Fanfic Crows Zero n°2 : I wanna change


Bonjour à tous =)
J'ai mis un peu plus de temps pour boucler ce nouveau chapitre, veuillez m'en excuser ^^ J'ai eu d 'autres choses à faire par ailleurs^^

Enfin voilà ! J'espère que cette suite vous plaira ! le début des révélations ;)

Et merci pour vos commentaires et vos encouragements ! :D


Chapitre 6 : La face cachée de la lune


Elle écrasa sa clope sur le sol, et fit les quelques pas qui la séparait d'Izaki, se tenant tout près de lui, elle lui offrit un regard froid. Elle avait peut-être perdu, mais ce n'était pas pour autant qu'elle était à sa merci.

- Mais d'abord rend-moi mon masque…

Izaki la regardait avec un petit sourire en coin, et lui tendit l'objet qu'elle réclamait. Elle s'en saisit et le remit avant d'ajouter.

- Et je serais par contre un café, étant donné que je n'ai pas eu le temps de prendre celui que je voulais boire, à cause de toi…

Izaki acquiesça et ils retournèrent vers des zones plus fréquentées.
Ils dégotèrent un café, le choisissant principalement pour la seule raison qu'il était hors du territoire des élèves de Suzuran et autres spécimens du même acabit.

Shin retira son masque et détacha ses cheveux afin de mieux les rattacher en queue haute, pendant qu'ils attendaient après leur commande.
Un serveur, ne leur prêtant qu'une attention distraite mais peu rassurée, leur tendit deux tasses de grand café. Il faut dire que tout deux portaient l'uniforme noir des Corbeaux, et tout le monde connaissait la réputation qui allait avec, mais il était rare d'en croiser par ici. Ajouté à cela qu'ils étaient également tout deux marqués par leur récent tête-à-tête.

De nouveau seuls, Shin but une gorgée du liquide amer et chaud qui se présentait devant elle tandis qu'Izaki s'adossa contre le siège de sa chaise et l'observa.
Elle leva alors les yeux vers lui dans une expression peu amicale.

- Détends-toi. Osa lui dire Izaki.

Elle ne répondit pas à sa remarque, il enchaîna alors aussitôt sur ce qui les amenait ici.

- Donc, tu as ton café, je suis tout ouï à tes explications…

Ceci dit il n'en revenait toujours pas qu'une fille ait pu ainsi tous les berner et entrer aussi facilement à Suzuran. L'administration devait vraiment prendre tout les cas désespérés sans prêter plus attention que ça à leur dossier… Et surtout, il n'en revenait pas qu'elle ait pu donner le change aussi longtemps et encore maintenant aux yeux des autres, et qu'elle ait pu évoluer comme un poisson dans l'eau dans un univers qu'on considère violent et chaotique, et qu'elle ait même pu y forger sa place. Elle s'était fait des alliés, avait pris le contrôle des troisièmes années aux côtés d'Hiromi et du fameux trio Ebizuka, rien que ça. C'était vraiment impressionnant, même s'il ne lui dirait pas de but en blanc ainsi, elle était bluffante. Ce qui nourrissait encore davantage ses questions à son sujet et surtout concernant la raison pour laquelle elle avait accompli tout ça. Qui Zuko était-il pour elle pour qu'elle se soit à ce point impliquée pour découvrir la vérité sur sa mort ?

Shin reprit une gorgée de café.

- J'aurais dû commander quelque chose de plus fort, ironisa-t-elle.
Mais d'abord dis-moi une chose, je voudrais savoir… comment as-tu su que je n'étais pas clair ? J'avoue je me suis posée la question, la retournant dans ma tête. J'ai pourtant tout fait pour me fondre dans la masse de Suzuran.

Izaki émit un petit rire à cette interrogation.

- Justement… Lorsqu'un nouveau comme toi débarque à Suzuran il essaye rarement de se faire discret, tout en voulant en plus se rencarder sur une affaire délicate qui date d'y il y a deux ans... tout ça sonnait bizarre.
Prends le cas de Genji, ce mec à peine arrivé a déjà voulu faire sensation et il continue. J'ai appris à cerner rapidement les gens, et chez toi quelque chose clochait… appelle ça l'instinct, le 6e sens, ou tout simplement un sens aigu de l'observation, je m'en fous… mais je ne me suis pas trompé.

Sur ce, Izaki prit enfin sa première gorgée de café qui fumait toujours.

- Je vois… Répondit-elle à voix basse.

Izaki la regardait intensément, attendant qu'elle se mette à table, ce qu'elle fit sans se faire prier davantage.

- Mon vrai nom est Mitsuki Hayashi. Zuko était mon frère.

Elle alla droit au but, sans guère davantage de préliminaires, le foudroyant même du regard en clamant cette révélation. Elle eut comme l'impression qu'Izaki pâlit soudainement, manquant de faire tomber sa tasse et la reposant doucement sur son socle.

- Sa… sœur…?

Il avait eu beau être proche de Zuko et être du genre à tout savoir, cette info là il ne la connaissait pas, manifestement. Zuko avait toujours pris soin de garder certaines choses secrètes.

- Attends, il ne m'a jamais parlé d'une sœur…

- Et tu t'en étonnes ?

Maintenant qu'elle lui faisait la réflexion, certains éléments obscurs prenaient sens dans son esprit. Il se rappelait la manière dont Zuko avait parfois tendance à disparaître sans prévenir, comme s'il menait une double vie. Il avait cru pendant un temps qu'il avait une petite amie dont il préférait garder l'exclusivité, mais il avait rapidement écarté cette possibilité.
Non pas que Zuko avait du mal de ce côté-là, il était plutôt beau gosse et avait un charisme qui devait en séduire plus d'une. Il avait des cheveux entre courts et mi-longs, en bataille et d'un noir de jais, ainsi qu'une cicatrice au niveau de l'œil gauche qui était ancienne, bien avant le collège. Il était grand avec des muscles finement dessinés. Il possédait une moto et il était tatoué, il aurait d'ailleurs pu aisément intégrer le Front, mais cela ne l'avait jamais intéressé. C'était un esprit libre et indépendant, totalement. Un autre signe particulier était ses yeux, gris pâle. C'était peu courant d'en voir d'une telle couleur, un océan argenté dans lequel on se perdait littéralement.
Et à bien y regarder, Shin avait exactement les mêmes yeux. Comment ne l'avait-il pas remarqué plus tôt ?! Il avait bien capté quelque chose d'étrange dans son visage, c'est d'ailleurs pour ça qu'il avait voulu lui retirer son masque, mais cette évidence lui avait pitoyablement échappé.
C'était donc ça, ce mystérieux Shin Sawada était en réalité Mitsuki Hayashi, la sœur cadette de Zuko. Il avait en effet décelé dans sa manière de combattre quelque chose de familier, et la moto qu'elle conduisait était de la même marque que Zuko, mais il n'avait en aucune façon fait le rapprochement. Comment aurait-il pu ?!

- Faut que tu m'explique là…

- J'y viens. Mais je te préviens, ce que je te révèle là doit rester entre nous. Tu avais un profond respect pour mon frère, pas vrai ? Alors je suis sûre que tu sauras tenir ta langue.

Izaki ne lui répliqua rien mais son expression parlait pour lui.

- Ok. Zuko t'as peut-être dit qu'il était orphelin. Nous étions des orphelins. Nos parents sont morts quand nous étions encore très jeunes, et on a alors été placés en famille d'accueil. On ne vivait pas à Tokyo à cette époque, mais dans une ville toute proche au bord de l'eau. Mais… ça ne se passait pas bien.

Mitsuki avait le regard perdu dans le vague, se frottant subrepticement le poignet droit, comme une réminiscence de souvenirs douloureux remontant à la surface.

- C'était un couple d'une trentaine d'année, mais le mari… était violent, il nous battait. Zuko se mettait toujours en avant pour éviter que je prenne des coups mais nous n'étions pas toujours ensemble… je n'étais qu'une gamine, je voulais être forte, je ne voulais pas que Zuko prenne à ma place et souffre deux fois plus, alors je gardais ça pour moi. Et puis un jour il a vu les marques que j'avais aux poignets, et deviné celles qui parcouraient fatalement mon dos.

Elle marqua un temps d'arrêt, sans regarder Izaki. Elle sortit son paquet de cigarettes afin de s'en griller une. Par la fenêtre elle pouvait apercevoir des salarymen qui se pressaient pour se rendre à leur travail, c'est vrai qu'il était encore tôt.
Après sa première taffe, elle reprit son récit. Son regard toujours jeté par delà les carreaux, posé sur un point fixe, comme égaré dans le temps.

- Un soir, on avait préparé nos sacs pour fuguer, ça ne pouvait plus durer. Mais on s'est fait choper à peine à quelques pas de l'entrée, dans la cuisine. Il a commencé à me frapper alors Zuko est intervenu, et ça a mal tourné… Je ne pouvais rien faire. La femme pendant ce temps s'était dépêchée d'appeler la police.
Finalement son mari avait été grièvement blessé et Zuko… il a hérité de sa cicatrice à l'œil. Après ça, on a été séparé, il a été envoyé en maison de correction pour mineur et moi j'ai rejoint la demeure d'une dame qui avait déjà un certain âge. Elle était très gentille avec moi, ce qui m'a fait bizarre, je n'étais plus habituée à autant de tendresse de la part d'un adulte.

Elle reprit une nouvelle bouffée de nicotine, et adressa cette fois un regard vers Izaki. Ce dernier l'observait attentivement, son expression restait neutre. Elle ne voulait surtout pas susciter la compassion chez lui, elle n'avait pas besoin de ça. Elle se contentait de lui exposer les faits, il avait voulu savoir qui elle était et pourquoi elle voulait à ce point enquêter sur la mort de Zuko, pour ça il fallait qu'il sache la vie qu'elle et son frère avaient mené.

- Mais on a toujours gardé contact, on était tout l'un pour l'autre, il n'y avait toujours eu que nous, on avait toujours pu compter que sur l'autre, alors on était très proches. Je lui rendais visite, et quand il est sorti de la maison de correction dans laquelle il n'est pas resté très longtemps au final, on se voyait régulièrement.
Il faut dire qu'il avait eu des circonstances atténuantes, les flics ont clairement pu voir les stigmates qu'on portait sur le corps… Mais il ne voulait pas revenir dans cette ville, il préférait rester à Tokyo alors il a créché dans un foyer, faisant des petits boulots avant de se prendre un appart bien plus tard.
Il me racontait comment ça se passait dans son collège et j'avais l'impression de tous vous connaitre… Ca ne me dérangeait pas qu'il se batte, on avait un peu été endurcis dès notre jeune âge après tout… il m'a alors appris moi aussi à me battre. Et plus tard à conduire sa moto.
Et puis, il m'a narré la légende de Suzuran. Et je n'avais qu'une envie, c'était de vivre à Tokyo. Mais j'étais encore trop jeune... Il me disait qu'il ne fallait pas qu'on se presse, que tout se passerait bien... j'y ai cru.

Izaki sortit à son tour son paquet de cigarettes de l'une de ses poches, il avait grand besoin de s'en griller une après toutes ces révélations. Sa répartie semblait avoir volée en éclat et il demeurait silencieux, échangeant un regard chargé d'intensité avec Mitsuki.
Ils terminèrent leurs cafés et en recommandèrent deux autres.

- Pourquoi avoir attendu tout ce temps pour venir ici ? Lui demanda-t-il soudain.

- C'était pas si simple que ça, tu penses bien. Je n'allais pas venir sur le coup de l'émotion, sans préparation. Alors j'ai cogité, longtemps. Et lorsque j'ai pris ma décision et élaboré ce plan dans ma tête, le mettre en application a nécessité pas mal d'investissements. J'ai d'abord récupéré les affaires de mon frère, retapé sa moto. Il a fallu que je me crée une nouvelle identité et les antécédents qui allaient avec... Enfin, tu t'imagines bien que ça a pris du temps. Mais j'avais de la ressource et surtout de bons contacts... Enfin voilà quoi.
A ton tour, dis-moi ce que tu sais de cette nuit où mon frère est mort. Et de la vie qu'il menait, car il était loin de tout me raconter, tu t'en doutes.

- Eh bien... je n'étais pas là quand c'est arrivé, je serais donc incapable de t'en dire plus. Mais Zuko m'avait parlé d'une affaire qu'il devait absolument régler. Il a refusé de me dire de quoi il s'agissait.
J'ai très vite appris la nouvelle et j'ai accouru sur place. Ils emportaient son corps au moment où je suis arrivé... et sa moto était bien cabossée. Il avait dû se faire percuter. J'ai cru que c'était une mauvaise blague, que c'était arrivé à quelqu'un d'autre...

Mitsuki demeura silencieuse, entrevoyant au travers d'une brume opaque le spectacle qui s'esquissait au son de ces mots. Elle préféra ne pas développer plus avant cette obscure vision qui lui serrait douloureusement le cœur. Elle reprit alors une nouvelle cigarette et chassa rapidement cette image de son frère gisant sur la route. Elle se recentra plutôt sur les circonstances qui auraient pu conduire à sa mort.

- Je sais que Suzuran était en guerre avec un autre lycée... Hosen. Tu peux m'en dire plus à ce sujet ?

L'air d'Izaki se rassombrit encore davantage à l'évocation de ce nom.

- Ouais. Suzuran et Hosen ont toujours été en conflit. C'est simple, Suzuran est aux antipodes d'Hosen. Là où nous sommes rebelles, solitaires, anarchiques et impulsifs ; ils sont soudés, hiérarchisés, organisés et méthodiques. Mais Suzuran a toujours été craint, car justement tout les barges viennent chez nous, ce qui fait de ce bahut le plus dangereux et le plus imprévisible de tous.
Faut savoir que Zuko était bien parti pour en devenir le boss. Et lorsqu'il est mort, les deux autres grosses factions du bahut, qui étaient prêtes à se rallier avec lui, ont pété un plomb. Il y a donc eu un affrontement sanglant entre Suzuran et Hosen, et ça s'est mal fini, le boss d'Hosen a été poignardé et il est mort. A la suite de ça, c'était devenu trop tendu, alors ils ont tous décidé de calmer le jeu et une trêve a été instaurée.

Mitsuki emmagasinait toutes ces infos, les synthétisant et essayait d'y voir plus clair, les ajoutant à ce qu'elle savait déjà, en espérant en tirer quelque chose.

- Est-ce que tu crois que Zuko aurait pu avoir à faire avec Hosen avant ça et que ce se soit mal passé ?...

- Comme je te l'ai dit, j'avais beau être proche de ton frère, il était très secret. Maintenant que je me remémore tout ça, je réalise que Zuko trempait dans pas mal d'affaires. Il était ambitieux, désinvolte et autodidacte, et ça marchait. Cela a dû déplaire à pas mal de monde à l'époque, qui craignait pour leur propre empire. Je ne l'ai jamais vu avec quelqu'un d'Hosen, mais je ne pourrais pas te certifier qu'il n'a eu aucun contact avec eux.

Mitsuki demeura pensive. Il existait de nombreuses factions que son frère aurait pu se mettre à dos dans cette ville, allant d'un autre lycée comme Hosen à des gangs comme le TFOA, en passant même par les Yakuzas. Au moins, Izaki avait pu lui apprendre que son frère avait certains plans en action, il devait vouloir faire son nid dans cette ville, mais celle-ci comptait déjà plusieurs autres volières qui avaient les crocs et les serres affûtés.
Cela commençait à prendre forme, elle était persuadée qu'il devait être question d'un règlement de compte, ni plus ni moins, afin d'éliminer quelqu'un qui devenait trop dangereux et trop intéressant dans cette ville. Mais elle avait besoin davantage d'infos pour étayer ses suppositions.

Ils quittèrent le café et prirent le chemin en direction de Suzuran. La majeure partie du trajet se fit dans le silence. Puis non loin de Suzuran, Izaki stoppa sa marche et se retourna vers Mitsuki.

- Il vaudrait mieux éviter qu'on nous voie ensemble. Je vais creuser la question de mon côté, ok. Je peux t'assurer que je ferais tout ce que je peux pour t'aider. Comme je te l'ai dis Zuko était presque comme un frère pour moi.

Mitsuki acquiesça faiblement de la tête, lui offrant un faible mais sincère merci.


De retour dans l'enceinte du bahut, Shin pénétra dans sa salle de classe où étaient déjà attablés ses deux lieutenants, ainsi que le trio Ebizuka, ce qui la surprit un peu. Elle n'avait pas encore réalisé la mesure de ce qui s'était produit il y a quelques temps, la nouvelle faction qu'elle avait contribué à créer sans le vouloir. A croire qu'elle ressemblait bien plus à son frère qu'elle ne l'aurait imaginé.

Ils étaient installés en cercle, Takayuki posé sur une table comme à son habitude, Haruki et Sugihara debouts, et Honjo et Hiromi adossés sur une chaise. Ils semblaient être en réunion, mais conservaient toujours une attitude détachée, guère alarmante. Pourtant lorsqu'elle s'approcha et commença à entendre de quoi il était question, le sujet abordé revêtait tout de même une certaine importance.

- On fait quoi maintenant, Hiromi ? demanda Takayuki.

- On a le contrôle des 3e, on est pépère pour cette année, techniquement. Le peu qui ne nous suive pas prête soit allégeance à des Terminales, vu qu'ils sont plus que jamais en lutte pour la domination de Suzuran, et on n'a pas à s'en mêler pour l'instant. Soit ils sont du côté de Bandô, ce qui risque par contre de poser problème plus tard.

- Comment ça ? Tu crois que Bandô va être gênant ? Questionna Haruki.

- J'en suis certain…

Puis ils remarquèrent enfin la présence de Shin.

- Shin ! s'exclama Takayuki, toujours enjoué. T'aime te faire attendre, toi ?! Toujours en retard !
Puis il nota brusquement les marques apparentes sur le visage de Shin, que son masque dissimulait pourtant en partie.
Qui t'a fait ça, Shin ?! Demanda-t-il alors inquiet et révolté.

- C'est rien, t'en fais pas pour ça. Lui dit-elle avec une expression qui se voulait ferme et sans suite. Ce que son lieutenant comprit aussitôt.
J'ignorais qu'une réunion au sommet était programmée ce matin… Poursuivit-elle d'un ton vaguement ironique. Vous débattez sur la concurrence à Suzuran ?

- Hiromi a toujours eu un don pour percevoir les choses. Généralement ses hypothèses s'avèrent justes. Remarqua calmement Honjo.

Shin prit une chaise qui traînait dans les parages et vint rejoindre le petit cercle, en s'installant sur son dossier, les pieds posés sur son socle, juste en face d'Hiromi.

- Prend le cas de Genji, intervint ce dernier, nul doute qu'il va y avoir un affrontement entre sa faction qui tend à s'épanouir et celle de Serizawa, qui s'est trop reposée sur ses lauriers. Et je pense qu'il va y avoir un beau combat, et matière à s'en étonner.

- Makisé a rejoint ses rangs et il parait qu'ils veulent s'adjoindre Izaki aussi. Renseigna Haruki.

- Izaki… répétèrent presque en même temps Shin et Hiromi.

Ils se fixèrent un moment, intrigués et surpris, avant que Sugihara prenne à son tour la parole.

- Il n'est pas du genre à s'allier aussi facilement à quelqu'un. Genji va prendre cher.

- Pourquoi tu dis ça ? demanda Shin.

- Izaki n'est pas un tendre, il va vouloir le tester et ça risque de faire mal. Répondit Honjo.

- Peu importe ! Siffla Takayuki. Comme l'a dit Hiromi, cela ne nous concerne pas, qu'ils se démerdent entre eux.

Shin en venait à se demander si Izaki n'avait pas hérité ses techniques de son frère. Il faudrait qu'elle lui pose la question. Car Zuko avait toujours eu la réputation d'être implacable et redoutable. Mais effectivement, les affaires des Terminales ne les concernaient pas, ne la concernaient pas. Elle avait déjà bien d'autres choses dont elle devait s'occuper.


Le soir venu, elle n'avait pas oubliée le rendez-vous prit avec Bandô. Elle ne comptait pas s'y soustraire.

Elle se rendit donc comme convenu au Coffee Paradise, à l'heure précise donnée par son rival. Elle vit la moto de ce dernier garée juste devant l'établissement, à côté d'une Honda noire. Par la vitre adjacente à l'entrée, elle l'aperçût, assis sur l'un des fauteuils à une table en train de boire un verre, en compagnie d'un autre homme. Celui qu'elle avait déjà vu plusieurs fois aux côtés de Bandô, un gars avec une balafre impressionnante et un regard noir, dont elle ignorait toujours le nom. C'était lui qui lui faisait face, alors que Bandô lui tournait le dos. Lorsque son comparse vit qu'une jeune femme venait d'arriver, toujours sur sa moto, et observait par la fenêtre, il fit signe à son chef qui se retourna. Manifestement pas décidé à se lever dans l'instant, elle mit pied à terre et entreprit d'entrer dans le snack et de l'y rejoindre.
L'endroit n'était pas très rempli ce soir là. Début de semaine oblige, et vu l'heure tardive, ce n'était guère surprenant. Hormis le duo du TFOA, il n'y avait donc que deux autres clients, l'un accoudé au comptoir, un peu ivrogne sur les bords, et un couple juste à l'entrée. Bandô et son lieutenant avaient pris place au fond de la salle, deux bières en face d'eux, à moitié consommées.

Elle se posta juste à côté de leur table, les observant tour à tour avant de se fixer sur Bandô.
Ce dernier l'invita à s'asseoir avec eux et à prendre un verre.

- Je ne suis pas venue pour prendre un verre, mais pour finir ce que nous avions commencé… Lança-t-elle avec insolence.

- Allons, une belle fille comme toi peut au moins prendre un peu de bon temps avant de respirer le pot d'échappement de sa bécane ! Railla le lieutenant de Bandô, d'un air suffisant et mauvais, la détaillant au passage de la tête aux pieds.

Elle le fusilla du regard tout en lui répondant.

- T'es qui toi ? Ce n'est pas à toi que je m'adressais.

Ils se défièrent quelques instants du regard avant que Bandô n'intervienne.

- Comme tu voudras alors.

Il termina d'une traite son verre de bière brune puis se leva, lui faisant face. Elle libéra alors le passage.

- Senda, tu peux y aller. On se verra plus tard.

Le lieutenant acquiesça, et sortit le premier du café en ayant pris soin de porter à nouveau un sombre regard à l'attention de Mitsuki. Elle ne s'était pas fait un admirateur, manifestement. Au moins, maintenant, connaissait-elle son nom, pour ce que ça changeait.
Elle le vit enfourcher sa Honda pour disparaître dans la nuit, tandis qu'elle et Bandô mettaient le nez dehors.

- Le même parcours que la dernière fois ? Commençait-elle à s'épancher sur la raison de sa venue.

Bandô s'arrêta devant sa machine, la dévisageant. Alors qu'elle s'apprêtait à grimper sur la sienne, elle sentit son regard brûlant sur elle et interrompit ses préparatifs.

- Quoi ? Interrogea-t-elle, non sans une pointe d'agressivité.

- Tu m'as l'air d'être une fille très active. Tu as encore plus de marques que la dernière fois…

Il faisait évidemment allusion aux contusions qui se dessinaient sur son visage, encore fraîches de ce matin et de son entrevue avec Izaki. Il semblait intrigué par ces détails, bien que cela ne devait pas tant la surprendre.

- Et alors ?

- Cela éveille ma curiosité, voilà tout… Lui répondit-il, une lueur étrange au fond de ses pupilles.

- Epargne-toi cette peine. Je suis juste là pour relever un défi, pas pour sympathiser.

- Tu as la langue bien fourchue, je peux comprendre que tu récoltes quelques ennuis dans ce cas…

Elle ne put s'empêcher de sourire face à cette remarque. A quoi bon jouer la carte de la froideur et de l'agressivité ? Bandô était une pièce maîtresse de sa problématique avec la mort de son frère, elle n'avait d'autres choix que de manœuvrer avec une certaine prudence. Mais il était difficile de rester de glace face à lui. D'autant plus qu'elle n'était pas Shin en cet instant.


A suivre ! ^^


J'ai eu beaucoup de mal à trouver un prénom pour ma perso ! XD
Finalement j'ai opté pour Mitsuki donc, qui selon la manière dont il est écrit peut signifier belle lune, ou lumière d'espoir. (les traductions variant selon le site sur lequel je vais lol, par exemple j'ai trouvé également la notion de pleine lune, de lumière rare... mais ça tourne autour des mêmes idées^^)

Bref du coup je me suis dit "lumière d'espoir" c'est sympa =)
D'où le titre de ce chapitre également, en référence à l'autre signification se rapportant à la lune^^ ...Puisqu'on découvre dans ce chapitre son autre identité ;) ainsi que sa relation particulière avec Zuko, puisque c'était son frère^^