Salut tout le monde !

Oh, je sais, c'était pas prévu... En fait, il y a un peu d'autobiographie là-dedans, mais je ne vous dirais pas jusqu'à quel point. Faut bien garder un peu de mystère, non ? lol

J'espère que ça vous plaira. Pour l'instant, ça part pour être un genre de three-shots, ou un truc très court, genre cinq ou six chapitres. J'espère surtout que, bien sûr ça va vous plaire, mais aussi que certaines s'y retrouveront peut-être. J'écris pour tout le monde.

J'attends vos réactions avec impatience. J'ai eu un moment difficile ces derniers jours, demain je pars un peu à la mer et j'espère qu'en rentrant j'aurais des messages sur tout ça, pour me changer les idées :) Je sais, faut pas réclamer, bouh !

Non, comme d'hab, faites comme vous sentez :)

Je remercie infiniment ma Nath et annso601 pour leurs conseils, leur soutien en toute circonstance dans cette période pas facile, leurs remarques. Je n'ai pas de mots pour leur dire "merci".

Je vous souhaite une bonne lecture.
Prenez soin de vous.
Tiftouff19.

~ Chapitre 1 ~

Bella.

- Bella, sors de cette chambre, tu devrais sortir, t'aérer l'esprit... Tu recommences comme il y a quelques mois... Arrête cet ordinateur !

Je soupirais. Sortir ? Pour faire quoi ? Aller voir les sapins de Forks ? Aller à Port Angeles avec des filles qui ne m'appellent que quand elles sont pas bien et quand elles n'ont plus besoin, hop, on zappe la gentille et naïve Bella ?

Hors de question.

Je serrais contre moi mon ours en peluche couchée sur mon lit, avec cette envie lancinante de pleurer. Pleurer encore et toujours... Comme si, même si je vidais mon corps de toute son eau, je n'arriverais jamais à exprimer tout ce poids sur mes épaules. Le poids de cette fille imparfaite... De cette gamine qui préfère rester dans sa chambre, plutôt que de sortir...

Cette fille qui n'est pas comme son frère.

Les larmes glissèrent sur mes joues, brûlantes. Humides. Elles laissaient un sillon sur ma peau, me rappelant un peu plus à cette sensation de mal-être qui me dévorait chaque jour un peu plus...

- Oh Bella ma puce... Qu'est-ce qui t'arrive ?

Renée s'asseyait derrière moi, et posait sa main sur mon dos.

- J'en sais... j'en sais rien... suffoquais-je.

- Shh... Shh trésor... Tu dois bien savoir ?

Des tas de choses, maman. La peur de grandir, la peur de ne pas trouver de boulot, la peur de mourir. Des peurs humaines qui m'obsèdent... L'alerte cardiaque de papa, mon frère Ben qui, bien que ce soit sur un ton de plaisanterie, me rabaisse sans cesse... Lui qui sort, est aimé de tous. Moi, paumée derrière mon clavier...

- Papa... son cœur...

- Mais son cœur va bien ! C'était une petite alerte, nous sommes allés voir le médecin, il l'a rassuré et ne s'inquiète pas... Tant qu'il ne s'inquiète pas, nous ne sommes pas inquiets non plus...

Nous avons un bon médecin. Un très bon médecin...

- Je ne veux pas grandir...

J'entendis ma mère rire.

- Et moi je voudrais que tu restes mon petit bébé... Je ne t'ai pas vue grandir... Ni toi, ni ton frère... Ben prend son envol mais toi tu es encore là... Si je pouvais te garder près de moi toute ma vie, je le ferais et ton père aussi...

Ils sont tellement là... tellement présents... et moi je les déçois...

- Je t'aime maman...

- Oh Bella... Je t'aime aussi... Et ton père aussi...

- Je vous déçois...

- Non ma puce... Nous n'avons que des compliments sur toi, partout où tu as travaillé... Tu étais la petite fille la plus parfaite du monde, et avant-hier ton oncle Eleazar nous a répété mille fois à quel point tu étais devenue belle... Depuis que tu avais commencé ton régime, tu étais devenue mignonne comme tout... Tu te maquillais, te coiffais...

Tout ça pour rien... Pour aucun regard alors que Ben, lui, fréquente depuis longtemps des tas de filles, et depuis récemment ma meilleure amie Angela.

- J'ai p... personne... à part Jacob... Jessica ne répond pas à mes textos quand j'ai besoin d'elle, elle n'en a que pour son mec et quand elle a besoin, elle sait où je suis... Mais moi, niet... J'ai que Jake...

- Fais le venir à la maison... Pourquoi ne vient-il pas plus souvent ?

Il est trop loin pour ses études. A 200 kilomètres d'ici.

- Parce que vous allez dire que... qu'on est... et non... c'est juste mon meilleur ami...

- Alors il n'y a pas de problème... Dis-lui de venir, vous vous installez la tente et vous passez quelques jours tous les deux... ça te ferait du bien !

Mais les larmes continuaient, intarissables.

- Allez chérie, lève-toi... Change-toi les idées !

- N... non...

- Tu veux que je fasse venir Paco ?

Paco, mon chien...

- O... oui...

Elle partit le chercher, et je l'entendis discuter à voix basse avec Charlie, puis Ben. Enfin, la porte se rouvrit et mon chien vint jusqu'à mon lit, me reniflant le visage. Mon Paco... Je t'aime tellement... La pathétique fille qui n'a pas d'amour plus fort que celui donné par son chien.

Il s'assit dans ma chambre, se laissant caresser, avant de s'éloigner pour se coucher au pied de mon lit. Ma tête était lourde et me faisait mal, assourdissante. J'avais une barre qui me pesait lourd sur les yeux, et je les fermais doucement, écoutant la respiration de mon chien. Dormir... tout va bien quand je dors...

..

Nous avions roulé plus d'une heure et demie. Charlie, en repos, avait proposé que l'on rende visite à sa cousine, Victoria et son mari James. Mais la maison était close, et personne ne répondait. Mon père, avec son éternel sourire, revint.

- On aurait peut-être dû appeler avant...

- Je te l'avais dit ! Soupirait Renée.

- On va faire demi-tour...

Malgré leur réelle volonté de me changer les idées, je me sentais repliée sur moi-même, et n'arrivais pas à me concentrer sur autre chose que cette fatigue écrasante. Je m'étais réveillée vers 13H tout à l'heure, et m'étais levée seulement parce qu'il l'avait fallu. J'aurais voulu me terrer sous la couette, et dormir encore et encore avec Renée qui aurait veillé sur moi.

- Tu veux faire quoi, Bella ?

- J'sais pas...

- Si on allait dîner au bord de l'étang ? Ils ont ouvert un snack, ça nous sortirait... Ben y est parti avec ses copains...

Tout, mais ne pas revenir à la maison. A errer comme une âme en peine...

Charlie se garait à 18h30 devant l'étang, et nous entrions dans l'espace de la plage. Le soleil tapait fort, me réchauffant. Me faisant me sentir mal à l'aise. Ben était assis avec Mike, son abruti de copain qui s'était toujours moqué de moi, de mes kilos en trop, et Angela. Nous nous approchions et je faisais la bise à Mike, sans discours, avant de m'asseoir à côté de ma mère.

- Hé, qu'est-ce que vous faites là ? Demandait Ben.

- Victoria et James n'étaient pas là, on a pensé venir dîner ici !

- C'est une bonne idée !

L'étang était envahi de personnes, qui profitaient des rayons de soleil et d'une eau à 26°C. Exceptionnel pour Forks ! Je parie que ce sera dans le journal, demain ! Rapidement, Mike nous quitta pour rentrer chez lui. C'est ça, va-t-en !

Le serveur vint prendre nos commandes, et j'optais pour un kebab, avec une demi-pêche. Mes parents prenaient le même menu, et mon frère un magret de canard. Les clients affamés affluaient, alors que nous attendions depuis un moment. Mes parents parlaient entre eux, croyant reconnaître des visages. Je n'arrivais pas à penser à autre chose qu'à ce matin... à toutes ces choses que je ressasse en permanence, ces angoisses qui me dévorent petit à petit.

C'est trop dur de grandir...

Nous n'étions pas encore servis qu'une grande table à côté de nous fut remplie par une famille aussi belle qu'agaçante. Pourquoi ce sont toujours les autres qui sont beaux ? Leurs visages ne m'étaient pas inconnus, surtout celui du garçon aux cheveux bruns-roux et aux yeux verts.

Je suis presque sûre de le connaître...

Ben se leva immédiatement, pour saluer le plus grand et le plus costaud d'entre eux.

- Tiens Emmett ! Ca fait une paie !

Emmett... Emmett... j'avais un Emmett dans mon collège...

- Madame Cullen, Monsieur Cullen...

- Bonjour Ben !

Charlie se levait à son tour et les saluait tous. Quand il arriva au type dont le visage m'était familier, j'écoutais attentivement son prénom. Qui c'est... bon sang...

- Alors Edward ! J'ai appris que tu étais diplômé du conservatoire de Seattle ?

- Oui monsieur ! Souriait-il.

Edward.

Edward Cullen.

Mon béguin de collège. Nous avions même été « amis ». Je m'étais inventée une vie plus « cool » que celle de la pauvre fille de sheriff qui ne fait rien de ses journées. J'avais même été jusqu'à lui faire croire que je jouais au baseball. Evidemment, une catastrophe. Nous avions passé plusieurs après-midi sur un terrain, je m'étais vautrée. Il avait vite compris que je n'étais pas une joueuse, encore moins une passionnée. Que je n'avais jamais été voir un match de ma vie.

Mais il me plaisait. Beaucoup. J'ai été si stupide. Je l'avais perdu, avant même de commencer quoi que ce soit avec lui. Ce qu'on peut être bête quand on est adolescente, surtout pour les yeux d'un beau garçon...

Et quel beau garçon !

Son visage s'était affiné, et une fine barbe courait sur sa peau. Ses yeux étaient toujours aussi verts, et sa coiffure savamment décoiffée le rendait plus viril que jamais. Il est encore plus beau qu'avant...

Je le vis se tourner vers moi, et me regarder quelques instants. Avait-il fait le rapprochement ? Certainement... Le sheriff n'a qu'une fille après tout... Nos regards s'accrochaient, mais il détournait le sien rapidement. Il devait se souvenir...

Se souvenir d'une petite idiote menteuse comme pas deux, qui voulait se rendre intéressante. Pourquoi j'ai fait ça ? Je vidais la carafe d'eau presque d'un coup, pour me donner une certaine contenance. Charlie et Ben revenaient à table quand le serveur amenait nos assiettes, et nous reprenions le dîner tranquillement. L'alcool de ma bière me donnait un peu chaud, et je sentais parfois sur moi le regard d'Edward.

Hé oui c'est moi, je n'ai pas changé... J'ai perdu simplement dix kilos, et je ne mens plus... Mais ça, tu ne le sauras jamais... parce que tu es beau, intelligent, que tu as sûrement quelqu'un dans ta vie. Une femme belle, qui te plaît. Et qui t'aime. Parce que tu es quelqu'un de bien, et que celle qui sera ton épouse aura énormément de chance...

Je terminais à grande peine mon assiette, et écoutais mes parents et Ben parler. Parfois, il invectivait Emmett, et tous deux riaient. A côté d'Emmett, il y avait une blonde scandaleusement plantureuse et la sœur aînée d'Edward, Alice, était en compagnie du même garçon qu'elle avait au collège.

- Ben ? Comment il s'appelle le blond ?

- Jasper pourquoi ? Tu le connais ?

- J'étais au collège avec eux...

- Ok !

Ils avalaient leur repas, et on vint prendre nos commandes pour le dessert. La terrasse était pleine, et les serveurs étaient lents. J'évitais de regarder Edward, bien que son profil fin et délicat m'obsédait. Il faut que je bouge...

- Où sont les toilettes, ici ? Demandais-je.

- Là-bas, dans les cabanons... Mais ce sont des toilettes à l'italienne...

Je haussais un sourcil.

- A la turque, tu veux dire ?

- Oh turque, italienne... J'en sais rien !

Je souriais et m'éloignais dans les cabanons individuels. Quand je sortais, je me dirigeais vers l'espace d'hygiène pour me laver les mains mais la place était déjà occupée. Par un reflet dans le miroir qui me souriait. Edward. Je le regardais un instant, et m'avançais pour me laver les mains. Ignore-le... ignore-le... ignore-le...

- Excuse-moi... Tu es Bella, c'est ça ?

Choquée, je le regardais. Il me parle.

- Oui... Tu es Edward...

Il se secouait les mains et les séchait.

- Je n'étais pas sûr de t'avoir reconnue, mais Charlie Swan n'a pas deux filles... Pas à ma connaissance...

Je lui souriais, et prenais sa place devant la sécheuse. Il restait là, attendant que le bruit s'arrête.

- On était au collège ensemble, tu te souviens ?

J'opinais.

- Oui...

- Alors, tu as fait quoi depuis tout ce temps ?

Je m'appuyais contre le mur, essayant de ne pas paraître nulle. Comment ne pas l'être, vêtue d'un vulgaire pantalon en coton gris, et d'un petit haut bleu ?

- J'ai... Je travaille à la bibliothèque de temps en temps... et toi ?

- J'ai eu un diplôme du conservatoire de Seattle...

- Wow... T'as réussi...

- Merci ! Et ça te plaît, la bibliothèque ?

- Oui... C'est intéressant et je ne vois que rarement le temps passer...

Il me souriait.

- Tu aimais lire... Tu avais toujours les meilleures notes de la classe...

- T'exagères...

- Non, je ne crois pas...

Il me détaillait de haut en bas.

- J'ai... j'espère ne pas te vexer... mais... tu as maigri, non ?

Mon combat. Ma fierté.

- Ça ne me vexe pas... J'ai perdu dix kilos !

- Wao ! Tu as énormément de volonté !

- Merci... J'ai un peu arrêté, mon père a eu des soucis de santé mais j'espère retrouver l'envie de me reprendre...

- Tu y arriveras !

- Le kebab-frites de ce soir ne m'aide pas...

Il éclatait de rire.

- Y avait de la salade dedans, ça compte, non ?

J'opinais.

- Et je l'ai entièrement mangé !

- Bravo !

Nous nous mîmes à rire.

- Je suis content de te revoir...

- Moi aussi... ça faisait longtemps...

- Trop... C'est dommage que l'on ait perdu contact...

Et c'est lui qui me dit ça ? Alors que je lui ai menti ?

- Je pensais que... que tu ne voulais plus me... me voir...

Il fronçait les sourcils.

- C'est vrai, j'ai trouvé ça dégueulasse que tu mentes... Mais le collège est toujours difficile pour beaucoup, et je crois que pas mal de gens se moquaient de toi...

Ca aussi, je m'en souvenais... par cœur... chaque mot, chaque regard...

- Et j'espère que tu ne fais plus ça maintenant...

- Non...

Même si je le voulais, je n'ai de toute façon personne à qui mentir... Et ça m'a trop coûté...

Il sortit son téléphone portable et tapait dessus.

- Donne-moi ton numéro...

Mon cœur manqua un battement. Mon numéro ? Edward Cullen veut mon numéro ?

- Euh...

- « Euh » n'est pas un chiffre, Bella... riait-il.

Je riais, nerveuse, et dictais mon numéro. Il me fit sonner pour que je récupère le sien et se penchait vers moi. Sans que je ne m'y attende, il déposa ses lèvres douces sur ma joue.

- Super ! On ne perd plus contact maintenant... Je suis content de t'avoir revue. Je compte sur toi...

- D... D'accord...

Et il quittait l'espace d'hygiène, me laissant sur place comme une idiote. Je revenais à table, tremblante et m'asseyait sous son regard. Renée m'examinait également.

- Ca va chérie ? Tu as été longue...

- Ca va... Je... J'avais mal au ventre...

- Ton sorbet a fondu...

- Ce n'est pas grave...

J'attrapais ma cuillère, et la plongeais dans le liquide glacé. Charlie, qui travaillait tôt demain matin, se levait.

- Allez, on va rentrer...

Nous nous levions et passions au niveau de la table des Cullen, auxquels nous souhaitions le bonsoir. Edward me souriait, et je ne pus m'empêcher de lui sourire à mon tour. Nous nous dirigions vers le bar pour que Charlie règle l'addition, et je me tournais. Edward était orienté dans notre direction, de même que la blonde scandaleusement belle et Alice. Cette dernière souriait. Ben me mit un coup de coude.

- T'as une touche, toi !

- Arrête ! Ne dis pas n'importe quoi... On était au collège ensemble...

- Tu crois que je n'ai pas vu Edward aller aux toilettes quand tu y étais ? Il cherche quelque chose lui...

- Imbécile ! Sifflais-je, tentant avec difficulté de ne pas rougir.

Ben souriait, de son sourire idiot qui ne présageait rien.

- Et il l'a eu ce qu'il voulait ?

- Rah ! Arrête ! Occupe-toi de tes fesses !

- Bella ! Ton langage ! Grognait mon père.

Ben et moi riions, et il passait son bras sur mes épaules, m'entraînant vers la voiture.