Erotica eXchange

Auteur : Gossip Coco

Genre : Lemon, Angst, S/M, UR mais histoire parallèle.

Pairing : ItachiAnko

Rating : MA

Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas.

Note : Je me dois de rendre hommage au sublime mais sulfureux film « Portier de Nuit » de Liliana Cavani, joué par Charlotte Rampling et Dick Bogarde qui m'a inspiré la relation entre Itachi et Anko décrite et contée dans cette fanfiction. Sans ce film, je ne pense pas que j'aurai osé écrire, ou à défaut, aller aussi loin dans la nature du lien qui unit ces deux protagonistes de Naruto dans ce texte, texte qui contiendra du lemon et des relations sadomasochistes. Je n'ai pas repris le contexte historique de « Portier de Nuit » bien que l'histoire se déroule durant une période de conflits très violents ainsi que les grandes lignes : l'attirance mortifère d'une jeune femme envers celui qui a été durant une période limitée son bourreau et son geôlier et la relation torturée entre ses deux personnages alors qu'ils sont tous deux prisonniers de leur passé.

Résumé : Uchiha Itachi, ancien membre d'une organisation criminelle, Akatsuki, est portier de nuit dans un hôtel Un soir, arrive Mitarashi Anko, en qui il reconnaît une de ses anciennes victimes, prisonnières de geôles secrètes de son organisation et avec qui il entretenait une relation amoureuse teintée de sadomasochisme…

Avertissement : Cette histoire :

- est formellement déconseillée aux moins de 16ans

- est vivement déconseillée aux moins de 18ans qui n'ont pas une idée de la sexualité dans la réalité.

- contient des scènes explicitement sexuelles et/ou de violences physiques et/ou psychologiques.

- n'est pas recommandée aux personnes croyant encore à Bisounoursland où tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, tout le monde il est puceau.

- ne fait pas l'apologie de la pornographie ni de la violence, sexuelle ou non.

- est une pure fiction. Elle ne se base sur aucun fait réel.

Dans tous les cas, n'oubliez jamais de vous protéger en utilisant le préservatif qui est à ce jour le seul moyen efficace contre les Infections Sexuellement Transmissibles.

Musique d'ambiance : /3MaUfSawnmo

Chapitre Premier

C'était un début de soirée des plus ordinaires. Il avait plu et le ciel restait obstinément gris. Ce fut ce jour-là que la vie d'Uchiha Itachi bascula. Ou plutôt que l'existence qu'il s'était forgée et qu'il offrait aux yeux du monde depuis dix ans bascula. Parce que la vie que le jeune homme menait ressemblait plus à une tranquille indifférence affectée. La guerre, de quelque côté qu'on fusse, changeait les gens. Il était le premier à le savoir. Et désormais, il vivait comme un fantôme de l'être qu'il était autrefois, une ombre tapi au cœurs des ténèbres de la nuit.

Itachi était arrivé comme tous les jours à dix-huit heures à l'hôtel où il travaillait comme portier de nuit. Un hôtel sans grande prétention, dans une station balnéaire morne du pays de l'eau mais qui lui convenait parfaitement. Comme chaque soir, il s'enquerrait sans intérêt véritable de ses quelques collègues, du nombre de clients attendus pour vérifier la disponibilité des chambres réservées pour la nuit avant de se servir discrètement d'un verre de saké. Et comme chaque soir, il croyait que sa nuit serait comme toutes les autres, dans le silence et les ténèbres. Il s'installerait comme à son habitude à son comptoir, serait d'une politesse courtoise avec les clients, rudoierait le garçon d'étage Sasuke parce qu'il le ne supportait déjà pas et que ce gamin ne savait pas torcher la vieille du dernier étage avant de regagner son poste, tâche à laquelle Itachi devrait accomplir malgré tout. Puis, plus tard dans la nuit, peut être qu'une femme seule le ferait sonner pour prétexte quelconque alors qu'elle n'avait besoin que d'un homme pour chauffer ses draps, se faire baiser en d'autres termes, chose qu'il faisait de bonne grâce sans éprouver pour autant du plaisir, tout juste un vague ennui. Peut être même qu'un jour, il ne viendrait pas parce qu'il était mort dans la solitude de son misérable appartement, avec son chat pour seul compagnon. Et personne ne s'en apercevrait. Cette vie insipide, il s'y était résigné.

Alors qu'il attendait patiemment à son comptoir, un groupe de clients venait d'entrer bruyamment dans l'hôtel. Des shinobis, d'après les vêtements qu'ils portaient et qui vivaient une autre vie que celle d'Itachi. Et le jeune homme la vit. Et la reconnut tout de suite. Mitarashi Anko. Comment ne pouvait-il ne pas la reconnaître? Un profond sentiment de malaise l'envahit et une vague de souvenirs le submergea. Que faisait-elle donc ici? Songea-t-il. N'était-elle pas morte? Et toute cette monotonie quotidienne s'en trouva bouleversée en l'espace d'un instant. Son passé était face à lui. Anko était revenue dans son existence, sans crier gare et sans qu'il en sut la raison.

Alors que, d'une main, il cherchait les clés des chambres que les clients lui réclamaient, Anko se retourna et son regard tomba sur le sien. Ses yeux, quelques secondes auparavant rieurs, se figèrent, comme glacés par l'effroi. Pourtant, Itachi ne se départit pas de l'inexpressivité de son visage, se contentant de lui donner ses clés de sa chambre. Elle l'avait reconnu : l'Uchiha l'avait clairement lu dans ses yeux. Encore figée par le visage qu'elle croyait ne jamais revoir, la jeune femme réagit à peine lorsque qu'un homme la prit tendrement par l'épaule. A son allure, Itachi sut que c'était un shinobi. Un puissant ninja. C'était visible. Même si Itachi avait renoncé depuis la fin de la guerre à l'art des shinobis, il n'avait rien perdu de ses sens aiguisés.

« Kakashi, murmura Anko alors que l'homme l'entraînait vers l'escalier.

— Ma chérie, montons, lui fit le dénommé Kakashi. Je suis impatient d'aller me doucher. La journée a été rude. »

Sans lui répondre, la jeune femme le suivit docilement non sans avoir jeté un dernier regard en direction d'Itachi. Ce dernier était déjà accaparé par d'autres clients. Il ne la regardait plus. Mais il savait quelle chambre elle occupait. La chambre vingt-et-un.

OoOoOoOoOoO

Il avait éteint les lumières du hall d'entrée. Itachi avait besoin de cette obscurité pour laisser les souvenirs remonter à la surface, tout ce qu'il avait enfoui, tout ce qu'il avait été durant cette sombre époque. Parfois, cette vie qu'il avait menée semblait être celle d'un autre. Celle d'un criminel qui avait fait exécuté nombre de prisonniers et fait d'innombrables victimes. Celle d'un criminel qui avait pris plaisir à torturer des êtres qui avaient l'imprudence ou le malheur de s'opposer à l'Akatsuki et ne pas avoir eu les capacités à lui résister. Et il était ce criminel. Il ne pouvait pas le nier.

Les yeux plongés dans le vide, faisant passer son verre d'alcool d'une main à l'autre, il ne voyait plus le hall plongé dans les ténèbres. Itachi ne revoyait plus que Anko lors de son arrivée dans les geôles de son organisation. Elle était seule au milieu des autres prisonniers. Une prisonnière parmi tant d'autres. Ramenée par Orochimaru. Des gens de tous horizons, de tous les âges, mélangés entre eux. Gens du commun et ninjas aguerris. Tous ceux qui avaient été capturés par l'Akatsuki pendant la Grande Guerre Ninja. Et elle était là. Le regard apeuré. Et il avait été fasciné. Fasciné par la douleur muette de son visage. Parce que désormais, lui et ses semblables auraient droit de vie et de mort sur ce misérable troupeau de prisonniers, elle comme les autres. Avait-elle perdu son père, sa mère? Itachi s'en moquait. Ce qui l'intéressait était la solitude qui émanait de cette frêle jeune fille, l'innocence qui émanait de son être. Il voulait immortaliser cela, comme il le faisait avec ses autres « patients », souvent jusqu'à la mort. Il les photographiait avant, pendant et après leur mort. Parce que ces moments étaient si uniques qu'il voulait se les approprier. Et elle aussi. Il ne connaissait pas encore son nom. Tout juste, à son bandeau frontal, Itachi avait su qu'elle venait du village de Konoha. Orochimaru s'était-il « amusé » avec elle? Cela expliquait peut être le calme apparent dont elle faisait preuve alors que le sentiment de terreur était perceptible. Ou alors, sa propre terreur l'avait comme anesthésiée. Mais cela lui importait peu. Il la filmait, le jeune criminel braquait sa caméra et la violente lumière blanche sur son visage lui donnait un teint pâle, un peu maladif. Elle osa jeter un bref regard avant de se détourner. Itachi ressentit le familier et enivrant sentiment de puissance, de pouvoir qu'il savait exercer autant de finesse qu'avec autant de brutalité sur de malheureux promis à une mort atroce.

Le fil de ses pensées fut interrompu par le vieux veilleur de nuit qui faisait sa ronde.

« Je vous réveille? lui fit sarcastiquement le vieillard.

— Non, fichez-moi la paix, marmonna sèchement Itachi.

— Oh, excusez-moi, répliqua tout aussi sèchement son collègue. Je ne voulais pas vous déranger. »

Visiblement, Itachi avait vexé le vieil homme. Ce n'était pas son genre, de s'emporter de la sorte. Il se leva et présenta ses excuses.

« Tout le monde a ses ennuis. » se contenta Itachi avec un léger haussement d'épaule.

En réalité, son esprit était attiré par la chambre vingt-et-un. Il aurait donné cher pour savoir si Anko dormait. Ou si elle aussi, de l'avoir revu l'avait ramené dix ans en arrière, dans les geôles qui avaient changé leurs existences.