Toutes les meilleures choses ont une fin. Après presque un an d'écriture et de publication acharnée et plus de 300 pages word. Je suis heureuse de vous présenter la fin de Secret.

Fallena MacWolfe: Je pense que ce dernier chapitre va lui aussi être bien intense à fond les manettes.

Dj: Oui, je n'arrivais pas à garder le Naruto d'origine avec ce personnage devenu OOC. Mais ouais, c'est complètement le bordel.

kuchiyume: Malgré ton fanatisme pour Gaara et Shikamaru (oui, moi aussi je les adore), non, il n'y aura pas de passages Gaara x Shikamaru (on est pas dans une fic Yaoi). Et en parlant de cliffanger méchant...

Chouquette: Cette histoire de parrain va continuer à te triturer le cerveau... Parce que je ne révèle toujours rien, même si c'est la fin. HAHAHA

Aya72: Oui c'est un moment important du manga le combat sur le toit de l'hôpital, mais qui s'inscrit dans la continuité de mon histoire. En effet comme Sasuke n'a pas pu combattre Itachi puisque Naruto l'a assommé, il n'est pas obnubilé à faire un combat avec elle (il est obnubilé pour faire des tas d'autres choses avec elle). Et tu verras ce qui se passera dans ce chapitre.

Yachiru-chan92: Rhaaaaa, j'ai trop envie de te répondre, sauf que sinon je bousille la lecture de tout le chapitre.

Melusine78: Bah elle a le choix entre des conseils d'un renard très terre à terre et à ceux de Tsunade pioché dans des fonds de bouteille. Alors l'éducation sexuelle de Naruto laisse à désirer, je dois avouer.

Sephra: Ton commentaire m'a obligé à retrouver la citation. Je l'avais totalement oubliée. mais moi aussi j'étais bidonnée lorsque j'ai écrit ce passage.

Bonne lecture !


_ Sasuke vient de déserter le village pour aller retrouver Orochimaru.

Il y eut un moment de silence gênant. Sasuke était parti. C'est étrange avec quel détachement je prenais cette nouvelle. J'avais beau la tourner et la tourner dans ma tête…

_ Tu n'as ni l'air surprise, ni en colère, déclara enfin le Nara. Dois-je en déduire que tu t'y attendais ?

Je fixai la fenêtre sur ma gauche sans répondre. Que répondre, d'ailleurs ? Lui dire à quel point je culpabilisais par rapport à ce que j'avais fait la veille ? Quelque chose s'était cassée, quelque chose qui entravait les rouages de mon horloge interne. Je ne réfléchissais pas clairement et tout me semblait brumeux dans mon esprit. Sasuke était parti et c'était de ma faute.

Je n'avais pas su le garder près de moi. Si seulement j'avais été forte et pris sur moi. Si j'avais tenté de l'aimer autrement que comme un frère que l'on admire et jalouse en secret. Si j'avais laissé de côté notre rivalité et les liens de parrainage qui l'unissaient à Sakura. Si cette fois-là sous la tente je l'avais laissé faire. Itachi avait raison : je n'étais pas prête à me sacrifier pour la voie que j'envisageais.

Peut-être aussi qu'il était pari à cause de moi. Outre l'impatience, je l'avais certainement traumatisé hier. La rencontre avec Kyuubi n'aurait jamais dû avoir lieu. J'étais tellement obnubilée par l'idée de leur faire cesser leurs enfantillages à lui et à Neji que j'avais eu une solution violente et radicale. Hier j'aurais pu les tuer. Et je n'étais pas assez puissante pour contrer le pouvoir envoutant du démon. En quelques mots bien placés, il m'avait enjoint à faire pénétrer deux étrangers dans mon esprit, devant sa prison. J'étais encore consciente de mes moyens, donc j'aurais pu m'arrêter avant de causer trop de dégâts. Mais une fois en face du sourire du renard, Sasuke et Neji auraient-ils eu la même résistance que moi. Auraient-ils pu ouvrir le sceau si le démon les enjoignait ?

Parfois, j'avais vraiment le sentiment d'être la personne la plus méprisable au monde.

Shikamaru passa une main devant mes yeux éteints et je sursautai. Devant son visage concerné, je me rappelais la nouvelle. Sasuke était parti, nous devions immédiatement le retrouver. Je m'assénais deux faires de claques et secouai la tête avant de commencer à empaqueter mes affaires. Shikamaru resta sur le pas de la porte, nonchalamment appuyé contre le chambranle, scrutant mes va-et-vient de ses yeux marron.

_ Je vais me changer, j'en ai pour deux minutes, lui indiquais-je en emportant mes sacoches d'armes de jet. J'ai besoin de rations de nourritures pour le voyage ?

A travers la porte il m'expliqua qu'il serait facile de déterminer les pistes prises par Sasuke depuis la sortie du village, et que par conséquent il espérait le rattraper rapidement. A condition que je ne perde pas trop de temps. Il en avait de bonnes lui, j'avais l'impression qu'il prenait l'affaire un peu trop à la légère. En même temps il ne devait pas tellement apprécier d'avoir à aller chercher Sasuke. Ils s'étaient peu parlé de ce que j'en savais et ses remarques quant à mes fréquentations de ce dernier avaient été claires : il se méfiait des deux bruns ténébreux.

Tandis que j'enfilais un pantalon et entreprenais de me bander bras et pieds, je me demandais bien de qui constituait l'équipe de recherche. Sans doute quelqu'un spécialisé dans la traque. Peut-être pas Kakashi-Sensei, le vieux pervers m'avait mentionné une mission donnée par Tsunade-Baa-chan. Quelqu'un de la famille Inuzuka ou un Hyuuga peut-être ? L'équipe de Shino ? Non, ils n'allaient pas envoyer que des Genins, tout de même ? Je veux bien croire le village en sous-effectif, mais cela aurait été exagéré tout de même.

Nous bondîmes de toits en toits jusqu'à la porte d'entrée du village. Les gardes habituels (Izumo et Kotetsu) étaient certainement dépêchés à d'autres travaux pour Tsunade. Personne ne vint nous accueillir à la porte. Je ne voyais que quatre autres Chuunins en tenue de combat, prêts à en découdre. J'attardais mon regard sur l'équipe de choc qui était envoyée aux trousses de Sasuke. Quelles raisons avaient poussé la vieille à se séparer de ces éléments. Sasuke était-il si important aux yeux du village ? En ce cas, il n'était pas étonnant que l'on me pousse à prendre une décision concernant sa santé mentale.

A ma gauche se trouvait Shizune, certainement pour le soutien médical. J'avais entendu dire que c'était lors de la Deuxième Grande Guerre Shinobi que la princesse Tsunade avait fait passer l'idée d'ajouter une unité de soin aux équipes. Si elle n'avait pas été adoptée durant cette guerre, elle l'avait été durant la suivante. D'après Ebisu-Sensei, c'était cette composition des équipes qui avait permis à Konoha de restreindre ses pertes face à Iwa. Ce système avait été copié par la suite par les autres villages cachés, et les échanges de connaissances médicales contre des avantages militaires ou commerciaux avaient permis l'épanouissement complet du village de la feuille.

A côté de l'assistante de l'Hokage se tenaient trois hommes que j'avais dû apercevoir un jour ou l'autre en arpentant les rues. Celui aux longs cheveux raides qui mâchonnait un Senbon était l'examinateur du tournoi lors de la troisième épreuve de l'examen Chuunin. Son voisin de droite avait une cicatrice qui partait de son nez avant de s'étendre sur sa joue gauche et son cou, je ne parvins à déterminer si la blessure provenait d'une lacération ou d'une brûlure grave. Le dernier portait également son bandeau à la manière d'un foulard noué autour de ses cheveux, et son menton s'ornait d'un bouc pointu.

_ Allons-y, dit ce dernier d'un ton un peu bourru.

_ Vous savez où est parti Sasuke ? demandais-je. Et je pourrais connaître vos noms à l'occasion…

_ Nous discuterons en route, dit le balafré. Tu nous as déjà fait perdre assez de temps.

Je les suivis tandis qu'ils partirent comme des flèches. Leurs pas étaient mesurés et calculés naturellement de manière à économiser le plus de chakra possible. Tandis que nous parcourions les arbres, je jetais un œil u visage fermé de Shizune. Etait-elle ainsi lorsqu'elle se trouvait loin de son maître ? Son regard vrilla dans ma direction, et je n'en ressentis pas la chaleur habituelle. Le village était-il si affecté par la perte de Sasuke qu'elle en perdait son affabilité habituelle ?

Contrairement à ce que j'aurais cru, ce n'était pas elle qui retardait le groupe. Ni même moi, puisque je mettais un point d'honneur à calquer mes pas sur les leurs. Il n'y avait pas à dire, j'avais hâte de continuer mon apprentissage pour les services secrets : bien que n'étant que Chuunin, je me sentais surclassée par leurs mouvements. Cependant l'examinateur était un petit peu en retard. Ce n'était que des petits riens, mais il n'avait pas la même légèreté que ses compagnons et retombait parfois lourdement sur les branches d'appui.

Il y avait trop de détails qui n'allaient pas dans cet arrangement, me rendis-je compte. Mon corps s'arrêta brusquement. Pas d'encouragements de Shizune-nee-san. Je ne connaissais pas mes compagnons de route. Shikamaru avait soigné son bras cassé en moins de temps qu'il ne faut le dire. L'examinateur était à la traine. Aucune récap de mission n'avait été faite.

Je plongeais brusquement vers le sol et accélérais pour profiter de l'effet de surprise.

_ Merde ! jura « Shizune » d'une voix acide.

_ Le village n'est pas trop près, on peut la choper, déclara le balafré.

Ma main saisit Senritsu pour me donner du courage. Je relâchais la pression dans mon esprit. Je n'avais aucune chance à un contre cinq. Si je pouvais fuir, je pouvais avertir le village. Même si Sasuke était effectivement perdu dans la nature, pour que ces gars aient pu s'introduire dans l'enceinte de la ville sans éveiller la sécurité et à se faire passer pour des Chuunins alors je devais alerter les autorités.

Je vrillais brusquement, plus par instinct que parce que j'avais perçu une réelle menace. Mon regard accrocha une matière visqueuse accrochée à un arbre environnant. On aurait dit une grosse toile d'araignée. Je n'avais pas envie de tester si elle collait ou pas. Prenant appui sur un tronc, j'optais pour une trajectoire moins directe afin de réduire les possibilités de me faire toucher. Ce qui me ralentissait également. Et je sentis un pied me heurter entre les épaules. Un choc à m'en décrocher les poumons. J'évitai de m'emplafonner dans un arbre en roulant sur une surface large. Des morceaux d'écorce et de mousse séchée roulèrent dans mon col. Ça grattait. Je cherchais d'où était venue l'attaque.

Et c'est là que je me figeais d'effroi. Dans le dos du Chuunin à la cicatrice, une bosse étrange était apparue. Et elle n'était autre que la tête de l'examinateur Chuunin émergeant de sa nuque. Je frissonnais tandis qu'un frisson d'horreur parcourait mon corps. Qu'est-ce que c'était que ces types ? Je n'eus pas le temps de m'interroger davantage que je fis fleurir des lames au bout de mes doigts pour repousser deux projectiles formés d'une matière dorée. Les armes émirent un son étrange lorsque le choc survint. Ce n'était pas du métal. Et pas non plus de la céramique à en juger par la solidité. Les deux n'étaient qu'un avant goût, et j'essayais une nouvelle salve qui me força à rejoindre le sol. Zut ! je n'avais plus le couvert des branches hautes. En bas, l'homme au bouc noir m'attendait. Etait-ce lui le tireur ? Sans doute pas. Et je n'avais pas encore vu « Shizune » n'était pas encore entrée en action. Une longue distance ?

Je n'eus pas le temps de m'interroger qu'il me fallu sauter en arrière par plusieurs fois. Le sol sur lequel j'allais atterrir s'ouvrait en crevasses et vomissait des piques acérées. Je me servis de mon agilité acquise lors de mes longs entraînements pour devenir ANBU pour éviter les pièges et remonter en hauteur. Je commençais à fatiguer, et ils me ralentissaient. Je ne pouvais pas me permettre de m'éloigner autant du village.

Une remontée en flèche me fit rencontrer un coup de pied arrière de l'énergumène à deux têtes. Trop concentrée sur ma fuite, le coup m'atteignit en pleine poitrine, coupant ma respiration tandis que j'étais projetée en arrière. Si je le laissais prendre l'avantage, je pouvais prédire que ça allait être ma fête. Je ne savais pas ce qu'ils me voulaient, mais leurs réactions étaient loin d'être amicales.

Ah oui, tiens c'était vrai ça : pourquoi moi ? Quel mauvais tour du karma m'avait encore entrainée dans de telles aventures ?

Non, non ! Je n'avais pas de temps pour analyser ma situation actuelle ! Contre Sasuke ou Neji cela passait encore, mais là j'étais obligée d'y aller à fond.

Autant me débarrasser d'un ennemi gênant dès le départ. Au lieu de fuir une nouvelle fois, je profitais de l'élan donné par le coup et de la douleur pour me concentrer sur l'atterrissage. Je crochetais la cime d'un arbre pour me retrouver en équilibre sur les mains et me lancer en direction de mon adversaire. Il évita sans peine mon arrivée brutale. Je vis son genou se diriger vers mon visage. Déjà je m'étais plaquée au sol pour le faucher. Il évita agilement ma jambe, mais je m'étais relevée en tournant, usant la rotation pour appuyer un coup de pied circulaire. Au dernier moment je changeais sa trajectoire, visant non plus son cou mais sa taille. Je savais que ma frappe allait porter et qu'il serait incapable de bloquer. Et pourtant…

Une excroissance hideuse boursoufla les vêtements des Chuunins mélangés et le tranchant d'une main frappa à la jointure entre ma main et mon pied. Réprimant un cri de douleur, je rétractais ma jambe avant de pouvoir être saisie. Ainsi plus qu'une tête, il pouvait aussi faire jaillir d'autres parties de son corps à travers le sien. Absolument répugnant. J'évitais l'attaque suivante en me laissant glisser sous la branche, adhérant au support avec du chakra. Mes cheveux mi-longs retombèrent vers le bas en une position ridicule. Ce dérangement attira mon regard sur les kunais dorés qui voilaient encore dabs ma direction. Mais d'où provenait le tir ?

Je me lovais contre le tronc, bondissant et m'accroupissant, faisant fi de la gravité par quelques doses de chakra. Lorsque je relevais ma tête, l'homme aux deux visages avait changé. Il portait à présent une tenue mauve pâle et ses reins étaient ceints d'une vulgaire corde épaisse d'un violet profond. Leurs cheveux s'étaient allongés et avaient pâlis à un gris argenté. L'homme, si c'en était un, arborait un maquillage des plus outranciers qui jurait avec la sobriété de nos soldats.

Un ensemble de taches noires macula son visage tandis qu'il affectait une expression extatique sur son visage. Il passa une langue sur ses lèvres tandis que la marque s'agrandissait, recouvrant sa face et ses mains. Je frémis. Je reconnaissais ces stigmates : ceux du sceau maudit d'Orochimaru ! Que pouvait me vouloir Oto ? Il n'y avait pas de retour possible.

« Kyubi ? »

« Je commençais à me demander lorsque tu te souviendrais de ma présence. Mais j'avoue que lorsque tu te donnes à fond c'est pas mal. »

« Arrêtes de déconner, je parie que je déchirais grave. »

« Face à ces brutes, je crains que ce ne sois pas encore assez. Tu as besoin de mon aide ? »

« Non, je vais attendre de me faire tuer par les soldats ennemis parce que je suis en sous-nombre. Bien sûr que j'ai besoin de ton chakra ! »

Une vague rouge jaillit d'entre les barreaux de la cage pour envelopper mon corps, à l'image d'une patte fantomatique. Mes yeux virèrent au rouge.

Mon adversaire avait cru reprendre le dessus en activant sa marque, et il avait eu raison. Pendant quelques instants j'avais été dépassée, mais c'était fini. L'énième coup de pied qui tenta de me frapper aux côtes ne trouva pas de point d'arrivée. Je n'eus presque rien à faire, mes réflexes de combat et l'énergie de Kyuubi m'emplissaient de confiance et de savoir. Il était temps de mettre un terme à cette mascarade. Mes mains prirent appui sur son genou lorsqu'il frappa et mon corps s'arqua lorsque mes pointes de pieds percutèrent violemment son visage, m'en servant comme appui pour repartir en l'air. L'action n'avait duré qu'une poignée de secondes et il retomba au sol avec un grand cri de douleur.

_ Tu n'es vraiment qu'un gros naze Sakon pour te faire ratatiner par une gamine, déclara la voix de Shizune.

_ Ferme-la et aide-moi ! Je ne pensais pas qu'elle pourrait surpasser ma marque niveau un.

_ C'est sûr qu'elle est plus amusante que l'Uchiha. Elle un sacré répondant, déclara « Shikamaru ».

_ Alors toi, pour utiliser le visage de mon meilleur ami, tu vas payer !

_ Mais je t'attends poupée. Plus longtemps tu restes avec nous, plus notre mission sera couronnée de succès, me rétorqua « Shikamaru »

_ Kidomaru ! Ferme là abruti ! lui intima « Shizune ».

_ Avec une attitude pareille, tu ne te trouveras jamais un petit ami, lui envoya l'homme avec le bouc.

_ Ecrase gros balourd !

Ils m'encerclaient à présent. Il fallait que je décanille au plus tôt. Je profitais de leur moment d'inattention pour me faire la malle. Avant d'éviter une salve de kunais dorés qui sortaient… de la bouche !? de « Shikamaru ». Senritsu m'aida à parer les attaques et je rengainais. Il valait mieux utiliser mes mains que d'abimer une si belle lame qui m'avait été offerte. Je n'eus malheureusement pas le temps de faire grand-chose de plus que les attaques volaient de tous les côtés, et je parvenais mal à les éviter. Les marques maudites ornaient désormais le visage de mes compatriotes de la feuille tandis qu'ils obéissaient aux ordres du bicéphale avec plus ou moins d'entrain. Malheureusement il n'arrivait à rien, et par la même occasion moi non plus. Sauf qu'ils étaient cinq… quatre et que je m'épuisais. Ma tenue trempée de sueur m'étouffait, et je sentais mon corps faiblir. Bientôt ce serait mon esprit.

La volonté du feu brillera toujours dans mon cœur quelle que soit la situation.

Mais en l'occurrence, c'était assez mal barré quand même. Shizune sortit une flute taillé dans un bambou fin de son gilet vert et une mélodie complexe percuta mes oreilles. Un Genjutsu Sonore ! Je me bouchai les oreilles mais il était trop tard, la musique était déjà en moi. Tout semblait calme, tranquille, presque immobile. Une main saisit mon bras et le tordit dans mon dos tandis que je criais. Mes yeux redevinrent peu à peu bleus et vitreux tandis qu'une main appuya quelque chose de collant contre ma bouche, scellant mes lèvres. Je n'avais même pas la force de me débattre. La même matière noua mes poignets et mes mains dans un cocon épais que je ne pouvais briser. La dernière chose que je vis fus le visage de mon meilleur ami exhibant un vicieux sourire, avant de fermer les yeux quelques minutes et ma tête retomba contre ma poitrine.

Je n'étais pas à proprement parler inconsciente. Si mon corps me semblait trop lourd pour bouger de lui-même, mes capacités auditives fonctionnaient parfaitement. Une fois le son de la flute envolé j'avais recommencé à me sentir mieux. Comme si mon chakra avait momentanément été perturbé dans sa circulation interne, provoquant mes vertiges. Il faudrait vraiment que j'interroge quelqu'un par rapport à ces histoires.

_ Putain les gars, sortir la marque face à une gamine. Je ne savais pas que tu étais une chochotte à ce point Sakon. (« Shizune »)

_ La ferme Tayuya, tu ferais mieux de te concentrer sur ton jeu d'acteur ! (Sakon le bicéphale)

_ C'est ton frère qui nous à fait repérer. (Barbichette)

_ Il n'a pas l'habitude d'être le corps directeur. (Sakon)

_ La fille était très observatrice. Assez pour remarquer des détails dans nos jeux d'acteurs. Nous avons joué de malchance, je devais être la seule personne qu'elle reconnaisse dans le groupe. Enfin on a réussi à l'entraver, même s'il a fallu être quatre et utiliser la marque (« Shikamaru »)

_ Parlez pour vous minables ! Vous êtes les seuls à avoir utilisé le pouvoir du Sceau maudit. JE n'en ai eu nullement besoin. (Tayuya)

_ Parce que tu as attaqué à distance au lieu de venir au corps à corps ! Je t'assure qu'elle est d'un autre niveau que ce Sasuke que nous devons amener au maître. (Sakon)

_ Les relevés que j'ai pu consulter les mettaient tous deux au rang de Genin. L'Uchiha était le meilleur de sa classe et elle le cancre. (Barbichette).

_ Bah… T'es encore plus débile que je croyais. Même à distance et mis à part ses lacunes en Genjutsu, cette pisseuse a au moins le niveau d'un jeune Jounin, pas moins. (Tayuya)

_ Ce doit être pour cela que le maître souhaite l'avoir. Et vu le physique elle doit être amusante dans bien d'autres domaines que le combat. (Shikamaru)

_ Loin de moi l'idée de percer à jour les intentions de Maître Orochimaru, mais je vous signale qu'elle n'a pas le Sceau et Sasuke si. Cette gamine n'est qu'un moyen d'attirer l'un des derniers porteur du Sharingan à notre maître.

L'un d'entre eux m'avait hissé sur son dos tandis qu'ils reprenaient la route. Je devinais qu'ils s'étaient de nouveau changés en soldats de Konoha de manière à passer inaperçu.

Bien, ils devaient se sentir particulièrement en confiance vis-à-vis de leurs capacités puisqu'ils ne faisaient pas attention aux informations qu'ils laissaient filtrer. En même temps j'étais attachée et sous la garde de féroces soldats d'Orochimaru qui n'avaient pas encore fait montre de toute leur puissance. Et la matière qui tenait mes mains prisonnières collait à ma peau. Lorsque je tentai de me dégager en tirant, j'eus l'impression de vouloir m'arracher la peau et que mes muscles partiraient avec. Je préférais alors glaner des informations, rester sage et reprendre des forces. Mon relâchement dû se sentir car le type qui me portait relâcha sa prise sur mon corps. J'entrouvris mes paupières pour scruter les alentours. Le type qui me portait semblait être celui qui s'était fait passer pour Shikamaru. Il avait la peau basanée et les cheveux crépus noués en une queue de cheval. Six bras jaillissaient de son torse, une paire maintenait mes jambes contre ses flancs et une autre agrippait fermement mes épaules. Huit membres comme une monstrueuse araignée humaine. Huit membres qui me tenaient à la merci de leur solide toile.

Barbichette et Tayuya avaient gardé leur henge et servaient d'avant-garde. Les autres se déplaçaient plus précautionneusement. Mon porteur au milieu et le bicéphale à l'arrière garde, capable de surveiller leurs arrières tout en se dirigeant sans peine devant. Avec réflexion, je compris que « Shizune » était méprisée parles tendances machistes de ses compagnons, mais qu'ils la respectaient pour sa force. Je ne savais évaluer qui d'elle ou de Sakon était le plus fort, mais il était évident que le dernier était le leader. Mon porteur avait l'air assez compétent, au vu de son étrange Kekkei Genkai, je n'avais pas plus d'informations sur le dernier de la troupe mis à part ses capacités de Doton.

Je ne savais pas qui avait eu l'idée du plan mais il était rondement mené. Si j'avais bien compris, il y avait eu contact entre Sasuke et eux la veille. Soit pendant que je culpabilisais de lui avoir fait rencontrer Kyuubi. La rencontre s'était soldée par un test des capacités de Sasuke qui les avait laissé dubitatifs. Cependant Orochimaru souhaitait utiliser mon coéquipier pour je savais quel dessein. Et visiblement mon combat contre Kabuto m'avait fait remonter dans l'estime du serpent qui avait tenté de me tuer lors du combat des trois Sannin et qui maintenant tentait de s'approprier et mon pouvoir et celui de Sasuke. A l'image de l'ouroboros Sasuke et moi formions un cycle que nous ne savions briser. Si j'étais entre les mains d'Orochimaru, Sasuke viendrait me chercher. Si c'était lui qui s'y trouvait, je mettrai ma vie en jeu pour le récupérer. Et si nous nous y trouvions tous les deux, je ne doutais pas que les manipulations seraient suffisantes pour que nous restions tous deux en son pouvoir.

Le porteur de Kyuubi et l'un des derniers porteurs du Sharingan. Intéressants mais pas encore assez évolués pour pouvoir se débattre correctement. Du pain béni pour le renégat. Des pions potentiels…

Cependant leur plan ne semblait pas aller correctement. A l'origine je devais certainement atteindre un certain point de rencontre avant qu'ils puissent aller titiller Sasuke vis-à-vis de mon enlèvement. Sauf qu'ils n'avaient pas pris assez de renseignements sur les ninjas de Konoha et que je les avais démasqués. Bon, j'étais maintenant officiellement leur prisonnière, mais quand même ! Il leur était impossible de me laisser seule à présent ou de prétendre me donner un objectif pour partir à la recherche de Sasuke. A cette heure-ci il devait encore dormir ou faire ses ablutions matinales. Je ne m'étais même pas rendue compte de l'heure à laquelle j'avais été réveillée pour cette mission surprise.

Qu'est-ce que j'étais conne parfois !

J'avais cependant omis un détail : les ninjas de Konoha étaient en déplacement constant pour continuer à offrir leurs services à une demande équivalente voire croissante. Les soldats en qui s'était transformée l'avant-garde constituaient deux membres d'une équipe de quatre en patrouille dans les bois. La rencontre entre les deux énergumènes en Henge et le vrai examinateur Chuunin et son acolyte à la cicatrice me permit une lueur d'espoir. Les hommes d'Orochimaru ne connaissaient pas les signaux de reconnaissance entre équipes ! Le combat s'engagea alors tandis que mon porteur m'appuyait sur la branche maîtresse d'un arbre, vérifiant qu'aucun autre ennemi ne venait à notre rencontre pour me libérer.

Les cheveux bruns de « Shizune » se teignaient d'un rouge profond tandis que de lourdes mèches retombaient le long du corps de l'inconnue perchée dans un arbre devant moi. Des lignes noires comme autant d'éclairs d'encre zébraient sa peau pâle. Sur le sol, l'homme au bouc prenait soudainement du volume, grandissant et s'élargissant jusqu'à devenir un géant orné d'un Iroquois roux. Eux aussi portaient les tenues coordonnées de leur quartet. L'affrontement fut violent tandis qu'ils activaient directement leur marque maudite, déjà fatigués de l'affrontement contre moi et forcés de réagir face à des gradés de mon village. Cependant ils prirent moins de temps et de tergiversations car leur but était différent. Ici ils pouvaient tuer, alors qu'ils avaient évité de m'abimer. Je lus la fatigue sur leurs visages, réprimant l'horreur de voir mes compatriotes allongés dans leur propre sang.

_ Deux autres arrivent par l'est, signala Tayuya.

_ Il faut bouger, décréta Sakon. On a perdu assez de temps comme ça. Tayuya, tu prends l'apparence de la gamine et tu viens avec moi leurrer l'Uchiha, bientôt cette forêt va grouiller de Shinobi. Il faut récupérer le réceptacle au plus vite.

Le réceptacle ? Que voulaient-ils dire ? Que voulaient-ils faire de Sasuke ?

_ Jirobou, Kidomaru, vous prenez la petite au point de rendez-vous.

_ Vous arriverez à le sceller à seulement deux ? souligna Kidomaru.

_ Tu as raison, tu peux garder la gamine toi tout seul ?

_ Dans cet état, et vu que je l'ai attachée, je ne vois aucun problème.

_ Me dis pas qu'on va prendre le gros lard avec nous, il va nous ralentir ! s'écria Tayuya.

Il était toujours déroutant d'entendre ma propre voix provenir d'un corps qui n'était pas mien. J'en avais l'habitude avec mes clones, mais l'attitude corporelle de cette jeune femme était différente de la mienne. Le dynamisme différait.

_ Toi tu te contentes d'avoir l'air crédible dans ton rôle d'adolescente qu'on enlève.

_ Fais chier, quel rôle de merde !

Ils se séparèrent tandis qu'ils ajustaient les derniers détails de leur collaboration. De nouveau je fus hissée sans aucun ménagement sur un dos puissant. Le sourire carnassier de mon geôlier n'avait rien de rassurant. Lorsqu'il me déposa de nouveau, je récoltais une énième ecchymose à la fesse. Il s'installa en face de moi, et l'une de ses paires de bras étaient croisées sur son torse. Les autres trainaient au sol, la paume face au ciel et les doigts partiellement repliés. Je ne savais pas ce qu'il faisait, mais la posture ne semblait pas anodine. Son regard marron se fixa sur moi. Comment avais-je pu confondre ces iris ternes avec ceux de Shikamaru ?

_ Dommage que tu ne puisses pas parler, ça aurait pu être plus amusant. Dire que je suis le seul à pouvoir vraiment me reposer et qu'est-ce que je me fais chier !

Je lui adressai un regard navré. L'interprétation qu'il pouvait en faire variait de « tu crois vraiment que c'est le moment de jouer » à « tu me prends pour une conne, c'est ça ? ».

_ C'est impressionnant ce que tu es capable de dire avec une simple paire d'yeux bleus. Rien que pour ça j'ai envie de t'entendre parler. T'as l'air d'avoir la même langue pendue que Tayuya. En plus polie. Je pense que je commence à voir pourquoi l'Uchiha refusait de quitter le village. Moi aussi je serai resté chez moi s'il y avait une jolie paire de jambes comme les tiennes dans mon équipe.

Ce mec semblait intarissable lorsqu'il était calme. Si nous n'avions pas été dans deux camps opposés, je l'aurais presque trouvé amusant. Presque. Sauf qu'il y avait plus important. J'étais sa prisonnière, et il était seul à me surveiller. Cette situation était la meilleure pour espérer m'en sortir. Sauf que… Sans pouvoir utiliser mes mains, la libération que j'espérais obtenir était quelque peu compromise.

C'est alors que je sentis quelque chose me chatouiller les bras. Comme des petites bêtes qui grouillaient. Putain le con il m'avait assise sur une fourmilière ! A moins que… Les fourmis ne volent pas. Et elles ne se déplaçaient qu'autour de mes bras piégés comme pour les grignoter. Je sursautais. Shino !

Fort heureusement, l'homme face à moi prit mon air momentanément surpris pour un regain d'intérêt pour ses paroles. A l'heure actuelle il déblatérait sur les possibilités de relations plus qu'explicites dans une équipe avec une seule fille, « surtout quand elle est bonne et c'est dommage Tayuya elle est super plate ». Des insectes se faufilèrent dans un creux et je les sentis frôler les paumes de mes mains. Ils étaient rapides. Et silencieux. Discrètement, je tentais de deviner où se trouvait mon camarade. Et de savoir s'ils étaient seuls. Au bout de quelques minutes, mes mains étaient libres. Je fis semblant de toujours être entravée.

Soudain Kidomaru se redressa et ses yeux s'étrécirent. Le sourire affable et assuré qu'il affichait se fana, et il plaça ses six bras en garde. Des fils fins tombèrent de ses mains les plus basses. Des pièges ? Des systèmes de détection. En tout cas une menace pour lui puisqu'une matière dorée surgit de ses pores, formant six lames au creux de ses paumes. L'air meurtrier, il n'hésita pas et lança ses kunais dans ma direction. Je ne bougeai pas. Je savais que la trajectoire qu'ils employaient ne me blesserait pas. Et de toute façon un nuage noir d'insectes se forma face à moi, prévenant l'arrivée des projectiles. Au même moment deux formes tourbillonnantes foncèrent en direction de mon adversaire. Profitant de l'écran et de la diversion, je me substituai à un clone lequel se rassit à ma place, mimant les bras entravés et la bouche close par un henge.

Je fonçai dans les frondaisons tandis qu'une armure d'or tombait au sol sous les grognements énervés du maître chien et de son compagnon poilu. De concert, Shino et Kiba divertirent l'homme araignée. Une silhouette se matérialisa à mes côtés et mes réflexes furent durement mis à l'épreuve. Je manquai de poignarder Hyuuga Hinata. Le bout de ses doigts brillait d'une lumière vive. Ils frappèrent doucement ma bouche et leur fermeture. Les liens entre les fibres tissées se délitèrent sous l'attaque de poing souple et retombèrent sous la branche. Je crachai un peu de sang et de salive mêlés que le coup avait provoqués.

Immédiatement après, je m'inquiétai du sort de mes compagnons. Etaient-ils de taille face à ce monstre ? Je l'ignorais profondément. Mais la lueur dans les yeux mauves de l'héritière du clan Hyuuga suffit à me convaincre. Ils pourraient se battre face à cet énergumène.

Quelques temps plus tard, un coup mal placé d'un de mes compagnons explosa mon clone, mettant Kidomaru en émoi. Il venait de se rendre compte qu'une adversaire particulièrement difficile à attraper et à maintenir en place (ils avaient eu du mal à quatre) venait de lui échapper. Il n'avait pas le temps de s'amuser avec des gringalets de Konoha. Et pourtant… Et moi je n'avais pas le temps de rester à ses côtés, il fallait que je retrouve Sasuke.

Un changement s'effectua au niveau des combattants tandis que le favori d'Orochimaru essayait de me repérer. Hinata prit la place de Kiba et Akamaru que je suivis au profit d'un détour. Derrière-moi l'homme araignée s'aperçu qu'il était impossible d'échapper aux insectes d'un Aburame. Une pluie de kunais s'abattit sur le terrain et mon cœur se serra. Pourtant quelque chose brillait dans le terrain : Hinata venait d'utiliser une technique qui m'était totalement inconnue. Différente du Kaiten de Neji, elle se contentait d'être en fente, et ses mains tissaient un bouclier de chakra par d'amples mouvements que je discernais mal tant ils étaient nombreux. Embusqué, Shino remontait impitoyablement les toiles abreuvées de Chakra et laissait ses compagnons de bataille remonter les pistes.

_ Hey, tu n'es pas là pour trainer. Il nous reste l'Uchiha à trouver.

_ Je te suis, Kiba. Raconte-moi tout.

_ Très tôt le matin, Sakura a fait la même chose que d'habitude : guetter Sasuke au cas où il viendrait pour quitter le village en recherche de puissance. Faute de le voir lui, elle t'a vue et a décidé de prévenir les autorités. Nous sommes arrivés plus tôt car je promenais Akamaru, on s'est croisé par hasard. Et là, moi, Hinata et Shino on s'est lancé à votre poursuite. Au fait, beau combat. J'ai rien vu, mais Hinata nous l'a raconté avec le Byakugan. Quand il n'y a eu qu'un seul ninja d'Oto pour te surveiller on s'est décidé à agir.

_ Ils ont l'intention de faire croire à mon enlèvement à Sasuke. Qu'importe si Sakura l'a informé ou pas, dès qu'il va voir des soldats d'Oto, cet imbécile va foncer droit dans le piège.

_ Raison de plus pour les pister. Ils arrivent près du poste de garde Nord-est du village.

_ Evidemment personne ne surveille parce qu'on est en sous-effectif, grommelais-je.

Je continuais ma course avec Kiba. Soudain, il m'adressa un signe de main au lieu de parler à voix haute. Oh non, pas le langage des signes militaires. Je savais le reconnaître, mais c'était ultra chiant à décoder. Il soupira à mon regard empli d'incompréhension et résuma à quelques gestes simples. Les trois que nous pistions s'étaient séparés. Et l'un d'eux arrivait vers nous. D'un ordre muet respirant d'autorité, il m'indiqua la direction à prendre. Il allait retenir l'ennemi qui me posait tant de problèmes. Je continuai à courir. J'arrivais pour Sasuke et personne ne me le prendrait. Il était bien trop cher à mon cœur pour que je laisse quiconque le toucher.

« Tiens, un revirement dans tes choix amoureux ? »

« N'en déplaise à la commère que d'aucun appelle communément Kyuubi no Yoko, non, je ne suis toujours pas amoureuse de Sasuke. Il n'en reste pas moins mon ami. »

« Il a du cran le petit Uchiha, partir à ta recherche après que tu lui ais montré ce que tu étais vraiment. »

« Il est surtout entêté. C'est comme pour son frère et son histoire de vengeance. Il va se faire tuer à être aussi téméraire et inexpérimenté. »

« Ainsi tu les aimes expérimentés, je vois, je vois… Tu devrais le laisser aller avec la cruche aux cheveux roses ou la pimbêche blonde, ça lui laissera assez de pratique le temps que... »

« Quand je disais que je ne voulais pas d'un démon comme conseiller matrimonial. »

« Il me semblait t'avoir entendu lui dire que s'il voulait t'aimer il devait accepter que je sois dans ton corps. Ça ressemble à une déclaration d'amour selon moi. Être avec toi et oublier sa vengeance ou acquérir assez de puissance pour vaincre son frère et t'oublier toi. Des choix difficiles. D'autant plus que pour lui sauver la vie tu n'es pas prêt de le laisser t'oublier. »

« Je préférerais le savoir heureux que malheureux avec ou sans moi. »

« Belle philosophie. Malheureusement il n'y a pas de troisième voie pour sauver Sasuke. »

Qu'en était-il de la solution que m'apportait Tsunade dans ce cas ?

Remettons les dilemmes à plus tard, il fallait parer au plus pressé. Je pressai le pas. Avant de freiner des quatre fers. Devant moi, Tayuya et Jirobou venaient de passer en bondissant en direction du pays de l'eau. Ils tenaient un énorme tonneau scellé dont le contenu de pouvait être autre que Sasuke.

_ Kidomaru est encore plus incapable que je ne le croyais ! s'exclama la rousse, une pointe d'incrédulité dans sa voix.

_ Je me la fais, j'avais besoin d'un petit remontant.

_ Tch, vraiment désespérant. Mais des deux c'est bien Sasuke le plus prioritaire.

Je serrais les dents en voyant le géant jeter le tonneau sans aucun soin à sa coéquipière qui s'en saisit avant de continuer sa course. Le lourdaud s'élança ensuite ves moi avec la ferme intention de me vaincre. Je lisais dans ses yeux que tant que je n'étais pas morte, je pouvais servir de trophée pour son maître. Et pas question de toucher pied à terre face à un maître Doton. Ça tombait bien, j'adorais la voltige. Je dégainais Senritsu et entamais ma danse macabre. Il fallait que je l'élimine rapidement afin de pouvoir rattraper le dernier membre du quartet. Ensuite tout était joué.

Sauf que c'était plus difficile à dire qu'à faire. Je n'avais pas eu tellement le temps de récupérer, bien que je doive avouer que lui non plus. Et je devinais que la technique avec laquelle ils avaient scellé Sasuke lui avait fait dépenser beaucoup de chakra. Cela voulait-il dire que nous-nous trouvions à un pied d'égalité ? J'en doutais fortement. D'ailleurs il ne me sous-estima pas plus que je ne le fis car des marques triangulaires marbrèrent bientôt son corps de géant. Je décidai d'éviter ses coups. Je fis bien, à une de mes esquives, son poing passa à travers le tronc d'un pin. Je fus forcée à une retraite vers des branches plus basses pour éviter la cime qui chutait et la pluie d'épines. L'évènement m'aveugla pendant un certain temps, et ma tête tournait à cause de la poussière et de l'odeur entêtante de résine. Il faillit me toucher à ce moment là.

Faillit. Car un poing géant venait de surgir depuis le sol. Le poing de Choji. Je me laissai choir au sol, amortissant le choc de quelques cabrioles pour ralentir ma vitesse. Il n'y avait pas eu que l'équipe 8 venue me porter secours. Ils étaient tous là : Ino, Choji, Sakura, Ten-Ten et (étonnamment) Neji. Je fixai plus longtemps ce dernier que les autres. Ses yeux rencontrèrent les miens et j'y lus le reflet de ma propre culpabilité. Il m'avait poussé trop loin et j'avais réagi. Dans les actions de a veille nous étions tous deux fautifs. J'osai espérer que cela le mènerai vers le changement de comportement que je souhaitais pour lui.

_ Où est Hinata-Sama ? demanda-t-il.

_ Avec Shino, en train de se battre et elle est incroyable.

_ Et Sasuke-kun ? demanda Ino.

_ Le dernier membre du quartet, une femme du nom de Tayuya l'a emmené. Il n'est pas en état de se battre.

_ Des précisions sur nos adversaires ? demanda l'adolescente aux macarons tandis que Jirobou examinait la situation depuis son perchoir.

_ Orochimaru semble en avoir après moi et Sasuke. Il a envoyé ses quatre favoris nous combattre. Hinata et Shino son face à l'un d'entre eux. L'autre est retenu par Kiba, mais je ne sais pas combien de temps. Il faudrait au moins deux personnes ici, une pour aider Kiba et voir comment les autres s'en sortent, le reste avec moi face à Tayuya. Le gant là, maîtrise le Doton et est très fort physiquement, par contre je déconseillerais une prise de contrôle face à la marque maudite. La femme qui tient Sasuke utilise le Genjutsu et fonctionne à distance, il faudrait quelqu'un à distance et quelqu'un avec moi pour le corps à corps.

Le fonctionnement des équipes mit Ino et Choji face au géant. Inquiet pour sa cousine et la pérennité de son clan, Neji décida de jouer les unités volantes tandis que ma coéquipière et la sienne nous unissions pour retrouver Sasuke. Je n'aurais pas pu empêcher Sakura de le retrouver. Je ne pouvais pas lui faire ça. D'autant plus qu'elle avait eu un peu de temps pour s'entraîner avec Kakashi-Sensei à ma demande. Le temps avait été compté, mais j'espérais que ce serait suffisant. Choji me tendit une poignée de pilules de soldat pour que je régénère mon énergie, donna le reste à Neji pour qu'il en donne aux autres combattants exténués. Et nous étions partis.

Une pluie d'armes de jet lancées à une précision extrême bloqua la route de Tayuya qui fut contrainte de s'arrêter. Posant le baril à son côté, elle s'y appuya avec désinvolture tandis qu'elle scrutait les deux kunoïchi qui s'opposaient à elle. Ten-Ten se dissimulait aux alentours, posant des pièges pour couper la route à notre adversaire si elle tentait quoi que ce soit. Elle avait vraiment foi en ses capacités, au vu du regard qu'elle nous lança. Bien qu'elle ait vu ses camarades peiner face à moi, elle avait remarqué ma faiblesse face à ses attaques sonores et comptait bien en prendre l'avantage. Et selon elle, ma coéquipière ne devait pas valoir mieux que moi sinon moins.

_ Konoha est vraiment dans la dèche pour racler ainsi les fonds de placard. Ce n'est pas en étant voyantes comme le nez au milieu de la figure que vous arriverez à quoi que ce soit. Je veux bien accorder un peu de crédit à la blonde, mais toi…

_ Rends-nous Sasuke-kun ! lui ordonna Sakura d'une voix colérique.

_ Sinon tu vas faire quoi, me renifler dessus ? Rentre chez toi jouer à la poupée, tu n'intéresses pas Orochimaru-Sama. Et toi Blondie, je te conseille de bien nous attendre de pied ferme, parce qu'on reviendra te chercher.

Elle semblait attendre plus des renforts que de désirer nous attaquer immédiatement. Et nous provoquer. Je l'observai en silence. Elle n'avait pas l'air de porter d'autres armes que l'instrument de musique. Il devait y avoir un piège. En tous cas, nous devions l'empêcher d'utiliser son instrument par tous les moyens et au mieux l'éloigner de Sasuke. Je devinai que la tâche ne serait pas aisée. Si je pouvais me mouvoir avec beaucoup de facilités, Sakura ne possédait pas mon agilité ni mon entrainement. Il fallait que je puisse calquer mes mouvements sur les siens plutôt que l'inverse et laisser des ouvertures à Ten-Ten. A l'oreillette qu'elle avait remise à chacune d'entre nous, l'adolescente nous indiqua qu'elle était prête à attaquer.

Sauf que l'attente de renforts marchait à double sens. De même que la provocation. Je préférais jouer le jeu de la rousse pendant quelques temps. Mais Sakura me devança dans mon temps de parole. Elle ne sut pas réprimer son inquiétude par rapport au garçon qu'elle aimait.

_ Qu'avez-vous fait à Sasuke ?

_ Oh ça ? fit Tayuya en frappant le tonneau d'une pichenette. Ce n'est rien on a juste tué le petit brun. Dommage pour toi.

La lèvre de Sakura trembla. Je lui lançai un coup de coude. Qu'elle se ressaisisse. Si elle flanchait on était mal ! C'était la plus douée en Genjutsu de nous trois, elle ne pouvait pas nous lâcher. Il fallait endurer la douleur, bien que mon cœur se serre également à l'idée que la vie ait quitté mon ami.

_ Il ne peut pas être mort, Orochimaru en a besoin pour qu'il devienne un réceptacle. Je ne sais pas ce que vous voulez en faire, mais je pense que vous en avez besoin vivant, annonçais-je d'une voix tranquille.

_ Tu es sûre Naru-chan.

_ J'en suis sûre. Cet imbécile ne peut pas mourir. Pas avant qu'on ait mis les choses au clair entre nous.

_ Oh une histoire d'amour, j'en suis presque émue, se moqua-t-elle. Sauf que tu devrais arrêter d'espérer la rose. Il est à fond sur ta partenaire.

Sakura se tourna vers moi, le regard indéchiffrable. Attendait-elle que je prenne une fois de plus la parole ? Je soupirai.

_ Je ne suis pas amoureuse de Sasuke. Et je ne veux pas le faire vivre de chimères.

_ Je ne suis pas assez bonne, c'est ça ? demanda-t-elle d'une voix tremblante.

Des larmes roulèrent sur ses joues et je jurai intérieurement. Si elle ne pouvait nous avoir en groupe, elle pouvait nous avoir individuellement. Encore combien de temps à attendre et à discutailler pour qu'elle attaque et laisse Sasuke ?

_ Pas assez bonne pour lui faire oublier ses idées de vengeance ?

_ Dans son état actuel, Sasuke n'écoute personne. Je ne pense pas qu'il ait oublié Itachi pour moi. Je ne suis pas assez forte pour le retenir.

La dernière fois je l'avais assommé pour qu'il ne fasse pas quelque chose d'idiot.

_ As-tu envie de le retenir ? me demanda Sakura.

_ Je voudrais qu'il soit heureux. Il s'est amélioré jusqu'à ce qu'Itachi s'en prenne à Kakashi-Sensei. Depuis… Depuis j'ai compris des tas de choses sur moi et sur lui et je crois que j'ai peur de payer le prix. Je voudrais que tout le monde puisse être heureux et lui avec nous.

_ Tch ! C'est pas fini le moment sentimental à deux balles ?

_ Oh toi ça va, lançais-je à Tayuya. Ce n'est pas la pute d'Orochimaru qui va m'expliquer les histoires d'amour.

Parce que même moi je ne peux rien expliquer. L'amour c'est trop galère.

Les phalanges de la jeune femme blanchirent tandis qu'elle s'agrippait au baril en bois. Elle avait du mal à garder son calme. Visiblement j'avais frappé juste là où il le fallait. Le sourire forcé qui ornait ses lèvres tiqua un peu. Je décidai d'enfoncer le clou en discutant avec Sakura.

_ Dis Sakura, tu es allée voir Lee à l'hôpital. Il me semblait qu'il se faisait opérer aujourd'hui.

_ Non pas encore, mais j'y penserai, pourquoi cette question ?

_ Je me disais qu'il allait encore se faire de fausses idées et vouloir sortir avec toi.

Une lueur de compréhension brilla dans le regard de Sakura qui cilla légèrement vers Tayuya.

_ Impossible, il n'est vraiment pas mon genre.

_ Un peu comme moi avec Neji. Mais c'est incroyable à quel point il persiste.

_ J'ai entendu dire par Ino que vous vous étiez battus sur le toit de l'hôpital.

_ Les nouvelles vont vite. Il voulait que je lui promette de l'épouser. Je l'ai envoyé balader.

_ Tu te dis vraiment que tu es jeune et belle lorsque tu as l'embarras du choix pour te trouver un petit ami.

_ N'est-ce pas ?

Le poing dressé de Tayuya continua de trembler de rage contenue. Ses yeux flamboyaient tandis que nous lui adressions deux sourires parfaitement innocents. Elle glissa sa main à sa ceinture pour dégainer sa flute.

Immédiatement Sakura lui lança un kunai de façon à prévenir ce mouvement. Les hostilités étaient lancées et une nouvelle pluie de projectiles s'abattit sur la scène tandis que la rousse était entravée dans ses mouvements par le tonneau qu'elle tenait à transporter. Me jouant des les mes qui volaient, je bondis dans sa direction pour l'éloigner du baquet, suivie dans une trajectoire moins flamboyante par Sakura. Notre technique était rodée.

C'est alors que j'entendis un cri féminin et Ten-Ten fut jetée à bas de son arbre. Dans son sillage brilla une trainée sanguinolente tandis qu'elle ouvrait des yeux incrédules. Qui avait frappé ? Je n'eus pas besoin de me le demander plus longtemps. Le pied de Tayuya frappa brutalement Sakura en pleine poitrine, la forçant à reculer. Un inconnu habillé de la même manière qu'elle venait de saisir la prison de bois de Sasuke et dans l'élan de son saut se placer aux côtés de sa coéquipière. Sakura se rétablit sur ses jambes et se dirigea vers l'adolescente. Sa blessure n'était pas superficielle, un poing lui avait brisé les côtes.

Je m'arrêtais dans ma lancée. Le nouveau venu semblait encore plus puissant que la jeune femme. Même, la lueur d'espoir qu'elle avait eu dans le regard s'était muée en horreur muette. Ce n'était absolument pas la personne qu'elle attendait. Peut-être un autre soldat d'Orochimaru, mais pas un qui sympathisait pour elle. Il portait de longs cheveux blancs, et ses mèches de devant étaient retenues de chaque côté de son visage par un lien rouge.

L'inconnu lui souffla quelque chose à l'oreille qui ressembla à une menace au vu du cri silencieux que lançaient les yeux de la kunoïchi d'Oto. Aussi silencieux qu'un rêve, l'inconnu emporta Sasuke. Ses yeux verts se posèrent sur moi comme s'il me reconnaissait. Comme s'il m'enjoignait à les suivre. Je ne pouvais pas abandonner Sasuke. Et la colère de mes amies contre qui s'acharnait déjà Tayuya me permit d'avancer. Je bondis à leur poursuite.

Il s'arrêta après la forêt, lorsque celle-ci se fait plaine herbue et plus loin montagne. L'endroit parfait pour atteindre le pays de l'eau et de là le pays du riz, refuge d'Orochimaru et de ses ninjas renégats. L'homme posa le 'cercueil' où reposait Sasuke derrière lui avant de ma jauger du regard. Je connaissais ces yeux. C'était les mêmes que les miens, que Sasuke, que Gaara. Les yeux qui cherchent à montrer notre valeur et à exister.

_ Je suis venu pour ramener le réceptacle de maître Orochimaru. Si tu m'en empêches je te tue.

_ Que voulez-vous dire par réceptacle ? Quels sont les plans d'Orochimaru ?

_ Orochimaru-sama veut posséder toutes les techniques et dominer le monde. Pour cela il ne peut pas être gêné par une simple affaire de temps. L'immortalité de son âme n'a d'égale que les corps qui seront honorés de lui servir de réceptacles.

_ Je ne te laisserai pas avoir Sasuke !

Je formai quelques clones qui entamèrent des Rasengan les uns les autres. Je devais être prudente, car cette attaque, bien que dévastatrice n'offrait que des frappes directes. Le but était donc de créer moi-même les ouvertures. Feu follet je me jetai contre l'inconnu.

Il ne prit même pas la peine d'activer sa marque maudite. J'avais beau m'être dopée aux pilules de soldat, il ne lui fallut que quelques pas pour éviter mes frappes. Très souple sur ses pieds, il plongeait et remontait, accompagnant mes mouvements comme mon partenaire de danse. Après quelque temps de reconnaissance de nos capacités mutuelles, nous rompîmes et nous plaçâmes à quelques mètres l'un de l'autre.

La colère afflua en moi tandis que je compris où il venait en venir. Il jouerait tant qu'il en aurait le temps, il me testait. Pour lui, me capturer pour attirer Sasuke n'était qu'un pis aller. Il n'y avait que lui qui l'intéressait. Mes ongles se firent griffes et mes dents devinrent crocs. Le rouge du démon envahit mes iris. Je me mis en garde, prête à bondir. J'allais lui montrer de quoi j'étais réellement capable. J'adressai mes prières aux esprits des Hokage qui veillaient sur nous depuis leur dernière demeure avant de me jeter à nouveau sur mon ennemi.

Son regard s'était focalisé tandis que je mettais toute ma dextérité dans les coups que je lui portais. Bientôt, rien ne compta plus que lui et moi. Je virevoltais, évitais ses frappes. Soudain, il sortit un de ses humérus de sa gangue de muscles et une lame ornait l'os. Il devenait sérieux. L'os semblait avoir repoussé dans son bras et je déglutis. Evidemment qu'il n'était pas à prendre à la légère. Tout ce que j'attendais était le réveil de Sasuke. Un mouvement ample de son bras me toucha au ventre et je fus projetée en arrière. Assise dans les herbes hautes, je laissai mes clones se dupliquer eux-mêmes et attaquer mon ennemi.

A chaque geste précis, l'un d'eux disparaissait.

A chaque disparition j'acquérais de l'expérience.

Ce fut en grignotant les dernières pilules que j'avais gardé en poche au cas où et en inspectant mon paquetage que mon corps appris comment se battre face à cet inconnu à la peau et aux cheveux pâles. Il n'avait pas de style direct, et sa capacité à faire grandir ses os comme il le souhaitait était impressionnante. Ils lui servaient à la fois d'arme blanche, de projectiles et de bouclier. Cet homme était une arme parfaite. Au service d'Orochimaru.

Là était toute la différence. Je me servais d'armes. Il était une arme.

Sur sa poitrine, un sceau différent de Sasuke restait là sagement. Il ne l'utiliserait pas. Qu'importe si mes clones empruntaient du chakra à Kyuubi. Cependant je m'améliorais. Et mes clones duraient plus longtemps, de plus en plus longtemps. Pour apprendre encore et m'inspirer de son corps qui se mouvait avec tant d'aisance. Il ne faisait qu'effleurer une gorge, un bras, un ventre. Et les blessures s'ouvraient sur mes corps de fumée, les faisant exploser. Instinctivement je me mis à jouer avec Senritsu comme il tenait son épée d'os. Tout en jouant avec ma lame sans me couper, j'étais plongée dans le combat.

Mais mes clones n'avaient qu'une quantité d'énergie limité qui leur était allouée. Arriva le moment où en voulant se reproduire, les clones utilisaient le chakra dont leur corps étaient faits et disparaissaient. L'homme se retourna enfin vers moi. Sa bouche souriait, mais pas ses yeux. Il avait au moins le mérite d'apprécier mes efforts. Dans ma tête, les différentes manières de réagir face à ses attaques se dessinaient.

_ Tu n'es pas si inintéressante que je voulais le croire. Je commence à comprendre l'intérêt que l'on peut te porter. Pour te récompenser je vais t'offrir mon nom afin que tu connaisses dans la mort celui qui t'aura tuée. Je suis Kimimaro, dernier représentant du clan Kaguya.

_ Ne penses pas avoir gagné si vite, répondis-je en me relevant. Je suis Namikaze Naruto, j'appartiens au clan Uzumaki et mon père était le Yondaime Hokage.

_ Uzumaki Naruto… Ce nom ne m'est pas inconnu. Le maître et son fidèle l'ont prononcé avec agacement à plusieurs reprises. Tu es une épine dans le pied d'Orochimaru-Sama. Je pensais pouvoir t'épargner n'ayant pas reçu d'ordres dans ce sens, mais cela en devient impossible.

_ Ne sois pas si prétentieux, nous venons à peine de nous échauffer. Je vais te péter la gueule comme mes amis le font avec tes camarades d'Oto et je ramènerais Sasuke au village. Durcir tes os ne suffira pas à m'arrêter.

_ J'ai cinq danses à mon répertoire, ne crois pas déjà me connaître. Rien que pour toi je vais exécuter Tsumaki no Maï.

Je me plaçai en garde et mon hochement de tête l'invita à avancer. Il courut dans ma direction, et je vis le changement dans la position de ses pieds. Il prit appui sur le droit et se baissa en entamant une rotation rapide, son pied fauchant mon corps et sa lame pour me lacérer au dessus. J'eus le temps de créer un clone qui me souleva au dessus du pied et de la lame avant de se désagréger. Je réussis à lui décocher un coup de pied dans le visage en retombant et à l'écarter de moi tandis que je me rétablissais d'un flip arrière. Il n'avait eu aucun dommage, mais le fait que je parvienne à lui donner un coup le stupéfia.

Derrière moi le baquet contenant Sasuke se mit à fumer. Nos regards furent attirés par le bruit sifflant que produisait le sceau qui s'évaporait.

_ Enfin ! Je commençais à m'impatienter à m'escrimer face à toi. La première étape du plan d'Orochimaru va se réaliser.

Une silhouette émergea du tonneau et se redressa lentement. Sa peau était d'un mauve sombre et ses cheveux hirsutes d'un violet profond. Peu à peu les marques disparurent. Je reconnus l'emblème de son clan sur le dos de Sasuke tandis que les marbrures sombres de la marque se résorbaient dans son cou. Il regarda ses mains comme s'il les découvrait pour la première fois, serrant les poings et les rouvrant, faisant craquer les jointures. Il semblait inconscient e ce qui se tramait dans son dos.

Son nom resta coincé dans ma gorge lorsque je tentai de l'appeler. Le regard vert de Kimimaro se fixa sur moi. Il n'y avait aucune hésitation dans ces iris là. Il bondit vers moi et m'attaqua encore à une vitesse incroyable. Je me laissai porter par le flot du combat, dansant au même rythme que lui et réagissant avant même que j'ai vu le coup partir. Tout en lui me dictait la marche à suivre : sa respiration, sa posture, ses regards.

Sasuke se retourna en entendant les herbes foulées. J'eus envie de tourner la tête pour croiser son regard, mais le combat était bien trop prenant. Ma fatigue et l'envie suffirent à créer une ouverture. Pendant une fraction de seconde. Cela suffit à l'épéiste qui s'engouffra. Quelque chose de dur traversa mon ventre de part en part avant de ressortir tout aussi vite. Je titubai en arrière. Prise d'un vertige, je fixai mes mains. Je venais de tomber au sol. Mes mains étaient rouges. J'étais allongée au sol et mon regard côtoyait le ciel. Kimimaro me regardait. Sasuke se jetait sur moi et criait mon nom. Ses bras formèrent comme une chaleur rassurante.

Ma main barbouillée de rouge se leva. Si lourde, si frustre, si fragile. Je la posai sur la joue de Sasuke. Je n'avais jamais lu autant d'inquiétude dans son regard ? Je lui offris un sourire. Et lui fit la pire déclaration de toute l'histoire de l'humanité :

_ Si tu ne fais pas le bon choix, je t'assure que je te retrouve et que je te botterai le cul, Orochimaru ou pas Orochimaru, c'est clair ?

Il fut pris au dépourvu, et je vis ses yeux d'ébène s'ouvrir de stupeur. Les pas de Kimimaro dans la plaine arrivaient vers nous. Je ne sus jamais ce que Sasuke me répondit. Ce fut au moment où l'homme blanc leva son épée d'os que je perdis connaissance une nouvelle fois encore.

« Il fait noir. »

« Je suis en train de mourir. »

« Je sais. »

« En même temps tu pourrais soigner cette blessure comme tu voudrais. »

« Je sais. »

Silence. Le bruit de l'eau qui coule entre les barreaux. De l'eau qui goutte. Plic. Ploc.

« Kyuubi ? »

« Tais-toi et meurs en silence. »

« Ah… »

« Qu'est-ce que tu veux ? »

« Je me demandais… Qu'est-ce qu'il va t'arriver si je meurs ? »

« JE ne pourrai pas me réincarner avant longtemps jusqu'à ce que les énergies de la nature me recréent. »

« Tu seras toujours Kyuubi ? »

« Oui. Et non. Peut-être que j'aurais une autre forme. Je ne sais pas. »

Silence encore.

« Kyuubi ? »

« Quoi ? »

« C'est aussi long que ça, mourir ? »

« … »

Silence toujours.

« Kyuubi ? Est-ce que le fait que je puisse toujours te parler signifie que je suis encore vivante ? »

« Probablement. »

« Ah… »

« Tu voudrais savoir ce qui se passe au dehors ? »

« Oui, j'aimerais voir ce qu'il advient de Sasuke et des autres. S'ils ont gagné leur combat. »

« Tu n'as qu'à ouvrir les yeux »

J'ouvre les yeux sur un ciel nuageux. Je bats des cils en pensant qu'il s'agit d'un rêve. Refermai les paupières face à la lumière trop vive. Près de moi il y a un feu de camp. Quelqu'un a pensé à me mettre une couverture sur le dos, et celle-ci est douce. En dessous de moi le sol est confortable et épouse mes formes. Combien de temps suis-je restée allongée ? J'écoute le bruit du vent sur le plateau et le craquement des brindilles dans les flammes. Il y a deux respirations près de moi. Non trois.

_ Je crois que s'il n'avait pas été malade il nous aurait tués, déclara la voix de Lee.

Que faisait-il ici ? Ne devait-il pas attendre son opération à l'hôpital ?

_ Nous devrions retourner vers Konoha maintenant, dit une voix un peu trainante.

Gaara !? Mais qu'est ce qui me valait la présence de tout ce beau monde ? J'entendis quelqu'un approuver silencieusement cette décision. Ce grognement approbateur me permit de reconnaître Sasuke. Alors il avait décidé de rester et de combattre Kimimaro… Et les deux autres étaient miraculeusement venus lui prêter main forte. Ça se tenait.

_ Tu vas avec Lee, je porte Naruto, décida Sasuke.

_ Vu la gravité des blessures de Naruto-san et des miennes je pense qu'il est préférable de laisser Gaara la porter sur son sable. Je n'ai besoin que d'un appui.

_ C'est ma coéquipière, elle sera plus en confiance.

_ C'est toi qui le dis, répondis-je, les faisant sursauter.

_ Naruto-san ! s'écria Lee.

Si je n'avais été allongée et mal en point, j'étais persuadée qu'il me serait sauté dessus.

_ Yo, miss froussarde, me gratifia le brun.

J'ouvris les yeux pour le regarder. Je voulais savoir. Mon regard dériva sur son cou. Il ne cachait plus la marque avec pudeur dans son col comme avant. Comme lorsqu'il me l'avait dissimulé et que Sakura savait. Et au-delà de l'inquiétude dans son regard, je lisais autre chose quelque chose de bien plus sombre. Les bourgeons de la vengeance et de la soif de pouvoir avaient fleuri. Bientôt ils porteraient des fruits et ce serait trop tard. Si je n'agissais pas il serait trop tard.

Ce fut en lui souriant que je décidai du destin du garçon dont je n'étais pas amoureuse. J'en ferais part à Tsunade-baa-chan lorsque je reviendrai au village.

Parfois, j'avais vraiment l'impression d'être la personne méprisable au monde.

Mon regard bleu se mêla au cyan des yeux de Gaara. Lui aussi avait vu le changement dans le brun. A sa question muette je détournai le regard. Je ne voulais pas qu'on me regard. Je ne méritais pas leurs compliments sur le combat ni leurs encouragements pour ma guérison future. Je ne méritais pas non plus les embrassades mouillées de larmes de mes compagnons lorsque nous rejoignîmes enfin le village caché de la feuille. Je ne méritais rien de tout cela. Tout ce que je méritais était la sanction, le prix à payer de ma décision.

La décision qui devait sauver Sasuke.

Mais avant je devais être soignée par l'équipe médicale avant de pouvoir prétendre à faire quoi que ce soit. Les pouvoirs de Kyuubi étaient ce qu'ils étaient : tant que je ne lui laissais pas la place (par fléchissement de volonté ou durant mon sommeil), il ne pouvait pas guérir mes blessures. Elles l'avaient été durant mon inconscience qui apparemment n'avait pas tellement duré. Quoi qu'on en dise, un combat ne dure pas quelques heures mais quelques minutes. Celui entre Ino et Sakura avait été le plus long dont je me rappelle, exception faite de celui face à Kakashi. Un vrai combat, je veux dire, où les deux parties sont d'accord pour se foutre sur la gueule bien plus loin qu'au premier sang.

Je soupirai, cette journée avait été longue et forte en rebondissements. Et pleine d'enseignement pour moi et tous mes amis Genins. Mes doigts effleurèrent le manche lisse de ma dague. Aujourd'hui Senritsu avait appris à danser auprès d'un véritable maître, quel dommage que notre combat ait été écourté par mon inattention.

Je tournai la tête vers Gaara. Il était physiquement épuisé. Et pourtant il continuait à utiliser son sable comme une civière de fortune pour moi. L'armure de sable qu'il portait habituellement s'était craquelée tout le long du chemin. J'appréciais qu'il fasse cela pour moi, mais je me sentais gênée de ces efforts en présence de Sasuke. Ce dernier était instable, aujourd'hui plus que jamais et c'était de ma faute. De toute manière il faudrait que je parle avec le porteur de Shukaku. Il avait l'air de mieux résister à la présence du démon dans son corps. Peut-être pourrions-nous parler de cela à tête reposée.

Le trajet de retour avait été plus que calme. Morose était sans doute le terme, bien qu'il ne rende pas fidèlement l'état de tension mentale. Je me rappelais le regard de Gaara sur la main que Sasuke avait jointe à l'une des miennes et qu'il ne semblait pas prêt à lâcher. Tous deux posaient sur moi un regard inquiet, et Sasuke se rendant compte qu'il totalisait un rival potentiel supplémentaire se comporta en paon jaloux. Déjà que j'étais blessée, je devais supporter l'atmosphère. Heureusement que Lee n'y mettait pas du sien et eut la décence de ne pas faire remarquer qu'il y avait encore son coéquipier.

D'ailleurs ce dernier nous incendia du regard. S'il s'était précipité à la rescousse de sa cousine par devoir ou culpabilité, il n'était pas venu pour nous aider à l'origine. Et le regard qu'il portait sur la main que Sasuke me tenait n'avait qu'un seul sens : il avait perdu face à l'Uchiha. Par deux fois il s'était retrouvé face à Kyuubi et par deux fois il n'avait rien su faire d'autre que me rejeter et me mépriser. Alors que Sasuke (et Shikamaru) avait accepté avec plus ou moins de réticence mon état d'hôte à un démon. Au moins le point positif, c'était que ça ne pouvait pas aller pire niveau rivaux jaloux.

Ah si, il y avait Ino et Sakura et la main que Sasuke me tenait. Je fis semblant d'être encore plus inconsciente que pendant le reste du chemin. En espérant que ça prendrait. Visiblement ça avait fonctionné auprès de la population non médicale. Et l'équipe de l'hôpital n'avait rien à faire de mes frasques amoureuses, elle était plutôt concernée par ma blessure au ventre. Vite, on me déplaça de mon lit de sable jusque sur un brancard et je fus amenée jusqu'en salle d'opération.

Celle-ci terminée, je restai quelques heures en salle de réanimation comme la plupart de mes camarades dont on s'occupa le même jour que moi. Le plus à plaindre était certainement Kiba. Sans l'aide de personne il avait tenu tête aux jumeaux bicéphales et cela même au stade deux. Cependant en tentant de prendre possession de son corps, il avait été contraint de se libérer en enfonçant un kunai dans son ventre par deux fois. Après une course-poursuite, il avait bénéficié de l'aide de Kankurô venu de Suna avec son frère.

L'homme araignée avait été tenu en échec pendant un temps par Hinata et Shino. Il fallait reconnaître que leur binôme était efficace face aux tirs de soie collante et de kunais dorés de Kidomaru. Cependant l'invocation de l'araignée géante avait compromis leurs chances de victoire. Ils avaient beau les éliminer une à une, leur nombre était trop grand. L'arrivée de Neji avait permis de rééquilibrer les choses. L'héritière des Hyuuga avait repris sa formation défensive et avait repoussé les kunais qui les menaçaient. Les deux garçons avaient servi à l'offensive, Neji défaisant les arachnides avec son poing souple, les toiles l'empêchant d'utiliser son Kaiten, et Shino rongeant les fils des arachnides. Ce fut lui qui décrocha l'énorme bête de son promontoire, arrosant l'équipe des viscères du monstre et de sa production tissée. Il leur avait suffi de repérer la position du chien d'Orochimaru et d'éviter ses flèches meurtrières. Le juuken avait fait son œuvre en enchaînant les 64 coups du Hakke coup sur coup tandis que les insectes pénétraient le corps de l'ennemi, rendant impossible la production de son armure dorée par ses glandes sudoripares.

Jirobou avait été mis en échec par Ino et Choji. A vrai dire c'était plutôt Choji qui s'était plié en quatre pour le vaincre celui-là. Ino avait su profiter des ouvertures que lui laissait son partenaire durant son match de lutte face au géant roux. Ils avaient cependant peiné de plus en plus. Commençant avec sa marque maudite activée, il avait contraint l'Akimichi à consommer des pilules dopantes propres à son clan. Il avait su s'arrêter à la deuxième, et les connaissances des Nara sur la réalisation de ces médicaments avaient aidé aux soins de mon ami replet. Au final, Ino n'avait servi que d'unité de soutien, incapable d'utiliser un autre talent que son Jutsu de contrôle mental, celui-ci étant trop risqué avec leur formation bancale sans la présence de Shikamaru.

Quant à Tayuya, j'avais eu raison. Elle et Sakon étaient d'une puissance équivalente physiquement parlant, sachant qu'elle était aussi capable d'utiliser ses Genjutsu. Ce fut son excès de confiance dans ses illusions auditives qui causa sa perte. Grâce à un excellent repérage de terrain au préalable, Ten-Ten n'avait eu qu'à indiquer à Sakura où déplacer la rouquine de manière à la faire tomber dans ses pièges. Cependant la partie s'était déséquilibrée lorsqu'elles n'avaient pu prévenir l'utilisation de la flute, et que seule ma coéquipière put se sortir seule de ce mauvais pas. Dès lors Tayuya put faire ce qu'elle voulait sur le terrain en créant des monstres à partir de ses notes de musiques. Les deux kunoïchi ne durent leur salut qu'à l'arrivée salvatrice de Temari et de ses bourrasques qui nettoyèrent le terrain en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, emportant les notes maudites au loin et frappant la musicienne de plein fouet. Assommée par un énorme tronc, cette dernière était actuellement retenue prisonnière par les services d'Information et de Torture. Je n'aimerais pas être à sa place.

Le dernier membre du quartet devenu quintet avait été vaincu non pas par l'équipe conjointe de Sasuke, Lee et Gaara mais bien par la maladie. Tenu en respect par le Taijutsu de Sasuke, devenu un mélange entre le mien et celui de la somptueuse bête de jade, les deux garçons avaient forcé l'épéiste à activer sa marque maudite. A partir de ce moment là, les Katon de Sasuke et le poing ivre de Lee ne suffirent plus (oui apparemment il s'était enfilé une bouteille de saké et il avait fait des trucs que le Sharingan n'avait pas su appréhender. Sasuke était mécontent de ne réussir à copier ni le membre du clan des Kaguya, ni Lee.) Arrivé en soutien, Gaara leur avait permis de prendre l'avantage, sauf que leur adversaire refusait absolument de mourir. Finalement il s'était éteint de lui-même en reprochant à Sasuke son choix de vie. Il avait été totalement endoctriné par Orochimaru.

Un rapport écrit de nos blanches mains fut remis aux services indiqués.

On me donna une chambre pour récupérer, mais je n'arrivais pas à dormir. Je ne pouvais pas me lever non plus et me tournai les pouces dans le jour qui déclinait. Pendant que Tsunade continuait sa visite de l'hôpital, quelqu'un pénétra dans ma chambre. N'ayant aucune arme à portée de la main, je fus tentée de crier avant de reconnaître l'homme au masque de chat.

_ Enfin décidé à me parler en tête à tête ? demandais-je.

_ A vrai dire j'aimerais aussi ajouter mon grain de sel, fit quelqu'un depuis la fenêtre.

Juché sur la tête d'une de ses grenouilles, Jiraya me fixait depuis dehors. En face de moi, le membre des services secrets retira son masque. C'était un adolescent. Il devait approcher de la vingtaine, mais je ne savais établir précisément son âge. Les cheveux chocolat, les traits lisses, il portait son bandeau sur un casque qui protégeait sa mâchoire de deux lames de métal.

_ Nous nous retrouvons, Namikaze Naruto.

_ Et vous êtes ?

_ La personne qui va assurer ta formation pour le temps à venir.

_ Et vous l'ermite pas net ? Vous êtes encore en train de pinailler pour des heures d'entrainement avec vous plutôt que pour ma formation aux services secrets ?

_ Pas tout à fait. J'ai prévu de faire un voyage pour écrire mon prochain livre, et je tiens à ce que tu m'accompagnes.

_ Je ne suis absolument pas intéressée dans vos recherches d'information. Tout ce que vous faites c'est épier les femmes aux bains. Alors ou vous m'expliquez la raison cachée et vous êtes franc avec moi, ou je ne viens pas.

Le regard du vieil homme se fixa dans le mien. Je voulais savoir. Je voulais comprendre. Et je ne voulais pas qu'on m'épargne. Il passa une main sur son visage en grommelant. Mais il ne put retenir la lueur de fierté dans ses prunelles vives.

_ Tu es quelqu'un de très agaçante, tu le sais ça au moins ?

_ Puis-je… ? demanda le brun.

_ Vous êtes là pour la même chose que moi, il faut bien qu'on s'entende, fit l'ermite.

_ Naruto, tu es consciente que tes capacités physiques ainsi que le Kyuubi attirent des convoitises de la part d'Orochimaru mais aussi de cette organisation nommée Akatsuki.

_ Vous ne m'apprenez rien, mais continuez.

_ A l'heure actuelle tu es capable de tenir tête à des soldats du niveau Jounin, d'après les rapports que j'ai eus en main. Le fait est que ce n'est absolument pas suffisant pour s'opposer à de telles personnes.

_ M'entraîner pour leur résister, jusque là je comprends, mais quel rapport avec le voyage ?

_ Jiraya-Sama est connu dans le monde entier. Et il est porteur de nombreux savoirs qui te seront utiles, d'autant plus si vous devez également assurer les missions d'espionnage confiées par Tsunade par le biais du Daily Shinobi. De plus ces actions vous éloigneraient du village pour un temps, et savoir le porteur de Kyuubi et Jiraya-Sama loin de Konoha seraient plus sécurisants pour le village d'après les anciens.

_ Dites tout de suite que je suis responsable de la guerre face à Orochimaru pendant que vous y êtes, bougonnais-je.

_ J'ai participé à la restauration de la zone forestière où avait eu lieu votre combat face à Sabaku no Gaara. Les dégâts causés ont été tels que le conseil du village craint que de tels dégâts puissent être encourus dans le village en cas d'attaque par Orochimaru ou Akatsuki.

_ En gros il faut m'éloigner afin de faire retomber l'état d'urgence dans lequel nous sommes depuis l'examen Chuunin. D'accord, tout va bien. Mais si Jiraya-sensei est si plein de sagesse et de bons enseignements comme vous l'avez fait remarquer, quel est le rôle que vous avez à jouer dans cette histoire.

_ Mon rôle ? dit l'ANBU. Il est très simple. Je suis là pour aider au contrôle de Kyuubi. Je suis le seul ninja capable d'utiliser les techniques Mokuton du Shodaime Hokage afin de retenir le démon renard.

Je ne pus retenir un regard admiratif dans sa direction. Ce mec était un dieu, sérieusement.

_ Nous partirons dès que tes blessures permettront de voyager, déclara Jiraya.

_ Mais si vous faites partie des services secrets, Tsunade n'a-t-elle pas besoin de vous ?

_ Oh, j'ai des missions comme s'il en pleuvait, mais j'en aurais également en chemin. Il ne suffit que d'un faucon messager après tout.

_ Quoi ! Il va falloir bosser en plus ? Moi qui croyais qu'il s'agissait uniquement d'un voyage initiatique !

_ Désolé gamine, ça aurait été le cas si tu n'avais pas tapé dans l'œil de Kakashi avec tes compétences.

_ Mon nom est Tenzo, à partir de ce jour, je suis ton Senpai.

Sur cette dernière phrase, l'ANBU remit son masque et s'éclipsa. Devant mon air horrifié face à la quantité de travail que j'anticipais, Jiraya ne put s'empêcher de m'adresser un sourire narquois. Avant que celui-ci ne s'efface en étendant des pas rapides de chaussures à talon dans le couloir. Vite, il révoqua sa grenouille et pris la poudre d'escampette au même moment ou Tsunade débarquait dans la pièce pour lui gueuler de ne pas déranger les patients et les services hospitaliers avec ses invocations géantes.

Une fois calmée, la blonde se tourna vers moi. Et son regard n'était qu'une seule et même question. Sans répondre je me tournais vers la fenêtre. Le temps était venu de lui annoncer ma décision. C'était sans doute la plus raisonnable que je pouvais faire. Mais raisonnable ne signifie pas que c'était la meilleure à prendre. Peut-être que c'était mieux si je quittais le village pour un temps. Pour me permettre d'oublier. Pour lui permettre d'être heureux. Sans moi. Lorsque mes yeux revinrent sur la Godaime, mon verdict tomba.

_ Les réactions de Sasuke face au retour d'Uchiha Itachi et à mon enlèvement prouvent qu'il n'est absolument pas stable. Et je doute que des séances de psychanalyses soient suffisantes. Je pense qu'il faut qu'il oublie. Tout. Le massacre des Uchiha, jusqu'à ma propre existence. Pour le sauver je pense qu'il faut lui redonner une nouvelle vie, parce que sinon c'est certain qu'il va se tuer.

_ Tu es sûre de cette décision ? Je sais à quel point tu es proche de lui.

_ J'ai un jour décidé qu'un de mes rêves était qu'il soit heureux. J'aimerais lui offrir cette paix d'esprit, et je crains que ma présence ne nuise à cela.

_ Je te remercie de ton opinion, elle sera débattue avec les anciens du village. Il est vraisemblable qu'elle soit choisie, puisqu'elle est proche de celle qu'ils favorisaient. Mais je te redemande une nouvelle fois si tu es sûre de tes choix. Souhaites-tu vraiment qu'il t'oublie.

Non, bien sûr que non ! Et ça faisait horriblement mal, tellement que j'avais l'impression de m'arracher le cœur. Parce que la personne qui serait heureuse aurait le corps de Sasuke, sa voix, ses tics de parole, mais ce ne serait jamais Sasuke. Jamais. Je sauverais effectivement quelqu'un et le rendrait heureux. Mais ce ne serait pas lui. Sur ce point là j'avais échoué. Mais pour nos destins mutuels, c'était sans doute ce que j'avais le mieux à faire.

Lui faire oublier. Tout ce qui lui donnait de violents sentiments.

Itachi.

Orochimaru.

Et Namikaze Naruto.

J'étais vraiment la personne la plus méprisable du monde.


Allez! On se retrouvera pour l'écriture de la suite de cette fiction: Promesse !

Oh et oui je n'ai toujours pas dit qui se faisait passer pour le parrain de Naruto et oui je l'assume!