NA : D'abord, je voulais spécifier ici que je ne souhaite choquer personne avec cette histoire. Brennan reste Brennan, peu importe son métier. Je voulais simplement explorer un nouvel univers alternatif où, cette fois, c'est la vie de Brennan qui avait été chavirée par un événement du passé.

Titre : Northwest Avenue

Rating : M pour des sujets de sexualité (consentante ou non) et de violence. Toutefois, comme je ne suis pas une fille très graphique, je vais tenter d'éviter les détails gênants.

Genre : Drame romantique noir

Résumé : À un mois de retrouver sa liberté, elle tomba sur un cadavre qui changera sa vie. Un homme l'aidera à y parvenir.

Bones lecture!


Préambule

Je ne voulais pas

Comment il était tombé amoureux de moi? Je l'ignore toujours. J'étais devenue sa nouvelle obsession, son addiction. Tout ça n'était qu'un mystère pour moi. Comment quelqu'un pouvait-il m'aimer? Après tout, je n'étais qu'une fille de rue, une pétasse, une putain, une merde. Mais le regard qu'il m'avait lancé avant de se tourner me parlait plus qu'un discours. Il m'aimait, plus que sa propre vie.

Se retournant vers moi, il tomba face-à-face avec le pistolet que je tenais dans ma main tremblante. Le canon était dirigé droit entre ses deux yeux. Je ne voulais pas. Mes yeux se gonflaient de larmes. Je ne voulais pas, mais je devais le faire.


Quelque temps plus tôt

Un calme inhabituel régnait sur le Northwest, quartier malfamé de Washington DC. La pluie venait de cesser et la lumière des lampadaires qui reflétait sur la chaussé humide parsemait la rue de millions de petites étoiles blanches. Si j'avais été poétique, j'aurais pu décrire ce moment comme un calme céleste dans un paradis terrestre. Mais je ne suis pas poète et Northwest n'était définitivement pas le paradis.

Je ne pouvais entendre que le son de mes talons qui frappaient le trottoir et je cherchai du regard la présence presque rassurante d'un vendeur de drogue ou d'une collègue. Rien. Néant total! Même les clients étaient absents. La rue qui ne s'endormait jamais était tombée dans le coma et rentrer chez moi était la seule chose à faire désormais.

Je tournai nord sur la 8e et avançai d'un pas rapide cherchant à trouver le passage qui me permettrait de me rendre chez moi. Cette heure pouvait être fatale pour une femme comme moi se promenant seule et même si je trainais mon pistolet partout où j'allais, je n'étais pas à l'abri d'un junkie ou d'un autre timbré sous l'effet de qu'importe quelle drogue.

J'empruntai donc un raccourci, un petit sentier qu'une dame âgée nous avait permis de prendre les soirs comme ceux-ci et j'avançai rapidement vers ce taudis que j'appelais ma maison. Un son se fit entendre au coin de la ruelle et je vis une forme se déplacer rapidement dans la pénombre.

Je sentis mon cœur s'accélérer et ma respiration devenir de plus en plus ardue. Ravalant ma salive, j'accélérai le pas et sortis mon pistolet. J'avais survécu près de quinze ans dans ces rues, il n'était pas question que ça se termine ce soir. Ma dette était presque payée. J'allais enfin bientôt être libre. Un nouveau son attira mon attention à l'arrière et alors que je commençais à courir pour me rendre à mon appartement qui n'était qu'à un coin de rue de là, je trébuchai sur une masse au sol.

La douleur m'envahit. Ma chute m'avait ouvert le genou et mon poignet droit s'engourdissait. Génial, me suis-je dit, il ne me manquait plus que cela. Mais c'est lorsque je me suis retourné pour voir ce qui avait causé ma chute que je compris que les choses venaient réellement de se compliquer.


Un épais brouillard de fumée flottait au plafond de la pièce. L'observateur moyen aurait conclu en voyant la scène qu'il était en présence d'une petite partie de carte entre bons copains. Il n'en était rien. Malgré les rires sonores et les sourires forcés autour de la table de jeu, le temps n'était pas à la rigolade.

Au centre de la table se trouvait une petite montagne de billets parsemée de bijoux et d'objets de valeur. L'enjeu était énorme et les deux seuls joueurs restant en joute s'observaient l'un l'autre cherchant quelques indices d'un mensonge ou d'une faiblesse. Le plus grand des deux, habile bluffeur, laissa sortir momentanément un léger sourire en coin qui était disparu aussitôt qu'il était apparu. Son adversaire devant lui, un excellent observateur, n'avait pas manqué ce petit geste.

« J'ajoute 1000$ et ma montre en or, dit-il en mettant son butin au centre de la table. Tu suis?

- Je suis, répondit le grand homme à la carrure imposante en plaçant ses derniers billets au centre de la table avant de décrocher sa montre de son poignet.

- Allons Booth, avait dit un joueur à ses côtés, tu as un fils à nourrir.

- Charlie, la ferme », avait répondu celui qui s'appelait Booth.

La tension était palpable dans toute la pièce. La cagnotte était énorme et voir quelqu'un perdre autant d'argent était comme regarder un film d'horreur, personne ne voulait réellement le voir, mais on ne pouvait s'arrêter de le regarder.

Au moment où le petit homme était sur le point de mettre cartes sur table, la sonnerie typique de celui qu'on appelait Booth se fit entendre dans la pièce.

« Booth, répondit-il. Donnez-moi quinze minutes, dit-il avant de terminer son appel. Messieurs, finissons-en tout de suite, j'ai un meurtre qui m'attend ».

Le petit homme mit carte sur table et les hommes autour de lui crièrent de surprise.

« Carré de neuf, impressionnant, dit Booth avant de mettre cartes sur table. Mais pas autant qu'une quinte flush royale! »

Il entendit des cris de surprise et d'autres de colère, le petit homme laissa tomber sa tête sur la table en désarroi et celui qu'on appelait Booth commença à récolter son butin. Il collecta les billets et observa un instant les objets qui s'y trouvaient. Une montre en or pouvait avoir de la valeur et les quelques bijoux qu'il prenait dans ses mains aussi. La seule chose qui le titilla était l'alliance de son ami Charlie qui brûlait sa paume.

« Viens Charlie, je t'escorte, dit-il en amenant son ami à la porte du bar où la partie s'était déroulée. Tu dois arrêter Charlie! Tu vas te mettre dans le pétrin si tu continues.

- Regarde qui parle, dit l'homme avec arrogance.

- J'avais une quinte royale! Tu peux tout jouer avec une suite royale! Mon problème est sous contrôle, Charlie. Je ne dois plus d'argent à personne et je ne gage jamais plus que l'argent qu'il me reste après la pension pour Rebecca! Mon problème est sous contrôle!

- Sauf ce soir!

- C'était une quinte royale! Écoute petit, dit-il en replaçant l'alliance dans la paume du jeune homme, tu es jeune et tu as tout l'avenir devant toi! Ta femme est enceinte et tu viens de t'acheter une maison. Moi, je vois mon fils un week-end sur deux et ça, c'est quand sa mère n'a pas trouvé d'excuses pour me priver de sa visite. Je n'ai rien à perdre. Toi, tu as tout à perdre!

- Écoute, Booth, moi c'est comme toi! Mon problème est sous contrôle!

- Et c'est pour ça que tu as failli rentrer chez toi sans alliance ce soir? Fais attention, Charlie, ces gars-là ne sont pas des enfants de chœur! Ils vont te mettre à la rue avant même que tu avoues à ta femme que tu as un problème de jeu. Laisse tomber, petit, rien ici n'en vaut vraiment la peine.

- Alors pourquoi viens-tu tous les soirs? » Demanda le jeune homme avant de quitter le bar pour se rendre à sa voiture.

Booth soupira. Il avait raison. Son problème était sous contrôle. Il avait une énorme liasse de billets dans ses poches pour le prouver. Malgré l'envie qu'il avait de vider davantage celles de ses adversaires, il enfila son manteau et se dirigea quelques rues plus loin dans le Northwest où son devoir l'attendait.


À suivre…

Alors, qu'en pensez-vous? Bon? Moyen? Mauvais? Je continue ou j'efface? À vous de juger.