Salut, salut la compagnie ! Merci beaucoup pour toutes les reviews que vous m'avez envoyez, ça m'a fait chaud au cœur.

Alors, voici la suite que je vous sers juste avant la réponse aux reviews qui m'ont été envoyé.

Réponses aux reviews :

Daaku : Je n'ai pas prise en compte cette branche, mais ma foi tu as surement raison peut-être que je l'utiliserais à des fins obscurs qui rendront meilleur cette fic (enfin, je l'espère^^^)

Guest : Merci beaucoup pour ta reviews, Oumou !^^^^

Et bien justement, la suite, la voilà

Et bonne lecture, on se retrouve pour les reviews en bas !

Chapitre II : Voyage tourmenté

« - Céleste !? Tu m'écoutes ?, s'écria la voix indignée de sa sœur cadette.

Le front collé à la vitre, elle regardait défilé la verdure et les habitations de familles au revenu moyen et les masures de personnes moins chanceux d'un des bourgs près d'Oxford.

Enfin, elle pensait.

- Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça ?, se plaignait théâtralement son frère aîné, vautré qu'il était sur la quasi-totalité de la banquette où se trouvait Céleste. J'aurais mieux fait d'aller dans une autre cabine plutôt que de supporter une telle teigne !

- Toi, la ferme, le coupa sèchement Rosa. A ce que je sache je ne t'ai pas sonné !

« Bien dit ma petite ! Pourquoi ne suis-je pas dans son esprit à elle ?! »

Céleste grogna en réponse à la remarque faussement affligée de la Voix qu'elle nommait à présent Conscience à défaut d'autres surnoms.

« Conscience, je ne t'en empêche pas à ce que je sache ? Bon, alors tu peux DEGAGER quand tu veux, la porte de mon esprit t'es grande ouverte ! Sinon, ferme-là ! »

Il y avait deux raisons à sa mauvaise humeur.

La première : leur déménagement.

Les deux autres semblaient bien vivre le départ, mais pas elle.

Ils étaient partis à cause d'elle.

Dans son lycée californien, elle avait un petit ami. Jack.

On l'avait trouvé mort lors d'une fête un peu trop arrosé, à côté des bois.

Et elle s'était réveillée poissé de sang.

Elle ne l'avait dit à personne et personne ne le lui avait demandé, ce qui l'arrangeait bien.

Le corps avait été « accommodé » de telle sorte qu'un humain, même dopé d'amphétamine, n'aurait pu le faire. Alors une grande rousse, musclé juste ce qu'il faut…vous comprenez !

Mais elle, elle se réveillait toujours recouverte de sang.

Elle ne l'avait pas vu durant la fête –où durant un cours instant, mais pas plus- et pourtant la dernière image de son petit-ami qui était inscrite dans sa mémoire, datait de bien après sa mort.

D'après les rumeurs, même la mère de Jack n'avait pas pu l'identifier lors de l'autopsie.

On a cru à un animal. Tout concordait, puisqu'il se trouvait à proximité de la forêt !

Cependant, les crimes ne cessèrent point. Au contraire, ils devinrent de plus en plus violent, de plus en plus bestiaux et de plus en plus éloignait de la forêt.

Et à chaque fois, elle se réveillait recouverte de sang.

Elle avait cru devenir folle et rien ne s'était arrangé au fil du temps.

Les parents la soupçonnèrent, elle.

Après tout, elle avait un lien avec chaque victime.

Son ennemie, sa meilleure amie, son petit copain, des lycéens l'embêtant bien parfois…enfin bref tout la reliait aux meurtres.

Et malgré la logique des policiers qui affirmait qu'une jeune fille de sa corpulence ne pouvait pas commettre ses meurtres, elle était devenue le bouc-émissaire idéal.

En son for intérieur, très profondément enfouie sous des couches de déni et de logique, Céleste savait.

Que c'était elle qui avait fait tout cela.

Mais elle s'interdisait d'y réfléchir, de peur de sombrer dans la démence la plus profonde.

- J'espère que les filles sont moins connes, ici, dit Céleste, ses propos arrivant comme un cheveu sur la soupe et coupant par-delà même la conversation loufoque de son frère et de sa sœur.

Il y eût un moment d'incompréhension totale où l'on pût bien entendre le « HEIN ?» silencieux que provoquèrent les propos de Céleste qui en soupira, fatiguée à l'avance.

- Te sauter dessus, toi, faut vraiment être con pour le faire, Liam.

Les yeux de sa sœur pétillèrent de malice avant qu'elle n'explose de rire, renfrognant davantage l'intéressé.

- J'ai un charme fou avec les demoiselles, oui et alors ? Faut bien quelqu'un pour relever le niveau dans la famille !

Les deux sœurs échangèrent un regard amusé avant que celle-ci ne réplique doctement :

- La connerie est universel, Céleste. Te fait pas de faux espoirs.

- Zut, se contenta-t-elle d'arguer tandis que leur frère boudait dans son coin.

« - Tu sais, ce n'est pas forcément vraie, la contra suavement une petite fille de dix ans, assise sur la banquette de Rosa. »

Et la deuxième raison : le fantôme d'une petite fille sifflotant gaiement tout en balançant sespieds au rythme de sa chansonnette.

Ou sinon, deuxième possibilité : une illusion créé par son esprit malade.

« Je pencherais plus pour la deuxième proposition. On sait tous que t'es barge et qu'une habitation de longue durée en hosto ne te ferait pas de mal ! »

Elle se retint de justesse de soupirer d'agacement.

Elle tentait tant bien que mal d'ignorer la fillette mais elle n'était pas ce qu'on pouvait considérer une personne transparente. Ou plutôt un fantôme.

« OU une illusion de ton cerveau détraqué »

Là encore, elle fit la sourde d'oreille.

Pour en revenir au fantôme, un gros cratère lui faisait office de front où du sang imaginaire s'écoulait continuellement. Elle évitait de fixer ses yeux, leur expression lui faisait froid dans le dos. Continuellement révulsés.

Elle sentait aussi l'odeur de décomposition caractéristique de cadavres se désagrégeant. Ce qui ne sentait pas la rose, du tout.

Faire comme si elle n'était pas là, était le seul moyen qu'avait trouvé la belle rousse pour ne pas se faire avoir. Par leur air candide et tout innocent, par leur sourire mielleux et leur apparente douceur. Cette apparence de jeune fille en détresse n'était que des appâts pour leur proie. Ceux qui réussissaient à les voir.

Toutes les âmes se trouvant-là étaient des âmes qui n'étaient pas en paix. Alors en attendant de se venger de la source de leur infortune, ils s'amusaient à torturer ceux qui les voyaient. Et peu d'entre eux en réchappait.

« Rien de mieux qu'un petit meurtre pour ne plus s'ennuyer ! N'est-ce pas Céleste ? »

« La ferme ! »

Témoignage à l'appui. Elle avait déjà vécue cela. Et ce n'était pas du tout drôle.

« Ouh ! Pôvre bout de choux ! »

« Me cherche pas. »

Donc, la meilleure façon de les chasser ou de se préserver de rêves et d'hallucinations glauques et gores était de les ignorer.

« En pensant à eux ? A Jack, peut-être ? Eh béh, drôle de façon ! »

- Drôle de coïncidence, j'te ferais dire !, répliqua soudainement Liam, la faisant sursauter.

Elle crût pendant un instant qu'il avait répondu à sa Conscience mais la phrase suivante lui démontra le contraire, à son grand soulagement.

- Ce n'est pas la coïncidence qui a fait cela mais le cycle naturel de la vie !, rétorqua à son tour Rosa. Toutes les quatre secondes une personne meure dans le monde. Alors, si un grand-oncle que nous ne connaissons ni d'Adam ni d'Eve meurt parce qu'il est en phase terminale d'un cancer du foie et qui nous lègue à nous, son unique famille, sa propriété et tout ce qu'elle contient, désolé frérot mais ce n'est en rien extraordinaire ! Ou alors je ne le vois pas !

Rosa avait toujours été la plus intelligente de la famille.

Quant à elle…

« Une folle meurtrière qui ne connaît pas les fondamentaux de l'hygiène ! Dormir trempée de sang, non mais je vous jure ! »

- Et puis, rajouta taquine l'aînée, ignorant sa Conscience de mes deux. Imagine toutes les filles en uniformes. Tu ne vas pas chômer, mon vieux !

Il lui lança un regard suspicieux que démentait son sourire éclatant.

« Ce que t'es contradictoire ! »

« Je te rassure, c'est pas nouveau ! »

Inspirer. Expirer.

Faisant preuve de la plus grande zénitude dont elle était capable, elle regarda avec monotonie le paysage défilé sous ses yeux.

La dispute de Liam et Rosa résonnant en arrière-fond à ses oreilles, la berçait.

« - Tu dors, dit soudainement le fantôme de la fillette un sourire victorieux scotché à ses lèvres craquelées et dégoulinante d'un liquide non-identifié. Au faite, je sais que tu peux m'entendre. Il est donc inutile de m'ignorer ainsi. C'est insultant ! »

Pour le coup, ça la fit redresser la tête. Depuis quand les mômes parlaient-ils ainsi ?

Ce ne fut qu'à ce moment que Céleste remarqua que le monde autour d'elle avait pris des teintes ternes, comme dans les films en noir et blanc. Et qu'il était désert.

Plus de trace de sa sœur et encore moins de son frère. Dans un sens c'était assez reposant. Et très angoissant avec cette fille qui la reluquait avec avidité.

Et pas l'ombre de l'esquisse d'un infime bruit à l'horizon. Et pourtant Céleste avait une ouïe plus que fine. Sauf que là rien de rien !

Et ça aussi ça foutait les chocottes.

« - Ne cherche pas, intervint narquoise avec un sourire tordu aux lèvres la fillette. Ça fait presque cinquante ans que je n'ai pas reçu la visite d'une Sanguinaire. Je ne vais pas te lâcher de sitôt !

- Une Sanguinaire ?, ne pût-elle s'empêcher de demander intrigué. »

Cette question sembla étonner la fillette avant qu'elle n'ait un sourire sardonique qui donna des nausées à la rousse, la faisant regretter d'avoir posé sa question. Seulement, il était trop tard pour regretter.

La fillette la regarda avec un truc qui s'approchait le plus de l'amusement avant de lui répondre :

« - Tu ne sais même pas de quelle race tu es ? Sidérant.

- La dernière en tout cas le savait.

- Et qui était-ce ?, demanda-t-elle, oubliant passagèrement à qui elle s'adressait.

- Caroline Sullivan, il me semble, répondit-elle vaguement. »

Ce n'était pas comme si elle allait la bouffer ou bien la posséder dès que cette conversation serait finie.

Céleste eût une impression familière devant ce nom …. Mais d'où le connaissait-elle ?

« - Si ce démon ne la protégeait pas, je l'aurais aspirée avec une lenteur considérée. Cette sale petite peste le méritait amplement ! »

Elle ouvrit sa bouche pour continuer sur sa lancée, lorsqu'elle vit son médaillon luire.

Soudainement plus alerte, elle détailla le visage de Céleste avec une attention qui virait à l'obsession de détails.

« - D'ailleurs, tu lui ressemble beaucoup, remarqua-t-elle d'une voix pensive. Et ton médaillon… »

Quant à Céleste, elle pataugeait dans la choucroute.

Ah, mais complètement.

Qu'est-ce que son médaillon avait à voir avec une inconnue qu'elle ne connaissait ni d'Adam ou D'Eve ?

« - Quel est le rapport ? Qui est Caroline Sullivan ?, demanda-t-elle complètement déboussolée. »

Encore un peu et elle ne connaissait plus son nom…

« - Huh, ricana-t-elle sardoniquement. Tu es une autre de SES incarnations, à ce que je vois ? La poisse !

- Hein ? Une incarnation ? De qui ?, demanda-t-elle toujours dans les vapes.

- Tu veux le savoir ?, lui demanda ironiquement la jeune fille en s'approchant davantage d'elle. Tu sais, dans ce monde comme dans les autres tous à un prix. »

Céleste qui s'était plaqué au dossier de sa banquette sous la pestilence que dégageait le fantôme, faillit rater la fillette qui se jetait sur elle.

Elle n'était pas spécialement effrayer à ce moment-là. Juste dégoûtée.

Ce n'était pas la première fois que ça lui arrivait.

Et tous le temps ça se passait exactement pareil.

L'enfant se précipita sur elle et pendant un instant, elles ne firent plus qu'une.

Ce qui ne satisfait pas plus que cela la belle rousse.

« Beurk ! Vous savez ce que veut dire le mot hygiène ? H-Y-G-I-E-N-E ! »

« Mais, c'est dégueulasse ! Dégage-là de la ! Vite ! Vite ! »

Sous l'injonction de ma Conscience, le médaillon réagit immédiatement et expulsa le corps étranger du corps de Céleste.

Encore heureux !

Elle avait un goût d'œuf pourris au fond de sa gorge irritée.

La bile refluait avec excès et elle fût prise de haut-le-cœur violent et convulsif.

Elle se demandait encore où était la gauche de la droite lorsqu'une vision d'horreur s'imprima sur sa rétine.

La jolie petite fille à l'apparence poupine d'un angelot victime des pires sévices laissa place à l'une des plus hideuse gargouille de cathédrale.

Sa Conscience, quant à elle, se régalait de la scène ne manquant pas de commenter au passage.

« Oooh, quelle beauté ! Je fonds ! Non, sans rire, tu connais les « cosmétiques » ? Ca empêche d'avoir le faciès bourré de verrues ! Et la chirurgie esthétique ?...Nan ? Tu devrais t'y mettre ! »

Des yeux à plusieurs facettes comme ceux des guêpes la fixaient d'un regard bordeaux et avide.

Très avide.

De quoi rendre son repas !

« Oh, la chochotte ! »

« Dixit la Conscience qui pleurnichait il n'y a pas cinq secondes. Ce que t'es contradictoire ! », Lui lança toute heureuse de sa mini-victoire Céleste.

C'était soit ça soit les hurlements hystériques en tout genre….

Bonheur qui s'effaça aussitôt en voyant ce qui ressemblait à une guêpe tueuse accouplée avec une sorcière des contes de fée se jetait sur elle.

Elle ne sût jamais comment cela s'était passé mais elle fut catapulté de cette dimension d'horreur avec aux narines, l'odeur exécrable du fantôme.

« Alias l'Alien puant et dégoulinant de pus ! »

Beurk !

Elle se sentit secoué sans ménagement par une poigne de fer.

- Réveille-toi crétine de sœurette !

On aurait pu avoir mieux comme réveil…surtout après ce qu'elle venait de vivre, non ?

Donc, on comprendra qu'instinctivement elle réagit en lui donnant une accolade bourrue au niveau de l'abdomen.

- Ouch !

« Ah ! Bien visé ! Pour une fois que tu fais quelque chose de réussit ! Seulement… c'est dommage que tu n'aies pas frappé plus fort ! Vraiment ! »

« La ferme ! », répliqua-t-elle de mauvaise humeur, sentant toujours sur sa langue l'odeur d'œuf pourris.

« Tout dépend du point de vue ! »

- Ça va pas dans ta tête ou quoi ?!, s'écria-t-il avec colère, la fusillant copieusement du regard.

Elle se leva nonchalamment de la banquette et passa en le prévenant légèrement :

- Je t'avais prévenu qu'il ne fallait pas me dérangé pendant mon sommeil !

Il la devança en ronchonnant que le Destin s'acharnait sur lui, à l'avoir fait perdre à la courte paille et que la prochaine fois, promis-juré, il ne réveillerait pas un monstre ainsi !

Elle eût un sourire en se disant que son frère était très près de la réalité !

Se réveiller toutes les matinées ensanglantée n'es pas ce que nous nommerons la « norme quotidienne », vous en conviendrez !

« Je tiens à préciser que pour le truc de prescience et machin-truc, tu ne peux pas être sûre d'avoir raison ! Qu'est-ce que je dis, moi ? Messieurs, dames internez cette schizo, vite, ça devient urgent ! »

Céleste avait l'habitude des piques de la voix qu'elle entendait. C'est donc pour cela qu'elle fit la sourde d'oreille.

- Ils nous attendent sur le quai, précisa Liam. Dépêche-toi avant que nous soyons forcés de faire un aller-retour New-York/Londres.

Elle pressa le pas en lançant un regard noir au large dos de son frère.

Les couloirs du wagon étaient exigus et Liam avec son mètre 90 et quelques, baraqué comme il était, il lui était mal aisé de progresser autrement qu'en courbant le dos.

Liam était un garçon à la fin de l'adolescence. Il avait des cheveux blonds doré, des fils argentés se croisant entre celle-ci, des yeux aussi purs qu'un ciel d'été, une dentition éclatante et des lèvres pulpeuses qui faisaient fantasmée les filles de leur ancien lycée.

Il était âgé de 17 ans et était déjà courtisé par les filles, grand coureur de jupons qu'il était.

Elle posa son pied avec un claquement sec sur la rame.

- Céleste dépêche-toi, lui ordonna la voix froide et sèche de son paternel.

Un affrontement de regard se fit. Vert jade contre vert jade.

Malgré cet appel sec, Céleste savait que ça l'avait sauvé.

Des milliers de voix avaient retenti dans sa pauvre boîte crânienne, la désorientant. Et ses autres sens ne l'aidèrent en rien en exacerbant les odeurs et les bruits alentour.

Elle regarda autour d'elle les tâches de couleur entourant les silhouettes humaines et le vide qui caractérisait les fantômes.

La plupart d'entre eux versait sang et eau tout en se collant à certains humains, que Céleste envia en les voyant ignorer si aisément les spectres.

Seulement, ces fantômes-là la sentirent, ce dont elle se serait bien passer.

Tout du moins les plus vieux, qui prévinrent les plus jeunes.

Ce qui équivalait au même.

« Soif…Eric est un véritable con… J'la baiserai bien celle-là…Pourquoi elle me fixe comme ça, la folle !...Mon fils….Crétin ! J'vais t'en mettre une, tu vas la sentir passer !...MAMAN !...Peur ! Peur ! Peur ! A l'aide !...C'est elle ?...Ce que je m'ennuie…Ou sinon l'autre…Je m'emmerde ici…Même pas de fast-food dans le coin, fait chier !...Aller, viens par-là !...C'est ça…AHAHHHAAAAAHHHHAAA ! »

Les pensées des autres la submergeaient. Il y avait trop de personnes dans cette gare.

En entendant le cri soudain de cet enfant, si angoissé, si terrifié, elle eût un violent sursaut et toujours avec son inconscience coutumière elle s'apprêtait à se lancer à la poursuite de celui-ci

Mais une poigne dure l'arrêta dans son élan. Etrangement, elle n'entendit plus rien pendant un bref laps de temps

- Résiste Céleste, exhorta froidement son père.

Ça coupait toute la tendresse du moment en effet !

« Eh ! Le vioque sait tout ! A l'abattoir ! »

« Calme tes ardeurs, toi ! », lui répondit mauvaise Céleste.

Elle se laissa traîner en titubant avec rudesse par son père.

La belle rousse leva la tête vers lui.

Ayant la même taille que Liam, Lucius Stewart avait les mêmes yeux que son aînée, une carrure d'athlète, de longs cheveux blonds scandinave qui le rajeunissait d'une bonne dizaine d'années et des traits aristocratique sévère qui faisait de lui un homme très respecté dans son métier. C'est-à-dire juge d'instruction.

Son allure froide et stricte n'incitait pas à faire la causette avec lui, bien au contraire.

Elle allait vertement répliquer qu'elle avait d'autres choses à faire que de se laisser traîner par un étroit d'esprit à travers une foule bien compact comme elles les détestaient lorsqu'elle se fit encore assaillir par des emmerdeurs larmoyants de première : les fantômes.

« Elle nous voit ! Sauvez-nous…Dites à ma femme que… »

Et cela dura pendant toute la durée du trajet. Elle n'avait rien contre les fantômes, mais ne pouvait-il pas la laisser vivre en paix et cesser de la coller, elle qui les voyait ?

Soudainement, elle entendit parmi les dizaines de voix, une, bien démarquer par sa grande jeunesse.

« Où suis-je ? »

C'était un garçon de sept à huit ans qui avait demandé cela.

Elle le reconnut immédiatement mais ne pût supporter sa vue.

Elle aurait pu le sauver ! Au lieu de cela, elle détourna le regard en réprimant un sanglot.

« Oooh ! Sortez les violons, un enfant aurait pu être sauvé par notre pseudo héroïne si elle avait réussie à se débarrasser de la poigne de Lex Luthor, sniif ! Nann, j'rigole ! »

Elle retint la réplique acerbe qu'elle avait en réserve, en fusillant copieusement du regard son père.

Tout ça, c'était sa faute !

« A décrété la schizo ! »

Faire comme si elle n'était pas là. L'ignorer.

Un rire sardonique retentit à ses oreilles.

Et elle commença à regretter d'être partis si loin de sa Californie natale.

« Tu ne sais pas à quel point ! »

Elle eût un hoquet de stupeur en sortant de la voiture qui les avait déposés au pied de l'immense manoir.

Manoir, mon cul ouais !

Une énorme bâtisse faite de marbre d'un blanc pur qui faisait mal aux yeux si on la regardait trop fixement était implanté ainsi au milieu de maison mitoyenne qui paraissait être des cabanons de fortune comparée au titan qu'ils avaient devant eux.

Du lierre parcourait la surface veinée de la bâtisse, la rendant encore plus majestueuse.

- Ah, j'suis pété !, s'écria Liam en s'étirant. Je rentre et je…

- Regarde, crétin !, l'interrompit-elle en allongeant l'un de ses bras pour le stopper.

Il l'évita en les yeux pour…

- Bonté divine !, murmura-t-il plus sérieusement.

Un escalier fait du même matériau s'étirait à l'infini vers le « manoir » derrière un portail énorme. Noir et à pointes effilées.

Ça refroidissait les ardeurs, en effet !

- Liberté chérie, adieu !, sanglota faussement anéanti son frère.

Son père insensible à la beauté du lieu, à la majesté de la cour de pierre et des massifs de roses qui la bordait, aboya pratiquement un :

- Entrez et plus vite que ça !

A part Céleste et sa mère, le reste de la troupe sursauta en se précipitant vers le portail ouvert où une troupe de domestiques en tout genre les attendait.

Malgré son trouble à la vue de cette énorme maison, elle se dirigea vers la baraque d'un pas lent et nonchalant.

Un je ne sais quoi de familier dans cette énorme exploitation bien entretenue la fit hésiter au portail.

Un flash de la maison, différente, lui parvint.

Elle ne savait pas d'où mais la clarté et la puissance avec lesquelles elle le vit la fit vaciller.

- Ça va aller ?, demanda sa mère d'une voix douce en la scrutant de ses yeux noisettes.

Céleste la dépassait facilement de deux têtes mais elle restait tout de même imposante du haut de son mètre soixante.

Céleste hocha la tête pour la rassurer, plus que troublée.

C'était quoi, ce flash ?

« Enfin de retour à la maison ! »

Ces simples mots la glacèrent d'une horreur injustifiée.

« Oh que si elle l'est ! »

Il y avait eu des meurtres ici. Beaucoup.

Et donc beaucoup de fantômes à éviter. Au quotidien.

Elle ne se sentait pas l'âme aventurière et voir un homme la reluqué pendant qu'elle faisait sa douche sans réagir ou l'insulter copieusement serait carrément impossible.

« Alors utilise le médaillon »

Le gros « HEIN ? » mentale qui s'ensuivit fut donc tout à fait justifié.

Mais elle n'eût pas plus d'indication que cela de sa Conscience de ce qu'elle devait faire de son médaillon pour ne plus avoir à les voir.

C'était bien sa veine !

Ce fut donc avec l'envie vitale de déguerpir en sens inverse que Céleste grimpa la volée de marche.

Plus elle montait, plus elle était essoufflée et plus l'envie de vomir lui prenait aux tripes.

Ça commençait déjà mal, qu'est-ce que ce serait après ?

« Crois-moi, tu ne voudrais pas savoir »

Un frisson glacé la parcourut.

Le fait qu'elle devait reprendre la course à pieds n'était pas la seule chose qu'elle remarqua.

Oh non…

Pas la seule…

Alors, qu'en dites-vous ?