Titre : Jawmon et le digimonde, Chapitre 1.

Disclaimer : Je me suis inspirée des différentes saisons de digimon pour créer mon histoire, aussi même si le monde a été transformé pour correspondre à mon histoire, il appartient aux créateurs de Digimon.

Mot de l'auteur : Voici donc mon premier chapitre.

Je n'ai pour le moment qu'une vague idée du nombre de chapitre qu'elle fera, je vise la quarantaine mais j'espère d'ores et déjà que je gagnerais en qualité au fur et à mesure de mon récit.

J'ai décidé de faire des chapitres d'environ 5000 mots donc les sorties seront peut être un peu espacées mais je compte sur vous pour me lire.

Bonne lecture!

Ce jour là, j'étais allée au marché avec ma grand-mère et un objet avait ravivé des souvenirs d'enfance. Sans réfléchir, je l'avais acheté. Un digivice de la célèbre série digimon.

Ma vie était commune, comme tous les jeunes de mon âge mes études battaient leur plein. J'étais justement en stage dans la boulangerie pâtisserie du coin depuis trois semaines. En dehors de ça je me passionnais pour les mangas et les jeux vidéo comme beaucoup de jeunes également. La lecture plus classique ne me dérangeait pas non plus, j'appréciais les romans fantastiques à leur juste valeur. De temps à autre, je griffonnais sur une feuille volante que j'insérais dans mon vieux carnet à dessin. J'allais travailler le matin et un nouvel après midi commençait suivant le précédent.

Après avoir acheté ce digivice, la nostalgie sans doute, m'a poussé à dessiner un digimon novateur à l'instar de Takato. Avec mon porte mine, j'ai dessiné une boule de poil blanche au nez de cochon, une rayure noire partant d'une joue à une autre en passant par son dos. Puis, j'ai dessiné son évolution, je suis restée sur la même base en un peu plus gros, de plus grand yeux et trois mèches noires partant du sommet de son crâne comme des éclairs. Je suis passé au niveau supérieur en lui donnant un corps poilu dépourvu de jambes et deux gros bras striés de zébrures noires avec lesquels il se déplacerait. Il n'aurait plus que deux mèches noires sur la tête plus angulaires et son nez serait un peu moins proéminant.

J'ai tendu la feuille devant moi sa digivolution ressemblait un peu à un paresseux alors encore une fois j'ai dessiné un stade supérieur. J'ai jeté un œil sur une photographie de paresseux pour m'en inspirer. Quatre longues pattes aux longues griffes sont venues se greffer au corps à la fourrure blanche et soyeuse du digimon. Des rayures noires sur ses pattes, son dos et ses joues ressortaient sur son pelage blanc. Ses mèches noires plus petites étaient de nouveau au nombre de trois et il souriait l'air hagard. Toutes ses rayures me faisant penser à un tigre, je pris l'initiative de le changer complètement pour son stade Ultime. La posture plus royale d'un lion comme base, j'en ai finalement fais un Ligre. Ses mèches noires étaient devenues une crinière fournie et son museau s'était allongé tout comme ses yeux plus félins. Il possédait maintenant une longue queue touffue au bout, prolongeant son long corps musclé. Ses rayures plus nombreuses et épaisses lui donnant un air menaçant.

J'ai regardé le tout d'un air satisfait, le sourire aux lèvres, j'ai donné à chacun un nom. Dans l'ordre : Bushymon, Leafymon, Jawmon, Slothmon et Ligermon.

Et à l'image d'un de mes héros d'enfance, j'ai passé les feuilles devant le digivice sans vraiment y croire, bien qu'une partie de moi espérait sans doute un peu. Évidemment rien ne s'est passé et ma journée a continué.

Avec du recul, si j'avais réfléchis, j'aurais du me douter qu'à ce moment il ne se passerait rien. Dans la série non plus il ne s'était rien passé. Tout s'était passé pendant la nuit.

J'ai toujours eu le sommeil léger et cette nuit là fut bien courte. Alors que ma chambre n'était normalement éclairée que par le lampadaire en face de ma fenêtre, mon lecteur dvd et ma télévision s'étaient allumés diffusant des séries de chiffres. J'ai enfilé mes lunettes et j'ai ris, après tout la logique aurait voulut que ce ne soit qu'un rêve pourtant quand j'ai vu de la lumière sortir de mon ordinateur portable fermé, je n'ai pas pu m'empêcher de l'ouvrir. Quand j'ai vu l'œuf de digimon tournoyer puis commencer à sortir, j'ai pris peur et ça même si ce n'était qu'un rêve. Je l'ai poussé de toutes mes forces vers l'écran pour qu'il retourne à l'intérieur, pour qu'il ne finisse pas de sortir, mais rien à faire. Il est sortit et je l'ai gardé entre mes deux mains, bêtement. J'ai refermé l'ordinateur, posé l'œuf sur ma chaise, mes lunettes sur mon meuble et je suis retournée dans mon lit. J'ai tiré le drap vers moi puis je me suis endormie.

Le lendemain matin c'est l'esprit embrumé que je me suis réveillée avec la sonnerie de mon portable. J'ai pris mes lunettes et je suis allée aux toilettes pour soulager ma vessie. Je suis allée me laver les mains puis me rafraichir le visage avec de l'eau pour reprendre mes esprits. J'ai pris une douche froide pour achever mon processus de réveil et j'ai repensé à mon rêve un sourire idiot aux lèvres, mon imagination s'était un peu emballée. J'étais retournée dans ma chambre pour m'habiller quand je l'ai vu. Sur ma chaise un œuf blanc aux rayures noires était là. J'ai mis quelques secondes avant de vraiment comprendre, les événements de la nuit me revenaient à l'esprit de plus en plus clairement. Ce n'était pas un rêve mais bien la réalité.

Je ne savais pas quoi faire alors je me suis habillée en silence et je suis allée déjeuner avec l'espoir qu'en revenant, il n'y ait plus rien. Mais c'était un espoir vain car en revenant l'œuf était toujours là, je n'avais qu'une certitude : mon père ne devait jamais voir cet œuf. Il était d'une taille conséquente mais il rentrait dans mon sac à mon plus grand soulagement. Je suis descendue et après avoir fermé la porte de chez moi, je suis allée chercher mon vélo dans le garage. J'étais en train de pédaler quand dans mon dos, j'avais cru sentir un mouvement, la surprise m'avait fais déraper et j'étais lamentablement tombée sur le sol pour constater finalement que mon imagination m'avait joué un tour. J'étais remonté sur mon vélo et c'est l'estomac serré que je suis arrivée devant la pâtisserie. Après avoir déposé mon vélo devant l'entrée, j'ai essayée de paraitre naturel mais le pâtissier m'a tout de suite demandé si j'allais bien. C'est avec un demi-mensonge que je lui ai avoué que ma nuit avait été mouvementée à cause d'une défaillance dans mes circuits électriques. Il ne m'avait pas demandé plus et j'étais partie à l'étage dans la réserve pour me changer. Je me suis changée et c'est le regard chargé d'appréhensions que j'étais descendue travailler.

J'ai commencé à travailler un peu distraitement mais après quelques rappels à l'ordre, j'ai fini par me concentrer sur mon travail, oubliant l'œuf à l'étage. J'étais en train de garnir des choux quand le boulanger est sortit acheter les journaux. Quelques secondes plus tard un bruit fracassant résonna du premier étage. Mon cœur s'était emballé et sur le coup de la surprise, j'avais écrasé le chou dans ma main. Pourtant, malgré la crème sur ma main et la surprise, ma réaction fut explosive. Il ne fallait surtout pas que le pâtissier monte à l'étage. Je m'étais précipitée vers lui alors qu'il s'apprêtait à aller vers les escaliers et je l'avais devancé en lui disant que mon sac avait du tomber. Moi-même je ne croyais pas un mot de mon mensonge mais j'avais vaguement espéré qu'il allait y croire. J'étais arrivée en haut et le pire scénario était en train de se produire. Le digimon que j'avais dessiné la veille était devant moi et mon patron juste derrière moi. Une véritable situation de cauchemar.

Un silence tendu s'est installé, quand mon patron pour briser la glace m'a déclaré que ma peluche était mignonne, j'ai cru voir une échappatoire.

-Bushymon n'est pas une peluche !

Mon cœur a raté un battement, celui du pâtissier a du cesser de battre quelques secondes. Il a eut un rire nerveux et alors qu'il me regardait je me suis mise à rire aussi, cette situation ressemblait à une mauvaise blague. Pourtant quand Bushymon s'est avancé notre hilarité passagère a été stoppée net.

-Dis, c'est quoi vos noms ? Vous voulez être les amis de Bushymon ?

J'ai fermé les yeux et j'ai attendu que ça passe, quelqu'un finirait bien par briser le silence pour moi. C'est mon patron qui a prit les devants en s'accroupissant devant Bushymon.

-Qu'est ce que tu es toi ?

Cette boule de poil blanche a cligné des yeux en sautillant avant de répondre l'air guilleret.

-Bushymon est un digimon !

-Et comment tu es arrivé ici ?

Mon pouls a accéléré et je me suis décidée à avouer.

-C'est moi qui l'ai amené Patron. Je n'aurais pas du, je suis désolée.

Il a passé la main sur sa tête l'air songeur tandis que Bushymon sautait partout. De nouveau il s'est approché de nous.

-Bushymon a faim !

Je ne savais plus trop quoi faire depuis un moment mais même en essayant, je n'arrivais pas à détacher mes yeux de ce petit être. Mon patron s'est levé puis il est descendu, me laissant seule quelques instants avant de remonter avec un grand sac. Il me l'a tendu et je l'ai pris, à l'intérieur, il y avait mis des pains aux chocolat et des croissants. Il avait l'air gêné.

-Tu peux rentrer chez toi pour aujourd'hui. Vois ce que tu dois faire avec ça et reviens demain en forme, OK ?

J'ai acquiescé et sans lui demander son avis, j'ai pris Bushymon pour le mettre dans le sac, attrapé mon sac à dos de l'autre main. Je suis descendue en courant. J'ai récupéré mon vélo et en enfilant les anses du sac comme des bretelles, je suis rentrée à toute vitesse chez moi. Mon père était partit au travail, ma sœur à l'école, la maison était vide. Je suis entrée posant le sac sur le sol de ma salle à manger et Bushymon en est sortit.

-Dis c'est quoi ton nom ?

Je l'ai regardé un instant et finalement, je lui ai enfin adressé la parole.

-Lorianne.

Il a sourit et est retourné manger tout en continuant à me parler.

-Lorianne tu es ma meilleure amie pas vrai ?

J'ai hoché la tête bêtement et je l'ai regardé se goinfrer sans un mot. Quand il a commencé à briller, je me suis levée par instinct en voyant tous les appareils de ma maison devenir fou à nouveau. Je me suis levée tellement rapidement que je suis tombée en arrière et quand mon dos a touché le sol, je n'étais plus chez moi. Je me suis relevée et j'ai touché le sol. C'était de la terre, plus mon carrelage. J'ai relevé la tête et Bushymon s'était digivolué en Leafymon. J'ai pensé un moment à demander où j'étais mais je le savais pertinemment, j'avais été aspirée dans le digimonde.

J'ai regardé autour de moi et j'ai vu des arbres encore et encore à perte de vue, le sol était constellé de buissons et j'étais seule avec Leafymon.

-Tu es Leafymon c'est ça ?

Emerveillé, il sautilla autour de moi.

-Ca alors ! Je te l'avais même pas dis pourtant !

J'ai pressé ma main contre mon front en fermant les yeux. Ca n'allait pas du tout. J'étais coincée dans un monde que je croyais imaginaire, avec pour seul compagnon, un bébé digimon de mon invention. Un craquement dans les buissons me fit tourner la tête.

-Bombe Gobelin !

Une boule de feu fusa droit vers moi et Leafymon s'interposa. Après un bruit étouffé, il tomba au sol inerte. La chose qui nous avait attaqué sortit de sa cachette, l'air triomphant. Une créature verte, le regard mauvais, les cheveux coiffés en crête rouge, griffes, dents pointues et surtout une énorme massue en main. Un bip attira mon attention sur le sol, le digivice.

-Bouge pas, tu verras ce s'ra pas long.

Il ricana comme un cochon en imaginant quelque chose de visiblement réjouissant pour lui. Attrapant l'appareil sur le sol, le digidex se déclencha ramenant l'attention du monstre sur moi.

-Goblimon, digimon de type virus, niveau disciple.

Il haussa les épaules son grand sourire perdu.

-J'ai rien contre toi ! Mais la vie éternelle ça me tente trop !

Il arma une nouvelle bombe et la lança. Beaucoup de choses futiles me passèrent à l'esprit malgré la gravité de la situation, une part de moi voulait croire que ce qui arrivait était un rêve. Le digivice brilla et Leafymon changea de forme pour devenir Jawmon. Il avait vraiment l'air pataud pourtant, il s'était de nouveau interposé entre moi et la bombe sans sourciller, à une vitesse phénoménale.

-Ne t'en fais pas Lorianne, je m'en occupe.

Son poil se hérissa et commença à crépiter.

-Décharge tonnerre !

L'électricité s'intensifia, striant l'air, avant de fondre sur Goblimon qui hurla avant de disparaitre en courant. Jawmon souffla par ses naseaux en grognant de mécontentement.

-Qu'il revienne et il comprendra de quel bois je me chauffe.

Il se retourna vers moi et ma réaction fut instinctive, j'ai crié à m'en brûler les poumons. J'avais eu peur, vraiment peur et mon self control avait prit un méchant coup. Alors pour relâcher la pression, j'avais crié vers le ciel jusqu'à ce qu'une patte poilue me fasse taire. Il s'était accroché à mes épaules pour atteindre ma tête normalement trop haute pour lui. Je lui avais lancé un regard assassin et il m'avait répondu par un air accusateur.

-Si tu cries, tu vas rameuter tous les mauvais digimons et je ne pourrais pas te protéger.

Attendant quelques secondes que j'assimile ses paroles, il diminua la pression sur mon visage avant de me lâcher complètement. Je me suis laissé tomber sur le sol, mos dos reposant sur l'herbe digitale. J'ai regardé le digivice, un D-3 noir et blanc, il était devenu réel. Un vent froid fit frémir les arbres, je n'étais pas en sécurité ici.

-Jawmon, tu sais où on peut se mettre en sécurité ?

Il grimaça.

-Je viens juste de naître, même si je sais que je suis dans le digimonde, je ne sais pas du tout où je suis…

Un long soupir s'échappa de ma gorge alors que je me relevais quelque chose dans ma poche se rappela à moi : mon téléphone portable. Je l'ai ouvert espérant vaguement qu'il marcherait, peine perdue. L'écran noir, il ne comptait pas s'allumer de sitôt. Encore un soupir et je me suis mise en route vers un endroit autre que celui où je me trouvais. Jawmon m'emboita le pas sans poser de question. Nous traversions une forêt de palmiers et de buissons épineux, un bien drôle d'endroit. Après avoir écarté une branche pleine d'épine d'un bon coup de pied, un bruit sourd derrière moi m'a fait sursauter. Mon digimon venait de s'effondrer. Je me suis penchée vers lui en l'appelant mais aucune réaction de sa part, il était inconscient. Je l'ai soupesé en faisant la moue, il devait faire une vingtaine de kilo. Seulement, il était hors de question que je le laisse là alors je l'ai installé sur mon dos en me penchant en avant pour mieux répartir son poids. Agrippant ses bras passé autour de mon cou, je me suis remise en route. Mon jogging avait du mal à me protéger des griffures causées par les plantes, pourtant lui ne semblait pas en souffrir outre mesure. Combien de temps avait passé depuis l'apparition de Goblimon ? Trente minutes ? Peut être une heure ou bien deux, le ciel était le même depuis le début. Jawmon ne se réveillait toujours pas.

Il faisait vraiment très chaud et le pelage fourni qui reposait sur mon dos ne m'aidait pas. J'ai fini par m'asseoir à l'ombre d'un des palmiers complètement éreintée. J'ai mis au point mes connaissances sur le digimonde. Il n'y a pas de groupe de « digisauveurs » mais juste moi pour l'instant. Mon digimon peut rester dans les pommes plusieurs heures sans se réveiller. Les digimons ici veulent visiblement me tuer ou me faire autre chose qui surement ne me plaira pas. Je suis perdue.

Observant à nouveau mon D-3, j'ai appuyé sur les différents boutons sans trop comprendre son fonctionnement. L'idée de le jeter au loin m'a effleuré, laisser Jawmon et courir loin jusqu'à trouver une sortie ou quelqu'un pour m'aider. Mais je n'avais pas le courage de rester seule alors j'ai remis Jawmon sur mon dos, bravant à nouveau cette masse de buisson. Mes bras étaient griffés et me brulaient depuis un moment déjà, sans parler de mes jambes, quand un bruit familier me stoppa. Un bip bip régulier, le digivice. J'ai presque laissé tomber Jawmon pour regarder l'écran du petit appareil, un point jaune clignotait me montrant la direction à suivre. Mais mon enthousiasme est bien vite retombé, je ne savais pas à quoi ce point correspondait. Ca pouvait être un allié, un ennemi ou autre chose encore mais je ne tenais pas à risquer ma vie sur une hypothèse trop pleine d'espoir. Aigrie par la douleur et la fatigue, je me suis accroupie la tête plongée dans mes bras. Je n'ai pas eu le temps de me reposer plus d'une minute, le signal accélérait, ce qui se trouvait là bas se rapprochait de moi très vite. De la sueur commençait à perler sur mon front, je me suis levée attrapant Jawmon tant bien que mal tout en commençant à courir. Les branches me fouettaient les mollets et les troncs de palmiers poussaient tellement prés les uns des autres que courir sans en percuter un relevé du miracle. Les bips sonores ne faiblissaient pas, j'avais même l'impression qu'ils étaient de moins en moins espacé. Un point de côté commençait à me contracter l'abdomen mais il était hors de question que je m'arrête. J'ai couru jusqu'à ce que mes jambes refusent de me soutenir après que je me sois déséquilibrée. Le corps de Jawmon avait roulé quelques mètres plus loin et alors que je me remettais sur pied, ma jambe ploya une nouvelle fois. J'ai relevé mon jogging jusqu'au genou pour constater que j'avais la chair à vif à plusieurs endroits. Cherchant le point le plus douloureux, je me suis retenue de hurler quand ma main a rencontré une épine plantée en transversale dans le bas de ma cuisse. Mes doigts poisseux de sang sous le nez, j'étais soudain transie de froid.

-Bip bip bip bip bip bip.

Le bruit me terrorisait plus que jamais et je me suis mise à ramper vers Jawmon pour le réveiller. Sa truffe était brulante mais je n'avais pas le temps de le soigner, ni rien pour. Je me suis détestée avant même d'avoir commencé à le secouer. Il était faible, sa tête dodelinait d'avant en arrière au rythme des secousses.

-REVEILLE TOI JAWMON !

Un torrent de larme s'est échappé de mes yeux, c'était inutile, il n'entendait pas. J'étais perdue. Au loin j'ai entendu le bruissement des buissons que quelqu'un ou quelque chose traversait. J'ai regardé l'épine planté dans ma jambe l'arrachant violemment, la douleur n'était rien face à la peur. Bandant au maximum les muscles de ma jambe pour tenir bon, j'ai entamé ma dernière course avec mon digimon dans les bras. Je savais pertinemment que ma prochaine chute serait la dernière, j'étais épuisée. Fermant à moitié les yeux, j'ai couru droit devant moi le plus vite possible. Encore et encore à tel point que quand la forêt s'est terminée, je ne m'en suis rendue compte que quand je me suis retrouvée immergée dans le lac à la lisière. Est-ce que j'avais pied ? Je ne savais plus où était le haut et le bas. Jawmon avait du glisser de mes bras, je ne le voyais plus. Je me suis débattue pour remonter à la surface mais il n'était pas là, il devait être en train de se noyer. Sans lui je n'avais aucune chance de survie ici alors j'ai plongé, scrutant le fond sans succès. Ma vue se brouillait, des étoiles noires y dansaient. Une respiration ratée, j'avais aspiré de l'eau croyant être déjà à la surface. J'ai tendu les bras vers ce que je pensais être le haut, cherchant une prise avec la force du désespoir. Quand ma main a rencontré quelque chose, je m'y suis agrippée en me tirant vers le haut. Ma tête a émergé et alors que je comptais inspirer, je me suis rendue compte que je m'étouffais. Je n'arrivais pas à respirer, ma vue était devenue presque entièrement noire. L'avant de mon corps s'est affalé sur le sol tandis que la toux m'emportait de plus en plus violemment. Une forme vague au loin, Jawmon. Je l'avais lâché avant de tomber dans l'eau, une bonne nouvelle. Le bip bip était moins fort, le danger écarté avec un peu de chance. J'ai fermé les yeux, régurgitant l'eau de mes poumons qui me hurlaient de prendre une goulée d'air.

Un bip bip lointain et très espacé m'avait tiré de mon sommeil. Quand j'ai ouvert les yeux la première chose à laquelle j'ai pensé, c'est à boire. C'était ridicule quelque part, mes jambes baignaient dans l'eau depuis assez de temps pour que je meure presque de soif et alors même que j'avais failli me noyer, j'avais envie de plonger ma tête dans l'eau fraiche. Je me suis sortie entièrement de l'eau, mes jambes me faisaient souffrir, j'ai donc entrepris d'enlever mon jogging le temps qu'il sèche. J'ai émis un couinement plaintif en regardant mes jambes. Elles étaient violacées à plusieurs endroits, griffées, la peau devenue blanchâtre à force d'être gorgée d'eau, ma cuisse avait un peu enflée. Ravalant un sanglot, j'ai prudemment tendu mes mains vers l'eau pour boire sans risquer d'y finir noyé. Le soleil était toujours haut dans le ciel ou un jour était passé, à moins ce que le soleil reste indéfiniment à son zénith dans cette partie du digimonde. Un grognement me rappela l'existence de mon compagnon derrière moi. Rinçant mon pantalon deux ou trois fois, je l'ai ensuite imbibé d'eau pour donner à boire à Jawmon. Laissant gouter le liquide dans sa bouche tout en le maintenant en position assise, je me suis mise à réfléchir à mes options. J'étais seule blessée, mon digimon était HS depuis un certain temps et il y avait ce point jaune. S'il avait vraiment été un ennemi, il m'aurait poursuivit jusqu'au bout. Du moins c'est ce que je me plaisais à croire. J'avais besoin d'un allié avant de mourir bêtement comme ça aurait pu être le cas dans le lac. De toute façon en laissant les choses comme elles étaient sans rien faire, je n'irais pas bien loin toute seule. Le digivice continuait à bipper faiblement, celui qui avait essayé de me rejoindre hier était resté assez proche pour que je capte son signal. Piège ou tentative sympathique pour me rassurer sur ses intentions en restant près pour que je le rejoigne ? S'il était comme moi, qu'il s'était retrouvé bêtement parachuté ici, il ne devait pas être plus rassuré. Je n'étais cependant pas en état de porter Jawmon. Je me suis approchée des palmiers les plus bas pour essayer d'en arracher les branches mais rien à faire. J'ai donc tiré Jawmon jusqu'aux buissons les plus touffus pour le camoufler sommairement. Je lui ai donné encore un peu d'eau avant de partir, j'ai enfilé mon jogging et j'ai suivi le signal.

Je marchais lentement évitant le plus possible les buissons trop fourni en épines. Je me rapprochais de plus en plus quand le signal se déplaça vers la gauche. Sceptique, j'espérai que celui qui provoquait ce signal n'avait pas l'intention de s'en aller alors que j'avais fait tout ce chemin. Je me suis arrêtée quelques minutes pour qu'il ne se sente pas menacé, rapidement, il s'est immobilisé. Un deuxième point lumineux, bleu clair celui-ci, est apparut à côté du jaune quelques pas plus loin. Ce revirement ne me rassurait pas mais je n'allais pas changer mes plans. Quand le signal est devenu très proche, j'ai posé mon digivice au sol. Vu le bruit qu'il faisait, ce serait facile de le retrouver. Je me suis faufilée entre les arbres vers l'origine du signal. Après une vingtaine de mètre, j'ai vu une grotte au loin entre les arbres qui se faisaient moins nombreux par ici.

Sans mon digivice, en toute logique, il ne devait pas se douter que je venais vers lui. J'ai décidé de faire un détour pour longer la paroi, une fois près de l'ouverture, je n'ai pas tardé à entendre ce qui se disait à l'intérieur.

-Alors alors ?

-Le point n'a pas bougé depuis tout à l'heure, tu m'as déjà demandé il y a trente secondes…

Un bip similaire au mien, derrière le mur, j'étais sure de trouver un autre humain. Les poings crispés, je me suis positionnée devant l'entrée, prête à prendre la fuite. Ils étaient là, visiblement surpris. Un garçon d'environ seize ans comme moi à première vue. De taille moyenne, cheveux blonds coupé court, les yeux bruns et la peau claire. Il me fixait incertain, je devais avoir une drôle d'allure. Son digimon m'était inconnu, un fantôme avec des petits bras à la peau jaune pâle orné de bracelets de fer, le regard moqueur et ses jambes étaient reliées par des chaines alourdies par un boulet massif. Un sourire se dessina sur son visage alors qu'il me pointait du doigt.

-C'est une humaine Jack !

Je devais avoir l'air pitoyable, ce garçon Jack m'analysait de haut en bas avec un regard qui ne trompait pas. Du dégout. Pas méchant à première vue mais du dégout quand même. Il avait un digivice jaune dans la main, une fonction holographique activée montrant le plan des environs, qu'il désactiva en me voyant. Il allait falloir que je me renseigne sur cette fonction. Décidant que le silence avait assez duré, je l'ai interrompu.

-J'ai besoin d'aide.

Aucune réaction notable, ils semblaient attendre que je précise ma demande.

-Mon digimon a été blessé gravement et j'ai besoin qu'on m'aide à le porter jusqu'ici. Cette grotte à l'air plus sure que l'endroit où je l'ai laissé.

Il se releva maladroitement en agençant un pas vers moi, mon regard le dissuada d'approcher plus pour le moment. Je n'avais pas envie de lui faire trop confiance. Il me tendit sa main.

-Je m'appel Jack, enchanté. Et lui c'est Crookmon.

-Salut !

J'ai observé sa main avant de la saisir faiblement.

-Je dois aller récupérer mon digivice dans la forêt, Jawmon est près du lac.

Il hocha la tête. Il regarda son digivice, appuyant sur un bouton dans le coin supérieur gauche et l'hologramme s'afficha de nouveau. Ce bouton là, j'avais du le rater.

-On est à une quinzaine de minute.

Il étudia une dernière fois le plan avant de le faire disparaitre.

-On y va.

J'ai commencé à marcher derrière eux cependant, je savais que je n'allais pas tenir longtemps. Ils me distançaient déjà de plus en plus. Maudissant mes jambes intérieurement, j'ai accéléré le pas.

-Marchez plus doucement, je ne vais pas pouvoir suivre.

Ils me regardèrent circonspect.

-Tu as un problème ?

Une remarque acide me brulait les lèvres mais seul un sourire sardonique s'y afficha. Oubliant les convenances pour un instant, j'ai simplement baissé mon pantalon pour qu'il constate par lui-même. Un hoquet surpris et un regard fuyant furent bien vite remplacé par de la pitié et une pointe de crainte. J'ai jugé sa réaction suffisante aussi, je l'ai remonté en reprenant la route suivant le bruit strident de mon digivice. Quelques pas plus loin, je l'ai aperçu et alors que j'allais me baisser pour le ramasser, Crookmon l'a pris pour me le tendre.

-Tu dois avoir mal, tu devrais peut être pas te baisser si tu veux que ça guérisse vite.

Son sourire était un tantinet effrayant mais j'appréciais à sa juste valeur cette attention aimable. La première depuis mon arrivée. Je me suis retournée pour voir Jack planté au même endroit.

-On peut repartir ?

Surpris, il acquiesça sortant une nouvelle fois sa carte pour se diriger vers le lac. Pendant notre marche, j'ai moi-même testé l'application « carte en 3D » mais seul un rond noir et quelques points s'étaient affichés. Peut être que l'eau l'avait endommagé. Crookmon semblait s'être prit d'affection pour moi et essayait de me distraire.

-Tu viens d'où ?

-Du sud de la France, je vis près de la mer.

Il sembla satisfait de ma réponse mais Jack lui s'arrêta net.

-Du sud ?

Ca sonnait comme une question incertaine.

-Oui du sud pourquoi ?

-Je viens de Lille.

En réfléchissant un peu je voyais où il voulait en venir, les digisauveurs dans le dessin animé provenaient souvent du même endroit ou tout du moins de la même ville. Encore une preuve que le dessin animé ne disait pas tout mais pas de quoi en faire un fromage.

-Ca nécessite de s'arrêter ? Mon digimon est seul sous un buisson alors j'aimerais le récupérer avant que quelqu'un ou quelque chose le trouve avant moi.

Il bredouilla des excuses en se remettant en route. De temps à autre, j'essayais d'activer ma carte mais rien à faire. Après une énième tentative, un point supplémentaire apparut au bord de la projection circulaire. Attentive, j'ai continué d'observer les mouvements des points tout en avançant. Le lac était tout près, Jawmon était toujours évanoui, caché sous l'épaisseur des fourrés. Jack s'est approché de moi pour m'aider à le soulever quand une voix connue a raisonné de la forêt.

-Elle est là ! C'est lui qui m'a fait ça !

Le Goblimon était revenu, accompagné cette fois. Un géant à la peau rouge, une sorte de troll géant armé d'une masse d'os hérissée de pointes. J'étais effrayée, mais Jack attendait à mes côtés, serein.

-Fugamon, digimon de type virus, niveau champion.

Le gros digimon semblait nous jauger et il déclara d'un ton neutre :

-Alors comme ça si on les mange, on devient immortel ?

-Oui chef, ce sont des humains !

Nous manger. Cette idée resta en suspend dans mon esprit. Un frisson glacé secoua tout mon corps, cet affreux Fugamon allait nous dévorer. Crookmon s'était avancé vers eux.

-Hi hi. Vous n'arriverez même pas à les toucher alors les manger…

Il semblait sur de lui pourtant, il était face à un disciple et un champion. Il était surtout loin de faire le poids. Jawmon bougeait faiblement en grognant, mais aucun signe de réveil proche.

-Ah vraiment, tu crois pouvoir nous arrêter à toi tout seul ?

Fugamon semblait aussi sur de sa victoire que je l'étais.

Mot de l'auteur : Un deuxième mot pour la fin maintenant que vous avez une opinion sur mon travail :p

J'espère que ça vous a plu le deuxième arrivera sous peu vu qu'il est déjà écrit et que le troisième est en cours.

Au chapitre suivant !