Pour Picotti

Quand Scorpius avait reçu sa lettre, c'était sa mère qui la lui avait tendue. Elle avait ce regard dans le visage, celui qui montre toute la fierté qu'elle avait pour lui. Un elfe du manoir était allé la chercher mais elle avait tenu à la lui apporter en personne. Parce que c'était leur héritage, à elle et à son père. Leur magie qui se transmettait dans ses veines à lui, petit garçon de seulement onze ans. Il la décacheta avec appréhension. Et si jamais elle disait qu'il ne devait pas aller à Poudlard, qu'il ne pouvait pas ? Il avait déjà eu des réactions magiques, mais si jamais on le lui interdisait, à cause de ce que sa famille avait fait ? Scorpius ne savait pas bien ce qui s'était passé pendant la Guerre, quel rôle avait eu ses parents dedans, mais il savait qu'ils n'avaient pas toujours été des gentils. Son père le lui avait expliqué calmement, un soir, dans la bibliothèque. Quelle serait sa réaction si jamais son fils n'était pas admis à entrer à l'école ? Et pourquoi on s'en prendrait à lui alors qu'il était innocent, il n'était même pas né quand tout ça était arrivé ! Il ne savait pas, mais en sortant le parchemin de l'enveloppe, une boule s'était formée dans son estomac. Quand il avait lu la missive, il avait été incroyablement soulagé. Il pouvait y aller, on l'y autorisait. Son père lui avait dit que ça ne serait sans doute pas facile, qu'on s'en prendrait peut-être à son nom et qu'il faudrait qu'il soit fort, qu'il ne regrette pas d'être né là où il l'avait été. Qu'il ne fallait pas qu'il doute que ses parents étaient des gens qui faisaient le bien à présent. Quant à sa maison, lui avait signifié son père, il s'en fichait bien. Tous les Malfoy avaient été à Serpentard, il pouvait bien en faire de même ou se démarquer. Ses parents seraient fiers de lui dans les deux cas. Il resterait leur fils adoré. Et ça, Scorpius en était bien soulagé. Imaginez des parents qui vous oublient parce que vous êtes parti !