A/N : Ecrit en réponse au thème "huis clos" pour la communauté d'écriture 31-jours sur livejournal.


L'Enfer, c'est décidément les autres. Rose l'a toujours su, évidemment – c'est bien la raison pour laquelle elle vit sa vie de manière à ne jamais avoir aucune attache nulle part – mais cette expression vient de prendre un tout autre sens auquel elle aurait espéré ne jamais être confrontée.

A vrai dire, cela fait déjà quelques jours que la vie de Rose a basculé. D'abord pour le pire. Un faux Rembrandt vendu 900 000 livres sterling et voilà Rose prise au milieu d'une fusillade. Ferguson veut sa peau et elle ne doute pas qu'elle y passera – sauf si l'homme qui vient de lui sauver la vie accepte de la protéger – ce qu'il fait, à contrecœur, certes, mais il le fait quand même. Une nuit – peut-être la pire de son existence – dans un hôtel de luxe à tenter de résister à l'envie de frapper son garde du corps et voilà que ce Tony qu'ils ont embarqué sans vraiment le vouloir. Tony qui les prévient presque trop tard, mais l'hôtel n'est plus sûr, et les voilà coincés à la campagne.

Chez le sauveur de Rose. Victor Maynard et sa maison aseptisée à l'extrême, couverte de plastique, morte sans avoir eu la chance de vivre un jour. Et Rose, qui n'aimait déjà pas beaucoup Victor, se retrouve à détester cet être plus froid qu'un hiver russe. Pas même fichu d'apprécier sa tentative de rapprochement – un jardin est fait pour être plein de fleurs, bon sang !

Mais cette période ne dure pas longtemps, à la plus grande surprise de Rose. Parce que sans même s'en rendre compte, elle tombe amoureuse. Elle ! Qui s'était toujours jurée de ne jamais dépendre de quiconque ! Sous le charme de la personne la moins susceptible de lui retourner ses sentiments ! Ah !

Sauf que… Sauf que finalement, Victor n'est pas si insensible que ça, et définitivement pas aussi froid que Rose se l'imaginait. Et après lui avoir demandé son poids, voilà que Rose envisage très bien de vivre à huis-clos dans cette maison de campagne.

Malheureusement, Rose trouve bien vite quelque chose de perturbant, et elle se rend compte que son sauveur n'est autre que l'homme engagé pour la tuer.

Ah. La vie a un horrible sens de l'humour, et Rose ne peut décidément faire confiance à personne. Elle l'avait presque oublié, mais la solitude est sa seule amie, et l'Enfer reste définitivement les autres.