal en première.

-Et si on allait là-bas? Proposa l'ex-oiseau.

Il avait un drôle de visage, dénué d'expression. C'était troublant à regarder. Je fixais ensuite la zone qui indiquait et voulu donner mon avis, mais Cassie me devança :

-Oui, ça me semble être un bon endroit.

Elle pris alors la tête du groupe. Découragée, je renonçais à parler, et me demandais aussi si ils ne l'avaient pas fait exprès.

Nous avons choisi de nous asseoir dans l'herbe – pas le choix, tous les bancs étaient pris – à bonne distance des autres personnes, et nous avons commencé à parler.

-Alors, comment ça se fait que vous pouvez vous transformer en animaux?

J'étais assez excitée, et j'avais du mal à le cacher. Cassie et l'autre parurent surpris de ce comportement, et ils eurent un petit sourire triste qui me pris au dépourvu. Pourtant, ça devais être génial de voler dans le corps d'un oiseau, non? Et maintenant que j'y pensais, que le choc premier était passé, une foule de questions me venaient. Qui était le Vysserk Trois dont ils avaient parlé? Quel était l'extraterrestre que j'avais vu?

-Eh bien, c'est grâce à une technologie appelée l'animorphe.

-Une technologie? Mais... elle vient de la Terre?

-Non, se sont les Andalites qui l'on inventée.

C'était la première fois que j'entendais le garçon parler. Je le regardais avec curiosité et demandais :

-Au fait, comment tu t'appelle? Et pourquoi tu n'as pas... démorphosé avec les autres? Et qui sont les Andalites? Ou plutôt, qu'est-ce que c'est?

Je sais, c'est un peu indiscret comme question, et j'avais l'impression de manquer de tact en disant ça, mais j'étais vraiment trop curieuse.

-Je m'appelle Tobias. J'étais humain avant mais j'ai été piégé dans ce corps de faucon à queue rousse.

Il parlait à peu près normalement, mais je sentais que mes parles avaient eu une réaction chez lui, même si j'avais du mal à savoir su c'était de la tristesse ou de la colère. Je me suis sentie un peu coupable mais je n'ai pas pu m'empêcher d'en remettre une couche :

-Piégé? Ça veut dire quoi?

-Ça veut dire que l'animorphe est un pouvoir qui nous permet de devenir un animal dont on a acquis l'ADN, mais si on reste morphosé pendant plus de deux heures, on ne peut plus regagner son apparence humaine. C'est ce qui lui est arrivé, expliqua Cassie. Les Andalites sont une race d'extraterrestres assez puissante et ils sont de notre côté. Ax... l'extraterrestre que tu as vu tout à l'heure est un Andalite.

-Ah... ça doit pas être cool d'être piégé dans un autre corps que le sien. Ai-je dis sans réfléchir, et je me serais assommée moi-même à ce instant si j'avais pu. Mais t'aurais pu tomber plus mal aussi, non? C'est comment d'être un faucon, de pouvoir voler?

Bon sang mais je ne pouvais pas me taire des fois? Vraiment, c'est très agaçant quand les mots se mettent à sortir de votre bouche sans que vous puissiez les contrôler! Tobias semblait de plus en plus mal à l'aise, mais ce fut lui qui répondit, et ma réaction positive paraissait lui remonter le moral, ce qui me fit un peu plaisir.

-Voler? C'est génial. Mais il y a des choses qui me manquent...

-Je devine, fis-je. Et qui est le Vysserk Trois dont vous parliez tout à l'heure?

-C'est le chef de l'invasion extraterrestre, dit Cassie.

Je restais abasourdie devant l'annonce, avant de me rappeler que j'avais une langue.

-Quoi?

-Tu as bien entendu. Une autre espèce que les Andalites est en train de conquérir notre planète : les Yirks. En fait, ce n'est pas notre Terre qu'ils veulent, c'est nous.

-Nous? Mais... comment... comment ça? Balbutiais-je, pensant encore rêver.

-Ce sont des parasites, expliqua Tobias avec dégoût. Ils peuvent s'introduire dans ton cerveau et te contrôler. Ils ont accès à tout, tes souvenirs, tes pensées, ils savent quelles sont tes réactions et peuvent t'imiter à la perfection, si bien que personne ne devine jamais que ce n'est plus toi.

-C'est horrible! Quels connards!

Quoi, je jure beaucoup? Désolée, ça doit venir du fait que je suis une ado et que je ne suis pas la seule dans mon entourage à jurer beaucoup!

-Je suis d'accord avec toi, fit Cassie. Et notre seul moyen de lutter contre eux, c'est l'animorphe.

-Mais... vous êtes les seuls à le savoir et à lutter? Demandais-je, incrédule.

-Hélas, répondit Tobias. Enfin, il y a les Andalites, mais ils sont loin de chez nous et mettrons du temps avant d'arriver sur Terre.

-Eh ben...

Il me fallait du temps pour assimiler tout ça. Et pourtant, j'avais encore pleins de question. Je suis sûre qu'il y avait une tonne d'autres choses à savoir! Finalement, j'ai ajouté :

-Et personne ne sait qu'on est envahis?

-A part nous et les Contrôleurs, non.

-Contrôleurs?

-Les humains qui servent d'hôtes à des Yirks.

OK... Mais dans quoi j'étais tombée moi? C'est pas vrai ça quand même... Il n'empêche que, quelque part, j'étais excitée. Et je n'avais pas l'impression que c'était dangereux, j'avais juste vu des ados se transformer en oiseaux, c'est tout! Mais quelque chose de dangereux? A part la queue de l'Andalite, qu'ils appellent apparemment Ax, il n'y avait rien, non?

Ah, le confort de l'ignorance!

Ça prenait maintenant des allures d'aventure, comme dans les livres que j'adore! Je savais vraiment que je ne mesurais pas le danger, mais je trouvais quand même ça follement excitant!

-Et je peux vous aider?

J'avais aussi très envie de leur demander de me donner ce pouvoir de l'animorphe aussi, mais ça, je n'osais pas. Trop direct, et je ne les connaissais pas assez. Mais soudain, j'étais hyper impatiente.

Je m'aperçus alors que les gens qui passaient près de nous nous regardaient de travers, surtout Cassie et Tobias. En les regardant, je compris : leur tenue n'était pas très... hum, pas très complète, elle ne collait pas avec l'environnement.

Cassie du penser la même chose car elle demanda :

-Oui, tu n'aurais pas des vêtements à nous prêter par hasard?

-Ça devrait se trouver, répondis-je en souriant. Et vous savez où loger?

Le silence qui s'en suivit me donna une réponse claire : non, ils ne l'avaient pas prévus. Pendant ce temps, je cédais à d'autres questions sans leur laisser le temps de parler :

-Au fait, pourquoi êtes-vous ici? L'Europe c'est quand même pas la porte à côté et vu votre accent, vous êtes américains...

Le sourire un peu dépassé de la fille me fit stopper net mon moulin à parole. Je vous jure, j'étais vraiment pas logique! A quoi ça servait de poser des questions si je n'attendais même pas les réponses?

-C'est compliqué, avoua Tobias. Je ne sais pas si on peut t'en parler, il faudrais qu'on en discute avec les autres. Et pour loger... on se débrouilleras.

-Mais vous aurez besoin de vous déplacer et de vous nourrir, non? Je peux vous aider! M'exclamais-je.

-Ah oui, et comment? Me demanda Cassie.

Décidément, je l'aimais bien, elle était très souriante! C'est là que je me suis rendue compte à quel point je m'étais vite habituée à cette étrange compagnie.

-Restez ici, je reviens. Si vos amis reviennent, vous pourrez en parler entre temps, je vais peut-être être un peu longue.

Devant leur air soudain inquiet, je rajoutais :

-Je vous inquiétez pas, je ne vais en parler à personne! A tout de suite!

-D'accord, on t'attend ici.

Je me suis éloignée d'eux à grande enjambées, toute excitée.