Bonjour à tous!

J'avais envie d'écrire sur Avengers depuis un moment et pour me lancer j'ai décidé de faire (attention, trouverez-vous l'ironie?) un couple TOTALEMENT INEDIT et inutilisé, j'ai nommé l'IronFrost!

Donc voilà, au programme : du Loki/Tony (nyah), du Steve/Coulson, du Tasha/Clint et du Banner/Science.

Raiting M (oui, mais un peu de patience pour l'éventuel slash, car tout bon slash se situe à la fin...) et des chats. OUI, des chats (vous verrez plus tard).

Et dire que ce machin qui fait déjà cinq chapitres énormes était sensé être un OS...

Merci à Iona-Yuki de m'avoir relue et approuvée~!

Bon, sur ce, bonne lecture!


Loki avait été jeté devant le trône d'Odin. Non, pas jeté. Balancé devant le trône de son kidnappeur. Un garde indélicat lui avait furieusement appuyé sur le dos et la nuque avec sa lance ou son pied – il n'avait pas pu voir et il s'en fichait royalement – pour qu'il s'aplatisse davantage devant le père de Toutes Choses, sauf de son fils adoptif.

Odin le fixait de son œil unique. Il n'avait pas l'air furieux, ni fou, ni heureux. Il avait juste l'air indifférent.

Loki avait envie de lui sauter au visage et de lui arracher chaque parcelle de peau, chaque centimètre carré qu'il voyait, comme son « père » l'avait fait quasiment fait pour le punir des années auparavant avec un fouet en s'acharnant des heures durant sur son dos.

Il avait une rage sourde et ronflante qui enflait en son estomac : lui enlever tout ce qu'il avait de plus précieux. Qu'il voie combien il avait mal, combien il était seul, combien Thor lui-même lui semblait être prêt à lui sauter à la gorge.

Thor. Il n'était même pas là. Il était venu lui en parler. Il ne pouvait pas supporter de le voir comme ça ni d'entendre la condamnation.

Certainement pas la mort. Sa fille Hel était la gardienne des Enfers, la vie lui serait douce là-bas. Non, quelque chose de pire que la mort. Lui arracher chaque parcelle de magie qui irriguait son corps ? C'était plus plausible, mais tellement attendu.

Non, il fallait quelque chose de plus fort. C'était d'Odin dont on parlait, pas d'un petit remplaçant pleurnichard et enclin au pardon, ni d'une mère qui adorerait son fils quoi qu'il fasse.

L'envoyer sur Midgard sans ses pouvoirs ? Jouer la carte du Pardon Divin, faire comprendre au peuple qu'il pouvait être à la fois sévère et généreux ? Sans doute pas non plus. Trop facile, trop sympathique. Et de toute façon, il détestait trop le géant des glaces pour lui faire pareil cadeau, même avec le peuple d'Asgard qui commençait à se poser des questions.

Puis la lumière se fit. Un calme paisible gagna Loki. Jötunheim. Il avait beau en être le roi, il avait massacré bon nombre de ses habitants et avait tué Laufey, son propre père, sans le moindre remord. Le dieu du mensonge était bien placé pour savoir que, contrairement à ce qu'Odin et sa clique affirmaient, les Jötuns étaient avant tout fidèles à la famille royale et à son honneur.

Loki avait déshonoré, trahi, traînée dans la boue tout en faisant partie toute une dynastie. Il était leur ennemi mortel et leur roi. Les deux ne faisaient pas bon ménage. Dès son arrivée, Byleist ordonnerait sa torture et sa mort.

Le dieu déchut eut un sourire de serpent mental.

Ils le tueraient. Parfait. Il ne demandait pas plus.

La torture, il ne la sentirait même pas en se privant de ses sensations. Puis avec sa puissance, une fois trépassé, il écraserait les autres morts suppliant Hel de les ressusciter, il rejoindrait sa fille, et il reviendrait, plus fort et plus puissant que jamais et surtout chargé de toute la haine des neuf mondes.

Il allait les écraser. Les détruire.

Loki allait se venger…

Et cette vengeance allait être délicieuse.

On lui retira brutalement sa muselière. Ses lèvres liées furent révélées au Tribunal d'Asgard entier.

Un mouvement de recul général ébranla la salle. Ses lèvres elles-mêmes étaient presque invisibles, sa peau était boursoufflée, infectée là où les fils d'adamantium s'enfonçaient.

Ses yeux verts les défiaient froidement, leur ordonnait de reculer, de lui laisser sa place, son espace, de se presser contre les murs, de fuir au loin, de se disloquer au sol, de s'agenouiller devant lui.

Odin ne cilla même pas. Sans doute était-il préparé à cette vision d'horreur.

- Loki Laufeyson…

Le nom résonna dans la pièce monumentale comme une longue trahison en elle-même. Loki Laufeyson, même pas Odinson.

Si le dieu du mensonge ne détestait pas autant Laufey, il aurait sauté de joie.

Odin n'était plus son père. Il ne l'avait jamais été, mais désormais le monde entier le savait. Un long frisson de délice lui parcourut l'échine.

Parfait. Il était seul, sans attache.

Ce procès commençait bien.

Odin débita d'un ton monocorde tous les faits reprochés. Tentative d'assassinat sur sa personne, notamment.

C'était la seule chose qui était fausse. Il n'avait pas touché à son père adoptif et avait tué Laufey avant qu'il ne puisse le faire.

Loki s'en voulait amèrement d'avoir été aussi faible et de ne pas l'avoir laissé faire. Il avait eût pitié de sa mère. Hélas.

- Pour tous les crimes qui te sont attribués, moi, Odin Borson, père de Toute Chose, te dépossède de ton titre…

S'il avait pu, le dieu aurait sourit.

Son titre n'était rien.

- …t'exile à Jötunheim d'où tu n'aurais jamais dû partir…

A qui la faute ? Selon Odin, un bébé pouvait-il se déplacer seul entre tous les royaumes ?

- …et de tes pouvoirs destructeurs.

Loki écarquilla les yeux. La colère le balaya comme un fétu de paille. Sa vie. On lui enlevait sa vie, ses chances de survie, on lui enlevait tout…

Se relevant brusquement, le dieu du mensonge fixa Odin avec toute sa haine presque palpable. Oui, il avait envie de lui arracher le visage…

Projetant des décharges de spires vertes qui s'écrasaient violemment contre les murs, Loki hurlait silencieusement.

Le sol tremblait sous sa rage meurtrière.

C'était le début de la fin.

Thor arriva en courant, essayant d'intervenir. Un trait acéré le frappa en pleine poitrine et l'envoya valdinguer au sol. Il s'écroula, inconscient. Odin essaya de fuir, mais il fut stoppé par son fils adoptif, le regard meurtrier.

Pendant ce temps, les conseillers présents fuyaient en courant, se piétinant, s'écrasant pour la survie. Les hurlements raisonnaient, les bruits de fuite prenaient une dimension incroyable.

Le sol se fissurait peu à peu, des langues de feu vert léchant le mobilier et les ornements, les faisant fondre. Des rivières d'or coulaient, des hommes hurlaient de toute la force de leurs poumons pour exorciser la douleur qui les dévoraient lorsque le métal incandescent les brûlait vifs.

- Loki ! Cesse cette folie !

Odin hurlait de toutes ses forces pour couvrir le bruit d'apocalypse.

Le défiant du regard, Loki agrippa froidement Thor par les cheveux, le traînant jusqu'à une flaque ardente.

La tête du dieu du tonnerre frôlait la substance incandescente. Son demi-frère jubilait.

Jamais Odin ne sacrifierait son précieux Thor… Jamais.

- Tue-le.

Loki faillit lâcher prise. Qu'est-ce qu'il lui prenait ?

- Il ferait un mauvais roi de toute façon. Tue-le. Prouve-moi que j'ai eut tord de te croire faible et inutile. Défends ta misérable peau de serpent, vas-y…

A cet instant précis, quelque chose céda en Loki. Cet homme était fou, il était prêt à tuer son fils préféré. Pire, ça ne lui faisait ni chaud ni froid.

Il aurait voulu crier, voir enfin le roi d'Asgard bouger, réagir. Mais même ça, il ne le pouvait pas. Jetant au loin Thor, il fonça sur Odin, ses mains crépitant.

- Je le savais… Tu es lâche, comme tous ceux de ton espèce !, hurla le vieux dieu en brandissant Gungir.

La décharge d'énergie pure libérée par Odin l'envoya heurter violemment un mur. Il roula de justesse sur le côté pour en éviter une seconde. De l'or fondu lui brûla impitoyablement l'épaule, il tenta de hurler. Du sang coula de sa bouche fermée. L'horrible odeur de chair carbonisée baigna la pièce.

Une colonne tomba. Un craquement horrible et une douleur écrasante firent virer un instant son monde au blanc avant de revenir. Il venait sans doute d'avoir les jambes brisées. Odin était juste au-dessus de lui, Gungir tendue vers le cœur du Jötun qui se tordait désespérément pour parvenir à se libérer.

Evitant le premier coup, il se dématérialisa juste à temps. Il devait atteindre la porte vers le Bifrost… C'était sa seule chance…

Se retournant, il vit une décharge d'énergie pure se former au sommet de la lance d'or de son ancien père. Fermant les yeux, résigné, il se roula en boule.

La voix de Thor le ramena à la réalité.

- Va-t'en Loki !

Un cou de Mjöllnir sur l'arme du roi avait dévié le rayon.

S'évaporant précipitamment, il se retrouva devant la porte du Bifrost. Les rivières d'or fondu qui s'écoulaient par là le firent silencieusement hurler, Loki sentit sa peau partir en fumée. Il perdit connaissance sous la douleur lancinante et l'odeur qui lui donnait l'irrésistible envie de vomir.


Anthony Stark, allongé sur son canapé, les pieds sur la table – Pepper était absente, autant en profiter –, sirotait un cosmopolitan en regardant un film qu'il trouvait profondément idiot.

Ce qui, justement, le rendait intéressant.

Attrapant un popcorn, il le lança dans sa bouche et le croqua en riant. Décidément, la vie de célibataire lui convenait bien, et pas seulement parce qu'une voix féminine n'était pas intervenue pour lui ordonner de « ne pas jouer avec la nourriture, non mais enfin, vous avez six ans ou quoi ?! ».

- Monsieur, puis-je me permettre de vous déranger ?

- Qu'est-ce qu'il y a JARVIS ?

- Je détecte une activité étrange.

- De quel genre ?

- Certainement pas d'ordre sexuel comme vous paraissez le sous-entendre, monsieur.

Recrachant sa gorgée de cocktail, Tony soupira.

- JARVIS, qu'est-ce qu'on avait dit ? Il ne faut plus que tu utilises de façon aussi régulière le mot « sexuel »…

- Monsieur, c'est comme ça que ces activités se qualifient…

- Je te programmerai des synonymes à utiliser. Tu m'y feras penser demain. Non, mieux, je vais le faire immédiatement.

- Pourquoi cet empressement soudain si je peux me permettre ?

- Je ramène des invités demain.

- Dois-je comprendre que ce mot est au féminin ?

- A moins que tu ne désires te faire démonter pièce par pièce par Tasha, dis-toi simplement que c'est un GROUPE et qu'en tant que groupe, il est constitué par des échantillons de la race humaine les plus divers.

- Si je puis me permettre, à quelle occasion ?

- La reprise de l'Agent Coulson au SHIELD.

- Parfait monsieur. Je prépare les chambres.

Saisissant sa tablette, Tony commença à entrer différents mots plus ou moins imagés pouvant remplacer le dialecte pour le moins…cru de JARVIS.

Lui, ça ne le dérangeait pas trop. Il s'étouffait, tout au plus, sinon, il aurait bidouillé l'IA bien plus tôt. Mais depuis que Steve Rogers avait poussé une exclamation choquée et avait prit la couleur exacte des tomates dans la salade de Natasha avant de tousser comme un fou pour faire passer le morceau de viande coincé dans sa trachée, le milliardaire se méfiait.

- Au fait, JARVIS…

- Oui monsieur ?

- Pourquoi m'as-tu appelé ?

- Cela n'a plus grande importance, monsieur.

- Pourquoi ?

- Le sujet de mon inquiétude est tombé sur la terrasse du premier étage et ne semble pas être apte à se relever.

- PointBreak était trop bourré pour réussir son atterrissage ? Curieux de sa part…

- Ce n'est certainement pas monsieur Thor.

Tony eut des sueurs froides. Qui, hormis un Asgardien, s'amuserait à sauter de nulle part pour atterrir sur SA terrasse à lui ?

Il n'en voyait que deux…

- Prévient le SHIELD.

- Bien monsieur.

Bondissant de son canapé, le scientifique fouilla dans un tiroir et récupéra un cadeau de Coulson (il se rappelait que c'était lui qui le lui avait offert car l'Agent était assis sur les genoux de Steve et lui roulait une pelle magistrale avant qu'il ne se détache pour le lui tendre) et se frappa honteusement le crâne.

Il avait l'arme mais pas les munitions.

- Quel con, non mais quel con ! JARVIS, est-ce que Stark Industry fabrique des munitions pour ce modèle de revolver? Si oui, est-ce qu'elles sont disponibles dans ce bâtiment ?

- Elles sont fabriquées, je peux vous les faire envoyer sous vingt minutes via votre site Internet pour la somme de 5 dollars de frais de port…

Décidément, Natasha devrait avoir honte d'utiliser SON IA pour commander des bêtises sur Amazon sans avoir à sortir son ordinateur.

- Non. Je n'ai pas le temps. Le SHIELD est-il prévenu ?

- L'Agent Coulson devrait bientôt arriver.

- Dis-lui de se dépêcher, je passe devant.

- Monsieur, si mademoiselle Potts était présente, elle vous recommanderait de revêtir votre armure.

- Je sais JARVIS. Mais elle est actuellement aussi opérationnelle qu'elle l'était lorsque je me suis prit un mur en testant ses propulseurs.

- Je ne peux hélas pas vous contredire sur ce point monsieur. Faites attention. Voulez-vous prévenir mademoiselle Potts ?

- Nan, elle ne répond jamais au téléphone quand j'ai de grandes chances de mourir…

Saisissant la paroi de la baie vitrée, il ouvrit le passage à la terrasse. Une masse malodorante était effondrée au sol dans un amas de tissus verts et noirs déchirés et carbonisés. Le sang coulait et des brûlures sérieuses le recouvraient. Il était face contre terre, ses bras posés de façon inquiétante car impossible physiquement, même pour un dieu.

- JARVIS, il est…?

- Multiples fractures et contusions, brûlures au dernier degré. Etat très grave. Pronostic vital engagé. Cependant il n'est pas mort et sa capacité de régénération commence à faire son travail.

- Décommande Coulson, appelle-moi Banner.

- Monsieur, il y a une procédure à respecter.

- JARVIS…

- Bien monsieur. Docteur Banner Bruce, numérotation en court…

Une voix endormie finit par leur répondre.

- Kessk'ya ?

- Allô Banner ? C'est votre meilleur ami… Vous vous y connaissez un peu en métabolisme asgardien ?

- C'est une question piège, Tony ?

- Non ? Venez quand même !

- Je venais à peine de m'endormir…

- Venez. Pour la science… Avec un peu de chance, il va mourir avant que vous arriviez et vous pourrez le disséquer – c'est Fury qui sera content.

- Vous vous fichez de moi ?

Tony commençait à perdre patience. Il n'aimait pas laisser les gens mourir devant lui. Il avait été impuissant face à la mort de Yinsen, ça n'allait certainement pas recommencer.

- Ecoutez, Banner, je n'ai presque jamais été aussi sérieux, si vous voulez j'envoie un chauffeur vous chercher, mais venez, vite. Très vite.

Un soupir sonore lui répondit.

- Je serais là dans dix minutes maximum. Gardez votre chauffeur. Je vais y aller à pieds.

- A pieds ? Vous comptez arriver demain ?

- Je compte me transformer en gros monstre vert très très énervé. Et devinez qui m'a énervé…

Raccrochant sans laisser à Tony le temps de répliquer, il laissa le gérant de Stark Industry face à un dieu qui n'était ABSOLUMENT PAS transportable, à moins d'être particulièrement sadique.

Ou de s'appeler Clint Barton ou Natasha Romanov.

Quelques minutes plus tard, un missile vert vint terminer de détruire son balcon. Un missile vert avec un sac de sport.

Se retransformant en scientifique inoffensif, il sortit de ce fameux sac tout ce dont il avait besoin, y compris des ustensiles qui ressemblaient davantage à des instruments de torture qu'a des objets de premiers soins.

- Alors, où est Thor ?

- Ce n'est pas Thor.

Il désigna le tas informe que formait désormais Loki.

Banner ouvrit grand les yeux, fit deux ou trois fois le tour du dieu, partagé entre la peur, la surprise et la conscience professionnelle.

- Je ne peux pas l'ausculter, je suis désolé. Il est trop mal en point. JARVIS, tu as bien dit la dernière fois que Thor a été blessé que les Asgardiens se régénéraient ?

- En effet. Ses côtes ont commencé à se ressouder.

- Parfait. Avertis-nous lorsqu'il pourra être déplacé.

- Annule la réception de demain par SMS et estime le temps de guérison s'il te plaît.

- C'est terminé monsieur. Il devrait être encore inconscient mais transportable d'ici demain matin. La totale guérison devrait s'effectuer en un mois ou deux. Il ne devrait pas pouvoir parler avant quelques temps, mais connaissant monsieur Loki, la parole fait partie de ses priorités. Il devrait donc reconstruire prioritairement son crâne.

Tony soupira. Au final, le dieu n'avait pas vraiment besoin d'eux.

Se sentant particulièrement inutile, il demanda à JARVIS deux chaises confortables et s'assit avec Banner, des cocktails, des bouteilles d'eau, de la lumière, un ordinateur portable et des magazines.

- Vous comptez vraiment attendre là, Tony ?

- Et vous ?

- Je n'abandonne jamais un patient, quel qu'il soit.

- Et ça compte même pour Loki ?

Soupirant, Bruce saisit une revue scientifique qu'il commença à corriger avec un stylo rouge pour s'occuper.

- Je suppose que oui, je vais attendre là, finit par avouer l'incroyable Hulk qui pour l'instant jouait plutôt au professeur d'université.

- Moi aussi. De l'alcool ?

- Non, merci.

- Vous n'êtes pas drôle, Bruce…

- Non Tony, je ne suis pas alcoolique.

- Tu n'es pas encore transformé en Géant Vert ? Comment ça se fait ?

- J'ai un minimum de contrôle. Vous avez bien de la chance, d'ailleurs…

Ils finirent la soirée devant une rediffusion de Transformers, Bruce hochant la tête pendant que Tony critiquait les choix du héros et tous deux surveillaient Loki du coin de l'œil et demandaient parfois à JARVIS comment il allait. Ils commençaient d'ailleurs à franchement échauffer les circuits de l'IA. Non mais ils s'attendaient à quoi ? Que leur ancien ennemi passe du stade de carpette à celui de culturiste d'un coup d'un seul et qu'il s'envole sur un arc-en-ciel, entièrement rétablit, et ce en cinq secondes ?

A la fin de la soirée, après s'être échangé un regard, ils finirent par récupérer deux matelas gonflables dont JARVIS avait complètement révélé la présence à Tony qui n'avait pourtant jamais fait de camping de sa vie et avaient recouvert le dieu mal en point d'une couverture de survie.

Ils se sentaient un peu honteux de le laisser faire seul, mais tant qu'il était aussi mal, ils ne pouvaient pas intervenir sur lui.

Les deux hommes de science finirent par s'endormir, d'abord Banner, tout heureux de pouvoir terminer sa nuit, puis Tony qui, lui, était heureux de pouvoir la commencer. Après tout, il n'était « que » quatre heures du matin dans dix minutes…


- Nyeh ?

La bouche pâteuse, le playboy ouvrit lentement les yeux et siffla son mécontentement en lâchant une bordée de jurons avant de se cacher le visage dans son coussin pour empêcher les premiers rayons de soleil de venir lui détruire les yeux.

Voilà qui tuait des années de travail sur son sex-appeal.

- Banneeeeeeeeeeeeer, appela-t-il comme un bébé appellerait sa maman après s'être égratigné.

- Monsieur Stark, bienvenue parmi les vivants, il fait 31 degrés et il est midi et demi. JARVIS m'a permit de faire des sandwichs. Comprenez bien qu'après la nuit que j'ai passée à cause de vous, je ne vous en aie pas fait.

- Vous n'êtes pas drôle Banner…, gémit-il pitoyablement en se cachant encore plus le nez dans son coussin. Vous ressemblez à JARVIS quand vous faites ça…

- Je sais, vous me l'avez dit hier soir. Non, ne lancez pas se coussin par là, je suis de l'autre côté, par là vous allez assommer un passant…

- JARVIS… Il m'embête sous mon propre toit…

- Et que voulez-vous que j'y fasse monsieur ?

- Dis-lui d'arrêter !

Un long silence électronique lui répondit et il tourna la tête vers Loki. Il semblait y avoir un peu moins de sang sur lui et ses bras étaient revenus dans une position normale.

Tony poussa un long soupir de soulagement. Le dieu avait l'air tellement mal…

- Messieurs ? Votre patient est désormais apte à être transporté en salle de soin. Ne le retournez pas, il a du sang dans la gorge et il risque de suffoquer s'il recommence à respirer par la bouche.

- Merci JARVIS.

Tony se leva difficilement pendant que Banner fonçait chercher une civière. Prenant chacun Loki par une aisselle, ils le hissèrent sur celle-ci et l'emmenèrent dans l'espace « infirmerie » de la tour. Déposé dans un lit, toujours sur le ventre, Banner entreprit de déterminer, avec l'aide de JARVIS, tout ce qui était cassé ou brûlé.

- Sa nuque est en bon état, c'est stupéfiant…

- Il l'a réparée vers quatre heures douze du matin, monsieur.

- Stupéfiant…

De la part de quelqu'un qui était invincible du moment qu'il était vert, c'était un compliment assez incroyable.

- Pouvons-nous appliquer quelque chose sur ses brûlures ?

- Leur gravité a diminué. Je peux vous commander une crème dans la pharmacie la plus proche et vous la faire livrer dans les deux heures.

- Ce serait parfait, merci.

Tony, lui, restait un peu en retrait. Il n'avait pas un savoir très poussé en médecine. C'était d'ailleurs la raison même pour laquelle il avait appelé Banner. Sinon, il se serait occupé de tout ça tout seul. Après tout, le dieu nordique était tombé sur SON balcon…

- Banner ? Il ne faudrait pas lui enlever le sang qu'il a dans la gorge pour pouvoir le retourner ?

- Oui. C'est la première chose à faire… J'ai déjà eut à effectuer ça, mais pas sur quelqu'un qui respire par un moyen inconnu et qui a le visage assez endommagé…

- Si je puis me permettre, commença JARVIS, il est fort probable qu'il le recrache de lui-même dans un réflexe pour ne pas étouffer.

- Il faut en être sûr…

- La reconstruction de son visage a commencé, les informa l'IA. Je vous recommande de l'attacher au lit pour qu'il ne se débatte pas en cas de panique, ses membres antérieurs sont encore brisés de façon sérieuse.

- Bien, merci JARVIS. Nous allons attendre. Avertis-nous pour son visage. Ah, et… Je ne sais pas ce qu'en pense Banner mais…fait venir des perfusions et des poches de sang, de morphine, d'oxygène et de nutriments divers le plus rapidement possible.

L'acolyte d'IronMan hocha la tête et se pencha sur le patient. Ils mangèrent sur place et, en fin de journée, après une longue attente, ils finirent par entendre la voix synthétique de JARVIS leur annoncer que quelque chose n'allait pas.

- Son visage est entièrement reconstitué, mais quelque chose obstrue ses lèvres. Il peut recommencer à respirer à tout moment et ne pas parvenir à cracher le sang. Je vous conseille d'aller voir se qui se passe.

Tony se leva d'un consentement muet commun et s'approcha de la divinité.

- Banner, comment est-ce que je peux regarder ?

- Il faut l'asseoir et le pencher en avant. C'est la seule solution qui ne soit pas trop nocive.

- Bien. Aidez-moi.

A deux, ils redressèrent Loki et le firent basculer en avant vers eux. Son visage était par endroits rouge et commençait à peler, mais il était presque normal, mis à part son expression de souffrance profonde et ses lèvres cousues qui avaient commencé à s'infecter.

Tony eut un haut le cœur et recula un peu en détournant le regard. Comment est-ce qu'on avait pu faire ça à quelqu'un ? Surtout à un de ses semblables ?

- Tony… Ca va ?

- Donnez-moi les plus petits ciseaux que vous trouverez et beaucoup de coton et de désinfectant. Vite.

- Je peux m'en charger, Tony…

- Non. JE vais m'en charger.

- Si je puis me permettre, monsieur, les liens sont en adamantium.

- Il y a une paire en adamatium dans mon atelier. Allez-y Banner...

Il attendit quelques instants.

Prenant l'instrument des mains de Banner dès que celui-ci fut de retour, il commença doucement à couper les fils. Les uns après les autres, délicatement, évitant du mieux qu'il pouvait la chair tendre des lèvres du dieu.

Il était responsable. Il n'aurait jamais dû accepter de sortir sans se poser de questions lorsque Thor le lui avait demandé au moment de poser la muselière à Loki. Jamais… Il aurait dû comprendre que quelque chose ne tournait pas rond lorsqu'il avait regardé avec impatience sa montre en se demandant ce qu'il foutait.

Oui, il aurait dû, mais il ne l'avait pas fait.

Et maintenant, il voyait le résultat.

Une fois avoir terminé de trancher les fils, Tony récupéra la pince déposée sur une tablette près de lui.

- JARVIS, est-il possible de lui retirer ce qui reste ?

- Les chairs se sont reconstituées autour d'eux. Je préconise une opération sous anesthésie une fois que le sang aura quitté sa gorge.

Hochant la tête, Stark remit d'aplomb le dieu nordique et le retourna sur le ventre.

- Autre chose à faire ? demanda-t-il.

- Je ne crois pas. Il se débrouille tout seul, apparemment. Ses os ne saillent plus. Normalement, ils devraient commencer à se recalcifier. Il ne reste plus qu'à attendre. Je vais chercher des sandwichs, vous venez ?

- Non, je reste.

- Ca vous ferais du bien de sortir, vous savez.

- Je n'ai pas envie, Banner.

- Bon. Comme vous voulez.

Banner retira sa blouse blanche, la déposa sur le dossier de sa chaise et sortit sans dire un mot, d'horribles cernes sous les yeux.

Tony espérait qu'il ne comptait pas conduire dans cet état.

Reportant son attention sur le dieu, il soupira. Il fallait qu'il fasse quelque chose pour lui. Vite. C'était un besoin viscéral. Il ne pouvait pas le laisser guérir lentement tout seul ici sans l'aider. Même quelque chose du superficiel et ridicule suffirait.

Il avait une immense faute à racheter, et ce n'était certainement pas les petites choses qu'il faisait depuis tout à l'heure qui allaient tout effacer, mais il était persuadé que, l'un dans l'autre, il marquait des points.

Il prit son visage entre ses mains et secoua la tête, exaspéré.

Mais bon sang, pourquoi est-ce qu'il se sentait autant coupable ? Ce fou furieux avait voulu détruire la terre. Sa maison. Sa seule et unique maison.

Il avait failli tuer ses amis, il avait même momentanément réussit avec LEUR Coulson.

Il aurait dû se frotter les mains, faire la danse de la joie autours de son cadavre explosé sur sa terrasse, l'achever même.

Pourquoi avait-il appelé Banner ? Pourquoi c'était-il inquiété ?

Parce que Thor lui avait parlé, bien sûr. Il lui avait raconté, pour Loki et Odin. Il lui avait tout dit, du début à la fin. Les punitions imméritées de Loki, les châtiments disproportionnés. Le manque d'affection. LE mensonge. Tout. Tony savait tout.

Tony détestait son père, Loki détestait Odin. Il le comprenait, il savait l'effet que ça faisait de n'avoir personne, absolument personne. Il se sentait responsable car il n'avait pas hésité une seconde à le renvoyer vers son père, vers celui qui lui avait fait tant de mal.

A ce moment précis, Anthony Stark détestait Odin Borson. Autant qu'Oward Stark. Voire plus.

- JARVIS, donne-moi quelque chose à faire.

- Monsieur, ce n'est pas dans mes applications.

- De quoi Loki aurait-il besoin, JARVIS ?

- Rien que vous puissiez lui apporter, monsieur.

Se renfrognant, ne daignant même pas remercier JARVIS pour sa disponibilité, même en étant surchargé, il se pencha sur les écrans de contrôle. Tout était stable. Trop stable.

Pourquoi n'y avait-il pas quelque chose à faire, enfin ?!

Négligeant le fait qu'il possédait une immense société ayant besoin de toute son attention, Tony sursauta brusquement.

Plic…

Ploc…

Comment ça, « plic ploc » ? Qu'est-ce que c'était – encore – que ces choses ?

Se levant, il chercha d'où pouvait venir le bruit, inspecta la plomberie. Rien. Brusquement, une bonne douzaine de bippers se déclenchèrent en même temps.

Ça ne pouvait vouloir dire qu'une chose.

Loki Laufeyson avait recommencé à respirer normalement et son cœur battait à nouveau à une allure régulière.

S'approchant, il remarqua que son patient c'était mit au bord du lit, sur le côté, pour cracher le sang. D'où le bruit d'eau. Toujours inconscient, mais ça allait. Les brûlures étaient visiblement moins lourdes et il était désormais certain que Loki pourrait bouger.

Soupirant, il en profita pour faire rouler le dieu au milieu du lit, sur le dos et l'installer convenablement sur les coussins.

JARVIS annonça que la vie du dieu du mensonge n'était définitivement plus en danger et que la crème était arrivée et qu'il était préférable de l'appliquer au plus vite, maintenant que le patient risquait d'avoir conscience de son corps – et de la douleur – d'une heure à l'autre.

Hochant la tête, il alla réceptionner le colis, l'ouvrit, sourit, appréciateur, devant le stock acheté et revint, des bandes, une blouse pour le dieu et autres produits de première nécessité, ainsi qu'avec un carton entier de crème.

Débarrassant précautionneusement Loki de ses lambeaux de vêtements, il observa calmement les nombreux endroits brûlés.

Retenant de nombreux haut-le-cœur devant quelques endroits particulièrement touchés, il réussit finalement à se calmer.

Non mais oh, il avait un cylindre de métal dans la poitrine et un mini-réacteur superpuissant connecté directement à son cœur, non ?

Il ouvrit le pot et commença doucement à l'appliquer. Il aurait sans doute dû mettre des gants mais il n'y avait pas pensé. Il n'était pas Banner, nom de dieu.

- Essayez de faire des couches égales sur les brûlures de même intensité, monsieur.

Hochant la tête, Tony restait concentré sur son travail d'orfèvre. On aurait presque dit que chaque partie du corps du dieu avait été brûlée, calcinée.

Respirant difficilement, il termina le traitement et commença à bander avec application le torse de Loki avant de passer à ses bras.

Ses mains avaient été durement touchées, mais elles étaient manipulables. Il respira enfin lorsqu'il eut finit et passa aux jambes. Là encore, le dieu faisait peine à voir. Il étala patiemment de nombreuses couches de crème qu'il faisait parfois chauffer entre ses mains pour que l'effet – si le Loki le sentait – ne soit pas trop désagréable.

La mixture était horriblement glaciale et, pour avoir été brûlé gravement plus d'une fois, il savait que mettre du froid sur du troisième degré faisait plus mal qu'autre chose.

Quoique… Loki était un géant des glaces, non ? Oh et puis zut, il ne savait pas, il faisait comme pour lui, point barre. Et puis, de toute façon, il ne devait même pas sentir.

Les pieds n'avaient pas été épargnés mais visiblement les bottes avaient été assez résistantes pour empêcher que cela prenne des proportions trop graves.

Il demanda plus de bandes, les appliqua. Une fois cela terminé, il réalisa qu'il avait « oublié » une zone. Plutôt évitée, en fait.

- JARVIS, comment se porte la partie que je n'ai pas traitée ?

- La tête de monsieur Loki est presque entièrement reconstruite.

- Non, pas sa tête… L'autre.

- Les parties géni-

- JARVIS…

- Les parties intimes de monsieur Loki sont en bon état mais son fessier a un peu plus souffert.

Tony resta interdit.

- Vous pouvez attendre que le docteur Banner revienne…

- Non, non, je vais… Je vais m'en charger.

Tournant Loki sur le dos pour ne pas être obligé de voir certaines choses qui étaient trop personnelles pour être vues – et il n'était même pas médecin – il entreprit de dénuder la dernière partie de son anatomie.

Évitant soigneusement de regarder, il étala sans jeter un œil et banda de la même façon. Non pas que Loki le dégoûtait. Mais il trouvait assez malsain de mater quelqu'un gravement brûlé et blessé en prétendant ensuite vouloir l'aider.

Après tout ça, il enfila, non sans mal, la blouse au dieu. Heureusement, il n'était pas encore à demi conscient et son activité cérébrale restait très limitée.

Il imaginait à peine devoir se battre contre un Loki paniqué et incapable de réfléchir comme il l'aurait fallut.

Malgré toute sa pitié et son empathie, Tony se rappelait que ledit dieu l'avait balancé sans effort du toit de son propre immeuble et était capable de vaincre Thor s'il le voulait.

Alors devoir faire face à ça juste pour enfiler cette fichue chose blanche et raide…

Soupirant lorsque ce fut finit, il récupéra un gant et nettoya le visage de Loki du sang qui le maculait et repoussa ses cheveux vers l'arrière.

Voilà. Si on ne comptait pas l'environnement étrange, les multiples contusions, la pommade qu'il lui étalait sur le visage et ses lèvres infectées et boursoufflées, Loki était dans un état relativement normal.

- Voilà, déclara Tony, assez fier du résultat.

Une part de son esprit clamait d'appeler cette création « Lokimie », savante contraction de « Loki » et « momie ».

Il décida donc d'aller descendre une bouteille d'alcool au hasard pour fêter l'apparition du nouveau locataire de la tour Stark et pour étouffer cette idée débile.


Pfiou! Merci de m'avoir lue jusque là! Pour tout vous dire, ce chapitre ne me plaît pas du tout... J'espère que ça vous a plut à vous...

Oserais-je vous mendier des reviews? Oui, je suis une sans-gêne.

A bientôt - j'espère - pour le chapitre suivant!

-ELP