When a golden boy meets love.

Edward se réveilla d'un coup, sonné par l'horrible sensation qu'on me broyait le cœur. Il aggripa désespérement sa poitrine avant de sentir un brusque soulagement. Lorsqu'il ouvrit les yeux, la lumière brûla ses rétines et il lui fallut quelques battements de paupières pour voir clairement ce qui l'entourait. Sur le fauteuil placé en face de son lit, le jeune homme vit une veste en cuir qui avait connu de meilleurs jours et su immédiatement qui était en train de profiter des toilettes dans la pièce d'à coté.

Hey cousin ! S'exclama une voix grave et enjouée.

Eau, chuchota Edward en sentant sa gorge bien trop sèche pour pouvoir parler correctement.

Tiens, bois ça Eddie ! Répondit la montagne de muscle en lui tendant un verre.

Il but cul sec le verre en entier et son cousin le resservit aussitôt, attendant impatiemment qu'Edward ait fini d'étancher sa soif.

Allez, prince Edward, bouge ton derrière royal !

Ravi de te voir, Emmett, grommela Edward en essayant de s'assoir.

Mollo golden boy ! Le médecin a dit que tu devais faire attention, tu t'es pris deux balles quand même !

Où est Bella ? Demanda-t-il, encore secoué par l'affreuse douleur qu'il avait ressenti quelques minutes plus tôt.

En sécurité, on a eu un petit problème pour être tout à fait honnête avec toi, souffla Emmett en se grattant l'arrière de la tête.

Qu'est-ce qui s'est passé ?

Bella a en quelques sortes été enlevée par Alice et Jacob …

La peau du visage d'Edward devint rapidement rouge vive et la colère l'étouffait tellement qu'il n'arrivait pas à desserer les machoires pour hurler. L'inquiétude lui coupa la respiration lorsqu'il s'imagina que Bella était sûrement blesser, Alice n'avait jamais été tendre et elle le serait encore moins avec elle.

Décidant qu'il ne pouvait pas rester dans un lit alors que l'amour de sa vie était en danger, Edward se redressa tant bien que mal, bien destiné à se débarasser de ces stupides perfusions mais Emmett l'arrêta.

Oh oh ! Doucement la belle au bois dormant ! Protesta le géant brun. Bella va bien, ok ? Elle est saine et sauve chez moi avec Rosalie.

Est-elle blessée ? Lui demanda son cousin, prêt à surgir hors de son lit si la réponse du jeune homme n'était pas satisfaisante.

Je ne vais pas te mentir, elle a quelques hématomes sur le visage et les bras. Alice l'avait attachée, Bella a des marques sur les poignets et elle est un peu secouée par tout ça, mais elle est surtout inquiète pour toi, dit Emmett. Quand j'ai décidé de venir te voir, Rosalie essayait de la faire dormir, elle est drôlement têtue cette gosse, ricana-t-il.

Est-ce que Jasper était là ? L'interrogea Edward en palissant considérablement à l'idée de savoir que son frère avait participé à l'enlèvement de son amour.

Non, je ne pense pas qu'il était même au courant.

Edward se détendit légèrement mais décida tout de même de vérifier par lui-même les informations données par le jeune homme. Il déplaca le haut de son corps mais s'effrondra aussi sec en sentant une affreuse douleur lui tordre la poitrine. Sa main se dirigea par réflexe sur sa poitrine, sous l'immonde blouse qu'il devait porter, et toucha le tissus qui l'enrobait.

Tu dois limiter tes mouvements, le médecin ne va pas tarder à passer pour vérifier la plaie et pour t'interroger.

Est-ce qu'on sait qui a fait ça ? L'interrogea Edward, son ton froid d'homme d'affaire de retour.

Aucune, soupira Emmett en secouant la tête. Mais je suppose que tu as des soupçons Sherlock !

J'étais au téléphone avec mon père quand c'est arrivé, il sait pour Bella et moi et comme tu t'en doutes Carlisle n'a pas vraiment apprécié m'entendre dire que je voulais quitter Tanya pour elle.

Oncle Carlisle craint, c'est même ce qu'on peut appeler un connard, mais de là à vouloir te tuer …

Ce n'est peut-être pas lui, mais j'ai de plus en plus de preuves qui l'accablent ces temps-ci.

Honnêtement je pensais plutôt à Alice ou même à Tanya, lâcha Emmett en fixant le visage de son cousin.

Je sais qu'Alice est impliquée, avoua Edward. Quand les bureaux de la société ont été saccagés, on peut voir sur la bande vidéo des caméras de surveillance que c'est sa voiture qui a récupéré certains des hommes présents.

La police n'est pas au courant j'imagine, soupira le brun. Tu ne peux décidement rien faire comme les autres, ajouta-t-il en voyant son cousin secouer la tête.

On est jamais aussi bien servi que par soi même, non ? Je vais mener l'enquête de mon coté et quand j'aurais assez de preuve pour pouvoir faire plonger Alice, j'irais voir la police.

Bien, mais en attendant, tu as besoin de repos. Le médecin a dit que tu devrais faire le moins d'effort possible pendant au moins un mois, plus si tu n'en fais qu'à ta tête alors je pense que tu en as au moins pour cinq ou six mois avec ton sale caractère, rigola Emmett devant l'air renfrogné d'Edward.

Le chirurgien devant passer vers 15h30, Emmett profita du temps disponible pour raconter à son cousin ce qu'il s'était produit quelques heures auparavant. Jacob était toujours porté disparu, mais était recherché activement par les policiers qui s'étaient d'abord chargés de commencer l'enquête concernant le coup de feu qui avait été tiré et qui avait blessé le jeune homme.

Edward fut incroyablement fier de sa Bella lorsqu'il apprit qu'elle avait réussie à contacter Elizabeth pour qu'elle appelle de l'aide. Nanny, paniquée, avait donc immédiatement appelé Emmett et Rosalie, ne pouvant toujours pas supporter l'inspecteur Mc Carty. Le couple s'était précipité à la recherche de Bella, sans savoir la nature de leur relation, avant de comprendre en récupérant la jeune fille. Celle-ci n'arrêtait pas de demander des nouvelles d'Edward et l'inquiétude qui la rongeait provoquait d'horribles tremblements incontrolables.

Il n'avait qu'une envie, la retrouver au plus vite pour pouvoir la couvrir de tendres baisers et afin de la serrer longuement dans ses bras. Ses cris lorsqu'elle l'avait retrouvé sur la terrasse ne cessaient de retentir encore et encore dans sa tête, mélodie affreuse qui serrait son cœur mais qu'Edward était visiblement condamné à entendre jusqu'à la fin de ses jours.

Les deux cousins étaient en pleine conversation, essayant de mettre en place une stratégie afin de pouvoir coincer Alice et de découvrir ce que fabriquait Carlisle quand la porte s'ouvrit doucement. Le nouveau visiteur entra en silence et Edward fut surprise de reconnaître son frère. Jasper, visiblement gêné, glissa ses mains dans les poches arrières de son jean et regarda ses chaussures.

Mais qui voilà, s'exclama Emmett, ne serait-ce pas boucle d'or ? Demanda-t-il en faisant un clin d'oeil au nouveau venu avant de s'approcher et de l'étreindre virilement.

Salut Emmett, grimaca Jasper, écrasé par les muscles de son cousin.

Je dois appeler Rose toutes les heures sinon je risque de dormir sur le canapé pendant un bon moment alors je vous laisse quelques minutes les frères Cullen. Je compte sur vous pour ne pas vous battre en mon absence, cela fait un moment que je ne me suis pas chauffé les poings, dit-il en faisant craquer ses gigantesques mains, alors croyez moi, je ne vous pardonnerais jamais si vous ne m'attendez pas, compris ?

Voyant les deux frères secouer la tête pour lui assurer qu'il n'y aurait pas d'altercation entre eux, Emmett finit par sourire comme un enfant et quitta rapidement la chambre, faisant trembler les murs lorsqu'il ferma la porte.

Un silence inconfortable s'installa peu à peu et Jasper resta quelques minutes debout avant de finalement s'emparer de la chaise occupée quelques instants plus tôt par Emmett. Il se rapprocha du lit d'Edward et garda la tête baissée, ses yeux clairs rivés sur le lino abimé de l'hôpital.

Je suis désolé, je n'ai pas pu venir avant, Alice et moi … Nous nous sommes disputés, je crois qu'elle a une aventure. Elle a reçu un message sur son portable et d'un coup elle s'est évaporée, je n'ai pas pu la rattraper. J'ai essayé de l'appeler plusieurs fois, mais elle ne répond pas, du moins elle ne souhaite pas ME répondre, soupira le jeune homme en se frottant le menton.

Elle a enlevé Bella, dit Edward sans préambule, trouvant que la mascarade avait assez durée. Emmett et Rosalie sont arrivés à temps et l'ont aidés, sinon Alice l'aurait certainement tuée, elle avait un gun pointé sur elle.

Les yeux de son frêre s'écarquillèrent et Edward jura entendre son souffle se couper sous le choc. Jasper ouvrit la bouche, prêt à protester mais son ainé avait encore beaucoup de choses à lui dire.

J'ai reconnu la plaque d'immatriculation de sa voiture la nuit où les bureaux de l'agence ont été saccagés. Un détective privé, Félix, a commencé à la suivre. Deux fois par semaine elle disparaît pendant environ deux heures, le mardi et le vendredi.

Elle … Elle ne peut pas faire ça, murmura Jasper. Je sais qu'elle n'est pas parfaite, mais …

Si tu ne me crois pas tu peux toujours demander à Emmett, répliqua sèchement Edward. Peut-être qu'après tout je ne suis pas quelqu'un de confiance.

Je n'ai pas dit ça, c'est juste que … Je sais que tu n'as jamais aimé Alice.

A juste titre désormais, non ?

Jasper baissa à nouveau la tête tandis qu'Emmett entrait à nouveau dans la pièce, accompagné par Félix, le visage sévèrement amoché et recouvert de pansement.

Edward, dit ce dernier, je suis vraiment désolé ! Ils m'ont piégés, j'étais sur une fausse piste. Il y avait deux voitures identiques, les plaques l'étaient aussi et ils m'ont emmenés à l'autre bout de la ville. Lorsque la voiture s'est arrêtée ils se sont jetés sur moi.

Combien étaient-ils ? Demanda son patron.

Trois, ils portaient des cagoules noires, je n'ai pas pu les identifier. Si j'ai pu m'échapper c'est parce que l'un d'eux a reçu un appel. J'ai réussi à courir jusqu'à ma voiture et à rentrer chez moi. Ils ont détruits mon appareil photo, avoua-t-il à contre cœur.

Edward le fixa, les yeux écarquillés lorsqu'il comprit ce que signifiait cette phrase.

Est-ce que cela veut dire que …

Que je n'ai plus aucune preuve accusant Alice ? J'en ai bien peur, soupira Félix. Ils savent qui je suis désormais, j'aurais voulu t'aider encore plus, mais tu dois comprendre que j'ai une famille, et que je ne peux pas les mettre en danger. Tout cela va bien trop loin pour moi, Edward. Encore une fois je suis désolé, mais tu vas devoir te débrouiller sans moi désormais.

Sur ces mots, le jeune homme secoua la tête avant de quitter rapidement la chambre, craignant comme tous la colère de son ancien patron. A New-York, tout le monde savait que Edward Cullen n'aimait pas être contrarié, et encore moins être abandonné par un de ses employés, même si la vie de ce dernier était en danger. On ne refusait rien à un homme comme lui habituellement.

A quoi faisait-il allusion lorsqu'il parlait de preuves contre ma femme ? Demanda Jasper, la machoire serrée.

Nous avions des photos d'elle entrain d'acheter plusieurs armes dans une rue de Spanish Harlem, l'homme qui lui a vendu ces guns s'appelle Gustavo Janiero et il est prêt à témoigner lors d'un éventuel procés.

Désolé cousin, mais je t'ai toujours dit que ta plus grande erreur avait été de quitter Maria pour cette stupide pimbêche égocentrique et complètement folle, dit Emmett en tapant sur l'épaule de l'homme blond.

Edward vit son frère se prendre la tête entre les mains avant de bailler bruyamment et de tomber dans les bras de Morphée.

OoOo

Une douce odeur de freesia apparut sous le nez de l'homme d'affaire et des caresses, aussi légère que celle d'une plume, se firent sentir sur ses joues ainsi que sur ses bras. De tendres lèvres se posèrent sur sa machoire et Edward eut un frisson, secoué par toutes les sensations qu'il ressentait à ce moment là. Deux bras s'enroulèrent autour de son cou tandis que le corps de sa bien-aimée se retrouvait collé contre le sien.

Ennuyé par un affreux mal de tête, Edward ouvrit péniblement ses yeux et croisa les prunelles de Bella qui le regardait avec dévotion. Il pouvait voir tout l'amour qu'elle ressentait pour lui illuminer ses beaux yeux chocolats et il caressa tant bien que mal sa joue humide, ignorant la douleur qui quelques heures auparavant était masquée par les médicaments. Elle était allongée à ses cotés dans le lit mais Bella était tellement légère qu'il ne sentait qu'à peine son poids.

Tu es là depuis longtemps ? Demanda-t-il en reniflant doucement ses magnifiques cheveux bruns.

Une heure ou deux, répondit Bella. Tu dormais si bien que je ne voulais pas te réveiller, se justifia-t-elle en voyant l'expression de son amant.

Elle bougea légèrement pour lui laisser plus de place dans le minuscule lit d'hopital et son les manches de son pull se relevèrent légèrement pendant son mouvement. En regardant son corps, Edward vit les marques laissées par Alice sur la peau blanche de sa petite amie. Ses poignets étaient entourés de marques violettes et quelques hématomes parsemaient son visage délicat. En la voyant dans cet état, la haine qu'il ressentait pour la femme de son frère grandit encore plus et il serra inconsciemment les poings, aveuglé par sa rage.

Bella remarqua la tension qui s'était installée dans le corps d'Edward et s'empara avec précaution des mains de son amoureux avant de les amener à ses lèvres pour y déposer de tendres baisers, destinés à le calmer.

Edward, ce n'est pas bon pour toi d'être sous tension en ce moment. Tu as besoin de repos, le médecin est venu mais il a lui aussi préféré te laisser dormir. Tanya viendra seulement demain, Emmett a réussi à la convaincre de ne pas se précipiter ici pour que nous puissions avoir un peu de temps libre.

J'imagine qu'elle n'a pas jouée l'épouse inquiète, dit Edward en rigolant.

D'après lui, elle l'était réellement. Tu sais, commenca Bella, peut-être qu'elle est amoureuse de toi après tout.

Edward se tourna tant bien que mal afin de pouvoir faire face à la jeune fille. Il vit le doute dans ses prunelles et un couteau s'enfonça une fois de plus dans son cœur suffisament meutri pour les années à venir.

Bella, même si c'était le cas, et je t'assure que cela ne l'est pas, rien ne me fera aimer Tanya. Rien.

Je l'ai vue, Edward, souffla Bella en sentant les larmes lui monter aux yeux. Elle est magnifique, c'est la plus belle femme que j'ai jamais vue. Tanya est tout ce que je rêve d'être … Comment peux-tu m'aimer alors que je ne peux même pas lui arriver à la cheville ?

Ne supportant plus entendre son amante dire toutes ces paroles inutiles, Edward posa brusquement ses lèvres sur celles pleines et naturellement rosées de Bella.

Tu ne comprends pas. Je sais que tu ne pourras jamais te voir de la façon que je t'admire, mais Bella, tu es tout ce que j'ai toujours désiré. Tu me rends vivant rien qu'en posant tes yeux sur moi. Avant toi, je n'étais qu'un pauvre type, je ne valais pas mieux que mon père, mais maintenant, avec toi, j'ai l'impression de devenir quelqu'un de bien. Tu as ce pouvoir sur les gens, tu ne t'en rends même pas compte, rigola-t-il en passant sa main perfusée dans les cheveux bouclées de sa petite amie. Tu hypnotises les gens, Bella. Quand tu rentres dans une pièce, je t'assure que tout le monde s'arrête pour t'admirer. Tu dégages quelque chose d'unique, de merveilleux. Dés que je te vois, mon cœur s'emballe et il n'y a rien que je puisse faire pour l'arrêter. Tu m'as envoutée, et personne ne pourra jamais changer cela. Je t'aime, je t'aime plus que tout au monde, plus que je ne pourrais jamais aimer qui que ce soit. J'aimerais que tu comprennes enfin qui tu es réellement. Je vais passer ma vie, s'il le faut, à te répéter à quel point tu es incroyable et à quel point je suis chanceux de t'avoir à mes cotés, à quel point je suis fier de te connaître et d'être avec toi. Rien ne pourra nous séparer, je t'en fais la promesse.

Les larmes coulaient sur les joues de Bella et elle se pencha rapidement afin d'embrasser fougueusement son amoureux avant de se blottir contre lui, épuisée.

Rien ne pourra nous séparer, répéta-t-elle avant de s'endormir, jamais.

Edward retint un sanglot, regrettant de lui mentir ainsi. Car si dans les livres l'amour était la plupart du temps plus fort que tout, le jeune homme savait pertinemment que rien ne pourrait combattre son père.

OoOo

Soupirant bruyamment, Edward changea encore une fois de canal, déplorant la qualité des programmes proposés par la miteuse télé à sa disposition dans sa chambre. Bella avait du partir quelques heures auparavant, n'étant pas directement considérée comme une personne de la famille. De plus, le personnel savait que la femme d'Edward n'était pas la jeune femme brune qui avait été retrouvée dans ses bras et à moitiée couchée sur le lit de l'homme d'affaire. Il était donc considéré comme un salop dans tout le service, mais Edward avait cessé de se préoccuper de ce que les gens pouvaient penser de lui plusieurs années auparavant, après avoir compris que rien n'arrêterait jamais les remarques déplaisantes que provoquait la jalousie ou la haine.

Tanya serait ici dans un peu moins de 10 heures et cette visite angoissait étrangement l'homme bloqué dans son affeux lit blanc aux draps jaunies par l'utilisation abusive produit d'entretien bon marché. C'était d'ailleurs la cause de son insomnie. Depuis près d'une heure Edward cherchait désespérement une émission intéressante et pas trop stupide qui pourrait l'occuper et lui éviter de se creuser la cervelle et de se rendre malade pour une banale rencontre avec son épouse, du moins celle qu'il devait considérer de la sorte.

Finalement, Edward tomba sur une émission consacrée aux tueurs en série les plus célèbres aux Etats-Unis et finit par tomber de sommeil, assommé par les évènements qui s'accumulaient ainsi que par les nombreux médicaments qu'il devait ingurgiter contre sa volonté.

Une main qui passa dans ses cheveux le réveilla brusquement et Edward ouvrit les yeux, tombant sur l'horloge située en face de son lit, constatant qu'il était déjà 10h. Il tourna finalement la tête et croisa deux yeux gris clairs, posés sur lui. Tanya passa sa main dans ses longs cheveux blonds et prit une profonde inspiration avant de prendre la parole.

Bonjour, murmura-t-elle.

Tanya, dit froidement Edward.

Surprise par l'attitude peu courtoise de son époux, la jeune femme se figea pendant quelques secondes avant de se reprendre et de nerveusement tortiller ses mains.

Comment est-ce que tu te sens ? Demanda Tanya en bégayant sur presque chaque mot. Je suis désolée de ne pas être venue avant, mais Emmett m'a dit que tu avais besoin de repos et qu'il restait ici pour assurer ta sécurité alors ...

Tu n'étais pas dans l'obligation de venir.

Je le voulais. Tu es mon mari, Edward. Ma place est à tes cotés, souffla-t-elle.

Je suis surpris d'apprendre que tu me considères vraiment comme ton époux. Ce n'est pas l'impression que j'ai eu depuis notre mariage.

Tanya resta silencieuse, ne sachant pas comment prendre ce que venait de dire Edward.

Que veux-tu insinuer ? Demanda-t-elle prudemment.

Notre mariage n'a aucun sens, soupira le jeune homme en la regardant droit dans les yeux. Restons-en là avant de finir par réellement nous détester.

Quoi ? Jamais, Edward. Tu m'entends ? JAMAIS je n'accepterais de divorcer. C'est absolument hors de question !

C'est vraiment cette vie là que tu veux ? Je ne suis pas amoureux de toi, et tu ne m'aimes pas non plus. Tu n'aimerais pas être heureuse ?

Je ne pourrais pas être heureuse, Edward. C'est ça que tu ne comprends pas. Le seul moyen que j'ai d'approcher un tant soit peu le bohneur est de rester avec toi, souffla-t-elle tristement.

Je ne peux pas rester avec toi. Je ne veux pas trahir mon cœur. Si nous continuons comme ça, nous allons finir par nous rendre malheureux. Je ne veux pas l'être. J'ai enfin trouvé ce qui pourrait me rendre heureux et rien ne m'arrêtera. Je tiens malgré tout à m'excuser car je suis avec quelqu'un d'autre. Depuis quelques temps désormais.

Tanya rigola bruyamment avant de reporter son attention sur Edward.

Tu crois que je n'étais pas au courant ? Je suis outrée de voir à quel point tu me crois stupide, vraiment.

Tu... tu le savais ?

Bien sûr, Edward. Depuis quelques temps désormais, dit-elle en reprenant ses mots. Je n'ai rien dit parce que même si tu ne m'aimes pas, tu étais heureux, et même si cela t'échappe, j'ai sincèrement besoin de ce mariage.

Pour l'argent ? N'en as-tu pas assez ?

Ce n'est pas pour l'argent. Il y a quelque chose dans ta famille dont j'ai besoin pour être heureuse.

Edward ne savait pas quoi répondre, tentant de comprendre les paroles de Tanya, en vain.

Je sais que tu es loin d'être bête. Ce n'est qu'une question de temps avant que tu te rendes compte de la situation. Je serais prête à t'expliquer tout à ce moment-là. Pas avant. C'est encore trop tôt. En plus tu as besoin de repos, tu as l'air épuisé.

Le jour où je découvrirai tout, commenca Edward, je viendrai te voir. En attendant je ne pense pas que cela soit nécessaire de nous voir d'avantage. Tu as toujours eu ta vie et moi la mienne, nous n'avons qu'à continuer ainsi.

Tanya parut sincèrement peiné par ce que venait de dire son mari mais passa une main dans ses cheveux et se calma. Elle retoucha en vitesse son maquillage avant de finalement quitter la pièce, laissant une bouffée de parfum hors de prix embaumer la pièce, la porte se ferma sans un bruit, faisant souffler Edward.

Tout au long de l'entretien il avait été tendu, et même s'il se sentait désormais plus léger, les révélations de Tanya le torturaient. Que pouvait-elle attendre de lui ? De sa famille ? Lorsqu'elle lui avait dit qu'elle ne pourrait être heureuse qu'en restant avec lui, Edward l'avait trouvé sincèrement blessée. Maintenant que Félix avait lâché l'affaire et que Jacob avait enfin révélé son vrai visage, il allait devoir mené l'enquête lui même. Emmett et Rosalie allaient sûrement vouloir participer, en sachant désormais trop pour rester à l'écart. Il ignorait cependant ce que Jasper allait faire à partir de maintenant.

Alice restait pour le moment introuvable et même s'il allait faire tout ce qui était en son pouvoir pour la retrouver et lui faire payer toutes les souffrances infligées à son frêre et à Bella, Edward savait qu'elle était loin d'être stupide, bien au contraire. En ce moment-même, elle devait être à des centaines de miles d'ici, en sécurité, se moquant parfaitement du fait que son beau-frère allait la chercher.

Sentant une fois de plus la fatigue l'envahir, Edward ferma les yeux, se disant que demain serait un autre jour et qu'il finirait bien par être heureux avec Bella.