Bonjour à tous !

Il faut savoir que l'univers ainsi que les personnages de cette fanfic sortent tout droit de l'imagination de Sophie Audouin Mamikonian, et que pour le reste, ça vient de mon esprit dérangé (petits chanceux). Je m'excuse pour les trop nombreuses fautes et informe que ce premier chapitre installe l'intrigue, donc ne vous attendez pas à une série de rebondissements en folie tout de suite -tout de suite.

Enfin, merci de lire cette fan, et s'il vous plait, postez des reviews, ça fait toujours plaisir et ça m'aiderait vraiment, vu que je ne sais pas encore où je vais ( en espérant que je ne fonce pas droit dans le mur).

PS : le titre est à changer, je n'en ai pas trouvé de mieux pour l'instant, donc si vous avez des idées, je suis ouverte !

Chapitre 1 : Mauvais départ

Les premiers temps bien sur, elle avait été furieuse, comme vous pouvez vous en douter. Furieuse contre elle même, qui s'était laissée enfermée à la Forteresse, furieuse contre sa mère qui n'avait pas protégé Tara, furieuse contre Danviou qui s'était jeté sur Magister. Furieuse contre Magister d'exister. D'avoir tué son mari et de l'avoir enlevée. Il lui avait jeté un sort qui l'interdisait de passer le seuil de la porte de la Forteresse Grise, la condamnant à rester sa prisonnière.

Et être la prisonnière de Magister, il n'y a pas a dire, c'est vraiment lourd.

Le premier jour, ni lui ni elle n'avait voulu entrer en contact avec l'autre. Il l'avait enfermé dans une cellule, surveillée 26h sur 26, et la laissait encaisser le choc.

Elle s'était retranchée dans un silence haineux, assise sur le lit de sa prison, les bras enroulés entre ses jambes, muette et le regard obstinément fixé sur le sol de pierre.

Les gardiens ne lui parlaient pas, mais elle entendait chuchoter derrière son dos. On se demandait ce qu'elle faisait là, et un grand mystère entourait sa capture, car elle avait été enfermée par le maître des Sangraves en personne.

On se demandait ce que cet homme allait bien vouloir faire d'elle, et à vrai dire, lui aussi, il se le demandait.

Et un jour, Magister descendit la voir.

Il la trouva dans sa position fétiche : assise, immobile, le regard dans le vide.

Il ordonna aux Sangraves se s'éloigner et se posta à deux mètres de distance des grilles de sa cellule, par sécurité.

En le voyant arriver, elle avait relevé la tête, portée par une onde d'adrénaline, mais elle s'était vite reprise, et avait retrouvé son attitude résignée.

Il fixa le rideau protecteur que faisait sa chevelure quelques minutes en silence. Enfin, elle supposait qu'il la fixait, car elle ne pouvait pas voir son regard. Et parce qu'elle baissait la tête, et parce qu'il portait un masque noir, fine illusion préservant son anonymat, qui dessinait simplement l'emplacement de ses yeux par une ombre légère.

Ni tenant plus, il croisa ses mains dans son dos et annonça :

- Ni toi ni moi ne voulons prolonger cette désagréable situation.

Désagréable ? Pour qui ? La jeune femme ne montra pas sa stupeur, mais elle était réellement choquée : le sombre terroriste aurait il pitié d'elle ? Mais non, c'était bien impossible : il voulait sans doute quelque chose en échange de sa sympathie. C'était un manipulateur, il ne fallait pas qu'elle l'oubli.

Cela tombait bien, elle n'avait pas l'intention de ne serait ce que communiquer avec l'assassin de son mari. Elle resta immobile et silencieuse, l'ignorant royalement.

Mais il ne se démonta pas.

- Je vais te libérer...de ta cellule. Tu pourras aller et venir dans la Forteresse à ta guise, et tu logeras dans une chambre. Avec un vrai lit et du chauffage. A condition de bien te tenir. Qu'en dis tu ?

Elle ne se laissa pas avoir. Elle serra les dents et ne céda pas, les yeux fixés à terre.

Le maître des Sangraves commença à s'impatienter. Il fit un pas en avant, réduisant l'espace qui les séparait. Il chercha son regard pour la première fois.

-Est ce que tu m'entends ?

Il n'avait pas l'habitude d'être défié par une si charmante jeune femme. Jeune femme qu'il avait tenu dans ses bras le temps du Transmitus, qui était si belle et si... rhum. Mais il s'égarait.

Ne la voyant toujours pas réagir, il émit un profond soupir, et son ton de sa voix, qui semblait presque du velours liquide, changea, se nimbant de menace.

- Je te conseillerais de ne pas jouer avec moi. En général, ceux qui s'y risquent ne gagnent rien, à part ma colère, et surtout pas notre jeu. Si j'étais toi, je filerais droit et je profiterais de mon offre au lieu de me laisser dépérir.

Mais elle ne lui donnait toujours pas de réponse. Il serra les dents et s'apprêta à faire demi tour, mais il se ravisa pour lancer une dernière pique :

- A moins que tu ne veilles ainsi rejoindre ton cadavre de mari.

Ce fut la phrase de trop.

Selena releva brusquement la tête et bondit contre la grille, animée par une haine si dévastatrice qu'elle la faisait presque grogner.

- Espèce de salopard ! Rugit elle, toute décence oubliée, je vais vous...

Il avait instinctivement essayé d'allumer sa redoutable magie démoniaque, mais la statuette qui drainait toute forme magique veillait, postée à l'entrée des prisons. Il s'en rappela après avoir constaté que ses mains ne s'entouraient pas de la lumière noire habituelle.

Puis après il ne se rappela plus de rien, car il croisa – enfin ses yeux croisèrent, car elle ne pouvait voir les siens – le regard de la prisonnière.

Il ouvrit la bouche, se mettant presque à baver et remerciant encore une fois son masque de le cacher si soigneusement.

La jeune femme était d'une beauté rare. Pas le genre de beauté que l'on croise dans la rue, une beauté parfaite due à la symétrie des traits ou à la beauté du corps. Non, sa beauté émanait de sa façon de se tenir, de son regard doré à tomber, de son teint de poupée, de sa bouche si attirante et rose, de son cou élancé qui rappelait celui des princesses de l'époque napoléonienne, de ses cheveux bruns qui descendaient en cascade le long de son dos en de ravissantes anglaises. Ses deux mains fines s'agrippaient aux barreaux de la prison, et son petit corps était pressé contre le métal. Elle était habillée d'une robe décontractée tachée de sang et de terre.

Il en resta quelques secondes émerveillé, comme devant une vision. Mais elle n'était pas émerveillée du tout, et telle une tigresse déchaînée, elle s'acharnait contre les grilles, l'incendiant d'un regard assassin tendit qu'il la détaillait lentement.

- Vous avez tué Danviou ! Vous avez assassiné Danviou !

Il hocha doucement la tête.

- Oui. Oui je crois qu'il est mort. C'était un Carbonus. Il n'a pas dû s'en sortir.

Il ne voulait pas être cruel en exposant platement les faits : c'était sa manière froide et calculatrice d'exposer son crime, rien de plus, il ne s'en rendait même pas compte. Mais elle, l'affirmation la mit dans tous ses états. Elle lâcha la grille, porta une main à ses lèvres délicates, et recula d'un pas, comme prise d'un vertige.

- Mon dieu. Mon mari...ma fille...ma mère...Hoquetât elle.

Il s'approcha à son tour des grilles, les touchant presque, profitant de cette proximité pour continuer son observation méticuleuse.

-Ta mère n'est pas morte. Juste perturbée par la perte de son familier, à ce que j'ai eu le temps de constater. Quand à ta fille, elle m'a...échappé.

Alors elle fit quelque chose qui le déstabilisa. Elle se mit à rire. Un rire un peu fou, mais qui l'enchantait autant qu'il le surprit. Il aimait son rire d'une façon surdimensionnée, comme à peu près tout chez elle. Cela pouvait s'avérer dangereux. Il se promit d'y remédier. Mais plus tard. Pas maintenant.

- l faudrait croire que vous n'êtes pas si efficace que vous voulez bien le dire, pour échouer comme ça.

Il ne supporta pas son ton suffisant.

- Assez ! Coupât il en tapant les grilles de ses poings serrés.

Ce geste l'effraya, et elle recula pour se aller se heurter au mur de sa cellule. Son air craintif l'encouragea à continuer. Retrouvant son calme et un petit sourire malsain ( qu'elle ne pouvait cependant que deviner) il se déplaça lentement le long de grillage.

- C'est à toi de voir. Pense à ce que je viens de te proposer. Demain, je viendrais recueillir ta réponse. Mais si tu ne l'acceptes pas, tu peux être sûre que je te laisserai moisir ici.

Puis il se retira, la laissant seule avec sa décision.

Mais il ne se faisait pas de soucis : il savait qu'elle accepterait son offre. Elle était animée par une cruelle envie de vengeance contre laquelle elle ne pouvait résister. Et, même si lui pensait que c'était impossible, elle saisirait l'occasion de la mener à bien. Elle accepterait le semblant de liberté qu'il lui proposait dans l'espoir qu'un jour, il commettrait une faute, et qu'alors elle puisse le frapper.

Il ne s'était pas trompé. Quand il demanda à un Mangeur de Boue d'aller s'informer de sa réponse le lendemain, il ne fut pas surpris quand on lui rapporta qu'elle acceptait.

Le jour même, il la fit installer dans les appartements voisins des siens, dans son aile privée.

Il posta deux Géants à l'entrée de celle ci pour garantir une surveillance optimale. Car on ne plaisant pas avec la sécurité, par Demiderus !

Quand il eu un instant de libre – il reconnaissait qu'il l'avait entendu avec impatience- il alla frapper à la porte de sa chambre.

Il avait mit à sa disposition une chambre, une spacieuse salle de bain et un petit salon, dans lequel l'attendait son familier. Le salon communiquait avec la chambre, et celle ci avec la salle d'eau. Et son Devisoire à lui était à quelques pas de la porte de sa chambre.

Il frappa donc, mais n'obtient aucune réponse. Mais en prêtant l'oreille, il entendait des pas furtifs derrière la porte. Oubliant ses bonnes intentions, il ordonna à la porte de le laisser passer, et il faillit se prendre sa captive en pleine figure en entrant à grands pas dans la pièce.

Il lui rentra dedans, puis instinctivement l'écarta en la poussant par les épaules de ses deux bras tendus.

- Par tous les Démons des Lymbes tu m'as fait peur ! Murmurât il comme pour lui même.

Lui aussi, apparemment. Elle se tenait contre le mur, les jours blanches, mais était coiffée et habillée avec goût d'une robe grise. Encore une fois, il ne put s'empêcher d'admirer sa terrible beauté.

-De quel droit entrez vous ainsi dans ma chambre ? Demandât elle en se ressaisissant.

-Depuis que je suis maître des lieux. Et puis j'ai frappé.

-Et avez-vous entendu « entrez » ?

-Non, c'est pour ça que je me suis permis de forcer le passage.

-Vous avez du culot !

-Je te retourne le compliment.

-Ce n'en était pas un.

- Moi non plus.

Ils se fixèrent un instant, chacun défiant l'autre du regard. La jeune femme baissa les yeux la première. Perdu.

Il décida de changer de sujet en survolant la chambre du regard.

- Les appartements te plaisent ils ? As tu vu que j'avais mis des vêtements à ta disposition ?

Elle lui répondit par une petite moue.

-Ils sont proches des vôtres. C'est un défaut considérable.

-Et bien tu vas devoir t'habituer à ma présence dans les mois qui viennent. Mais, juste avant que je retourne travailler, j'avais une question...

Elle le fixait avec un air de défi. Tout dans le regard qu'elle posait sur lui trahissait le dégoût. Dégoût pour son masque, dégoût pour ses mains gantées, pour son corps caché par une robe d'un gris foncé, dégoût pour le cercle malsain qui pulsait sur sa poitrine, signe de la magie démoniaque. Dégoût pour sa voix de velours liquide.

-Allez y.

-Comment est ce que tu t'appelle ?

Elle haussa les sourcils, déstabilisée.

-Vous ne savez pas ? J'aurais cru que vous aviez enquêté un minimum avant de passer à l'attaque contre ma famille.

Il sortit de la chambre en la saluant à la mode omoisienne d'une manière appuyée et ironique.

-Oui. Mais je ne t'avais pas vraiment cernée. Je ne t'ai toujours pas cerné d'ailleurs. C'est étrange...

Son masque refléta un instant sa perplexité, puis il se reprit et rejoignit la porte de ses appartements. Au moment où il allait s'y enfermer, la charmante tête de sa prisonnière passa par la porte ouverte de sa chambre.

-Selena. Selena Duncan.