Disclaimer : Tout appartient à JK Rowling

Bêta reader : Cleo Mc phee, que je remercie pour me corriger mais également pour me conseiller et m'encourager


POV Severus

Où suis-je?

Mes yeux s'ouvrent et se ferment, péniblement, dans l'espoir de savoir si au moins je suis en vie. L'environnement ne m'est pas familier...Les murs d'un blanc immaculé m'aveuglent autant qu'ils m'angoissent...Je suis vraisemblablement dans une chambre, deux portes, une fenêtre...Je suis allongé dans un lit une place. Deux barrières surélevées m'empêchent d'en sortir...

Mon corps s'anime douloureusement. Ma jambe gauche d'abord, se plie et se déplie. Puis la droite...une minute...elle me semble d'une lourdeur incroyable...je surélève la tête pour savoir d'où vient cette sensation...Merlin!...ma jambe est littéralement transpercée de part en part par un objet métallique...Ma tête retombe mollement dans un soupir...OK...Ensuite mes mains. Allez la gauche en premier...intacte...puis la droite...affaire plus difficile...Merde deux doigts, l'index et le majeur sont immobiliser par une atèle...

Un coup est donné à ma porte et sans crier gare, quelqu'un franchit le seuil de ma prison blanche. Un pénible mais jovial : « Bonjour Mr Rogue » Résonne à mes oreilles.

… Pause ...

La réalité me rattrape tout à coup...L'accident, l'hôpital, la convalescence...Je suis bel et bien dans un hôpital moldu, en convalescence suite à une très, très mauvaise chute. Cela fait environ deux semaines, que cette cascade inexpliqué à provoquer ma perte...

Je sortais de chez un apothicaire moldu, où je m'approvisionne régulièrement à Londres. Quand mon pieds franchissant le trottoir, c'est légèrement dérobé sous mon poids...déséquilibre oblige, je bascule prodigieusement en arrière. Ma tête heurte le trottoir dans un bruit sourd. Le reste est floue...à demie conscient j'entends un crissement de pneu, l'agitation des passants autour de moi, une phrase prononcé avec inquiétude « Vite appelez les secours! ». Quelques sirènes plus tard me voilà dans cet hôpital moldu, sans moyen magique de communication pour prévenir mes proches.

… Si tant ai que j'en ai …

Bref, à mon réveil je constate avec effroi que ma jambe droite fracturée, est affublée d'un « fixateur externe car la fracture est comminutive » dixit le médecin, que je me suis également cassé deux doigts...allons dont...et que j'ai quelques points au niveau du cuir chevelu pour refermer une plaie...Je ne suis plus à ça près...RE MERDE !

Une question me vient à l'instant : Comment Moi le Grand Severus Rogue, me suis retrouvé dans une situation rocambolesque? Alors qu'un simple sort aurais tout régler en un clin d'œil...

Bien, maintenant que ma mémoire m'est subitement revenu, je n'ai même pas envie d'écouter cette phrase rituelle qui m'accueille tous les matins depuis 15 jours :

« Bonjour Mr Rogue » Suivit du traditionnel mais non moins hypocrite « Vous avez bien dormi ? »

Bordel comment peut-on dormir ici...Pourtant ce matin là est différent et la suite que j'attends ne vient pas. La voix que j'ai entendu résonne curieusement. Elle est masculine, tonalité rare dans ce monde hospitalier.

Alors que j'ai eu tant de mal à émerger, je referme aussitôt les yeux, refusant le contact aussi bien visuel que verbal. Je continue tout de même à l'entendre

- « Je viens vous prendre la tension et vous faire une prise de sang »

Puis un bruit métallique, que j'associe au plateau de soins posé sur le chevet.

Les yeux toujours clos, j'essaye de ne pas tressaillir, quand je sens les doigts froids mais doux de l'infirmier qui se posent sur moi. Il remonte la manche de ma très saillante chemise de nuit...et positionne le brassard. Le stéthoscope prend sa place juste au pli du coude...Avant de continuer, le soignant crois bon de me préciser

- « Je suis l'infirmier qui va s'occuper de vous jusqu'à ce soir »...

Je le soupçonne de vouloir briser le silence que je lui impose et réponds ironique

- « Sans blague »...

Cependant sa voix me paraît étrangement familière, mais je chasse aussitôt cette idée ridicule, que j'attribue à mon intellect fatigué.

Le brassard se gonfle peu à peu quand je consens à ouvrir les yeux.

L'homme concentré sur sa tâche est jeune, brun, coupe courte et ébouriffée... Mon regard descends, il porte -bien évidemment- une tenue blanche col V laissant apparaitre une fine ligne de pilosité...Mon regard remonte, il a des traits doux et fins. Une barbe naissante habille ses joues, ses yeux sont d'un vert étonnant mais la couleur est atténué par des petites lunettes rondes. Quelques mèches de cheveux retombent gracieusement sur sont front...je plisse les yeux...front marqué...marqué par une...non je déglutit...une cicatrice...

Oh stupeur! Oh Merlin et tous les fondateurs! Je n'y crois pas et ne peux pas y croire...Je m'agite, mon bras veut fuir et tout le reste de mon corps aussi...suite à la récente découverte de l'identité du soignant...

Mais mon bras est immobilisé rapidement par une poigne ferme.

- « C'est bientôt finit » me dit-il pour me rassurer...

Mais bon sang sait-il qui je suis? J'entends un pisssssh et le brassard se dégonfle...Je prends conscience que sa main s'est glissée dans la mienne pour me faire tenir en place...Lui à son regard concentré sur le manomètre indiquant ma tension...Il ne peut donc voir ma stupeur et mon incrédulité sur mon visage.

- « Bien 13/7 » annonce-t-il satisfait dans un scratch significatif.

Il replace son stéthoscope autour de son cou et se tourne vers son plateau de soin...Le silence devient pesant, seul les bruits m'indiquent qu'il prépare son matériel pour la suite...Puis à nouveau sa voix qu'il s'efforce de contenir

- « Je vais maintenant vous faire la prise de sang... »

- « Pourquoi? » je demande me sentant la soudaine obligation d'ouvrir la bouche.

Toujours de dos il me réponds néanmoins :

- « Car l'injection de Lovenox que vous avez tous les jours, nous oblige à surveiller votre taux de plaquettes une fois par semaine ».

Ces explications sont précises et c'est sûr de lui qu'il se retourne d'un bloc...Son regard se rive au mien et je suis une seconde troublé, ma position de faiblesse m'apparait d'autant plus. Harry Potter Infirmier de son état, se tient devant moi avec une aiguille à la longueur résolument effrayante. Une interrogation me frappe : à quel moment faut-il faire allusion au fait que l'on se connait ?

Bordel...Ses yeux ont-ils toujours été aussi transperçant...? Pour la deuxième fois en cinq minutes, Ses mains viennent à ma rencontre...Il pose le garrot, me demande de serrer le poing, repère la veine et dis

- « Respirez je pique »

- « Merci Potter je l'ai senti »

Il se tend à l'évocation de son nom...il poursuit

- « Voilà soufflez »

Merlin sait-il se qu'il se passe dans ma tête en ce moment même...Il est tellement concentré

- « Vous pouvez desserrer le poing »

Ses doigts me frôlent pour se saisir du tube posé près de ma main. Il relâche le garrot, exerce une légère compression sur la veine ponctionnée et applique un pansement...Qui aurait cru que je verrai un jour Potter capable de maitrise et de savoir...?

Il reprend son plateau.

- « Je vous ai laissé vos comprimés sur la table, le petit déjeuner ne va plus tarder, je reviens dans la matinée pour les soins sur le fixateur externe après la toilette... À tout à l'heure »

Son détachement, pire, sa froideur, m'agace. Il est le seul lien qui me rattache au monde sorcier, mon monde...Bordel il s'éloigne, et je lui lance

- « Potter vous allez m'ignorer combien de temps comme cela? »

Il se retourne lentement pour me répondre une phrase assassine

- « Probablement jusqu'à la fin de mon service...Monsieur...Bonne journée »

Piqué au vif par sa réplique, je suis anéanti quand la porte se referme sur la seule personne qui peut me faire rentrer chez moi...MERDE!


POV Harry

J'écrase ma cigarette et pénètre dans ce lieu qui m'est si familier...4 ans déjà que j'ai quitté le monde sorcier et 1 an que je suis infirmier dans cet hôpital. Les odeurs si particulières et la chaleur propre à ce lieu m'enveloppe, je suis dans mon élément. Alors que je gravis les marches pour me rendre au vestiaire, je repense, distrait, à cette autre vie que j'ai vécu et que j'ai décidé d'abandonner. Il me semble que c'était il y a si longtemps...et pourtant. La réaction que j'ai provoqué chez mes amis suite à mon choix de carrière me fait sourire, nostalgie de l'époque...Tout le monde voyait en moi un grand auror qui se serait démené pour chasser les derniers mangemorts après la disparition de Voldemort ….et pourtant...ainsi beaucoup n'ont pas compris mon souhait de retourner à une vie normale, si je puis dire.

J'enfile ma tenue et me lave les mains par automatisme...le miroir qui trône au dessus du lavabo me renvoie mon reflet...je m'essuie et réajuste quelque mèches de cheveux sur mon front, pour essayer de cacher au mieux cette cicatrice si légendaire dans un autre monde et celle qui pose encore beaucoup de questions dans ce monde. Je lisse ma tenue et bombe le torse fièrement en lisant l'étiquette qui donne mon nom et ma fonction : Harry Potter Infirmier...ma place est ici...

Je quitte le vestiaire pour me rendre dans le service où j'ai été affecté pour la journée. En effet depuis mon diplôme j'exerce en tant qu'infirmer du pool et remplace au pied levé mes collègues absents...Ainsi tous les jours ou presque un nouveau service et tous les jours des patients différents à prendre en charge.

J'entre dans la salle de repos pour me faire couler un café. Quelque soit le service ce geste est devenu un rituel, puis j'arpente les couloirs pour rejoindre mes collègues de nuit et écouter la relève.

L'infirmière de nuit me présente brièvement les patients de mon secteur chambre par chambre :

- « À la 120 tu as Mr Rogue...tu verras il est bizarre » a-t-elle le temps de me préciser pendant que je m'étouffes avec ma gorgée de café...

Ai-je réellement bien entendu? Existerai-t-il un homonyme? Je prie Merlin pour que cette explication soit la bonne et que pour que ce qualificatif qu'elle a associé à ce nom ne soit qu'un pur hasard...Je bouge nerveusement sur ma chaise en inscrivant ce nom et demande l'air de rien :

- « Son prénom? »

- « Ah ouais même son prénom est bizarre, Severus, non mais comment on peut appeler son gosse comme ça? »

Je déglutit péniblement et participe à la plaisanterie

- « Ah ouais t'as raison » .

J'écoute la suite avec une grande attention.

- « Fracture comminutive jambe droite suite à une chute, on est à J14 du fixateur externe dont les soins sont à faire aujourd'hui, suite opératoire simple, 2 doigts mains gauches fracturés et plaie du cuir chevelu avec ablation des points hier dans la matinée, tu verras il est pas très causant... »

J'écoute le reste avec une attention toute relative, mes pensées étant résolument tournées vers la confrontation inévitable, avec ce professeur d'un autre monde...

Alors que j'effectue un premier tour pour les médicaments, la prise de constantes et les bilans sanguins du jour, je me surprends à décompter les chambres qui me séparent de lui...plus que 4

- « Bonjour Mde, vous avez bien dormi...à tout à l'heure »

Plus que 3... j'écoute vaguement les réponses qui me sont données...plus que 2...puis une...Voilà, déjà arrivé à la 120. Je regarde fixement cette porte, sachant pertinemment que je ne pourrai pas y voir à travers et pourtant, Merlin que j'aimerai avoir ce pouvoir en ce moment même...

Comment puis-je être aussi peu confiant à l'idée de revoir un homme qui m'a sauvé la vie plusieurs fois ?...Je prends une grande inspiration, toque à la porte et rentre avant de faire demi tour pour changer de métier...L'image d'un homme amaigri me frappe, mais c'est bien lui...Severus Rogue...Pendant la fraction de seconde où je l'observe je dis mon sempiternel :

- « Bonjour Mr Rogue »

Un soupir, son soupir m'interromps. Ma bouche s'assèche mes cordes vocales ne m'autorisent pas à poursuivre...

Je m'approche de lui, je constate qu'il a les yeux clos. Est-ce le sommeil, la douleur, ou moi...? Je ne veux pas le savoir...Sait-il déjà qui se tient devant lui ? Non...Pour vaincre mon inaction, je me concentre sur mes soins, les lui expliquent brièvement...

Un « sans blague » claque à mes oreilles alors que je m'efforce de maitriser ma voix et mes gestes...pour se faire, je me renferme un peu plus et me concentre sur la prise de paramètres... Son pouls vibre en même temps que sa voix résonne dans mon esprit, elle est tranchante, basse...sensuelle...non, mais...non, sarcastique...

Soudain son agitation me sort de ma torpeur, je maintiens son bras en glissant ma main dans la sienne...le contact m'électrise...Je prononce une banalité qui se veut rassurante. Sa tête est tournée vers moi, je peux sentir son regard s'accrocher à moi...Il sait, et il sait que je sais...Je quitte la chaleur de sa main à regret pour m'appliquer à préparer le matériel nécessaire à la prise de sang...Je ne sais comment agir et je lui tourne le dos...Seul moyen efficace de ne pas être soumis à son regard inquisiteur. Cependant j'explique le soin suivant comme à n'importe quel patient. Si tant est que je le considère comme tel...

Bordel Harry, il est ton maitre des potions, (non il était), mais pour ce que ça change. En quelque minutes, le monde auquel j'ai décidé de ne plus appartenir me rattrape et d'une drôle de façon...

Son interrogation me coupe dans mon débat intérieur, question que je trouve assez neutre vu la situation...Mais connaissant l'homme cela m'apparait comme une évidence...cela ne doit lui faire ni chaud, ni froid que je sois là...Bon réponds Harry.

Les mots qui suivent me semble tout droit sortis d'un de mes cours et je rigole presque à l'idée que je réponds comme un élève consciencieux le ferait devant son professeur...

Le Potter qu'il me jette à la figure durant le soin, m'indique définitivement que la situation lui est tout à fait égal et c'est avec un aplombs déconcertant que je lui affirme que je vais continuer à l'ignorer...que croit-il que parce qu'il à prononcer mon nom cela lui donne le droit de me traiter comme à l'époque...! MERDE!


POV Severus

La toilette...Un grand moment que je n'aurai pas connu, si je ne m'étais pas retrouvé dans ce foutu lit d'hôpital. L'aide soignante arrive, un sourire niais aux lèvres, ce qui à le don de m'irriter instantanément.

- « Allez Mr Rogue c'est l'heure de votre toilette »

Sa voix est perçante...Bon sang quel âge on me donne dans ce monde pour que l'on me parle sur ce ton...Elle se dirige vers la salle de bain et je lui lance

- « Je ne suis pas un gamin de cinq ans, alors cessez de me parler ainsi »

- « Allez Mr Rogue on va avoir vite fait, il y en aura pas pour longtemps »

Merlin je ne suis pas un enfant mais un débile...plus qu'irrité, je m'agace...Elle tente de me découvrir, sans succès...Je me racle la gorge et adopte le même ton qu'elle. J'imite le son strident de sa voix

- « Mais en plus c'est qu'elle continue à me traiter comme un imbécile »

Je marque un point quand elle perd son sourire. Enfin l'humain se dévoile derrière ce robot automatique cependant sa voix reste la même

- « C'est mon travail Mr, je suis payer pour ça »

Le sourire réapparait et je m'énerve

- « Payé à quoi...Hein, à bafouer la dignité d'un homme diminué sur un lit d'hôpital, c'est ça? »

Elle me toise du regard et finalement c'est de l'animosité que j'y lis à l'instant. Bien, elle veut jouer, je suis plus fort qu'elle

- « Payé à me ridiculiser en me rappelant tous les jours que j'en suis réduit à avoir besoin d'une femme comme vous dans mes actes les plus simples...c'est ça votre travail Mde? »

Elle soupire, ferme les yeux, et la deux solutions s'offrent à moi, soit elle essaye de retrouver une certaine paix intérieure, soit elle effectue un petit décompte avant de me balancer à la tronche la bassine d'eau qu'elle tient dans ses mains...Ses yeux se rouvrent...3,2,1...0... je ferme les miens...et non...rien je suis tout sec, la bassine se pose sagement sur la table..

- « Non Mr, avec tout le respect que je vous dois, je suis payé à ne pas vous laisser croupir dans votre crasse, mais si c'est ce que vous souhaitez, j'accède volontiers à votre demande...Bonne journée! »

Elle hausse légèrement le ton sur la fin de la phrase, et je rigole presque en prenant conscience que c'est vraiment un être humain capable de sentiments, me voilà rassuré...La porte claque et au final je me maudit car un petit coup d'eau sur la figure ne m'aurait pas fait de mal...Merde! Je prends le bouton rouge en main pour appeler de l'aide, mais j'assimile rapidement ce geste à une capitulation! Je regarde rageur mes doigts attelés, et je peste tout seul...Je me tords tant bien que mal, mon bras droit s'étire, s'étire, oui voilà mes doigts effleurent la bassine; la tablette roule doucement mais surement vers moi...Quand quelqu'un rentre sans prévenir. Je sursaute, mes doigts ripent sur le bord du récipient, en déversant tout son contenu dans mon lit et sur moi...

- Je m'exclame : « Bordel...vous ne pourriez pas frapper avant d'entrer » et je me pétrifie pour la seconde fois de la matinée devant...Potter!

Il arbore un sourire, mi amusé, mi triomphant...et me pique à nouveau

- « Besoin d'aide peut être...professeur... »

Par Merlin j'aurai pu le tuer sur place, si ce simple qualificatif ne m'avait pas autant étreint le cœur...OUI, Potter fait parti de mon monde...Il s'approche quand même dangereusement de mon lit, son sourire racoleur accroché aux lèvres et l'idée d'un avada revient comme une évidence.

- « Bien, voilà au moins une bonne raison de terminer ce que vous avez commencé..non? »

L'insolent...Il agite frénétiquement son pied sur une serviette pour éponger le sol et tout à coup se penche en avant pour finir le travail à la main...m'offrant une délicieuse vision de son postérieur moulé dans un pantalon blanc...laissant apparaître un joli boxer noir...qu'elle idée...

Bref, je m'arrache à la contemplation, quand il se relève aussi brusquement qu'il s'est baissé...Pourquoi je n'avais jamais remarqué que le cul de Potter était aussi distrayant...

Oh Merlin! Il suffit, ne me torturez plus, j'expierai mes fautes s'il le faut...

Alors que mon esprit divague...mon corps lui croit bon de s'éveiller...et lorsque mon érection naissante longe ma cuisse je décale légèrement ma jambe pour masquer ma réaction...

- « Bon et bien puisque Sandy ne veut plus jamais remettre les pieds ici...je crois que l'on va se voir plus longtemps que prévu, professeur Rogue... »

Encore une fois ce titre suivit de mon nom me tords les tripes...Je ne comprends que le sous entendue, dans la phrase de Potter, que quelques secondes plus tard...et je m'exclame aussitôt en me recouvrant jusqu'au menton :

- « Vous ne me toucherez pas! »

Je suis bien conscient qu'à l'instant je ressemble à un puceau qui a peur de l'autre et que cela rends mon ton que très, très peu menaçant...

La preuve en ai, le retour du sourire de Potter accompagné d'une lueur de défi qui vacille dans ces yeux...si...gryffondor...Et aussi effrayant que cela puisse paraître, cela est loin de me déplaire...

L'élève jadis arrogant et impétueux est de retour. Avec aujourd'hui une apparence d'homme et un cul à se damner...ce qui...ne gâche rien à la situation...


POV Harry

Chamboulé...Voilà un mot bien faible pour décrire l'état dans lequel je suis... Mon cœur tape si fort pour si peu...Je m'appuies contre la porte pour pallier ma fatigue soudaine...

Pourquoi me provoque-t-il cette réaction? Est-ce parce que je l'ai idéalisé durant 4 ans?

Quatre longues années à décortiquer ces souvenirs. Quatre longues années à me persuader que ce n'était pas par manque de courage que je n'allais pas au moins le remercier...

Peut être ai-je fuis la sorcellerie pour ne plus le revoir? Cette question émerge dangereusement dans mon esprit tourmenté...Merlin, la journée va être longue...

Un café et une clope s'impose...cette idée me donne un coup de fouet et c'est tasse brulante en main que je m'élance au dehors pour affronter l'air frais bienvenu.

Je tire sur la première staffe, comme si c'était une bouffée d'oxygène...Sale habitude que j'ai pris pendant mes études. Même si je sais que la nicotine est addictive je sais aussi qu'elle me calme et celle ci me fait un bien fou...Je resserre mes mains autours de cette tasse chaude et bois une gorgé pour me réchauffer. Ma collègue qui officie sur l'autre secteur me rejoint.

- «T'aurais pu m'appeler »

- « Oh excuse moi Emy je ne savais pas que tu fumais aussi » lui dis je en lui tendant mon briquet

- « Bah j'ai repris il y a 15 jours...Alors pas trop dur de tourner comme ça sur tout l'hôpital? »

Je m'engouffre dans cette conversation avec délice, tout plutôt que de penser à lui

- « Ben non au moins j'ai pas mal d'expérience, et puis c'est super intéressant »

- « C'est sûr...Alors la 120 »

Merde non...

- « Il t'en a fait voir un peu? »

Si elle savait, je réponds sans réfléchir

- « Oh non tu sais je pense qu'il était quand même assez surpris lui aussi de me voir, et puis j'ai l'habitude je connais son carac... »

Je mords ma langue pour ne pas en dire plus et je rattrape ma bourde comme je peux...

- « Oui j'ai l'habitude des patients récalcitrants, donc bon, lui ou un autre »

- « Oui bah t'as raison, on en a tous l'habitude, au bout d'un moment, par force » dit-elle résigné « Bon allez j'y retourne » rajoute-t-elle en écrasant sa cigarette..

J'en fais autant et rentre à mon tour. Au détour du couloir, Sandy, l'aide soignante, me percute et folle de rage me colle son tablier de plastic dans les mains :

- « Tiens t'a qu'à y aller toi...Non mais s'il croit que je vais me laisser insulter de la sorte, il se fou le doigt dans l'œil...Il...Il... »

Surpris je lui demande : « Attends, explique moi, de quoi tu parles au juste? »

- « Du mec de la 120 » hurle-t-elle en me menaçant de son index

OK, j'ai compris, décidément il n'a vraiment pas changer. La provocation reste son plus grand atout...J'écoute la scène que me décrit ma collègue et m'empêche de sourire. Ça lui ressemble tellement.

- « Allez laisse j'y vais... » réponse que je regrette assez rapidement au final. Il acceptera d'autant moins que se soit moi qui y aille mais je dois donner l'impression que je vais essayer de résoudre le problème.

Quand je passe le pas de sa porte c'est un maitre des potions trempé jusqu'au os, qui s'affiche devant moi...les insultes ne tardent pas...Mais je reste interdit face à la vision qu'il n'a pas conscience de m'offrir...Son torse à ½ dénudé, ruisselant d'eau, ses cheveux collés partiellement dans son cou et sa joue, ses tétons dressés par le froid qui le gagne, sa chemise mouillée moule son sexe presque visible en transparence...Et là l'image de mon professeur respectable, strict et froid s'effondre, pour laissé place à cet homme érotisé par la situation...Bordel Harry, bouge quand même, agit, ne lui saute pas dessus...Mes lèvres se fendent en un sourire :

- « Besoin d'aide peut être » dis-je non sans savoir à l'avance que cette toilette va être la plus difficile de ma courte carrière


POV Severus

La première chose qu'il entreprend c'est de me mettre au sec...il revient donc avec une paire de draps et une serviette qu'il me demande de glisser sur mon intimité avant d'enlever complètement ma chemise. Ses yeux qui ne peuvent soutenir mon regard et ses joues en feu le rendent presque attendrissant...j'ai dis presque...je m'engouffre donc dans la brèche béante de sa gêne.

- « Je rêve où l'idée de me voir nu vous dérange Potter? » dis-je

Il soupire...Je jubile, le gryffondor, sort ses griffes, me toise et se justifie

- « Non, ce qui me dérange c'est de ne pas respecter votre intimité professeur... »

Il marque un point mais continue :

- « Mais je rêve où l'idée que je puisse vous voir nu, ne vous dérange pas? »

OK, deux points pour gryffondor, zéro pour serpentard, le souaffle est remis en jeu...

J'abandonne cette esquisse de joute verbale trop tôt à mon goût et m'exécute, blessé dans mon égo en lui arrachant la serviette des mains...

Il savoure sa victoire en m'enlevant ma chemise...Par Merlin! Je suis soumis à un Potter et ce n'est que le début de mon humiliation...

Il passe et repasse avec une douceur infinie le gant sur mon visage puis descends sur mon torse...Je me tends quand je sens que son avant bras nu me frôle et je rassemble toutes mes forces pour ne pas frémir à ce simple et hasardeux contact...Il rompt le silence :

- « Ça va ce n'est pas trop chaud? »

Argh, par Merlin, l'eau n'est pas chaude, mais l'association d'idée que je fais à l'énoncé de ce vulgaire adjectif, oui...Pourquoi je réagis ainsi, mon corps ne m'appartient plus, il m'abandonne lâchement pour se donner à ce fichu Potter...Bordel vite une réponse :

- « Non ça ira » je mens mal

Il essaye d'entamer une conversation civilisé et je le remercierai presque de détourner mon attention de ses mains qui se baladent sur mon corps.

- « Alors, comment vous avez fait votre compte? »

Il me sèche pendant que je lui donne une explication brève

- « Comment cela ce fait que personne ne soit venu vous chercher depuis tout ce temps? »

Son manque de jugeote me fatigue

- « Potter, en général, durant les vacances scolaire, personne ne se préoccupe ni de ce que je peux faire, ni d'où je suis et je me vois mal envoyer un hibou ou même envoyer un patronus à l'aide de ma baguette, transformant sur son passage cet hôpital en un seul et même service de psychiatrie ! »

- « Oui c'est sûr » M'accorde-t-il tout en se couchant à moitié sur moi pour me sécher le bras droit...

Bon sang! Il me met au supplice! J'ai un léger mouvement de recul quand il s'affale sur moi. Mais constate que je ne peux pas allez bien loin. Le tissu rêche de sa tenue rentre en contact avec ma peau, ma chair de poule se dresse, et je le regarde sortir sa langue mutine, réflexe certainement provoqué par l'effort d'étirement...Oh Merlin!

Sa chaleur me quitte...

- « Voilà pour le haut! »

Il se racle la gorge se qui ne m'annonce rien de bon...

- « Bien je vais...je...oui...je vais faire votre toilette intime maintenant »

Merde, non...pas ça...tout mais pas ça...Pourtant je retire ma serviette avec un air aussi détaché que possible...Voilà c'est fait :

- « Ben allez-y Potter, faites! »

Ces yeux sont rivés sur cette partie de mon anatomie que j'essaye encore de contrôler...Il fixe mon sexe avec fascination et je sens que le self contrôle dont j'ai fait preuve jusqu'à maintenant défaille légèrement...Ledit membre commence à durcir...OK pensée horrifiante...Allez...Ah oui...Mc Gonagal !...voilà Mc Gonagal ! en petite tenue fera l'affaire...J'inspire et expire doucement. Self contrôle!

La scène se déroule au ralenti...si bien que je peux compter chaque goutte d'eau qui retombe bruyamment dans la bassine lorsque Potter essore son gant...Sa main s'approche...Me touche... Ah merde, je pince mes lèvres pour m'empêcher de gémir, alors que ma main gauche valide froisse le draps et s'y accroche si fort qu'elle pourrait le déchirer...

Mc go, Mc go, ne cesse de me répéter mon esprit tourmenté tout en fermant les yeux malgré moi...

Il m'enserre le membre avec dextérité et l'image de la directrice s'étiole tout doucement pour laisser place à Potter qui me masturbe...dans un contexte beaucoup plus approprié...

Rhaaaa mon râle en silencieux quand je sens les prémices d'une érection se profiler...Merde...Merde...je rouvre les yeux, en espérant que la réalité soit bien moins excitante et coupera les effets de mon ascension mal venue...Mais non...grosse erreur que de le regarder faire, sa langue a retrouvé appui sur sa lèvre supérieure et je le vois me décalotter délicatement pour atteindre mon gland...Il ne sait pas encore ce qu'il est entrain de susciter chez moi, mais à l'allure où vont les choses il va vite le comprendre...

Sa main me quitte enfin, mais peu de temps. Il répète les même geste afin de me rincer...Et voilà je bande...Bordel, triste constatation, je bande parce que Potter me lave...Merde!

Ces joues sont cramoisies et mon état d'excitation en déduit, à tort, qu'il se trouve dans le même état que moi...je m'auto persuade que non...Ce que je lis dans son regard n'est simplement que de la gêne et rien d'autre...oui...de la gêne...Il a même la décence de ne pas faire de remarque blessante et je lui en suis extrêmement reconnaissant...Je me vois donc dans l'obligation de me justifier :

- « Réaction purement physique... » dis-je dans un raclement de gorge

Cette phrase le sort de sa torpeur :

- « Oh oui...je...ne... vous inquiétez pas...je... ce n'est pas grave » m'affirme-t-il en laissant retomber la serviette sur mon étendard...

Ce que je trouve, d'un point de vue tout à fait personnel, idiot et ridicule d'essayer d'étouffer une érection...mais passons...

- « Tournez vous » m'ordonne-t-il soudain

Stupéfait je balbutie « Par...Pardon? »

- « Ben oui, je...je vais faire le dos...et...je euh...les fesses »

Je le maudit pour les 4 générations à venir mais me tourne docilement. N'ayant de toute façon que peu d'option, je m'accroche à la barrière pour m'y aider...

Je le vois contourner mon lit pour allez changer l'eau souillé et froide...quand il revient je plisse discrètement les yeux et épie son entrejambe espérant y deviner un début de bosse...mais sa tenue arrive à mi cuisse et trop ample pour me cacher son état...Merde!

Mon dos est propre et sec quand je sens deux mains soigneusement huilés me masser depuis le cou jusqu'aux omoplates...et là le gémissement que j'étouffe depuis le début sort de façon inexpliqué...personne ne m'avait jamais fais cela...Hummmmm et c'est bon...mes yeux ce ferment pour savourer le moment...je sens son souffle chaud se rapprocher de mon oreille il m'y murmure :

- « Détendez vous professeur... »

Il en a de bonne lui...en tout cas si c'est un jeu de mot il est très mauvais!

Ses mains me quittent et le moment fatidique arrive. Celui où mon séant est mis à l'honneur...une fesse après l'autre Potter s'applique à me frotter vigoureusement...et je le soupçonne de vouloir faire retomber...si je puis dire... la pression...

Maaaiiiis non, je sens un doigt, le majeur, plus proéminent que les autres remonter à travers le gant...depuis mes bourses la ligne de mes fesses...rencontrant au passage mon anus sensible...Je me contracte aussitôt et ne peux laisser échapper un long soupir...Mais l'écho qu'il me renvoie, témoigne que Potter en fait de même...Oh Bordel...Pourquoi me fait-il subir cela...est-ce par vengeance...

Tandis que je me débat avec mes démons des gestes identiques se répètent...Et rien que d'imaginer que c'est une simple serviette qui me sépare réellement de ses doigts, je bande encore plus...je ne me retient plus et j'halète quand il me rince et me sèche...Je suis parfaitement ridicule mais peu importe...

J'attends qu'il m'annonce, à contre cœur, et en bon professionnel qu'il est, de me retourner car la toilette est terminée...Le silence est là et rien ne vient...aucun mot...

Par contre le poids que je sens tout à coup dans mon lit m'inquiète, et le corps chaud qui se colle au mien ne me rassure pas le moins du monde...

Suis-je en proie à des hallucinations ? Cela ce pourrait bien...

Mais ce souffle chaud, balaye mon cou, la main qui caresse mon ventre pour se glisser sous cette fichu serviette est douce...Et mon érection grandit encore quand elle se retrouve enserrée dans un étau de doigts...Non cela ne peut être une hallucination...Je l'entends murmurer :

- « Chutttt! Laissez vous faire »

Oh que oui je me laisse faire, les premiers va et viens sur mon sexe...me rendent fou...et tout à coup plus rien...mon lit est vide, j'ai froid...et pire Potter contourne encore une fois mon lit, bassine en main...Bordel oui c'était bien une hallucination...

Quand il sort de la salle de bain, il se dirige droit vers mon armoire...Je le vois fouiller dans mes vêtements sans comprendre...Il se retourne d'un bloc, baguette en main. Ses yeux sont emplis de désir et d'excitation. Il laisse courir le morceaux de bois sur ses lèvres.

- « J'ai toujours rêvé de tenir votre baguette dans mes mains » Dit-il avant de happer d'un coup de langue le bout de mon instrument...

Sa pulsion est accompagnée d'un lent va et vient de la main qui sublime l'objet...

Rhhhhaaaaaaaa, mais de quelle baguette parle-t-il?

Son attitude m'amuse autant qu'elle m'excite...

Qui aurait cru qu'une simple baguette magique puisse être érotisée de la sorte...En deux temps la porte est verrouillée et ma jambe débarrassée du dispositif encombrant...Puis la baguette semble l'amuser encore, il la jauge du regard...et la plaque contre son torse...lentement elle descend et longe sa cuisse, pour remonter en entrainant au passage sa fichu tenue...

Victoire Potter bande!

Ah, ah, Merlin ce n'est ni une hallucination ni un cauchemar, mais bel et bien un rêve que m'offre Potter...Incrédule mes yeux se détachent de son entrejambe et son expression m'arrache un sourire...Ses sourcils sont levés, signature dont je croyais être le seul capable jusque là...Je ne bouge pas d'un millimètre durant tout le spectacle...Il revient vers moi, un haut blanc s'écrase au sol. Le pantalon le rejoint et le fameux boxer noir aussi...C'est à présent un corps chaud et nu qui se presse contre moi...et des poumons qui s'emplissent fébrilement de mon odeur...

Ah, Ah Merlin, je ne suis donc pas fou !


POV Harry

Bon sang à quel moment précis je perds pieds, je ne peux le certifier...Mais le toucher, le voir bander sous mes doigts, n'arrange rien...Mon entrejambe se sent à l'étroit et une chaleur que je n'explique pas m'envahit...Merlin faite que cela cesse...! Guidé par mes pulsions et mon désir grandissant, je m'allonge à ces côtés.

Je m'attends à tout moment à être éjecté du lit sans ménagement mais l'agressivité ne vient pas, le rejet non plus. Il n'est plus qu'halètement quand je me colle enfin à lui...Mes doigts l'effleurent et je murmure à son oreille...j'enserre son membre dur et le caresse doucement...Quand je réalise que si quelqu'un rentre je suis radié à vie de l'ordre infirmier...je le quitte à regret et prends machinalement la bassine...Je fuis à la salle de bain...il semble aussi perdu que moi...

Appuyer au lavabo, je m'accorde quelques secondes de réflexion...je me passe une main sur le visage...Que suis-je sur le point de faire...je presse mon sexe comme pour être certain de ce qui m'arrive...je soupire...

Puis je m'élance à nouveau, n'écoutant que mon désir je me dirige vers l'armoire pour y trouver sa baguette...

Celle-ci en main je prononce quelques mots, qui me semblent sortis tous droit d'un mauvais film porno...avant de lui donner la preuve de mon excitation qu'il cherchait quelques instants auparavant...Mes joues sont en feu et ma conscience me crie d'arrêter tant qu'il est temps...mais non je poursuis, encouragé pas la lueur que je lis dans ses yeux et que je ne lui connaissais pas...

Je verrouille la porte et fait disparaître son fixateur métallique...

Je le rejoint enfin, nu cette fois-ci. Je m'imbrique à lui pour terminer ce que j'ai commencé... J'enserre son thorax de mon bras gauche et laisse courir ma main de ci delà...Elle remonte dans son cou pour écarter les longs cheveux qui me barrent le passage...Je prend sa carotide d'assaut, l'embrasse, la lèche...il a un goût si chaud et sucré, que je m'en délecte...

Je lui laisse une marque imposante et rouge...Puis je l'oblige à tourner son visage vers moi et prend ses lèvres sans ménagement. Il réponds à mon baiser avec une telle avidité qu'il me mords. Nous avons tellement faim l'un de l'autre que nous sommes presque violents...Enfin rassasié, la tendresse reprends le dessus.

Toujours dans la même position je caresse ma queue contre ces fesses, tandis que ma main s'occupe de son membre. J'aime à le sentir onduler sous moi, impatient...Quand sa voix rauque et suave me demande

- « Dites Potter, vous avez décidé de me torturer ? »

- « Hummm, peut-être bien professeur... » Dis-je en titillant son lobe d'oreille

Décidant de mettre fin au supplice que représentent ces préliminaires, pour nous deux, je glisse un doigt dans sa bouche, puis un deuxième...Il me les sucent avec application et dextérité...une fois suffisamment humide je pénètre enfin dans son intimité chaude et étroite...Il ne réprime plus ses gémissements qu'il essaye malgré tout d'étouffer dans l'oreiller...

Quittant sa chaleur, je me penche pour me saisir du tube de vaseline que j'ai laissé à portée sur le chevet...Une fois prêt tous les deux, je m'enfouis lentement en lui...ma lenteur est presque douleur mais je me refuse à le blesser...Il s'accroche à la barrière fermement et se positionne pour me donner plus d'amplitude. Je cherche doucement et sais que j'ai trouvé quand j'entends un râle de plaisir sortir de sa bouche...J'intensifie mes mouvements...je ferme les yeux...ma main est plaquée sur sa hanche...nos gémissements se confondent...

Soudain je me saisie de sa queue laissée à l'abandon...Je suce un morceau de peau à la base de son cou en y laissant encore mon empreinte...Je vais et je viens.

Sa main gauche m'attrape fermement la nuque...Mon nez s'enfouit dans sa masse de cheveux...Je m'emplis de son odeur...et me libère en lui...ma main le flatte encore et il ne tarde pas à me rejoindre dans un gémissement jouissif.

Affalé sur lui, le souffle court, la fatigue m'étreint déjà...Je voudrais ne plus bouger. Et pourtant une question me vient rapidement à l'esprit...

Et maintenant?

Je le serre si fort que je pourrai lui briser une ou deux côtes, son cœur, fait écho au mien...

Quand tout à coup l'idylle est brisée, la réalité me rattrape...

Ma collègue est en train de tambouriner sur la porte, inquiète de savoir pourquoi je sonne et pourquoi la porte est fermé...Je bouge enfin et je vois horrifié sous mon genoux, le bouton d'alarme que dans l'étreinte j'ai déclenché...

- « Harry, Harry, réponds, tu vas bien? »

Je me lève rapidement alors que mon amant ne bouge pas. Je le regarde de bas en haut.

Regrette-t-il déjà ce qu'il vient de se passer?

Il est beau, là étendu, sa peau est blanche et laisse apparaître quelques gouttes de sueur...

Bordel ce moment aurait dû n'appartenir qu'à nous...Ma collègue commence à s'impatienter. Nu, je m'approche de la porte, j'y colle mon front et d'un doigts lascif j'arrête le voyant rouge...Je me force à dire

- « Ça va, ça va, Sandy, j'avais pas fais gaffe, j'ai du sonner en remettant la barrière... »

- « Pourquoi t'as fermé? » Dit-elle en insistant sur la poignée

- « À la demande du patient » Je balbutie pris de court

- « Bon la 123 t'attends pour son pansement »

- « OK, j'arrive, j'en ai pour une minute »

Tout à coup paniqué et ne sachant que faire, ou dire, je fais réapparaitre son fixateur externe. Je nous jette un sort de nettoyage rapide et je renfile ma tenue aussi vite que je l'avais quitté...Rogue, ne bouge toujours pas...Il ne fait même pas l'effort de se retourner...Vexé, je replace la barrière, me penche pour embrasser son épaule. Seule accessibilité qu'il m'accorde. Dans le mouvement ma main se pose sur son bras que j'étreins dans l'espoir qu'il me regarde. Mais il n'en fait rien...Je perçois à peine sa respiration et lui murmure un désolé que je trouve mal approprié aussitôt prononcé...Je m'éloigne en laissant sa baguette non loin de lui...et pour la deuxième fois de la matinée je referme la porte de sa chambre dans un état seconds...


POV Severus

Je suis là étendue sur ce lit, qui quelques minutes plus tôt était vide...Sa main effleure encore mon sexe, son souffle balaye mon cou...Mais la réalité me rattrape bien trop vite...Le bruit des sonnettes, une ou deux personnes qui parlent dans le couloir, pire quelqu'un qui frappe à ma porte...Je sens Harry me quitter, pour aller répondre aux interrogations de sa collègue...Les mots que j'entends me pétrifient : « Patient » « ...une minute... » Voilà ce que je représente pour lui. Voilà le temps qu'il m'accorde après ce qu'il vient de se passer entre nous...

Je le déteste.

Je ne trouve même pas le courage d'affronter son regard quand je sens qu'il fait réapparaitre mon attelage. Le baiser et la légère pression qu'il exerce sur mon bras me donne un vague espoir...mais le désolé qui vient ensuite m'achève aussitôt.

Désolé de quoi...De partir comme un gamin pris en faute ou désolé de ce qu'il vient de faire...La porte s'ouvre et se ferme. Il est parti, me laissant là, désemparé, perdu...

Rageur, je me remets comme je peux sur le dos...Je me saisis vivement de ma baguette, je la jauge d'un œil noir. J'en goute l'extrémité pour chercher la saveur qu'il y a laissé...Voilà ce à quoi je suis réduis, voilà ce à quoi il m'a réduit.

Va-t-il me rajouter à son palmarès?

J'arrange mes couvertures et glisse mon arme dessous...Merlin je jure que si Potter franchit une nouvelle fois le seuil de ma porte un Avada lui réglera son compte !


POV Harry

Sandy s'inquiète à nouveau de mon état :

- « T'es sûr que ça va? »

- « Oui, puisque je te le dis »

Je réponds, l'air absent. Mes doigts effleurent mes lèvres encore rougit, pour retrouver la chaleur des siennes. Elle n'insiste pas et je m'engouffre à la 123, set à pansement en main.

Le reste de la matinée se passe en un éclair...Quand 12h00 sonne, le chirurgien débarque pour effectuer sa visite...Je le suis donc de chambre en chambre, obéissant à ses ordres, exécutant les tâches qu'il m'octroie comme un bon petit infirmier que je suis.

- « Ah, s'exclame-t-il, la 120, Rogue, c'est ça? »

J'acquiesce silencieux. Il claque des doigts et je comprends qu'il veut les clichés pris la veille...Il rentre dans la chambre sans frapper. Je reste misérablement sur le pas de la porte. Le médecin ne prends même pas la peine de le saluer et se dirige vers la clarté que lui offre la fenêtre, pour regarder les radios.

- « Bien, ça se solidifie, doucement mais surement, je pense que d'ici 5-6 jours je retirerai le fixateur. »

Je note ce qu'il me dicte quand il me hèle :

- « Hmm, Herny, son traitement »

Je ne rectifie pas son lapsus, mais je lui en veux de m'obliger à rentrer. Les yeux résolument baissés sur le dossier, je lui tends la liste demandé...À ma grande surprise l'erreur de prénom choque mon patient/amant et il le corrige visiblement irrité :

- « C'est Harry! »

Le docteur le regarde de toute sa hauteur, sans comprendre, ainsi il répète en me désignant du doigt et en rivant ses yeux aux miens :

- « Son prénom, c'est Harry! »

Merlin, il ne m'a jamais appelé ainsi, même durant notre récent ébat...je m'en trouve troublé...Faites qu'il cesse de m'observer comme cela

- « Oui, peu importe » réponds l'homme « Harry » consent-il à poursuivre « Taux de plaquettes? »

- « 200 000 » dis je en lui tendant les résultats, fraichement reçu du laboratoire

- « Bien, la douleur, Mr Rogue? »

Il ne cesse de me fixer, son regard me brule, les interrogations muettes que j'y décèle me mettent mal à l'aise...

- « Laquelle? » réponds-t-il sèchement, la tristesse qu'il laisse transparaitre me déchire; il secoue la tête et se détourne de moi , « C'est supportable! »

- « Dans ce cas, je diminue les antalgiques, Herny, euh Harry, on passe à 2 comprimés de Topalgic 50 par jour »

Le chirurgien sort de sa chambre, je lui murmure

- « Je reviens »


POV Severus

Quand je le revoie en fin de matinée, toute idée d'assassinat m'a quitté...Il est en présence de ce foutu chirurgien à qui je dois ce foutu matos...

Il se prends pour Merlin en personne. Enfin je crois que chez les moldus c'est Dieu.

Il rentre dans ma chambre sans frapper et qui plus est, laisse Harry dans son sillon...Je l'écoute s'auto complimenter sur son travail... Quand je l'entends se tromper sur le prénom de mon jeune amant. Je ne peux m'empêcher de le corriger et de planter mon regard dans un océan vert de surprise...Je suis conscient que je ne l'ai jamais appelé ainsi et l'utilisation de son prénom fait son effet...Ah, Ah! J'accorde une oreille peu attentive à cet homme à l'égo surdimensionné pour me perdre dans la contemplation de son infirmier si dévoué. Le médecin sort de la chambre. Harry le suit à grand pas mais se retourne pour me rassurer de son retour...

Pourtant bien après le déjeuner c'est une infirmière féminine qui pénètre dans ma prison :

- « Bonjour je suis Emy, je viens vous faire les soins sur... »

- Je la coupe : « Où est Harry? »

- « Oh, il a pris le relais sur mon secteur, il y a eu une urgence et comme je n'avais pas fini de manger, il a eu la gentillesse d'y aller... »

Je ne décèle aucune trace d'hésitation dans sa voix. La réponse semble réaliste...

Va-t-il tout de même revenir, comme il me l'a promit...?

19h sonne et c'est la même infirmière qui m'a fait mon injection et encore la même qui m'a donné mon traitement...

19h je sais que c'est la fin de service de l'équipe de jour...

La tristesse m'envahit, la colère ensuite...Il aurait pu trouver au moins 5 minutes...

Puis après tout pour se dire quoi...

C'était génial, à dans quatre ans...Argh, je me sens ridicule à l'avoir attendu toute l'après midi, comme une midinette de 15 ans...

Foutu Potter tu n'as pas le droit de me laisser dans cet état là.

Les minutes s'égrènent douloureusement et à 19h30, tout espoir m'a quitté. Un coup est donné à ma porte. Je sais déjà que c'est l'équipe de nuit qui vient se présenter et me dire

- « Que si j'ai le moindre soucis je n'hésite pas à sonner. »...si il savait...

Comme au matin je ferme les yeux...mes yeux si surpris de le revoir ce matin...se mettrai presque à pleurer, si je luttai pour les garder ouvert en cet instant...


POV Harry

Alors que je termine ma pause déjeuner, une aide soignante arrive paniqué dans la salle de repos...

- « Vite le retour de bloc de la 126, s'enfonce... »

Je fais signe à Emy que j'y vais pour qu'elle puisse terminer de manger...une heure plus tard, la catastrophe est évitée de peu...mais le patient est indemne...Quand je rejoins Emy, elle a déjà accueillis une entrée...Elle me tends ses transmissions écrites et me dit :

- « On échange... »

Ces yeux m'implorent silencieusement et je comprends qu'elle a eu une matinée difficile...À contre cœur j'accepte...

En gardant à l'esprit que je lui ai promis de revenir...

19h, je termine la relève, fatigué, je cours me changer...comme au matin je me lave les mains et épaule mon sac à dos...Je reste cependant immobile...

Les doutes et questions m'embrouillent l'esprit...Puis je décide qu'une promesse est une promesse...

En civil cette fois, je rebrousse chemin...Quand je reviens dans le service, ma collègue de nuit est surprise :

- « T'as oublié quelque chose? »

- « Oh oui si on veux... »

Mon cœur résonne jusqu'à mes tempes...j'attrape un document dans la salle de soins et le lis en diagonale...Je m'exclame :

- « Parfait » et m'élance vers la 120, vers mon destin...


POV Severus

Les pas du soignant s'approche vivement de mon lit, sa respiration est courte, je dirai même qu'il est essoufflé...Le silence m'inquiète...curieux j'ouvre les yeux...Merlin...Potter est là, devant moi droit comme un piquet, papier en main...

- « Tiens, tiens Saint Potter le retour, qu'est ce que vous foutez encore là, votre service est terminé, non? »

- « Effectivement, j'ai terminé, mais je vous avais dis que je reviendrai, alors me voilà »

- « Et alors...que dois je en conclure...que vous rendez visite à tout vos patient de la journée pour leur souhaiter une bonne et agréable nuit c'est ça? »

Il s'est changé, et je dois dire que Potter en civil est tout aussi attrayant que Potter déguisé en infirmier...

Il me réponds avec un sourire ravageur...

- « Non, je rends visite seulement à ceux, avec qui, j'ai fais l'amour pendant mon service »

Sa réplique me cloue sur place, alors qu'il prends une chaise pour s'assoir à mon chevet.

- « Tenez, cela pourrai vous intéresser... » Me dit-il

Il me tends la feuille au allure de document officiel. Je plisse les yeux et lis à voix haute :

- « Déclaration de sortie contre avis médical » Je le regarde à nouveau « Et alors, qu'est ce que vous voulez que j'en fasse Potter? »

- « C'est Harry, comme vous l'avez si bien fais remarquez au chirurgien tout à l'heure, et pour vous répondre, si vous signez le document, vous sortez dans la minute qui suit »

- « Et où voulez vous que j'aille, Harry, avec ce machin » dis je en désignant ma jambe

- « C'est un fixateur externe » S'amuse-t-il à me corriger « Et vous pourriez venir chez moi, si vous le souhaitez »

- « C'est une plaisanterie » je n'ose y croire

- « Non une proposition » dit-il calmement

- « Sérieusement »

- Il sourit : « Oui, sérieusement, aujourd'hui je représente, votre seul moyen de sortir d'ici »

- « Ce matin oui, c'est ce que tu représentais, mais ce soir tu es bien plus à mes yeux que tu ne l'a jamais été »...

Nooooonnnn! Je ne peux pas avoir dis cela à voix haute...non, non, non...

Mais, le sourire triomphant de Potter m'indique que si...

Il a la sympathie de ne faire aucune remarque et poursuit :

- « Je compte vous débarrasser dès ce soir de ce...machin, comme vous l'appelez et je m'engage à m'occuper de votre rééducation, enfin si vous acceptez... »

Je ne sais que répondre et le semblant de cohabitation qui s'affiche devant mes yeux, m'effraie quelque peu...

- « Potter, je suis un patient très demandeur, très exigeant aussi »

« Vous êtes bien plus qu'un simple patient pour moi »

Merlin il me tue

- « Et puis, si je peux me permettre, j'ai eu un petit aperçu aujourd'hui, sur le type de patient que vous pouvez être...et... » il hésite « sur l'homme que j'ai envie de découvrir et puis si je peux vous supporter convalescent, il se peut que j'aime à vivre avec l'homme rétablit...aussi pénible soit-il »

Bon sang mais c'est bien plus qu'une proposition qu'il me fait là...

S'en rend-t-il bien compte?

- « Alors verdict ? » s'impatiente-t-il

- « J'accepte! »

Je suis fou c'est une certitude

L'infirmière de nuit entre à ce moment là et j'entends encore une phrase surréaliste venant de mon infirmier désormais personnel

- « C'est bon Caro, je m'en occupe c'est mon patient, il est à moi, et il sera bien plus encore s'il le souhaite »

Son ton est possessif et je m'efforce de ne pas glousser devant tant de mièvrerie...je roule des yeux, il m'arrache un baiser à faire devenir cet hôpital un seul et même service de psychiatrie...Merlin...j'aime la folie, sa folie, notre folie !