Une fois totalement séchée de la pluie et habillée par toutes les meilleurs couturières de la reine, je me regarda dans la glace. Waouh. J'étais soufflée ça devait bien faire une éternité que je ne m'étais pas vue comme ça, et en plus de cette robe fantastique, je ne me reconnaissais pas. Quand la pluie cessa, je fus enfin autorisée à sortir rejoindre les autres. On me traitait comme une enfant, c'était irritant à force. Je descendis les marches une par une pour enfin arriver sur l'herbe fraiche et blanche de l'immense jardin. Ils étaient tous là, assis devant leurs thé de la grande table spécialement amenée ici. Quand il leva la tête et m'aperçue, je vis un éclat dans ses deux magnifique yeux vert et un sourire se dessina sur son visage. Mally suivit son regard et tourna la tête vers moi avant de s'exprimer avec enthousiasme.

Mally : La voilà ! Voilà Mélisandre !

Tweedledum : Mais elle s'appelait pas Majesté ?

Tweedledee : Mas non ! C'est Mélisandre !

Chapelier : (me souriant, levant sa tasse) A notre futur souveraine ! Mélisandre !

Tous me souriaient en parlant de mon « possible » futur sacre. Décidément, il n'y a que moi que ça n'enchante pas ! Ils se remirent tous à bavarder joyeusement. Je risqua mon regard vers le Chapelier, il était le seul à me fixer encore, je m'aventura prés de sa chaise, il compris vite en se levant et en m'escortant vers le petit balcon, caché derrière les arbres et donnant une vue magnifique sur la cascade. Le ciel s'assombrissaient en vue de la nuit proche, les milliers d'étoiles commençaient à briller faiblement à travers ce ciels sans nuages magnifique. Les seuls bruits que l'on pouvait entendre étaient les joyeux bavardages de la table de thé derrière les arbustes et l'eau de la cascade tomber bruyamment dans la rivière d'eau turquoise. Mon cœur battait si fort que j'avais peur qu'il l'entende, mais il semblait trop absorbé par le paysage digne d'un conte de fée.

Chapelier : Tu es magnifique dans cette robe…

Moi : (gênée) merci…

Quand je pense que c'est lui qui l'a faite… Cette robe blanche sans manche qui tombe à merveilles sur mes épaules… Il est vraiment très bon couturier. Mais après ce court échange, un silence s'installa. Je me décida enfin à le briser, posant mes deux mains sur la rambarde en pierres sculptées, je souffla légèrement pour me donner du courage.

Moi : Je crois que je ne réalise toujours pas…

Chapelier : Quoi donc ?

Moi : Tous…

Chapelier : … Tu as peur ?

Moi : … J'en ai bien l'impression.

Je baissa les yeux sur la rampe et vis qu'il me tenait la main, d'une pression rassurante et tendre, je ne l'avais même pas remarquée, tellement cette pression devenait habituelle ces jours ci… C'est justement ce qui ne devait pas arriver. Je retira doucement ma main avec regrées, ce qui me vaut un regard étonné et gêné de la part du Chapelier.

Chapelier : Mélisandre… Peut-être que l'Impérium s'est trompé… ?

Moi : … Vous croyez ?

Chapelier : Moi ? Non… Tu ferais une reine merveilleuse.

Moi : (chuchotant) C'est impossible…

Chapelier : Rien n'est impossible. Alice me l'a appris.

Un silence pesant se fit sentir, tellement mon sacre m'accablait, et pourquoi me parlait il d'Alice ? Je détourna doucement les yeux et l'aperçue, assise à la table et bavardant joyeusement avec toutes la tea party. Depuis qu'elle avait décidé de revenir et surtout de m'emmener avec elle, elle rayonnait et était magnifique. Quand je pense que je ne la croyait pas… Je tourna à nouveau la tête vers la cascade puis réalisa ce qui m'attendait ici. Comment pourrais-je être la futur reine de ce royaume, alors que je n'y crois pas ? Comment en suis-je arrivée là ? Comment toutes ces choses peuvent être réel ? C'est magnifique et merveilleuse choses…

Chapelier : (brisant le silence) Majesté… ?

Moi : ?

Chapelier : (se tournant vers moi) Pourquoi un corbeau, ressemble à un bureau ?

Cette simple phrase me décrocha un sourire… Qu'il me rendit automatiquement. Son sourire était beau, sincère et tendre. J'en détourna les yeux aussi vite pour ne pas être piégée par son charme. Il enleva doucement une de mes longues mèches de cheveux des yeux pour pouvoir me regarder, mais je détourna à nouveau les yeux. Il savait, malheureusement, comment me faire craquer.

Moi : Chapelier… Il faut que l'on parle…

Chapelier : Je sais bien …

Moi : …

Chapelier : De toute à l'heure… ?

Moi : (hochant la tête)…