Chapitre 5 : Recherches poussées

- Cette femme est clean, je te dis, persista le capitaine Celluci en communication téléphonique avec la détective. Elle est née le 25 janvier 1988 au Nevada, d'une mère irlandaise et d'un père anglais. Elle a fait ses études en cursus privé avec le peu d'argent que réussissait à mettre de côté ses parents.

- C'est tout ?, répéta sceptique Vicky. Elle a un casier ?

Elle ne savait pourquoi mais elle ne sentait pas cette femme. Quelque chose de louche.

Lorsqu'elle avait vu la photographie, ça avait tout de suite fait « tilt » dans sa tête. Elle avait compris que la ressemblance entre le tableau d'Henry et cette photo n'était pas due au hasard. C'était bien trop flagrant pour l'être.

Le fait que ce soit Béatrice Sagara qu'il lui demande cela, l'avait rendue doublement plus méfiante.

Si elle ne réussissait pas à avoir d'information de ce côté, elle n'aurait plus qu'à demander à Henry.

- A part quelques contraventions pour excès de vitesse ou en conduite en état d'ébriété, son casier est blanc comme neige.

- D'accord, abandonna-t-elle vaincue. Merci Mike, oh, au faite, se reprit-elle néanmoins au souvenir du chasseur de démon. Pourrais-tu faire une recherche sur un certain… Cinnan O'Brady ?

- Nom peu commun, sifflota-t-il. Je vais voir ce que je peux faire. Hum, Vicky ?

- Oui ?

- C'est un gros morceau, la prévint-il plus sérieusement. Ceux de là-haut me surveillent…tu…tu es sûre que tout va bien ?

- Tout roule comme sur des roulettes, énonça-t-elle lentement.

Le capitaine eût un soupir de résignation en sentant qu'elle ne lui disait pas tout, mais laissa couler car après tout, Vicky reste Vicky !

- Salut !

- Oui, salut !, murmura-t-i avec moins d'entrain.

Dans son bureau, Vicky frotta ses yeux fatigués par la fatigue qui la prenait à peine réveillé.

Maudit cauchemar !

Elle ne se souvenait plus du contenu de celui-ci cependant, il devait être suffisamment horrible pour qu'à sa seule mention, elle n'avait que la profonde envie de vomir.

A ce moment, Corine fit son intervention.

- Vicky, tu veux connaître Clémence Villy alias la PDG de Vogue ?

Vicky, sur le point de partir eût un temps d'arrêt.

- Je suis toute ouïe, répondit-elle intriguée.

- Bien, débuta Corine. Née au Nevada le 25 janvier 1988, Clémence Villy a gravit les échelons de la mode petit à petit, jusqu'à se retrouver au prestigieux poste de conseillère particulière (sous-entendu au lit) du PDG de ce temps, Marc Logan. Celui-ci est mort quelques temps après cette promotion, d'une crise cardiaque pour le moins inhabituel chez un homme de 35 ans dans la force de l'âge. On apprend aussi de la bouche de la première concernée que Marc Logan avait, avec elle une liaison torride au moment des faits tragiques. Clémence, qui était au cocktail d'Eva Longoria jusque tard dans la nuit, se dit effondrée. Est-ce vrai ? Nous n'en savons rien. Ce que nous savons par contre c'est qu'elle reçoit une promotion incroyable qui l'a fait gravir le dernier et le plus éclatant des échelons. Celui de PDG.

- De qui vient cet article plutôt…virulent ?, s'enquit la belle blonde après un moment de silence.

- Une bloggeuse inconnue de la toile…si tu veux mon avis ce n'est pas une bonne piste.

- Pourquoi ?

- Une sangsue prête à se faire de la popularité sur le dos de tout le monde, se justifia Corine.

- La célébrité est si chère payer, railla la belle blonde en mettant son manteau.

- Où vas-tu ?, demanda la secrétaire en voyant son départ précipité.

- Voir du beau monde, lui répondit-elle énigmatiquement.


Les flashs crépitaient dans la salle tandis que Vicky se frayait difficilement un passage.

L'assistant actuel de la PDG se faisait du souci de l'absence de sa patronne, si terrifiante et pourtant si géniale.

Alors, quand il avait reçu l'appel de ce détective privé au sujet de la soudaine disparition de sa patronne, il n'avait pas hésité cinq secondes à coopérer.

- Victoria Nelson ?, demanda un petit brun, d'une trentaine d'année. Jordan Lockhart.

Et il tendit la main à la blonde qui avait cru ne jamais le voir. En même temps avec sa taille…

- Enchanté, dit-elle en serrant la main de l'homme. Vous êtes donc l'assistant de Clémence Villy ?

Plusieurs têtes se tournèrent à l'entente de ce nom.

- Oui, répondit-il hâtivement en captant les regards intéressés de certains sous-fifres. Je vais répondre à vos questions…loin des oreilles indiscrètes. Suivez-moi.

Et il partit vers l'une des sortis adjacentes qui devait sûrement mener sur les bureaux en eux-mêmes.

Ils rencontrèrent beaucoup de personnel et Vicky ne pût s'empêcher de remarquer les marques hypocrites de politesse adressée à Jordan Lockhart.

Elle pensa fugitivement que le monde de la mode – comme celui des affaire- étaient un véritable monde de requins à longues dents et qu'elle préférait nettement se frottait Astaroth lui-même qu'à un pro de la finance !

- Je suis très inquiet pour mademoiselle Villy, avoua le secrétaire après avoir soigneusement fermé la porte de la salle de la conférence du staff.

- Et pourquoi donc ?, demanda interrogatrice Vicky.

- Parce que la patronne déteste les retardaires et elle prévoit tout à l'avance !, s'exclama-t-il comme si s'était l'évidence même. Elle aurait dû être là à six heures tapante pour vérifier les failles d'un gros contrat en cours et le renégocier quatre heures plus tard. Entretemps, elle devait passer au studio pour enregistrer un autre single et faire une séance de photo. Et ce n'est que le début de sa journée.

- Vous êtes proche de Mlle. Villy ?, s'enquit-elle pour reprendre contenance.

- Non, réfuta-t-il horrifié par cette supposition.

Le complexe d'infériorité devant sa GRANDE déesse, sûrement. Typique…, se dit la blonde.

- La patronne et moi avons souvent de déjeuner d'affaires ensemble mais c'est tout, avoua-t-il comme s'il le regrettait.

- Et quand est-ce que vous avez déjeuné avec elle pour la dernière fois ?

- Avant-hier.

- Et vous n'avez rien remarqué d'anormal depuis sa disparition ? Un désaccord avec une quelconque personne ?

- Non…elle paraissait un peu plus sur les nerfs que d'habitude mais je l'ai mis sur le compte du gros contrat qu'on a à négocier. Pourquoi ? Vous croyez qu'on l'aurait… ?

- Non, s'empressa-t-elle de le rassurer en comprenant les sous-entendus. Ça fait à peine 24 heures qu'elle est portée disparue. Qui sait, peut-être est-elle chez un ami ?

Le secrétaire la regarda d'un air peu rassuré.

Avait-elle quelqu'un dans sa vie ?, reprit-elle pour couper court à toutes interrogations.

- Non, sourit Jordan. Il y a les hommes à femmes et les femmes à hommes. La patronne fait partie de cette dernière catégorie.

- Personne de proches ?, insista-t-elle.

Prise d'une inspiration subite, Vicky sortit la photo de sa poche arrière et la mit sous le nez du secrétaire.

- Et lui, c'est qui ?, s'enquit-elle sûre d'être sur une bonne piste.

Le secrétaire la regarda comme si elle était une attardée, ce qui la doucha.

- C'est Eric Tyrion. L'homme le plus puissant de cette ville.

L'homme le plus puissant de cette ville, hein…


Eric Tyrion est un démon. Oui, lui aussi.

Tandis que Clémence avait le plus puissant des démons en elle, l'empereur des Enfers, le bel éphèbe portait en lui Abbadon l'ange de la Destruction.

Déjà au Paradis, il était attiré par Belzébuth alors une fois délivré des contraintes d'anges…

Le fait qu'Eric Tyrion se soit réveillé les glyphes représentant son démon palpitant douloureusement, des images d'une Clémence torturé brûlant sa rétine ne l'avait pas rendue d'humeur gaie.

L'homme possédant la moitié de New-York avait demandé à quelques-uns de ses larbins d'aller enquêter sur cela, certains d'avoir les flics au pas de sa porte d'un instant à l'autre.


- Corine, tu as les informations que je t'avais demandées ? interrogea Vicky tandis qu'elle se dirigeait vers sa voiture.

- Clémence de Villeneuve était la maîtresse favorite d'Henry VII, elle en a deux enfants. Deux jumeaux, d'après les sites que j'ai sous les yeux.

Quant aux chasseurs de démons, leur race s'est éteinte lorsque Belzébuth s'est fait brûler par son propre amant, l'informa la jeune femme.

- C'est carrément gore, commenta Vicky, tout en mettant la marche arrière.

- Bah t'as pas vu le reste de la vie de Belzébuth !, s'exclama-t-elle. Au faite Mick à appeler. Il veut te voir à propos de ce que tu lui as demandé.

Ce n'était pas gagné !

Et bah !


Une chtite reviews ?