Oui, oui, je sais...

Je devrais travailler sur mon autre fiction Sexy Meta... Mais j'avais envie d'entamer cette aventure là qui me semblait prometteuse...

Qu'en pensez-vous?


Il est des secrets qu'on ne peut révéler à personne. Parfois les indices affluent. Ils roulent sous notre langue, sans qu'on ne puisse les réfréner. Et on s'étrangle dessus, dans l'espoir de ne rien révéler de compromettant. Garder un secret, c'était cela aussi le travail d'un shinobi. Je regardai l'horizon. L'envie de tout avouer à mes proches était présente, tout le temps. Combien savaient déjà ? Iruka certainement… Non peut-être pas Iruka, mais Kakashi avait dû le remarquer. Ni Sakura ni Sasuke ne le savaient. Qui d'autre alors ? Ayame et son père Teuchi chez qui je venais manger des ramens ? Aucune chance. Sandaime avait dû le savoir, mais il l'avait apparemment tu. Aurait-il pu le révéler à Orochimaru, ou se pouvait-il que son fidèle subordonné Kabuto puisse être au courant ?

Quand bien même, toutes ces paroles que j'avais laissé échapper… Pas une seule n'avait été comprise, semblait-il.

Iruka avait été son tuteur pendant toute mon enfance. Nous avions tout fait ensemble. Même s'il ne l'avait avoué que cette nuit là lorsqu'il croyait la mort venue face à Mizuki, le chuunin me respectait, non, plus que ça, il m'aimait à ma jute valeur. Lui, mon plus proche allié dans cette bataille contre la solitude avait été incapable de deviner la vérité. Après tout ce secret n'était pas bien grand. Mais mon corps n'avait pas encore quitté l'enfance, cela avait dû jouer.

Quand bien même, comment avaient-ils pu être aussi aveugles ? Par rapport à mon Oiroke no Jutsu. Ils ne s'étaient visiblement pas posé la question. A mon inverse, Konohamaru avait mis du temps avant de maîtriser la technique de transformation. Alors que, naturellement, la solution m'était venue. Personne n'avait jamais pensé à percer mon secret. Evidemment, qui chercherait à comprendre un enfant que tout le monde évitait ?

Toutes ces fois où ma bouche avait prononcé avec force mon amour pour Sakura, et ma jalousie pour Sasuke. N'avait-on pas pensé qu'il pouvait en être autrement ? Après tout, le secret le mieux gardé est celui qui est éclatant aux yeux de tous. Cette attitude braillarde correspondait à ma personnalité. Qui aurait tenté de chercher plus profondément dans mes mots ? Grands dieux, comme cela avait été difficile lorsque ma bouche avait heurté celle de Sasuke. Heureusement, l'admiration que recevait ce type m'avait permis de reprendre mes esprits, de pousser de nouveau mon jeu d'acteur comme il le fallait. De toute manière ce type me donnait des sueurs froides et le sentiment de dégoût à son égard avait été difficile à surmonter.

Mais toute cette promiscuité qu'il y a dans une équipe de ninja, n'aurait-elle pas dû dévoiler ce que je gardais secret ? Mais ma volonté et la décision prise il y avait bien longtemps de cela avaient été plus fortes que tout. Cela aurait été plus simple de tout dire. Pour voir rejaillir l'incompréhension de la part de ceux qui m'aimaient ? Ma voie du ninja était de ne jamais abandonner, et de protéger mes proches à n'importe quel prix. Tout révéler aurait été pire que tout. On m'aurait pris pour un incapable. Sakura m'aurait jugé avec sévérité. Sasuke, quoi que surpris, n'aurait pas pu retenir une pique moqueuse. Et Kakashi aurait soupiré, sans pour autant savoir comment réagir.

Kakashi. Sans le faire trop ouvertement, j'avais tenté de lui glisser quelques mots à propos du secret. Au cas où, il aurait fallu qu'un adulte responsable soit au courant de cela. Alors lorsque nous avions combattu durant cette mission au pays des vagues, ma confiance en Sensei avait été assez forte pour que ma garde se baisse, un peu. Et ma bouche avait parlé, à demi-mot. Ma décision avait été vraiment prise lors de ma rencontre avec Haku, ce garçon qui ressemblait tellement à une fille. Si semblable aussi au niveau de ses expériences passées. Lorsqu'à Kakashi mes paroles avaient révélé l'admiration pour le couple formé par l'androgyne et le ninja renégat, le ninja copieur n'avait arrêté son analyse qu'à ses propres sentiments. Lui aussi les aimait bien, mais seulement pour leur côté humain et fraternel. L'homme au masque n'avait pas estimé que d'autres raisons aient pu exister.

J'avais peaufiné le rôle de ma vie à l'extrême. Mon existence était un théâtre, où tout le monde devait être dupé. Mais depuis quelques temps, le besoin de mettre plus de personnes au courant s'était fait ressentir. Car si les habitants de Konoha avaient maintenu secrète l'existence d'un Jinchuuriki dans leur village, je leur avais réservé une surprise de taille. Mais avant de se décider, il fallait savoir si ça en valait la peine.

Assis sur le rebord de sa fenêtre, je soupirai. Un regard par la fenêtre m'informa que cette discussion interne avait duré toute l'après midi. Et qu'aucune décision franche n'y avait mit fin. Fallait-il tout révéler ou garder le secret ? Montrer à tous que l'idiot du village que tous maudissaient n'était pas ce qu'on croyait.

Car depuis sa naissance, Uzumaki Naruto avait toujours été une fille.

_ Les héros sont toujours des hommes, n'est-ce pas ? murmurais-je. On ne m'aurait pas prise au sérieux.

Je laissai échapper un rire sans joie. Sur mon lit, un petit livre était posé. Sur sa couverture, on pouvait lire le titre Chroniques d'un courageux ninja par Jiraya. C'était mon maître mot. D'ailleurs, j'avais remarqué que mon nom coïncidait parfaitement avec celui du du héros de ce livre. Douce ironie, moi qui ne mangeais que des ramens avais un nom tiré d'un ingrédient de mon plat préféré ! Quelle que soit l'origine de mon nom, on ne s'était pas trop foulé pour moi. Depuis que j'avais lu ce livre (je devais avoir cinq ou six ans et venais de commencer ses études à l'Académie), j'avais décidé d'être en tout points identique au héros de ce livre.

Mais pour tout expliquer convenablement… Mieux valait tout recommencer dès le début.

Je m'appelle Uzumaki Naruto. J'habite dans une des cinq plus grandes contrées du monde : le Pays du Feu. J'habite dans le village caché de Konoha. Et mon rêve depuis que je suis toute petite, est d'être reconnue par les autres habitants. Depuis que je suis née, on n'a témoigné que de l'hostilité à mon égard. Je n'ai donc aucun ami, et rien qui ne m'appartienne. Alors pour ne pas avoir trop mauvaise conscience, le chef du village, le Sandaime Hokage, me versait une petite prime mensuelle dans mon appartement. Au lieu de s'occuper de moi ou de me placer dans une famille d'accueil. Je pouvais comprendre que l'on me déteste, même s'il n'y avait pas de raison, mais ce genre de mesures tenait de l'irresponsabilité de mon tuteur légal. S'il s'agissait bien de son rôle par rapport à moi.

Je ne me rappelle que peu de mes premières années de ma vie. Je suppose que c'est le Sandaime qui m'a élevé, jusqu'à ce qu'il me juge apte à me gérer tout seul. Je ne garde aucun souvenir de cette époque de ma vie ? M'habillait-on de kimonos féminins ? Me laissait-on les cheveux longs ou courts ? Aucun vêtement, ni aucune photographie n'en témoignait. Cela me donnait l'impression d'avoir vécu loin de la lumière et loin des hommes pendant un temps indéfini, jusqu'à ce que quelqu'un (qui donc ?) décide que je ne représentais aucune menace pour mes concitoyens. Ils auraient plutôt dû penser à me protéger d'eux.

Alors, puisque je ne pouvais obtenir de sentiments positifs à mon égard, aucune parole de réconfort, je décidais de les provoquer. Alors qu'étant une fille, je me pavanais en garçon manqué, les cheveux en bataille et coupés à la va vite avec des ciseaux. Courir partout. Gêner les gens. Etre bruyante. Jouer les turbulents. Rien que la sensation d'être grondée était délicieuse quoi que désagréable. On m'acceptait comme une personne. Du moins partiellement.

Alors, pour que je cesse de causer trop de problèmes, on m'envoya à l'école. Je ne savais rien. Je ne comprenais rien. Bref, j'étais nulle. J'observais mes camarades, pourtant. Toute la culture que l'on acquiert au sein du foyer familial. Je ne l'avais pas. Et on refusait de me l'apprendre. Je me sentais perdu. Même au milieu de tous ces enfants de mon âge. Mais leurs regards vers moi… A croire que leurs parents leur avaient transmis leur haine à mon égard. Quelques uns, pourtant, savaient en de rares moments se montrer différents. La belle Sakura aux cheveux roses, et à la tête bien faite qui ne se moquait pas de moi. La timide Hinata qui me jetait des regards en coin. Kiba, Shikamaru et Choji, et moi que l'on mettait dans le même sac, en tant que fauteurs de trouble et cancres. Tous riaient aux facéties du Naruto garçon.

A ce moment là je compris quel rôle je pouvais jouer dans leurs cœurs. Quoi que rejetée, je pouvais être un clown. On ne se mêlerait pas plus avec moi. On se moquerait encore de moi. Mais on ne me regardait plus de manière hostile. Naruto, ce garçon qui les faisait rire devint mon rôle à leurs yeux. Ce rôle pour qu'ils m'acceptent et cessent de me détester.

Ma première vraie victoire, fut lorsque j'obtins le grade de Genin et mon diplôme de l'académie. Parce que cette nuit là, Iruka-Sensei lui donna bien plus que des larmes et du sang. Il lui donna de l'affection. Pour Naruto garçon. Et moi qui n'étais qu'une toute petite fille, je pleurais de joie. Car je savais que je n'étais pas réellement la destinataire de tout cet amour. J'aurais pu tomber amoureuse d'Iruka à la place. Ce ne fut pas le cas. A la place, une étrange dualité s'opéra en moi. Et je laissais dormir cette partie de moi que je jugeais répugnante. Cette fille. Désormais, je serais un homme.

Les premiers doutes sur mes résolutions survinrent lorsque je rencontrais Haku. Tout simplement parce que je le pris pour une jeune femme venue chercher des plantes médicinales. Nous étions en plein entrainement au pays des vagues, et Kakashi-Sensei venait de remporter une victoire sur Momoshi Zabuza. Haku travaillait pour Zabuza, il était à la fois plus que son compagnon de route, mais moins qu'un ami. Et lors de notre rencontre tous les deux, il me posa la question suivante : pourquoi voulais-je devenir plus fort ? Etait-ce pour moi-même ou pour quelqu'un d'autre ? Voulant reformuler, il voulut savoir si j'avais quelqu'un d'important pour moi. Peut-être plus important que ma propre vie. Car c'est lorsque l'on a quelque chose d'important à protéger que l'on devenait vraiment fort. Je comprenais parfaitement, du moins le crus-je sur le moment, en repensant à Iruka et sa manière de me protéger.

Ce ne fut que plus tard, en protégeant Sasuke de mon propre corps, en sentant cette rage de tuer pour réparer l'affront qui m'était fait que je compris le message d'Haku. Je souhaitais égoïstement protéger mon secret pour ne pas que mes coéquipiers sachent quoi que ce soit qui ternisse mon image à leurs yeux. Mais en tenant le corps immobile de ce brun que j'exécrais, en l'entendant révéler son noir dessein d'un souffle rauque, je sus que je devais révéler mon secret. Je ne pouvais pas le supporter ce type. Et pourtant les larmes m'étaient venues aux yeux lorsque je l'avais su en vie.

La routine avait donc repris. Moi devenue moins poule mouillée qu'avant. Sasuke qui me snobait toujours. Sakura qui refusait les preuves de l'amour du Naruto garçon (qu'est-ce que c'était chiant à jouer cette partie là, cette fille est aussi inintéressante que la pluie quand on en vient à parler d'amour). Kakashi qui arrivait toujours en retard… Après cette mission de rang C qui était devenue une mission de rang A, nous avions bien besoin de repos.

Et j'étais là sur mon lit en train de me morfondre à propos de ce secret que je savais intenable. Encore plus qu'avant. Car maintenant, du sang me coulait parfois entre les jambes. Comment pouvoir acheter les protections adéquates en toute discrétion ? Je me tins une nouvelle fois le ventre. C'est que ça faisait mal en plus ! Je me dirigeais vers la douche. Et ôtais mes habits dans lesquels je marinais depuis des jours. Même Kakashi et Iruka n'avaient réussi à me faire sortir. Je ne pouvais plus. Parce que je m'étais réveillée avec les draps plein de sang. Avec des serviettes et d'autres tissus, je parvenais à contenir le flot. Mais je ne comprenais pas cette blessure. Est-ce que j'allais mourir, totalement vidée de mon sang ?

Je frottais les plaques séchées allant du rouge au noir qui avaient séché entre mes cuisses. J'avais attendu quelques jours, des fois que cela cesse… Et ça s'était arrêté. Heureusement pour moi. Mais malgré tout, même ignorante de cette étrange maladie qui me rongeait, je savais que ce sang provenait de l'intérieur de mon corps. Et s'écoulait depuis mon intimité. Elle n'était pas normale. Cette maladie n'affectait que les filles ! Tout le monde saurait en voyant ma literie ce que j'étais ! Je finis ma toilette rapidement. En arrivant aux épaules et au torse, je sentis avec horreur que mes seins avaient augmenté de volume. Je ne pouvais pas non plus sortir comme ça !

Depuis mon retour du pays des vagues, je sentais des douleurs au niveau de la poitrine. Lorsque je courrais, il était devenu difficile de gérer la douleur, tout comme lorsque je me lançais dans de périlleux enchainements ou autres. Je parvins à stabiliser le seuil de souffrance en bandant chaque jour ma poitrine de manière très serrée. Mais je savais que tôt ou tard, il faudrait changer de solution.

La motivation de garder ma véritable nature encore secrète me redonna des forces. D'un coup sec, j'arrachais les draps du lit. Fort heureusement, le matelas n'avait pas été touché. Je tassais mes draps et mes vêtements souillés dans un sac, et enfilais une autre tenue. Il fallait vite que j'aille laver ces vêtements. D'expérience, je savais qu'il fallait faire partir les taches de sang à froid. Cela suffirait-il ? Harnaché lourdement avec mes draps (lesquels avaient commencé à sentir un peu), j'entrepris de mettre mon chargement dans une machine d'ne laverie automatique. Le soleil déclinant, j'observais les boutiquiers ou leurs assistants allumer les mèches des lanternes pour éclairer leurs enseignes. Une fois le linge propre, je le bourrais dans un sèche-linge et attendis encore. Dans ce laps de temps, je me rendis compte de deux choses : je n'avais pas mangé depuis la veille, et j'avais laissé mes clefs dans mon appartement, donc quiconque voudrait y entrer n'aurait aucun problème.

Le linge sec était presque brûlant sous mes mains. Je plongeais mon visage dedans presque avec délectation. Toutes ces preuves là avaient disparues. J'adressai un grand sourire au patron du magasin qui m'avait laissé rentrer à une heure aussi tardive. Puis je fourrai de nouveau les draps et les vêtements dans un grand sac. Je partis en courant dans la rue. Mes pas résonnaient bruyamment comme j'en avais l'habitude. L'odeur des ramens de chez Ichiraku me mirent l'eau à la bouche… Mais je n'avais pas non plus d'argent sur moi. Boudant un peu, je montais les escaliers quatre à quatre. Poussais la porte que je n'avais pas refermée à clef… Quoi que je n'avais même pas tourné la poignée ce qui voulait dire.

Surpris, je sursautais lorsque je vis la silhouette calmement installée dans mon petit studio que la ville me fournissait. Comme à mon habitude, je manquais de chance et mon pied se prit dans un pan de drap qui sortait du sac. En un instant je perdis l'équilibre et m'écroulais droit vers l'intrus que me masquait le drap tombé sur ma tête. Celui-ci poussa un cri (et je reconnus sans peine la voix de Sasuke, mais qu'est-ce qu'il foutait là ?), et, voulant m'éviter renversa la table et le broc d'eau posé près du bord. Lequel tomba, pour faire bonne mesure et trempa le drap… ainsi que ma petite personne toujours en dessous.

_ Usuratonkachi, fit le garçon que je ne voyais pas, t'es vraiment pas doué.

Merci, et grâce à toi j'avais froid. Et mon drap propre et sec était de nouveau tout mouillé ! Je serrais les dents, jetais le drap de côté tout en me relevant. Criai un juron après lui. Mais il s'était figé. Je vis ses yeux qui fixaient mon corps. Bouche bée, je voyais sa mâchoire trembler sous la stupeur. Une légère rougeur aux joues, il referma bouche et paupières et laissa échapper un son méprisant. Il tourna la tête avec un léger sourire victorieux aux lèvres.

_ Cette technique de Sexy Jutsu ne fonctionnera pas sur moi, dobe, me lança-t-il.

Je clignais des yeux. Hein ? Quelle technique de Sexy Jutsu ? Je n'étais même pas en position de faire un Henge. Qu'est-ce qu'il me racontait encore ?

_ Quelle technique ? fis-je de ma voix niaise de d'habitude, les yeux fermés. Mon masque d'imbécile toujours sur le visage.

_ … fit Sasuke la bouche ouverte et devenant en plus en plus rouge.

_ Et puis d'abord qu'est-ce qui te prend de rentre chez les gens et de les arroser, Teme, je venais juste de tout nettoyer.

_ N… Naruto, tu es…

Je ne comprenais vraiment pas ce qu'il voulait dire. Je suivis la direction de son regard et baissais les yeux. L'eau qui avait ruisselé sur le drap avait aussi ruisselé sur moi. Et le tissu de mon maillot blanc orné d'une spirale collait à mon corps comme une seconde peau. Mon corps de fille. Je poussais un cri (féminin) et croisais les bras devant mes seins que la transparence des tissus dévoilait, de légères courbes et un téton plus sombre.

_ P… Pervers, ne pus-je empêcher mon véritable moi de crier, supplantant le travail que j'entretenais depuis tant de temps pour gommer cette partie de ma personnalité.

Saisissant la couverture qui était sèche, je m'en drapais. Je saisis mon reflet dans le miroir au mur. Il n'y avait rien d'idiot. Un visage féminin, encadré de mèches blondes et mouillées, deux yeux azurs qui brillaient de colère et de honte, toujours mes moustaches… et pourtant un changement par rapport à cet idiot de Naruto. J'étais Naruto et je ne l'étais plus. J'étais ce que j'avais toujours été. Une fille. Et face à cet Uchiha que toutes adulaient et que pourtant je détestais, j'étais menaçante. Je montrais les crocs.

_ Ne parles à personne de ce que tu as vu, grinçais-je vers lui.

Soudain pris dans la vitesse du combat, Sasuke décida de mettre de côté sa réaction face à la vue de mon corps de fille, et se mit en garde. Bien entendu. Je savais ce qu'il pensait. Il me sous-estimait, encore. Il se disait que cette fille ne pouvait avoir des capacités différentes du Naruto qu'il connaissait. Puisqu'elle était Naruto. Sauf que je n'étais pas ce Naruto là. Je ne l'étais plus. Pour l'instant. Aussi, bien que je me lançai droit vers lui en criant, je ne pouvais non plus ignorer mes habitudes, j'anticipais ses mouvements. J'évitais le poing qu'il lançait vers mon visage d'une torsion du buste. Puis son pied gauche venu me faucher en bondissant. Profitant de cet élan, je tendis la jambe droite en avant tout en gardant la gauche pliée, à la façon « dynamic entry » de Gai-Sensei. Mon adversaire se plaqua au sol, dans une position similaire à la mienne, le dos appuyé au mur, afin de bénéficier de sa stabilité. Sa main se referma sur ma cheville. Je me débattis en remuant des bras comme un idiot. Puis souris d'une manière sinistre et détendis mon autre jambe brusquement vers sa tête. Haha ! J'étais la plus forte ! Quelle que soit ma personnalité, je considérais toujours Sasuke comme mon rival.

Il tordit ma cheville et je me mangeais le mur en pleine poire. Bang !

_ Wak ! J'aurais dû le savoir, pleurnichais-je, on n'est pas du même niv…

Je me rendis compte de notre position. Moi écrasée au mur, mais aussi contre Sasuke. Lui qui tenait encore ma cheville. Son visage plaqué contre ma poitrine mouillée et froide, son souffle chaud contre ma peau. Qu'est-ce que ça voulait… J'étais totalement ignorante des choses de l'amour. En tout cas, il ne pouvait que se rendre à l''évidence. Il avait les preuves que je voulais à tout prix cacher juste devant les yeux. Sa main lâcha ma cheville. Au même moment où mes mains tentèrent de repousser son visage contre le mur, les siennes repoussèrent mon corps vers l'arrière. Du moins c'est ce que je crus…

_ On dirait des vrais, fit-il d'une voix plate comme un simple constat.

Pour m'empêcher de crier, il avait plaqué sa main sur ma bouche. L'autre s'était posée nonchalamment sur ma poitrine et était en train de palper avec une curiosité déplacée l'un des galbes de chair.

_ Sasuke… Teme… grondais-je.

_ Pourtant, il n'y a aucune circulation de chakra excessive, comme à ton habitude. Tu as dû vraiment te surpasser pour cette technique. Même la voix était parfaite.

Souhaitait-il se persuader de lui-même que je n'étais pas une fille. Qu'est-ce qu'il allait faire après ? Vérifier sous mes sous-vêtements ? Et d'où lui venait cette connaissance de l'anatomie féminine ? Sans plus attendre, je mordis sa main, le faisant jurer de douleur, avant de me dégager et de reculer d'un bond.

_ Tu n'as rien vu, d'accord ? dis-je, contenant toujours ma colère.

_ Vu quoi ? Une technique stupide. Moi qui venais parce que Sakura te trouvait dépressif à ne pas sortir de la semaine… En voyant les quelques traces de sang par terre je me suis dit qu'on me donnerait enfin un coéquipier valable. Tu t'es coupé avec quoi, un Ramen instantané ?

_ Connard prétentieux ! Je ne parle pas de ça ! Et de toute manière je deviendrais Hokage. Ça les fera bien bisquer ! Je serai la première femme Hokage !

Il y eut un blanc dans la conversation. Je venais de tout révéler d'un coup, d'une voix féminine, dans une posture similaire à celle qu'aurait employé Ino ou Sakura. Et lui ne pouvait qu'avoir entendu et être désormais convaincu de ma féminité. J'étais blanche de peur à l'idée de sa réaction. Tout s'était passé si vite. Je le regarde. Il me regarde. J'ouvre la bouche mais aucun mot ne sort. Il est tout rouge. Et regarde la main droite, alternant ses regards sur mon torse et sur cette main. Puis sans une parole, il se relève, passe à côté de moi et me lance depuis la porte :

_ Je dirais à cette cruche de Sakura que tu vas bien.

_ Sasuke… Est-ce que notre relation… Enfin…

_ Tu es toujours aussi stupide Naruto. Tsundere.

_ Quoi ! Mais je vais te…

La porte se referma sur lui avant que je ne puisse ajouter quoi que ce soit. Il avait le culot de m'appeler… Je ne m'étais jamais sentie aussi frustrée et à la fois honteuse de ce qui s'était passé. Je décidais de m'enterrer dans ma chambre encore quelques jours. Le lendemain midi, ce fut Sakura qui frappa à la porte. Elle voulait savoir comment j'allais. Plus elle dévidait ses paroles et plus je me demandais si Sasuke avait tenu sa langue. Apparemment il lui avait dit que j'étais malade et qu'elle devrait s'assurer de ma santé par elle-même. Je refusais de lui ouvrir et la laissais tambouriner encore et encore. Elle semblait incapable de se lasser. J'enfouis ma tête sous les couvertures, voulant faire obstacle au bruit. Je n'avais plus envie de jouer. Le film de la veille au soir se jouait dans ma tête. Et jouer encore cet imbécile de garçon qui faisait le pitre semblait au dessus de mes forces. Je retins des larmes de rage. Maudit brun. Je ne l'avais jamais aimé. Et je le haïssais plus encore pour la blessure qu'il m'infligeait. A défaut de sang chaud, c'était mes larmes bouillantes qui dévalaient mon visage. J'étouffais mes sanglots en mordant l'oreiller.

Les coups cessèrent finalement. Peut-être qu'elle avait fini par voir que ce n'était pas la peine. Ou alors pensait-elle que son idiot de coéquipier dormait encore de ses deux oreilles. Qui encore allait venir ? J'étais sortie la veille, et on aurait pu m'interpeller à ce moment là. Mais non, il fallait croire qu'on voulait seulement me faire sortir de chez moi à ce moment précis.

Trois coups. Frappés sur la fenêtre près de mon lit. Je ne pus retenir une œillade vers l'origine du bruit. Accroupi, en équilibre sur le bout de ses orteils se tenait Kakashi, une panière de fruits sous son bras. Dès que je l'aperçus, mon visage se ferma de plus belle, et je lui adressais une grimace boudeuse. Il pencha la tête sur le côté, et m'adressa un salut amical d'un geste de la main. Il me gratifia même d'un « Yo, Naruto-chan ». Même à travers la vitre je saisis le suffixe adressé aux jeunes enfants ou aux jeunes filles, l'un dans l'autre, que le secret soit éventé ou pas, la pique était blessante. Mes yeux s'étrécirent et je montrais les dents.

Sans plus se soucier de ma vie privée, mon Sensei s'invita chez moi par la fenêtre. Posa son cadeau sur la table et s'installa sur une chaise, jambes écartées, bras croisés sur le dossier. Son œil gris fixé sur moi. Je ne désirais pas parler. Et me contentais de rester en boule dans mes couvertures, fixant ouvertement le plafond. Il finirait bien par se lasser.

J'oubliais que j'étais bien moins résistante que lui.

Sa main jaillit brusquement devant mon visage et saisit mon menton. Il dégagea ma tête de sous la couette et me regarda. Et prononça six mots qui me glacèrent.

_ Je sais tout depuis le début.

Je n'osais pas répondre. Je ne voulais pas répondre. Moi qui étais persuadée que la chakra du démon renard pouvait me protéger. Parce que j'étais moi aussi au courant de ce fait qu'on me dissimulait. Lorsqu'Iruka me l'avait annoncé dans la forêt en pleurant pour moi et la douleur que l'on m'infligeait, je le savais déjà. Parce que j'avais passé le contrat avec la bestiole. Après quoi nous ne nous étions plus jamais reparlés. Silence radio. Jusqu'à la mission avec Haku. A croire que mes envies de meurtre l'avaient amusé. Je ne savais pas comment accéder à lui à volonté. Peut-être que je lui avais forcé la main au pays des vagues. Peut-être que c'était ça qui modifiait la donne, qui faisait que je ne parvenais plus à maintenir l'illusion.

_ Tu ne pouvais pas te cacher éternellement Naruto. Et tu devais bien le savoir, non ?

Un silence pesant s'installa. Je savais que Kakashi-Sensei attendait que je me mette à parler. Mais je m'y refusais totalement. Et pourtant la boule douloureuse que je retenais en moi finit par me remonter en travers le la gorge. Comme un os pointu qui gratte à chaque respiration. Finalement je me laissais glisser lentement jusqu'au sol. Je le sentais froid sous mes pieds nus. Puis je fixais Kakashi droit dans les yeux de mon regard azur. Je sentis son œil s'agrandir, sans comprendre pourquoi. D'un seul coup je me retrouvais dans ses bras, contre lui.

_ Tu lui ressembles tellement tu sais… A ton père…

Je n'osais pas parler. D'une part cette révélation me choquait. Qu'il ait connu mon père sans jamais me l'avouer avant. D'autre part, je pouvais sentir le respect teinté d'amour qu'il avait eu pour mon géniteur. Et je m'en sentais quelque peu gênée. Parce que je n'étais plus qu'une toute petite fille dans les bras de l'homme qui me tenait. Il n'y avait pas d'attirance autre que la camaraderie qui nous liait. Mais dans cette étreinte, je sentais qu'il me transmettait des choses qu'il ne savait dire. Mais qui ne m'étaient pas destinées.

Aussi vite qu'il était venu, il partit par la fenêtre. Sans doute honteux de s'être laissé à des sentiments. Je pouvais le comprendre. Kakashi nous aimait comme un grand frère aimait sa fratrie. Avec la bienveillance de celui qui leur apprend à marcher pour la première fois. Mais aussi la distance de l'ange gardien, qui ne devait se montrer si proche de nous, de peur que cela dégénère.

On ne m'avait jamais pris dans les bras ou témoigné de l'affection ainsi. J'en étais toute bouleversée. Je comprenais bien mieux ce sentiment que l'on appelait amour. Que l'on ne m'avait jamais prodigué. Que je n'avais pas bien su rendre ou reconnaitre à chaque marque perçue. Un manque se trouvait dans mon cœur. Je me ruais dehors pour suivre Kakashi. Butais contre quelque chose devant la porte et m'étalais de tout mon long. Sur Sakura.

_ S… Sakura-chan… fis-je avec mon air gêné de d'habitude.

Ma main venait de se poser par mégarde sur sa cuisse. Je me relevais avec le manque de grâce habituelle de Naruto. Poussais un de ces rires gênés qui ne trompent personne. Sakura se releva elle aussi. Dans ses yeux se lisait une colère immense. Comme si des flammes brûlantes venaient de s'allumer dans ses yeux. J'entendis ses doigts craquer. La première pensée qui me vint sortit par ma bouche. Et la stupéfia. Grossière erreur. J'étais toujours en fille. En plus cette pensée était conne. Elle provenait simplement d'un constant en entendant ses phalanges produire un avertissement.

_ Fais pas ça, tu vas avoir de l'arthrite…

Et 20/20 pour le concours de la boulette du jour ! Depuis quand le Naruto garçon pouvait connaitre l sens du mot arthrite. Sakura me regarda, son visage n'étant que surprise. Avant de devenir blanche comme un linge. Et de pousser un grand cri perçant. Ma main eut le réflexe de la faire taire. D'un geste brusque je la tirais à l'intérieur et fermais la porte.

_ Bon sang, après l'autre abruti et Sensei, il faut qu'elle soit au courant.

_ Naruto… Tu…

_ Bon, je vais tenter de la faire short. T'es sensée être intelligente, et quand je ds intelligente, je ne veux pas dire que t'es trop futée non plus, mais au moins il devrait y avoir assez de neurones sous ce front pour me comprendre.

_ Que…

Elle semblait trop abasourdie par ce changement radical en moi pour relever les piques que je venais de lui lancer. Je pris une longue inspiration.

_ Je suis toujours Naruto. Mais je suis une fille. Enfin, pas vraiment Naruto, la personne que tu as connue était plutôt un rôle. Parce que je suis certaine que tu seras d'accord avec moi que tous les héros sont des hommes. Enfin bref, puisque tu as découvert ce « petit » secret, j'aimerais autant que tu taises cette découverte parce que je préfère passer pour l'idiot de service. Tous les habitants du village me détestent et me méprisent. Et puis je pense que c'est pareil pour toi lorsqu'on est intelligent, et qu'on nous rabaisse pour ça alors que…

Tiens, deuxième câlin de la journée ? Je l'ai mérité ? Sakura étouffa un sanglot contre mon épaule.

_ Naruto-Baka ! fit-elle d'un ton sanglotant.

Ah, pas de coup de poing avec ce genre de choses.

_ Maintenant que tout est bien qui finis bien, tu peux te détacher un peu s'il te plait ? J'ai déjà les linges qui me tiennent la poitrine qui me compressent alors…

Elle me laissa aller. Alors face à elle, je me révélais dans ma féminité, laissais émerger la poitrine que je ne faisais que cacher. Montrant mon corps musclé mais bien plus fin que celui que Kyuubi me permettait de cacher. Et elle regarda… Et constata amèrement que la personne qu'elle avait prise pour un garçon avait une poitrine plus ample que la sienne. J'eus un sourire gêné. Et pensais en moi-même que Sasuke devait me penser un peu plate, vu qu'il avait « tâté » seulement à travers le linge.

Sakura pris les choses en main. Armée d'un mètre à ruban, elle commença à mesurer diverses choses sur mon corps.

_ Je maintiens mon apparence avec un Henge, ce n'est pas la peine de…

_ Naruto, il te faut impérativement acheter des soutiens gorge, et aussi te prémunir par rapport à tes menstruations.

_ Mes… Quoi ?

_ Intelligente mais peu au courant des affaires de filles, soupira-t-elle.

Et jusqu'à la fin de la journée, elle m'entretint sur ces affaires que l'on dit être « entre filles ». Parce qu'elle avait des solutions bien plus efficaces que les miennes. A commencer par des vêtements plus amples et des soutiens gorge de sport qui maintiendrait une apparence plutôt masculine si je ne gardais pas mon Henge. Elle jura aussi de garder le secret. Persuadée qu'elle était d'être la première informée ce celui-ci. J'avais maintenant une nouvelle meilleure amie (la poisse). Mais au moins, j'avais appris que cette semaine sanglante était parfaitement normale, et que je n'étais pas malade pour un sou.

Ainsi recommença un quotidien (presque) ordinaire.


Est-ce que ce premier chapitre vous a plu?

J'essaye de suivre le manga aussi fidèlement que possible, je me base sur des scans en anglais et j'adapte un peu les dialogues. Par contre je ne sais pas si mes persos sont OOC ou pas, j'aurais certainement besoin de votre œil extérieur pour ça.

J'espère que ça vous aimez. Je reviens à mes premières amours... Torturer le manga originel de Masashi Kishimoto.

Pour l'idée du manga, elle vient originellement de Sexy Meta, mon autre fic, mais au lieu que ce soit Naruto déguisé en fille, j'ai tenté l'inverse, et pris une intrigue plus simple. Je ne pense pas aller jusqu'à la fin des scans, peut-être même que je vais inventer vers la fin.