Hello ! Non, ce n'est pas un nouveau chapitre de Since I Met You, je pense que le chapitre 6 arrivera dans une ou deux semaines : je pars en vacance dimanche donc je posterais sûrement à mon retour :). En attendant voici une histoire que j'ai écrite il y a un petit moment déjà mais que je n'osais pas poster. La suite est en préparation, mais je préfère d'abord voir ce que vous pensez de ce premier '' chapitre '', je ne sais pas encore si cela va rester un Two-Shoot ou alors une vraie fiction, j'attends vos avis !

When a golden boy meets love.

Part I.

Bella était entrain de nettoyer pour la énième fois de la journée le sol de Newton's Bar, coincée dans son immonde uniforme de serveuse, les cheveux attachés dans une queue de cheval haute, ses baskets usées aux pieds, de grandes cernes étaient installées sous ses yeux marrons. Ce travail minable l'épuisait, mais elle en avait besoin pour payer ses études de littératures, elle, pauvre petite étudiante vivant dans un minuscule appartement dans le Bronx. Pourtant, Forks ne lui manquait pas. Elle détestait depuis son enfance cette minuscule ville. Son père était un homme affreux, un alcoolique qui ne cessait de tromper Renée, la mère de Bella. Malgré les nombreuses infidélités de son mari, elle ne voulait pas le quitter. Pathétiquement triste.

Elle allait s'attaquer aux vitres recouvertes d'au moins 3 millimètres de crasse quand son portable se mit à vibrer. Sachant déjà qui l'appelait à cette heure-ci, elle décida d'ignorer le son désagréable des vibrations sur le bois du comptoir dévoré par les mites et préféra monter le son de la radio, cela ne gênerait personne de toute façon : il n'y avait que cinq personnes depuis trois heures à peu près. Bella pensait qu'il allait vite comprendre le message et cesser de l'appeler, mais elle songea rapidement à sa ténacité. Il n'abandonnait jamais, c'est bien pour ça que son entreprise faisait tant de bénéfices, il savait être un tyran pour arriver à ses fins. Bella s'acharna encore plus sur les vitres, elle eût presque peur de casser un carreau et se calma. Elle n'avait pas besoin de perdre encore plus d'argent ce mois-ci en devant rembourser cette fichue fenêtre. Elle souffla un grand coup pour essayer de se calmer. Réaction normale, il l'a rendait nerveuse.

Tellement sûr de lui, pouvant mettre le monde à ses pieds alors qu'elle était totalement insignifiante. Elle regrettait de penser encore à lui. Il était marié désormais. Elle devait l'oublier. Bella ne voulait pas, ne pouvait pas être l'autre femme. Une des autres femmes. Elle ne savait même pas s'il lui avait été fidèle. Peut-être que toutes ses phrases avaient été expérimentées sur d'autres jeunes femmes avant elle. Sûrement même. Comment une simple gamine de 18 pouvait intéresser un homme de 10 ans son aîné ? Il lui arrivait de penser qu'elle ne valait pas mieux que Renée. Elle était restée avec lui malgré ses soupçons sur ses rendez-vous, l'angoisse qui lui tiraillait le ventre dès qu'il partait. Perdue dans ses pensées, elle n'avait pas entendu le silence qui venait de s'installer. La musique était encore en route, mais son portable ne vibrait plus. Satisfaite à l'idée de l'avoir fait céder, elle ne put retenir un sourire avant de reprendre le chiffon et le produit vitre dans ses mains afin de se remettre à l'ouvrage.

Tu filtres mes appels maintenant ? Demanda rageusement une voix qu'elle connaissait et adorait beaucoup trop pour son propre bien.

Bella se retourna et le vit. Beau comme d'habitude avec un de ses nombreux costumes d'homme d'affaire. Ses gigantesques RayBan cachaient ses beaux yeux verts et cela la rassura, elle n'arrivait jamais à lui résister lorsqu'ils étaient découverts.

Edward, souffla-t-elle.

Pourquoi tu ne veux plus me parler ? Aboya-t-il. Cela fait trois jours que je cherche à te joindre sans succès.

De quel droit osait-il arriver sans prévenir et cracher son venin ? Bella sentit sa colère grimper en flèche. Il avait deux personnalités très, trop différentes. Comme Docteur Jeckyl et Mister Hide. Un adorable et tendre avec elle, et l'autre égoïste et arrogant avec tout le monde.

Tu ne devrais pas être en lune de miel ? Lui demanda-t-elle sans que sa voix tremble.

Edward ne laissa rien paraître, mais elle savait qu'il était surpris par cette nouvelle attitude. Elle qui était toujours si timide d'habitude, qui n'osait pas dire ce qu'elle pensait, se faisait enfin entendre. Il ôta ses lunettes avant de répondre et Bella put se plonger dans ses yeux.

J'ai trop de travail et Tanya aussi, expliqua-t-il d'une voix froide.

Navrée pour vous alors.

Il s'approcha et Bella savait que ses premières barrières allaient commencer à céder lorsqu'elle sentirait son odeur si particulière. Menthe et tabac froid. Elle ne voulait pas le laissait gagner cette fois. Elle ne pouvait pas se le permettre. Voyant que la distance entre eux s'amenuisait, Bella saisit à nouveau le produit vitre et son torchon et partit se réfugier derrière le comptoir. Une fois protégée derrière celui-ci, elle souffla, soulagée. Le bar lui accordait une trentaine de centimètres d'écart avec Edward. Ce n'était pas assez pour qu'elle puisse être en pleine possession de ses moyens, mais elle n'aurait que ça. Cette soudaine distance sembla énervé encore plus l'homme en face d'elle. Mais aujourd'hui, elle ne pouvait plus se taire.

Pourquoi tu ne veux pas rester à coté de moi ?

Je ne peux pas me concentrer lorsque je suis trop proche de toi, dit Bella qui n'avait pas pu se retenir.

Première erreur, Edward parut bien trop, satisfait par cette réponse. Savoir qu'il avait de l'influence sur elle était gratifiant pour son orgueil. Il aimait contrôler les gens. Sachant qu'elle commençait déjà à perdre son masque d'assurance, Bella essaya d'abréger la conversation.

Qu'est-ce que tu veux, Edward ? Soupira-t-elle en se saisissant d'un verre afin de le nettoyer, elle ne voulait pas affronter le regard d'Edward.

Je voulais juste te voir.

Bella releva les yeux et se plongea dans ses yeux émeraudes. Il s'était installé sur un tabouret en face d'elle et regardait chacun de ses mouvements.

Tu n'es pas venu au mariage, murmura-t-il.

Non.

Pourquoi ?

Pourquoi ? Tu me demandes vraiment pourquoi ? Tu crois que voir l'homme que j'aime en épouser une autre c'est supportable pour moi ? Dit-elle en lui adressant un regard noir. De toute façon, je t'ai envoyé un message pour te dire de ne pas compter sur moi.

Elle vit Edward baisser la tête et ses mains s'emparaient de ses cheveux désormais en bataille. L'amour était un sentiment qu'Edward ne savait pas gérer, ou comprendre. Il était mal à l'aise dés qu'on abordait le sujet, pourtant il lui était arrivé d'être tellement tendre et attentionné envers Bella qu'elle s'était sentie aimée sans qu'il ne le dise. Mais elle n'avait pas réussi à garder pour elle ce qu'elle ressentait, et Bella était certaine que c'était ses aveux qui l'avait poussé à épouser Tanya et à s'éloigner d'elle.

De plusieurs rencontres par semaine, ils étaient passés à une tous les quinze jours. Edward disait être trop occupé lorsqu'elle l'appelait ou qu'elle lui envoyait des messages et elle s'était retrouvée affreusement seule et perdue. A part lui, elle ne connaissait pas beaucoup de monde à New-York, la plupart de ses autres amis étaient des étudiants comme elle et en cette période d'examens, ils n'avaient pas eu beaucoup de temps pour les sorties.

Je voulais que tu sois là, Isabella.

Et moi, j'aimerais que tu partes. Mais, on est aussi têtu l'un que l'autre.

Je ne partirais pas maintenant, pas sans la promesse que nous allons continuer à nous voir, dit Edward d'une voix dénuée d'émotions cette fois, il n'aimait pas être pris au dépourvu et l'attitude de son ancienne amante le rendait nerveux.

Je ne veux pas te revoir ! Cria presque Bella en lui tournant le dos.

Tu mens, je le sais !

Je ne mens pas. Vas-t'en ! Je ne veux plus jamais te revoir !

NON !

Le cri d'Edward fit sursauter les quelques clients qui étaient encore présents. Ne souhaitant pas être interrompu, il sauta de son siège, sortit son porte monnaie et tendit trois billets de cent dollars à chaque personne encore assise dans le bar. Elles sortirent immédiatement, sans un regard pour la pauvre Bella qui, toujours de dos, essayait tant bien que mal de cacher les larmes qui s'amenuisaient au bord de ses yeux, avant de se retourner pour essayer de comprendre ce que faisait son ancien amoureux. Après s'être assuré que la pièce principale et les toilettes étaient vides, Edward tourna le panneau de l'entrée qui annonçait désormais aux clients que le bar était fermé et éteignit la radio avant de revenir près du comptoir sans s'asseoir cette fois.

Écoute moi bien, Isabella, dit-il en tendant son index vers elle, nous allons continuer à nous voir. Je ne vais pas te laisser faire. Qu'est-ce que tu veux faire ? Sortir avec un gamin ? Un étudiant qui veut simplement coucher avec toi et t'oublier ensuite ?

Exactement, répondit Bella qui avait décidé de le faire marcher, j'ai un rendez-vous samedi soir avec Seth, un garçon qui est dans mon cours d'italien.

Seth Meyer était un garçon vraiment adorable. Intelligent, calme, sérieux. Un homme bien, pourtant elle ne voulait pas allez plus loin avec lui, ils étaient de simples amis. Mais Edward n'avait pas besoin de savoir ce détail.

Elle était enfin sorti de derrière le comptoir et commença à passer la serpillière, sans accorder un seul regard à Edward. Au bout de quelques minutes de silence pesant, elle le vit entrain de se pincer l'arête du nez en essayant de calmer sa respiration. Décidant de mettre son ressentiment de coté, Bella s'approcha de lui et posa une main sur son torse. Il releva la tête et elle put voir de la peur au fond de ses yeux. Qu'est-ce qu'un homme aussi fort que lui pouvait craindre ?

Bella, un dîner. Samedi soir, 20h30 au Scalinatella Ristorante.

Edward, c'est hors de prix. Je ne peux pas me payer ne serait-ce qu'une entrée dans ce restaurant.

Hors de question que tu payes. Tu n'as qu'à venir, s'il te plait, ajouta-t-il en grimaçant.

Edward scruta le visage d'Isabella, il savait que si elle refusait cette invitation, ce serait la fin : leur fin. Et il ne pouvait pas le supporter. C'était la première fois qu'il se laissait aller devant elle, qu'il lui laissait voir à quel point elle était importante pour lui. Il suppliait presque la jeune femme devant lui d'accepter ce qui serait peut-être leur dernier dîner.

Je viendrais, dit-elle finalement après quelques secondes d'incertitude.

Merci Bella. Merci mille fois.

Ne pouvant plus supporter de rester loin d'elle, Edward s'approcha doucement, lui laissant ainsi le temps de prendre sa décision et de reculer pour un éventuel refus, mais Bella ne fit rien et resta droite face à lui. Il passa sa main droite à travers ses cheveux bouclés, désormais détachés, avant d'entourer la fine taille de la jeune femme de sa main gauche. Elle, enroula lentement ses deux bras autour de son cou avant de se hisser sur la pointe de ses pieds pour se rapprocher d'Edward, mais se fut lui qui posa ses lèvres sur les siennes. Il l'a colla à lui comme s'il voulait fondre leur corps l'un dans l'autre. Bella ne s'en plaignait pas, au contraire, ce genre de contact avec Edward lui avait horriblement manqué et même si elle était en colère contre lui, son ressentiment avait été oublié dès qu'il avait effleuré ses lèvres.

Edward, je …

Mais le moment fut gâché, le portable d'Edward se mit à sonner et quand Bella sentit son corps se tendre, elle savait qu'il allait redevenir l'homme d'affaire qu'elle n'aimait pas. L'homme froid qui contrôlait son petit monde en se fichant totalement des conséquences de ses actes. Edward soupira et se sépara brutalement d'elle avant de se saisir de son portable rangé dans la poche droite de son costume. Il regarda qui l'appelait avant de décrocher.

Rosalie ? Oui, bien sûr qu'on se voit ce soir …

Bella ne voulait pas en entendre plus, il lui avait déjà retrouvé une remplaçante. Une femme magnifique sans doute, grande, blonde, une femme totalement différente de celle qu'elle était. Elle jeta un coup d'oeil à la pendule Les Simpsons accrochée au mur à coté de diverses photos de sportifs à la retraite désormais, et vit qu'il était 19h, l'heure bénite ou elle pouvait enfin fermer ce stupide bar.

Décidant de laisser Edward parler avec sa Rosalie, elle rangea les produits d'entretiens qu'elle avait utilisés et alla chercher ses affaires personnelles dans les vestiaires qui étaient eux aussi dans un pitoyable état. Lorsqu'elle retourna dans la pièce principale, Edward l'attendait, son téléphone à nouveau rangé.

Je ferme. Tu dois partir, maintenant, exigea-t-elle.

Ce n'est pas ce que tu crois.

Edward, je m'en fous. Tu peux coucher avec tout l'Upper East Side si tu veux, de toute façon je ne pense pas que notre relation t'en as empêché.

Qu'est-ce que tu insinues ? Lui demanda-t-il en s'énervant encore une fois. Tu penses que je t'ai trompé ? Je ne suis pas comme ça, putain !

Ah bon ? Et que crois-tu faire en venant m'inviter à dîner alors que tu es marié désormais ? Répondit-elle en s'esclaffant bruyamment.

Elle savait qu'Edward ne supportait pas que l'on se moque de lui et que son attitude allait le faire sortir de ses gonds. Mais elle n'arrivait pas à s'arrêter. Elle avait gardé bien trop de choses pour elle et aujourd'hui elle voulait enfin se libérer.

J'en ai marre d'être l'autre femme, Edward ! Tu comprends ça ? Je peux plus supporter ça, tu viens quand tu en as envie, tu me donnes l'impression que tu ressens quelque chose pour moi et après je vois dans ces stupides magasines que tu as offert un nouveau bracelet en diamants à ta très chère Tanya ! Je ne sais même pas pourquoi tu es venu, c'est pas comme si j'étais importante pour toi ! Peut-être que tu n'acceptais pas le fait que pour une fois ce soit moi qui décide de l'avenir de notre relation et pas toi ! On vient de s'embrasser, je pensais que tu revenais enfin vers moi, une de tes pétasses t'appelle et tu ne me regardes même plus, alors non, on ne se verra pas samedi soir. On ne se verra plus du tout, et tu peux taper du poing sur la table comme tu sais si bien le faire : ça ne changera rien, nous deux, c'est terminé.

Les larmes coulèrent sur le visage de Bella sans qu'elle ne puisse les arrêter, elle avait trop mal pour se soucier de l'image pitoyable qu'elle devait montrer à Edward.

Isabella, souffla-t-il.

Non, Edward. Pars, je t'en supplie.

Il s'approcha d'elle et posa un doux baiser sur son front tout en caressant sa joue et ses cheveux. La détermination de Bella fondit comme de la neige au soleil. Elle savait qu'elle venait de perdre la partie, encore une fois.

Je suis désolé de te faire du mal, mais … je ne peux pas renoncer à te voir. Samedi soir, 20h30, je viendrais te chercher en limousine. Ta robe bleue nuit serait parfaite.

Sans rien ajouter, il disparut aussi vite qu'il était arrivé. Bella mit les chaises sur les tables, mais en fit tomber une lorsqu'elle entendit une forte détonation provenant de l'extérieur, un bruit de plastique écrasé. Elle éteignit toutes les machines et les lumières et ferma le bar. A sa sortie, elle vit que la poubelle avait été renversée à quelques mètres de là. En rentrant chez elle, Bella se promit de ne plus jamais critiquer sa mère à cause de sa relation avec Charlie.

Edward sortit furieux du Newton's bar. Cette garce de Rosalie l'avait appelé pour préparer l'anniversaire surprise de son cousin Emmett et Bella s'était imaginé autre chose. Il avait tout raté, encore une fois. Frustré, il donna un grand coup de pied dans la poubelle qui se trouvait malheureusement à coté de lui. Mr Black, son chauffeur, sursauta en voyant son patron passer sa rage sur ce morceau de plastique à présent déformé.

Monsieur Cullen ?

Ramenez-moi chez moi, grogna Edward qui avait remis en place son masque d'homme froid qu'il ne laissait tomber que pour Isabella.

Bien Monsieur, répondit Jacob en lui ouvrant la porte avant d'aller se placer derrière le volant.

Edward se laissa tomber dans son fauteuil en cuir et rejeta sa tête en arrière. Il devait rejoindre Tanya chez lui pour dîner Oui, chez lui. Tanya n'habitait pas avec lui, elle disait ne pas être prête pour cela. Elle n'était pas prête pour avoir un rapport sexuel avec lui, pour faire un trajet en voiture avec ou lui, et l'était à peine pour être dans la même pièce que lui. Stupide mariage. Il l'avait rencontré i ans, elle était belle, riche, extravertie, elle essayait de le draguer sans cesse, lui faisant des avances en se calmant dès qu'il souhaitait aller plus loin, ses parents avaient approuvé cette relation et Edward avait donc décidé de l'épouser. Son comportement avait changé, elle était devenue timide, introvertie. Elle n'osait plus lui parler, passer ses journées entières dans la bibliothèque de son appartement, tout le monde était inquiet pour elle. Même Edward, il n'était pas amoureux d'elle, Tanya était une amie, il pensait pouvoir ressentir plus un jour.

Mais il avait rencontré Bella. Elle était si belle, intelligente et jeune. Une vraie bouffée d'air frais, pourtant il ne voulait pas changer ses plans. Il s'était dit qu'elle accepterait cette union et qu'ils pourraient continuer à se voir sans problèmes. Puis, elle lui avait dit qu'elle était amoureuse de lui et les choses étaient devenues beaucoup plus compliquées. Il ne savait pas gérer cela. L'amour rendait les gens fous, il provoquait des réactions stupides. Edward ne connaissait pas l'amour. Bien sûr il aimait sa famille, mais l'amour envers les femmes était quelque chose qu'il ne connaissait pas et qui l'effrayait.

Putain, grogna-t-il en tirant encore une fois sur ses cheveux.

Il devait essayer de faire fonctionner son mariage, mais il ne pouvait pas renoncer à elle. C'était au delà de ses forces. Depuis qu'il l'avait rencontré, Edward était devenu fou de cette jeune fille. Il avait été stupide de l'inviter au mariage. Il l'avait prise pour acquise, il ne s'imaginait pas qu'elle le quitterait, qu'elle refuserait de le voir ou de lui parler. Elle l'aimait et il pensait qu'elle accepterait tout. Maintenant, il se rendait compte à quel point il avait été affreux avec Bella.

Son portable sonna, interrompant ainsi son raisonnement. Edward ne fut pas surpris en voyant la photo de son interlocuteur s'afficher sur l'écran de son téléphone.

Qu'est-ce qui se passe Tanya ?

Je …

Edward leva les yeux au ciel. Il ne supportait plus son comportement alors qu'ils étaient mariés depuis 1 semaine seulement. Il était un homme sûr de lui, Tanya l'était également avant ce mariage, désormais, elle était timide. Pas comme l'était Bella, la sienne était adorable, la timidité de Tanya était exaspérante.

Je ne peux pas dîner a-avec t-t-toi, bégaya-t-elle après un long silence.

Et pourquoi cette fois-ci ? Demanda Edward qui s'énervait de plus en plus.

Ce n'était pas un mariage d'amour évidement, mais ils avaient fixé des règles. Ils devaient apprendre à se connaître, jouer la comédie en public et devant leur famille, mais elle ne voulait même pas manger dans la même pièce que lui.

J'ai du tr-travail, je ne peux p-p-pas partir maintenant.

Edward regarda son énorme montre vissée à son poignet gauche et soupira en voyant qu'il était 19h30 et que par conséquent, Tanya inventait sûrement un prétexte pour ne pas le voir. Hier, il était dans sa limousine et devait aller chez Anthony, un coiffeur qui s'occupait de lui depuis qu'il était enfant, il avait regardé à travers la vitre et avait vu Tanya dans un taxi à coté de lui. Grâce aux bouchons, il avait pu descendre et était monté à ses côtés. Il voulait savoir pourquoi elle ne lui avait pas dit qu'elle partait si tôt et il n'avait même pas pu la voir avant d'aller travailler. Elle avait simplement répondu qu'elle avait oublié et Edward était descendu rapidement, ne souhaitant pas lui dire des choses qu'il pourrait regretter plus tard.

Fais ce que tu veux Tanya, mais tu ne pourras pas me fuir éternellement, nous devons parler sérieusement.

Edward raccrocha mais il était encore plus tendu qu'avant l'appel de sa femme. D'habitude, Bella arrivait à le calmer. Elle lui faisait parfois un massage, ils regardaient un film ensemble, lisaient dans la bibliothèque de l'appartement d'Edward ou alors elle s'asseyait simplement sur ses genoux pendant qu'il travaillait et caressais ses cheveux. Aujourd'hui il ne pouvait plus lui demander ces faveurs pour apaiser ses tensions, et l'idée d'appeler une masseuse professionnelle le dégoûtait. Il ne voulait pas laisser une autre femme que Bella le touchait de cette façon. Les massages étaient une activité qui lui était réservée.

Il était à deux doigts d'exploser lorsqu'il trouva le moyen de se changer les idées. Il prit son portable, le trifouilla durant 1 minute avant de souffler instantanément de soulagement. Il regarda la photo de Bella qui venait de s'afficher sur son écran et se détendit enfin. Il devait en avoir une centaine dans son téléphone. Heureusement qu'un mot de passe protéger son portable, il n'osait pas imaginer les conséquences si jamais l'un des membres de sa famille tomber sur les photos de la belle brune, surtout maintenant qu'il était marié à Tanya.

Lorsque la limousine s'arrêta enfin, il était 20h10. Le trajet du Bronx à l'Upper East Side s'était fait beaucoup plus rapidement que prévu, Edward n'avait pas regardé la moitié des photos. A chacune d'entre elle, il s'arrêtait afin de se remémorer le jour ou elle avait été prise et contempler aussi le visage de sa Bella.

Monsieur Cullen, nous sommes arrivés.

Merci, Jacob.

Le jeune chauffeur fut choqué, mais satisfait du changement d'attitude de son patron. Lui qui était furieux et stressé il y a une heure seulement, était désormais souriant et parfaitement détendu. Jacob n'eut pas besoin de chercher longtemps la raison de cette soudaine gaieté, il était dans le secret de la relation entre Edward et Bella depuis le début et pouvait donc affirmer haut et fort qu'il n'avait jamais vu son patron aussi heureux que lorsqu'il était avec cette jeune femme.Edward se dirigeait vers la sortie du parking souterrain de son immeuble mais il se retourna immédiatement afin de revenir vers Jacob.

Tenez, c'est pour vous féliciter de votre excellent travail aujourd'hui. Je désirais rentrer le plus rapidement possible ici et vous avez été parfait, dit il en lui tendant une liasse de billets verts.

Monsieur Cullen, c'est beaucoup trop, je ne fais que mon travail.

Jacob, prenez-les. Je sais que les soins de votre père sont assez onéreux. Et j'espère que vous savez que si jamais vous avez besoin d'aide, vous n'avez qu'à me le demander.

Merci Monsieur Cullen. Alec et Jane vous attendent afin de vous escorter en toute sécurité jusqu'à votre étage.

Les deux hommes se mirent à marcher côte à côte pour retrouver les deux agents de sécurités.

Tout ceci est d'un ridicule consommé, grommela Edward.

Monsieur, tant que nous ne sommes pas totalement certains que la taupe est bien Mademoiselle Weber, nous préférons être prudents. Vous êtes un homme important, rétorqua Jacob.

Il y a quelques mois de cela, de précieuses informations de Cullen Agency avaient été révélées sur internet, et la société avait perdue beaucoup d'argent en quelques jours. Edward avait prévu d'acheter plusieurs terrains afin de faire construire plusieurs complexes immobiliers, mais les lieux en questions avaient été dévoilés sur la toile et plusieurs sociétés rivales avaient réussi à les acheter avant lui, ce qui l'avait mit dans une colère noire. La taupe avait été traquée dans chaque service de l'entreprise, le service consacré à la sécurité avait travaillé sans relâche pendant des semaines avant de finalement arrêter un mois auparavant Angela Weber, la secrétaire d'Edward.

Cette dernière avait toujours été intéressée par son patron, mais Edward, contrairement à ce que pensais Bella, ne l'a voyait même pas. Son attention était focalisée sur sa belle étudiante. Un jour, elle lui avait glissé un mot dans un des dossiers. Il était tombé dessus et avait décidé de mettre les choses au clair avec elle. Il ne voulait pas qu'elle s'imagine des choses le concernant.

Avez-vous de nouvelles preuves ?

Elle avoue être impliquée, seulement elle dit ne pas être seule, avoua Jacob avec une petite voix.

Pourquoi n'en ai-je pas été informé ?

Monsieur …

Jacob ! Répondez-moi ! Immédiatement !

Nous avons pensé, et votre frère aussi, qu'il était préférable de ne rien vous dire pour ne pas gâcher votre mariage.

Dieu sait que cela ne pouvait pas être pire que maintenant, murmura Edward avant de rejoindre ses deux gardes du corps.

Il arriva enfin dans son salon et se débarrassa avec une joie non dissimulée de sa cravate et de sa veste de costume avant de se diriger vers son piano. Il savait en jouer depuis l'âge de 6 ans et aurait même pu intégrer le conservatoire, mais le monde de l'immobilier l'avait toujours attiré et il avait préféré continuer ses études normalement afin de décrocher son bac et son diplôme avant de créer sa propre société.

Edward s'installa sur le banc et essaya de jouer n'importe quel morceau qui lui venait à l'esprit, tous sauf celui qu'il avait composé pour Bella. Il lui rappellerait trop de souvenirs et il craignait encore de ne pas revivre encore de tels moments avec elle. Il espérait qu'elle lui enverrait un message pour confirmer, elle devait se douter qu'il n'abandonnerait pas si vite la partie.

Sans s'en rendre compte, Edward commençait la fameuse berceuse qu'il avait composée un mois après leur première rencontre. A l'époque les choses étaient plus simples, ni Bella ni lui ne pensait que leur histoire allait durer et qu'ils allaient tomber amoureux. Car même s'il n'avait pas d'expérience dans ce domaine, Edward se doutait bien que les papillons qui s'envolaient dans son ventre dès qu'il apercevait Bella, était l'un des syndromes de l'amour. Son envie constante de la toucher dès qu'il était près d'elle aussi.

Je l'aime. Je suis amoureux de Bella.

C'était la première fois qu'il osait le dire à voix haute. Il s'attendait à être bloqué, à ne pas réussir à le dire, mais il était assez satisfait de sa première tentative. Même s'il savait que l'étape la plus difficile serait de le dire devant Bella. Elle qui lui avait dit depuis quelques semaines déjà.

Il entendit la porte s'ouvrir et sentit une odeur de thé aux fruits rouges s'infiltrer dans la pièce. Nanny.

Edward ! Tanya ne devait pas venir dîner avec toi ?

Si, mais elle a annulé, encore une fois.

Elle ne sait pas ce qu'elle rate alors ! J'ai cuisiné un coq au vin. As-tu mangé aujourd'hui ? Demanda Elizabeth en mettant ses poings sur ses hanches tout en le fixant.

Oui, Nanny …

Tu ne dis pas ça pour te débarrasser de moi ?

Non, Nanny …

Tu te moques de moi Edward Anthony Cullen.

Oui, Nanny …

Elle me tapa l'arrière de la tête tandis qu'Edward s'esclaffait. Elizabeth, plus connue sous le nom de Nanny, et son mari Caius travaillaient pour ses parents avant de travailler pour lui. Lorsqu'il avait quitté la maison familiale, Esmée leur avait proposé de suivre Edward, ils étaient proches de lui depuis toujours. Nanny s'occupait de tout ce qui était ménage et cuisine, tandis que Caius s'occupait des nombreuses voitures d'Edward. Il était passionné de mécanique et pouvoir entretenir une Porsche et d'autres voitures de grandes marques étaient un rêve devenu réalité pour lui. Il bichonnait tout particulièrement la limousine.

Je t'apporte à manger dans quelques minutes, dit-elle tout en arrangeant le col de sa chemise.

Merci Nanny.

Avant que j'oublie, tu devrais le dire à Bella.

Dire quoi ?

Que tu l'aimes.

Edward s'arrêta de jouer et se retourna vers sa gouvernante.

Tu m'as entendu ?

La porte n'était pas fermée, avoua Elizabeth en lui souriant.

Samedi soir, si elle accepte toujours de dîner avec moi, je lui dirai.

Bien, Edward.

Elle quitta la pièce alors qu'Edward revenait face à son piano. Il recommençait la berceuse qu'il avait créée pour Bella, mais un autre air lui vint à l'esprit. Il attrapa des partitions et un crayon et gribouilla quelques notes. Au bout d'une heure, il était satisfait de son morceau. Contrairement à la première musique inspirée par Bella, celle-ci était moins douce, plus ténébreuse et refit vivre à Edward leur conversation de tout à l'heure. Il devait être parfait samedi soir. Il devait s'assurer qu'elle ne voudrait pas le laisser. Il avait besoin d'elle, mais il ne comprenait pas ce qu'elle attendait de lui. Toute sa vie, il avait cru que les gens ne vivaient que pour l'argent. Qu'ils ne voulaient que ça et qu'en leur en donnant, ou en leur offrant de l'argent ou un cadeau onéreux pour qu'ils vous mangent dans la main. Bella n'était pas comme ça, elle vivait dans un taudis, n'avait qu'une camionnette minable qui ne marchait pas les trois quarts du temps, mais elle ne voulait pas demander de l'aide à Edward bien que ce dernier n'attendait que ça.

Edward, ton repas est prêt et tu as de la visite ! S'exclama Elizabeth.

Son frère, Jasper, venait d'entrer, suivant Nanny qui posa le plateau repas sur la table avant de sortir en fermant doucement la porte. Jasper était psychologue, comme leur père, il avait décidé de se lancer dans une carrière médicale avant de suivre des cours de psychologie et de tomber fou amoureux de ce métier, c'est comme ça qu'il avait rencontré sa femme, Alice Brandon, la styliste la plus connue de New-York. Elle était venue le consulter car elle s'inquiétait de son manque d'inspiration et elle était rapidement devenue beaucoup plus qu'une simple patiente. Ils s'étaient mariés i ans déjà et Edward ne l'acceptait toujours pas. Il ne supportait pas Alice, elle était bien trop hystérique en permanence, en plus, Jasper lui achetait absolument tout ce qu'elle désirait. Elle le manipulait comme une marionnette. Le sujet était d'ailleurs sensible entre les deux frères.

Salut mon frère, dit le blond en enlaçant Edward.

Jasper. Que me vaut l'honneur de ta visite ?

En fait, c'est bientôt l'anniversaire d'Ally et …

Edward savait parfaitement ce qu'il voulait lui demander, de l'argent. Jasper vivait au dessus de ses moyens pour satisfaire cette peste de Brandon. Edward acceptait de lui prêter de l'argent, Jasper trouvait toujours un moyen de lui rembourser même si son frère ne lui réclamait jamais rien, mais il trouvait cela malsain. Jasper se saignait pour rendre Alice heureuse alors qu'elle ne lui accordait pas l'attention qu'il méritait. Cela mettait Edward hors de lui car, avant que la tornade Alice débarque dans sa vie, son ainé était avec une jeune femme nommée Maria qui ne vivait que pour lui. Ils se connaissaient depuis l'enfance et étaient fusionnels. Ils étaient même fiancés, mais Alice était arrivée et avait littéralement ensorcelée Jasper qui avait rompu avec Maria au bout d'une semaine.

Cette dernière n'en avait même pas voulu au jeune homme. Elle l'aimait bien trop pour cela, et encore aujourd'hui, Edward savait que si jamais il divorçait Maria accepterait avec plaisir de reprendre Jasper. Il le savait car il n'y a pas si longtemps que ça, elle l'avait croisé à une réunion importante. Elle travaillait dans une entreprise qui collaborait énormément avec celle d'Edward. Ils avaient discuté autour d'un café et elle lui avait avoué aimer encore Jasper. Il n'avait plus de nouvelles depuis quelques mois mais espérait sincèrement qu'elle allait bien et que son stupide frère ne la tracassait plus autant.

Qu'est-ce que ta merveilleuse femme veut encore ? Lui demanda Edward.

Jasper entendit l'ironie sur le mot merveilleuse mais ne releva pas. Il avait bien trop besoin d'Edward.

Elle aimerait faire une croisière en Europe, à partir de …

Combien il te faut Jasper ? Le coupa Edward.

30 000 $.

Sans rien dire, Edward se leva, attrapa sa veste et en sortit son chéquier. Il ne voulait pas se disputer avec Jasper aujourd'hui, la journée avait été assez mauvaise.

Merci Edward, je t'assure que c'est la dernière fois que je t'emprunte de l'argent.

Tu dis ça à chaque fois Jasper. Tu sais comme moi que cette situation ne pourra pas durer indéfiniment.

Parce que tu te crois mieux que moi peut-être ? Toi qui sors avec une gamine de 19 ans ?

Edward se raidit instantanément en saisissant l'allusion à Bella.

Comment es-tu au courant ?

Alice m'a dit qu'elle t'avais vue à Central Park, un jour ou elle allait voir une amie, avec une jeune fille brune. J'ai trouvé ça étrange vue que Tanya est blonde, répondit Jasper d'un air narquois. Tu peux me donner toutes les leçons que tu veux, toi, continua-t-il en le pointant du doigt, tu as toutes les filles de la ville à tes pieds. Je ne trouverai jamais mieux qu'Alice, c'est la seule qui veut de moi ! La seule qui m'accepte comme je suis !

Tu dérailles. Regarde-toi ! Maria était folle de toi, elle l'est encore aujourd'hui et tu t'accroches à cette croqueuse de diamant ! Prends ton chèque, va lui offrir cette croisière dont elle rêve tant ! Mais le mois prochain lorsqu'elle exigera autre chose, ne viens pas me voir.

Jasper ne parut pas même ébranlé par les paroles de son cadet. Il se saisit du précieux chèque et sortit en vitesse, sans un regard pour son frère maintenant qu'il avait ce qu'il était venu chercher. Edward, furieux pour la énième fois de la journée, ne regarda même pas le plateau déposé quelques minutes auparavant par Elizabeth et se précipita vers sa chambre pour enfiler un survêtement. Il avait décidé de rendre sa colère utile pour une fois et se dépenser un maximum. Il se dirigea vers sa salle de sport personnelle et alla directement vers le sac de frappe. Il était tellement pressé d'évacuer toute cette frustration qu'il ne prit même pas le temps de bander ses mains avec de commencer à frapper de toutes ses forces. Edward se repassa mentalement toute la journée qu'il venait de vivre et tapa encore plus fort. Une demi-heure plus tard, le sac était dans un état lamentable et ses poings aussi. La peau qui recouvrait ses articulations avait été arrachée et du sang maculait le sac de frappe. Il n'osait imaginer la réaction de Nanny lorsqu'elle le verrait blessé ainsi.

Monsieur Cullen ? Dit Alec qui venait d'entrer dans la pièce.

Quoi encore ?

Edward était à bout de nerfs, il n'avait qu'une envie : aller se coucher et essayer d'oublier cette journée.

Mlle Swan est ici.

Alec vit son patron se retourner dès qu'il lui dit qu'elle était là. Un vrai sourire apparut sur son visage, pas comme celui qu'il faisait à Tanya. Il n'y avait qu'elle pour le rendre aussi heureux, même les employés d'Edward le savaient.

Faites la rentrer ! Le supplia Edward.

Bien Monsieur.

Quelques minutes plus tard, Bella pénétrait dans la pièce. Elle n'avait pas fait deux pas dans la pièce qu'Edward était déjà à ses côtés, la serrant contre lui. Ce n'est que quelques minutes plus tard, quand il accepta enfin de la relâcher qu'il vit les traces de maquillage sur son visage qu'il prit en coupe sur le champ.

Bella ? Qu'est-ce qui se passe ?

Mon proprio' m'a mis à la porte … Je peux rester chez toi pour cette nuit ?

Pourquoi tu as été expulsée ?

Je n'avais pas encore payé le loyer, j'ai quelques problèmes financiers en ce moment et …

Et ?

Il m'a bien proposé une solution mais …

Lorsqu'elle le regarda fixement, il comprit tout de suite la proposition que l'ordure avait du lui faire. Il souffla un grand coup avant de finalement répondre.

Tu peux rester le temps que tu veux.

Merci Edward, dit-elle en se réfugiant dans ses bras et en le serrant aussi fort qu'elle le pouvait.